Fix a mistake ♦ Daphné & Jeremiah

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Ven 26 Juil - 16:27 (#)



FIX A MISTAKE
Il est difficile et pénible de démêler, de passer au crible, des erreurs totales, des moitiés et des quarts d'erreur, et de mettre ce qui s'y trouve de vrai à la place qui lui convient.
Il fait encore nuit et pourtant il ne dort plus, le métamorphe pourtant éreinté par les évènements de la veille. Assis sur sa terrasse comme il l’a si souvent fait il observe le ciel nocturne, espérant y abandonner le cauchemar qui le prive des bras de Morphée depuis qu’il essaie de trouver le repos. Un chat roux vient faire le dos rond contre sa jambe et il attrape le petit animal qui se plaint d’un miaulement agacé sans chercher à s’enfuir. Il se repasse le songe qu’il a fait en boucle, Jeremiah, il ressasse la douleur, les rugissements et  le sang. Il voit les chalets du marché, il sent la colère du fauve qu’on accule, la passion qui n’était pas naturelle et qui l’a saisi. Il maudit la magie et ses effets pervers, le puma redevenu homme, laissant courir ses mains dans le pelage de son petit compagnon à poils il laisse le stress, la rancune s’échapper, ne laissant qu’un garçon perdu qui encore une fois regrette le mal qu’il a fait, qui cherche comment il va bien pouvoir rattraper ses erreurs. Il reste longtemps là, à regarder son quartier, les étoiles, à écouter le calme d’un coin paisible de la ville, loin du chaos et du sang vicié qui a coulé dans les rues de Shreveport. Il gronderait presque, le fauve, d’avoir eu à subir ça, de s’être mis en danger bêtement. Il finit par se lever, bien des minutes plus tard, quand il pense entendre son rythme cardiaque s’apaiser, laissant le rouquin filer dans la nuit pour aller pourchasser rongeurs et autres petites proies. Le propriétaire des lieux se dirige ensuite vers la salle de bain, allant se réfugier sous une eau presque brûlante qui lui ferait presque sortir de l’esprit qu’il a perdu le contrôle, qu’il a blessé Daphné et voulu tuer une adolescente.

Une vibration le sort de ses souvenirs, ténue, masquée par le fracas de l’eau qui tombe, s’écrase au sol et s’écoule dans les canalisations. Il met un temps à comprendre, l’homme trop préoccupé pour réellement y faire attention, à cet appel, se met en mouvement avec plus de précipitation que d’ordinaire, se saisit plus rapidement que nécessaire du petit appareil pour y voir le visage de sa grande sœur. Lynn est une extravagante, de là à lui passer un coup de fil à 4h30 du matin, il y a une nuance. Il coupe l’eau et sort de son refuge improvisé, enroule une serviette autour de sa taille et fait glisser son doigt sur l’écran, lançant l’appel vidéo que la capricieuse aînée exige. -J’espère que ce dont j’ai eu vent n’était qu’une mauvaise farce, une petite blague sans conséquence, mais comme tu es en train de cogiter plutôt que de dormir, je crains le pire. Une boule se forme dans sa gorge, mentir n’est pas envisageable mais il aurait  aimé un temps de répit avant la catastrophe. -Papa et Maman ne sont pas au courant, si tu veux que ça reste comme ça tu vas devoir l’ouvrir un peu plus, Jer’. Son téléphone posé en face de lui il observe le visage de sa sœur, sa contrariété mise en évidence, cet éclat inquiet qu’il reconnaîtrait entre mille dans ses yeux bleus. Un pantalon enfilé il sort de la pièce embuée tout en se décidant enfin à prendre la parole, à ne pas la laisser devenir hystérique derrière un écran qu’elle, il le sait, donnerait tout pour traverser. -Je t’assure que je vais bien, qu’on ne m’a pas vu, ou du moins, personne ne connaissant pas déjà ma nature ne m’a vu me transformer. Le vrai problème ce n’est pas ça. Peut-être que c’est son air interdit, qui l’arrête, le petit frère déjà peu rassuré de la réaction qu’elle pourrait avoir au moment où il avouera l’erreur commise.

-J’ai attaqué Daphné, Lynn, et pas qu’un peu, je l’ai blessé. -QUOI ? Le cri le fait sursauter et il s’amuse une fraction de seconde d’avoir vu le chat qui partage l’appartement de la blonde faire de même avant que l’air grave de sa sœur ne le ramène à ce qui les intéresse réellement. -Rassure moi, tu es allé la voir pour t’excuser, tu n’es pas là à attendre qu’un miracle se produise ou à angoisser comme tu sais si bien le faire. -Je… -Va la voir, où je balance que t’as perdu le contrôle en public à nos chers parents. La liaison se coupe et il lâche un juron, Jeremiah, encore une fois mené par le bout du nez par une sœur trop redoutable pour qu’il se risque à ne pas obéir. Il a toujours fallu qu’elle le pousse pour qu’il fasse les choses et elle lui prouve encore une fois. C’est avec une crainte grandissante de ce qu’il ferait le lendemain qu’il retourne dans la chaleur de ses draps, le confort de son lit, l’animal sous forme humaine.

Le soleil d’un milieu de matinée le tire de son lit, des heures plus tard, après un semblant de repos, encore perturbé par les ordres de son tyran personnel il se laisse aller à l’illusion que tout ira bien, que s’il prend sa voiture pour se rendre au camp gitan, il ne se passera rien de grave, qu’elle pardonnera ce qu’il a fait, même s’il n’en avait pas conscience. C’est après un petit déjeuner frugal qu’il se décide enfin, il ne peut pas laisser la situation en l’état, il lui doit des excuses. Pas de voiture extravagante, aujourd’hui, pas de chemise ou smoking, un jean et un tee-shirt feront l’affaire, son 4x4 rayé sur tout une aile serait un moyen de transport tout à fait convenable, pour une journée, il ne serait plus l’entrepreneur qu’elle avait découvert ici, à Shreveport, un soir, au hasard. Une dernière hésitation au moment de franchir la porte, hésitation vaincue par la peur des conséquences qui allaient s’abattre sur lui s’il ne faisait rien. Les deux chats miaulent alors qu’il referme la porte et s’éloigne, grimpe sans empressement dans son véhicule maculé de boue, marqué des griffures des arbres et des siennes, fauve parfois perché sur le véhicule. Le moteur rugit et c’est avec une certaine appréhension qu’il prend la route qui le mènera jusque chez l’Italienne.
Quand il y arrive, il ne sort pas du véhicule tout terrain, s’arrête à bonne distance, observe la roulotte qu’il ne connaît que trop bien, repense à son autre forme qu’il a revêtue trop de fois ici. Il ne sait pas, à quel moment tout est devenu aussi compliqué, aussi embrouillé. Il lui semble voir du mouvement, à l’intérieur et sa gorge se serre, elle est là, il n’a plus d’excuses pour s’esquiver, pour éviter une confrontation qu’il sait obligatoire. Son cœur manque un battement quand il prend son courage à deux mains, qu’il ouvre la portière et pose le pied sur le sol de terre du camp. Une dernière pause, une dernière chance d’envisager de faire machine arrière, de faire demi-tour et d’oublier tout ça, de subir le courroux de ses parents plutôt que celui de son amie d’enfance. Mais non, il prend une grande inspiration et reprend avec une lenteur toute calculée sa route, approchant encore trop vite selon lui de la roulotte qui ne lui avait jamais fait cet effet. L’effet de ne pas être à sa place, de n’avoir rien à y faire.

Il s’arrête en bas des marches, l’intrus, réfléchit à ce qu’il dira, à ce qu’il fera dans tous les cas de figure, sans y parvenir toutefois, troublé maintenant qu’il ne la sait plus qu’à quelques mètres. Il tire légèrement sur son haut, comme s’il s’agissait d’une chemise qu’on remet en place, il se souvient clairement de l’odeur du sang, du sien, ou peut-être le sent-il encore. Puis il se remet en mouvement, s’élance une bonne fois pour toute vers la porte, les marches sont franchies en un bond et il ferme les yeux une seconde, s’impose le calme et tape doucement d’un doigt sur le bois. -Daphné…? Écoute… j’sais que tu dois être énervée… mais… on peut parler ? Je sais que j’ai merdé… Il s’écarte un peu de l’entrée, descend d’une marche, prêt à faire demi-tour à l’instant où elle surgira pour le congédier, ou pire, à l’instant ou Zia surgira pour le chasser.
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When witches don't fight, we burn
Daphné G. Calabrezzi
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"Be nice with plants, in the end, they eat you"

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En un mot : Blossom.
Qui es-tu ? : ❀ Italienne naturalisée Américaine. Elle débarque sur le sol américain à 8 ans, accompagné de son jumeau et de sa mère.
❀ Gitane. Elle n'a toujours connu que ça. Élevée par sa tante autant que par sa mère et les autres habitants du camp, elle leurs doit tout et elle le sait bien.
❀ Maternelle. Elle a cette tendance à prendre tout le monde sous son aile. C'est comme ça qu'elle se retrouve avec l'apprentissage d'Anaïs à sa charge.
❀ Spirituelle. Elle respecte profondément la terre, à la fois mère de son don et outil, elle se sent mal si elle reste trop longtemps éloignée d'une zone de verdure.

"❀ AND AN ELASTIC HEART ❀"


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"When twins are separated, their spirits steal away to find the other."

Facultés : ❀ Chamane, magie rouge.
❀ Acrescence phytokinésique ❀ : Daphné à la capacité d'influer sur la croissance des végétaux, en insuflant une quantité de magie dans la plante, elle peut la faire pousser bien plus rapidement, stopper sa croissance (ou sa maturation dans le cadre d'un fruit ou d'une fleur), ou la ralentir. Elle peut ainsi faire pousser et maintenir en vie des essences qui n'aurait jamais pu s'épanouir sous le climat Louisianais.

❀ Communication avec la Terre ❀ : Daphné est capable, en se mettant en transe, d'obtenir des informations sur le lieu où elle se trouve, grâce à une forme de communication avec le sol.

❀ Vargamor ❀ : Elle est capable d'effectuer tous les rituels nécessaire au bon fonctionnement de la meute, de l'invocations des Munins, à la transmission du Loup durant la grossesse.

❀ Très douée pour les potions et les baumes de soins, elle possède aussi une vaste connaissance des rituels propre aux Comanches ayant effectué son apprentissage avec eux.

Thème : Elastic Heart - Sia
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Pseudo : Akhmaleone
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Ven 26 Juil - 20:13 (#)

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Fix a Mistake
feat Jeremiah C. O'Connell
Assise à la petite table de ma cuisine, je regarde les mains habiles de ma tante. Elle recouvre doucement mes bras massacrés d’un baume frais qui apaise les restant de douleur et encourage ma chair à se refermer. Les cicatrices ne disparaîtront jamais complètement, m’a-t-elle dit, tu seras marqué à vie, ma chérie. Marquée à vie par cet homme qui prend trop de place dans ma vie, dans ma tête. Qui pompe mon air et me fait prendre des décisions irrationnelles, comme celle d’attraper par la gueule un puma furieux qui n’a en lui, plus rien de l’homme que je connais. Un frisson secoue mon dos, fait se dresser les poils sur ma nuque et devant mes yeux grands ouverts se déroule le fil de la soirée de la veille. Du sang, tellement de sang, le rouge qui souille tout, qui noie tout. Le corps d’Anaïs, couvert de la substance de vie, les vampires, Lexie, l’homme-Ours. Jeremiah. Mon esprit, incapable de se détacher de mon ami d’enfance revient, encore et toujours, sur son visage. Les yeux bleus s’effacent pour laisser place au regard doré du fauve qui me fixe sans me voir. La sensation des griffes qui s’enfoncent dans ma chair, saccagent les muscles, détruisent la peau. Le sang qui jaillit, encore, toujours plus. La main de Zia, effleure une zone particulièrement sensible et je cligne des yeux à plusieurs reprise, reprenant pieds avec la réalité dans un sursaut. Elle s’excuse et je secoue la tête en souriant doucement. « C’est pas ta faute. » L’italien, que j’emploie toujours avec elle, coule sur ma langue avec le gout de l’enfance.

Depuis mon retour, à moitié nue et ensanglantée, en pleine nuit hier. Ma tante ne m’a pas quitté. Ni elle, ni les sorciers qui se sont relayés à mon chevet pour panser mes plaies de leurs magies. Avec une grimace, je pose les yeux sur mes bras. La chair est encore à vif, certaines zones sont encore sanguinolentes, mais la majorité des plaies sont déjà en bonne voie de cicatrisation. Les quatre entailles qui marquent chacun de mes bras, sont encore douloureuses, mais l’infection n’est plus un risque et si je fais attention, mes plaies devraient rester fermées. Je pousse un soupir de soulagement quand le baume fait son effet et j’appuie ma tête contre le dossier de ma chaise. Ma tante enveloppe mes bras de bandes légères, imbibées d’un fluide aidant également à la cicatrisation, et je lui offre un sourire reconnaissant quand elle pose ses lèvres sur mon front. Le soleil de la matinée éclaire doucement l’intérieur de ma roulotte, mouchetant d’or les lieux, quand elle sort enfin. Mon regard se perd dans les grains de poussière qui volent dans la lumière. Or. Comme ses yeux. Les yeux du Puma qui semble me traquer, me suivre jusque dans mes rêves depuis deux nuits. Un nouveau frisson secoue ma carcasse fatiguée et je me lève, lentement, douloureusement. J’avance lentement dans le décor familier, l’inquiétude pour lui supplantant la terreur créer par la bête. Le Puma avait peur lui aussi, il a réagi de façon logique, c’est tout. Je m’arrête net, au aguet quand un bruit de pas sur les marches de ma roulotte se fait entendre. Le cœur battant la chamade, je tends l’oreille, laisse mon essence tâter le terrain.

Jeremiah. Mon essence le perçoit en même temps que mes oreilles. Je déglutis, les mains tremblantes, le pouls battant la chamade jusque dans mes oreilles. Je ne sais pas quoi faire. Je ne suis pas prête. Sa voix résonne doucement à travers le bois de la porte et elle transperce mon cœur de part en part. Il est là, mon ami. Le petit garçon qui partageait mes rires et mes larmes, qui jouait à cache-cache dans les bois derrière le camp. Je m’approche de la porte doucement, précautionneusement et m’arrête derrière le battant. Ma main se pose sur le bois, légèrement chauffé par les rayons du soleil et j’hésite quelques secondes avant d’entrouvrir la porte. Le visage de Jeremiah s’encadre dans l’espace ainsi créé et je remarque instantanément les stigmates de la fatigue sur ses traits. De larges cernes marquent ses yeux clairs, ses sourcils sont froncés en une expression désolée et je serre les doigts contre le bois. « Salut… » Ma voix n’est qu’un souffle. À mi-chemin entre le soulagement de le savoir entier, la joie de voir son visage, qui refuse de s’effacer face à la colère et la peur qui pourtant tiennent une belle place dans le maelström de mes émotions. Je recule de quelques pas, ouvre la porte en grand. J’hésite à le faire rentrer, mais les rocking-chairs devant ma roulotte attirent mon regard et d’un petit mouvement de tête, je les lui montre. « On va s’asseoir là, j’ai envie de profiter du soleil. » Toujours ce souffle, ma voix brisée d’avoir tant hurler. Sur lui, sur Anaïs, sur Lexie. D’avoir hurlé de peur, d’angoisse, de douleur. Il s’écarte, me laisse la place et je descends doucement les escaliers. Je trébuche légèrement et m’appuie sur son bras pour ne pas tomber. La sensation de sa peau sous mes paumes créée une cascade de frisson le long de mon échine et je lève les yeux vers lui. Mon regard se perdant dans le bleu. Bleu. Pas Or. Je m’arrête quelques secondes, les mains toujours fermement accrochées à son bras, les yeux perdus dans son regard. Mon cœur bat la chamade et quand j’inspire, c’est son odeur qui m’enveloppe. Pas celle de la bête, pas celle du sang. Celle de mon ami.

La chaise accueille mon corps et je glisse mes jambes sous moi avant de le regarder de nouveau en poussant un soupir fatigué. « J’suis pas énervée. » C’est vrai, je ne le suis pas. Je suis terrorisé, et j’ai mal. Mais je ne suis pas énervée. « J’suis un peu en colère, mais c’est pas logique de l’être. » Je tente de frotter mon front avant de remarquer son regard sur mes bras bandés. Je m’arrête en cours de mouvement, nos regards se croisent et j’ai soudainement envie de les cacher derrière moi, ces bras. Je secoue doucement la tête et les laisse retomber contre mes flancs, inutiles et douloureux. Comme tout ce silence entre lui et moi. Comme tout ce que j’ai envie de lui dire et qui refuse de franchir la barrière de mes lèvres. Je baisse les yeux, regarde les quelques feuilles qui traînent sur le sol. « Je me suis inquiétée pour toi… Qu’est-ce qu’il s’est passé après ? » Je ne veux pas parler de ça. De mes bras, de mon sang, de ses griffes enfoncées dans ma chair.
☾ anesidora
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Ven 2 Aoû - 6:34 (#)



FIX A MISTAKE
Il est difficile et pénible de démêler, de passer au crible, des erreurs totales, des moitiés et des quarts d'erreur, et de mettre ce qui s'y trouve de vrai à la place qui lui convient.
Le son de ses pas qui approchent de la porte, lentement, ajoutent à ses doutes, il ne sait pas quoi dire, ensuite, ne sait pas si elle va bien, vraiment. Il y a ce petit rien, qu’elle prend pour réfléchir, qui blesse quelque chose en lui, Daphné n’hésitait pas, quand elle lui ouvrait la porte, jamais. Il serre les poings, un instant, laisse la colère s’éteindre, la sentence viendrait, tôt ou tard, il devait rester maître de ses émotions. La porte entre-ouverte ne laisse voir qu’un visage fatigué, un écho du sien probablement et le mot lâché tout bas, c’est une voix brisée qui le souffle. Une seconde de plus, et le châtiment promis s’opère, quand elle recule et qu’il découvre ce qu’il a fait. Dans la roulotte qui se dévoile il découvre la silhouette familière de la jeune femme, mais tout de suite, quelque chose dénote, sa culpabilité s’étale sous ses yeux, fracasse les espoirs qu’elle n’ait rien de trop grave. Il n’écarquille pas les yeux, ne se confond pas en excuses parce qu’il en est incapable, coupable malgré lui. Il s’horrifie de ce qu’il a fait, s’efforce de ne rien laisser paraître, Jeremiah, parce qu’une part de lui sait qu’il ne gardera pas son calme, si quoi que ce soit le trahit.
Encore cette fêlure, quand elle parle, qui le plonge violemment dans les cris, le sang, le chaos des souvenirs qui les marquent tous deux. L’origine de ces stigmates sur l’Italienne. Il voudrait ne pas pouvoir imaginer ce qui se trouve sous les bandes de tissu, et il a soudain en horreur de savoir ce dont il est capable, de parfaitement se figurer les plaies qu’il lui a infligé. Il n’a pas d’excuse, lui, il n’y a pas de bête à accuser, il est celui qui a choisit d’oublier l’humanité qui le caractérisait, qui a préféré céder et n’être plus que ce prédateur acculé, meurtrier.

Elle remue le couteau dans la plaie, elle, inquiète pour l’animal qui lui a lacéré les bras, fait comme s’il n’avait rien fait de mal. Il se mettrait en colère, s’il était seul, mais il canalise l’émotion qui brûle de s’exprimer, contenue. Il se rend compte qu’il n’en a pas détaché les yeux, de ces plaies pansées, semble revenir à lui pour soutenir l’humaine qu’elle reste, malgré ses dons, l’humaine éreintée d’avoir résisté à la veille. Sauf que ce n’est pas n’importe quelle humaine, qu’il a attaqué, pas une personne inconnue au bataillon, il a blessé Daphné. Et elle revient sans cesse, cette pensée alors que leurs regards se rencontrent, bleus, tels qu’ils l’ont toujours été, quand tout était simple. Il finit par s’asseoir aussi une fois qu’elle est installée, un peu trop crispé, les mains liées dans un maigre espoir qu’elles ne tremblent pas. Il reste muet quelques secondes de trop, en a parfaitement conscience alors qu’il cherche la réponse appropriée. -J’ai… je suis très mal placé, pour être la source de tes inquiétudes, mais… soit. Il peut bien répondre à ses questions, lui doit bien ça, avant d’évoquer le pire. -L’un des miens m’a… aidé à me calmer après m’avoir attiré plus loin. On a fuit dans la ville avec les annonces du Pasua et on est allés trouver refuge quelques part le temps de récupérer. Il aimerait que les souvenirs soient flous, ne pas avoir avec clarté dans l’esprit les images de son échec. La panthère, le chat, alliés improbables contre la folie des vivants et des morts, le ciel nocturne qui les éclairait alors qu’ils se défaisaient du sang mêlé qui les couvraient, il se souvient la fuite et la peur et faire taire ses pensées. Instable, il ne devait pas l’être et pourtant, la veille, il avait été une bête sauvage, inapte au contrôle de lui-même, animal sans esprit logique. Il l’est encore, parce que la culpabilité vient plonger sur lui, refermer ses serres autour du métamorphe qui ne se pense plus doué de parole, voudrait peut-être ne pas l’être.
-Pour… ce que tu as vu, ce que j’ai fait, aussi… Ça n’aurait jamais dû arriver, rien ne m’excuse j’ai juste... perdu le contrôle. J’ai oublié qui j’étais et je t’ai blessé. Il n’a rien à ajouter, pas de désolé supplémentaire, ces mots ne soigneront pas les entailles qu’elle porte.

Il songe que les regrets qui l’assaillent sont une torture à eux seuls, l’homme face aux actions d’une facette de lui qu’il n’aurait jamais voulu lui montrer, surtout pas à elle. Juste sort que le sien, quand il compare les retombées sur eux de cette maudite soirée. Lui s’en sort fatigué mais indemne, quand il est sûr qu’elle gardera une trace indélébile de leur rencontre, ce soir-là au marché. -Je sais que t’aurais préféré que j’en parle pas, surtout que j’ai pas grand-chose à dire, en réalité, j’ai rien, pour justifier… ce que je t’ai fait. Mais, j’allais pas pouvoir rester sans en parler. Il voudrait la prendre contre lui, apaiser le battement d’un cœur qui s’agite tant et si bien qu’il peut en suivre le rythme effréné, de sa place. Mais en a-t-il vraiment la légitimité, Jeremiah, il comprendrait qu’elle soit effrayée par cet animal qui se cache sous des traits familiers. Il se le demande d’ailleurs, si elle n’a pas tout simplement peur, désormais, quand il se tient là, si elle ne se demande pas si cela recommencera. Elle ne condamnera jamais ses semblables, cette pensée ne lui effleure même pas l’esprit, mais qu’elle ne puisse plus avoir confiance en lui serait un coup fatal, un top départ pour retourner se perdre dans les forêts du nord du pays. Alors il reste là, nerveux à essayer de trouver ce qu’il faut dire dans ces cas là, sauf que ça n’existe pas, ce cas là. -Je sais vraiment pas ce qu’il s’est passé, je peux juste te promettre que ça n’arrivera plus jamais. Surtout si elle décide que tu es trop dangereux, qu’elle ne parvient plus qu’à voir le fauve qui l’a attaqué. Il serre les dents, Jeremiah, prêt sans l’être à entendre ce qu’elle à a répondre, craint encore une fois de la perdre, cette fois-ci pour de bon. Il oublie l'inquiétude qu'elle a ressenti, s'imagine qu'elle n'était que temporaire et qu'elle finira peut-être par se rendre compte que la peur ne passe pas, malgré tout.
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❀ Gitane. Elle n'a toujours connu que ça. Élevée par sa tante autant que par sa mère et les autres habitants du camp, elle leurs doit tout et elle le sait bien.
❀ Maternelle. Elle a cette tendance à prendre tout le monde sous son aile. C'est comme ça qu'elle se retrouve avec l'apprentissage d'Anaïs à sa charge.
❀ Spirituelle. Elle respecte profondément la terre, à la fois mère de son don et outil, elle se sent mal si elle reste trop longtemps éloignée d'une zone de verdure.

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❀ Acrescence phytokinésique ❀ : Daphné à la capacité d'influer sur la croissance des végétaux, en insuflant une quantité de magie dans la plante, elle peut la faire pousser bien plus rapidement, stopper sa croissance (ou sa maturation dans le cadre d'un fruit ou d'une fleur), ou la ralentir. Elle peut ainsi faire pousser et maintenir en vie des essences qui n'aurait jamais pu s'épanouir sous le climat Louisianais.

❀ Communication avec la Terre ❀ : Daphné est capable, en se mettant en transe, d'obtenir des informations sur le lieu où elle se trouve, grâce à une forme de communication avec le sol.

❀ Vargamor ❀ : Elle est capable d'effectuer tous les rituels nécessaire au bon fonctionnement de la meute, de l'invocations des Munins, à la transmission du Loup durant la grossesse.

❀ Très douée pour les potions et les baumes de soins, elle possède aussi une vaste connaissance des rituels propre aux Comanches ayant effectué son apprentissage avec eux.

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Ven 2 Aoû - 16:32 (#)

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feat Jeremiah C. O'Connell
Mes pupilles se posent sur ses mains tandis qu’il s’assoit. Ses mains aux longs doigts, presque délicats, se crispent sur ses cuisses. J’en observe le tremblement infime. Seule preuve s’il en est de l’agitation qui s’empare de lui. Mon regard suit la forme de ses avants-bras et je me rends compte que c’est la première fois que je le vois bras nus. Sous l’ourlet de mes paupières mi-closes, mes yeux suivent le tracé des veines sur sa peau pale, découvrent les courbes de muscles que je n’avais qu’aperçu sous ses chemises. Ils poursuivent leur exploration, jusqu’au biceps, puis à l’épaule qui tend le tissu d’un t-shirt en coton légèrement usé. Ils cheminent encore, effleure la courbe de son cou, les tendons raides de stress qui s’y trouvent. Ils s’arrêtent quelques secondes sur la pomme d’Adam, qui tressaute quand il avale sa salive, avant de retourner s’attarder sur la naissance de la mâchoire. Une barbe en cours de repousse recouvre la tension qui l’anime cette mâchoire, et j’ai envie pendant quelques secondes d’y poser mes lèvres, d’en effacer la crispation d’un souffle léger. Pourtant, toujours perdue dans mes pensées, mes yeux continuent leur voyage et effleurent ses lèvres avec douceur, notant avec tristesse le pli amer qui les déforme légèrement. Ils caressent doucement les pommettes hautes, esquivent les yeux quelque temps, pour prendre le temps de remarquer le léger froncement des sourcils. Quand enfin, mon regard se décident, à nouveau, à croiser le sien, j’inspire profondément, heureuse d’y retrouver ce bleu qui berce mon enfance. Les paupières se ferment et l’impatience me gagne avant qu’elles ne s’ouvrent de nouveau pour apaiser une fois de plus la tourmente. Bleu. Pas Or. Mon regard file pourtant vers sa bouche quand celle-ci commence à s’agiter et je me rappelle soudainement que je possède des oreilles.

Dans un soupir fatigué, je secoue la tête. Toujours à me contredire, celui-là. Néanmoins, il accepte de répondre à mes inquiétudes et je penche la tête sur le côté pour l’écouter raconter. J’acquiesce doucement, avec un sourire. « Je suis contente que quelqu’un ait pris soin de toi, j’ose pas imaginer ce qui aurait pu se passer, s’ils t’avaient attrapé. » Un frisson de dégout secoue mon échine, j’ai pu échapper à la foule, massée à l’extérieur du périmètre de sécurité, grâce à Lexie, je ne sais pas comment elle a fait, mais elle nous a permis de nous enfuir et je lui en serais toujours reconnaissante. Le silence retombe, plaisant, apaisé et je soupire de nouveau, me blottissant dans mon fauteuil, mes pieds nus reposant sur l’osier. Pourtant, quand sa voix monte à nouveau, mon corps se tend. J’agrippe l’accoudoir sur lequel repose ma main, faisant craquer le bois et je relève la tête en lui jetant un regard noir. Non, je ne voulais pas en parler. Parce que je suis en colère, mais que c’est autant de ma faute que de la sienne. Pourtant, quand mes yeux croisent les siens, la souffrance et la culpabilité que j’y lis, tout comme le mouvement qu’il esquisse dans ma direction avant de s’arrêter, font fondre la colère. Je déglutis et laisse le silence retomber entre nous.

J’ai besoin de réfléchir, besoin de prendre le temps de trier mes ressentis. Alors, pour une fois, je le prends. Mes yeux se perdent dans la vie qui nous entoure, dans les coloris criards des roulottes et des tentures, dans les rires des enfants et le bruit lointain d’un marteau occupé à faire ce pour quoi il a été créer. Je tourne la tête, laisse mon regard se perdre dans mes plantations, dans les arbres robustes de la forêt qui jouxte le camp, j’en sentirais presque l’odeur d’humus. Odeur de vie, de renouveau. Qu’est-ce que je ressens ? Ai-je peur au point de souhaiter le voir sortir de ma vie ? Ai-je souffert au point que je sois prête à renoncer à lui ? N’ai-je pas, moi aussi, ma part de responsabilité dans cette histoire ? Ma voix résonne, absente tandis que je réfléchis à voix haute. « En même temps… J’t’ai un peu chercher… » Ma lèvre inférieure se coince entre mes dents tandis que je la malmène quelques secondes, avant de hausser les épaules. « Qui attrape un puma par la gueule ? » La question, rhétorique, ne sert qu’a enfoncé le clou de ma propre bêtise dans cette affaire. Je réponds à la question informulée, celle qu’il n’ose pas poser, celle qui traîne entre nous depuis son arrivée.

« Bien sûr que j’ai peur de toi. » Je ne lui mens pas. J’ai peur de lui, peur des yeux dorés qui risquent de me déchiqueter tant je suis prête à sacrifier pour lui. « J’ai peur de toi. » Mon regard cherche le sien et quand il le trouve, s’y accroche désespérément. Il n’y a pas de larmes dans ma voix, pas de colère, pas de tristesse. « J’ai peur, parce que je ne comprends pas. Je n’ai aucune information sur toi, sur vous. Je ne sais rien de ce qu’implique ta nature, ou si peu. » Je secoue la tête, les arbres appelant à nouveau mon regard. « Tout ce que je sais, c’est que tu n’es pas le seul coupable dans ça. » Je lève doucement les bras devant moi. « Ouais, t’as perdu le contrôle, bah moi aussi. » Ma voix, toujours rien de plus qu’un murmure craquelé ne porte pas loin, mais je sais qu’il m’entend. « Et bien sûr que tu veux me promettre que ça n’arrivera plus. Mais on sait tous les deux très bien que tu n’en sais rien. »

Je me redresse, l’osier craquant sous le mouvement, le fauteuil chuintant sur le sol. Ma carcasse épuisée, s’approche de Jeremiah et je me tiens devant lui, si près que je sens la chaleur de ses jambes contre les miennes. Si près que je peux me glisser entre elles, le forçant à reculer dans son siège, nos yeux presque à la même hauteur. Pour une fois. Je me penche, jusqu’à percevoir les paillettes dorées qui nagent toujours dans le bleu de ces yeux. « Mais tu sais quoi ? J’m’en fous. » Je hausse les épaules, reculant pour lui rendre son espace vital. « C’est un risque, mais un risque que j’accepte de prendre. » Je ne serais plus lâche. Je ne te laisse pas t’échapper cette fois-ci. Je n’arriverais pas à effacer l’appréhension qui noiera mes entrailles à chaque fois qu’il y aura plus d'or que de bleu dans ses yeux, je le sais. Pas tout de suite, pas avant un bon bout de temps. Mais j’accepte d’avancer avec cette peur-là. Je vacille légèrement devant lui, la brise poussant dans mon dos suffisamment fort pour mettre à mal mon équilibre précaire. J’en ai assez de vivre en cherchant à tout prix à me protéger de toi.
☾ anesidora
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Jeu 3 Oct - 14:52 (#)



FIX A MISTAKE
Il est difficile et pénible de démêler, de passer au crible, des erreurs totales, des moitiés et des quarts d'erreur, et de mettre ce qui s'y trouve de vrai à la place qui lui convient.
Sans même la regarder, Jeremiah devine la colère naissante qui s’empare de la jeune femme, sans voir le regard qu’elle lui adresse, plein d’un reproche silencieux, il sait parfaitement qu’il a éveillé avec quelques mots un brasier qu’il aurait peut-être dû laisser en sommeil. Les yeux fuient les siens, fouillent le camp, examinent roulottes et habitants des lieux plutôt que de chercher sur ses traits, ce qu’il peut bien se passer dans sa tête, à celle qu’il est venu voir. Il n’a pas de bonne réponse à donner, de bon comportement à adopter, il n’a rien que ses doutes pour le tourmenter, alors il tourne en rond sans se mouvoir, sans avoir à se lever de son assise, se pose encore et toujours les mêmes questions, soulève toujours les mêmes doutes. Le temps s’étire, lui paraît s’allonger pour le narguer alors qu’elle se perd dans une contemplation muette de cet endroit qu’ils ont si souvent parcouru ensemble. Torture invisible qui ne fait qu’ajouter à son stress, au métamorphe déjà trop nerveux pour son propre bien. Les minutes, longues, presque interminables, finissent par laisser place à une prise de parole qui ne lui est pas adressée et il ose enfin la regarder à nouveau, s’applique à ne pas laisser son attention glisser jusque ses bras pour y découvrir une fois de plus les bandages qui couvrent son méfait. Aucun soulagement ne vient ôter le poids sur sa conscience, quand elle prononce ce constat simple. Personne n’attraperait un puma par la gueule à moins de lui vouer une confiance aveugle, une confiance qu’il n’a pas mérité, lui prouvant à quel point elle avait eu tort quand ses griffes avaient percé sa chair. Il n’ajoute pas un mot, la laisse toute à son introspection évidente, patient.
Et une trop douloureuse vérité est lâchée, là, devant la roulotte qui n’est que trop familière pour cette situation inédite, dénote, donne un côté irréaliste à la scène. Il n’aurait peut-être pas dû venir, aurait dû lui laisser un peu plus de temps, probablement, pour qu’elle s’en remette, que lui aussi, apaise l’amertume qui revient sans cesse, rengaine qu’il n’arrive pas à effacer de son esprit.

Daphné a peur de lui. Et ces simples mots lui font bien plus mal que si elle lui avait demandé de partir, quand il a toqué, avant qu’il n’ait constaté le mal qu’il a pu faire.

Si ses émotions commencent à danser une valse incertaine, la phrase qu’elle prononce ensuite calme un tant soit peu la douleur que provoque cette déclaration qu’il n’attendait pas réellement. Ou tout du moins qu’il aurait cru moins posée, presque facile à dire et entendre. Même si une infime part de lui reste sceptique sur cette explication trop facile à ses yeux. Rien de plus normal que d’avoir peur de l’animal qui aurait pu lui ôter la vie, si un petit quelque chose qu’il ne saisit pas encore ne l’avait pas poussé à s’éloigner d’elle. Elle monologue et il écoute, auditeur incapable de mettre des mots sur ce qui cause tant de remue ménage, dans ce qu’il ressent. Il ne veut pas croire qu’il pourrait devenir encore une fois l’animal dénué de raison, une bête à part entière, Jeremiah tient bien trop à son humanité pour ça. Il risque bien plus, se force à oublier les sentences, les lois qui jamais ne font d’exception, dans ce clan qui l’a vu grandir. Pourtant il ne nie pas, il y a du vrai dans ce que raconte Daphné, après tout, bien obligé d’accepter les faits. C’est arrivé et il n’a rien pu y faire, pourquoi serait-ce différent, si la même chose se reproduisait.
L’osier craque et les pas lui indiquent qu’elle approche, perdu dans la contemplation d’un sol trop foulé au cours de la nuit, marqué des passages répétitifs des gitans venus prendre soin de la blessée. Il cesse son observation pour lever les yeux, fixer l’intrépide qui s’approche. Interdit il la laisse entrer dans son espace personnel, le briser sans qu’elle ne trahisse le moindre signe de gêne, quand de son côté, il s’affole silencieusement de la voir si proche, perd le fil de sa réflexion un instant. Reculant plus par réflexe qu’en y pensant il cherche un souffle coupé, laisse l’étonnement percer, se lire sur ses traits. Il perd contenance, chaque fois qu’elle est trop proche, s’emmêle dans des sentiments qui ne devraient plus être. Et le métamorphe voudrait parler, mais les mots se heurtent à la barrière infranchissable d’un soulagement immense quand le verdict tombe, cassant l’argumentaire qu’il aurait voulu avoir, s’évertuait à préparer pour lui assurer qu’il ne la blesserait plus.  L’incendie volontaire qu’elle a provoqué s’apaise quand elle se redresse, lui rend sa liberté de mouvement avant de briser le contact établi. Le premier de la journée, qui soit un choix de sa part.

C’est avec plus de facilité que toutes les fois précédentes qu’il va river ses yeux dans les siens, cherche la réponse approprié, la réaction à avoir. C’est pourtant son instinct qui prend la relève et lui apporte la solution, quand elle vacille, épuisée par la nuit. Il se relève souplement du siège au fond duquel il s’était réfugié pour offrir son bras à l’outre à l’équilibre incertain, sa seconde main dans son dos. Il ne réalise qu’après qu’il s’est remit dans l’embarras quand le bleu qu’il connaît si bien lui semble bien trop près et qu’il recule d’un petit pas, la mâchoire tendue.

-Tu devrais t’asseoir avant de me tomber dessus, je n’ai pas envie de devoir ajouter encore un pansement sur toi, tu vas finir par disparaître dessous. Si les propos sont légers sa voix manque encore d’enthousiasme alors qu’il darde un regard inquiet sur elle, hésite un court laps de temps et l’attire contre lui, l’entoure de ses bras dans une impérieuse étreinte, arrivant enfin à passer au-dessus de cet embarras qui ne devrait pas avoir lieu d’être. Pas entre eux, pas quand il aurait pu foirer et qu’il a le privilège de voir s’accorder une seconde chance. -Merci… De m’accepter après… ça. Et de ne pas avoir la même tendance que moi à fuir. Il ne veut pas gâcher une des relations qui a toujours été au centre de sa vie, ne peut plus se permettre des hésitations à son sujet. Il va devoir expliquer ce que les lettres ne disaient pas, les secrets de sa race, qu’il se sent enfin prêt à mettre entre les mains d’une personne extérieure au clan. Si elle veut comprendre, il lui donnera ce qu’elle veut, lui expliquera sa nature, ses instincts et ses faiblesses. Cette fois-ci, il n’éviterait pas les risques, il ne jouerait pas la sécurité. Comme une évidence, Daphné reprenait la place laissée vacante des années plus tôt, il baisserait les défenses dont il s’entourait depuis trop longtemps. L’enveloppant encore quelques secondes de ses bras il inspire, laisse son pouls trop rapide ralentir avant de la laisser filer, prendre un peu de distance avec elle, fermement résolu cette fois-ci à ne pas se laisser abattre par ses propres hésitations.  -Et bien sûr, si tu souhaite apprendre ce que c’est réellement qu’un métamorphe, c’est bien peu cher payé pour te voir rester dans mon paysage, je ne veux pas te perdre et je ferais le nécessaire pour, ça c’est une promesse que je peux faire et tenir. Il s’ouvre au jugement de celle qui ne le connaît que si peu, cet individu qui a pris la place du frêle gamin qu’il était.

Il cède sa place sur le siège au fond duquel il s’était réfugié, Jeremiah, l’incite doucement à prendre la place assise toute proche. Elle est encore faible, n’a pas vraiment eu le temps de se reposer, son interlocutrice. -Mais maintenant que j’ai compris que tu n’allais pas lâcher si facilement, il va falloir te rasseoir avant qu’un de tes voisins ne vienne pour t’engueuler ou m’engueuler, je suis sûr que tu devrais être allongée, ou en tout cas éviter de trop bouger et te reposer. Donc ne force pas. Puis si t’as besoin de quelque chose, je te dois bien ça, Daph’. Il a accompagné le mouvement de l’humaine, s’est accroupi en face d’elle tout en la dévisageant l’air toujours aussi soucieux, à une distance plus correcte que celle qu'elle lui avait imposé, cependant.
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When witches don't fight, we burn
Daphné G. Calabrezzi
Daphné G. Calabrezzi
When witches don't fight, we burn
"❀ I'VE GOT THICK SKIN ❀"

"Be nice with plants, in the end, they eat you"

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En un mot : Blossom.
Qui es-tu ? : ❀ Italienne naturalisée Américaine. Elle débarque sur le sol américain à 8 ans, accompagné de son jumeau et de sa mère.
❀ Gitane. Elle n'a toujours connu que ça. Élevée par sa tante autant que par sa mère et les autres habitants du camp, elle leurs doit tout et elle le sait bien.
❀ Maternelle. Elle a cette tendance à prendre tout le monde sous son aile. C'est comme ça qu'elle se retrouve avec l'apprentissage d'Anaïs à sa charge.
❀ Spirituelle. Elle respecte profondément la terre, à la fois mère de son don et outil, elle se sent mal si elle reste trop longtemps éloignée d'une zone de verdure.

"❀ AND AN ELASTIC HEART ❀"


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"When twins are separated, their spirits steal away to find the other."

Facultés : ❀ Chamane, magie rouge.
❀ Acrescence phytokinésique ❀ : Daphné à la capacité d'influer sur la croissance des végétaux, en insuflant une quantité de magie dans la plante, elle peut la faire pousser bien plus rapidement, stopper sa croissance (ou sa maturation dans le cadre d'un fruit ou d'une fleur), ou la ralentir. Elle peut ainsi faire pousser et maintenir en vie des essences qui n'aurait jamais pu s'épanouir sous le climat Louisianais.

❀ Communication avec la Terre ❀ : Daphné est capable, en se mettant en transe, d'obtenir des informations sur le lieu où elle se trouve, grâce à une forme de communication avec le sol.

❀ Vargamor ❀ : Elle est capable d'effectuer tous les rituels nécessaire au bon fonctionnement de la meute, de l'invocations des Munins, à la transmission du Loup durant la grossesse.

❀ Très douée pour les potions et les baumes de soins, elle possède aussi une vaste connaissance des rituels propre aux Comanches ayant effectué son apprentissage avec eux.

Thème : Elastic Heart - Sia
"❀ I'M LIKE A RUBBER BAND ❀"


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"Until you pull too hard."

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Jeu 10 Oct - 5:13 (#)

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Fix a Mistake
feat Jeremiah C. O'Connell
La chaleur diffuse du corps de Jeremiah contre le mien, ses cuisses qui effleurent les miennes, son regard sauvage quand il recule pour échapper à mon intrusion. Autant d’images et de sensations qui resteront gravée dans ma mémoire pour les siècles à venir. J’ai pris une décision aujourd’hui, est-elle intelligente ? Est-elle censée ? Je n’en sais rien et pour tout dire, je n’en ai rien à faire, parce que le monde tourne au creux de ses prunelles, qu’il flotte entre les éclats de bleu et d’or qui me font face et que rien ne pourra me faire reculer. Quand je flanche, que mon corps manque de me trahir, il se redresse souplement, comme le félin qu’il est et son bras se niche autour de ma taille, sa main à plat dans mon dos couvrant une surface bien plus grande que ce à quoi je m’attendais. La chaleur de cette paume au travers du tissu léger de ma blouse m’étonne, comme à chaque fois. Il a toujours l’air fiévreux, sa peau brûlante quand elle effleure la mienne. Je cligne plusieurs fois des yeux quand je prends conscience de la proximité de son visage, sa tête penchée en avant me noie dans le bleu de ses yeux et je retiens mon souffle en comptant ses cils, comme on tenterait de compter les étoiles.  

Sa silhouette recule légèrement, me rendant l’usage de mes poumons et je reste, là, un peu chancelante près de lui. L’esprit toujours embrumé par les effluves de son parfum et la chaleur de sa peau, les yeux toujours perdus quelque part entre le monde réel et l’azur de ses prunelles. Quand sa voix résonne, si proche et pourtant toujours trop loin, je redresse le menton en plissant un peu les yeux pour échapper à la lumière du jour qui brille derrière lui, m’empêchant d’apprécier les traits altiers de son visage. Je hoche la tête et m’apprête à répondre, acquiescer à sa demande, mais ses bras m’enlacent et je me retrouve plaqué contre son torse. Mon visage se niche contre lui, le palpitant qui s’agite dans sa cage thoracique résonnant contre mes tympans. Mes mains remontent, aussi bien que je le peux malgré les pansements et s’enroulent autour de sa taille, reposent lâchement contre ses hanches. J’inspire profondément, appuie plus fermement ma joue contre sa poitrine et me détends dans cette étreinte aussi surprenante que bienvenue. Sa voix résonne, ronfle et gronde sous mon oreille et je souris tendrement avant d’ouvrir la bouche à mon tour. “Faut bien qu’y’en ai un pour pas courir au premier obstacle... Je ne bouge pas, je serais toujours là. ” Elle se glisse à sa place, entre ses bras, à ses côtés, au centre de son existence. Comme un pull possédé depuis longtemps, l’étreinte de Jeremiah est rassurante, pleine d’une chaleur et d’une douceur connue qui fait affleurer quelques larmes que je retiens de mon mieux. Je suis à la maison. Pourtant, le voilà qui inspire et se recule, brisant la bulle apaisée qui nous entourait et je relève le menton pour planter mes yeux dans les siens avec un sourire attendri. J’essuie distraitement une larme qui a réussi à s’échapper et toussote pour évacuer le trop-plein d’émotion qui m’étreint. Je me dresse sur la pointe des pieds et pose un baiser maladroit contre la courbe de sa mâchoire, sa joue trop haute pour que je puisse l’atteindre. La sensation de sa peau contre la mienne, électrise mes lèvres et je les effleure en me laissant retomber sur la plante de mes pieds, soudain un peu mal à l’aise, face à ce geste que j’ai pourtant effectué des milliers de fois quand nous étions enfants. Et je le retrouve tellement l’enfant dont j’étais l’amie, dans cet homme presque inconnu qui me fait face.  

Ses mots me frappent avec force, appliquant un baume salvateur sur les plaies encore béantes qui défigurent mon corps et mon âme. Je hoche la tête avec emphase, mes dents maltraitant ma lèvre inférieure. “Je veux savoir, je veux tout savoir. Ce que tu es, ce que ça implique, qu’est-ce qui te différencie d’un garou par exemple ? Parle-moi de toi, parle-moi des tiens.” Elle s’arrête une seconde avant d’ajouter. “Si tu as des questions pour moi, je répondrais aussi bien sûr, c’est donnant-donnant.” Ma nature est presque aussi secrète que la sienne, les Outres n’ayant jamais ouvertement été dévoilées au grand public, la plupart des humains et des autres créatures surnaturelles n’ont absolument pas idée de ce que nous sommes, nous associant souvent à tort aux Arcanistes. Arcanistes qui, certes, ont souvent un rôle majeur dans la formation des outres, mais qui en sont si éloignés. J’obéis distraitement à son ordre informulé, m’asseyant dans la chaise qu’il m’indique. Quand elle craque sous mon poids et que je m’y niche, la fatigue s’abat sur moi avec la violence d’une chape de plomb et je retiens un bâillement. Je secoue la main en fronçant les sourcils. “Oui, oui, je devrais sûrement me reposer, mais quand est-ce que j’ai écouté les ordres du médecin ? Tu te rappelles quand j’ai été à l’école avec la grippe parce que je voulais pas te laisser tout seul ?” Un rire m’échappe au souvenir de la journée horrible que j’avais passé pour ne pas abandonner mon compagnon de toujours. Damian était resté couché, le lâche, et je m’étais battu bec et ongles contre Zia pour avoir le droit de prendre le chemin de l’école ce matin-là. Les yeux perdus dans le vague, ma main se décale pour reposer sur l’avant-bras de mon ami, cherchant constamment la chaleur et le contact de sa peau. Je fronce les sourcils, les questions revenant assaillir mon esprit. “Est-ce que ta peau est aussi chaude parce que t’es un métamorphe ? On dirait toujours que t’as un peu de fièvre... ” Ma bouche s’entrouvre en un “O” parfait quand la prochaine réalisation me frappe. “Oh ! Mais attends, ça veut dire que Lynn, et Archimède et tout le monde... Vous êtes tous comme ça ?” Je trépigne d’excitation et mes yeux se fixent dans ceux de mon meilleur ami. “Oh la la ! Je veux tout savoir ! Parle ! Vite !” Je mordille ma lèvre et lâche une nouvelle salve de question. “Ils se transforment en quoi eux ? Et Amaryllis ?! Et tes parents ? Et est-ce que tu peux te transformer en d’autres choses qu’un puma ?” Mes yeux brillent d’excitation à l’idée de découvrir tous ces secrets dont je ne sais que peu de chose, l’inquiétude laissant place à une curiosité brûlante. “Je sais quelques trucs parce qu’on a quelques métamorphe qui vivent sur le camp... Mais ils n'en parlent pas beaucoup.” Je serre doucement l’avant-bras musclé sur lequel repose ma main et je lui souris avant de baisser les yeux. “Pardon, j’m’emballe un peu... J’te laisse raconter.”  

Derrière son épaule, j’aperçois ma tante qui s’est arrêter, les mains sur les hanches, pour nous regarder de loin. Je secoue la tête imperceptiblement, exprimant à ma mère de substitution que je vais bien, qu’elle peut y aller et avec un dernier regard d’avertissement sur l’homme accroupi près de moi, elle s’éloigne, un sourire attendri étirant ses lèvres juste avant qu’elle ne me tourne complètement le dos. Zia s’inquiète parce que c’est ce qu’elle sait faire de mieux.  
☾ anesidora
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Mar 15 Oct - 17:41 (#)



FIX A MISTAKE
Il est difficile et pénible de démêler, de passer au crible, des erreurs totales, des moitiés et des quarts d'erreur, et de mettre ce qui s'y trouve de vrai à la place qui lui convient.
L’étreinte ne dure qu’un instant, quelques longues secondes bienfaitrices qui suffisent pourtant à désamorcer toute la tension qui s’est accumulée entre eux. L’instant pourrait durer, ils pourraient choisir de ne pas se séparer, là, devant la roulotte qui se fond parmi ses semblables dans ce camp, dans les rires qui semblent lointains au métamorphe, sourd aux sollicitations sensorielles dont regorge ce lieu. Il n’y a que ce petit corps contre le sien, ces cœurs qu’il entend battre, chacun à son rythme, les mots qu’elle vient prononcer contre lui, la voix toujours aussi cassée. Les lèvres de Daphné viennent trouver sa mâchoire, déposent un baiser qu’il n’attendait pas et il note une fois de plus la différence. Le gouffre qui s’est créé entre les enfants innocents qu’ils ont été et les adultes qu’ils sont. Il y a quelque chose dans ce simple geste qui tourmente une part de lui, chamboule une fois de plus ou de trop, ses émotions et ce qu’il pensait pourtant avoir sous contrôle. Ce désir qu’il ne nie plus, qu’il se contente d’ignorer, rengaine vieille de trop d’année. Jeremiah se perd un instant dans le bleu des yeux de son amie et c’est sa voix, qui vient le ramener à la réalité, ces questions, preuves de cette curiosité qui jamais n’a quittée l’Italienne. Elle cède enfin, consent à cesser de s’agiter, retrouvant enfin l’osier qui gémit quand elle prend place sur le fauteuil, semble prendre conscience de la fatigue qui l’assaille, après cette nuit cauchemardesque. Elle ne perd pas pour autant son aplomb, la blessée, vient rappeler à son esprit qu’elle n’a jamais vraiment écouté les conseils des médecins, comme cette fois, cette grippe qui ne l’avait pas empêché de le rejoindre pour passer la journée avec lui, assis l’un à côté de l’autre, comme toujours. Il se souvient également de l’avoir attrapée, sa grippe, d’avoir été malade pendant plusieurs jours ensuite, journées interminables passées dans son lit sous le regard attentif d’une mère protectrice. -Je me souviens de ça oui, Damian était pas là et toi tu étais arrivée, malade comme pas possible… T’avais refilé la grippe à pas mal d’élèves, dont moi, ça avait rendu dingue pas mal de parents, ma mère comprise. Il rit doucement, repense à la lionne qui s’exaspérait de voir son petit dernier cloué au lit, lui et son système trop faible, si faible que certains avaient pensé qu’il ne se transformerait pas, resterait humain.

Cette main qui vient trouver son avant-bras, il la couvre d’une des siennes, laisse un sourire amusé apparaître quand il est clair que les questions reviennent à la charge, nombreuses, variées, comme toujours. Il n’a pas que de bonnes vérités à dire, écoute néanmoins avec attention celle qui lui fait face. La main emprisonnée paraît presque froide, contre sa peau à la température naturellement trop élevée et il s’apprête à répondre quand une déferlante arrive, ne lui laisse que le temps d’enregistrer toutes les interrogations lancées, en attente de réponses. Et si la plupart lui semblent bien inoffensives, une retient son attention, affole quelque peu le chat qu’il est parfois, quand il vient la voir.
Le mouvement qu’elle fait, presque imperceptible, fait grandir la curiosité qui peut l’animer, lui donne envie de se retourner et pourtant il n’en fait rien, sait parfaitement qui se trouve là, à surveiller de loin son précieux trésor, sa petite fille. Zia veille et ne saurait pardonner à ceux qui blessent sa fille adoptive, elle qui a tant perdu, une sœur, un fils adoptif qu’elle a aimé comme s’il était le sien, il comprend, ce besoin qu’elle a, de garder un œil sur l’unique enfant qu’il lui reste.

Mais voilà que les éclats céruléens se braquent à nouveau sur lui, attendent des réponses que lui seul peut leur fournir, il trie, classe les questions posées, organise une réponse qui serait claire pour la jeune femme. Son regard parcourt les alentours, s’assure qu’aucune oreille indiscrète ne vient écouter ce qu’elle ne devrait pas entendre.
-Alors… pour commencer… Je dirais que ce qui différencie un métamorphe d’un garou, c’est qu’ils cohabitent avec la bête, nous sommes autant la bête que l’homme, une bête douée de raison, un humain doté d’un instinct animal… C’est un peu… compliqué, à expliquer avec des mots… Mais eux sont deux, à l’intérieur, nous… il n’y a que nous. Il sait, lui, ce que ça fait, sans pouvoir y apporter une définition qui serait totalement exacte, sa nature est si complexe et simple à la fois qu’il ne sait pas vraiment quoi ajouter, pour clarifier la chose, espère tout de même qu’elle comprendra, malgré l’explication bancale. -Et oui, les métamorphes ont tous une température un peu plus élevée que celle des humains, d’où l’impression de fièvre. Son pouce caresse doucement le dos de la main de Daphné sans qu’il y prête attention, concentré sur les questions auxquelles il doit répondre, peu certain de la marche à suivre, quand il abordera ses formes.


Mais pour le moment, il repousse l’échéance, s’attarde sur celles des autres, sur les identités qu’elle n’avait jamais aperçu, visages méconnus de cette famille qui l’entoure. Il revoit les chasses, la panthère qui roule dans la poudreuse, saute sur un puma ou une lionne, bouscule le roi des animaux et tente d’attraper leur cousin, joueuse. Tout cela lui manque, bien plus qu’il ne l’admet, Jeremiah, il a cette impression que quelque chose n’est pas complet, qu’il y a un espace inutilisé, dans sa vie, que sa sœur devrait s’empresser de venir combler avec sa présence, son air malicieux avant la catastrophe. -Bien sûr, tous sont comme moi, mes parents… ma sœur… Tobias que tu ne connais pas encore… Archimède et Ama’ aussi. Il songe, un instant, ne sait pas s’il peut se permettre de lui dévoiler autant, de ce monde qui l’accueille sans le savoir, et pourtant, il continue, les yeux dans les siens, calme face à ce qu’il lui révèle. -Mes parents sont des lions, tous les deux, ma sœur est une panthère des neiges, Archie est un hibou et Ama est une hyène, mais non, nous ne sommes pas cantonnés à nos formes originelles... Et c’est là que la difficulté vient, car il aurait presque préféré qu’elle le découvre au travers de ses lettres, désormais en sa possession. Le puma n’a pas envie de dévoiler ce secret, là, à l’oral, pour affronter à nouveau sa colère, après cette tempête qui s’apaise tout juste.

La salive est durement avalé, la gorge nouée, le stress de la déclaration montant. La bouche sèche il ne s’arrête pas, pourtant, malgré l’appréhension. -Pour… moi… j’ai en effet une autre forme, un peu moins… effrayante. Je me transforme en chat mais… quelque part, tu le sais déjà. Amener le sujet est difficile, une faute de plus à la liste déjà longue de celles qu’il a commises, il soupire, soulève la main qui retient captive celle de son interlocutrice, qu’elle soit libre de la retirer, après ce qu’il vient de déclarer. Il ne recule pas, cependant, reste là, devant elle, prêt à accueillir le courroux de celle qui le trouva un jour devant la tombe de son frère, petit félin gris s’étant perdu dans ce cimetière, guidé par le hasard. -Et si les métamorphes du clan n’en parlent que peu, c’est normal, nous sommes très bien, cachés derrière les garous. Il hausse les épaules, doucement, bien conscient qu’elle ne passera pas outre l’information lâchée, il est un chat, pas de détails apportés mais elle fera vite le rapprochement, bien qu’il ne soit pas pressé.
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When witches don't fight, we burn
Daphné G. Calabrezzi
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When witches don't fight, we burn
"❀ I'VE GOT THICK SKIN ❀"

"Be nice with plants, in the end, they eat you"

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En un mot : Blossom.
Qui es-tu ? : ❀ Italienne naturalisée Américaine. Elle débarque sur le sol américain à 8 ans, accompagné de son jumeau et de sa mère.
❀ Gitane. Elle n'a toujours connu que ça. Élevée par sa tante autant que par sa mère et les autres habitants du camp, elle leurs doit tout et elle le sait bien.
❀ Maternelle. Elle a cette tendance à prendre tout le monde sous son aile. C'est comme ça qu'elle se retrouve avec l'apprentissage d'Anaïs à sa charge.
❀ Spirituelle. Elle respecte profondément la terre, à la fois mère de son don et outil, elle se sent mal si elle reste trop longtemps éloignée d'une zone de verdure.

"❀ AND AN ELASTIC HEART ❀"


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"When twins are separated, their spirits steal away to find the other."

Facultés : ❀ Chamane, magie rouge.
❀ Acrescence phytokinésique ❀ : Daphné à la capacité d'influer sur la croissance des végétaux, en insuflant une quantité de magie dans la plante, elle peut la faire pousser bien plus rapidement, stopper sa croissance (ou sa maturation dans le cadre d'un fruit ou d'une fleur), ou la ralentir. Elle peut ainsi faire pousser et maintenir en vie des essences qui n'aurait jamais pu s'épanouir sous le climat Louisianais.

❀ Communication avec la Terre ❀ : Daphné est capable, en se mettant en transe, d'obtenir des informations sur le lieu où elle se trouve, grâce à une forme de communication avec le sol.

❀ Vargamor ❀ : Elle est capable d'effectuer tous les rituels nécessaire au bon fonctionnement de la meute, de l'invocations des Munins, à la transmission du Loup durant la grossesse.

❀ Très douée pour les potions et les baumes de soins, elle possède aussi une vaste connaissance des rituels propre aux Comanches ayant effectué son apprentissage avec eux.

Thème : Elastic Heart - Sia
"❀ I'M LIKE A RUBBER BAND ❀"


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Ven 6 Déc - 0:26 (#)

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Fix a Mistake
feat Jeremiah C. O'Connell
Ses yeux s’illuminent à l’évocation du souvenir et les mien dévorent ce visage adulte qui prend l’espace d’une seconde une expression si familière. Les quelques pattes d’oie qui s’étirent au coin de ses yeux, le ronronnement profond de son rire qui cascade comme une eau chaude sur ma peau, ses lèvres qui s’étirent, je prends tout, me gorge de cette image qui dessine un sourire sur le mien. D’un geste léger, je dépose ma paume sur son avant-bras, m’ancre au travers de la chaleur inhumaine de sa peau contre la mienne. Sans jamais le quitter des yeux, trop heureuse de l’avoir là, près de moi, avec cette vérité qu’il me sert sur un plateau d’argent. Toutes ces questions qui fourmillent dans mon crâne depuis la découverte de sa nature lors de cette soirée, je peux enfin les laisser s’échapper, sans avoir peur d’être indiscrète, d’être mal reçue. Mon regard dévie, seulement le temps de rassurer Zia, qui s’évanouit dans la vie qui bruisse autour de nous, si proche et pourtant si loin à cet instant. Mon monde se résume à la paume brûlante qui avale la mienne et aux deux prunelles céruléennes qui me fixe avec douceur. Ce regard avec lequel j’ai grandi, qui parfois se parent d’éclats dorés. Tandis qu’il prend le temps de formuler les réponses à mes questions, je suis le fil de cette relation éclatés qui nous lie. Je nous revois enfant, tous les trois, mes mains dans les leurs, toujours au milieu. Je revois son départ, les tas de papiers qui peuplaient mon bureau, qui conservaient ce lien rompu par la distance, puis leurs disparitions, la coupure nette, douloureuse. Les années de silence, affreusement froides puis son retour dans ma vie, silhouette démesurée qui se penchait sur la tombe de mon frère. Les larmes, les cris, l’incompréhension, l’abandon. Cette soirée, hors du temps, son regard éclairé par intermittences par les néons colorés de ce karaoké, les questions supplémentaires qu’avaient fait naître ce corps adulte, les choses dites à demi-mots au travers de chanson, la force de son bras contre mon dos. Noël, la violence de ses griffes dans ma chair, l’horreur de le voir disparaître dans cette nuit noire, la terreur de le voir faire une erreur, de le voir se mettre en danger et enfin, aujourd’hui. La douceur qui suinte de ses traits, la légère tension de ses doigts sur ma main, l’odeur de son parfum qui s’élève doucement jusqu’à mes narines, le son de sa voix qui efface les bruits ambiant du camp.

Alors j’écoute, avec attention, sans vraiment comprendre l’entièreté du mystère qu’il représente. J’écoute avec attention ce que je ressens de Jeremiah, la façon dont mon don semble parfaitement à son aise, complètement serein autour de lui, la façon dont il a tendance à se recroqueviller face aux quelques garous qui évoluent parmi les miens. C’est pour ça qu’en présence d’Enoch, je ressens cette même sensation d’apaisement, la nature de mon don semble apprécier le lien puissant qui unis les métamorphe à la terre. Je hoche la tête engrange l’information à voix haute. « Ok… C’est un peu flou, mais je pense comprendre. Les garous sont deux et vous n’êtes qu’un. » Je fronce le nez en réfléchissant, rangeant la question qui vient de naître dans mon esprit pour le laisser finir de s’exprimer. Et c’est avec un sourire que je baisse les yeux sur son pouce qui effleure distraitement le dos de ma main. Parce qu’il n’est pas conscient, le geste affectueux remue quelque chose dans les profondeurs de mon être et je me mordille la lèvre en hochant la tête pour faire bonne figure tandis que mon bras se couvre de chair de poule. « Aaaah… Tout s’explique… » Je donne le change, soudain obnubilé par la main qui recouvre la mienne, sa taille, la douceur de sa peau et surtout ce pouce qui va et vient de façon rythmique. Pourtant, mon nez se redresse quand il s’exprime sur sa famille et c’est les yeux écarquillés d’une curiosité sincère que je l’écoute me parler de cette famille qui a été la mienne, au moins un peu, pendant près de six ans. Les visages défilent dans ma mémoire, les grands yeux bleus de Lynn et ses sourires, seule personne à avoir su me rassurer sur ma taille ridicule, elle aussi était petite, pourtant personne n’osait jamais lui tenir tête. Je revois les sourires timides d’Archimède et sa grande carcasse, qui me saluait toujours de loin quand Amaryllis rejoignait nos parties de jeux, sa petite sœur, constamment en mouvement, avec ses lourdes boucles brunes. Je revois les visages paisibles des parents qui s’attardaient parfois pour prendre un thé avec Zia, la voix puissante d’Eva et la façon dont tous lui obéissaient sans de poser de question, la présence impressionnante d’Henri qui n’avait que rarement le temps de venir, mais qui m’avais une fois soulevée du haut de ses grands bras pour m’installer sur ses épaules. Panthère des neiges, Hibou, Hyène, Lion et Lionne. Leurs animaux leur correspondent tellement que je lâche un rire sonore en imaginant Lynn et Archie. « Oh mon dieu… Lynn a dû se moquer d’Archie sans arrêt, non ? C’est pas comme si elle était tendre avec lui de base… » Dans un sourire, j’imagine la petite Amaryllis et ses grands yeux chocolat prendre sa forme animale. « Ama’ doit être impressionnante, j’adorerais la voir comme ça... » Mes yeux se perdent dans le vide, questionnant l’espace d’un instant la forme que j’aurais eu si j’étais née comme Jeremiah, quel animal aurais-je été ? Un herbivore probablement.

C’est la tension que je perçois, à la fois dans sa main et dans sa voix, qui me ramène à la réalité, je penche doucement la tête sur le côté et l’écoute avec attention. À nouveau, ma bouche s’arrondit sous la surprise tandis que les signes me parviennent tous en retard. Gribouille. La façon dont il traînait toujours autour de la tombe de Damian, ses yeux verts bien trop intelligent, l’entêtement qu’il avait à toujours s’installer sur mes genoux les soirs où je n’allais pas bien, ses miaulements capricieux. Je fronce les sourcils, ouvre et ferme plusieurs fois la bouche, ne sachant pas exactement comment prendre l’information. À cheval entre la colère brute, il m’avait caché pendant des mois sa présence en ville, et la gêne, il avait dormi dans mon lit, avait écouter mes confessions. Trop fatiguée pour réagir avec la force que j’aurais eu en temps normal, je rattrape sa main avec une grimace de douleur et la pose de force sur la mienne, une expression sévère sur le visage. « Un chat hein. Un chat gris, je suppose ? Avec des yeux très vert et un miaulement insupportable, non ? » Je me frotte le front du bout des doigts en poussant un énorme soupir. « J’hésite franchement entre t’en coller une, pour ne pas t’être montré avant et pour m’avoir menti pendant des mois. Et aller m’enterrer dans un trou pour ne plus jamais en sortir. Parce que je m’en suis pas rendu compte d’un et de deux parce que j’t’ai laissé trainer dans ma roulotte. T’as joué avec une de mes chaussettes ! T’as dormi sur mon lit ! … » Je m’arrête et ouvre la bouche l’air horrifiée, avant d’assener une tape sèche sur son biceps. « TU M’AS VU ME CHANGER ! » Je cache mon visage entre mes paumes ignorant la douleur et marmonne depuis ma cachette. « J’le crois pas. Comment j’ai pas pu m’rendre compte que c’était pas une bestiole normale, j’aurais dû sentir un truc au moins, cazzo. » J’écarte les doigts pour croiser son regard avant d’exploser d’un rire à demi-hystérique devant l’expression outragée qui s’étalent sur ses traits. « Je t’ai donné des croquettes… » Les larmes me montent aux yeux, mélange doux-amer d’hilarité, d’épuisement et de soulagement.

Entre deux éclats de rire, je me laisse glisser au bord du fauteuil et enroule mes bras autour de sa nuque, avant de me laisser tomber en avant contre lui. Je niche mon visage dans son cou, toujours secouée par mon fou rire. « Des croquettes… » Je laisse mon rire s’évanouir et en reniflant un peu, je tourne la tête pour m’approcher de son oreille. « J’te pardonne, mais c’est uniquement parce que ma vie sans ta tronche d’imbécile est vachement moins bien. » Sans réfléchir, j’appose mes lèvres en un baiser humide juste sous son oreille avant de me redresser tant bien que mal, pour retomber profondément dans mon rocking-chair. Je frotte mes joues contre mes épaules pour effacer l’humidité qui s’y attarde avant de pousser un profond soupir. « Des putains de croquettes. » Un dernier hoquet secoue mon corps et je me reprends totalement avant de reposer mes yeux sur lui et de poser la question à mille points. « Pourquoi tu m’as rien dit ? » Mon ton n’est pas agressif, simplement curieux, j’ai juste besoin de savoir. « Pour ta nature, quand t’étais petit et pour ce que tu étais quand tu m’as retrouvé ? »

☾ anesidora
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