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Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late.

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Fear is the mind killer
Ian C. Calloway
Ian C. Calloway
Fear is the mind killer
✞ PAINT IT BLACK ✞

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"Tomorrow is another day,
Today is another bomb."

En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
Qui es-tu ? :
"You never thought we'd go to war,
after all the things we saw."

✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

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"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
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✞ I AM A GOD ✞

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"That's our cosa nostra."

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. ZfltnPn
Pseudo : Nero
Célébrité : Thomas Kretschmann.
Double compte : Eoghan Underwood, Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque & Gautièr Montignac.
Messages : 890
Date d'inscription : 09/06/2019
Crédits : LUNAR (ava) ; Amiante (signa)
Dim 9 Juin - 20:58 (#)

Ian Clayton Calloway
Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. J8FXIX3
Date et lieu de naissance
Il est né à Boston en 1973, dans cette ville-bloc de l'est, balayée par les vents de l'Atlantique. Ses ancêtres émigrés sur le Nouveau Continent y ont lutté, survécu, aux côtés des miséreux Irlandais dans les quartiers du South. De vieux morceaux d'Histoire poussiéreux, qu'il ne lui a jamais plu de venir remuer, dans la mémoire de ses parents. Il ne garde pas non plus de souvenirs impérissables de sa cité natale, l'ayant quitté tout jeune. Il n'y est revenu qu'à quelques rarissimes occasions, suffisamment néanmoins pour apprécier le calme de Beacon Hill, quelques tours prétentieuses incapables de rivaliser avec celles de la Grosse Pomme et les bains de touristes dont il préférait s'extraire au profit des environs moins peuplés.

Nationalité
Une famille s'élève ou décline toujours en Amérique. Ses origines tchèques, il n'y accorde qu'une curiosité polie, vite agacé lorsque l'on tente de le questionner plus avant sur des racines qui ne l'intéressent pas. Loin d'adopter la mélancolie familière des gens du Sud, il a préféré s'attacher à un esprit progressiste, tourné vers l'avant, vers le futur. Il se réclame de la race des bâtisseurs du Nord, de ce mélange inouï de cultures et de nationalités, dont les mains noires des moins fortunés ont permis à ce pays de devenir la puissance qu'on lui connaît. Américain, sans conteste.

Profession
Médecin de formation, il aurait pu devenir chirurgien, mais s'est détourné des salaires mirobolants accordés à ces dieux aux doigts de latex pour leur préférer les tâches plus modestes incombées aux généralistes. Porté par le sens du service public envers ses concitoyens, il a terminé ses études au Mercy Medical Center de Baltimore, avant de déménager à Washington D.C. et d'y trouver une place confortable au sein de l'Howard University Hospital de la capitale. C'est bien plus tard qu'il est venu gonfler les rangs du Waverly Falls Center, perdu dans les régions boisées du Nord, avant de finalement atterrir en Louisiane comme médecin généraliste au Shreveport Hospital.

Lieu d’habitation
Par égard pour sa nièce autant que pour l'affection qu'il voue au quartier depuis leur installation, c'est à Western Hill qu'ils ont désormais posé leurs valises. Par sa proximité avec l'Université, il compte bien inspirer Nova à reprendre des études, motivée par la fréquentation très étudiante du coin. Un peu perdu de se retrouver si loin au Sud, l'idée de vivre dans un appartement neuf, fraîchement sorti de terre et plus moderne que les immeubles parfois vieillots du Downtown, a fini de le convaincre totalement de son choix judicieux. Le logement loué est suffisamment vaste pour accorder à l'adolescente - qu'elle demeure encore à ses yeux - une certaine intimité, perché au dernier étage. Il a tout fait pour leur aménager un espace chaleureux, recréant ainsi tant bien que mal une forme d'intimité qu'ils venaient à peine de bâtir entre eux deux, à Baltimore.  

Situation financière
S'il n'a jamais eu de difficultés financières grâce à ses bourses sportives et les coups de main de son paternel dans sa jeunesse, il n'a pas été assez stupide pour dépenser les dollars en luxe inutile. Il a préféré investir dans la pierre et la mécanique, sans futilités aucune. Épargnant rigoureusement les pécules conséquents fournis par le WFC, l'argent n'est pas un problème pour lui, et il a déjà commencé à prendre ses dispositions pour que sa nièce ne manque de rien, s'il venait à disparaître.  

Spécificités
C'est à grand renfort d'une éducation solide et fermement implantée par son père qu'il a été sensibilisé dès l'enfance à la Foi. Elle est son atout le plus décisif, lorsqu'il s'agit de partir en chasse. Réceptif à certains talismans bien particuliers mais, plus que tout, à la ferveur qu'il partage avec les siens, ses croyances représentent l'un des remparts les plus rassurants qu'il possède, et un réconfort réel.

Clan
Il ne se soumet à aucune autre allégeance qu'envers les siens, ceux qui portent son nom. Dieu seul sait que ses proches lui causent moult et divers motifs d'inquiétude. Il assiste, impuissant, à l'effondrement progressif de leur morale et de leur code d'honneur. Cadet de la fratrie, la fragilité de son frère aîné l'incite depuis plusieurs années, déjà, à prendre les rênes de ce Clan familial, empêtré dans un mélange inextricable de lâcheté, de peur et de rancœur. S'il n'a jamais eu l'occasion de se demander s'il pourrait réellement assumer le rôle revenant initialement à Sasha, son implication est totale : de la gestion des finances, à la prise en charge de sa nièce pour décharger le couple en crise en passant par les faux-pas de Miles, il n'a, pour l'heure, jamais tourné le dos à ceux qui requéraient son aide. Jusqu'au jour, où...

  • TEMPÉRAMENT
    CaractèreIl ne se considère pas comme un personnage tragique. Il se sait chanceux, de par son parcours moins chaotique qu'aventureux ; un chemin que personne ne l'a obligé à suivre. Il n'a pas vécu de décès traumatique. Il n'a pas subi de maltraitance d'aucune sorte. Il n'est pas né dans la misère. Il n'a pas vu ses proches se déchirer au quotidien. Léger. C'est ainsi qu'il s'est toujours vu, derrière son visage rugueux et son regard pensif. Cette nonchalance qu'il porte avec la même aisance que sa blouse de Doc, cette force tranquille que la ligne taillée de ses épaules exhale, le définit et le rend reconnaissable entre tous, parmi les Calloway.

    Il est la raison, le sourire au bout des lèvres, l'empathie dissimulée. Il connaît les travers des hommes, les promesses non-tenues, les regards fuyants, les choses qu'on n'avoue pas. Il décèle. Il comprend. Il ne supporte pas les dépressifs notoires, les malades imaginaires cherchant à combler le vide abyssal d'une existence creuse par l'invocation de maux invisibles, intouchables. Pourtant, il s'ingénie à les soigner, à les traiter comme les autres. Léger. Respectueux de la vie humaine, de ce fil qu'il a refusé de détenir entre ses doigts, il est le Passeur discret, un Charon bienveillant. Il scrute la faiblesse des corps, lit entre les lignes des analyses sanguines, décèle les tâches malveillantes sur les radios obscures. Il ne lâche la main qu'en bout de course, sensible à la dignité, la dernière valeur ne souffrant d'aucune inégalité, d'aucune discrimination. Riches ou pauvres, blancs ou noirs, la douleur porte toujours le même visage ; seuls les cris des mourants se dénotent par leurs trémolos. Derrière cette façade professionnelle impeccable réside pourtant un égoïsme prononcé, un désintérêt pour tout ce qui ne le concerne pas directement. Il ne s'est jamais embarrassé des principes rigoristes d'une société engoncée. Sans chercher à perdre son temps à en critiquer les travers, il réside en son for intérieur la certitude d'emprunter une voie choisie, assumée, entérinée par la maturité et l'âge. Que lui importent les idées toutes tracées, et cette manie de croire qu'un homme ne s'accomplit guère sans créer descendance.

    Original à sa façon, sans revendiquer d'aucune sorte mais avec discrétion, il a pris le parti de s'épanouir en tant que médecin, et rien de plus, refusant les affres d'une vie de famille qui le consacrerait, lui, père et mari. En apparence, ce contrôle rigide de son existence lui apporte une sérénité rarement troublée. En arrière-plan, d'autres préoccupations le tiennent éveillé, longtemps. Peur pour sa nièce, peur pour ses frères et crises existentielles ne lui sont pas épargnées. Il voudrait se sentir aussi roc qu'il le prétend, et envie les imbéciles heureux, les insouciants, les inconscients. La pensée est omniprésente, ce besoin de prévoir, d'envisager le pire, toujours le pire. Lui, qui s'estime privilégié par la fortune, le destin, ou ce Dieu qu'il prie et redoute à la fois, passe son temps à guetter par-dessus son épaule, quel prochain malheur s'abattra sur les siens. Protecteur, veilleur, gardien miraculé, il considère cette chance insolente comme un cadeau dont il n'est pas le plus méritant, les yeux rivés sur ce vent, peut-être prêt à tourner. En attendant, il fonce. Sur les toits, dans les bois, entre les collègues jaloux et envieux, les supérieurs insensibles, les organismes méticuleux et sans morale. Il prend des risques calculés, se jette dans la gueule des loups dont il provoque le trépas. Souvent houspillé par son aîné pour ses tendances de casse-cou, il n'y répond que par l'audace ou un silence buté, préférant aux discours empotés les actes et les preuves de ses capacités. Car pointilleux, il l'est. Soigneux de son matériel chéri et vénéré, qu'il entretient et préserve en des endroits inconnus, secrets, ses mains sont tout aussi aptes à palper et déceler le rouage bloqué de la mécanique charnelle. Le laisser-aller n'est pas son fort ; les heures supplémentaires, il a cessé de les compter depuis longtemps. Incapable de se vouer à la médiocrité et au je-m'en-foutisme, il accomplit les protocoles et les procédures jusqu'au bout, moins effrayé qu'agacé par la barbarie administrative. Homme de raison, homme de logique, il refuse de céder au tournoiement des passions, responsables de tant d'erreurs, annonçant les chutes. Ce travers ne le rend pas moins tendre, pas moins sensible aux séquelles de Sasha, à l'humour de Miles, aux fragilités de Nova et aux turpitudes de Jana. Intuitif de nature, aidé par son quotidien professionnel, il ne rechigne jamais à tendre l'oreille pour devenir le confident familial ; les secrets qu'il porte sont aussi lourds que nombreux. Ce qu'on ne lui raconte pas, il le devine bien souvent, de par ses qualités d'observation, cette prise de recul, physique et spirituelle, qu'il choisit d'arborer, par rapport aux siens. Ce même sixième sens utile à la chasse, et qui lui a maintes fois sauvé la vie. Quant au plus grand défaut de son caractère, il compense largement un tableau dithyrambique sur le papier, bien plus noir en réalité. Cette absence de pitié qui le caractérise, cette dureté éclatante, dès lors que l'affect est absent, il les paye encore aujourd'hui. Ses facultés de soignant ne le départissent pas de ces prises de décisions irrévocables, de ces sentences et couperets abattus sans ciller, de ces jugements rares mais sans appel, de cette capacité à couper net tous les cordons. Une amputation, propre et nette, une mutilation brutale. Une fois son opinion faite, il lui est difficile de revenir en arrière, et aucune supplique, aucun argument né du cœur et de la pulsion ne pourraient sauver la victime désignée. Acerbe, rigide, il n'obéit qu'aux exigences de la perfection lissée de toute considération surfaite et superflu. Il est celui qui achève d'une balle si nécessaire, intransigeant avec la cruauté de certaines créatures de ce monde, auxquelles il ne pardonne pas. Si ses adversaires ne disposent pas des mêmes et bienheureux coups du sort, ce n'est pas son affaire. Ce n'est pas son problème. Il faut bien jouer avec quelque chose : les âmes maudites et les crocs sanglants lui suffisent.

  • UNE JOURNÉE DANS VOTRE PEAU
    À quelle phase en êtes-vous, dans votre existence ?
    Il y en a toujours plusieurs. Autant de rythmes à adopter, de journées à manipuler pour les faire entrer dans le cadre étriqué de la société moderne.
    Ses jours ont toujours été rythmés par la famille, de près ou de loin. Mais s'il ne devait choisir que trois routines parmi toutes celles qui ont peuplé son existence, il y aurait celle de l'Avant, en premier.

    Une vie construite entre Baltimore, pour toujours sous-estimée, et l'audacieuse D.C., sans cesse remodelée par les phalanges autoritaires des différents chefs d'État. Des aubes bleues et ocre, des aubes aux couleurs de la marina et des tours qui n'en finissent pas de l'émerveiller, depuis l'enfance. Profiter de cette aurore, souvent par devoir, plus que par plaisir ; pour éviter les éternels bouchons qui continuent de cerner la capitale, rendant la circulation impossible, insupportable. Il trace sa route jusqu'à l'Howard University Hospital. Humer pour la dernière fois l'air frais, à peine piquant du matin – des odeurs vite rendues confuses par des senteurs de café, puis c'est l'éther qui empuantit les couloirs pour masquer les traces de sang, de maladie, de merde et de mort qui planent, jamais très loin, dans les couloirs. Devancer les chirurgiens, recevoir les patients à la chaîne, le plus humainement possible. Faire sourire les enfants effrayés, rassurer les jeunes filles imprudentes, sermonner les cadres excessifs, apaiser les mères dépressives, accompagner les aînés en fin de vie. Voir défiler pêle-mêle la misère et les grands de ce monde, s'entretenir avec les chirurgiens encore assez humbles pour échanger avec de simples toubibs. Plaisanter avec les infirmières, fumer une clope avec les brancardiers. Léger. Porter la blouse comme on respire, jusqu'à ce que l'heure du repos sonne pour retrouver une solitude choisie et assumée. Parfois, il s'agit de visiter son frère, de profiter de ses neveu et nièce, de sa belle-soeur, de ses parents vieillissants. Souvent, il s'agit de sortir. Tout est prétexte à boire un verre, à se rendre au cinéma, manger au restaurant, fréquenter une salle de sport, sortir toute la nuit. Boire. Coucher, si l'envie égoïste se manifeste. Un quotidien simple. Sans rayure. Sans faute de parcours particulière. Une existence banale, en somme, ou presque.  

    Puis, le Pendant. Pendant la crise. Apprendre à faire confiance à Nova en lui abandonnant l'appartement pour quatre jours et trois nuits. Prendre la route pour le WFC, retrouver les collègues délaissés trois jours plus tôt. Respecter le protocole de transmission des informations. Ils sont deux collèges de médecins à tourner et se relayer en permanence. On n'est jamais trop prudent. Le plaisir de retrouver Carl Weiss, collègue psychiatre. L'immersion dans les corridors de cet ancien manoir totalement rénové, jusque dans ses souterrains métalliques, toxiques pour tout claustrophobe qui se respecte. Tourner le dos à certains principes, se persuader que la fin justifie les moyens. S'habituer aux cris, aux plaintes, aux plaies ouvertes et aux expérimentations pratiquées sous l'égide du Pasua. Se convaincre qu'il s'agit de dépasser le plaisir brutal de la chasse pour le transformer en mission réelle, sans cesse aiguillé et remotivé par Carl. Quatre jours éprouvants, récompensés par trois jours d'un repos relatif. Cohabiter avec une lycéenne n'a jamais fait partie de ses plans de carrière, et pourtant, il s'y est presque fait. À la musique qui tourne quasiment en permanence depuis la chambre allouée à sa nièce, aux échos de sa voix lorsqu'il l'entend papoter au téléphone pendant des heures, à ses affaires qu'elle laisse traîner un peu partout ; il ne s'en offusque pas : c'est le signe qu'elle s'acclimate et se sent chez elle, ici. Les repas à deux, les curieux moments d'intimité qu'un oncle et une nièce n'ont pas toujours l'occasion de partager, dans une famille normale. Des moments simples. Légers. Attendre que l'orage passe, faire rentrer l'argent, appeler le frangin quand les crises menacent. Prescrire quelques médicaments sous le manteau.  

    Après. La chaleur du Sud jusqu'en plein mois d'octobre, insupportable. L'été sera terrible. Les pleurs de Nova. La galère pour retrouver un travail, un toit décent. S'acclimater. S'installer, se créer un nouveau cocon. Songer à elle, à ce qu'elle a fait. Songer à lui (vivant ou mort?). Songer au futur. Les disputes nées de la tension, la fuite en avant, tout un quotidien abandonné derrière soi, en priant pour qu'un jour, Baltimore leur redevienne favorable. Pousser sa nièce à reprendre des études, ou à se dénicher un petit boulot pour lui éviter de rester inactive et broyer du noir. Se faire du mouron chaque jour que Dieu fait en l'imaginant se balader dans cette ville remplie de monstres. Emménager et aménager cet appartement chaleureux et avenant. Retrouver un emploi « normal » au Shreveport Hospital. Retrouver la misère du monde, et les Grands qui siègent à sa tête. Il s'est fait à l'idée : en se rapprochant du centre névralgique de la résistance anti-CESS, il a bien plus de chances de protéger la chair de sa chair, mais le doute guette. Léger ? Certainement pas. Certainement plus.
  • Caractéristiques de race
    Les Calloway sont des chasseurs dans l'âme.
    Leurs traditions sont implantées depuis plusieurs générations. Tomas Calloway a donc élevé ses fils de manière à les instruire dès leur plus jeune âge des us et coutumes de la chasse. Devenus adolescents, puis adultes, les « chasses », parfois organisées en compagnie d'autres familles ont un rôle fondamental, et pour certaines mêmes, ont valeur de véritables rites de passage consacrant l'individu au sein du groupe.
    Sportif depuis son plus jeune âge, il s'est très vite spécialisé dans la traque des vampires, quoique capable de poursuivre un loup-garou au besoin. Il a néanmoins tendance à abandonner cette spécialité à son frère aîné, Sasha, se contentant de jouer un rôle de rabatteur ou de pisteur à ses côtés, et inversement. Sa vision du surnaturel est biaisé par sa nature d'humain. Il considère largement les vampires comme des prédateurs méritant d'être persécutés à leur tour. S'il n'éprouve pas de véritable plaisir à tuer à proprement parler, ses meurtres relèvent à ses yeux de véritables missions paladines, dont il s'acquitte avec une sévérité à la hauteur des attentes de son père, depuis toujours. Amateur d'arme lourdes à longue portée, il redoute souvent les combats au corps-à-corps, bien qu'ayant appris à manier les lames en argent, lorsque l'urgence s'en fait ressentir. Comme chaque membre de la tribu, il a requis le droit d'apprendre le maniement d'une véritable arme traditionnelle, qu'il utilise encore, lorsqu'il le peut. Son arbalète aux carreaux empoisonnés, réservée aux Longue-Vies, est probablement l'objet auquel il tient le plus, pour sa portée symbolique. Ses techniques de chasse les concernant sont méthodiques : l'affrontement doit être bref, et lui laisser une marge de manœuvre suffisante pour pouvoir fuir au besoin. Il affectionne particulièrement les chasses en hauteur, ayant appris à crapahuter sur les toits lorsque le terrain le permet.

    C'est avec affection que les trois fils Calloway, amusés de comparer leur père au personnage de van Helsing en personne, se sont rebaptisés les Fils d'Abraham.

  • AFFILIATION ET OPINIONS
    La Révélation lui a laissé un goût amer dans la bouche. La populace hystérique s'est jetée à corps perdu, totalement immergée sous son impact. La Révélation. À quoi bon l'apocalypse écologique programmée, les guerres territoriales pour le contrôle de l'eau, les génocides commis en silence, les camps de concentration en Chine et les éternels dangers du nucléaire. La Révélation a tout phagocyté. Voilà qu'on s'est mis à légiférer, à intégrer dans toutes les Constitutions, les Chartes internationales et les Conventions des créatures amenées à semer la Mort sur leur passage. Pour une bonne partie de la population, les chasseurs comme lui sont à cataloguer dans le tiroir Ku Klux Klan et autres extrémistes. Une aberration, voire une insulte. Lorsque ses frères et lui se sont rebaptisés affectueusement les « Fils d'Abraham », leurs intentions étaient pures. Véritable serment familial, continuité et respect des traditions, gardiens silencieux de quelques vies humaines dont se détournent les gouvernements censés protéger chaque citoyen de ce pays désormais soudoyé, aujourd'hui foulé au pied. Les dés ont été jetés une fois de plus, inversant les rôles, bouleversant une balance trop souvent manichéenne. La Révélation a braqué sur lui, sur les Calloway, un projecteur dont la lumière crue et violente lui brûle l'échine et échauffe son esprit. Avec elle, c'est toute une part de curieuse "innocence" qui s'est déchirée. Avec elle, l'obligation de prendre parti, de parler alors que l'ombre d'autrefois leur convenait parfaitement. Avec elle, fini les parties de chasse discrètes, sous couvert de ce baptême autoproclamé.

    Les lycans et les vampires sont ses proies de prédilection. Impressionné et effrayé par les pouvoirs des arcanistes, il laisse à son jeune frère toute prérogative agressive sur eux, et se contente de mépriser les outres qu'il considère comme des être dégénérés et tout aussi dangereux que leurs confrères Éveillés. Quant aux Démons et autres engeances, il éprouve une véritable aversion et terreur pour ces créatures maléfiques et malfaisantes, trop conscient du désastre que ces entités peuvent provoquer autour d'elles.

    Ainsi, s'il trouve les efforts de la milice anti-CESS grossiers et peu productifs, il a choisi son camp : les humains d'abord, toujours. Il ne s'est pas encore décidé à venir grossir les rangs des Shepherds. Impliquer sa nièce et lui faire à nouveau subir les conséquences de ses erreurs lui est interdit. Pas deux fois. Plus jamais. En attendant que le clan familial se regroupe à nouveau, il préfère faire cavalier seul et, surtout, faire profil bas en attendant de devoir brandir les armes par nécessité.

  • Singularités
    BONUS• Caméléon, pervers polymorphe, il se joue des conventions sans porter pour autant ses pensées en étendard. Il ne porte pas plus d'affection que nécessaire à son époque, sans pour autant s'en rendre malade. C'est avec du recul et une pointe d'agacement qu'il juge dans sa barbe les militants du dimanche, les porteurs de drapeau arc-en-ciel, les fanatiques des réseaux et les addicts du selfie. On cède souvent à la facilité en liant ses opinions avec son âge ; sans doute est-ce rassurant de le vieillir avant l'heure. Pour autant, s'il a conscience du temps qui passe, il traverse l'existence poussé par une forme d'acceptation parfois déroutante. Il assume parfaitement la marche vers la cinquantaine qui approche, son détachement pour l'hystérie collective qui semble désormais faire avancer le monde, et son goût pour les soirées arrosées, parfois déviantes. Quant à sa sexualité brouillonne, elle ne l'embarrasse pas pour un sou. Influencé par une mère fantasque dont il a hérité du tempérament pince-sans-rire et lucide, il a adopté la doctrine qu'elle lui a toujours asséné : le choix d'une sexualité restant aussi dérisoire que celui d'une couleur de cheveux. Une histoire de [bon] goût, de préférence, voire de pure esthétique, en somme.

    • Sa jambe droite est tatouée sous le genou jusqu'à la cheville de plusieurs motifs japonais, et principalement une carpe koï. C'est le seul souvenir malheureusement impérissable qui lui reste de sa dernière et infructueuse relation amoureuse sérieuse.

    • Il ne parle que rarement de son métier dans sa vie personnelle. Conscient de la peur que dégage souvent l'aura de médecin, lui qui aime à fréquenter tous les milieux préfère autant ne pas se fermer trop de portes par avance, notamment au contact d'un public peu enclin à respecter une hygiène de vie digne de ce nom. Pour sa part, s'il apprécie l'alcool et la cigarette probablement plus que la morale l'exige, il possède malheureusement cet instinct de préservation qui l'empêche de céder à une réelle autodestruction. Quant aux quelques comprimés récréatifs de MDMA qu'il ingère lors d'événements nocturnes exceptionnels, ils n'ont jamais tué personne.

    • Il se sent particulièrement proche de son frère aîné, Sasha, et surtout impuissant à le soulager d'une manière ou d'une autre. Sa volonté de prendre Nova sous son aile n'est née de rien d'autre que de l'envie d'apaiser les tensions familiales et de jouer son rôle d'oncle en offrant un abri à l'adolescente éprouvée. Il ne craint qu'une chose : lui voler une forme de statut paternel dont il s'estime indigne. Quant à Miles, il ne le connaît pas aussi bien qu'il le voudrait, et peine parfois à comprendre ses motivations, ce qu'il regrette profondément. Si la cohabitation avec sa nièce se passe au mieux, il reste encore maladroit et rugueux face aux excès naturels de celle qu'il considère encore comme une adolescente. Il tente néanmoins de compenser le cadre qu'il lui donne par des marques de tendresse bourrue ; un bricolage affectif qui l'éprouve mais auquel il s'accroche.

    • Grand sportif dans sa jeunesse, à la fois forgé par les chasses auprès de son père et ses frères et par  ses études scolaires, ses résultats lui ont permis de décrocher une bourse universitaire, ce qui l'a aidé à prendre son indépendance plus rapidement. Malgré une famille aisée, il a toujours préféré cultiver une forme d'auto-suffisance qui l'a poursuivi toute sa vie, au point d'en devenir sa marque de fabrique.

    • Il a été fiancé à une ancienne athlète née à San Francisco, d'origine japonaise et aux rêves d'olympiades brisés : June Carter. Encore tout jeune médecin, il rencontre la jeune femme dans le cadre d'un suivi régulier, qu'elle n'honore visiblement qu'à contrecoeur. Leur relation dure plus de cinq ans, avant que June ne cède à un adultère qu'il ne lui pardonne pas.

    • Il possède une petite maison à Baltimore, dans un quartier tranquille et collé au centre-ville. Il n'a jamais caché son affection pour ce qu'il considère être son territoire. Vivant tout près de la marina, il ne se lasse pas du paysage urbain et de la modernité de cette cité portière. Il la connaît sur le bout des doigts, et aime autant les nouvelles zones huppées développées que les vieilles baraques et le parfum d'Histoire qui s'en dégage. Pour autant, il se sent attaché à Washington D.C., sensible à ses bâtiments colossaux, imposants, autant qu'à ses musées et à son obélisque.  
Who am I ?
Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. GEds325T
Je suis Un vieil inventé Blase Bagheera Visage Thomas Kretschmann Sagesse  :snape:  Découverte En même temps ce serait un peu étrange de "découvrir" sa propre baraque. Oui, le forum c'est la maison, yakoi :eyes: Présence J'y passe ma vie, au cas où ça s'était pas remarqué. Avis  :clapclap: Crédits ø Mot de la fin La légende raconte que là où il passe, le fun trépasse.  :flames:
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Fear is the mind killer
Ian C. Calloway
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Fear is the mind killer
✞ PAINT IT BLACK ✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Cel2Mn1 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. SxWuaE6 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. PCXwL9G

"Tomorrow is another day,
Today is another bomb."

En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
Qui es-tu ? :
"You never thought we'd go to war,
after all the things we saw."

✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

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"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. S7T3m9m
✞ I AM A GOD ✞

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"That's our cosa nostra."

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. ZfltnPn
Pseudo : Nero
Célébrité : Thomas Kretschmann.
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Crédits : LUNAR (ava) ; Amiante (signa)
Dim 9 Juin - 20:59 (#)

"So guard her well."
How do you know you're not a patient?

BIO17 juillet 2018. 21h30. Waverly Falls Center.

La chambre est rudimentaire. Il s'y est fait, depuis le temps. En dix ans, il s'est approprié les lieux du mieux qu'il le pouvait. Pas de photos, en revanche. Jamais de photos. Il a compris dès le début l'importance de compartimenter sa vie professionnelle avec sa vie privée. Au WFC, cet aspect élémentaire est élevé au grade de besoin vital. Comme toute corporation de cette envergure, moins il leur livre d'informations, mieux il se portera. De la fenêtre entrouverte, un filet d'air frais rend plus supportable la température dans l'immense bâtisse. Lorsqu'il n'est pas de service, l'ennui est de rigueur, d'autant qu'il a eu la connerie d'oublier son ordinateur portable. Dans la pièce, un bureau, une petite commode et un lit simple, collé contre le mur. Il s'est allongé, fourbu par une journée riche en émotions et en pannes techniques. Maintenant que tout est rentré dans l'ordre et que les membres du service ont rabâché les mêmes informations presque sans discontinuer pendant deux heures pour commenter les dysfonctionnements et tuer le temps, il ne lui reste plus qu'à grappiller quelques heures de repos. Demain, le réveil sonne à l'aube, et avec lui une longue journée à tirer pour traiter plus de huit patients en un temps record. Il n'a pas la moindre envie de se livrer aux désirs de Steve (collègue neurologue dont il n'est jamais fichu de se rappeler du nom de famille imprononçable), mais il sait qu'on ne le paie pas pour lui demander son avis. Plus que deux semaines. Deux semaines, et la boîte lui a promis des vacances. À force de pianoter sur son téléphone en profitant du faible réseau à disposition, il a fini par s'endormir tout habillé, la blouse encore sur les épaules – à peine arrivé, il s'est contenté de se laisser tomber sur le matelas sans même défaire les draps.

C'est l'alarme qui le réveille en sursaut. Lancinante.
Il s'est aussitôt redressé, assis sur le lit, pétrifié. La décharge d'adrénaline est immédiate. Sa cage thoracique se contracte, tandis qu'il entend, au-delà de la paroi, des bruits de pas caractéristiques d'une cavalcade infernale. Des gens courent. Nombreux. Des gens hurlent, aussi. Il croit reconnaître certaines voix – des membres de la sécurité – mais également celles des deux infirmières. Les seules femmes à avoir intégré le WFC, embauchées dans l'urgence pour pallier le manque de personnel. Leur contrat doit se terminer dans quelques jours.
L'alarme sonne toujours. Le cœur battant, il se décide enfin à se lever, redoutant d'ouvrir la porte verrouillée. Des chocs contre les murs. Il se recule, récupère son téléphone en train de vibrer sur le lit. C'est Carl qui appelle. Il décroche sans même y réfléchir : « Qu'est-ce qui se passe ? »
« Il faut se tirer ! Tu m'entends, il faut se TIRER. Prends pas tes affaires, j'arrive et on sort ! »



Mardi 11 septembre 2001. 8h40. New York.

« Alors, bientôt sergent à ce qu'il paraît ? »
« Les nouvelles vont vite. »
Le mois de septembre est le préféré de Sasha Calloway, depuis son installation définitive à New York City. Le ciel ne lui a jamais paru aussi dégagé, aussi parfaitement bleu. Le matin lui est bon. Agréable. Il ne grille pas en plein soleil, il ne se caille pas les miches à l'ombre. C'est une journée parfaite pour sillonner les avenues. Un autre midtown. Celui de Manhattan.
« C'est Jana qui doit être contente. »
« Ouais... Enfin une bonne nouvelle. »
« Ça s'arrange pas... ? »
« Pas trop. »
Alexander Upshur n'insiste pas et se cale plus confortablement au fond de son siège, portant son gobelet de café encore bouillant à ses lèvres.
« J'espère que ça va être calme aujourd'hui. J'ai dormi trois heures à cause de la gosse. »
« Dieu merci, j'en ai fini avec ça. »
« Ça lui fait quel âge à Max maintenant ? »
« Le petit, il vient de faire ses 3 ans. »
« Tain, ça file. »
« Et tes frères ? »
« Le p'tit continue de faire de la merde. Ian, ça va. Il est toubib depuis deux ans, là. Il bosse à D.C.. J'crois qu'il a rencontré une fille, aussi. J'le connais, l'frangin. Il a toujours un peu l'air con quand il s'entiche d'une nana. »
Les deux officiers de police roulent vitres ouvertes. C'est peut-être grâce à ça que Sasha perçoit ce son étrange, lourd et lointain à la fois, tranchant de manière frappante avec le vacarme ambiant et habituel. Alexander et lui se regardent, et constatent au fond de leurs prunelles respectives qu'aucun des deux n'a halluciné. Ils lèvent le pied, et décident de garer la voiture. Ils attendent. Quelques longues secondes, pour attendre de voir si la déflagration retentit de nouveau.

« Tu crois que c'était quoi ? »
« Je sais pas. »
« Tu crois qu'on doit appeler ? »
« Je sais pas. »
Sasha fixe la radio. Il attend. Il sait qu'un message va forcément résonner, encore une fois, dans l'habitacle. Et ça ne manque pas. C'est comme ça que la vie du premier fils Calloway a commencé à partir en couilles. Par une belle matinée de cette fin d'été, à 8h46 A.M.

Ils sont arrivés sur place à 8h57. Ils étaient trop proches, et cela leur importait peu. Tous les pompiers de New York seraient tôt ou tard mobilisés, ainsi qu'une bonne partie des flics, comme eux. Très vite, au pied des tours, une foule considérable s'est amassée. On y trouve de tout. Les pompiers, quant à eux, préparent déjà leur matos, prêts à se lancer à l'assaut des flammes, à les attaquer de l'intérieur. Une vague d'officiers en uniforme bleu comme le sien se tiennent là également, à distance à la fois respectueuse, circonspecte et hostile des soldats du feu. C'est qu'ils s'entendent rarement entre flics et pompiers, dans la ville. C'est une tradition. Une vertueuse tradition que la plupart des gars des deux camps s'emploient à mettre en application, comme des mômes jouent à la guerre. Sasha voit les choses différemment. Il n'est pas venu seul tenter sa chance dans la Grosse Pomme. Il avait débarqué là avec son meilleur pote de toujours : Amaury Binarovski, un Polonais dont la famille résidait près de celle des Calloway, à Baltimore. Ensemble, ils s'étaient bougés le cul pour se motiver et ainsi décrocher leurs sésames. Sasha, flic. Amaury, pompier. Un rêve de gosse, qu'ils avaient réalisé en envoyant chier tous ceux qui ne voulaient pas les voir réussir.
Inconsciemment, il le cherche parmi toutes les têtes casquées, sans parvenir à le trouver. Ce qui est logique. Il n'est pas censé bosser aujourd'hui, mais il ne tarderait sans doute pas à se voir réquisitionné d'urgence, comme tous les fonctionnaires de la ville.

Il croit au départ à un accident. Naïvement. Un accident, dans un ciel sans nuages ? Mais on est prêt à tout croire, pourvu que la réalité soit moins noire qu'il n'y paraît.
À 9h03, il comprend. Il comprend que les prochaines heures seront des temps d'apocalypse. Il n'a pas eu le temps d'appeler sa femme, ses frères, ses parents, comme beaucoup d'hommes autour de lui. Ils sont pris dans l'action, et ils doivent réagir rapidement. Les ordres fusent de partout, dans un bordel immonde. Alex reste à ses côtés, tandis qu'il observe les premiers bataillons de pompiers s'approcher de la tour Nord, en pleine évacuation des premiers étages par certains de ses collègues. Bientôt, ce serait à leur tour. Comment ? Par quel moyen ? Dans ces moments-là, on ne pense pas. C'est ce qu'il apprend. On ne pense pas. On bouge. Il est sonné, comme une lendemain de St Patrick, comme un jour de grosse chaleur, comme...

« Y'a des gens qui sautent. »

Sasha tourne la tête vers Alex, dont le visage levé vers le ciel présente un mélange curieux : entre expression d'horreur et stupéfaction. Il ne lui a encore jamais vu un tel faciès, et ce malgré toutes les patrouilles vécues ensemble. Il croit avoir mal entendu.  

« Quoi ? »
« Les gens. Ils sautent. »

Il lève les yeux à son tour. Il voit. Il voit les corps désarticulés se jeter dans le vide, sans cri, sans rien que l'on puisse entendre depuis le sol. Il voit des hommes et des femmes préférer échapper aux flammes, au kérosène et à la fumée en sautant du 85e étage. 89. 92. La masse que constitue la foule pleure, autour d'eux. On entend surtout des cris hystériques, qu'ils soient féminins ou masculins. Des exclamations, des jurons, des imprécations, tous plus futiles les uns que les autres face à une vision d'Armageddon que personne n'aurait pu prédire. Plus tard, on lui racontera qu'un gradé parmi les soldats du feu est mort comme ça, sur le coup, victime d'une collision avec le corps d'un suicidé. Il n'attend pas les ordres. Il doit se remuer, bouger avant de sentir ses genoux se dérober, avant de faire quelque chose de con ou de stupide. Alex le suit. Ils prennent le parti d'ouvrir la voie à une escouade de pompiers. Pour eux, ce sera la Tour Nord. Ils passent par l'esplanade. Beaucoup d'employés totalement choqués et effarés les croisent, bousculés, les remerciant sans qu'ils ne comprennent pourquoi. Certains, désorientés, ont besoin d'être soutenus par les autres. Un bordel magnifique. Un Chaos comme on en voit peu dans une vie d'homme. Il ne distingue rien dans cette bouillie vocale. Rien d'autre que le cri d'un sergent, un cri d'alerte. Ne regardez pas la cour, qu'il hurle. Ne regardez pas. Beaucoup ont regardé. Sasha n'a lui-même jamais raconté à Jana les morceaux de corps, le sang qui a giclé sur les vitres du rez-de-chaussée.  

Il n'est pas monté dans les étages. Ses supérieurs refusent. Alors il regarde les gars partir sans eux, pendant qu'ils « tiennent » le hall désert. Régulièrement, il fait des allers-retours avec l'extérieur, incapable de tenir en place. La tornade blanche le marque. Ces milliers, ces millions de feuilles qui tournoient dans la brise du matin, dans la fumée noirâtre comme autant de colombes de papier, ballottées.
Il est presque 10 heures lorsqu'un grondement meurtrier résonne partout autour d'eux. Alex est resté au cœur du hall et entend Sasha lui rugir de se planquer derrière ce qu'il peut. Mais ils ne se planquent pas. Ils ne sont que des putains d'animaux, rendus à ce stade. Ils courent, traversent toute la longueur du hall ensemble, de front, pour échapper à la fumée grise, au nuage de mort, fait de particules toxiques, de bois, de poussière d'os et autres saloperies. Il ne sait plus s'ils se sont jetés à terre ou s'ils sont tombés, tout simplement. Ils ne sont plus rien. Plus flics. Plus officiers. Que des pauvres types incapables de deviner comment la journée va se terminer, si c'était la Guerre, la vraie, la fin du monde ou bien juste la leur. Ils attendent, longtemps, avant d'émerger. La Tour Sud s'est effondrée.
Les flammes sont toujours là, plus proches d'eux. Des collègues viennent leur ordonner de sortir. Ils évacuent. Ils n'attendraient pas les pompiers. Sasha croit même entendre un « Qu'ils se démerdent. » Il ne pense pas l'avoir rêvé, et aurait voulu avoir le réflexe de coller une beigne à son supérieur. À la place, il ne se retourne pas même vers les escaliers. Ils cavalent comme des fous, perdant l'équilibre constamment, enfumés, les poumons sans cesse pris dans une toux douloureuse. Rapidement, ils sont couverts de poussière. Il n'y a plus rien à faire qu'attendre encore, qu'aider les gens qui sont tombés, qui ne parviennent plus à respirer et qui ne se sont pas réfugiés dans les bâtiments et les immeubles à proximité assez vite. Ils vont à droite, à gauche, faisant tout et rien. Il ne s'est jamais senti aussi impuissant avant ce jour. Jamais senti aussi... useless.

La Tour Nord est tombée, elle aussi. Lui, il n'a jamais revu Amaury Binarovski. On lui a dit qu'il avait fait partie des derniers pompiers à entrer dans la Tour Sud. Qu'il est mort depuis déjà près d'une heure, et que Sasha ne le savait même pas.

Il ne sait rien.
Il ne sait plus rien.
Le World Trade Center est devenu son champ de bataille, son enfer de Dante.
Sa ville d'adoption s'est changée en bastion de guerre, en terrain d'attaque, en cimetière des larmes.



17 juillet 2018.??h??. Waverly Falls Center.

Les plombs ont sauté. Combien de temps, depuis que la bousculade les a tous les deux séparés ? Il s'est retrouvé seul, dans l'un des innombrables petits laboratoires installés dans l'établissement labyrinthique. Il a beau travailler ici depuis une dizaine d'années, il n'est pas sûr de pouvoir sortir sans encombre. Pas maintenant. Pas comme ça. Seules les veilleuses d'urgence accordent aux couloirs un tant soit peu de lumière. Autant dire rien. Il s'est abrité, agenouillé sous un bureau, pour échapper aux baies vitrées et à ceux qui pourraient l'apercevoir, depuis l'autre côté. Sans ses armes, il se sent plus vulnérable que jamais. Le système de sécurité a failli. Combien sont-ils, face à la grosse centaine de patients qui peuple cet ancien asile ? Comme autant de fantômes venus réclamer et se faire justice contre leurs tortionnaires, les portes des cellules se sont ouvertes, laissant s'échapper tous ces cerveaux malades. Ce ne sont pas les humains qui l'inquiètent le plus. Il craint la dizaine d'hôtes « spéciaux », de ceux contre lesquels les coups de matraque ne valent rien. Il le craint Lui. Il sait qu'il est devenu sa Némésis. Il sait qu'il n'aurait aucune chance en cas de face à face. La peur lui assèche le palais. Il songe à Nova. À la petite, seule chez lui, probablement occupée à regarder Netflix, à se commander à manger sur Uber Eats, à discuter au téléphone dans sa chambre. Les deux heures de route qui le séparent de Baltimore semblent avoir quadruplé. Quintuplé. Il doit se préparer à mourir. Il doit prendre cette composante en considération. La situation est plus critique qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer.
Plusieurs voix se font entendre, dans la salle adjacente. Les cubes de verre collés les uns aux autres lui permettent de distinguer, dans le box voisin, plusieurs patients à moitié nus, réunis autour d'un autre individu. Une blouse blanche. D'une simple clameur, des gueulantes se mettent à résonner.
« FAIS-LE ! FAIS-LE ! » La « blouse blanche » allongée sur une table, cernée par quatre individus, plus un debout au-dessus de lui, semble se contorsionner en vain. « Gardez-le immobile ! »  Frappé à plusieurs reprises par un objet lourd qu'il n'identifie pas, le crâne broyé sous les impacts répétés.
« Je rêve de ça depuis toujours, docteur ! » Fou. Du sang gicle. Il doit retenir un gémissement d'horreur, se faisant violence au risque de s'en pisser dessus. L'instinct de survie reprend ses droits, et dans un éclat de lucidité qui lui sauvera peut-être la peau, ses épaules s'agitent pour le débarrasser de sa propre blouse, qu'il finit d'arracher à deux mains. Elle ne sera pas son linceul. Il tâte frénétiquement ses poches pour se rassurer sur la présence de son badge et de ses clefs, puis profite du massacre pour sortir de sa planque et du laboratoire, se retrouvant dans le couloir à peine éclairé. Il longe les murs, aperçoit au loin un patient en train de courir, se réfugiant dans une pièce qu'il n'identifie même plus. Ses sens sont brouillés, le rendent confus et désorienté. Il ne peut pas rester immobile. S'il s'arrête, il meurt. Il doit retrouver la sortie, et retrouver Carl si cela lui est encore possible. À son tour, il se met à courir, redoutant à chaque tournant de (Le) croiser un Déviant avide de buter du toubib, d'écarteler du psy, de fourrer du neuro. Il tente de ne pas réfléchir au système qui verrouille peut-être d'ores et déjà tous les battants, y compris ceux qui lui permettraient de sortir. Il stoppe brutalement en apercevant, à travers une porte vitrée, l'un des gardes de la sécurité occupé à cogner un patient – probablement jusqu'à le tuer. Un vague élan de soulagement le rassure : peut-être que tout n'est pas complètement perdu. Peut-être parviendront-ils à reprendre le contrôle. Peut-être... Il reprend sa course. Partout, déjà, des vitres brisées, des chaises et des bureaux renversés. Le Chaos n'a pas mis longtemps avant de frapper ces lieux à la propreté irréprochable, encore quelques heures plus tôt.  

Il s'égare, cherchant une échappatoire, prêt à sauter du haut d'une fenêtre au risque de s'en casser une jambe, si cela devait s'avérer nécessaire. L'espoir ravivé par cette idée, il pousse une nouvelle porte pour s'engouffrer dans une pièce. Une pierre semble tomber au creux de son estomac. D'autres patients. L'un d'eux porte encore une camisole. Sur une autre table, allongée, une autre blouse blanche. Il reconnaît Steve. Fucking Steve, mort. Un couteau planté dans le thorax frénétiquement par le plus costaud des trois dégénérés qui encerclent sa dépouille. Un autre tombeau dont il s'échappe sans demander son reste, terrifié à l'idée d'être poursuivi. Son élan le projette sur un quatrième homme, lui arrachant un cri d'effroi à lui en décoller les poumons : « Où est-ce que vous essayez d'aller Doc ?! » Un coup de poing le cueille dans le ventre, et il ne doit qu'à un réflexe surhumain de se reculer et de se remettre à courir en sens inverse, le souffle coupé, une main pressée contre l'abdomen. Ils sont partout. Ils commettent un génocide sur l'ensemble de l'équipe médicale du WFC. Il va mourir. Au bout de deux longues minutes de fuite effrénée, il finit par jeter un coup d'oeil par-dessus son épaule : son poursuivant a disparu. Probablement pas pour longtemps, mais suffisamment pour lui permettre de récupérer. Il s'arrête, les jambes flageolantes, et s'accorde quelques secondes de répit pour se pencher et reprendre son souffle. Ses mains tremblent.
« Calloway ! »
Il sursaute et se redresse aussitôt, sur la défensive. Rider. Leonard Rider l'appelle, depuis l'intérieur d'un bureau, dont la porte est entrouverte.
« Reste pas là, ramène-toi !! »
Il ne se le fait pas dire deux fois et obéit, s'abritant dans la pièce. Un autre scientifique, dont il ignore l'identité, est assis sur une chaise, visiblement durement éprouvé. Il le salue d'un bref hochement de tête, avant de reposer les yeux sur Rider. Il déteste ce fils de pute cordialement. Docteur en biologie, il l'a toujours vu mener des expériences plus que douteuses sur ses patients. Il parle comme l'un de ces connards sorti d'une école de commerce et fait partie des « proches » de la direction. C'est un sadique, le genre qui salit la réputation des autres hommes de science. Il pense être un chirurgien reconnu, mais il n'est rien d'autre qu'une ordure suffisante et suffisamment stratège pour faire avancer sa carrière. Pour autant, il n'a jamais été aussi heureux de le voir.
« On essayait de trouver le meilleur chemin vers la sortie... T'as pas un tuyau ? Je lui suggérais de passer par l'aile est. » L'autre répond aussitôt : « Mauvaise idée. On sort d'ici par la réception et on laisse le groupe tactique du WFC nettoyer ça. »
Il préfère intervenir : « S'ils arrivent à temps. » Rider et l'inconnu posent leurs prunelles perçantes sur lui. Il ne se décontenance pas et soutient : « On a besoin d'aide maintenant. Si on arrive à les joindre par radio, les autorités pourraient être ici dans… »
« On ne sait même pas si la radio fonctionne. »
« De ce que je sais, c'est un modèle à ondes courtes. S'il y a de l'électricité, il y a un signal. Les plombs ont sauté et l'éclairage ne s'est pas remis en route, mais l'électricité fonctionne encore. »
« Comment vous pouvez le savoir ?! »
« L'écran d'ordinateur, derrière vous. »
Les deux hommes hésitent, ayant intégré jusqu'à l'os le protocole de confidentialité du WFC, le poussant à asséner :
« On doit arriver jusqu'à cette radio. »
« L'aide extérieure ne vient pas sans observateurs extérieurs. » L'inconnu s'est relevé, s'adressant directement à Rider : « Tu veux être tenu pour responsable de tous les trucs incertains que tu as fait avec le registre du personnel de la compagnie ? Moi pas. »
Sans comprendre, il observe l'accusé, qui semble avoir blêmi plus encore. Il ne veut pas connaître les secrets tordus de cet homme qu'il exècre. Il se moque bien de voir sa réputation salie, percée à jour. « C'est trop tard pour s'en soucier. Il faut seulement arrêter ça. » Rider acquiesce, d'accord avec le toubib, qui doit en retenir un soupir de soulagement. C'est un con, mais un con lucide, au moins. Il s'écarte, les mains sur les hanches, massant vaguement son torse là où il a encaissé le coup. Il s'est détourné et ne peut qu'entendre Rider qui siffle, d'une voix encore plus blanche que la couleur de sa peau à son comparse : « Tu as la trouille. Tu n'as pas les idées claires. Calloway a raison. Laisse-moi te dire une bonne chose : ou tu nous aides à essayer de contacter l'extérieur avec cette radio, ou je vais te donner une excellente raison d'avoir la trouille. »

C'est à trois qu'ils repartent, longeant les couloirs comme des évadés de cachot. L'alarme résonne toujours. Parfois, des lumières rouges illuminent le sol d'un halo malveillant et anxiogène. Il a pris la tête du trio. Il aperçoit au bout d'un corridor d'énormes éclaboussures sanglantes. L'odeur de cuivre le prend à la gorge, et une nausée manque de lui couper les jambes. Il reconnaît l'un des gardes, démembré dans une mare d'hémoglobine. Derrière lui, le scientifique laisse échapper un vagissement indiquant une régurgitation certaine. Ils enjambent les organes apparents pour traverser un sas de décontamination, sans parler. Il n'y a rien à dire. « C'est là ! C'est le poste de sécurité ! » Ils s'enferment à l'intérieur, et les trois hommes s'autorisent un sourire éphémère. « Bon... maintenant… »
« AIDEZ-MOI ! S'il vous plaît !! »
De l'autre côté de la pièce, et de l'autre côté de l'immense baie vitrée, un autre médecin, qui n'a pas eu la présence d'esprit de se séparer de sa putain de blouse blanche, tambourine comme un forcené.
« Je suis un docteur ! Je dois rentrer chez... Vous devez me laisser sortir d'ici. S'il vous plaît. Appuyez sur le bouton, ouvrez la porte. On peut sortir d'ici ensemble ! »
« Oh merde, c'est Darrell ! Ouvez-lui. OUVREZ-LUI. » Avant même de pouvoir actionner la moindre commande, un patient apparaît, à quelques mètres seulement de Darrell Park. Ses trois collègues se figent, interdits, condamnés à observer le spectacle de l'homme agrippé et assommé. À plusieurs reprises, le patient cogne le crâne du médecin contre la vitre. Il ne relâche qu'une poupée de chiffon, avant de disparaître, comme il est venu. Le silence relatif, toujours accompagné de l'alarme qui persiste, retombe lourdement sur eux. « Il n'y a pas de radio... Elle n'est pas ici. »
Ils se résignent à sortir, accablés. Ils courent encore, jusqu'à l'épuisement. Une blouse blanche apparaît dans leur champ de vision, courant vers eux avant d'obliquer dans un couloir vers leur droite. Pas d'arrêt. Pas d'effusion. Juste un avertissement : « Il y en a un autre qui arrive !! » Calloway lui emboîte le pas sans réfléchir, dérapant sur le sang qui colore les sols et retapisse les murs.

Ils sont quatre désormais à errer.
« Et les conduits d'aération ? »
« Non... Si on reste bloqués pour une raison ou pour une autre... On n'est pas dans un jeu vidéo. »
Des hurlements jaillissent, parfois. Ils lui glacent le sang. De plus en plus de corps jonchent les lieux, dans des positions sordides. Morts violentes. Toutes. Certains décapités. Il stoppe au cours de leur progression. Un cadavre attire particulièrement son attention. Il ignore pourquoi, avant de s'agenouiller et de repérer deux marques bien reconnaissables, dans sa gorge. « …Non… » Rider s'étonne : « Qu'est-ce qu'il y a ? » Il se contente de pointer les traces de canines. Il s'est libéré, lui aussi. Rider comprend et décide de garder le silence. Le chasseur désarmé se relève. Ils contemplent l'homme de sécurité mort. Vidé de son sang.

Il n'y a rien à dire.



10 février 2007. 1h35. Baltimore.

C'est le dernier soir. Le dernier soir de l'insouciance, le dernier soir de fête. L'appartement grouille de monde. L'alcool coule à flots. Le sol sous les semelles est poisseux, les murs tremblent des basses qui secouent leur lieu de vie. Elle l'a investi il y a longtemps maintenant. Trop heureuse de se voir acceptée dans cette garçonnière farouchement défendue. Ce soir, ils célèbrent un anniversaire. Un ami, quelques invitations, trop de bouteilles et beaucoup de rires. Pourtant, il ne se noie pas complètement dans la houle joyeuse. Il ne se noie plus dans grand-chose. Son existence est devenue un immense tableau bien rangé. Chaque chose à sa place. Par amour, il a sacrifié l'affection qu'il portait au monde de la nuit, certaines séances de chasse, certains rendez-vous à New York et un culte de l'imprévu qu'il ne peut plus se permettre de trimballer. Ils sont deux, désormais. Et bientôt, peut-être pour toujours. Un foutu verre en plastique rouge rempli de rhum à la main, il a pris du recul, s'est posté sur la terrasse, tournant le dos à la mer et aux tours illuminées, le dos appuyé à la rambarde. Il traverse ce spleen si particulier des soirées riches en excès. Il y a toujours ce vague-à-l'âme, ce moment nocturne qui lui donne envie de se percer le cœur pour laisser s'écouler ce qui y dort, ce qui y pourrit lentement. Un abcès dégueulasse, des regrets indicibles, des rancoeurs qui tiennent bon, comme autant de mauvaises herbes poussant entre ses artères. June. Ils se ressemblent.  Elle ne vit que pour l'instant. Il n'y a qu'avec lui qu'elle a commencé à regarder loin. À planifier. À réfléchir (trop), paradoxe ambulant. Déjà, les familles parlent mariage. Déjà, les aînés évoquent un enfant à venir. June est aussi instable émotionnellement qu'une gamine de douze ans. Et pourtant, il commence à lire, de plus en plus souvent dans son regard, ce désir de procréer, cette pulsion irrépressible de pondre l'oeuf, de « garder le gars ». L'illusion de la sécurité. Chaque fois qu'il y songe, c'est la même angoisse, le même malaise. Il se sait assez solide pour, à son tour, fonder sa propre cellule familiale. Personne ne le remettrait en question. Mais en a-t-il seulement envie ? Souhaite-t-il réellement remiser pour de bon cette liberté qu'il s'était promis de cultiver, coûte que coûte ? Buté jusqu'à l'os, il n'a jamais voulu remettre en cause ses vieux principes, conçus depuis son jeune âge. Il veut contrôler sa vie, préférant largement se retirer au fond des gradins comme un banal spectateur que de jouer milieu de terrain chaque jour que Dieu fait.
Dans sa robe blanche (transparente), sa peau presque dorée contraste, saisissante. Ses longs cheveux sombres, soigneusement lissés, lui tombent au creux des reins. Un sourire éternel tatoué sur ses lèvres. Sa bouche, rose, laisse régulièrement échapper des rires juvéniles, faisant briller le fond de ses yeux noirs. Femme-enfant. Le tableau est parfait. Ils ont tout pour être heureux. Mais un grain de sable est venu trahir cette plage de verre apparemment lisse. Il crisse. Il peut l'entendre écorcher cette surface plane et sans accroc. Il attend. Il guette. Il veut se prouver à lui-même qu'il a eu raison, qu'il a eu tort. Elle danse, engageant la montée d'un désir aussi violent que douloureux. Elle est tellement belle, ici et maintenant, qu'il en a mal au ventre, qu'il massacre tranquillement le plastique craquant entre ses phalanges, tout en fumant une cigarette bienvenue. Elle est saoule. Mais contrairement à certaines femmes qu'il a pu connaître avant elle – et quelques hommes, aussi – , son attitude n'a rien d'innocente. June Carter connaît parfaitement le potentiel de séduction qui dort dans son corps musclé et tonique, bien que brisé par l'accident qui a détruit ses rêves, et dont elle n'a pas encore fait le deuil. Il le sait. Elle n'encaisse pas. Elle n'encaissera probablement jamais cette blessure trop conne, trop injuste, qui l'a empêché de porter sur ses épaules le drapeau étoilé. Une revanche que cette descendante d'immigrés japonais ne savourera jamais. Ils ne sont jamais d'accord à ce sujet. Quoique métisse, la jeune femme accorde une importance obsessionnelle à ses sacro-saintes origines, tout en lui reprochant de se désintéresser, lui, de ses propres racines ancestrales. C'est qu'il s'en moque parfaitement. Elles ne lui apportent rien d'autre que quelques histoires probablement mythifiées et dont l'authenticité est à tout jamais perdue pour lui et ses frères. Il écoute son père raconter, pour lui faire plaisir, sans parvenir à saisir ce qui rend ces récits si importants, pour lui. Il écoute. Comme toujours. Que ce soit Tomas Calloway, Sasha, Miles, June, ses patients, ses collègues... Il semble être né pour cela. Parfois, cette posture lui pèse, comme cette nuit. June, elle, est parfaitement inconsciente de ce qui se trame de l'autre côté de cette baie vitrée. Elle danse, ondule, indécente. Le tombé de sa robe remonte haut, dévoile ses cuisses dangereusement. Les hommes la regardent. Dans ce vaste cercle d'amis, dont la plupart sont évidemment en couple, les coups d'oeil fiévreux sont habilement dissimulés aux compagnes occupées à critiquer la tenue d'une autre, à raconter les derniers potins de la bande, à parler couches, promotions, vacances et shopping. Il n'en peut plus. Il étouffe. De cette superficialité, de la musique assourdissante, de l'alcool qui se répand dans ses veines, de sa fiancée qui se donne en spectacle. Elle saute, alors qu'elle ne doit pas, hurle comme si elle avait seize ans. Un sein manque à tout moment de s'échapper de son corsage. Qu'est-ce que tu fuis ? Comme liée à lui par une connexion invisible, comme si elle pouvait sentir comme le rayon chaud de son attention posé sur elle, son visage aux joues rondes se tourne vers la fenêtre. Elle le voit. Il y a cet instant extraordinaire. Cette pause, arrêt sur image qui s'imprime profondément dans son crâne. Soudain, toutes les images ralentissent, les mouvements, les actions se saccadent. Les couleurs s'affadissent. Ils se regardent, séparés par cette barrière translucide, vague miroir les renvoyant chacun à cette solitude étrange, malgré leur union, cette relation passionnelle qui les unit, les fait et les défait depuis près de six ans, maintenant. Il y a ce vide, ce flou artistique dans le regard embué de June. Une hésitation, terrible. Puis son sourire. Un sourire qui contient mille et une facettes, nuances, souffrances, promesses, déclarations, mensonges. Elle le tue, l'assassine de ce sourire sacré, Femme au-dessus de toutes les autres, de par sa grâce, son pouvoir conférant à la manipulation, cette manie d'obtenir ce qu'elle veut, sans cesse. Elle est sa raison d'avancer, l'une des plus belles choses qui lui soit jamais arrivé, son frein et sa malédiction tout à la fois, son rêve et son cauchemar.  


« Où est-ce que tu es ? »
« Hey... Désolée j'avais pas mon téléphone sur moi. »
« Ah bon.. ? »
« Oui, j'étais en train de discuter, il était dans mon sac. »
Il humecte ses lèvres au goût de sel. Assis dans sa voiture, le moteur encore éteint, les néons roses et bleues de l'enseigne projettent des tâches de couleur un peu partout à travers l'habitacle. Plutôt que de lui vider efficacement l'esprit, les deux heures passées à transpirer dans sa salle de sport ne l'ont poussé qu'à ressasser, encore, cette même idée qui le torture depuis plusieurs semaines maintenant. Il peut l'entendre, dans son timbre à elle, presque jusque dans sa façon de déglutir, cette absence de sérénité. Une sorte d'inquiétude qui est venue troubler le timbre habituellement si confiant.
« T'es où ? »
« Pourquoi tu t'énerves ? »
« J'suis pas énervé. J'te pose une question et tu réponds pas. T'es avec qui, là ? »
« C'est nouveau ? Tu m'fliques ? » Il veut envoyer son poing dans quelque chose de dur. La mâchoire contractée, sa tension monte en flèche. Sa voix, sourde au point d'en être inquiétante : « Si tu me réponds pas j'te jure que ça va pas le faire… »
« J'te demande pas ce que tu fais de tes soirées quand tu n'es pas à l'appart'. »
« Peut-être parce que tu sais très bien que j'suis ou au boulot, ou à la salle. »
« Je rentre bientôt, d'accord ? J'en ai pas pour long... »
Le téléphone a volé, jeté contre le sol, côté passager. Il l'entend cogner, fort, sur la boîte à gants, avant de retomber dans l'ombre.


Lorsque Maddie Langer rentre chez elle et traverse le couloir du troisième étage, foulant à petits pas tranquilles le linoléum, un vacarme inhabituel la stoppe et fait courir le long de ses bras piquetés de tâches de vieillesse un frisson d'angoisse. Les cambrioleurs représentent l'un de ses pires cauchemars. Dans cette résidence tranquille et bourrée de caméras de sécurité, elle s'est toujours crue à l'abri des malfrats qui rôdent au-dehors pour voler les économies des vieilles dames veuves comme elle. Elle serre plus fort la lanière de son sac à main au cuir fatigué et s'approche, décidant de faire preuve de courage. Au mieux, l'explication est toute simple. Au pire, elle n'a plus grand-monde pour la pleurer et deviendra peut-être célèbre, à travers un reportage de dix minutes consacré aux faits divers les plus remarqués de la côte est, comme ceux qu'elle regarde toujours entre quatorze heures et seize heures. Mais non. Ce ne sera pas pour aujourd'hui. Surprise, elle observe le capharnaüm incroyable qui encombre le corridor. Régulièrement, des affaires valsent. Elle voit des robes. Des paires de chaussures, balancées contre le mur. Une boîte à bijoux ouverte laisse voir plusieurs colliers répandus à terre, leurs chaînes emmêlées. Des manteaux. Des photos. Deux tableaux. Un ordinateur portable, dont le lecteur CD s'ouvre sous le choc. C'est tout une vie qu'il balance, ou ce qu'elle aurait dû être. Ce qu'elle a failli être. Il jette tout ce qui lui appartient, à elle ; il ne lui volera rien. Il rafle, retire toutes les touches d'Elle de son chez Lui, une à une. Purger. Cleaner. Ses mugs à la con. Sa lingerie – il manque une pièce bien particulière. Son maquillage. Ses vernis à ongle. Sa brosse à cheveux, ses parfums, ses crèmes, l'ensemble de ses ustensiles de beauté, ses papiers, ses sacs à main, ses sex-toys, son parapluie, ses protections hygiéniques, ses bouquins, ses Cds, ses DVDs, ses produits de régime, son matériel de sport...

Nettoyer. Effacer. Couper court, le cordon. Il cautérisera la plaie plus tard.
Bien plus tard.



Elle aime plaire. C'est plus fort qu'elle. Plutôt que de culpabiliser, que de faire une thérapie, que de se demander ce qui la pousse à convoiter autant les regards des hommes sur elle, June Carter a décidé d'assumer. C'est sa façon à elle de se convaincre qu'elle est une bonne personne. Qu'elle ne doit rien à personne. Elle se trouve quelques excuses, parfois. Ça l'aide à se convaincre qu'elle est une bonne personne. Après tout, elle a souffert. Elle aurait pu l'avoir, cette belle carrière sportive qui lui tendait les bras. Si elle n'était pas tombée. Si elle avait pris son élan différemment. Si sa perche ne l'avait pas trahie. Elle aurait pu tenter sa chance, voir son visage filmé en gros plan par les caméras du monde entier. Elle aurait pu briller. Elle aurait pu ramener à ses parents le bronze, l'argent, l'or. Son nom serait rentré dans la légende pour de bon. Pas d'opération. Pas de rééducation. Pas de limitation. Oui, elle a souffert. Elle a connu les mois de fauteuil roulant, les conseils abrutissants des médecins, la surveillance attentive de son futur époux. Parfois, cela la rassure sur leur relation. Parfois, cela l'insupporte. Jamais satisfaite, jamais pleinement repue, persuadée d'être née différente, promise à ce grand avenir qui n'arrive pas. Sa vie lui convient. Elle lui convient. Mais rien de grandiose. Rien de palpitant. Hormis la promesse du mariage. Elle l'aime. Bien sûr qu'elle l'aime. Simplement, elle s'aime plus. Simplement, il ne l'aime pas assez. Pas comme elle voudrait qu'il l'aime. Trop taiseux. Trop prévoyant. Et qu'importe si sa jalousie les a dévorés tous les deux, au point de lui faire baisser les armes et délaisser ses virées nocturnes douteuses. Parfois, elle se demande si elle n'aurait pas dû s'abstenir. Elle regrette les disputes des premiers temps, celles qui les voyaient se réconcilier à grands renforts de coups de rein. Et pourtant elle l'aime, oui. Bien sûr qu'elle l'aime. Il est exactement ce qu'il lui faut : quelque chose de solide, sur quoi se reposer. Il est fiable. Elle ne l'est pas. Il le sera pour eux deux. Sa robe noire la moule trop, la voyant sans cesse obligée d'en tirer les pans, tandis que ses talons cloquent sur le linoléum à la sortie de l'ascenseur. Elle passe une fois encore sa main dans ses cheveux pour ne pas se trahir. Elle sent Lukas à plein nez. Elle sent le sexe. Ses cuisses sont encore humides sous ses collants, lui semble-t-il. Elle songe à leur dernière dispute, à la manière dont il lui a raccroché au nez, la semaine dernière. Ce n'est pas passé loin. Il ne l'a plus questionnée. Elle s'est bâti plusieurs solides alibis, qu'elle croit insubmersibles. Elle ne sait pas qu'il sait. Elle ne sait pas que certaines langues se sont déliées pour venir confirmer les doutes les plus atroces. June Carter, fiancée à Ian Calloway, se tape allègrement l'un des potes de fac de ce dernier : Lukas Nives. Et puis ? Ce qui ne se sait pas ne peut pas faire de mal. Elle ne l'a pas fait pour le blesser. En six ans, ce n'est que la troisième fois qu'elle dérape. La première fois, avec un sinistre inconnu rencontré en soirée, qu'elle n'a plus jamais revu. La seconde fois, avec un homme qui a bien failli la faire douter de ses sentiments pour son homme. Maintenant, Lukas. Elle l'a rencontré il y a trois semaines, pendant la soirée du 10 février. Maqué, lui aussi, mais venu sans sa petite amie. Il lui a plu. Elle lui a plu aussi. Elle l'a lue dans ses yeux, l'Envie. Elle sait décrypter ce genre de messages. Elle sent, lorsqu'un homme souhaite se ficher en elle. Il ne leur a pas fallu longtemps. Elle veut tout. Vivre. Grappiller le bonheur là où elle le trouve, moral ou pas. Elle se fout bien de Lukas. Elle aime le stupre. Juste, encore une ou deux nuits. Tellement aveuglée par ses propres mensonges, grisée par son propre ego, sans se rendre compte des pièges dans lesquels elle trébuche. Dans l'un desquels, elle est tombée.

Devant la porte, une montagne d'affaires. Les siennes.
Le battant est resté fermé. Ni les pleurs, ni les cris, ni les supplications n'y ont rien changé. Froid. Six ans, supprimés en un claquement de doigt. Pas d'effusions. Pas de papiers à signer ; à peine quelques coups de téléphone à passer, tout au plus. Pas à elle.

Plus jamais à elle.



18 juillet 2018.??h ??. Waverly Falls Center.

« Je l'ai fait. Je... Je pense que ça passe. Tu peux monter ? »
« J'arrive Ian ! Je dois juste verrouiller... Voilà, j'arrive ! »

Ils sont ensemble, à se frayer un chemin parmi les décombres, à escalader les bureaux et à forcer les portes. Lorsqu'il a retrouvé Carl, ce dernier aussi avait abandonné la blouse. Le revoir lui a procuré l'exacte dose d'énergie qui lui manquait encore pour se persuader qu'il ne mourrait pas ici. Ils évoluent dans la partie la plus sombre du complexe. Les fenêtres sont bien loin.
« On va devoir traverser... On va… » Il le voit claquer des dents. Carl est terrifié. Comment lui en vouloir ? Lui-même n'en mène pas large, et ce ne sont pas les balles en argent et le flingue déniché dans l'armurerie de la sécurité qui l'aident à se sentir plus solide, en réalité. Mathias est là. Quelque part. Peut-être en train de les traquer. « Quand l'avez-vous sédaté pour la dernière fois ? » Le psychiatre secoue la tête. « Je ne sais pas. Je sais juste que... qu'on l'entravait pour... limiter sa vélocité et... qu'il supportait mal le traitement, c'était comme une sorte de... d'empoisonnement perpétuel, c'était notre seule façon de le tenir, de… » Il se mord l'intérieur de la joue. Qu'ont-ils fait ? À croire que maintenir un immortel en captivité leur permettrait de clore l'histoire par un chapitre en bonne et due forme, ils n'ont fait que relâcher un fauve plus dangereux que jamais, trop longtemps sous-alimenté et sûrement avide de massacre. Il inspire et étreint l'épaule de son cadet, de quelques années seulement. « T'inquiète. J'te couvre, hein ? Toi tu me guides. On va s'en sortir. » Son ami hoche la tête, visiblement décidé à faire bonne figure, et ouvre la marche. Désormais, silence. La peur au ventre, ils avancent avec à chaque seconde, l'impression de se passer la corde au cou.

À genoux. Derrière une cloison fragile, le visage presque collé au bois, pour étouffer au mieux le son de sa respiration saccadée. Il a enserré la nuque de Carl pour le calfeutrer contre lui et les rendre invisibles, inaudibles, à défaut d'inodores. Ils tremblent tous les deux comme des feuilles. La silhouette pâle, terriblement pâle et mince de la créature, ils l'ont vue. Tous les deux. Une ombre tremblotante. Promesse du pire. Comme dans un mauvais film d'horreur, comme dans une série débile, ils sont recroquevillés là, à espérer que les sens encore affectés du vampire leur permettent de s'en tirer et de traverser le quartier dans son intégralité. Sortir. Sortir. Ses lèvres butent sur la tempe de son collègue et partenaire, et sa paume se referme plus sûrement contre son échine, pour essayer de le calmer. Il ignore si un filet de voix infime glisse entre eux deux, pour invoquer toutes les protections possibles, pour convoquer sa Foi, la transmettre au médecin prostré dans son ombre. La lueur des veilleuses les éclaire encore trop à son goût, diffusant une aura d'un vert pastel surréaliste, onirique. Il répète, inlassablement, les prières les plus puissantes, rassemblant les pièces de son influence, comme s'il pouvait solliciter par ce biais l'énergie de ses frères, si loin de lui. Ils attendent ainsi une éternité.

Il a eu du mal à le quitter, lui ordonnant de s'enfermer dans l'un des casiers du personnel jusqu'à son retour. Ils n'ont pas d'autre choix. La créature semble patrouiller obstinément, répétant inlassablement un chemin presque tout tracé. Il semble à la fois terriblement lucide et absent, évoluant dans une dimension étrangère. Il doit le tuer. L'abattre, avant qu'il ne leur tombe dessus à tous les deux. Plus le temps file, plus le sang ingurgité l'aide à purger la drogue surpuissante injectée pendant des semaines, des mois. Carl n'a jamais su chasser les Longue-Vie. Son truc à lui, ce sont les outres. Quelques arcanistes de seconde zone, passent encore. Des proies qui, à ses yeux, nécessitent davantage son esprit tactique, son charme et son intelligence que la force brute et le courage démentiel nécessaires aux chasses contre les CESS plus redoutables. Il préfère affronter un mage noir que se tenir face à un loup-garou.
Lui qui aime chasser depuis les toits, le voilà obligé de ramper, de se traîner de planque en planque, craignant à tout instant de faire crisser un bout de verre, de renverser un calepin, de tousser sous l'effet de la poussière qui vole, çà et là. Il prie encore.  

Le dos raide, contre un énième bureau. Il ne supportera plus jamais la vue de ces foutus meubles bon marché, lisses et fragiles, démantelés un peu partout dans l'établissement. Ils sont à dix mètres l'un de l'autre. Il sait que Mathias le sent. Il sait que Mathias devine son intention. Il le shoote ou il crève. Pas de plan C. Le poids de l'arme lui cisaille le poignet, tordu dans une position inconfortable. Son index posé avec déférence, prêt à tirer. Il se sent transpirer à grosses gouttes, obligé d'aspirer l'air par la bouche pour juguler son hyperventilation. Il déglutit pour la dernière fois.

Il pivote, s'avance. À découvert. Tire.

Un patient cagoulé, probablement défiguré par les traitements agressifs inoculés lui barre la route. Il doit réprimer la dernière once d'humanité qu'il lui reste pour ne pas lui tirer une balle dans la tête. Ses avant-bras sont écorchés, et sa main gauche est manquante. Opération chirurgicale ou mutilation récente, impossible de le savoir. Il a perdu toute notion du temps, enfermé dans cette obscurité permanente, il ne parvient pas à voir si la blessure suinte. Réflexe médical. Réflexe stupide. Il se contente de l'éviter, craignant une contamination, un contact, quel qu'il soit. Obsédé par l'idée de retrouver Carl, il le pointe du canon de son arme, tout en maintenant comme il le peut le mouchoir inutile, détrempé et filandreux contre sa gorge. Cramoisi. « Ne me touche pas… » Il recule. Ici, l'alarme retentit encore, lui ceignant le crâne d'un étau douloureux. Hagard, l'homme aux loques sales et puantes de sueur balbutie des propos insensés ; l'écume mousse à la commissure de ses lèvres. Dix ans. Dix ans qu'il bosse ici. Et il ne parvient pas à comprendre comment ses propres collègues ont pu créer de tels monstres. Il l'abandonne derrière lui, les traits tirés par les chairs tiraillées.

Ils échouent dans la morgue. L'un des tuyaux a été arraché, et des flux de vapeur fusent parfois tels de mini-geysers, les faisant tous les deux sursauter. C'est la pièce la plus propre de toutes celles qu'ils ont foulé depuis le début du cataclysme. « T'es sûr que ça va ? »
« Ça va. »
« Fais pas le mec avec moi, putain. »
« J'ai dit ça va. »
Il cherche une sortie. Il fait de plus en plus noir, et son organisme commence à manifester de sérieux signes de désorientation. Il connaît suffisamment bien le corps humain et quelques-uns de ses mystères pour savoir ce qui leur arrivera à tous les deux, s'ils cèdent à la pression d'une pénombre complète. Ses vieilles habitudes s'imposent, naturelles. Ses réflexes de chasseur : traquer en hauteur. « On monte. Viens. » Il le précède et grimpe, l'aidant à escalader pour passer par les traverses supérieures, surplombant les espaces de travail sous eux. La simple idée de dominer un tant soit peu la situation lui redonne de l'aplomb. « Tu l'as tué ? » Un frisson mauvais. Honteux, il secoue la tête, peu enclin à confier son échec. Quelques balles en argent pour le mettre hors d'état de nuire, suffisamment pour leur permettre de passer. Mais Mathias reviendra. Il reviendra. Carl a la décence de se taire, respectant l'embarras du médecin, envers lequel il ne conçoit aucune rancoeur, bien au contraire. Ils retrouvent le sol bien trop rapidement, poursuivant leur avancée cauchemardesque. Soudain, il presse l'avant-bras du psychiatre.
« Là ! Je t'avais dit que ce serait ouvert ! J'te l'avais dit ! Continue d'avancer, on est presque dehors ! »


9 octobre 2009. 19h45. New York City.

Il n'est jamais à l'heure. Même lorsqu'il le devrait. Surtout lorsqu'il le devrait. C'est penaud qu'il évite le regard de Jana qui lui ouvre. Ses billes bleues le frappent de leur froideur teintée d'une amertume profonde, que la jeune femme ne sait pas dissimuler. Brute de décoffrage, à l'image de son aîné, qu'elle a épousé, elle ne sait pas cacher ses émotions, encore moins lorsqu'il s'agit de juger son beau-frère. Entre eux deux, l'atmosphère a toujours été électrique, mais il n'est pas venu pour se prendre un soufflon de sa part. Il est venu pour Sasha. Miles Calloway pénètre dans l'appartement confortable de la petite famille. Dehors, les sirènes new-yorkaises gueulent à tout va. Depuis sa retraite en Floride, il a presque oublié l'effervescence de Babylone. Il s'avance dans le salon, et s'étonne de ne pas trouver la silhouette herculéenne de son frère. Le petit Glenn joue sur le tapis, et il questionne Jana sans parler. Elle lui désigne la porte donnant sur le couloir. Elle ne l'accompagne pas. Elle se détourne, gagnant la cuisine pour préparer de quoi manger aux hommes Calloway. Ou plutôt béqueter du bout des lèvres. Personne n'aura grand appétit, devine-t-elle.

La gorge serrée, il trouve dans le couloir sa nièce, prostrée tout près du battant. Nova relève ses prunelles pures dans les siennes. Visiblement, elle ne comptait pas sur la présence de son oncle, elle non plus. La petite se jette dans les bras de celui qu'elle trouve le plus beau, le plus intelligent de tous les hommes de la famille. Il est celui dont elle a toujours prétendu qu'il l'épouserait, quand elle sera plus grande. Du haut de ses huit ans, son visage mangé par les iris reflétant tantôt un gris de pluie ou un bleu océan, il la soulève entre ses bras et lui sourit, compensant comme il le peut son absence par une étreinte affectueuse. La gamine est leur soleil. Sa paresse lui coûtera peut-être un jour son attention et son amour. Les enfants grandissent. Adolescente, elle se désintéressera sûrement de celui qui n'est jamais là pour son anniversaire, pour tous les moments importants.

Il pénètre dans la chambre aux rideaux tirés. Soudain, il se sent heureux d'entendre les sirènes des ambulances. Car tout, dans cette pièce, semble faire office de chambre d'hôpital. Les sirènes apportent un peu de vie, au milieu de toute cette froideur. Et tant pis si elles ne hurlent que pour annoncer d'autres morts, autant de macchabées à charrier dans cette ville plus vivante que bon nombre des hommes qui la peuplent. Il contemple, accablé, Ian assis sur le bord du matelas. Allongé sur le côté, Sasha leur tourne le dos à tous les deux. Ce dos de béton. Ce dos qu'il s'amusait déjà à escalader gamin. Il capte des bribes de paroles, sous le coup d'un élan de pudeur dont il n'est pas coutumier. « … connais un psychiatre très bien… » Il triture ses poches, fait tinter ses clefs, piétine devant le seuil en fermant la porte dans son dos. La petite n'a pas besoin de voir ça. Il vérifie le contenu du petit sac en plastique qu'il a trimballé depuis sa voiture. « … pourrais t'aider… » Il mobilise finalement tout son courage pour s'approcher. Ian tourne la tête. Il n'a pas le cœur à sourire, et il regrette que le benjamin de la famille assiste à un tel spectacle. De part et d'autre du lit, du matériel médical qui ne devrait pas être là. Des médicaments. Beaucoup. Il n'a pas besoin de questionner son aîné direct pour comprendre que c'est à lui que Sasha doit de se soigner correctement. Cela n'ôte probablement rien à la douleur. Comme en écho à ces pensées, une quinte de toux violente agite leur colosse de frère, qui semble en cracher ses poumons, entre deux vagissements terribles à entendre. Il peut entendre le feu qui embrase ce souffle rauque, l'épuisement qui a sapé la force de ses muscles. Ian attend que la crise passe, caresse légèrement le bras de l'officier, puis murmure. « Y'a le p'tit con qu'est là... Y'a Miles. » L'intéressé passe d'un pied sur l'autre, mal à l'aise. Il est prêt à faire volte-face, préférant presque la compagnie morbide de Jana que de contempler le manque de curiosité du malade. Il aurait eu tort. Sasha se retourne, faisant couiner doucement le matelas sous son poids. Ian sourit. Aux deux. Pendant un temps, silence et émotion, avant que Miles n'avance. « J'aurais voulu venir plus tôt. » Il sort de son sac plastique un objet de forme rectangulaire, que le Doc reconnaît aussitôt. Il le dépose comme un gosse timide entre ses deux frères. « Je voulais t'apporter ça. Je me suis dit que ça t'occuperait... En souvenir du bon vieux temps. » Tous les trois observent cette couverture usée, aux bouts cornés. Sasha le contemple un moment avant de tapoter le livre comme on le ferait sur la tête d'un clebs fidèle, et d'une voix d'outre-tombe marmonne le « Merci » le plus sincère que les Fils d'Abraham n'aient jamais entendu venant de Sasha Calloway.

« J'étais justement en train de lui dire, avant que tu n'arrives, qu'il avait intérêt à se soigner rapidement. Qu'on reparte en chasse, ensemble. Ça fait longtemps. »
« C'est clair, ce serait cool... »

Il restent un long moment à parler. De tout et de rien. Surtout de rien. Surtout pas du mal qui ravage les poumons du flic de Manhattan. Le 11 septembre n'a pas laissé de traces que dans sa caboche engoncée dans un étau de mal-être. Ils parlent jusqu'à ce que Sasha s'endorme, et que ses frères s'éloignent. L'oeuvre-phare de Bram Stoker toujours coincée sous sa paume.


 
CHRONOLOGIE
1971Naissance de Sasha.

1973Naissance de Ian.

1979Installation définitive des Calloway à Baltimore.

1986Naissance de Miles.

1991Sasha prend officiellement son poste d'officier de police à New York. Début des études supérieures de médecine pour Ian. Miles vit ces deux départs comme un abandon.

1996Mariage de Sasha et Jana.

1999Fin d'études de médecine pour Ian et prise de poste à Washington D.C.

2001Naissance de Nova en février. Ian rencontre June Carter. 11 septembre.

2004Naissance de Glenn.

2007Rupture entre Ian et June.

2008Prise de poste au Waverly Falls Center. Rencontre avec Carl Weiss.

2009Sasha Calloway tombe malade, résultat des semaines passées sur le site du World Trade Center.

2016Après deux brefs séjours en prison, et plusieurs fautes de parcours, Miles devient agent de recouvrement en Floride pour la Bank of America, sur fond de magouilles pour arrondir ses fins de mois.

2018En janvier, arrivée de Nova à Baltimore. En juin, faille dans la sécurité du Waverly Falls Center. En octobre, retrouvailles sanglantes : Mathias assassine Carl Weiss, manquant également de tuer Nova. Ian parvient à l'achever. Fuite vers le Sud, à Shreveport. Décembre : nouveau poste comme médecin au Shreveport Hospital.
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Fear is the mind killer
Ian C. Calloway
Ian C. Calloway
Fear is the mind killer
✞ PAINT IT BLACK ✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Cel2Mn1 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. SxWuaE6 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. PCXwL9G

"Tomorrow is another day,
Today is another bomb."

En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
Qui es-tu ? :
"You never thought we'd go to war,
after all the things we saw."

✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. EossTie Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. ENSBj8G Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. DQLsZnr

"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. S7T3m9m
✞ I AM A GOD ✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. 1VW7VKf Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. EvbM8n1 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Dz9ewPr

"That's our cosa nostra."

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. ZfltnPn
Pseudo : Nero
Célébrité : Thomas Kretschmann.
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Dim 9 Juin - 20:59 (#)

"Last man standing."
Blood of my Blood

BIO 18 juillet 2018. ??h??. Waverly Falls Center.

La Brûlure.
Il n'y a plus que ça.
La morsure du Soleil semble préférable. Il a cessé de compter les jours, ou plutôt les nuits. Quelle importance, dans ces cages de verre ? Observé en permanence, chaque fois que la Torpeur le relâche dans cette réalité crue, humaine, scientifique. De ses yeux torves semblables aux étendues marécageuses qui bordent les monts autour de l'ancien asile, il a retenu les visages. Tous les visages. Abruti par la faim, par les frénésies dont se délectent les chercheurs, par la faiblesse ultime, par l'argent qui l'accable, en permanence empoisonné, à petit feu. Il s'étonne de ne pas être encore mort. Dommage pour lui.
Dommage pour eux.
Lorsque l'alarme retentit et que les portes blindées s'ouvrent, même les drogues qui l'assomment en permanence pour contenir le fauve ne peuvent le retenir dans cette cage de métal. Il est sorti de sa cellule, comme les autres. Comme tous les autres. Il a observé le chaos des créatures courant autour de lui, inconscientes de frôler un Antique de près d'un siècle. Pour autant, il n'a pas mordu l'un de ces patients à l'haleine putride, à la peau noircie par la maladie, les expérimentations infernales et les mauvais traitements. La vue d'un garde à la carrure de colosse a suffi pour réveiller ses appétits. Son esprit cadenassé peine encore à comprendre que la porte d'une vengeance personnelle et commune s'est ouverte, en plus de celle de sa prison, mais la vue du bétail le rend à la raison. Le garde a compris trop tard qu'une matraque ne suffirait pas à contenir l'homme pâle. La mort a fondu sur lui sans qu'il n'ait eu le temps de hurler. Son sang projeté contre la paroi derrière lui, près de laquelle la créature se réfugie pour boire. Longtemps. Boire jusqu'à pouvoir presque sentir ses artères gonfler, régénérées par le sang nouveau, jusqu'à en perdre ce souffle qu'il n'expire plus depuis soixante-dix ans. Ses longues boucles brunes emmêlées sont poisseuses de sang, et son visage est sali par le rouge. Quant à ses doigts blafards, ils sont enroulés comme des lianes autour des membres de sa victime.

Lui aussi cherche les blouses blanches. Lui aussi a quelques comptes à régler avec les tortionnaires qui lui ont volé sa dignité. Qui ont osé profaner le rang d'un Longue-Vie. Plusieurs tombent sous sa poigne. Les plus chanceux héritent d'une fin rapide : la nuque brisée dans un craquement sinistre, leur dépouille livrée aux fous qui les démembreront peut-être. En revanche, ceux dont les traits lui parlent, ceux qu'il peut identifier par un nom bien précis, par des gestes que sa mémoire, pourtant poreuse, n'oubliera jamais, il ne les épargne pas.

La nuit est avancée, lorsqu'il en repère deux ensemble. Ceux-là, il connaît bien leurs visages. Il sait qu'ils sont chasseurs. Que l'un d'eux, en particulier, est un fervent tueur de ceux de sa race. Pourquoi s'en seraient-ils cachés, après tout ? Ici, l'Humain est roi. Dans ces murs rénovés à la va-vite, et qui dissimulent difficilement les affres de l'ancien temps. Les murs parlent. À l'époque où il n'était encore qu'un simple mortel, il était artisan. Un bâtisseur. Il sait donc lire les fissures qui naissent et menacent, les stigmates de l'usure, le maquillage des murs porteurs. Cette nuit, le vernis craque. Cette nuit, les compteurs reviennent à zéro. Calloway. Et Weiss. Weiss, celui-là est l'un des pires. Derrière sa gueule d'ange à peine mature, sous le céruléen et le blond, sous une jeunesse apparente mais prête, elle aussi, à s'effriter, dorment une ambition morbide, un cerveau retors, un ego démesuré et un mépris bien dicible envers les créatures surnaturelles. Il triture les cerveaux et les embrouille, s'immisce là où il ne doit pas. Mais il est faible. Il pouvait le sentir par-delà les protections, aujourd'hui dérisoires, qui les séparaient alors. Il mourra en premier. Après. Après, il pourra se mesurer à l'autre. Ce consultant si précieux, ce médecin au cœur noir, ce scrutateur faussement empathique. Il a pu lire, longtemps, la satisfaction dans son regard. Celle de voir un monstre enfermé, mis hors d'état de nuire. Mieux : sur lequel expérimenter. À plusieurs reprises, un échange inégal s'est installé entre eux. Chaque fois, ou presque, il s'est terminé sur un silence cuisant, sur une promesse muette, silencieuse, une promesse feutrée, un arrêt de mort signé pour l'un ou pour l'autre. C'est un réflexe que la créature salue : il sait reconnaître un combattant. Même si cela importe peu : le chasseur crèvera quand même. Il prendra son temps. Il les dépècera. Les décortiquera l'un devant l'autre, qui sait. Il les sait proches. Pédérastes ou amis, partenaires de chasse ou simples collègues, il y prendra le même plaisir.

Encore désorienté, encore trop faible à son goût, il tourne en rond et peine à se repérer dans ces corridors qui se ressemblent tous. Il devine que la structure est gigantesque, et se demande si ceux qui y fourmillent, y travaillent au quotidien, parviennent eux-mêmes à se repérer, maintenant que les règles n'existent plus. C'est là qu'il les a vus. Rendu à moitié fou par le sang qui explose à ses narines, comme un affamé redécouvre avec violence la saveur des aliments, l'éveil des papilles, il les sait à proximité. L'obscurité est son alliée. L'ouïe surhumaine leur perte, même si l'alarme quasi-omniprésente, de près ou de loin, lui vrille les tympans.

La Brûlure. Encore ? Il a poussé un hurlement de chimère, lorsque les balles ont vrillé sa chair, s'enfonçant dans ses membres déjà traumatisés par le Poison. Il aurait voulu lui briser les cervicales une par une, il n'a réussi qu'à planter les crocs dans sa chair, espérant arracher la carotide. La prochaine fois, il ne le manquera pas. Maintenant que la proie est « marquée », il faut aller jusqu'au bout. Il a juré. Il erre, dément parmi les déments, observant d'un œil impavide les cadavres qui jonchent le sol un peu partout, et écoute la mélodie stridente des beuglements de douleur, cet appel lovecraftien au meurtre, au viol. Il peut entendre l'orage gronder dehors. Malgré son corps endolori, un sourire de cerbère étire les lèvres pleines, donnant un semblant de vie à ses joues creusées. Il n'a pas à se presser. Quelques nuits. Quelques semaines. Quelques mois.

Il a juré.  





5 janvier 2008, Waverly Falls Center.

« Alors ? Quelles sont vos premières impressions ? »
« C'est immense... Vous connaissez le complexe par cœur ? »
« Oh non, pensez-vous ! Personne ne connaît par cœur les 100 hectares de terrain, si ce n'est plus... Pas même parmi les membres de la sécurité, j'en suis sûr. Nous en avons embauché un certain nombre, et nous veillons à renouveler régulièrement les équipes. Nous privilégions les contrats de quelques mois, notamment pour les candidats de passage dans la région, en période de réadaptation... Un profil qui marche, nous avons rarement des difficultés pour ce qui est de recruter du personnel. »
« Je vois… »
Gilbert Donahue se pavane. Il y a de quoi. Sa carrière a le vent en poupe. Le jeune cadre dynamique est en passe de devenir l'un des piliers du Waverly Falls Center. Son aisance est à la hauteur de son orgueil et de ses aspirations. Il doit être à peine plus âgé que lui. Le regard du nouveau Docteur officiellement engagé se pose sur son superviseur, occupé à lui faire le détail de l'historique de la structure. Et il semble qu'il y ait de quoi dire.
« Nous avons ouvert en 2002. À l'origine, il s'agissait d'un ancien asile, propriété de l'État. Il a été fermé au début des années 90. Vous connaissez les histoires sur ce genre d'endroit. Mauvais traitements, hygiène déplorable, pour certaines époques à cause de la surpopulation... Les épidémies de tuberculose n'épargnaient personne, et quand les sanatoriums étaient pleins, on arrivait à refourguer certaines personnes ici même. »
« Parmi les patients... ? »
« En effet. Les quartiers près des bureaux des employés et de la direction étaient très bien tenus. Il s'agissait alors des « énervés » légers comme on les appelait. On y stockait les dépressifs, les homosexuels, les épileptiques... À l'époque, l'épilepsie était considérée comme le Haut Mal, on prenait les patients pour des possédés, mais je ne vous apprends rien, n'est-ce pas ? » Il secoue la tête, soulagé que Donahue lui épargne le reste de son speech Wikipedia. Pas refroidi pour un sou, l'autre oblique sur la suite de son discours. « En revanche, plus on s'écartait des entrées, plus on trouvait des cas lourds, même pour notre époque. Schizophrénie, cas de psychoses importants, démence sénile... Bref, vous imaginez l'ambiance. Ces patients étaient livrés à eux-mêmes au milieu de leurs propres excréments, leurs urines, leurs plaies infectées… »
« Oui, oui, je vois très bien… » Bien plus que le contenu du discours, c'était le plaisir évident avec lequel son supérieur lui exposait ces racontars qui le dérangeait le plus.
« Nous avons racheté le domaine pour une bouchée de pain et nous l'avons complètement rénové. En plus des couloirs des chambres, nous avons construit un véritable complexe souterrain et adjacent avec un certain nombre de laboratoires, un bloc réservé aux patients les plus récalcitrants que nous surnommons affectueusement la « prison » avec terrains de sport réservés au personnel, et même une chapelle. Un bijou. Quant au matériel, vous ne serez pas déçu : nous avons mis le paquet pour veiller à ce que nos salariés travaillent dans les meilleures conditions. »
Il n'en montre rien, mais ce récital parfait l'impressionne, quoi qu'il fasse de son mieux pour tenter de garder la tête froide. Il a du mal à échapper à l'excitation générale qui semble contaminer les lieux. Les recherches qu'on mène entre ces murs ont beau ne pas faire plaisir à une certaine communauté scientifique, il ne voit rien qui transgresse les droits humains fondamentaux. Quant aux autres...
« Vous me disiez expérimenter également sur des… »
« Oh, oui absolument ! Ils sont gardés au cœur du complexe, dans LE quartier de haute sécurité, dans la prison. Le bâtiment se fond parfaitement avec la bâtisse principale, de sorte à ce que nos protégés ne soient pas trop perturbés par un changement de décor éventuel. Ils passent simplement d'une chambre à une cellule un peu plus... rudimentaire, dirais-je. »
« Et vous ne craignez pas de jouer avec le feu ? »
« Nous savons parfaitement ce que nous faisons. Grâce à des hommes comme vous. Leur Savoir a toute leur place ici. »
Il observe, de part et d'autre, s'imprègne des lieux, salue ceux qui le croisent et le congratulent en silence, comme pour déjà l'accueillir dans leurs rangs. Il n'a encore jamais senti une telle ferveur dans chaque pas, dans la carrure des épaules masculines, dans l'oeil brillant d'intelligence des blouses blanches.
« Il n'y a pas de femmes ? »
« Vous êtes observateur... En effet il y en a très peu. Nos patients étant exclusivement masculins et parfois voués à une violence extrême, nous sommes très réticents quant au recrutement de personnel féminin sur ce site. Quelques infirmières transitent parfois parmi nous ainsi que le personnel chargé du ménage des locaux. »
Il s'étonne de cette répartition genrée mais ne réplique rien, décidé à s'habituer aux mœurs de son nouvel employeur.
« Vous serez très bien ici, Calloway. Vous pourrez pleinement exploiter votre potentiel. Vos connaissances. Votre binôme a hâte de vous rencontrer. »
« Mon binôme ? »
« Carl Weiss. Il est un peu plus jeune que vous mais c'est une sacrée tronche. Son parcours est impressionnant, c'est l'un de nos meilleurs psychiatres. Il a encore la fougue de la jeunesse, et il est très motivé par l'idée de travailler avec vous. »
« Tiens ? Et pourquoi donc ? »
« Vous allez l'assister au fil de certaines expérimentations en plus de vos missions concernant le bien-être et la santé générale de nos patients. Nous tenons à ne pas isoler la discipline qu'est la psychiatrie, afin de surveiller l'effet des traitements testés. Des hommes comme Weiss ont besoin d'être canalisés et des hommes comme vous sont faits pour cela. Ne croyez pas que son statut est supérieur au vôtre, en l'état. Aux yeux du WFC, vous êtes parfaitement égaux. D'ailleurs, il n'est là que depuis quelques mois. Il pourra répondre à toutes vos questions concernant le quotidien du service, pour vous aider à vous intégrer au plus vite. »
Ils s'arrêtent devant un bureau parmi tant d'autres. Le toubib repère le nom inscrit sur un carton discret, fixé au mur. L'homme qui ouvre semble jeune, malgré une barbe plutôt fournie et des sourcils broussailleux. La trentaine, à peine.
« Weiss, je vous présente le docteur Calloway. »
Il s'avance, offrant une poignée de main solide. « Ian. » Carl Weiss témoigne d'une franchise et d'un regard soutenu dans le sien qui le rassurent aussitôt.
« Carl. Vous venez de D.C., c'est ça ? »
« Baltimore, en réalité. Mais je travaille à Washington, en effet. »
« Quelle chance… »
Donahue semble ravi. Il ponctue la rencontre d'une réflexion appuyée :
« Vous avez plus d'un point commun qui vous lie si je ne m'abuse. Le Docteur Calloway possède des connaissances solides en matière de... bestiaire. Il pratique... si vous voyez ce que je veux dire. » Une étincelle conjointe s'allume dans les prunelles des deux hommes.
« Vraiment... ? »


« Ils sont nombreux ? »
« Tu parles des chasseurs ? Non... Non, pas vraiment. Enfin, j'pense pas. Les chasseurs, c'est que de la valeur ajoutée pour eux. C'est certainement pas pour ça que j'ai été recruté, en tout cas. »
Installés dans le self du complexe à moitié plein, il observe le ballet des hommes et des rares femmes qui transitent dans la grande salle. Il ne compte que quatre infirmières ; toutes mangent entre elles, regroupées sur une table du fond. Il s'interroge encore. Il sait qu'il y a là bien plus qu'une simple excuse machiste ou misogyne. Il joue du bout de sa fourchette avec une tranche de bacon salée à point. Il a faim, mais pas au point de se résoudre à laisser de côté toutes ses interrogations. « Qui paye, pour tout ça ? » Carl redresse la tête, essuyant le coin de ses lèvres en déglutissant rapidement pour lui répondre : « Sans déconner ? T'as toujours pas saisi ? »
« Je n'arrive pas vraiment à cerner cet endroit. J'ai l'impression que nous sommes tous dispatchés dans différents quartiers. »
« C'est le cas. Et si j'étais toi, je resterais focalisé sur ce qui t'intéresse en évitant de te mêler de ce qui te regarde pas. Et j'dis ça, j'm'en fous hein. C'est surtout pour toi. Donahue aime pas les questions qui font chier. Là c'est tout nouveau tout beau donc il te fait ses sourires de connard, mais tu verras. Si tu cherches un peu trop loin, tu vas vite te faire recadrer. » Ce n'est pas qu'il regrette d'avoir accepté. C'est qu'il doit se faire à ce nouveau rythme de vie. Quatre jours ici. Trois à Baltimore. Et cela, jusqu'à nouvel ordre. Il soupire. Il a besoin de ce changement. Il a besoin de l'oublier, elle. Il rumine encore trop souvent à son goût ses rêves de péquin à la vie lisse et toute tracée. Il doit apprendre à se pardonner d'avoir cédé à une facilité trompeuse. Il doit oublier June. « T'es marié ? » Il arque un sourcil. Psychiatre et télépathe ? Il consent à sourire, prudent. « Non. J'ai failli l'être. Ça a pas marché. Toi ? »
« Nope. Pas le temps. Puis tu connais le refrain : les meufs, dès que tu émets une opinion sur ce qu'elles font ou disent, tu te fais recadrer juste parce que t'es psy avec des 'J'suis pas une patiente à toi tu me parles pas comme ça !' » La voix rendue plus aiguë du toubib le fait ricaner, et il acquiesce avec un semblant de lassitude. « C'est clair... La mienne c'était ça chaque fois que je lui disais de se ménager. Elle s'était blessée sérieusement, mais rien à faire... Dès qu'elle pouvait faire de la merde et jouer à Lara Croft… »
« Elle était gaulée pareil ? »
« Presque. »
« Putain. »

C'est comme ça que ça a commencé. De guide, Carl est devenu un collègue. Un ami. Un moyen de tuer le temps, lorsque les nuits solitaires les exaspéraient tous les deux. Chaque retrouvailles donnent lieu aux conversations intarissables. Leurs familles. Leurs virées, et les chasses qu'ils effectuent une fois revenus à la vie civile. Lentement, Weiss rejoint le clan Calloway, se mêle de près aux turpitudes de la fratrie déchirée par les souvenirs, la maladie et les disputes familiales. Il apprend les rudiments de la chasse à l'éternel à celui qui, comme Miles, leur préfère les arcanistes. Les essais ne sont pas concluants. Qu'importe. L'ivresse est là.





18 juillet 2018. ??h??. Waverly Falls Center.

Ils abandonnent derrière eux un énième patient, occupé à cogner son propre front à répétition contre un mur. Ils ne s'étonnent presque plus de ce genre d'attitude. Ils préfèrent le laisser se mortifier de cette façon que de croiser un tueur de toubibs. La lumière s'est rallumée par endroits, comme si le générateur de secours s'était décidé à se remettre en marche, au gré de ses caprices. Il se sent soulagé de pouvoir réhabituer ses prunelles à la pleine lumière, tout en regrettant cette obscurité prompte à les dissimuler rapidement. Ses jambes le font souffrir à force de crapahuter durement, sans relâche, mais l'idée de respirer un air moins vicié que celui qu'ils supportent depuis de longues heures donne un coup de fouet à son sang. « Attends !! » Carl a freiné dans son dos, le faisant gronder. « Qu'est-ce que tu fous ?! »
« C'est une salle de la sécurité… » Le psychiatre pousse la porte. La pièce est vide, ou presque. Ian repère aussitôt un garde, planqué au fond, sous un bureau, recroquevillé sur lui-même. Un élan de pitié le pousse à s'avancer vers lui, mais l'homme réagit aussitôt, et d'une voix étranglée, crache : « Foutez-le camp... C'est ma planque... Cassez-vous ! » Il fronce le nez, n'insistant pas. Combien de temps ce mec pense-t-il qu'il tiendra en restant terré ici comme un lâche ad vitam ? De son côté, Carl observe le circuit des caméras de sécurité : quelques écrans fonctionnent toujours. Il les scrute l'un après l'autre, sursautant lorsque son ami étreint son épaule. « Qu'est-ce que tu cherches ? » Se mortifiant la lèvre inférieure de ses dents, son cadet ne lui fournit aucune réponse. Il cherche, oui. Le Doc insiste. « Il faut y aller, Carl. » Ce dernier acquiesce vaguement et finit par coopérer. Ils détalent de plus belle, sans parler. Pourtant, tous deux songent à la même chose. À la même idée entêtante, la même question terrifiante : est-il plus effrayant de ne pas repérer Mathias sur les caméras, ou de l'apercevoir sur leurs talons ?

Dehors.
Ils sont dehors. Il prend aussitôt une vaste bouffée d'air frais. Partout autour d'eux, un brouillard épais complique leur capacité à se repérer dans la nuit à peine éclairée par les spots extérieurs encore en état de fonctionner. Les voilà prisonniers d'un nouveau labyrinthe : les dizaines et les dizaines d'hectares de terrain grillagés. Ils marchent désormais, longeant les mailles de fer qu'ils tâtonnent parfois, comme pour se rassurer. « Ian ? »
« Quoi ? »
« Tu penses qu'on a pu choper... ? »
« Non. Il aurait fallu qu'un patient malade frotte ses plaies contre l'une des tiennes. C'est pas le cas, okay ? »
« D'accord… » Penaud, Carl secoue la tête, se remémorant leurs derniers échanges de mail. « C'est quoi le nom exact d'ailleurs ? Tu me l'avais écrit mais j'me rappelle pas. » Malgré lui, le Doc sourit. « Fasciite nécrosante. »
« Putain, j'démissionne. » Cette fois, il laisse échapper un bref éclat de rire. « De toute manière, quelque chose me dit qu'on est déjà légèrement en état de chômage technique. » Ils ricanent tous les deux, stupidement. Leurs nerfs durement éprouvés ont depuis longtemps commencé à tirer la sonnette d'alarme, mais il lui devient de plus en plus difficile de conserver la tête froide. « Il faut qu'on traverse ce bloc... celui de la prison, par l'extérieur. Après on pourra regagner le bâtiment principal, et de là... De là on sort pour de bon. D'accord ? On va y arriver. » À l'instinct, il pense qu'il n'est pas plus tard que trois heures du matin. Trois heures trente, tout au plus. S'il sait qu'il ne peut se fier à ce genre d'intuition, il regrette amèrement l'aube qui tarde à venir, capable de rendre ce tableau moins lugubre. Ils écrasent les mauvaises herbes, trébuchent parfois contre les pieds du grillage défoncé, et remontent lentement le chemin jusqu'au bloc de la prison. Certains bureaux des gardes sont isolés dans les miradors, et c'est ensemble qu'ils grimpent, vérifiant par acquis de conscience qu'aucun d'entre eux n'est encore dans les parages. « C'est devenu tellement calme… » La mâchoire serrée, le Doc acquiesce. « Ian... Ça fait combien de temps qu'on n'a pas croisé de collègues... ? »
« T'en fais pas. Ils se cachent, c'est tout. Ils font comme nous. » C'est vrai que c'est devenu calme. Les hurlements s'espacent, de plus en plus. Parfois, on distingue encore des rires à réveiller un mort. Des rires déments. De l'autre côté d'une portion de grillage, un patient les repère, se jetant contre la barrière bienvenue les séparant. Ils s'écartent, montant l'échelle permettant d'accéder au troisième mirador. Une fois en haut, Ian stoppe brutalement. Un patient se tient là, près de la rambarde. Il semble paisible. Il observe le sol avec l'air résigné d'un homme porté par le désir d'en finir. Son métier lui a appris à reconnaître ce genre d'attitude, mélange de faiblesse et de détermination. Le patient a l'air lucide. Il tourne la tête, apercevant les deux médecins. C'est alors que Ian le reconnaît. « Samuel… » Il est arrivé quelques semaines plus tôt. Transpercé par ses yeux noirs, il n'ose pas bouger, de même que Carl, presque stupéfait de les voir s'adresser à un homme qui n'est pas de leur côté. « Vous êtes encore vivant, Docteur... Cela me fait plaisir. »
« Venez avec nous... Je sais par où passer pour regagner la sortie. »
« Non. Pour moi, c'est terminé. » Ses mains blanchâtres serrent plus fort la rambarde. « Vous n'auriez pas dû, vous savez ? Ce que vous avez fait... Si vous survivez, vous en serez hanté jusqu'à la fin. Je n'aimerais pas être à votre place. Surtout la vôtre, Docteur Weiss. » Sans avoir à se retourner, il peut sentir Carl frémir. « J'ignore si ce que vous nous avez fait sera utile à quelqu'un un jour. Je vous le souhaite. Je vous le souhaite vraiment. » Entendre de telles paroles sonne trop vrai, trop authentique – presque prophétique – pour le laisser insensible. Il s'approche, désolé. « Samuel… »
« Vous ne m'avez jamais fait de mal, Docteur. Pas vous. Mais vous n'avez rien dit. Jamais. Vous vous êtes contenté de regarder par-dessus son épaule et de nous garder en vie. » Les yeux dans le vide, dans le vague, il le darde une dernière fois de sa vue perçante, troublante. « J'espère que vous vous en sortirez. »
« Non, NON ! ATTEN... » Avec une souplesse surprenante, Samuel Berry est passé par-dessus la rambarde et s'est laissé tomber, quinze mètres plus bas.

Ils sont revenus dans les couloirs. Le contraste est saisissant, et les odeurs de sang, de merde et de pisse lui sautent au visage à peine revenus dans l'antre infernale. Il n'y a plus rien du cadre parfait du complexe. En tapinois, ils esquivent les derniers groupes de patients dangereux qu'ils espèrent croiser. Certains violent, dans les sales adjacentes. Des images d'ombres agitées dansent furieusement sous ses paupières.Ils violent d'autres patients. Des gardes. Des cadavres. Il ne veut pas savoir. Parfois, des coups sont donnés dans les portes, dont ils s'écartent comme pour fuir Satan lui-même. Parfois, l'alarme se remet à hurler, dans une cacophonie insupportable pour leurs crânes. Lorsqu'ils trouvent enfin la salle de la radio, ils n'y croyaient plus. « C'est là ! Putain j'y crois pas c'est là !! » Ils se précipitent à l'intérieur de la pièce, communiquant avec d'autres espaces autrefois réservés à la sécurité. Comme ailleurs, des corps jonchent le sol. L'hémoglobine commence déjà à sécher. Les deux hommes se pressent contre le tableau de bord. Ils n'auront pas l'occasion de chercher à communiquer avec les autorités civiles. Un bruit sourd. Carl s'effondre soudain près de lui dans un râle. Il n'a qu'à peine le temps de s'écarter, tombant à terre, pour s'éviter un coup de la part de Gilbert Donahue lui-même. Son costume a connu des jours meilleurs. Son visage de playboy aussi. Une matraque dans la main droite, il saisit la gorge du psy avec une force surprenante pour l'écarter de la console, et bousiller de quelques coups nerveux l'émetteur et ses commandes, sous le regard médusé de Ian. « Mais vous êtes malade ?! » Il se relève avec un temps de retard, et reçoit un coup à la tempe, s'effondrant de plus belle. Des étoiles blanches et noires tour à tour l'aveuglent, tandis que le sol semble se dérober sous lui pendant quelques secondes. « Calloway... Vous n'auriez pas pu juste la fermer et jouer le jeu jusqu'au bout, hein ?! »
Il n'y a pas de prolongation pour cette scène. Quelque chose a résonné. Fort. Les trois hommes l'entendent. Comme d'un commun accord, les deux toubibs se relèvent péniblement, et Donahue a baissé son arme de fortune. Ils écoutent. Il faudrait être stupide pour ne pas reconnaître la voix monstrueuse qui gueule au loin, pire qu'un animal. Soudain, il regrette Mathias. Gilbert leur jette un dernier regard ; il pue la peur à plein nez. « Faites-moi le plaisir de crever ici tous les deux… » Le cadre s'enfuit par la porte d'où les deux hommes sont arrivés. Ils ne le suivent pas. Ils se jettent à genoux en entendant des coups donnés à la porte de la pièce jumelle. Sans se concerter, ils s'abritent sous le plus large des bureaux, serrés l'un contre l'autre. Tous deux ont plaqué leur paume contre leur bouche pour éviter leur souffle.
La masse cauchemardesque qui entre dans la pièce mesure plus de deux mètres de haut. Deux mètres sept, très exactement. Ian se rappelle. Il a mesuré Drew Martin pendant son check-up complet, et éprouvant. Drew Martin. Carl aussi, se rappelle. Exagération maniaque du protocole de sécurité militaire. Vétéran d'Afghanistan, persuadé que les plaies qu'il s'inflige lui-même au niveau du front lui donnent une meilleure vision. Son nez est en partie arraché. Éclats de grenade. Quant à ses lèvres, elles sont elles aussi les victimes de terribles phases d'auto-mutilation. Anxiété extrême. Le syndrome post-traumatique ne suffit plus, pour définir de tels cas. Depuis combien de temps tue-t-il à tout va, tout ce qui bouge au sein du complexe ? Le nombre de cadavres semés derrière lui, Ian préfère ne pas y songer. Sa force est surhumaine. Les doses pour le calmer sont titanesques, et contre-productives avec toute tentative d'expérimentation concluante. Un casse-tête. Un défi, pour la sécurité. Un danger, pour l'ensemble du personnel. Le Doc se souvient de sa forme athlétique, malgré son gabarit impressionnant. Il sait qu'il court probablement aussi vite que lui. Qu'il est capable de sauter. D'escalader même, peut-être. Pas question de compter sur la stupidité d'une brute épaisse : le colosse est intelligent. Il misera sur son ouïe décuplée par l'instinct primaire. Ils doivent partir, avant qu'il ne les trouve. Sa main cherche celle de Carl. La serre. Une fois. La deuxième est la bonne. Ils bondissent hors de leur cachette, aussitôt repérés par le géant, sur leurs talons. Ils filent comme le vent, courent aussi vite qu'ils l'auraient fait pour tenter de distancier l'immortel. Les portes claquent dans leur dos pour le ralentir. Ils se faufilent à travers les interstices les plus minces, les débris de bureaux, de commodes. Ils courent jusqu'à rejoindre l'une des artères principales. Les poumons en feu, Ian s'arrête, glissant sur le carrelage. Carl lui rentre dedans sous l'effet de la surprise, mais n'a pas le temps de s'en plaindre. Une voix féminine résonne, dans les hauts-parleurs : « À tout le personnel, une évacuation d'urgence est en cours. Dirigez-vous immédiatement vers le bloc administratif pour sortir. Les patients et les confinés sont priés de rester calmement dans leur chambre jusqu'à l'arrivée des secours. Merci pour votre coopération. »
Ils n'ont pas espéré ainsi depuis longtemps. Galvanisés – terrifiés à l'idée de voir les survivants partir sans eux – ils croisent sans le voir le prêtre responsable de la chapelle, traversent la dernière portion de la prison dont le mécanisme manuel confine toujours certains patients dans leurs cellules. Ils hurlent. Les médecins, eux, tentent de ne pas les entendre. Les accusations bourdonnent dans leurs oreilles, se mêlant à la sirène.
« C'est pas moi qui suis malade ! »
« Plus de maladie ! »
« Je t'interdis de me regarder ! »
« Je vais t'enculer ! Viens ici, sale raclure ! »

Ils n'en peuvent plus. La soif le taraude. Il peut entendre son cœur cogner dangereusement. Carl en face de lui, dans la pénombre, ils se sont abrités dans un énième recoin. Ils sont perdus. Si proches et si loin de cette sortie qu'ils convoitent, qu'ils guettent de leurs yeux rougis de fatigue et d'angoisse. Lorsqu'il s'en sent capable, il le fixe d'un regard accusateur, que son ami reconnaît aussitôt : « Quoi... ? »
« Qu'est-ce que vous avez fichu avec eux... ? Pourquoi... ? Pourquoi vous êtes allés aussi loin ? »
« Tu sais pourquoi. »
« Bande d'enfoirés... Bande de psychiatres de mes couilles… »
« Pardon... ? »
« T'as parfaitement entendu. »
Carl se redresse et s'approche, furieux. « Si t'as un truc à me reprocher adresse-le moi directement, tu veux ? » En dépit de sa fatigue, le chasseur se redresse et le toise, son front presque collé au sien. « T'es sûr que tu veux me tester sur la franchise, là ?! Bordel mais tu penses que j'sais pas ce que tu leur injectes comme SALOPERIES ?! C'est MOI qui les fais les prises de sang, et j'ai très bien vu ce qui s'y trouve !!! »
« J'suis pas responsable des travaux de Rider !! »
« Oh non, bien sûr que non... Toi t'as jamais rien fait, tu te contentes de discuter dans un bureau peut-être et de leur filer du Xanax ?! »
« Tu fais l'étonné maintenant ?! Ça te dérangeait pas avant, tant que t'encaissais ton fric ! Tu crois que j'prenais mon pied peut-être ?! »
« Bah c'est à se demander... Putain mais tu les as VUS ?! »
« J'suis pas aveugle, MERCI ! »
« Vous les avez bousillés... Tout ça pour des putain de théories FUMEUSES ! »
«  »
« Ouais, parfaitement. Ta putain de thèse, j'bosse avec toi pour te prouver que tu te GOURRES. ET VIOLEMMENT. J'aurais JAMAIS assumé de soutenir une connerie pareille devant un congrès de médecine ! »
Carl encaisse durement. Le silence est d'une lourdeur pénible, et tous les deux regrettent. Ce n'est pas le moment. Pas le moment, ni l'endroit.
« Je ne cautionne pas tout ce qui a été testé sur eux. Mais c'est le jeu... Tu le sais très bien. »
« Non... C'est allé trop loin. On se croirait en pleine Guerre Froide, putain… »
« Tu étais d'accord... Tu étais d'accord avec moi… »
« Je n'ai jamais nié certaines choses mais je ne cautionne pas le reste. »
« Tu es aussi coupable que moi. Tu n'as rien dit, toi non plus. »
« Je n'ai jamais bafoué mon serment. »
« Les plus grandes découvertes scientifiques ont toujours nécessité des sacrifices. Autrefois, c'était plus facile. Plus facile de tout étouffer, de jeter au feu la morale et tout le bordel. Aujourd'hui… »
Il s'adosse au mur, cherchant à faire le vide dans son esprit pour retrouver la maîtrise de lui-même. Il n'arrive pas à croire à ce qui est en train de se passer depuis le début de cette soirée qui s'annonçait calme.
« Comment tu as su.. ? »
« Comment j'ai su quoi ? »
« Comment tu as compris ce qu'il se passait, quand tu m'as appelé ? »
« J'étais dans les couloirs, je revenais dans ma chambre quand le courant a coupé brutalement. On a été plongé dans un noir quasi-complet. L'alarme s'est vite mise à sonner et deux mecs de la sécurité m'ont conseillé de me calfeutrer. J'en ai entendu un parler du contrôle de verrouillage des chambres qui avait lâché. Visiblement, tous les quartiers n'ont pas été touchés, mais une bonne partie…  »
« Comment ils vont faire... ? Comment... ? »
« Pour étouffer ça ? J'en sais rien... T'as bien vu Donahue tout à l'heure, ils vont visiblement jouer l'omerta à fond. » Carl masse d'ailleurs sa nuque marbrée du coup reçu. « C'est totalement perdu ici... Ils vont probablement appeler leurs renforts à eux et essayer de retrouver tous ceux qui auront réussi à sortir. J'en sais rien… »
« Et nous ? »
« J'en sais rien, j'te dis ! »
Cette pause lui a coupé les jambes. Il craint de repartir à l'assaut de cette sortie qui ne vient pas. L'appel de l'évacuation d'urgence ne le convainc pas plus que ça. Le message ressemble surtout à une commande automatique peut-être déclenchée par le système d'alarme qui périclite avec le temps. Il ne veut pas mourir ici. Mais il ne peut pas oublier ces dix ans de recherches sur la force de l'esprit et de son impact sur le corps. Il ne peut pas oublier les palpations, les confidences des patients abreuvés de cauchemars, d'entretiens psy pour déterminer leur niveau de traumatismes, l'agitation palpable qui recouvrait le centre dès que la nuit tombait. En entrant au WFC, sa conscience était pure. Désormais, il se sent sali.
« Tu comptes faire le lanceur d'alerte ? »
« Ça va pas, non.. ? Tout ce que j'veux c'est rentrer chez moi. En un seul morceau. Et chercher un nouveau taff. »
« Et couper les ponts avec moi ? »
Il lève les yeux au ciel.
« Ne sois pas con, putain. Nos familles chassent ensemble, on va se revoir, c'est sûr. »
« Dis comme ça, c'est charmant. Ça me rassure, c'est dingue. »
« J'crois qu'c'est pas vraiment le moment pour ce genre de sc... »
Leur conversation devra en rester là. Drew Martin flaire. Ils filent à l'anglaise, passant par le toit pour tenter de gagner du terrain, slalomant entre les locaux désolés, les patients en crise.

Plus qu'un bloc.



4 janvier 2018. 16h39. New York City.

La pluie tombe à torrents, dans le Queen's. À deux pas de la station Jackson Heights, les rues animées jouxtent certains blocs résidentiels tranquilles. Les immeubles poussent modérément hauts,  abritant des résidences au standing plus que correct. C'est là, dans la 84e rue, qu'il stationne, observant la couleur triste des briques à l'ocre bruni. Il a beau savoir que l'appartement de Sasha et Jana est confortable et spacieux, il n'a jamais compris l'intérêt du couple pour cet endroit. Le moteur tourne, les essuie-glaces vont et viennent avec la régularité d'un métronome pour chasser l'eau du pare-brise, et la radio tourne. Un énième débat porte sur l'acceptation de la communauté surnaturelle dans la sphère judiciaire des hommes, et toutes les nouvelles jurisprudences qui ne manqueront pas de s'établir, au fur et à mesure des incidents qui ne manquent pas d'éclater, un peu partout dans le pays. Il sursaute presque et décide de changer rapidement de station, optant pour quelque chose de plus frais. Quelque chose qu'une adolescente de bientôt dix-sept ans pourrait aimer écouter – mais les gosses de nos jours écoutent-ils encore seulement la radio ? Nerveux, il jette régulièrement un coup d'oeil à l'heure. Il sait qu'en haut, l'orage gronde, là aussi. La chaleur de la berline ne l'endort en rien, il est trop tendu pour réussir à se détendre un tant soit peu. Il fixe la porte  blanche aux deux battants, qui finit par s'ouvrir à la volée. Nova Calloway s'engouffre dans l'allée, traînant deux énormes valises à roulettes derrière elle, valises elles-mêmes agrémentées de sacs plus petits, accrochés aux poignées qu'elle agrippe avec une rage manifeste. C'est également sans compter un sac à dos visiblement chargé et une pochette qui bat son flanc, maintenant à peu près en place son manteau ouvert. Son bonnet mal positionné sur ses longs cheveux bruns et bouclés ne l'empêchent pas de recevoir l'eau glacée sur son visage. Il la voit tressaillir au moment pour elle de sortir de l'ombre de l'immeuble. Il s'apprête à ouvrir la portière pour l'aider, lorsque son frère déboule dehors à son tour, éructant sans qu'il ne parvienne à l'entendre ; la distance et la pluie l'en empêchent. Sasha est en t-shirt, une barbe de trois jours lui grignote le visage et le vieillit. Cette vision dérange son cadet, qui serre la mâchoire. Ne pas s'interposer. Surtout pas. La situation est suffisamment tendue entre eux deux. Impuissant, il les observe de loin se déchirer un peu plus. Elle pleure. Lui hurle. Une gifle part, et sa nièce en perd l'équilibre. Elle termine accroupie entre deux de ses valises, ne s'évitant de s'étaler sur l'allée noyée que par la grâce d'un réflexe miraculeux. Il n'y tient plus et ouvre cette fois-ci, pour sortir de la voiture et toiser son frère.
Sans un regard pour son père, la jeune fille se relève, récupère ses affaires et fonce vers la voiture. Ses yeux clairs et rougis par les pleurs se posent à peine sur son oncle, tandis qu'elle s'acharne à ouvrir maladroitement le coffre. Il l'interrompt, et d'une main qui ne souffre pas la contestation, la pousse vers l'habitacle. « Va dans la voiture. Allez. » Pendant quelques secondes, il la pense sur le point de résister. Mais non. Elle cède, quoique les lèvres pincées à l'extrême, et file s'asseoir côté passager, conservant un air buté sur son visage angélique. Sasha se détourne, rentre dans l'immeuble, tandis qu'il charge les bagages dans le coffre. Il redoute les quatre heures de route qui les attendent. Les dernières années ont fait des ravages. Nova s'est refermée sur elle-même comme une huître. Depuis ses douze ans, il a perdu le lien avec elle. C'est probablement de sa faute. Le boulot l'absorbe comme rarement, depuis quelque temps. Il chasse moins. Il prend moins de nouvelles. Le lycée se passe mal, pour elle. Beaucoup d'histoires. Un bulletin scolaire fragile par endroits. Le mal-être de Sasha. Probablement une ou deux affaires de cœur, en passant. Lui qui ne s'est jamais senti capable d'être père, se retrouve désormais avec une adolescente sur les bras, et pas n'importe laquelle. En se rasseyant côté conducteur, trempé et anxieux, il se tourne vers elle, discernant sans mal la marque de doigts imprimée sur sa joue. « Je suis désolé que ça se passe comme ça. Tu verras... C'est très beau, Baltimore. On ira faire un tour à D.C., si tu veux. Sasha m'a dit que tu aimais bien les musées, et il y en a plein là-bas… ». Parce que la petite dessine. Et que l'une des matières où elle s'en sort pas trop mal, c'est en Histoire américaine. Elle ne répond pas, refusant obstinément de fixer autre chose que la vitre de son côté, sur laquelle dégouline pléthore de gouttes. Bien sûr qu'elle n'a pas envie de quitter New York. Cette ville, elle y est née. Elle l'a dans la peau. La simple idée d'aller plus loin au sud que Philadelphie la débecte. Il ne sait pas vraiment ce qu'elle pense de tout ça, hormis son mécontentement catégorique. Il ignore si la ville en est vraiment la cause, ou s'il s'agit tout simplement de vivre avec lui. Il tente, encore. « Tu peux mettre ce que tu veux à la radio, si ça te dit. »
« J'écoute pas la radio.»

Il l'a vue pleurer encore. Elle est restée discrète autant que possible. Mais il l'a vue. Lorsqu'ils ont franchi les péages, lorsque la ville s'est éloignée. Lorsque Manhattan est devenue invisible, abandonnant derrière eux la pomme cruelle, ses fantômes, ses tours détruites, les traumatismes de son père. Il s'est senti triste de ne pas trouver les mots pour la réconforter. Elle abandonne derrière elle tous ses repères, ses amis, son lycée. Il lui faudra finir l'année à Baltimore.

Ils n'ont pas échangé plus d'une dizaine de phrases en quatre heures. Baltimore apparaît dans la nuit, splendide. Quelques trouées de nuages, bien loin de la tempête new-yorkaise laissent voir à la nouvelle venue la splendeur humble de sa marina, qu'il longe pour gagner le parking d'un immeuble en bord de « mer ». « C'est là que tu vis ? »
Il ralentit, autant pour appréhender la descente souterraine du parking que pour réaliser que sa nièce a fini par ouvrir la bouche. « Eh oui. Pourquoi ? Tu n'aimes pas ? »
Il réprime un sourire. Il la teste. Elle se mordille l'intérieur de la joue, visiblement rassurée sur le quartier et son atmosphère. Elle hausse les épaules, se drapant dans une fierté qui ne le trompe pas tout en marmonnant. « Si, si, c'est pas mal… »

« Bon, bah là c'est ta chambre.  La mienne est de l'autre côté de l'appartement, on ne se gênera pas. »
Il allume l'interrupteur. La pièce n'est pas immense, mais reste d'une taille correcte. Le lit trône au centre de la pièce. Il lui a acheté des draps plus féminins que ceux qu'il possédait, lui a installé des rideaux. Un bureau blanc trône au fond de la pièce, près de la fenêtre. Il lui désigne la penderie sur la gauche. « J'espère que ça suffira pour tes vêtements... Sinon, je te bricolerai une étagère dans le coin. Oh, et… » Il s'efface, la laissant découvrir un meuble télé avec un écran de belle taille. Cette fois, elle peut difficilement feindre l'indifférence. Elle regarde son oncle avec curiosité, visiblement désarmée. « Mais... fallait pas… » Il la coupe d'un ton bourru : « Tu croyais pas que j'allais t'accueillir sans t'aménager un cocon sympa, non ? Je louais cette chambre en AirB&B avant. Alors y'a tout ce qu'il faut... Ta mère m'a dit que tu avais Netflix, alors… » Elle se rembrunit. « Non. Papa m'a coupé l'abonnement. »
« Eh bah tant pis. Tu partageras mes codes. » Il lui sourit et se recule, pour lui permettre de s'approprier l'endroit. « Je te laisse t'installer. Tu as faim ? » Il la sait gourmande. Du moins, c'est le souvenir qu'il a emporté d'elle. De l'époque du bon vieux temps. Ses yeux de chat se plantent désormais dans ceux, en amande, de son oncle. Elle acquiesce. « Bon... j'vais préparer quelque chose alors. Prends ton temps. »
Il s'éloigne avant qu'elle ne puisse répondre quoi que ce soit. Parce que lui aussi se sent bouleversé à l'annonce de ce tout nouveau quotidien, autrefois solitaire. Parce que quelque chose de chaud s'est installé dans sa poitrine, au niveau du thorax.


18 juillet 2018.??h ??. Waverly Falls Center.

Une hécatombe, perdue au beau milieu des bois, entre deux creux du relief.
Une aube éclatante se lève, frappant des premiers rayons l'ancien asile d'aliénés. Gilbert Donahue n'avait pas exagéré. Le terrain est immense, s'étend à perte de vue. L'ancienne fierté de l'État, devenue le repère d'une nouvelle génération de chercheurs déterminés, financée sans fioritures. Gilbert Donahue est mort. Son cadavre gît sur les dalles de l'escalier de la cour principale. Il n'a jamais retiré son blazer, et son visage défoncé sur le bord des marches n'est plus reconnaissable depuis longtemps. Une partie de l'établissement brûle, et une fumée âcre et noire s'élève depuis plusieurs heures, pour empuantir l'air frais des montagnes. Certains véhicules sont déjà partis en trombe. Ils se suivent, en cohortes plus ou moins espacées, pour fuir le lieu maudit.

Ian Calloway, médecin chargé du suivi médical et Carl Weiss, psychiatre spécialisé en thérapie comportementale, sont au bout de leurs forces. La gorge du premier a cessé de saigner. Enfin. Il accuse durement le coup, mais pas autant que ses jambes épuisées. Quant à Carl, il souffre de plusieurs contusions et hématomes, le bras entaillé. Ils ont eu de la chance. Beaucoup de chance. Pas autant de chance qu'une jeune collègue infirmière – la benjamine du complexe. Ils sont arrivés trop tard pour lui venir en aide. La gorge profondément atteinte, ils sont restés près d'elle, jusqu'au terme de sa brève agonie. Jusqu'au dernier gasp. Elle est morte à vingt-six ans, violée puis égorgée, faute d'avoir accepté ce petit contrat de trois mois, afin d'aider sa mère à payer ses frais de santé.

La milice privée, elle, a commencé à faire le ménage. Les tirs à la mitraillette ont explosé un peu partout dans les corridors. C'est un carnage. Dehors, le ciel est en feu. Orangé. Aveuglant. Ils ont descendu les étages, sont passés devant la bibliothèque – quelques membres de la sécurité ont été pendus là. Puis, ils ont dégringolé les derniers escaliers pour gagner le grand hall et le traverser, se jetant contre les portes battantes pour s'offrir à la lumière du jour. Ils manquent de percuter le cadavre de Donahue, auquel il n'accorde qu'un bref regard. Ils obliquent vers le parking à proximité, se jettent dans la berline du toubib. Ils sont couverts de sang, de crasse et de sueur. Leurs fringues semblent ne plus avoir de couleur, et toute lueur d'humanité dans leurs yeux s'est éteinte.

Fuir.
L'instinct le plus primaire, qui le pousse à faire hurler le moteur, à enfoncer la pédale de l'accélérateur et à s'éloigner comme si le diable les poursuivait en personne. Les routes sinueuses sont avalées par la voiture et son conducteur, qui ne se soucie plus des limitations de vitesse. Il ne devrait pas conduire aussi vite. Abruti de fatigue, ivre d'une terreur sourde et encore sous le choc, il n'est pas en état de se montrer prudent. Carl, à ses côtés, ne vaut guère mieux, et ne pipera mot. Pas de reproche. Il se contente de regarder tant qu'il le peut, hagard, le reflet du WFC dans le rétroviseur, avant de déporter ses prunelles vers le paysage sauvage qui s'étend autour d'eux. Ils abandonnent derrière eux dix ans de leur vie. Dix ans de recherches frénétiques, de plaisanteries nocturnes et d'orgueil consommé. Dix ans de mascarade, de mensonges, de non-dits et de travail acharné. Dix ans de fric bienvenue, tombant chaque mois dans leurs poches déjà boursouflées de pognon.

Ils roulent vers Baltimore, sans se concerter.

Il n'y a rien à dire.


3 octobre 2018. 20h25. Baltimore.

« Nova ? Tu veux du ketchup avec tes frites ? »
« Yes ! »
La nuit est douce, et l'atmosphère étonnamment agréable, dans l'appartement désormais investi par trois personnes. Vêtue d'un t-shirt des Kiss trop grand pour elle et d'un short d'été qui a connu des jours meilleurs, la nièce de Ian Calloway trottine dans la cuisine, surexcitée. Son premier mois de rentrée s'est passé le mieux du monde. Désormais en terrain connu, il n'y a plus grand-chose de la jeune fille timide et renfermée redoutant par-dessus tout de ne pas arriver à se faire des amis à Baltimore. Sa chambre, totalement redécorée par ses soins, ressemble désormais à un vrai cocon, dans lequel elle évite pourtant de passer ses soirées, depuis le mois de juillet. Depuis que son oncle a débarqué, Carl Weiss à ses côtés. Traumatisé par « l'incident », le psychiatre a refusé de réinvestir sa maison de Philadelphie. Une situation provisoire qui s'est éternisée. Et personne ne semble s'en plaindre. Les fenêtres grandes ouvertes laissent la brise marine chasser les odeurs de graillon ; la viande cuit tranquillement, et l'adolescente vient de finir de mettre le couvert. Deux assiettes, seulement. « Il rentre pas, Ian, du coup ? »
« Nope. Il devrait pas tarder mais je pense qu'il aura déjà mangé. »
« Ouh, Tonton il te fait des infidélités ? »
« Tonton... Tu veux te prendre un taquet, toi. » Nova glousse, sautille comme une imbécile heureuse assumée en augmentant le volume de la musique. « Moi j'dis ça, j'dis rien, j'sais pas c'qui s'passe dans vot… » Un torchon vole, qu'elle se reçoit en plein visage. « Allez, trois occasions perdues de se taire en vingt secondes c'est beaucoup trop, espèce de pénible. »
« Quoi ? C'est pas grave hein, faut juste assumer ce qu'on veut dans la vie ! C'est pas ma faute si votre génération elle est hyper coincée ! »
« Petit a, je ne suis pas de sa génération… »
« Presque ! »
« Petit b, arrête de courir partout, tu me files le tournis. Et petit c, au lieu d'investiguer sur notre pseudo-vie-sentimentale, dis-moi ce qui te rend si joyeuse, ce soir. »
« J'peux pas. Tu vas tout lui balancer. Après il va en parler à mon père, et ça va être le drame, encore ! »
« J'suis pas un collabo à ce point. Regarde, j'ai pas dit que c'était toi qui avais oublié l'ordinateur portable sur la terrasse avant l'averse. »
« Il FALLAIT que j'aille aux toilettes. »
Il ricane et la pousse gentiment d'un coup de hanche, avant de remplir leurs assiettes généreusement. Il réalise tout juste à quel point cette colocation étrange lui plaît. Il a découvert une facette différente de son collègue et ami et, surtout, la personnalité fantasque et joyeuse de Nova, lorsqu'elle n'est pas traversée par quelques coups de déprime somme toute lambda, à son âge. Celle-ci se perche sur sa chaise assise en tailleur, pieds nus. Les cheveux encore humides de sa douche récente, elle attaque son repas avec entrain, les yeux brillants. Carl la fixe avec insistance, un sourire amusé au coin des lèvres. « Allez, parle. Promis j'dirai rien, sauf si t'as fait une connerie. »
« Tu sais, le gars dont je t'avais un peu parlé là.. ? »
« Celui qui ressemble à un chanteur de love métal des années 90 ? »
« Arrête ! »
« Bah quoi, c'est vrai ! De la manière dont tu le décris… »
« Bon, eh ben... on a échangé nos numéros la semaine dernière. Et depuis, il m'écrit tout le temps. »
« Il t'écrit, hein… »
« Non, non, j'te jure que c'est pas... c'est pas ce que tu crois. Au contraire, il est hyper gentil, il écrit trop bien et il me propose rien de bizarre. »
« Ça me plaît quand même pas trop que tu lui parles toute la journée. Y'a les cours, quand même. »
« Il m'écrit que le soir ! J'ai même le temps de finir mes devoirs avant, tu vois ! »
Carl secoue la tête, buvant au goulot une gorgée de bière fraîche. Il a beau jouer au grand frère par plaisir, il doit reconnaître qu'à dix sept-ans, flirter ainsi n'a rien de très alarmant. « J'le trouve un peu vieux pour toi, quand même. » Elle hausse les épaules. « Il doit avoir... Je sais pas, vingt-cinq ans maximum ? Il travaille déjà et du coup il est très indépendant, il a son propre appart et il est hyper mature. Je préfère ça aux gars de mon âge, tu sais. Et puis il se passe rien du tout ! » Elle marque un point. Nova est plus mature que la plupart des gamines qu'il croise au quotidien. Sans se départir de cette fraîcheur presque naïve par moments, elle garde les pieds sur terre, probablement aidée en cela par cette configuration familiale si particulière. « D'ailleurs, j'voulais te demander... Après le repas, il voulait m'emmener manger une glace au café à côté... je peux, dis ? » Il grogne. « T'es garce de me faire ce coup-là. C'est pas à moi de décider… »
« Il m'a proposé de passer à l'appart pour que tu le voies et que ça te rassure, du coup j'lui ai donné l'adresse. »
«  »
« Allez... Carl… » Et vas-y que ça minaude, que ça sourit et que ça sorte le grand numéro de charme. Il pèse le pour et le contre, réfléchit et décide en soupirant : « Bon okay. Mais rapide la glace, hein ! Demain t'as cours. » Un cri de joie hystérique et un bisou bruyant plaqué contre la joue du psy pour toute réponse, Nova abandonne son steak à moitié mangé pour filer dans sa chambre enfiler une tenue plus appropriée. Il jette un coup d'oeil à sa montre en maugréant. « Il vient à quelle heure ton gus, là ? » Elle glapit depuis la chambre : « Il m'a dit vers 21h ! »

Il ne ressemble pas aux garçons de son âge. Ses iris sont bien plus insondables. Il la regarde comme elle en rêve, seule la nuit, dessinant tous les films et fantasmes qu'elle est capable de projeter sur le plafond de sa chambre avant que le sommeil ne la prenne. Si elle redoute toujours un peu, au fond, de confronter son oncle sur la question épineuse de ses espérances amoureuses, c'est bien plus une question de pudeur que la crainte de se voir rabrouée comme l'aurait fait son père. Elle en sait encore bien peu, finalement, sur la vie privée de Ian, ce qui l'incite à demeurer prudente. Elle n'ose pas le questionner, et comme il n'est pas du genre à parler de lui sans qu'on ne lui demande quoi que ce soit, ce n'est pas gagné. Oh bien sûr, elle n'est pas totalement candide. Il sort, beaucoup, même s'il lui consacre du temps à elle aussi. Mais elle a trop souvent entendu Sasha et Jana critiquer les mœurs sexuelles et relationnelles de leur frère et beau-frère pour ne pas savoir additionner 1+1. L'arrivée de Carl dans le foyer s'est faite en douceur, mais sans qu'elle n'ait compris le pourquoi du comment de cette installation inopinée chez lui. Chez eux. Cette présence bienvenue lui est agréable. Ils ont tous les trois trouvé leur place, sans la moindre difficulté, créant un schéma harmonieux peu coutumier, qui lui plaît bien. Loin du cadre rigide de son mode de vie New-Yorkais, Baltimore lui a ouvert une autre réalité, même si tout n'est pas rose. Même si elle songe toujours à ses parents avec amertume, même si certains de ses anciens amis lui manquent, même si Baltimore lui semble ridiculement petite à côté de sa ville natale. Elle se reconstruit doucement, ici. Elle peut commencer à s'épanouir, petite femme en devenir, qui se scrute avec inquiétude dans la glace. Elle a opté pour un décolleté discret, un short plus féminin et des bottines pour galber ses mollets. Elle secoue sa crinière brune avant d'utiliser du mascara et de mettre ses lèvres en valeur par plusieurs touches d'un gloss rosé. Rien de plus. Il lui a dit qu'il n'aimait pas les femmes trop maquillées. Il les aime naturelles. Comme elle. Rapidement, elle choisit sa paire de boucles d'oreilles préférées, un ou deux bracelets, et se décortique pour s'assurer qu'aucun détail ne lui a échappé. Elle veut lui plaire. Elle a la sensation qu'avec lui, quelque chose va se passer. Il la contemple avec une gourmandise telle qu'elle en reste parfois gênée, mais pas une fois il ne l'a indécemment touchée. Il n'a même pas essayé. Il veut simplement la connaître. Elle lui a beaucoup parlé. Elle lui a raconté les tensions perpétuelles avec son père, les conflits avec sa mère, son installation chez Ian, et même le fait que Carl les ait rejoints. Il est discret. Il n'a pas fait de commentaire sur cette configuration originale. Elle ne l'en apprécie que davantage, pour cela. Il est grand, très mince, et ses yeux verts ne font que ressortir davantage sa peau diaphane et ses longs cheveux bruns. Lorsqu'elle le fait sourire, et même parfois rire, elle pourrait se sentir mourir d'un bonheur propre aux émois lycéens. Une touche de parfum. Il lui a dit qu'il adorait son odeur.

On frappe à la porte.

Il vient de déposer son assiette dans le lave-vaisselle lorsque les coups résonnent.
« Carl, c'est Matt ! Tu peux lui ouvrir ? J'arrive ! »
Le psychiatre espère ne pas se gourer, sur ce coup. Mais le café est effectivement à une minute à pied de la résidence, et il compte attendre Nova de pied ferme, quitte à aller la chercher lui-même si elle tarde trop. Il passe machinalement une main dans ses cheveux pour ouvrir la porte, sans prendre la peine de jeter un coup d'oeil par le judas.


Elle l'a d'abord entendu hurler. Deux syllabes, qui ressemblent à son nom. La porte qui se referme brutalement ; dérisoire. Elle n'a jamais entendu un hurlement pareil. Elle ne peut pas réussir à associer la voix de Carl à ce son inhumain. Il lui a ensuite crié, ordonné de rester dans sa chambre, et elle n'a même pas songé à lui désobéir. Elle a verrouillé le loquet fragile, restant debout au milieu de la pièce, en oubliant de respirer. Elle a entendu. Quelques coups sourds donnés contre le battant de l'entrée. Jusqu'à ce que les gonds cèdent.

Le psychiatre s'est précipité dans la chambre de son ami, collègue, mentor et amant. Il s'est laissé glisser sur le parquet pour tirer de sous le lit la cache des armes, qu'il sait planquées là. Ses doigts ripent, trop moites, pour attraper convenablement un flingue chargé. Mathias est arrivé dans son dos, sans hâte. Il a juré.


Du noir sur ses joues, coulant en rigoles. Les yeux brûlés par les larmes. Ses valises prêtes qu'elle tire frénétiquement, claquant des dents et tremblant de peur. Ses jambes ne la portent qu'à peine.

Il allonge le corps sur le lit. Ce qu'il en reste. Mains écarlates. Assis sur le bord du matelas, tétanisé, il contemple la silhouette mutilée. Il ne sait pas s'il va tenir le coup. Il ne sait pas s'il peut supporter ce revers-là. Il ne sait pas comment il n'a rien vu venir. Comment il a pu se sentir aussi confiant au point de rester vivre ici, en espérant que le hasard fasse bien les choses. Jusqu'alors, il n'avait jamais eu à se soucier de tels drames pour lui. Jamais. Quant à Nova… Ses épaules s'affaissent brutalement, et il embrasse rapidement le front de son ami, réprimant un hoquet terrible, une plainte qu'il se refuse à laisser sortir. Le drap retombe sur le visage de Carl. Vide. A quelques mètres seulement, la créature exsangue. La voix de son frère résonne encore dans son crâne. Le guide. Pour la première fois depuis des années, une étincelle s'est rallumée en Sasha. La communication à peine coupée, ce dernier a contacté leur père, leur frère. Tous se préparent à rejoindre Baltimore. Quant à eux deux, elle et lui, ils la quittent.

Ils se sont enfuis avant même que les tons de noirs ne se changent en une myriade de gris. Avant même les embouteillages de Washington D.C.

Il n'y a rien à dire.
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Princesse Kumquat, le Glaçon Impérial.
Mei Long
Mei Long
Princesse Kumquat, le Glaçon Impérial.
ASHES YOU WERE

En un mot : Derrière elle, les traumatismes de l'Orient. Devant, ce spectaculaire et dangereux Occident. Entre les deux, cette douce torpeur, bourreau et gardienne de sa déraisonnable folie. De sa folle déraison.
Facultés : Tes capacités, tes dons.
Thème : Secret Garden - Adagio
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ASHES YOU WILL BE

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Dim 9 Juin - 21:51 (#)

Y'a pas à dire, ce mec a quand même THE classe, même sans son bel uniforme de la gentille armée allemande (ouais, j'avoue que j'ai pas un max de référence cinématographique avec lui mais celle-ci est déjà pas mal). :oups:

Bienvenue (c'est bizarre de te dire ça à toi ici) et bon courage pour ton possible roman. Hâte de te lire comme toujours et de voir ce que tu vas faire avec ce Môsieur :heart:
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Anonymous
Invité
Invité
Dim 9 Juin - 23:08 (#)

Il a joué dans Immortel Ad Vitam et rien que pour ça je veux bien remater le film quarante fois. :arrow:

Bon tu t'dépêches hein ! J'ai hâte de voir avec laquelle de mes deux têtes de cons j'vais venir t'embêter en premier. :eyes:
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Anonymous
Invité
Invité
Dim 9 Juin - 23:18 (#)

Bienvenue (ou Rebienvenue :hum: :hum: )

:youhou: :youhou:

Courage pour la suite de ta fiche mais le perso promet des merveilles, en plus c'est un collègue médecin :hey:
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Fear is the mind killer
Ian C. Calloway
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Fear is the mind killer
✞ PAINT IT BLACK ✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Cel2Mn1 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. SxWuaE6 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. PCXwL9G

"Tomorrow is another day,
Today is another bomb."

En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
Qui es-tu ? :
"You never thought we'd go to war,
after all the things we saw."

✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. EossTie Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. ENSBj8G Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. DQLsZnr

"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
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✞ I AM A GOD ✞

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"That's our cosa nostra."

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. ZfltnPn
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Dim 9 Juin - 23:30 (#)

Mei > La gentille armée allemande, ouais. :lol: Fin y'a quand même des fois où le mec s'est pas contenté de jouer un mec de la Wehrmacht qui essaie de récupérer les lambeaux de l'honneur de l'Allemagne. Genre le mec a quand même interprété Eichmann quoi.
Coucou:

Poto > EUH TU TE CALMES, TU ME CRIES PAS. :eyes:
(Promis j'me grouille. :TT: )

Merci Ciaran !


Last man standing

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Anonymous
Invité
Invité
Dim 9 Juin - 23:43 (#)

Il est là, il est là, il est là :blbl:

Trop contente de te voir débarquer sous ce nouveau visage :cachotier: bon je connaissais pas du tout l'acteur, perso :arrow: Puis il a l'air tellement intéressant :moh: au risque de répéter les messages de tout le monde, bouuuge :brille: on veut dévorer ce beau roman :wii:
Je te dis pas bienvenue, mais quand même bon courage pour ta fiche :lovecat:
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Anonymous
Invité
Invité
Lun 10 Juin - 12:54 (#)

Citation :
La légende raconte que là où il passe, le fun trépasse.
:héhé: :partyhard: hé ben ça promet !

Ton personnage a l'air tellement cool :moh: ! (et même si c'est visiblement un tueur de fun, je ne peux qu'approuver l'utilisation du lance-flamme sur le gif. Je prie presque pour que ça arrive en rp :boing: )
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When witches don't fight, we burn
Daphné G. Calabrezzi
Daphné G. Calabrezzi
When witches don't fight, we burn
"❀ I'VE GOT THICK SKIN ❀"

"Be nice with plants, in the end, they eat you"

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En un mot : Blossom.
Qui es-tu ? : ❀ Italienne naturalisée Américaine. Elle débarque sur le sol américain à 8 ans, accompagné de son jumeau et de sa mère.
❀ Gitane. Elle n'a toujours connu que ça. Élevée par sa tante autant que par sa mère et les autres habitants du camp, elle leurs doit tout et elle le sait bien.
❀ Maternelle. Elle a cette tendance à prendre tout le monde sous son aile. C'est comme ça qu'elle se retrouve avec l'apprentissage d'Anaïs à sa charge.
❀ Spirituelle. Elle respecte profondément la terre, à la fois mère de son don et outil, elle se sent mal si elle reste trop longtemps éloignée d'une zone de verdure.

"❀ AND AN ELASTIC HEART ❀"


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"When twins are separated, their spirits steal away to find the other."

Facultés : ❀ Chamane, magie rouge.
❀ Acrescence phytokinésique ❀ : Daphné à la capacité d'influer sur la croissance des végétaux, en insuflant une quantité de magie dans la plante, elle peut la faire pousser bien plus rapidement, stopper sa croissance (ou sa maturation dans le cadre d'un fruit ou d'une fleur), ou la ralentir. Elle peut ainsi faire pousser et maintenir en vie des essences qui n'aurait jamais pu s'épanouir sous le climat Louisianais.

❀ Communication avec la Terre ❀ : Daphné est capable, en se mettant en transe, d'obtenir des informations sur le lieu où elle se trouve, grâce à une forme de communication avec le sol.

❀ Vargamor ❀ : Elle est capable d'effectuer tous les rituels nécessaire au bon fonctionnement de la meute, de l'invocations des Munins, à la transmission du Loup durant la grossesse.

❀ Très douée pour les potions et les baumes de soins, elle possède aussi une vaste connaissance des rituels propre aux Comanches ayant effectué son apprentissage avec eux.

Thème : Elastic Heart - Sia
"❀ I'M LIKE A RUBBER BAND ❀"


Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. 1m6nZmN Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. QAzD2PO Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. U2AoZ4H

"Until you pull too hard."

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Lun 10 Juin - 15:56 (#)

Wiii :wii: Le QC, le QC, le QC ! Bon il promet ton Doc, j'ai hâte de lire la suite puis de le voir IRP Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. 2135486406 J'te souhaite pas bonne chance tu connais la maison et tu vas nous faire ça comme un chef j'le sais :yeah:
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MJ ۰ Trop de DC, pas assez de décès.
Rhys Archos
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MJ ۰ Trop de DC, pas assez de décès.
L'IVRESSE SOLAIRE DU CRÉPUSCULE

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. 3h4m Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Ceip Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Aii8

« Wild men who caught and
sang the sun in flight,
And learn, too late, they
grieved it on its way,
Do not go gentle
into that good night. »

En un mot : Furie et Fiel
Qui es-tu ? : Sans visage, une force animale grouillant sous une peau humaine qui s'étire, trop étriquée, n'attendant que de jaillir à l'intérieur du monde pour le ravager.
Facultés :
Troubles à l'ordre public ;
Outrages à agents ;
Attentats à la pudeur ;
Violations de propriétés privées ;
Ivresse sur voie publique ;
Expert du pistolet à clous ;
Vols de voitures ;
Faux et usage de faux ;
Briseur de vitrines ;
Bagarres ;
Fusillade de masse ;
Vol de poules ;
Thème : https://www.youtube.com/watch?v=L7a8hmoOsx0
ÉPITAPHE DES DIVAGATIONS SAUVAGES

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Ordures jetées à la poubelle :
     Yago x1


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Lun 10 Juin - 16:03 (#)

Bienvenue Pépito, au plaisir de venir t'embêter :gni:




Adopte ces beaux scénarios !
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✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
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✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

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Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
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Lun 10 Juin - 16:04 (#)

C'est incroyable, j'me sens accueilli comme un vrai nouveau, je suis ému :cute:
:nabila:

Non en vrai merci à tous :face:
J'me disais qu'il était temps de botter le cul des CESS qui prennent trop la conf… :wasted:

Bon en tout cas je vais bosser dur dessus pour que cette fiche soit bouclée dans la semaine :eyes:


Last man standing

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Anonymous
Invité
Invité
Lun 10 Juin - 18:03 (#)

Et beh, il t'en aura fallu du temps pour le sortir lui :siffle: (J'déconne, je t'aime :perv:)

C'est trop cool à lire, comme d'habitude avec toi :cute:
Ce personnage promet tellement, j'ai hâte de lire encore tes rps (et qu'on se cale un lien aussi parce que j'vais squatter quand j'serais remise sur la barque :eyes:)
On veut la suite et l'histoire maintenant, merci d'avance :perv:
Et j'te dis pas bienvenue, c'est ta maison et c'est toi qui en a construit les murs - parmi tant d'auuutres- alors re chez toi :heart:

ET SINON AVEC TOUS LES AVAS QUE JE T'AI FAIT T'EN METS AUCUN ? (Fallait bien que je râle là-dessus, tu le sais :siffle:)
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Anonymous
Invité
Invité
Lun 10 Juin - 20:03 (#)



Je connais pas du tout, mais je suis intrigué :haha: :haha: Bon retour à la maison :keur:
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That kid you called a weirdo
Hélix L. Moxley
Hélix L. Moxley
That kid you called a weirdo
WAKE UP SINNERS

En un mot : I'll drink the poison to find the cure.
Qui es-tu ? : Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. SUPS85Et_o
Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. JPFyyhQ9_o
Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. EAWHCNtL_o
Facultés : ☽ Voir les auras
☽ Aspiration des énergies, relâchement, stockage, balancer des énergies démoniaques à la gueule des connards
☽ Chasser des démons, esprits en tout genre et soigner les corps meurtris
☽ Faire frétiller des pantalons
Thème : Teenage Rock God - Rob Zombie
Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Ruby-rose
THE DEVIL GET HIS DUE

Pseudo : Akira
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Messages : 135
Date d'inscription : 03/01/2019
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Mar 18 Juin - 13:09 (#)

Non mais j'ai jamais croisé ce type sur la CB, j'te jure :eyes:
Bon j'arrive avec du retard, tout ça tout ça mais bienvenue dans ta maison avec ce personnage qui me semble être d'une très grande "qualitey" :brille: (quoi, c'est pas ça l'orthographe :gni: ?)
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Fear is the mind killer
Ian C. Calloway
Ian C. Calloway
Fear is the mind killer
✞ PAINT IT BLACK ✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Cel2Mn1 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. SxWuaE6 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. PCXwL9G

"Tomorrow is another day,
Today is another bomb."

En un mot : Chasseur et Fils d'Abraham. Foi, Ferveur, Fardeau.
Qui es-tu ? :
"You never thought we'd go to war,
after all the things we saw."

✞ Deuxième fils d'une fratrie de trois. Cadet d'une famille de chasseurs aux traditions transmises par les pères d'aussi loin que la mémoire puisse remonter, dans les forêts d'Europe de l'Est ; racines plantées aux environs de Prague.
✞ Il tue les monstres, et particulièrement les Longue-Vies, Grandes-Dents ou fils de Caïn, qu'importe le nom qu'on leur donne : ennemi des vampires comme des lycanthropes, lorsque son frère aîné requiert son aide.
✞ Naissance à Boston, la cité-bloc balayée par les vents de l'Atlantique. Ville délaissée pour la chaude et discrète Baltimore, dans le giron des brumes de Poe. Ville adoptée, chérie comme Washington D.C.
✞ Sportif de toujours, ancien étudiant modelé par les matchs, les courses et les sauts ; a décroché une bourse pour l'université et n'a jamais cessé de tailler ce corps solide et agile lorsqu'il le faut.
✞ Il a prêté serment : docteur vouant son existence au soin des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants. Confident de tant d'inconnus qu'il en a parfois le tournis, rassure et prescrit, soutient infirmières et collègues. Mains assez robustes pour soutenir un grand gaillard mais assez tendres pour préserver un nouveau-né.
✞ Pilier des Calloway ; homme réputé pour sa dignité, sa réserve et ses colères froides. Gardien de tous les secrets, jusqu'au plus purulent. Cherche à préserver les fondations du clan par tous les moyens, malgré les humeurs des uns et des autres.
✞ Médecin de mort, employé pendant plus de dix ans au WFC, organisme financé par les bourses du PASUA pour expérimenter sur les hommes abandonnés par leur raison, comme sur quelques CESS (les limites de l'esprit et du corps). Vie de fuyard depuis l'effondrement du site et la mort de son collègue et ami, assassiné par leur Némésis.
✞ A recueilli sa nièce Nova Calloway, en conflit permanent avec un père vétéran du 11 septembre et une mère aux abonnés absents. L'a arraché aux gratte-ciel de New York pour Baltimore, et désormais Shreveport. Non-dits, et silences douteux.
✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
✞ N'aime que la ville. Il hait le soleil et l'humidité permanente qui s'abattent sur tous les États du Sud, pour lesquels il ne voue absolument aucune affection. En recherche de repères, passant d'un quotidien presque insouciant à un bras de fer de tous les instants.
✞ Tempérance et liberté. Aime le genre humain, de ses défauts les plus anodins aux tordus dont il questionne les esprits (poursuivre l'œuvre commune le liant à Carl Weiss). Horrifié par le monde dans lequel il vit, sans se résoudre à lâcher prise sur les démons à combattre.

✞LAST MAN STANDING✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. EossTie Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. ENSBj8G Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. DQLsZnr

"Tomorrow never comes until it's too late."

Facultés : ✞ Formé au maniement des armes à feu en tout genre : armes de poing comme armes lourdes, si les circonstances l'exigent.
✞ Ne craint pas le corps-à-corps ni les combats à l'arme blanche, même s'ils ne suscitent aucune appétence en lui.
✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
✞ Porteur d'une Foi qui guide son bras et protège sa chair vulnérable. Croyant tâchant de ne pas trébucher.
Thème : Unbreakable ✞ James Newton Howard.
Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. S7T3m9m
✞ I AM A GOD ✞

Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. 1VW7VKf Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. EvbM8n1 Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. Dz9ewPr

"That's our cosa nostra."

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Pseudo : Nero
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Mar 18 Juin - 13:14 (#)

Didi > Tu sais quoi, je pourrais te fournir une excellente explication pour faire taire le "ouin ouin" (parce que oui, il y a une explication), mais même pas j'réponds :eyes:
Et merci :TT: Effectivement comme tu dis il a mis du temps à refaire surface mais c'est pour le meilleur :thuglife:

Virva > Merci Mamie !

Hélix > Sans déconner. :bonjour: T'inquiète, pour une fois on peut s'autoriser à niquer l'orthographe, un peu. :partyhard:


Last man standing

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NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
Alexandra Zimmer
Alexandra Zimmer
NAPALM ROACH : j'adore l'odeur du non-respect au petit matin
FULL DARK NO STARS
En un mot : We're all mad here. I'm mad. You're mad.
Qui es-tu ? :
- Infréquentable et associable à l’esprit encombré de mots, de mauvaises humeurs, d'ironie cinglante et d'indifférence, cachant une âme noire et liée aux enfers.
- Allergique à l’autorité avec une langue trop bien pendue pour sa propre sécurité, elle cherche à fuir ce monde humain dans lequel elle se sent étrangère.
- Écrivaine autrefois invisible dont seul le site internet attestait de son existence, elle est l'auteur anonyme d'un livre étrange et dérangeant, dicté par son propre père.
- Américaine et pourtant guère attachée au moindre patriotisme, elle erra longtemps sans attaches ni allégeances, avant d'être l'alliée forcée du plus terrifiant des Princes.
- Une antre modeste dans les Kingston Buildings masque ses noirceurs, ses poches trouées, ses écrits en vrac et une Honda 350 récemment achetée.

Facultés :
- Fille longtemps ignorante du Prince Hornet, l’ombre de celui-ci a influé sur sa vie, en étouffant une à une les dernières lueurs de son âme.
- Au gré des rencontres, des créatures de la nuit et du rêve d'une sorcière noire, ses perceptions se sont aiguisées et lui ont révélé bien des choses.
- Faculté répugnante, la forme du cafard l'habite depuis toujours, bientôt sublimée et portée à son paroxysme par l'influence d'Hornet.
- Remarquable plume, ses mots sonnent justes, acérés, et empreints d'une ombre beaucoup plus grande qu'elle-même.
- Une insupportable teigne dont les répliques teintées de fiel déclenchent vexations, colères et peines autour d'elle.

Thème : Nick Cave & The Bad Seeds : Red Right Hand
You'll see him in your nightmares
You'll see him in your dreams
He'll appear out of nowhere but
He ain't what he seems
You'll see him in your head
On the TV screen
Hey buddy, I'm warning
You to turn it off
He's a ghost, he's a god
He's a man, he's a guru
You're one microscopic cog
In his catastrophic plan
Designed and directed by
His red right hand

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Mar 18 Juin - 14:09 (#)

J'attendais le roman pour dire (Re? J'suis à la masse avec vos DC)bienvenue, et je ne suis pas déçu. Même qu'il faudrait une suite, parce qu'il me faut plus d'anti-fun comme ça. :cachotier:
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Mar 18 Juin - 14:13 (#)

Re, c'est Eo :face:
Merci en tout cas ! Et si ça peut te rassurer, le roman est pas encore fini… :lol:


Last man standing

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Anonymous
Invité
Invité
Mer 19 Juin - 14:55 (#)

Alexandra Zimmer a écrit:
(Re? J'suis à la masse avec vos DC)bienvenue, et je ne suis pas déçu.:


Tu acquiesces et tu fais genre t'as suivi le bordel :sisi: :sisi: :fume:
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That kid you called a weirdo
Hélix L. Moxley
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WAKE UP SINNERS

En un mot : I'll drink the poison to find the cure.
Qui es-tu ? : Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. SUPS85Et_o
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Facultés : ☽ Voir les auras
☽ Aspiration des énergies, relâchement, stockage, balancer des énergies démoniaques à la gueule des connards
☽ Chasser des démons, esprits en tout genre et soigner les corps meurtris
☽ Faire frétiller des pantalons
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Mer 19 Juin - 14:57 (#)

Ian C. Calloway a écrit:

Bon en tout cas je vais bosser dur dessus pour que cette fiche soit bouclée dans la semaine :eyes:

*fixe la date* Moi j'dis ça, j'dis rien :thuglife:
Me tape pas, sinon pas de gifs pour toi :quoi:
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Ian C. Calloway
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✞ Espère trouver anonymat, soutien et protection à Shreveport, entouré d'anti-surnats, et passe sa vie à esquiver les conséquences d'une décennie de péchés, que son Dieu est pourtant censé tolérer. En attente du regroupement des Calloway en Louisiane.
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✞ Chasseur respectueux des traditions de son clan. Arme traditionnelle : arbalète aux carreaux d'argent. Terrain de prédilection via les chasses en hauteur et les pérégrinations casse-gueules sur les toits.
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Mer 19 Juin - 15:24 (#)

*Sort la carte +4 jaideuxboulots* :eyes: *
J'ai bossé dur mais ça n'a pas suffi :TT:

De toute façon je suis encore dans le délai j'ai jusqu'à dimanche. :biensur:

:flames:
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Anonymous
Invité
Invité
Ven 21 Juin - 14:07 (#)

Alors nan en fait t'as jusqu'à mercredi prochain parce que mon prochain jour de repos c'est le jeudi 27.

*sort*
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Autiste Ier - Première dame du Chaos :
Yago Mustafaï
Yago Mustafaï
Autiste Ier - Première dame du Chaos :"La chair fraîche c'est kascher" ; Coucou, tu veux voir ma papillote? Signé Shéhérazade aux cuisses rondes.
Chaos is everywhere.

En un mot : Ombre atemporelle, Cauchemar éternel, Murmure d'Orient.
Qui es-tu ? : • Vampire de 120 ans, homme-siècle venu d'ailleurs, infatigable nomade. Éternel étranger à la peau hâlée.
• Infant de Salâh ad-Dîn Amjad, dont il partage les aspirations destructrices. Renégat, il rejette en bloc la Mascarade et ses règles castratrices.
• Foncièrement psychotique, ses attitudes décalées et ses humeurs lunatiques sont le reflet de sa psyché défragmentée.
• Insatiable curieux, il observe les Hommes vivre, dérobe aux vivants des fragments d'existence pour emplir sa propre béance, sinistre fantôme des fenêtres citadines.
• Enfant de Jérusalem, sa vie humaine a notamment été marquée par de ferventes croyances religieuses. Désormais, il n'est plus que l'ombre d'un Juif errant, persuadé d'avoir été répudié par le Très-Haut qu'il n'ose plus prier.
• Ancien horloger, il est habile de ses mains et répare encore des rouages à ses heures perdues. Maître du Temps, il aspire secrètement à le détraquer.
• Fasciné par les arcanes, il voue une obsession à la magie rouge, qui le canalise et réveille en lui les souvenirs de sa vie d'antan.
• Polyglotte, il s'exprime d'une voix grave et chantante, vent chaud d'Orient qui séduit les mortels. S'il s'exprime très bien en anglais, sa compréhension de certaines métaphores tout comme sa maîtrise de l'écrit laissent encore à désirer.
• Unique descendance de Salâh ad-Dîn Amjad, enfant adoptif d'Aliénor Bellovaque, amant des nuits d'Eoghan Underwood, Némésis de Dillon Ó Shaugnessy. Stalkeur de tous les autres.
Facultés : • Maître des illusions, il tisse des mensonges et déforme la réalité, altère les sens et bouleverse l'ordre. (Chimérie Niveau II palier 2)
• Ombre des toits, il est capable de dissimuler sa présence dans le secret de la pénombre, et devenir alors imperceptible. Insaisissable. (Occultation Niveau I palier 4)
• Voleur habile, il a la fâcheuse manie de dérober des objets à la plupart des personnes qu'il croise, et les entrepose dans son atelier, où il accumule les bibelots et fragments de vies arrachés.
• Redoutable chasseur, il excelle dans la traque, qu'il s'agisse d'humains ou d'artefacts.
• Souple et aérien, il est un excellent grimpeur et préférera toujours se déplacer en hauteur. Familier des toits des bas-quartiers, il évolue comme un véritable chat dans la jungle urbaine.
• Une sensibilité insoupçonnée se cache derrière cet étrange faciès. Lorsqu'il tue le temps dans la poussière de son atelier, il lui arrive de jouer de la musique ou de gribouiller.
Thème : Opium • Dead Can Dance
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PREMIERE DAME DU CHAOS.

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Sam 22 Juin - 14:51 (#)

Ian Ian C. Calloway • Tomorrow never comes until it's too late. 2135486406

Viens m'attraper si t'es pas trop vieux pour ce genre de conneries :gni:
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Anonymous
Invité
Invité
Lun 1 Juil - 13:40 (#)

J'ai tout lu bordel :tombe: Avec plaisir, évidemment, c'est toujours si bien écrit Eo, j'suis trop envieuse des univers que t'arrives à décrire et construire puis des fils conducteurs que tu tisses à travers tes écrits :cute: Le passage sur le 11 septembre m'a bien foutu les larmes #fragilitéassumée, tu décris beaucoup trop bien l'effroi au moment où les gens se mettent à sauter des tours. Et puis toute l'horreur traverser dans les labos là wtf puis toute l'intrigue des expériences de merde faites sur les CESS (si j'ai bien compris :baille:).
Et j'aime déjà Nova et son caractère de cochon ! Puis toute la famille Calloway a l'air trop trop cool. J'veux un passage avec sa go par contre oh, elle est où sa Lara Croft ?
Bref, j'suis fan de ce personnage, j'espère qu'on pourra trouver un lien hein :heart:
Bon, j'imagine que t'as pas fini en plus donc hâte de lire la suite :perv:
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Anonymous
Invité
Invité
Lun 1 Juil - 22:09 (#)

je viens de capter, my brain is still in process : that is you - (pour ma défense, j'ai jamais été une lumière :brille: )
pourquoi vous créez tous des persos du péché ? L'histoire est superbement décrite.

Citation :
cet appel lovecraftien au meurtre
l'adjectif parfait dans la scène, j'en imaginerais pas un autre. Voilà c'est de la torture, merci pour les persos de la tentation :eyes:
Punaise ça promet, vivement de le voir in RP :heart:
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