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Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey

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Hercule le tank estonien : le respect, pourquoi faire ?
Serguey Diatlov
Serguey Diatlov
Hercule le tank estonien : le respect, pourquoi faire ?
THIS WAR OF MINE

En un mot : Guerrier brisé, arcaniste défectueux, amant esseulé.
Qui es-tu ? : • Né en Estonie, le quadragénaire a été naturalisé américain en 2011 pour services rendus à la nation.
• Ancien tireur d'élite, il est vétéran de la guerre du Kosovo. Il a également participé à la Seconde Guerre du Golfe, mais rapatrié d'Irak suite à l'attaque et à la destruction de sa base militaire.
• Issu d'une famille de vaudouisants depuis plusieurs générations, ses pouvoirs se sont éteints depuis la guerre où il a failli perdre la vie. Sa magie est dormante depuis, et il cherche à s'y reconnecter.
• Tête brûlée, il a un tempérament excessif : il boit trop, aime séduire, rit fort, provoque.
• Sportif, il se défoule par la pratique d'activités physiques, en se bagarrant dans les bars ou au Mad Dog où on l'affuble du surnom de Golgoth.
• Ancien amant d'Aliénor Bellovaque, il vit très mal leur rupture depuis la révélation du putsch du motel Lucky Star, où a été perpétré le massacre d'arcanistes. (Juillet 2020)
• La séparation avec la vampire a également eu d'autres conséquences : en plus de son absence, il souffre encore du manque de ses morsures, comme un camé privé de l'objet de son addiction.
• Après sa démission en tant que chef de la sécurité aéroportuaire suivie d'une brève descente aux enfers, il doit son salut et sa reconversion professionnelle à Jake Hamilton, pour qui il est devenu agent de protection rapprochée (et partenaire de paintball préféré). (Septembre 2020)
• Amoureux des hérissons, il en possède un qu'il honore régulièrement sur Instagram, un cadeau d'Aliénor : Krissu.
• Loyal et serviable, il est un ami solide sur lequel on peut compter, même pour se sortir des situations les plus désespérées. Amant attentionné, il sait se montrer aussi tendre que passionné au creux de l'intimité, comme s'il s'agissait là des rares moments où il renouait avec sa magie rouge endormie.
Facultés : • Sa gueule carrée, sa stature imposante et sa hauteur avoisinant les deux mètres rendent sa silhouette intimidante, parfois même sans qu'il n'ait à lever le poing.
• Excessif et robuste, il gagne souvent à la bagarre et aux concours de beuverie.
• Bavard, il n'a ni le sens de la diplomatie, ni celui du politiquement correct, et a tendance à choquer par un phrasé cru ou par un humour pas toujours très conventionnel.
• Ancien soldat, il bénéficie d'une très bonne condition physique, même si l'âge comme ses excès finiront par le rattraper. Il manie très bien les armes à feu, et n'hésitera pas non plus à utiliser toute arme contondante, s'il s'agit de défendre un proche ou de sauver la veuve ou l'orphelin.
• Il parle couramment anglais, russe et estonien, même s'il n'utilise ce dernier qu'avec sa petite sœur, restée à Tallinn, avec laquelle il entretient une relation épistolaire.

Thème : Hooverphonic • Mad About You
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I belong to nothing, when you don't belong to me

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Pseudo : Tank.
Célébrité : Johann Urb.
Double compte : L'autiste caractérisé Yago Mustafaï.
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Date d'inscription : 02/08/2018
Crédits : Nero (avatar) ; Lilie (code signature)
Sam 16 Avr - 15:17 (#)

IN WINTER WE BLOOM

Mars 2021.

La clope au bec, la vitre côté conducteur baissée, il l'attendait. Ses doigts pianotaient à un rythme régulier contre le volant, tandis que l'habitacle s'emplissait peu à peu des odeurs si caractéristiques du camp. S'il avait déjà pris plaisir à errer parmi les caravanes et à échanger avec certains de ses habitants, en cette fin d'après-midi, il n'était pas certain d'être humeur à tailler le bout de gras avec la communauté gitane. Derrière sa mine renfrognée et peu affable, c'était cette éternelle peur du rejet et ce sentiment de non-appartenance qui se terrait, enraciné par un nombre trop important d'années à se persuader que tout cela n'en valait plus la peine. Qu'il était exclu de cet univers pour de bon, incapable de dénicher le chemin du retour, et de se reconnecter à ce qui, pourtant, se contentait de sommeiller au fond de lui. Mais l'Estonien était têtu, et pour l'heure, il se braquait à patienter dans sa voiture, suffisamment éloigné des premières caravanes pour que personne n'ait l'idée de venir l'importuner. La fumée qu'il recrachait s'épaississait, au fur et à mesure de ses ruminations silencieuses.

Il avait finalement cédé après quelques minutes et envoyé un sms laconique à Anaïs, qu'il croyait avoir aperçue parmi un groupe de jeunes de son âge, de l'autre côté du campement.
« J'suis là, gamine, j'suis garé au bout du chemin terreux. Remets tes chaussures et on s'tire. »
Même si pour l'heure, sa patience paraissait s'effriter, il aimait en réalité ces petits moments passés avec cette môme que Zach avait prise sous son aile, et cela ne le rebutait nullement d'effectuer régulièrement le trajet entre Mansfield et Mooringsport pour lui faciliter ses allées et venues. Et puis, même s'il ne l'avouerait probablement jamais, cela lui tenait à cœur de contribuer à son apprentissage des arcanes à sa manière, même si cela se limitait à lui servir de chauffeur un week-end sur deux. Ainsi, il avait l'impression de participer à sa montée en compétences, à sa découverte du monde de la magie, à son éveil en pleine nature.
Il aurait pu l'envier, peut-être. Mais il n'était pas fait de ce bois-là, Serguey Diatlov. Il ressentait simplement du bonheur pour elle, ainsi que de la satisfaction de la savoir en sécurité, tant qu'elle était à ses côtés dans la voiture. S'il avait eu une fille, il aurait probablement agi de même et l'aurait accompagnée, plutôt que de la laisser prendre le bus avec tous ces inconnus à la pudeur douteuse.

Un sourire amer transperce son visage.
Comme il s'y attendait : son téléphone ne vibre pas d'un message de retour. Anaïs, probablement trop occupée à échanger avec ses nouveaux camarades, n'avait pas remarqué la notification.
Ou peut-être ne s'encombrait-elle pas d'embarquer son portable lorsqu'elle rejoignait Daphné, aux abords de Mooringsport ? Trop souvent, il pensait davantage comme un homme, avec ses vices et ses travers, que comme un arcaniste accompli.
Une courte hésitation, tandis qu'il s'obstine encore à contempler l'écran noir de son propre appareil.
Et puis, sur ce qui s'apparente à un coup de tête, il l'abandonne sur le tableau de bord, écrase son mégot dans le boîtier destiné à cet effet et sort de la voiture, dans un bruyant claquement de portière.
Par chance, il avait enfilé des rangers. Juste au cas où. Eoghan serait fier de lui.

A grandes enjambées, il réduit rapidement la distance qui le sépare encore du camp gitan et cherche des yeux l'outre, dévisage les membres réunis à la recherche de la chevelure rousse si caractéristique. Mais le temps qu'il rallie le lieu de rencontre, elle s'était probablement éloignée avec ses semblables. Et même s'il n'aspirait qu'à retrouver la solitude de son appartement, il s'en voudrait de l'arracher à ce moment d'insouciance et d'allégresse, dont elle avait si souvent été privée au cours de son existence. Il décide donc, dans un soupir vaincu, de ne pas s'acharner à la chercher frénétiquement, et de patienter tranquillement sans l'amputer de ces précieux instants. Après tout, elle finirait bien par resurgir et puis, il serait de mauvaise foi d'affirmer qu'il était pressé.

Son regard épouse de nouveau les personnes qui s'agitent au cœur du campement ou, au contraire, qui stagnent à un endroit précis, absorbées par leur activité. Du haut de son immense carrure, ses visites au camp gitan font partie des moments où il se sent foncièrement de trop, maladroit et inadapté au monde qui pourtant l'intrigue et le fascine. Brute épaisse parmi cet univers tissé de mystères et de subtilités.
Avec un air faussement détaché, il finit malgré lui par tourner la tête pour suivre les animations de la communauté. Appuyé contre l'une des caravanes, les manches de sa chemise bleue retroussées, il observe, les avant-bras croisés sur sa poitrine. Sans oser interférer ou même participer à tout ce que ses yeux saisissent, il se contente de s'emplir la tête de toutes ces odeurs, de ces effluves et de ces bruissements de conversations qu'il capte au gré des déplacements. Certains le reconnaissent, il les salue poliment d'un hochement de tête. Une vieille dame, aux rides profonds, lui murmure des paroles dans une langue qu'il ne comprend pas en passant devant lui. Ce qu'elle fume dans une pipe en bois s'échappe de ses narines et dégage une odeur puissante et amère. L'Estonien s'efforce toutefois de ne pas froncer le nez, respectueux de ses aînés malgré son inconfort évident. Le sourire légèrement gêné qu'il rend à la vieille femme paraît amuser cette dernière, qui finit par lui montrer d'un geste la minuscule silhouette de la chamane, à une vingtaine de mètres de là où il se tient.
Comme si elle avait pressenti que quelque chose devait naître de cet échange, en ce jour d'apparence banal.

Le colosse porte la main à son cœur pour remercier la dame âgée. Un échange sans parole. Il n'en a pas l'habitude, lui qui se cache si régulièrement derrière l'humour ou un verbe haut. Pour oublier le silence intérieur. Il secoue vaguement la tête, atterré. Ici, il y avait peu de chance de se laisser happer par le silence, tout fourmillait de vie et d'initiatives. Même s'il n'appartiendrait jamais à une telle communauté, il se sentait étonnamment proche d'eux. Un chaleureux réconfort se dégageait de leur existence humble et dépourvue d'artifice.

Après un dernier coup d’œil à l'attroupement au centre du campement, qui rassemblait plusieurs générations et canalisait la plupart des activités en cours, il se détache finalement de sa posture immobile pour rejoindre la chamane. Si son faciès trahit encore son humeur maussade des précédents instants, un faible sourire ride toutefois le coin de ses lèvres lorsqu'elle lève ses yeux vers lui. Même s'il se limitait toujours à des échanges brefs avec elle, il avait toujours apprécié sa compagnie. Elle était d'une beauté sauvage, porteuse d'une lumière intérieure dont elle irradiait et éclaboussait les alentours, comme si elle possédait le pouvoir de redonner vie à toute nature mortifère qui l'entourerait.
Si seulement tes fleurs pouvaient envahir mon cimetière intérieur.
« Bonjour, Daphné. »
Sa voix grave la salue, tout comme sa large pogne qu'il pose un court instant sur l'épaule féminine.
« J'viens chercher la petite, mais j'suppose qu'elle s'amuse avec les autres, alors je patiente tranquillement, tu vois. Faut pas leur arracher ce genre de moments, pas vrai ? Elle est encore si jeune. »
Il verbalise l'évidence, peut-être pour lui faire la conversation, ou pour éviter la véritable question qu'il souhaite lui poser, à savoir ce qui se trame dans le campement. Oser demander s'il pouvait visiter sa caravane. Se faire tirer les cartes. Se mêler au groupe, pour de vrai. Tout ce qu'il n'aurait pas l'audace de formuler. A la place, il se contente de déjà se soustraire, même si son regard oscille immanquablement entre Daphné et l'attroupement derrière elle.
« T'as l'air occupée alors j'vais pas te tenir le crachoir, j'vais me poser sur une souche et attendre, j'voudrais pas interférer. »
Juste regarder. Et apprendre.

(c) AMIANTE

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When witches don't fight, we burn
Daphné G. Calabrezzi
Daphné G. Calabrezzi
When witches don't fight, we burn
"❀ I'VE GOT THICK SKIN ❀"

"Be nice with plants, in the end, they eat you"

Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey Z58WISI Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey DJvbXfY Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey LKwrOxC

En un mot : Blossom.
Qui es-tu ? : ❀ Italienne naturalisée Américaine. Elle débarque sur le sol américain à 8 ans, accompagné de son jumeau et de sa mère.
❀ Gitane. Elle n'a toujours connu que ça. Élevée par sa tante autant que par sa mère et les autres habitants du camp, elle leurs doit tout et elle le sait bien.
❀ Maternelle. Elle a cette tendance à prendre tout le monde sous son aile. C'est comme ça qu'elle se retrouve avec l'apprentissage d'Anaïs à sa charge.
❀ Spirituelle. Elle respecte profondément la terre, à la fois mère de son don et outil, elle se sent mal si elle reste trop longtemps éloignée d'une zone de verdure.

"❀ AND AN ELASTIC HEART ❀"


Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey OtKezjM Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey UC3L3ii Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey Y4uiaVX

"When twins are separated, their spirits steal away to find the other."

Facultés : ❀ Chamane, magie rouge.
❀ Acrescence phytokinésique ❀ : Daphné à la capacité d'influer sur la croissance des végétaux, en insuflant une quantité de magie dans la plante, elle peut la faire pousser bien plus rapidement, stopper sa croissance (ou sa maturation dans le cadre d'un fruit ou d'une fleur), ou la ralentir. Elle peut ainsi faire pousser et maintenir en vie des essences qui n'aurait jamais pu s'épanouir sous le climat Louisianais.

❀ Communication avec la Terre ❀ : Daphné est capable, en se mettant en transe, d'obtenir des informations sur le lieu où elle se trouve, grâce à une forme de communication avec le sol.

❀ Vargamor ❀ : Elle est capable d'effectuer tous les rituels nécessaire au bon fonctionnement de la meute, de l'invocations des Munins, à la transmission du Loup durant la grossesse.

❀ Très douée pour les potions et les baumes de soins, elle possède aussi une vaste connaissance des rituels propre aux Comanches ayant effectué son apprentissage avec eux.

Thème : Elastic Heart - Sia
"❀ I'M LIKE A RUBBER BAND ❀"


Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey 1m6nZmN Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey QAzD2PO Cendres & Coquelicots • Daphné & Serguey U2AoZ4H

"Until you pull too hard."

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Sam 16 Avr - 20:20 (#)


( Cendres & Coquelicots)


21 Mars 2021


« Oui, oui, vas-y, file, ils t’attendent ! Je finirai de ranger ne t’en fais pas. » Elle sourit tendrement en observant l’adolescente s’échapper en trottinant pour rejoindre le groupe qui l’attend un peu plus loin. Elle leur adresse un signe de la main et un hochement de tête avant de les suivre des yeux, une main venant protéger la pâleur de son regard des assauts du soleil. Son apprentie réapprend petit à petit à profiter des choses simples de son âge. La vision du soleil qui transforme ses cheveux en un halo de feu autour de son visage souriant rempli le cœur de Daphné d’une joie simple et pure. Le vent lui apporte le bruissement des feuilles et l’odeur délicieuse des bourgeons en pleine éclosion. Le printemps est arrivé et avec lui une sublime énergie qui semble vibrer du creux de la terre jusqu’au plus profond de ses os. Ce soir, ils fêteront l’équinoxe. Une profonde inspiration pousse ses poumons à s’étendre, l’emplissant des senteurs du camp. Quelque part, quelqu’un prépare les petits pains fourrés qui seront partagés autour du feu, du coin de l’œil elle aperçoit un groupe d’enfant qui transporte les fils colorés servant à tresser les bracelets au creux desquels viendront se nicher les vœux pour la nouvelle année, les souhaits pour le futur. Ils doivent probablement se rendre à la caravane de Leandra, qui a décidé de se charger de leur apprendre cette année.

Elle s’élance quand l’un d’entre eux trébuche et lâche son léger fardeau avec un cri de surprise. Ses pieds, nus comme toujours, s’enfoncent dans la terre, encore humide de la pluie de la veille, et elle dérape légèrement en s’arrêtant près du petit attroupement. Un gémissement plaintif s’échappe de la bouche de la gamine, qui serre entre ses petites mains son genou égratigné par une pierre. « Mooh, tout va bien, carina. » D’une main délicate, elle repousse les mèches qui viennent s’accrocher aux joues, déjà humides de larmes, de la petite. Elle glisse la main dans la sacoche qui repose toujours sur sa hanche, tâtonnant jusqu’à trouver les herbes dont elle a besoin. Elle sourit à la petite. « Tu veux voir un tour de magie ? » La petite hoche la tête avec véhémence, les yeux soudainement écarquillés d’intérêt et la bouche ouverte en un petit O plein de question. La chamane frotte entre ses paumes les herbes fraiches, en extrayant la sève. Un petit poignard rituel lui permet d’inciser légèrement la peau entre son index et son majeur laissant jaillir une goutte de son sang, qu’elle mélange à la pâte qui se trouve au creux de sa paume. « Prête ? » Le hochement de tête de la petite lui répond et d’un geste délicat, elle pose sa main sur le genoux abîmé, appliquant le cataplasme contre la plaie, soufflant quelques mots comanche avant d’envoyer son pouvoir courir sur la peau de la gosse. L’énergie roule autour d’elles et quand elle lève sa main, et frotte du bout des doigts pour retirer la pâte qui recouvre désormais une peau exempte de toute blessure, une vague rougeur marquant l’endroit où le sang coulait quelques instants plus tôt. « Tadaaah ! » Le rire de la petite jaillit autour d’eux comme un courant d’eau fraîche et Daphné ramasse le paquet de fils et de perles que portait la petite avant de le lui rendre en souriant. « Filez vite, avant que Leandra ne vienne vous chercher. Hop, hop, on s’active ! » Les mercis et les rires qui s’échappent du petit groupe lui font légèrement secouer la tête tandis qu’elle reprend sa marche vers le centre du camp.

L’immense bûcher est en pleine préparation pour les festivités et elle retrouve Joseph, le chef du camp, le Roi des Gitans, près du lieu où la célébration aura lieu d’ici quelques heures. « Je vois que ça avance bien. » Elle incline légèrement la tête à l’intention de l’homme, âgé d’une soixantaine d’années qui observe son peuple s’affairer. « Oui, ils font du bon boulot. Tu es prête pour ce soir ? » Elle hoche la tête en silence, observant avec attention le placement des bûches, et les femmes qui tressent des figurines en osier pour ajouter au bûcher. « Oui, ça devrait aller. Je me suis bien reposée et j’ai médité avec Anaïs, aujourd’hui. Le rituel se passera bien. » « Comment va-t-elle ? » « Mieux… Même si elle est inquiète. » Depuis 2019, un reste d’inquiétude plane sur la préparation menant à chaque acte magique. Et si, comme lors de la célébration de la Samain quelque chose d’horrible venait à naître ? Et si, lors des célébrations quelque chose venait s’emparer de la vie des participants à nouveaux ? Un frisson secoue le dos de Daphné avant qu’elle ne tourne la tête légèrement, apercevant au loin la large silhouette de Serguey. L’estonien domine la foule d’une bonne tête et un rire lui échappe en le voyant s’approcher.

Une large main se pose doucement sur son épaule et elle l’effleure de la sienne avant de lui répondre. « Serguey. » Son sourire est plein d’affection quand elle se tourne vers lui. Il y a quelque chose de profondément attrayant chez cette immense masse de muscle. Elle le croise régulièrement depuis qu’il a pris en charge la majorité des trajets d’Anaïs et il est toujours agréable. Son sens de l’humour, loin d’être léger, réussit toujours à lui tirer un sourire à son plus grand dam. Et elle ne peut ignorer la tendresse qu’il porte à la gamine qu’ils ont décidé d’élever tous ensemble. It takes a village. Comme ils disent. Son sourire ne fait que s’agrandir quand il explique les raisons de sa présence et son appréciation pour le gentil géant ne fais que se renforcer davantage. « Tu as bien raison, elle a bien travaillé aujourd’hui et elle mérite clairement de profiter un peu de la légèreté dont elle a été privée. » Son regard se voile quelques secondes en repensant aux états dans lesquels elle a été obligée de récupérer l’adolescente que ce soit à son arrivée à Shreveport, ou suite à cette terrible nuit d’Halloween. Anaïs à trop vécu, trop souffert, trop pris sur elle, il est temps que la gamine ait enfin une vie normale, qu’elle puisse courir la campagne et rire à gorge déployée sans craindre que le monde ne s’effondre autour d’elle.

Elle revient à la situation présente quand Serguey s’exprime à nouveau et c’est dans un nouveau sourire qu’elle lui répond. « Reste là, ça ne me gêne pas, mais si tu tiens à aller t’asseoir, j’te préviens qu’elles vont tenter de t’apprendre à tresser l’osier. » Un rire lui échappe quand elle lui indique le groupe d’anciennes qui piaillent à toute allure leurs doigts, tordus pas l’arthrose, pliant et soumettant les brins d’osier à leur bon vouloir. « Elles préparent les silhouettes qui seront brûlées durant les festivités ce soir. » Elle indique le bûcher d’un hochement de tête. « Chez nous, l’équinoxe de printemps à presque autant d’importance que la Samain, tous les ans, on se retrouve autour d’un immense feu, on partage le pain, on tisse des bracelets et on brûle les effigies pour réaliser nos souhaits. » Elle attrape entre son pouce et son index une aigrette de pissenlit s’étant accrochés au coton de la chemise de l’Estonien. « Tout à l’heure, je me chargerais de couvrir l’arche que tu vois là-bas de plante. Et après, on danse ! » Elle attrape le bras de Serguey, enserrant son avant-bras de sa petite main. « Viens, je vais te montrer. » Elle l’entraîne à sa suite, le guidant entre les membres du clan, s’arrêtant quelques secondes pour saluer certains d’entre eux et présenter rapidement le géant qui, malgré toutes ses tentatives pour se faire discret, détonne au sein d’un groupe où tous son familier les uns des autres. Ils arrivent près de l’arche de bois. « Si tu veux filer un coup de main, je pense que tu seras utile ici, t’es pas obligé, mais on manque un peu de grand gaillard et il faut s’assurer que le bois soit bien sécurisé sur la partie haute. » Elle lui indique du doigt les endroits où de la ficelle attache entre eux les branches tordues pour former une arche arrondie. Largement hors de sa portée maintenant que la structure est debout. « Il faudrait renforcer les attaches, j’aimerais mieux que ça se casse pas la gueule sur moi. » Un rire lui échappe. « Normalement, j’aurais demandé à Enoch, mais il est parti faire quelques courses en ville. »




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• Ancien tireur d'élite, il est vétéran de la guerre du Kosovo. Il a également participé à la Seconde Guerre du Golfe, mais rapatrié d'Irak suite à l'attaque et à la destruction de sa base militaire.
• Issu d'une famille de vaudouisants depuis plusieurs générations, ses pouvoirs se sont éteints depuis la guerre où il a failli perdre la vie. Sa magie est dormante depuis, et il cherche à s'y reconnecter.
• Tête brûlée, il a un tempérament excessif : il boit trop, aime séduire, rit fort, provoque.
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• La séparation avec la vampire a également eu d'autres conséquences : en plus de son absence, il souffre encore du manque de ses morsures, comme un camé privé de l'objet de son addiction.
• Après sa démission en tant que chef de la sécurité aéroportuaire suivie d'une brève descente aux enfers, il doit son salut et sa reconversion professionnelle à Jake Hamilton, pour qui il est devenu agent de protection rapprochée (et partenaire de paintball préféré). (Septembre 2020)
• Amoureux des hérissons, il en possède un qu'il honore régulièrement sur Instagram, un cadeau d'Aliénor : Krissu.
• Loyal et serviable, il est un ami solide sur lequel on peut compter, même pour se sortir des situations les plus désespérées. Amant attentionné, il sait se montrer aussi tendre que passionné au creux de l'intimité, comme s'il s'agissait là des rares moments où il renouait avec sa magie rouge endormie.
Facultés : • Sa gueule carrée, sa stature imposante et sa hauteur avoisinant les deux mètres rendent sa silhouette intimidante, parfois même sans qu'il n'ait à lever le poing.
• Excessif et robuste, il gagne souvent à la bagarre et aux concours de beuverie.
• Bavard, il n'a ni le sens de la diplomatie, ni celui du politiquement correct, et a tendance à choquer par un phrasé cru ou par un humour pas toujours très conventionnel.
• Ancien soldat, il bénéficie d'une très bonne condition physique, même si l'âge comme ses excès finiront par le rattraper. Il manie très bien les armes à feu, et n'hésitera pas non plus à utiliser toute arme contondante, s'il s'agit de défendre un proche ou de sauver la veuve ou l'orphelin.
• Il parle couramment anglais, russe et estonien, même s'il n'utilise ce dernier qu'avec sa petite sœur, restée à Tallinn, avec laquelle il entretient une relation épistolaire.

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Lun 23 Mai - 15:19 (#)

IN WINTER WE BLOOM

Avait-il souhaité qu'elle l'oublie ou au contraire, avait-il désespérément aspiré à ce qu'elle lui confie cette tâche ? Barricadé derrière de solides mécanismes de défense, l'Estonien n'en avait pas la moindre idée. Non sans une pointe de fierté, il l'avait accompagnée à travers le camp, avait hoché la tête lors des présentations et tenté de mémoriser les noms, associés à des visages qu'il avait déjà aperçus lors de précédentes visites. Quelque part, il leur enviait ce style de vie communautaire : lui demeurerait éternellement citadin, trop accroché au confort d'une vie urbaine et surtout, enlisé dans la peur de ne plus jamais parvenir à se rabibocher avec la nature. Le souvenir du rejet qu'il avait cru ressentir lorsqu'Eoghan lui avait fait visiter le bayou brûlait toujours sous son derme. Je n'ai pas le droit d'être ici. Pensée néfaste, toxique, qu'il avait fini par croire indéracinable, et dont les tentacules déployées dans son esprit le persuadaient trop souvent qu'il n'avait pas sa place parmi les silhouettes qu'il saluait pourtant avec entrain.

Ses yeux se promènent contre les différentes activités du camp qu'elle décortique pour lui, avec l'euphorie de celle qui est fière de présenter son lieu de vie et tout ce qui le compose. Amusé par sa bonne humeur, il ne peut s'empêcher d'effectuer le parallèle entre sa joie et les festivités en préparation. Daphné représentait à elle toute seule l'allégorie du printemps : l'éclosion des couleurs, les retrouvailles amicales, les parfums floraux ravivés par la hausse des températures. Les rires et les gentilles bousculades des enfants se mêlent à ses pensées tourbillonnantes. Même si on le remarque et qu'on discute à son sujet, il a cette agréable impression de ne pas être traité comme un étranger, et cet accueil bienveillant lui réchauffe le cœur.

Elle le guide jusqu'à l'arche dont elle lui décrit la confection et il lève à peine la tête pour étudier la structure, aidé par sa grande taille. Si l'ouvrage a belle allure, il manque effectivement de renforts sur la partie supérieure. Désireux de se rendre utile, il ne se fait pas prier pour répondre favorablement à sa requête, non sans toutefois la taquiner un peu.
« A vos ordres, belle plante. Mais si tu voulais me voir tomber la chemise, y'avait d'autres moyens de demander. »
Il lui lance une œillade et poursuit, plus bas, sur le ton de la confession, tout en retroussant ses manches sur ses avant-bras.
« Mais j'ai promis à la gamine qu'il n'y aurait pas de dragouille entre nous, alors tu vas devoir te contenter d'Enoch… Après, comme j'dis toujours, c'est pas parce qu'on est au régime qu'on peut pas regarder le menu, pas vrai Daph' ? »

D'un geste plus complice que réellement séducteur, il lui presse l'épaule, puis s'écarte pour contourner la structure et tend ses immenses pognes vers les branches enchevêtrées. Presque avec réticence, il en teste la solidité d'un geste mesuré. Il se connaît : il lui arrivait de ne pas mesurer sa force, et il s'en voudrait éternellement s'il brisait le moindre élément destiné à célébrer l’Équinoxe de Printemps.
« Si je te disais que je sais déjà tresser l'osier, tu serais surprise ? »
Très concentré sur la tâche qu'elle lui a confiée, il n'ose pas baisser les yeux afin d'étudier sa réaction et l'éventuelle déformation de son faciès. Lentement, ses doigts délient les attaches pour les resserrer plus fermement, tandis qu'il veille au moindre craquement anormal des branches. Mais les renforcements qu'il apporte au fur et à mesure paraissent au contraire consolider l'ensemble, et à force d'opérer, il gagne en confiance et exécute ses mouvements de plus en plus sereinement, heureux de participer à sa manière tout comme de mêler ses phalanges au végétal.
« Et ils servent à quoi, vos bracelets ? Vous les gardez jusqu'au prochain équinoxe ? »
C'était plus fort que lui : malgré son air de ne pas y toucher, il ne pouvait s'empêcher de s'y intéresser. Autour de lui, la vie fourmille et chahute, et sa curiosité d'arcaniste dépassait son anxiété d'homme.
« C'est quoi ton rôle exactement, à toi ? »
Il n'éprouvait aucune honte à la questionner et à laisser supposer sa méconnaissance : au contraire, il la questionnait avec humilité, sans prétention mal placée, afin de comparer avec ses propres connaissances.

A travers les branchages, il la regarde intensément, lui offrant de temps à autre un sourire bienveillant. Un sourire qui bourgeonne peu à peu en une audace qu'il ose finalement prononcer.
« Dis, euhm, je sais pas trop comment ça s'organise pour vous, mais peut-être que ça ferait plaisir à Anaïs de participer ? Enfin, si elle a le droit d'y assister… Moi, j'peux l'attendre dans la voiture, ça me dérange pas. Qu'est-ce que t'en dis ? Tu crois que ça lui ferait plaisir ? »
Une façon détournée d'observer lui-même toute cette fascinante organisation, prudemment retranché derrière son pare-brise, et de vivre par procuration cet événement grandiose. Naïvement, il se persuadait que savoir la gamine auprès des gitans n'engendrerait aucune frustration chez lui.

(c) AMIANTE

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When witches don't fight, we burn
Daphné G. Calabrezzi
Daphné G. Calabrezzi
When witches don't fight, we burn
"❀ I'VE GOT THICK SKIN ❀"

"Be nice with plants, in the end, they eat you"

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En un mot : Blossom.
Qui es-tu ? : ❀ Italienne naturalisée Américaine. Elle débarque sur le sol américain à 8 ans, accompagné de son jumeau et de sa mère.
❀ Gitane. Elle n'a toujours connu que ça. Élevée par sa tante autant que par sa mère et les autres habitants du camp, elle leurs doit tout et elle le sait bien.
❀ Maternelle. Elle a cette tendance à prendre tout le monde sous son aile. C'est comme ça qu'elle se retrouve avec l'apprentissage d'Anaïs à sa charge.
❀ Spirituelle. Elle respecte profondément la terre, à la fois mère de son don et outil, elle se sent mal si elle reste trop longtemps éloignée d'une zone de verdure.

"❀ AND AN ELASTIC HEART ❀"


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"When twins are separated, their spirits steal away to find the other."

Facultés : ❀ Chamane, magie rouge.
❀ Acrescence phytokinésique ❀ : Daphné à la capacité d'influer sur la croissance des végétaux, en insuflant une quantité de magie dans la plante, elle peut la faire pousser bien plus rapidement, stopper sa croissance (ou sa maturation dans le cadre d'un fruit ou d'une fleur), ou la ralentir. Elle peut ainsi faire pousser et maintenir en vie des essences qui n'aurait jamais pu s'épanouir sous le climat Louisianais.

❀ Communication avec la Terre ❀ : Daphné est capable, en se mettant en transe, d'obtenir des informations sur le lieu où elle se trouve, grâce à une forme de communication avec le sol.

❀ Vargamor ❀ : Elle est capable d'effectuer tous les rituels nécessaire au bon fonctionnement de la meute, de l'invocations des Munins, à la transmission du Loup durant la grossesse.

❀ Très douée pour les potions et les baumes de soins, elle possède aussi une vaste connaissance des rituels propre aux Comanches ayant effectué son apprentissage avec eux.

Thème : Elastic Heart - Sia
"❀ I'M LIKE A RUBBER BAND ❀"


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Sam 11 Juin - 21:49 (#)


( Cendres & Coquelicots)


Elle s’étonnerait presque de voir la façon dont il évolue au sein du camp. Non, plus précisément de la façon dont l’orbite du camp s’écarte pour lui faire une place naturelle, mais elle se rend distraitement compte en l’accompagnant qu’il commence à faire partie des meubles. Il passe régulièrement déposant ou récupérant la gamine que tous ont accepté, toujours sympathique et toujours souriant. Serguey quoi. Il attire le regard et elle sait que plusieurs de ses amies ne sont pas indifférentes au charme de l’Estonien. Elle mentirait en disant qu’elle l’est. Il dégage quelque chose d’attrayant, une forme de chaleur qui pousse à vouloir s’approcher un peu plus près. Il est moins impressionnant que Zach, plus approchable. Elle laisse un rire léger lui échapper quand il flirt et roule des yeux en lui assenant une gentille tape sur l’épaule. « T’inquiètes, si j’avais voulu profiter du spectacle, je t’aurais plutôt emmené filer un coup de main pour couper les bûches. » Un clin d’œil répond à l’œillade du sorcier, et elle laisse son regard couler sur les avant-bras musculeux qu’il dévoile avant de s’emparer de la structure. Elle ricane en secouant la tête. « Enoch, puis quoi encore ? Si j’osais y toucher, j’aurais un soulèvement de toutes les gamines sur le dos. » Le succès du métamorphe n’est un secret pour personne et le jeune adulte a parfois du mal à se dépêtrer de la cour d’adolescente qui lui trottine souvent après. Sa paume vient s’appuyer sur celle de l’Estonien qui repose sur son épaule et elle rit doucement. « Je ne vais pas essayer de te contredire sur ce point-là, sois en sûr. » Serguey est hors-jeu, le risque que représente leur attachement mutuel à Anaïs serait trop grand, elle qui commence à peine à trouver une stabilité au sein des adultes qui l’entoure. Elle ne s’empêche pas de laisser son regard courir le long de la silhouette du grand blond pour autant.

Elle hausse un sourcil à la suite de sa question, le défiant du regard avec un sourire mutin. « Prouve-le. » Elle observe la façon dont il s’empare de la structure. Il y a une forme d’humilité dans la façon dont ses doigts se resserrent autour des brins d’osier, s’appliquant à les tresser plus serrer, répartissant la tension plus justement, s’assurant que l’arche sera assez solide pour supporter le poids des grimpants qui viendront s’enrouler autour d’elle. Ses grandes paluches se font délicates, ses longs doigts agiles et elle hoche la tête avec approbation, s’appuyant d’une épaule contre l’arbre à l’ombre duquel ils sont installés. La surprise se dessine de façon visible sur ses traits quand ses gestes prennent de l’assurance, elle s’appuie plus lourdement contre l’arbre, ajoutant sa hanche à l’épaule déjà pressée contre l’écorce, son pouls battant au rythme languide de celui qui bat au creux du bois, le flux dans ses veines suivant celui que parcourt à la sève. « Pas mal, pas mal. » Elle doit l’avouer, il est doué.

Il commence à poser des questions et un sourire paisible étire les lèvres de la chamane. Heureuse de pouvoir s’exprimer sur des traditions qui lui sont chères, elle entame son explication. « Exactement, les humains ont une tradition similaire, même si les nôtres vont un peu plus loin. Ils sont tissés avec les intentions et les souhaits pour les temps à venir. Certains y ajoutent une petite babiole embuée d’un enchantement quelconque. C’est pas rare que les parents ajoutent un sort de localisation sur ceux qu’ils fabriquent pour leurs enfants. » Elle rit doucement en pensant à ceux qu’ils avaient porté pendant des années avec Damian. « Ils sont censés se détacher d’eux même au bout d’un certain temps, indiquant la réalisation prochaine des souhaits. Mais si c’est pas le cas, il est détaché et jeté dans le feu à la prochaine cérémonie. C’est pas un mauvais présage, c’est juste que c’était pas le moment. » Elle agite son poignet contre lequel repose toujours celui de l’équinoxe précédent. « Dans mon cas, à moins qu’il tombe d’ici quelques heures, il ira rejoindre les flammes. » Elle rit doucement, avant d’effleurer le tissu déjà usé du bijou. « On en tisse aussi pour d’autres occasions, en guise de cadeau, pour les anniversaires, ceux-là sont censés durer plus longtemps, cela dit. » Le sourire qui étire les lèvres de l’homme obtient une réponse instantanée sur les traits de la chamane, avant qu’elle ne pousse doucement sur son épaule pour se décoller de son appui, s’approchant légèrement. « Mon rôle ? Oof… Euh, un peu de tout ? C’est moi qui mène la plupart des rituels, surtout sur ce genre de cérémonie, mais j’ai généralement plusieurs sorciers tsiganes qui participent. C’est moi qui allume, qui m’assure que tout se passe bien, je fais circuler l’énergie afin que tout se passe bien. » Elle hausse une épaule, toujours un peu gênée quand on lui demande d’expliquer sa place au sein de tout ce vaste bordel. « Maitre de cérémonie, quoi ! »

La sympathie et l’affection qu’elle ressent pour lui s’enflamment dans sa poitrine quand il pose ses questions suivantes et la paume de la petite chamane se dresse en l’air pour venir serrer doucement l’avant-bras du sorcier. « Je lui ai déjà proposé, c’est pour ça que j’étais un peu surprise de te voir débarquer, je pense qu’elle a dû oublier de te prévenir. Elle a déjà eu l’occasion de participer à certains des rituels, mais je pense que ce serait une bonne idée qu’elle reste ce soir, en effet. » Elle s’apprête à continuer quand la tête rousse de la jeune fille apparaît dans son champ de vision, la jeune femme clairement à leur recherche. Daphné recule légèrement avant de la héler. Elle s’approche rapidement avec son éternel sourire et la question est posée, Anaïs s’excusant platement d’avoir oublié de prévenir le sorcier. Ils la laissent retourner vaquer à ses occupations, la petite s’enfuyant pour retrouver le groupe au sein duquel elle traîne régulièrement et l’Italienne se tourne vers l’Estonien avec un nouveau sourire. « Bon, eh bien, c’est décidé. » Elle hausse une épaule avant d’ajouter. « Tu es le bienvenu, bien entendu. Après tout, tu fais partie de la famille étendue du camp, hors de question que tu restes dans ta caisse en attendant.» Son sourire se fait plus lumineux quand elle ajoute avec un clin d’œil. « Heureusement que j’ai encore du fil à la maison. Aller vient, je pense que ça tiendra sans problème. » Elle lui tapote la hanche d’une main légère avant de l’inviter à la suivre d’un hochement de tête.

Ils traversent le camp jusqu’à la roulotte qui disparaît presque à côté de la vaste serre qui la jouxte et Daphné s’empresse de déverrouiller la porte de sa demeure. « Fais pas gaffe au bordel. » Elle grimace en redécouvrant la quantité de plantes qui parsème les lieux, couvrant la majorité des surfaces planes et pendant du plafond. « J’ai eu un problème de parasites sur certaines espèces, je suis en train d’essayer de sauver tout ce beau monde. » Elle agite une main en direction des plantes en haussant une épaule. « Tu veux un truc à boire ? Thé, café, une bière, peut-être ? » Elle se dirige vers la cuisine en fredonnant à mi-voix un morceau de Muse en attendant la réponse du sorcier. « J’vais te faire ton bracelet, c’est traditionnel que ce soit un ami, ou un proche qui s’en charge, mais je pense que c’est peine perdue d’essayer de déloger Anaïs de son troupeau. » Son rire s’échappe du petit coin cuisine jusqu’à l’entrée, alors qu’elle s’affaire à préparer la boisson de l’Estonien. Elle revient en claquant la porte d’un placard d’un coup de hanche déposant sur la petite table un plateau contenant leurs boissons. « On va aller boire ça dehors, il fait encore bon, j’ai juste besoin de… » Elle tourne sur elle-même, les index dressés, son regard filant sur les meubles à la recherche du sachet contenant les pelotes. « Ah, là ! » Elle s’en empare, indiquant au grand gaillard le plateau pour qu’il le porte. La porte de la roulotte est claquée et les clefs tintent entre les doigts de la chamane quand elle ouvre la porte de la serre pour y récupérer la minuscule table sur laquelle elle lui indique de déposer le plateau. « Tu vas voir, c’est pas très compliqué. Déjà, choisis moi trois fils, trois couleurs qui te plaisent, qui te parlent. » Elle attend patiemment qu’ils s’emparent des fils avant de les récupérer pour lui montrer, contre sa cuisse la façon dont ils se tissent les uns aux autres afin de former le bracelet. « C’est pas bien compliqué. »

Son regard se dresse vers le sorcier, ses yeux s’ajustant, son don s’ouvrant pour mieux percevoir l’aura qui l’entoure. Complètement contrainte, resserrée autour du corps imposant, elle le recouvre comme un film, fermement maintenu, refusant de s’étendre comme la plupart des autres. Elle n’a jamais rien vu de pareil, et ce n’est pas la première fois qu’elle se questionne sur l’Estonien. Elle avale une gorgée de sa bière pour se donner du courage avant de soupirer légèrement, ses doigts tressant avec rapidité le tissu, le nez posé sur ses cuisses avant qu’elle ne se lance, sans le regarder. « Tu n’es pas obligé de répondre, je sais que c’est… Intime et probablement que tu n’as pas envie d’en parler, mais… » Elle se mord la lèvre nerveusement et glisse une mèche derrière son oreille avant de reprendre. « Ton aura est intrigante. » Elle agite une main en cherchant comment exprimer ce qu’elle ressent. « On dirait presque… Qu’elle est restreinte, enfermée. Comme s’il y avait un blocage. » Elle relève légèrement les yeux, posant un regard doux sur le visage du grand blond. Ses questions sont silencieusement posées dans cet échange de regard. Est-ce que tu vas bien ? As-tu besoin d’aide ? Que puis-je faire pour toi ? Que s’est-il passé ?



( Pando )
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