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No color, no light ☾ Eoghan & Sumire

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Anonymous
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Mer 7 Aoû - 2:16 (#)



No color, no light

Eoghan & Sumire

◊ ◊ ◊

De l'eau coule ? Ou n'est-ce que que les chuchotis discrets perlant des lèvres pâles qui résonnent contre les hauts plafonds aux pores ouverts laissant suinter leur humidité ? Çà et là se meut une végétation gorgée d'une moiteur unique emplissant son air d'une chaleur étrange. Un manteau noir s'étale non loin du cercle de craie formé, l'orange de quelques flammes formant un halo d'or le long de son visage à moitié plongé dans la journée qui, doucement, s'éteint. Sous ses paupières se perdent les ondes colorées d'un autre monde, fouillant les entrailles d'un plan qui n'a jamais été le sien, elle déchire de ses doigts spectrales, les plaies béantes et abyssales qui s'ouvrent à elle. Les esprits s'acharnent, murmurant ou hurlant, crachant leur fiel désespéré ou haineux. Certains se taisent et errent car ils ne sont plus bon qu'à ça. D'autres n'ont aucune face, aucune véritable forme, distordus par le fait qu'ils ne soient que des parties d'une haine écœurantes, prête à s'exploser sur la Terre pour effrayer les vivants. Des morceaux d'âmes d'un démon qui ne cherche qu'à régner sur tous les plans connus, les gangrenant de son immonde présence. Elle les évite Sumire, ses mains crispées sur ses cuisses repliées, son corps oscillant dans un va et vient obsessionnel, elle dérive alors que les prières se scandent dans un long flot susurré. Toujours ce même moment où elle plonge si loin que ses muscles se crispent, durcissent à l'en faire gémir de douleur, où la respiration devient un maelström de saccades qui sont loin d'être semblable à la sérénité qu'elle devrait ressentir. Elle cherche son visage dans des centaines d'ombres, les repoussent quand ils cherchent à charger sentant bien qu'elle n'est pas d'ici. Les ongles mordent la peau de ses paumes, cherchant à garder un équilibre qui peu à peu se fragilise. C'est sur une corde raide et de verre qu'elle sillonne ce monde qu'elle a appris à connaître par cœur. Ça n'empêche pas une attaque frontale qu'elle ne voit pas venir.

Le coup mental la fait sursauter, détournant vivement la tête sous l'impact d'une gifle, le souffle un instant étranglé. Les mots arrêtent d'être murmurés, la cadence ralentie pour n'offrir que le silence entrecoupé du sifflement de ses soupirs saccadés. Les phalanges blanchissent sous la pression qu'elle y met quand un autre coup la repousse, cherchant à la pénétrer ou à la repousser, elle l'ignore. Elle le sait bien que certains aspirent au fait de revenir par n'importe quel moyen, qu'ils peuvent voir en elle le plus parfait des réceptacles pour ressusciter d'entre les morts, usant de ce corps qu'elle maltraite de plus en plus. Et la torture se poursuit sans qu'elle ne se décide à lâcher la première, l'effet d'un coup de poignard en pleine âme lui faisant brutalement rouvrir les yeux, réceptionnant de justesse son corps qui chavire. Bateau en plein naufrage, elle sent l'acide de la bile remonter la trachée, les paupières perlant de larmes de frustrations, les traits plus pâles sous l'opacité des bougies dont les langues oscillent doucement. Elle tremble, de l'intérieur comme de l'extérieur, les yeux figés sur le vide, quelques mèches d'ombres bordant son expression amère. L'envie de réessayer lui traverse l'esprit mais elle a encore cette sensation ignoble d'avoir son âme éventrée, dégueulant son sang invisible. La douleur est là, profonde, pulsant dans la tête et dans le cœur qui réclame du répit. Fermant un bref instant les yeux, l'écran noir de ses paupières offrant une galaxie d'étoiles, elle attend que la nausée reflue, déglutissant difficilement avant de soulever son corps lassé pour se remettre debout. Époussetant ses mains de la craie qui y persiste, elle se maudit elle-même de cet énième échec. Des années qui semblent des siècles à fouiller l'au-delà pour ne rien y trouver d'autres que des esprits agressifs ou sanglotants. Kyouta est peut-être là, perdu dans cette marée de haine et de résipiscence qui n'a pas l'air de connaître de limite. Sûrement qu'il a peur, recroquevillé dans un coin de cette couche céleste et pourtant maudite. Les lèvres soufflent sur les bougies pour en faire mourir le cœur flambant, remballant les quelques affaires apportées, recouvrant à nouveau son corps du manteau noir aux pans assez longs pour frôler ses cuisses. Passant une main à travers ses mèches, elle l'y laisse un instant, cherchant à retrouver le calme qui la caractérise depuis toujours. Elle ne flanche pas Sumire, rien ne la fait vraiment tanguer. Rien. Rien du tout. La litanie des mensonges se poursuit, l'emportant dans sa danse vicieuse sans qu'elle ne sache comment sortir du cercle. Cherchant sa bouteille d'eau au fond de son sac, elle en badigeonne le sol, râpant la semelle de ses bottines pour effacer définitivement l’existence d'un pentacle de craie. Aucune trace de son passage. Rien qui ne puisse laisser penser qu'ici se multiplient des rituels qui ne s'achèvent toujours que sur elle, pâle, tremblante et définitivement seule.

Elle réprime une grimace alors qu'elle redescend les escaliers de bétons, passant une main contre sa poitrine si peu protégée, tentant d'apaiser le poids qui y reste, une pique persistante, comme la lame d'un poignard qu'on ne cesse de plonger dans la même plaie purulente. Serrant les dents, elle retrouve le sol terreux où grouillent les insectes et les plantes, foulant le sol pendant un moment, un long moment qui finit par la sortir de pensées qui la ramènent à la même ritournelle. Les arbres se multiplient sous ses yeux sans offrir aucune trace d'un chemin menant vers la sortie. S'arrêtant finalement, elle fouille l'espace du regard, sentant la nervosité l'accabler. Elle se refuse à l'avouer. Elle n'a jamais été de ces rêveuses qui s'égarent jusqu'à ne plus savoir d'où elles venaient. C'est à sa mère qu'appartient cette manie d'aller et de ne pas savoir revenir. Pourtant, elle le sent bien, ce sentiment de ne rien reconnaître et de ne plus savoir quelle souche elle a bien pu fouler. L'évidence est là :

Elle est perdue.

Le soleil couchant la nargue bêtement à travers le feuillage, lui faisant plisser les paupières et la forçant  bouger vers le premier passage qui s'offre à elle. Elle se détourne, revient sur ses pas, finissant par soupirer un "Fais chier …" dans un japonais hargneux. Ce n'est pas un coup de chance ni le hasard si à travers les troncs et les lianes pendantes, elle aperçoit brutalement la silhouette noirâtre d'une bâtisse ou de ce qu'il doit en rester. Même de là, à quelques mètres, elle sent presque le parfum putréfié et nauséabond de l'horreur qui a dû y régner. Le poids sur la poitrine pulse plus fort encore, comme pour prévenir de faire demi-tour, qu'il y a forcément un autre chemin à prendre. Mais Sumire n'est pas femme à fuir ni à aller là où tremblote une lumière blanche. Depuis toujours, c'est vers l'obscurité qu'elle s'est perdue, s'enroulant dans sa soie pour finir par fusionner avec. Pinçant les lèvres, elle s'avance faisant craquer les feuilles sous ses pieds, enjambant les racines grossières sortant du sol, l'intrigue gonflant de plus en plus alors qu'elle se demande ce qu'une maison pouvait bien faire au milieu de ce nul part sans chemins précis. Il ne reste pas grand chose de ce qu'a été la bâtisse, du bois si noir qu'on pourrait croire à des squelettes carbonisés, les poutres ayant craquées lors de l'incendie offrant leurs pointes acérées comme pour se transformer en lames meurtrières Le reste n'est qu'un amas de cendres. Encore, elle s'avance, muette et saisie par le désastre qui s'affiche sous ses yeux. Ses lèvres s'entrouvrent sans qu'aucun mot n'en sorte. Après tout, il n'y a plus rien à dire face à ça. Rien à prononcer. Le silence a presque l'air plus épais ici, la faune baissant d'un ton comme par peur de se faire gober par l'aura mortelle qui persiste dans l'air.

Des feuilles craquent la faisant sursauter, un cri bien ravalé alors qu'elle aperçoit enfin la silhouette, bien humaine, d'un homme. Les yeux légèrement écarquillés, elle lorgne le visage qui apparait sous la couleur mordorée d'un astre prêt au sommeil pour laisser la place à l'éternelle témoin de la nuit. Ce sont ses yeux qu'elle aperçoit le mieux, d'un bleu dont elle a peu l'habitude, trop clair pour être totalement humain qu'elle pense un instant avant de se ressaisir, gommant la surprise de ses traits pour n'offrir que la morgue de l'impassibilité. Au premier coup d’œil, elle y voit là un être loin d'être errant. Peut-être que lui, il sait. "C'est à vous ?" L'audace du sarcasme est stupide mais elle n'a pas les idées claires, encore groggy de son voyage spirituel raté, combattant la douleur qui pulse sous la peau, comme des millions de pics cherchant à la percer. Finalement, alors qu'elle l’étudie plus attentivement, elle se rappelle qu'elle n'a rien à faire là et qu'elle ne veut rien savoir. Ou peut-être que si. Les orbes curieuses reviennent à la carcasse carbonisée et toujours cette essence obscure qui vient caresser son corps dans une approche écœurante. Et alors, elle détourne le regard vers le sillon de terre qu'elle a emprunté pour arriver jusqu'ici, le lorgnant dans l'espoir d'un échappatoire. Elle n'a rien à faire là. Elle n'a rien à dire mais pourtant, elle reste enracinée au sol, ses doigts enserrant doucement l'anse de son sac de cuir, revenant à l'intrus "C'est quoi cet endroit ?" La phrase a été savamment préparée dans sa tête, de sorte de ne pas passer pour une touriste trop sotte pour comprendre. Et elle affronte la présence et le regard posé sur elle sans ciller, étudiant avec une certaine indiscrétion l'étranger sortit des ombres. Et qui est vraiment l'intrus ici ? Elle ou lui ? Ou peut-être est-ce seulement le cadavre calciné qui leur sert de décor ?

(c) oxymort

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

No color, no light ☾ Eoghan & Sumire 1E5CfUE No color, no light ☾ Eoghan & Sumire AoZyjkn No color, no light ☾ Eoghan & Sumire BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

No color, no light ☾ Eoghan & Sumire KOVXegv No color, no light ☾ Eoghan & Sumire WZKlL7H No color, no light ☾ Eoghan & Sumire J8B1rxa

"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
No color, no light ☾ Eoghan & Sumire KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

No color, no light ☾ Eoghan & Sumire ZfHtADc No color, no light ☾ Eoghan & Sumire Jq60QrG No color, no light ☾ Eoghan & Sumire MaP8TbX

"Before I die alone."

No color, no light ☾ Eoghan & Sumire GIeraGW
Pseudo : Nero
Célébrité : Ian Somerhalder.
Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Jeu 8 Aoû - 23:15 (#)


It's in the subtext
Il n’y a que son rire.
Son rire, et le cri de quelques aigrettes, qui fusent à travers l’air moite de cette fin d’été. Tout étranger aurait peiné à respirer, étouffé par l’humidité étonnante qui surprenait tous ceux qui n’étaient pas nés sur ces terres. Ils n’en faisaient pas partie. Eux avaient vécu ici toute leur vie.
Elle, les cheveux emmêlés, revenant sans cesse l'aveugler au fil de sa course. Chaque fois que le soleil les touchait, ils prenaient une teinte chaude, pareille à du caramel, se fondant presque avec le teint de sa peau mate. Métisse. Ses yeux, de la même couleur que la rivière par temps calme, cherchaient sans cesse par-dessus son épaule, leur poursuivant, mais surtout celui qui ne la quittait pas d’une semelle. Elle force sur ses cuisses musclées, habituée à cavaler depuis toujours ; dans les rues de Bourbon Street, dans les quartiers mal famés de Treme, dans les champs bordant Shreveport, et sur les rives accessibles des bayous. Elle rit, tousse, étouffe et manque de trébucher, et ce rire stupide provoque celui du garçon qui la poursuit, contagieux. Lui ne court que pour elle, pas inquiet pour deux sous : il sait qu’ils ont semé leur chaperon il y a un moment déjà. Ils n’en ont plus besoin depuis longtemps. Ils ont pris l’habitude de se nicher dans un recoin des bateaux des pêcheurs, de se promener le long des berges, de s’isoler pour ne plus entendre qu’à peine les pleurs lancinants du saxophone d’Aaron. Il profite qu’elle ait ralenti l’allure pour pousser plus avant et l’attraper par la main, l’entraînant à son tour dans son sillage. Ils suivent un sentier de terre dure sans âge, courant dans les pas des fantômes et anciens esclaves, à travers les terrains des anciennes plantations, désormais à l’abandon pour la plupart. « Attends… ! Eo attends ! » Elle n’en peut plus. Elle s’arrête. Elle se penche en avant, les mains sur ses genoux, penchée pour attendre que son cœur cesse de cogner à lui en faire mal. « J’me sens pas bien… Oh… » Elle se laisse tomber sur les fesses et s’allonge dans une flaque d’ombre, dont l’herbe presque rase a été brûlée par le soleil. Il ne tarde pas à la rejoindre, demeurant assis en offrant son corps aux rayons assassins. Il ne s’ouvre pas qu’à cet Hélios implacable. À fleur de peau, les sens remués, heurtés, bouleversés par cette après-midi passée à flotter à ses côtés, à échapper aux mauvais regards et aux conseils des aînés, à chercher tant bien que mal un peu d’intimité. Il glisse, et sa tête vient trouver refuge contre le ventre de l’adolescente, fermant les yeux. Elle glousse, et sa main tâte maladroitement la mâchoire et le cou du sorcier en devenir. « Tu me donnes encore plus chaud ! » Il pince une cuisse nue pour toute réponse. Comme d’habitude, elle fait mine de se mettre en colère. Comme d’habitude, il feint la surprise. Ils jouent à faire les adultes, comme ils jouaient autrefois à des jeux plus innocents, avant. Avant. « Tu crois qu’il a abandonné ? »
« Évidemment… Il doit d’jà être en train de raconter à ton père qu’on est encore partis. »  
« Quelle balance, c’est pas possible... » Ils restent là quelques secondes, à s’écouter vivre. Ils ont le temps. Rien ne presse. Rien ne menace. Ils pourraient s’endormir, tous deux. Ici. Juste ici. D'une voix lasse, elle demande :« Tu penses à quoi ? »
« À Morgan. »
« L’ami de ta mère ? »
« Hum. »
« Pourquoi ? » Le mensonge éclot avec une facilité déconcertante. « Parce qu'il vit pas très loin. »
« Ah bon… » Les yeux de chat de Johanna Andros s’entrouvrent, et elle pousse un soupir de plénitude, jouant à caresser le creux du coude si pâle du garçon. « Tu ne t’es jamais dit qu’entre eux… ? Depuis que ton père est parti, tu sais. »
« Il est pas parti. Il va revenir. Il travaille beaucoup, c’est tout. » Sa jambe s’agite un peu. Il n’aime pas songer à Christopher Underwood. Plus d’un an que son père n’a pas donné un signe de vie. « Puis tu connais ma mère. J’l’imagine pas se mettre avec quelqu’un, ils sont même pas divorcés… Puis Morgan, non merci. »
« Il est toujours aussi bizarre avec toi ? »
« Il est pas bizarre. Mais il m'aime pas, c'est clair. » La magie est brisée. Eoghan Underwood se relève, époussetant vaguement son jean poussiéreux. Elle le regarde. Elle aimerait pouvoir dire quelque chose qui ferait la différence. Elle aimerait pouvoir mettre le doigt sur ce qui ne va pas, lui faire dire ce qu’il ne lui révèle pas. Elle l’a toujours connu secret, et les rares murmures qu’elle a entendu de la bouche de son père au sujet de Sylia Underwood ne l’ont jamais empêché de chercher à comprendre. Elle a toujours su qu’il était particulier. Elle a toujours su qu’une force étrange dormait en lui. Elle l’a sentie. Elle l’a sentie sans pouvoir s’expliquer ce que représentait exactement cette boule d’énergie venue de nulle part, d’ailleurs et d’eux-mêmes à la fois, qui les enveloppe lorsqu’il l’embrasse et la touche. Parfois, cela ressemble à des morsures très légères. Parfois, à des caresses qui la troublent, qui dégringolent le long de ses seins naissants, jusqu’à son ventre puis entre ses cuisses. Elle n’a jamais ressenti cela auparavant. Elle ne sait pas à quoi correspond exactement ce qui galope au creux de ses reins, ce qui électrise ses extrémités. Il n’y a que lui, pour provoquer cela. Il se retourne soudain ; ce n’est pas la première fois qu’elle le pense capable de deviner ce qui trotte dans son esprit, sans arriver à saisir d'où provient cette clairvoyance. Et malgré le bref instant de malaise qui les a saisis tous les deux, elle est soulagée de le revoir sourire, au moins un peu. Elle ne se sent jamais plus vivante que lorsqu’il la contemple ainsi. Elle se voit devenir l’héroïne de l’un de ces romans qu’elle dévore, à la nuit tombée. Folle d’un bonheur naïf, persuadée que rien n’est capable de séparer ces âmes sœurs que même les colères froides et le mépris de Sylia ne découragent pas, que même la méfiance première des hommes de sa famille, noirs, face à l’enfant blanc, laissent de marbre, que même la dignité calme et irascible d’Aaron n'effraye pas. Elle se redresse, et le coton de sa robe d’été lui colle à la peau. Ils s’enlacent et s’embrassent avec une hâte malhabile, adolescente. Ils ont à peine quinze ans, et toute la vie devant eux. La nature sauvage du South leur promet mille serments ; ils voudraient peut-être même vivre ici, un jour. Ils trouveront un vieux bungalow à retaper et surélever, pour les protéger de la furie des éléments. Ils fuiront la petite ville pleine de fiel, les anciens quartiers de leur enfance, construiraient leur vie là, recréant ce simulacre d’Eden auquel elle aspire bien que lui n’y croit guère. Ils ne cessent de s’embrasser, mutuellement fascinés par la bouche de l’autre, que lorsque leurs poumons menacent d’éclater, que le tourbillon de leurs sentiments candides n’explose, tentant de reprendre un peu de raison. La première, elle rompt le silence. « Tu me montres la maison ? Tu m’as dit qu’il était riche, non ? »
« Plus que riche… Tu vas voir, elle est énorme… » Il reprend sa main, et la guide pendant quelques minutes en direction de l’ancienne maison des Maîtres de la plantation. Fraîchement repeinte, la demeure les éblouit par la blancheur de ses colonnes, contrastant, sublime, avec le vert luxuriant de plantes bien entretenues, quand quelques parterres délimitent, à leur manière, les frontières du territoire. Johanna pousse un soupir, impressionnée. « Woah… Tu es déjà entré à l'intérieur ? »
« Ouais ! Y’a plein de vieux objets et de tableaux. J’me croyais dans Autant en emporte le vent ! » Elle ricane, avant d’éclater franchement de rire. « Il t’a plu le film, hein ? »
« Bah quoi ? Ouais, il est bien… »
« T’es amoureux de Scarlett, c'est ça ? »
« Mais qu’est-ce que tu peux être bête c’est pas vrai ! »
« O’Hara ! O’Hara ! O’Hara ! » Et elle se pâme, lui tombe dans les bras, inconsciente que leur histoire est condamnée d'avance, mimant l’accent capricieux de Vivien Leigh : « What a cool liar you are, Woody ! » Il manque de la faire tomber, lui souffle sur le museau avant d’articuler à son tour, d’un ton mutin et aristocrate : « Frankly, my dear, I don't give a damn. »


Ils sont restés longtemps à courir autour du terrain devenu le refuge de toute une secte.
Mais l’un est resté plus longtemps que l’autre.


Là où le vert prédominait, et ce depuis aussi loin que ses souvenirs le ramenaient, il ne restait plus que le noir. Le feu avait brûlé bien plus que l’une des nombreuses villas de Morgan Leroy, encore aujourd’hui disparu. Les murs devenus sombres, les fleurs charbon, les plantes racines mortes, comme autant de bras squelettiques et grisâtres, tendant mollement leurs membres raides vers un ciel indifférent. Sous les semelles de cuir, il écrasait vingt ans de mémoire, grimpant par-dessus les poutres pour franchir le seuil de la maison et se glisser parmi les ruines. Un feu naturel n’aurait jamais dévoré ainsi une bâtisse pareille. Pourtant, les deux étages s’étaient effondrés, et les niveaux inférieurs semblaient avoir disparus définitivement de la surface de la terre. Un amas impressionnants de bois, de parois effondrées, de mobilier carbonisé et d’autres stigmates de l’incendie avait bouché à jamais l’entrée souterraine, condamnant ce lieu de supplice, où tant de corps avaient saigné. Dont le Sien. Il savait qu’Elle était là, jamais très loin. Que ce soit ici, ou en pleine ville à Shreveport, près des marais comme dans la chaleur des bars, elle ne s’éloignait pas. Elle s’accrochait encore. Il la chassa de ses pensées, analysant avec intérêt le désastre autour de lui. Sa besace pleine battait gentiment contre sa hanche, ne provoquant le cliquetis caractéristique des bocaux et sachets tintant les uns contre les autres que lorsqu’il devait grimper, passer par-dessus les piliers, les vieilles commodes, les armatures qui avaient tenu bon en dépit du feu malveillant.
Il ignorait ce qui l’avait poussé à faire un détour après la récolte. Il n’avait pas pu s’en empêcher. C’était la première fois qu’il revenait de lui-même ici. Il n’était pas sûr qu’il s’agisse d’une très bonne idée, mais le mal était fait. Désorienté par l’agencement disparate et apocalyptique, il chercha à se repérer, comme pour retrouver la localisation approximative du grenier où il s’était réfugié. Comme pour chercher…

Il ne la trouverait pas.
Il ne trouverait pas le cadavre poignardé, laissé là, gisant, la lame enfoncée jusqu’au pommeau devenu écarlate.
Il déambula encore un moment, perdu comme une âme errante entre deux limbes, avant de sortir du cercle. Il n’avait plus rien à craindre, semblait-il, de ce qui avait été autrefois un brasier meurtrier, tuant il ne savait combien des leurs ; songer au chiffre exacte de victimes lui faisait mal et provoquait un autre sentiment qu’il ne se sentait pas capable de décortiquer maintenant. Un jour, peut-être.
Une sorte de cratère plat, tracé par une illusion d’optique presque douloureuse, lui donna l’impression d’en remonter les bords, lorsqu’il voulut s’extraire de l’œil de ce cyclone sinistre, dans lequel pas un être vivant n’aurait pu perdurer plus de quelques minutes. Il foulait de nouveau les herbes hautes lorsqu’il remarqua une silhouette se découpant faiblement dans la lumière vacillante du couchant. Il se figea aussitôt, aux aguets. Méfiant, il se raidit sans bouger immédiatement, s’attendant à la voir remuer, à ce que quelqu’un la rejoigne, peut-être. Mais non. Elle était seule. Ils étaient seuls, aussi seuls qu’il s’était trouvé avec Johanna Andros, à la fin de l’été 1998. Déterminé à comprendre qui se hasardait à rôder jusque dans les parages, il se montra silencieux un temps, avant de se laisser trahir par le piétinement de quelques branchages, stoppant à quelques mètres d’elle. Le visage fermé, il la dévisagea de haut en bas, remarquant son étonnement qui ne semblait pas feint. Dans ce paysage, cette femme aux traits asiatiques détonnait par-dessus tout, même s’il commençait à s’habituer à l’afflux de visiteurs venus du monde entier. La main serrée autour de la lanière de son sac, il n’eut pas à patienter bien longtemps : c’est elle qui brisa leur face à face la première, par une question qui, à son tour, fit fondre la circonspection sur son visage, la muant en franche perplexité. Un sourire qu’on aurait pu croire méprisant étira à peine ses lèvres. Il n’avait pas envie de lui parler. Il avait envie qu’elle décampe. Elle n’avait rien à foutre ici. Il trouvait étrange, d’ailleurs, qu’elle soit tombée par hasard sur l’ancien refuge de l’Irae. « J’ai une tête à pouvoir me payer cette baraque ? Ou du moins ce qu’il en reste ? » Il secoua la tête. Il avait beau pouvoir se protéger en partie des clichés concernant les habitants du cru, ses rangers abîmées, son t-shirt des plus simples et son jean élimé ne pouvaient tromper personne. Il n’était pas de la haute. « Vous avez rien à faire ici. Comment vous êtes arrivée là ? » Il franchit la distance qui les séparait, s’interposant entre la vision des décombres et l’inconnue. Sans menace mais d’un ton qui ne souffrirait pas la contradiction, il murmura : « Vous devriez rentrer. Il est déjà tard, et j’pense pas que vous ayez envie de rester là dans le noir. Les feux follets vont danser, cette nuit. »

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Louisiana Burning

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Sam 31 Aoû - 15:49 (#)



No color, no light

Eoghan & Sumire

◊ ◊ ◊

Sous le craquèlement des cadavres de feuilles et de brindilles, elle se tend. Les pas sont lourds et déterminés, s'approchant pour mieux lui laisser voir son visage que les filets d'or d'un soleil prêt au sommeil adoube à travers les branches. L'air se fait plus lourd, de plomb et de charbon. Au-delà de leur présence, elle ne ressent que la substance pesante d'un flux amer, sombre, sanglant. Ça empeste la mort à plein nez, sans pour autant qu'elle ne le fronce, gardant une superbe qu'elle sait fragilisée par les coups de lames qui continuent de pourfendre la chair de l'esprit. Elles se plantent, pénètrent dans une danse cruellement douloureuse. D'une inspiration discrète, elle se pousse à l'ignorer. Ça finit toujours par s'apaiser. Dans l'expiration qui suit, elle desserre les dents, oublieuse de la torture intérieure qui se fait plus vicieuse au fil des jours. Le Mal s'infiltre pour creuser son nid infernal en elle et c'est presque volontiers qu'elle l'accueille.

La silhouette qui s'avance la lorgne de cet air méfiant qui ne l'étonne presque plus. C'est une caresse incisive dont le touché invisible est presque devenue une habitude. Ils sont nombreux à l'observer comme il le fait; de l'acide plein les prunelles, le crachin du mépris au bord des lèvres. Et c'est peut-être ça qui la remplie d'audace, un brin d'insolence que le timbre arrive à vivifier avec douceur. Elle le voit alors, qu'il oscille à l'entente de ses paroles, qu'elle craquelle d'une pichenette le masque d'une colère qui se fait mystère à ses yeux. "J’ai une tête à pouvoir me payer cette baraque ? Ou du moins ce qu’il en reste ?" L'orgue de la voix fait écho à un accent lui faisant plisser les yeux. Le froncement de sourcils est fugace mais assez pour marquer l'hésitation que les frontières de la langue lui imposent quelques fois. Son attention se dérobe aux yeux fielleux pour observer le reste, l'examen ne durant que le temps d'un souffle. "Je ne sais pas mais vous avez l'air de déjà connaître la réponse." qu'elle laisse échapper, l'ombre d'un sourire fleurissant dans un ourlet discret. Elle ne se moque pas, préfère ne pas juger à l'apparence ce qu'il pourrait être ou non. Tout ce qu'elle y voit est l'aura qui s'en dégage, la perception infime qu'il n'est pas des êtres éphémères qui hantent le monde. Il est plus, bordé par une évidente agitation dont la naissance lui échappe. Peut-être est-ce elle, qui s'est aventurée en un lieu dont la puissance la dépasse totalement. Et lui, que sait-il ?

L’œil est attiré par ce qu'il tient contre son flanc, sans parvenir à en voir le contenu. La curiosité se reporte ailleurs, dégringole les ruines d'une maison - ou ce qu'il en reste - peinturluré d'une fange noirâtre. La suie l'habille et lui donne l'allure funèbre d'un tombeau couvant encore mille cadavres. Une ombre effrayante que le Bayou abrite en silence. Et parfois, il lui semble presque que l'atmosphère est gorgée des hurlements qui ont pu y naître, de l'horreur qui a pu conduire à l'état de la bâtisse. La vision lui échappe, remplacée par l'ombre plus vivante de l'inconnu, se décidant à hanter son espace personnel. Elle se crispe brutalement, recule d'un pas alors qu'elle lève les yeux vers lui "Vous avez rien à faire ici. Comment vous êtes arrivés là ?" Elle entrouvre les lèvres, prête à protester ou broder un mensonge mais déjà il l'interrompt "Vous devriez rentrer. Il est déjà tard, et j’pense pas que vous ayez envie de rester là dans le noir. Les feux follets vont danser, cette nuit." Sa voix se fait presque aussi fine qu'un frisson, funeste promesse qui la fait ciller, plantant la graine d'un ébranlement discret en son sein. Elle observe un silence, l'espace d'un instant "J'ai peut-être déjà dansé avec eux." L'aveu est risqué mais l'impudence évidente alors qu'elle cri un certain défi, haussant un sourcil en cherchant à fouiller les entrailles des orbes claires, lucarnes donnant sur une âme qu'on peut deviner rassasiée d'histoires terribles. Finalement, elle soupir, abdique, reculant encore d'un pas, décidée à ne rien dire, à cacher sa détresse mais déjà elle se retrouve fasse à une impasse. D'où est-elle venue déjà ? La courbe des phalanges se resserrent un peu plus sur l’anse de son sac rempli de ses propres objets servant à l'accomplissement de ses sempiternelles tortures nocturnes. Son regard sillonne les feuillages, la terre, les possibilités d'un chemin avant d'abandonner en revenant au seul autre visiteur peuplant le lieu. "Je ne sais pas comment …" Le voilà le béton de la fierté qui bloque le reste de ses palabres, tombant sur la gorge avec la violence d'un marteau. Mais elle s'efforce de passer outre, baissant les yeux pour les poser ailleurs que sur son visage. Honteuse. "Je me suis perdue." Les paroles sont précipitées, comme pour s'en débarrasser le plus rapidement possible alors qu'elle hésite à le regarder de nouveau dans les yeux, toujours surplombé par son ombre éminente. "Ce n'est que le hasard qui m'a mené jusqu'ici, croyez-moi." Et elle sait que sa demande ne pourra que sonner creux. Il n'a aucun raison de lui offrir ne serait-ce que les grains de poussière de sa confiance.

"Je le sens, vous savez." Une pause et un coup de tête léger vers ce qu'il tente de lui cacher "Je sens que ce lieu n'a rien d'ordinaire." Doucereuse, elle laisse planer l'équivoque d'une énigme. Se révéler maintenant serait d'une idiotie sans nom mais elle se sait incapable de partir sans comprendre ce qu'il a bien pu arriver pour que l'espace crépite d'autant de malfaisance. "Et vous, vous le sentez ?" Toujours, elle pousse à faire cracher la vérité, retrouvant rien qu'un peu de sa superbe et ne baissant jamais la tête face à l'adversaire voulant visiblement la voir s'éloigner.

Elle le fera. Promis, elle s'en ira. Dès qu'elle aura rassasiée sa curiosité affamée.

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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"Before I die alone."

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Lun 30 Sep - 2:13 (#)


It's in the subtext
Il ne chercherait pas à percer le secret d’une aura, ni les frondaisons de son esprit. Ses antennes demeurèrent sagement au repos. Il se contenta de l’enveloppe physique de l’inconnue. Une désagréable sensation de déjà-vu vint le hanter quelques instants, faisant naître une moue désapprobatrice sur son visage. Il était certain de ne jamais l’avoir croisée auparavant, mais cette impression persista un bon moment avant qu’il puisse se convaincre qu’il ne s’agissait que d’une illusion. Les lieux étaient après tout imprégnés d’énergie, dont les vibrations s’avéraient parfois bonnes, parfois nocives. C’était l’une des raisons évidentes qui le pousserait à ne pas s’attarder dans les parages. Une sorte de maléfice demeurerait pour toujours ancré, ici. Le cratère aurait beau se voir finalement vaincu par la nature toute-puissante et les pousses qui finiraient par le recouvrir, il ne faudrait pas creuser bien loin pour retrouver leurs secrets enfouis. Autant de miasmes qui planaient dans l’atmosphère et qui pouvaient peut-être réactiver les courants d’une essence ayant déjà cherché à le tuer une première fois. Et s’il quittait les décombres, elle partirait avant lui. Car il se rendait compte de ce qu'il lui en coûtait que d’abandonner ce champ de bataille sans surveillance, mais il n’avait pas le choix. Il ne céderait pas d’un pas, l’empêcherait d’avancer plus loin. Une seule route possible, le parfait opposé. Revenir vers la ville, remonter vers le nord, et laisser les fantômes pérégriner en paix. Physiquement, elle n’aurait pas fait le poids. Pour le reste… il n’avait pas la moindre envie de le découvrir. Pour autant, il comprit sans en être parfaitement sûr qu’elle n’était pas insensible aux émanations irréelles qui flottaient dans l’air ambiant. Sans aller jusqu’à décréter qu’il s’agissait d’une Éveillée, elle n’était pas idiote au point de ne pas comprendre l’enjeu de ce qu’il s’était tramé ici. Une tragédie, bien au-delà d’un simple foyer incendié.

"J'ai peut-être déjà dansé avec eux."

Il la jaugea plus en détail, baissant les yeux vers la silhouette mince, presque terriblement mince, qui n’était pas sans lui rappeler celle de sa propre mère. Encore que la Mulligan jouissait d’une taille impressionnante, conférant ainsi un charisme autrement différent de celui de l’étrangère postée devant lui. Sa peau blême n’était pas faite pour subir le soleil outrageant de la Louisiane. Encore une qui se perdrait en ces terres. Qui n’avait d’autant plus rien à faire ici. Il s’abstint de lui répondre, ne cherchant pas à créer une joute verbale dont il n’était pas friand, ici et maintenant. Il n’eut pas à monter le ton. D’elle-même, elle s’était reculée, pour finalement hésiter. Appuyé sur l’une de ses jambes, la lanière de sa besace toujours fermement contenue dans sa main, il ne chercha pas à dissimuler un sourire narquois, étirant la commissure de ses lèvres. Elle n’avait même pas besoin de se livrer à la honteuse confession. Il en avait vu, des touristes désorientés, jouant aux aventuriers bien avant elle, et se retrouvant dans une situation pour le moins embarrassante, si ce n’était foutrement dangereuse. Haussant des sourcils moqueurs, il acquiesça vaguement, avant de soupirer d’un air las. « Il faut croire que le hasard n’est pas de votre côté, ce soir. » Il aurait pu la raccompagner poliment, sans faire d’histoires. Il aurait pu. Son corps s’était déjà porté vers l’avant lorsque l’impudente se risqua à pousser le bouchon un peu plus loin. Un peu trop loin. Ses iris jetèrent des éclairs, et toute marque de bonhommie s’effaça aussitôt, remplacée par un faciès plus dangereux. Ses traits, comme taillés dans l’acier. Blessé par cet intérêt malsain, il s’avança d’un pas leste et saisit son poignet pour mieux la repousser brutalement vers l’arrière, dans un grondement sourd. « Vous ne savez rien. Rien du tout. Vous parlez sans connaître, comme tous les étrangers qui viennent salir Shreveport. » Et par leur unique présence, abîmer tous les paysages. Une pensée fulgurante, revenue du souvenir de son trajet en voiture avec Hena, et de l’orage qui avait longtemps menacé dans l’habitacle. Nullement gêné par la violence de son geste, il marcha vers elle, réduisant lentement la nouvelle distance qu’il avait créée entre eux deux, sans se soucier de la voir trébucher ou tomber. « Qu’est-ce qui m’empêcherait de vous laisser ici ? La nuit tombe. Vous ne retrouveriez jamais le chemin. » Il pencha la tête sur le côté, comme pour la jauger, deviner si un instinct de survie digne de ce nom habitait le corps malingre. « Le bayou n’est pas loin. Vous savez ce qu’on y trouve ? Vous le sentez, ça aussi ? Ou tout ce que vous connaissez vient de Google images ? » Une montée de violence telle qu’il les connaissait bien emplissait son torse d’un air mauvais, qu’il peinait à expirer correctement. Il pivota légèrement, fixant l’astre solaire qui commençait à disparaître derrière les cimes, attrapant un dernier bout de mur noirci au passage. Personne n’avait le droit d’observer ce mausolée en se livrant à toutes les réflexions voyeuristes qui fleurissaient toujours, près de ces tombeaux anonymes. S’efforçant de juguler sa haine gratuite, il siffla en la toisant durement : « Comment vous êtes arrivée ici ? Qu’est-ce qui me prouve que vous n’avez rien à voir avec ça ?! » En son for intérieur, il était convaincu qu’elle ne mentait pas. Il se disait qu’elle pouvait réellement s’être aventurée, comme beaucoup. Mais le besoin de trouver un coupable à sa portée le taraudait trop pour qu’il pardonne à la moindre faute de ces figures inconnues qui s’amusaient à tirer sur ses nerfs pour tester ses réactions. « Vous êtes seule. Complètement seule. Alors jouez pas au con avec moi si vous voulez que j’vous ramène vers la civilisation, c’est clair ? » L’ordre fut ponctué d’un écho lointain, mais parfaitement distinct. Comme si une énorme branche s’était détachée puis fracassée au sol. Comme si une semelle de géant avec ouvert un tronc en deux. Il se retourna vers l’arrière, bien au-delà des gravats carbonisés, là où ses prunelles ne pouvaient rien repérer, dans l’obscurité naissante. Soudain réduit au silence. Son souffle s’étrécit et son corps tendu tout entier vers l’origine du son resta un instant immobile. Il sentit sa bouche s'assécher, craignant une malédiction de plus, revivant déjà la chaleur artificielle des flammes meurtrières, les hurlements et l'odeur de souffre et de chair brûlée. Les pulsations de son myocarde bondirent en un rythme infernal, et il articula à mi-voix. « Dérangez les morts, et ce sera à bien pire qu'aux locaux que vous aurez affaire. » Il ne pouvait décemment pas l'abandonner ici. Il ne se pardonnerait pas un cadavre de plus, n'appartenant par ailleurs pas à l'Irae. Seuls les siens avaient le droit d'y trouver le repos. Lorsqu'il la regarda de nouveau, sa haine ne s'était guère tarie : à peine écornée. Ce n'était pas le moment d'éclater. Il pointa alors le Nord d’un index accusateur. « Bougez-vous. »  

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Louisiana Burning

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Dim 20 Oct - 2:29 (#)



No color, no light

Eoghan & Sumire

◊ ◊ ◊

Bavardages empoisonnés, les épines de la curiosité piquent au bon endroit. Elles font transgresser les règles, s'effacer l'apaisement du visage aux prunelles d'aquarelles. Elles fusillent, mitraillent brutalement à peine les mots sortis et elle la sent, la vive angoisse, la gifle de chaleur qui s'éprend du corps pour l'empêcher, un instant, d'inspirer. L'ombre dominante fonce sur elle, à peine le temps d'amorcer la fuite que le poignet se fait prisonnier, le corps repoussé dans une brutale bousculade. Les mâchoires crispées, elle lui arrache sa main, le regard sillonné de poison. Ne me touche pas. Ne me touche jamais. Les insultes bordent déjà la langue, le pouls battant au creux du cou, malade d'une peur qui s'accroche, qui se cramponne comme pour trouver en elle une source infinie d'énergie. Et grandir, toujours. "Vous ne savez rien. Rien du tout. Vous parlez sans connaître, comme tous les étrangers qui viennent salir Shreveport." Haussement de sourcil qui marque un mépris profond, un "Ce n'est pas ..." murmuré mais vite noyé dans la nuée des mots qui se bousculent. Et elle recule, d'un pas, d'un autre, ils ne se comptent plus que par les à-coups de la verve enragée. Les feuilles pleurent sous ses pas et elle cille, serrant toujours plus les dents pour ne pas éclater en insultes paniquées. Les mains se crispent dans le secret des poches de son manteau et elle manque de trébucher sur une souche morte, éloignant son visage de celui qui se penche jusqu'au sien "Qu’est-ce qui m’empêcherait de vous laisser ici ? La nuit tombe. Vous ne retrouveriez jamais le chemin." Silencieuse, comme toujours, face à la hargne, face à ce qui pourrait se transformer en tempête incontrôlable. Sans avoir besoin d'y laisser errer son regard, elle devine ses mains assez fortes pour finir le travail inachevé qui ne l'a pas brisée en deux au cœur de son Japon abandonné. Tout tremble mais elle reste de marbre, le noir affrontant le bleu où gronde l'orage. Comme tous, il observe son visage à la recherche d'une quelconque nervure, un tic de faiblesse mais il n'y a que son corps pour marquer l'alerte. Jamais ses traits ne diront quoi que ce soit. Ils se sont depuis longtemps promis au silence. Tu n'y trouveras rien alors cesse de chercher.  "Le bayou n’est pas loin. Vous savez ce qu’on y trouve ? Vous le sentez, ça aussi ? Ou tout ce que vous connaissez vient de Google images ?" Qu'il croit, qu'il essaie de deviner, elle laissera le bénéfice du doute. Le timbre se teinte de toujours plus d'agressivité et de toute sa présence, il domine.

Alors que ses prunelles dérivent, elle abaisse les siennes, sillonne l'être entier dans un calcul froid, pour mieux cacher la femme terrorisée qui grelotte dans un coin de son crâne fêlé. Il est semblable aux autres, hurlant pour qu'on l'entende mieux, éclatant la bulle de sécurité pour prouver à l'autre qu'il respire la force, l'ardeur. Il est teinté du rouge de la haine qui ne demande qu'à sortir et d'un noir assassin. Il est prêt à prendre feu mais elle ne sera pas sa flamme ce soir. "Comment vous êtes arrivée ici ? Qu’est-ce qui me prouve que vous n’avez rien à voir avec ça ?!" Elle se crispe sous l'éclat du ton qui monte. Elle reste muette, lui laissant tout le loisir de peser la portée de ses mots. Au fil des secondes qui se déchirent, il ne fait que lui prouver qu'en ces lieux planent encore des âmes damnées, des corps en souffrance, que bien des drames se sont inscrits dans l'atmosphère qui entoure la carcasse de cette maison. A-t-il les mains teintées du sang de ces esprits hurlants ? Est-il si coupable qu'il préfère rejeter la faute sur l'autre ? " Vous êtes seule. Complètement seule. Alors jouez pas au con avec moi si vous voulez que j’vous ramène vers la civilisation, c’est clair ?" La langue flirte avec les incisives, la patience devenant peu à peu plus poreuse, ses paroles et son ton éveillant en elle un feu jamais vraiment éteint. Monstre grandissant, il prend parfois le pas, dans de rares moments d'égarements qu'elle regrette tout de suite après. Pas lui. Il ne déclenchera pas sa fureur. Pas lui. Les mains quittent leur nid douillet alors qu'elle croise les bras contre sa frêle poitrine, sondant toujours le visage, entendant d'ici le souffle inégal, pouvant presque frôle du bout des doigts les étincelles de sa colère. Un "Je ne vous ai rien demandé." est prêt à sortir, tout proche, un souffle et elle pourrait tout casser. Mais elle tient en laisse la chienne hargneuse qui veut aboyer et mordre face à la violence facile.

Le corps étranger s'éloigne et sans pouvoir le retenir, elle relâche une respiration tremblante, expire sa peur, ses angoisses, ses cauchemars, sa douleur incessante. Il ne l'a pas touché. Pas encore. Persiste autour de son poignet la brûlure des doigts, la poigne de fer des doigts calleux, les mains d'un travailleur. Détournant le regard, elle perd un instant de sa superbe, profitant de son inattention pour relâcher les restes de l'anxiété, refusant de céder à son étreinte. Perdu dans le vide, le regard revient se perdre jusqu'à lui. De là où elle est, statue de pierre polie, elle n'aperçoit que les muscles crispés, silhouette tendue à l'extrême, le profil peu anodin que les dernières lueurs du ciel vivifient de leur ocre divin. Elle oscille entre cette vision étrange et celle, macabre, du cadavre calciné. Malgré les avertissements, elle n'a pas perdue sa curiosité. Pinçant les lèvres, elle se retient d'insister, pleine d'une sagesse qui frôle la prudence. Elle n'a jamais été idiote, pas au point de risquer tout pour une information purement égoïste. "Dérangez les morts, et ce sera à bien pire qu'aux locaux que vous aurez affaire." La menace se suspend dans l'air entre eux, à peine audible et profitant de son dos tourné, elle le fusille, fronce les sourcils. La mélopée se teinte de sang, de cris, d'une torture infâme. Qu'est-il ? Qu'a-t-il traversé en ces lieux pour se laisser si facilement éprendre par la haine, comme un enfant protégeant férocement son territoire ? "Bougez-vous." Entrouvrant les lèvres, elle observe la direction que la pointe du doigt lui montre, avançant de quelques pas, presque timide, se tenant à bonne distance de lui, attentive à chacun de ses gestes. Il pourrait revenir, il pourrait foncer vers toi, te déchirer en deux.

Non.
Non, je le tuerais avant.


"Vous êtes toujours aussi aimable avec les étrangers ?" Doux murmure qu'elle offre enfin, comme pour ne pas réveiller l'eau qui s'apaise en surface. Passant près de lui, elle s'arrête un temps, levant vers lui un visage où ne persiste aucune craquelure mais vient sur les lèvres l'aube d'un sourire qui oscille entre douceur et acidité. "Ou ce charmant accueil n'était que pour moi ?" L'agressivité se dilue dans la soie des accords doucereux. Elle pique sans plonger franchement la lame des mots en plein cœur. Il ne doit pas la fuir, ni la laisser ici. Elle se sait bien incapable de retrouver la surface malgré son amour des ombres et de la lune. Abaissant le regard, elle se fait néanmoins plus sage, se force à ravaler les palabres à la mélodie acerbe, hésite un instant avant de soupirer, résignée "Mais je n'aurais pas dû forcer, je sais. C'est juste …" Rencontrant de nouveau ses yeux, elle se tait, secoue finalement la tête, ses paupières s'abaissant assez pour qu'elle quitte l'orage du regard. "Peu importe. J'ai compris le message." Et qui est vraiment perdant dans cette bataille ? Celui qui hurle sans penser aux conséquences ou celui qui n'ose pas sortir du carcan du calme par peur des représailles ?

Reprenant sa marche, elle s'avance sur le chemin incertain, épouse du regard les moindres recoins verts et sombres, n'y voyant pas grand chose appelant à la liberté. Quelques pas et elle se retourne, hésitante "Vous venez ?" Elle regrette la lueur d'espoir que la voix laisse éclore, déteste l'impression d'être une aveugle dans un monde qu'elle voit pourtant dans ses moindres détails. Peut-être n'a-t-elle pas compris ? Peut-être compte-t-il la laisser voguer, seule, parmi l'océan verdâtre des feuilles éplorées, entourée par mille bruits qui n'ont jamais vraiment l'air humain. "Promis, je ne dirais plus rien. Je sais me faire invisible." Cette fois le sourire est plus affable alors qu'elle noue ses mains entre elles, adoptant une posture plus détendue "Je crois que j'ai déjà assez dansé ce soir. Et vous …" Un silence pour marquer la recherche des bons mots. "... vous pourriez me montrer le bayou en chemin, Google Images n'en montre vraiment pas assez. Et je saurais observer sans parler." La promesse n'est pas lancée à la légère, le jaugeant de ses orbes gorgés de secrets et de questions sans réponses, attendant le prochain coup de marteau sur sa main tendue.

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
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⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
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⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Jeu 7 Nov - 4:27 (#)


It's in the subtext
Garde le contrôle.
Garde le contrôle.


Ainsi s’implorait-il lui-même. Il avait beau être une créature de violence, toute entière soumise aux commandements de ses croyances, il se savait capable d’agir autrement. De communiquer autrement qu’en houspillant ou en brutalisant une parfaite inconnue. Même si sa méfiance le tenaillait encore, même s’il ne parvenait plus à accorder confiance ou crédit aux étrangers dont la route croisait la sienne. Elle n’était peut-être pas responsable du désastre. Peut-être n’était-elle qu’une ravissante idiote, égarée là car portée par une curiosité qui aurait pu souffrir la comparaison avec la sienne. Il l’effrayait. Il l’effrayait sans qu’il ne lise en elle les écueils d’une parfaite lâcheté. La plupart des Autres qu’il croisait loin de la ville étaient des hommes. Qu’importe les mouvements activistes, les remous sur les réseaux sociaux ou les discours évoluant à toute vitesse sur les plateaux de télévision ou dans les colonnes de journaux : il persistait encore à penser qu’il fallait des burnes pour s’aventurer dans le South, tout près des frontières du bayou. Des burnes que ne possédaient pas les filles étrangères à la région. Alors, malgré ce qui bouillonnait encore dans le cœur de l’arcaniste, malgré cet ardent appel à incendier le monde, les hommes et les responsables de cette souffrance qui ne disparaissait jamais complètement, il se morigéna en silence, s’incita à la patience, à se retrouver maître de lui. Il supportait de moins en moins ces bouffées impulsives qui le plongeaient trop souvent dans l’embarras, dans des situations dont il ne sortait pas meilleur. Il entachait de lui-même sa réputation. Il lui avait fait peur, très bien. Maintenant, il pouvait passer à autre chose. Il devait passer à autre chose. Il se surprit lui-même, de cette tentative rapide d’apaisement. Il se figurait balancer un seau d’eau glacée sur les flammèches de ses rancoeurs, toujours prêtes à flamber de plus belle. Une tâche éternelle, tonneau des Danaïdes percé et impossible à remplir. La roche qu’un Sisyphe aurait peine à faire rouler jusqu’à un sommet. Les entrailles éternellement déchiquetées, pareil à un Prométhée puni ; péché d’orgueil. Alors pourquoi cette forme d’auto-répression ? Peut-être la devait-il à elle. Seulement à elle. Ce visage taillé, cette porcelaine qu’on peinerait à voir entachée (qui se risquerait à marbrer de coups un épiderme pareil ?), ces orbes opaques et hypnotiques. Il se dégageait de la frêle silhouette une force tranquille qui, une fois poussée dans ses retranchements, valait peut-être mille coups de gueule d’un Eoghan Underwood.

Sans montrer ouvertement aucun signe de radoucissement, la ligne de ses épaules se détendit imperceptiblement. L’attitude de la jeune femme l’aida grandement à apaiser sa fureur, et il se sentit bientôt remué, l’estomac lourd, comme si quelque chose ne passait pas. Ses yeux devinrent bientôt fuyants, comme ceux des vieux locaux du coin, bourrus et antipathiques, pouvaient parfois le faire, lorsqu’ils se retrouvaient confrontés à un état de fait désagréable. Elle passa devant lui, et il fixa cependant obstinément l’herbe d’un vert éclatant, quoiqu’affadi par le soir, à leurs pieds. C’est elle qui l’appela, finalement. Après un dernier coup d’œil à la demeure en ruines, il déglutit péniblement (ça non plus, ça ne passait pas), et se détourna enfin pleinement. Il l’écoutait, sans en avoir l’air. Mais, surtout,  il la suivait. Se tenant à quelques centimètres en arrière d’elle, sans parler, il laissait son regard se porter à quelques mètres au-devant d’eux, afin de surveiller l'avancée de l’Asiatique. Ressassant jusqu’à l’obsession, les pensées sombres et l’humeur grise, il guettait autant l’avant que l’arrière du chemin. De mauvais frissons venaient hanter sa nuque : il s’attendait à pouvoir sentir contre son échine le souffle glacé des morts, quelques malédictions lancées à leurs trousses, ou la manifestation tardive d’une énième malédiction, calamité supplémentaire qu’il redoutait plus que de raison. Un sentiment de dépression poisseux compliquait les allées et venues de l’air dans ses poumons, et il peinait à rester à l’écoute, sa tête légèrement penchée marquant néanmoins son attention, même passive.
Lorsqu’il l’attrapa de nouveau au poignet, ses phalanges se firent bien moins agressives, et il tira l’inconnue vers lui, l’obligeant à se décaler subitement de quelques pas. Il pointa du doigt de sa main libre un creux vicieux, dans le revêtement meuble, encombré par les racines, les roches aléatoires et les touffes végétales. Un creux qui n’aurait pas manqué de lui tordre la cheville, sans aucun doute. Il la relâcha le plus rapidement possible, afin de se démarquer bel et bien de la violence dont il avait fait preuve quelques instants auparavant. Il consentit à marquer un arrêt bref, non sans se retourner fréquemment derrière eux. Pas tranquille. Probablement avait-il encore plus peur qu’elle. Parce qu’il savait. Il savait ce qui rôdait en ces lieux. Il se souvenait du chemin chaotique qu’il avait parcouru, courant jusqu’à se sentir au bord de l’évanouissement. La terreur dans le cœur ; celle de se voir rattrapé par un ennemi invisible. Serrant les dents, le céruléen rencontra à nouveau le noir mat. « Vous n’auriez pas dû, non. » Plus basse, sa voix. Plus rauque. Une faille. « Personne ne devrait plus venir là. Jamais. » Tu entends ? Qui que tu sois. « Pour votre sécurité… seule ou accompagnée, ne revenez pas ici. Ne revenez pas. D’accord ? » Presque une supplique. Calme. Terriblement calme. Signe grave, chez le sorcier. « Je suis désolé si je me suis montré un peu… » Rustre ? Cavalier ? Qu’importe le terme. « Je ne m’attendais pas à trouver quelqu’un dans les parages. Mais vous avez raison. Les étrangers, c’est pas toujours mon truc. » Un sourire maladroit barra ses lèvres, et il lui indiqua de le suivre d’un hochement de tête. « Marchez dans mes pas. Faites gaffe là où vous mettez les pieds. » La luminosité se faisait de plus en plus basse. La nuit tombait, et elle tombait vite. Il jeta un coup d’œil à sa montre et pesta à haute voix en apercevant l’heure. Jamais il ne serait revenu au pick-up avant que l’obscurité totale ne leur tombe sur le râble. « Vous êtes venue en voiture, dans le coin ? Comment vous êtes arrivée là, hein.. ? » Concentré sur leur route, il se fiait à son sens de l’orientation, aux sentiers invisibles que son instinct et sa bonne connaissance des environs savaient reconnaître. « Le bayou, ce sera pas pour ce soir, j’en ai bien peur. Même les gens d’ici évitent d’y aller la nuit. » Il n’avait par ailleurs pas pour habitude de jouer les guides dans les marais. Plusieurs fois, il s’était fait offrir quelques dollars pour une visite originale en remontant les bras de la rivière. Systématiquement, il avait repoussé l’offre, refusant de se brader au profit d’un tourisme de masse qu’il redoutait comme la peste. « On est trop loin de toute manière. Et je préfère éviter de longer les berges, si ça vous ennuie pas. On va devoir couper à travers bois. Faites gaffe. Restez à côté. » Pour l’instant, plus de bruit suspect. Sans se sentir pleinement rassuré pour autant, il chercha à se distraire l’esprit autrement : « Bon, qu’est-ce que vous faisiez là toute seule, M'zelle "j’ai assez dansé ce soir" ? Vous bossez pour quoi, un guide du routard ? Vous pratiquez la méditation en pleine nature, ou une connerie du genre ? »
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Louisiana Burning

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Dim 15 Déc - 5:08 (#)



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Eoghan & Sumire

◊ ◊ ◊

La violence semble s'être tue. Elle n'est pas dupe. Peut-être grouille-t-elle encore quelque part en lui ou quelque part en elle. Ce n'est pas l'envie de le rabrouer qui lui manque mais elle se force à cet apaisement, à cette caresse à peine perceptible qu'elle offre aux âmes troublées. Rien ne sert de faire gronder le tonnerre en ces lieux, il regorge déjà de tellement de fureur, de peine et de tragédie qu'elle n'a pas envie d'en rajouter. La carcasse a presque des allures de lieux sacrés mais demeure trop effrayante dans sa noirceur pour qu'elle en ait totalement pitié. C'est le soulagement qui la harponne lorsqu'il s'avance enfin et qu'elle le précède. Ses bottes foulent la masse informe du sol, découvrant un chemin qui semble aussi paradisiaque qu'étrange. Le vert des feuilles pleurantes se mêlent au brun des troncs et de la terre et forment un tableau presque aussi charmant que les forêts qu'elle a pu arpenter en ces terres ancestrales. Quelque chose dans ce décor faussement calme la rend plus amère et l'éloigne de l'instant. Elle n'est pas sourde pour autant aux pas qui la suivent, consciente de cette présence qui pèse comme une ombre presque solide sur son dos. La tentation de se retourner est forte mais elle n'est pas prête à croiser de nouveau les orbes claires qui ne cessent de fusiller comme pour protéger ce qui semble y dormir. Il a tout d'un être que l'existence écharpe et esquinte sans demander pardon. En son esprit se dessine toujours l'image cadavérique de cette bâtisse que le bayou semble dissimuler comme un corps qu'on ne veut pas qu'on retrouve. Bien caché comme un trésor démoniaque au creux de cette boîte de Pandore aux milles feuillages. Ses muscles tiraillent mais elle avance, elle se force à ne pas parler car le silence a toujours eu ce charme qu'elle affectionne. Ce néant qui apaise, laisse toute place à la réflexion ou à l'entente de ce qui l'entoure. Si son mutisme n'est lié qu'au respect de sa promesse, il lui permet d'entendre que lui n'est pas silencieux pour les mêmes raisons. Il ne joue pas au roi à qui on a coupé la parole. Il ne joue à rien d'ailleurs et cette absence de mot la désarçonne autant qu'elle caresse sa curiosité grandissante, aussi pressante que celle qui anime l'âme d'un enfant.

Les lèvres s'entrouvrent, prête à jouer le rôle du ciseau qui coupera le ruban de son serment. Mais le touché l'étrangle, les doigts s'enroulant autour de son poignet pour mieux la faire reculer. L'épaule percute le torse et elle est prête à protester, sans comprendre ce qu'elle a bien pu faire pour s'attirer de nouveau son courroux. Mais levant la tête vers lui, elle n'aperçoit aucune crispation des traits, suit la direction qu'il lui désigne d'un doigt levé, remarquant enfin ce qui aurait pu causer une pause définitive à sa course effrénée vers la sortie qui ne semble pas vouloir se montrer. Ne pas l'avoir vu ne fait que confirmer ce qu'elle savait déjà avant de venir; elle a encore tout à apprendre de Shreveport. Autant de son béton que sa terre humide, de ses alentours jusque dans ses moindres détails. Le remerciant d'un simple signe de tête, elle ne montre pas son soulagement lorsqu'il relâche sa prise. La terreur d'une autre emprise trop violente murmure encore tout près du cœur qui s'est crispé et peine à s'en remettre. Elle déteste l'anxiété qui ne la lâche plus si ce n'est lors de ses nuits où elle se baigne corps et âme dans le stupre. C'est quand elle est consciente du contrôle qu'elle a sur l'autre que rien ne semble l'arrêter. Ici, en ces lieux qui semblent avoir été créés pour dissuader les plus ignorants, elle ne se sent que comme un insecte que la moindre botte pourrait écraser. "Vous n’auriez pas dû, non." Les yeux reviennent vers lui, presque surprise de l'entendre de nouveau parler. Encore cet accent qui résonne étrangement à l'oreille. La mélodie des voix ici semble faite de tant de notes différentes qu'elle s'y perd parfois. La tonalité particulière de la voix se mêlant à l'anglais chantant la trouble mais pas assez pour qu'elle ne saisisse pas où il veut en venir. "Personne ne devrait plus venir là. Jamais." L'avertissement perce la chair autant que le givre bleu qui souffle sa brise dans son propre regard. Impassible, elle le laisse poursuivre, reculant d'un pas prudent. "Pour votre sécurité… seule ou accompagnée, ne revenez pas ici. Ne revenez pas. D’accord ?" Cette fois, elle fronce rien qu'un peu les sourcils, les prunelles agitées, cherchant à comprendre le message qu'il semble vouloir lui transmettre sans pour autant y mettre les mots bruts que sa langue aimerait lui abandonner. Le timbre change, dégringole en quelque chose de moins incisif, éraflé par la souffrance. Elle le sent, tout n'est pas dit, ses paroles dissimulant une vérité absurde d'horreurs. Malgré les maigres kilomètres qui les séparent de la maison calcinée, elle se sent toujours entourée de ces murmures qui semblent hurler leur douleur, des âmes que personne n'a voulu recueillir et qui tente de lui adresser la parole sans qu'elle ne l'y autorise. Un mirage ou une réalité, elle n'en sait rien. Les lèvres la démangent d'en demander plus mais il s'énerverait, lui faisant assurément regretter son audace. Enfin, elle consent à hocher la tête, toujours muette. Promesse silencieuse de ne pas revenir. Elle trouvera un autre coin où fouiller les astres, peu importe. Ça ne la regarde pas. "Je suis désolé si je me suis montré un peu…" Il s'interrompt et les lèvres se pincent pour retenir un sourire un brin moqueur et bien des mots lui viennent pour décrire son comportement mais elle préfère n'en poser aucun. C'est oublié, elle essaie de le transmettre en silence. "Je ne m’attendais pas à trouver quelqu’un dans les parages. Mais vous avez raison. Les étrangers, c’est pas toujours mon truc." La tête se penche légèrement, marquant toute l'intrigue qu'il lui inspire. Singulier, amenant d'abord l'affreuse tempête de la rage puis s'apaisant dans ce qui semble être un fardeau bien lourd à porter jusqu'à ce calme maladroit. Se redressant légèrement, elle plonge ses mains aux paumes pourtant chaudes dans le linceul de ses poches "J'ai cru comprendre, oui." Un sourire vient rejoindre le sien, plus apaisant, une lueur aussi discrète que la voix "Mais c'est honnête de l'avouer. De toute façon, je ne vous en veux pas. J'ai exagéré, vous vous êtes défendu, fin de l'histoire." Un haussement d'épaules nonchalant ponctue ses palabres qu'elle espère être un point final à ce chapitre aussi court que mouvementé. Le bayou l'aura mise sur le chemin d'un être de plus. Peut-être est-ce là la seule fois qu'ils se verront. La ville est grande, assez pour qu'ils n'aient plus à se rencontrer. Qu'a-t-elle à perdre alors à pardonner un acte qui deviendra aussi éphémère et fragile que le souvenir d'un moment fugace dans quelques semaines à peine ?

"Marchez dans mes pas. Faites gaffe là où vous mettez les pieds." Le laissant passer devant, elle se laisse guider, surveillant les endroits où il se pose sans autant d'hésitation qu'elle. Assurément, elle sent dans la démarche une aisance qui le confond si bien à cette presque jungle à l'apparence apaisée mais où tout regorge d'une certaine hostilité. "Vous êtes venue en voiture, dans le coin ? Comment vous êtes arrivée là, hein.. ? " A nouveau, la voix résonne, presque lointaine et elle met un temps avant de se décider à répondre "Non, j'ai pris un taxi. Je voulais juste … Je ne sais pas trop." Elle n'ose avouer l'opportunité bienvenue qu'elle a vu dans ces contrées reculées des monstres de bétons de la ville, loin de l'effervescence inépuisable. Ce besoin de silence, cette envie pressante d'être seule pour se plonger pleinement dans la douceur de ses prières. Des prières ne menant à rien. "Le bayou, ce sera pas pour ce soir, j’en ai bien peur. Même les gens d’ici évitent d’y aller la nuit." Et elle comprend bien pourquoi en sillonnant les lieux de son regard tout en continuant de suivre. "On est trop loin de toute manière. Et je préfère éviter de longer les berges, si ça vous ennuie pas. On va devoir couper à travers bois. Faites gaffe. Restez à côté." "Ce n'est rien, je remarque bien que le bayou a un peu du mal avec les étrangers lui aussi." Le sourire dans la voix, elle tente d'alléger la lourde tension qui n'a pas l'air d'avoir totalement quittée la ligne de ses épaules, d'apaiser ce qu'il reste à apaiser.

En quelques pas, elle se rapproche, refusant de se faire trop distancer par ses pas mangeant plus de kilomètres qu'elle. Sans se laisser décourager, elle se laisse presque bercer par le bruit sourds de leurs semelles écrasant la terre, le cliquetis des bocaux qu'il porte tout près de sa hanche, celui plus discret de ses clés au fond de son propre sac. Le tout forme une mélodie délicate, un peu décalée. "Bon, qu’est-ce que vous faisiez là toute seule, M'zelle "j’ai assez dansé ce soir" ? Vous bossez pour quoi, un guide du routard ? Vous pratiquez la méditation en pleine nature, ou une connerie du genre ?" Elle s'étonne qu'il frôle aussi vite la vérité "On peut dire ça. Je médite pas mal, en effet et j'ai besoin d'endroits comme celui-ci." Un instant, elle observe la silhouette plus haute que la sienne, ne se résignant plus au silence "Tout a l'air très sauvage par ici, rien n'est vraiment silencieux vous me direz mais … Ça a quelque chose de très méditatif étrangement. Les bruits de fond me portent énormément." Ses paroles ne l'intéressent peut-être pas, pour ce qu'elle en sait mais elle s'essaie à délier sa langue. Si elle se heurte de nouveau à un mur, elle saura refermer le cadenas. Évitant de peu ce qui semble être une branche d'arbre bien enracinée, elle ne s'essouffle pas encore, s'accrochant à cette ouverture de conversation pour ne pas tomber dans le puits sans fond de pensées acides et meurtrières. "Et vous ? Qu'est-ce que vous faisiez là ? Une récolte d'herbes médicinales ?" Douce mélopée que le timbre offre, elle creuse un peu moins, espère qu'il le comprendra. "Vous avez l'air de bien connaître l'endroit."

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Mer 6 Mai - 2:27 (#)


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Tout en essayant de garder son attention focalisée sur elle, il continuait de sonder les environs. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose rôdait là. Ce n’était pas qu’une question de paranoïa, de souvenirs remués d’une lame souillée de rouge, de flammes de cauchemars. Les lieux étaient salis. Trop de vivants avaient péri sur cette portion de territoire, et les ramures veilleraient longtemps sur ce berceau d’âmes encore neuves (un an n’était rien). Certaines qu’il aurait voulu protéger de toute inquisition extérieure. D’autres qui ne méritaient pas mieux que la triste fin dont elles avaient héritées. Et si Morgan Leroy avait été tué là, alors nul doute qu’il poursuivrait dans l’après-vie son travail de gourou, de croque-mort, faisant danser les esprits derrière lui en une sarabande infernale, toutes les nuits. Même les rayons du jour qui avaient autrefois chauffé la peau bronzée de Johanna Andros ne suffiraient pas à écarter son influence. L’endroit deviendrait maudit. Dans dix ans, dans cinquante ans, on continuerait de se demander ce qu’il s’était passé ici. Les gosses fantasmeraient, les adultes aussi. Certains se perdraient près des murs détruits, donnant libre cours à leur imagination pour comprendre la genèse de l’incendie. Combien de corps. Combien de cris. Maudit, maudit, maudit.
Il se retint de la toiser en se retournant vers elle. Venir ici en taxi ? Demeurer si tard dans ces lieux perdus ? Et en espérant rentrer comment ? Et vers quelle heure ? Il siffla entre ses dents : « C’est de l’inconscience… Shreveport a beau être plus civilisée qu’autrefois, il y a encore pas mal d’endroits dans le coin où le réseau ne passe pas. Vous ne voulez pas rester coincée dans un trou pareil, bon sang… » Agacé par ces manies de touristes, il ne comptait cependant pas en rajouter une couche. Lui aussi souhaitait passer à autre chose, et il était persuadé qu’elle ne réitérerait pas de sitôt. Il la sentit forcer sur ses cuisses pour réduire l’écart entre eux deux. Il se fit élégant, ralentissant l’allure, l’air de rien, malgré sa hâte de retrouver le chemin à peine goudronné. Au moins se montrait-elle plus agréable de son côté. Bien. Elle ne lui serait probablement d’aucune utilité si les choses dégénéraient d’une manière ou d’une autre, mais il préférait encore qu’ils s’allient face à cette nature cruelle et aux énergies douteuses, plutôt que de se la jouer chacun pour soi, à bouder dans son coin. Avec soulagement, il constata que le peu de lumière planant encore depuis les cieux lui indiquait un espacement de la végétation significatif. Ils approchaient, bientôt sortis des fourrés anxiogènes, des plants de sumac vénéneux et des mousses parasites. « J’serais vous, j’me trouverais un endroit plus accueillant. J’comprends c’qui peut vous attirer ici, mais il faut pas. Vraiment, il faut pas. Il faut laisser certaines zones en paix, vous voyez ? Vous aurez l’occasion d’méditer dans des endroits tout aussi bons pour vous, et vous vous ferez porter ailleurs. » Il ne décela rien qui aurait pu l’aider à la soupçonner quant à ses pratiques. N’importe quelle nana portée par ses fantasmes new age amplifiés par la Révélation aurait pu s’exprimer de cette façon, ce qui ne l’alerta en aucune façon.

La pente se fit bientôt plus prononcée, le temps de rejoindre la route en mauvais état. Hormis pour ce qui concernait les locaux – et encore – il s’agissait de l’une de ces voies quasiment abandonnées, semblables à celle, importante, qui traversait toute la zone du North, de l’autre côté par rapport à la ville. Il cala ses mains sur ses hanches, tant pour souffler un coup que pour quadriller la zone de ses prunelles plissées, cherchant à se repérer par rapport aux lignes de l’horizon, avant que la nuit ne l’en empêche. « Je suis né ici. Venez. » D’un bon pas, il reprit la route en suivant le bord du chemin à la hâte. « Enfin presque. J’suis né à Bâton-Rouge en vérité, mais j’avais pas un an quand ma famille a débarqué. J’ai toujours fréquenté les marais, d’aussi loin qu’j’me rappelle, et pourtant j’peux vous dire que j’aime pas rester là, passé une certaine heure. » Alors dans de telles circonstances… Son appréhension s’était renforcée. Il ignora délibérément la question concernant ses activités. Le sorcier ne cessait de se retourner. Il croyait entendre encore des mouvements de branches que l’on casse, diffus, comme si on les avait suivis, depuis les tréfonds des bois. Un craquement se fit plus prononcé, et cette fois il stoppa net, sa silhouette pivotant vers les derniers mètres qu’ils avaient parcourus. « Chut, attendez. » Il savait qu’il n’hallucinait pas. Il était sûr d’entendre bel et bien ces signes inquiétants que quelqu’un, quelque chose, était sur leurs talons. L’obscurité, elle, tombait à une vitesse saisissante (surnaturelle). Il recula, ses yeux filant du « parking » de fortune encore invisible où sa bagnole l’attendait, à cette percée dans la végétation. Il murmura : « Mon pick-up est garé plus loin. Il faut suivre la route… Il va falloir encore marcher. Vite. » Comme si une nuée de poussières s’était interposée entre ses orbes et le monde, son champ de vision se perturba, au point de rendre le tout confus, ainsi que si le sable venant du Texas avait soufflé sur les plaines de Louisiane.

Ce qu’il vit alors le dépassa. Il n’était pas sûr. Il n’était sûr de rien. Une silhouette obscure paraissait se découper dans le lointain. À au moins une trentaine de mètres, près de là d’où ils avaient émergé pour rejoindre la route. Une silhouette immobile, parfaitement statique, et qui avait rejoint le centre de la voie, là où jamais de bandes jaunâtres n’avaient été dessinées. Sa poitrine se compressa d’angoisse. Déjà, dans son crâne, résonnaient les ordres du prédicateur fou. Ses ordres déments. Les hurlements terrorisés qu’il avait poussés lorsque les membres de sa propre secte s’étaient retournés sur lui, telle une meute de chien attaquant leur maître trop brutal. Un an avait beau être passé depuis, il comprit alors que jamais, jamais le spectre de l’homme ne l’abandonnerait. Jamais il n’oublierait le jour qui les avait vus, Johanna et lui, s’aventurer trop près de cette coloniale destinée à brûler. Son seigneur tout-puissant ayant déjà jeté son dévolu sur une gamine qui n’avait jamais rien demandé qu’à vivre. Elle n’avait pas quinze ans, que déjà sa mort était actée, dans le mental dérangé du Cajun, dont l’épée de Damoclès était resté suspendue au-dessus de son crâne, dans un décompte fatal. Les mâchoires serrées, sa paume enveloppa l’épaule de l’inconnue, l’entraînant à reprendre la marche avec lui. Un murmure émana de sa gorge nouée : « Votre nom… Dites-moi votre nom. » Ne pas se retourner. Ne pas vérifier s’il s’agissait d’une invocation inconsciente, d’une alerte rouge provenant de son cerveau détraqué. Mais il était si sûr d’avoir repéré cette haute silhouette. Tellement sûr. « Mon pick-up est garé plus loin, sur la route. À dix minutes de marche, tout au plus. C’est une Ford bleue. Je ne suis pas sûr de… Je ne sais pas… »

Ne te retourne pas.

« Si pour une raison ou pour une autre nous devions être séparés, les clefs sont planquées au niveau de la roue arrière droite. » Il n’avait pas lâché l’articulation fluette de la jeune femme et, pour se donner du courage autant que pour la rassurer un minimum au vu des circonstances, il articula avec une fausse légèreté : « En espérant que vous n’ayez pas à me planter ici pour une raison pour une autre, bien sûr. »

Ne te retourne pas.

S’il se retournait, alors la chose se lancerait sur leur piste. Un mantra stupide, enfantin, mais dont il ne parvenait pas à se détacher. Chuchotement inquiet, onde de reproche à peine perceptible. « J'espère simplement que vous n'avez rien réveillé... »

Ne te retourne pas.  


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Louisiana Burning

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Lun 21 Sep - 7:18 (#)



No color, no light

Eoghan & Sumire

◊ ◊ ◊

L’étranger n’imbibe point ses paroles d’un miel hypocrite, nulle douceur, nulle caresse, nulle tendresse dans les quelques palabres échangées. Écharpées par l’accent qui écorche si souvent ses oreilles n’ayant que l’habitude de la langue nippone, il ne peut que la piquer de ce ton sec dissimulant davantage qu’un rejet total de ce qu’elle est et des racines de son Japon visible dans ses traits et dans ses paisibles discours semblant insulter sa verte patrie de boue et de végétations agressives. L’oreille attentive, la nymphe à l’œil aiguisé par son dur labeur où il faut bien déceler ce que veut ou non le client, elle devine l’inquiétude dans l’agressivité passive, cillant sans répondre à l’invective marmonnée, préférant toujours suivre ses pas, n’ayant, en effet, aucune envie de rester prisonnière de cet enclos de verdures et d’humidité à la faune grouillante et chantante, passant ses messages de rejets par les moucherons, les moustiques, les rampants, sans oublier les reptiles dormant sous les eaux nappées de vases. Ses semelles s’emplissent de boue et elle en sent la qualité spongieuse à chacun de ses pas, lui rappelant l’étendue de cette forêt hirsute dans son village natale, foulant la terre de ses pieds parfois nus, trop souvent au goût de sa mère, poursuivant les pas de sa grand-mère partant pour ses méditations quotidiennes ou pour cueillir les plantes qui serviraient à ses décoctions. Combien de fois a-t-elle suivit le chemin de son ancêtre et mentor aux traits plissés, la bouche emplie de paroles pleine de sagesse, parfois rudes à entendre mais qui ne peuvent que faire sens à présent. Un instant, elle se réjouit presque de se laisser guider par les pas d’un homme dont elle ne sait rien mais qui, à l’instar de sa grand-mère, connait le monde qui les entoure, semblant s’y imbriquer à la perfection. L’esquisse rêveuse étire le coin de ses lèvres sans qu’il ne puisse le voir, la nostalgie fouillant sa poitrine, creusant dans les plaies qui ne cessent jamais de pleurer. Quand reverra-t-elle son pays ? Quand pourra-t-elle toquer de nouveau à la porte de chez ses parents pour s’y reposer ? Quand pourra-t-elle se recueillir sur la tombe de celle qui fut son plus grand exemple ? Et son fils ? La joie lunaire s’estompe lentement rendant ses ombres à ce visage où l’amertume finira peut-être par la marquer de ses rides. Kyouta aurait aimé arpenter ce monde coupé de l’autre, courant, trébuchant, se relevant toujours. Il n’y a eu que les flammes pour le laisser à terre car rien, rien ne l’empêchait de se relever, pas même les chevilles foulées, pas même les blessures les plus sanguinolentes. La détresse manque de la prendre à la gorge et il lui faut les mots de son guide pour parvenir à s’extirper de ses pensées assombries par le manque et le deuil qui n’en est qu’à ses prémisses.

Au fil des pas, plongée dans ses méditations hasardeuses, bercée par la diatribe de son compagnon de route, enfant de ce bayou se revêtant d’une aura effrayante, elle n’a pas vu le ciel se couvrir lentement de sa soie crépusculaire. Le soleil, bientôt, leur dira adieu et avec lui emportera l’espoir et ses rayons capables de vivifiés les paysages aux faciès les plus agressifs. Scrutant les alentours pendant cette pause bienvenue, elle ne remarque pas grand chose, percevant les étendues d’arbres aux racines relevées comme les pattes d’une espèce arachnide, la vase couvrant la roche, les feuilles oscillantes, les saules pleureurs aux branches éplorées. Elle observe cette nature vivre, refusant d’être à nouveau dérangée par quiconque, observe ces lieux qui semblaient lui promettre la paix et qui, maintenant, semblent chuchoter bien d’autres secrets, aussi terrifiants et sombres que cette carcasse noirâtre dont ils se sont éloignés. Jetant une œillade curieuse derrière son épaule, ses muscles se tendent et la main retenant son sac dont la lanière s’accroche à son épaule grince et grince encore. Le bayou est-il la cause de cette rumeur macabre qu’elle n’a plus entendue depuis longtemps ? Chaman orpheline de clan, voilà longtemps qu’elle n’avait pas liée son âme et son cœur à un endroit, ni même écouté les morts qui, enfant, ne cessait jamais de l’agacer, guidant ceux en ayant besoin loin de l’entre-monde lorsqu’elle en fut enfin capable. Elle n’a fait que peu de rencontres malveillantes mais aucune des possessions dont elle fut le réceptacle ne la ramènent à de bons souvenirs. Chacune d’elles étaient épuisantes, la laissant parfois affaiblie et frigorifiée, la mort rôdant tout autour d’elle comme une maladie rongeant les os pour ne rien laisser d’autre qu’une coquille glacée, trop faible. Si elle ne laisse rien paraître, l’inquiétude rôde autant que ce vent de mauvaise augure amenant ses terribles promesses aussi sûrement que les croassements des corbeaux. A son ordre, elle se détourne vivement et poursuit son chemin, la chaleur pesante l’agaçant davantage, l’angoisse grouillant tout à coup dans ses pas, dans les muscles de ses cuisses, dans sa respiration hasardeuse dont l’effort de la marche n’est désormais plus le bourreau. « Bâton-Rouge ? Je ne connais pas. A vrai dire, je n’ai pas vraiment eu le temps de visi… » Ramenée brutalement au silence, elle se fige, ne se hasardant pas à jouer les idiotes rebelles. Les alentours lui semblent de plus en plus inquiétants et les murmures enflent, sans qu’elle ne puisse encore dire s’il s’agit du vent ou d’autre chose que seul l’au-delà pourrait expliquer. Dans ce noir tombant doucement sur eux, les nimbant d’ombres au point que le sol en devient de moins en moins visible, elle divague çà et là, la quiétude qu’elle avait espérée trouver ici ayant définitivement quittée le paysage. Il n’y a pas que son myocarde qui se met à trembler, c’est l’âme et le corps ensembles dans un concert de frémissements qui viennent subitement la hanter, pâlissant presque dans cette éclipse soudaine.

Le bonheur n’a plus rien à faire en ces terres
et les étrangers devront être chassés.


Les murmures suintant des vagues du vent l’agressent et elle abaisse la tête, tentant d’en chasser les caresses oppressantes, resserrant même le foulard pourpre à son cou pour que rien ne puisse venir le toucher. Ni les morts, ni les vivants. Cet endroit est un cimetière qu’elle a foulée, inconsciente, semblable à ces novices naïfs qui ne se doutent pas que là où il y a la beauté se cachent parfois les pires monstres. Elle soupire, fébrile et fiévreuse, n’ayant aucun besoin d’être averti par celui dont elle ignore encore le nom pour se presser, ses orbes interdites naviguant sans cesse d’un tronc à une branche dansante, manquant de sursauter à chaque craquement de branche et de feuilles mortes. Ses yeux s’attardent sur lui, dessinant la tension qui l’habite et le cliquetis des bocaux dans sa sacoche aux échos de ses paroles sibyllines lui donnent envie de croire qu’il n’est pas qu’un idiot se prenant pour ce qu’il n’est pas. Il connait, il sait, il doit sentir car le rythme de sa course ne cesse de prendre de la vitesse. Ce n’est plus une balade mais les prémisses d’une fuite qui deviendra bientôt nécessaire. Cours. Cours. Cours.

Et la mort hurle. Semblable à une meute de chiens errants agonisants de faim, elle entend la tirade qui s’amoncellent dans le lointain, semblant tout droit venir du cœur battant de cette nature loin d’être stagnante, un hymne mortuaire invoquant elle ne sait quelle abomination. Elle s’arrête à son tour avant de reprendre sa route, refusant d’être laissée derrière dans cette étendue lui promettant de ne jamais en sortir. Les battements sourds de son palpitant viennent cogner à ses oreilles s’emmêlant à la symphonie de leurs pas, aux branches mortes dérangées et fissurées sous leurs semelles. La tête détournée vers ce linceul verdâtre, elle ne voit pas le bras qui l’attire et l’entoure. Étouffant un cri, elle se tend sous cette poigne masculine, rechignant à devoir s’accoler à lui, à en sentir la chaleur humaine. Les joues rosies par l’effort, elle relève un regard hanté vers lui, sourde, le temps d’un instant, à ce qu’il lui demande, les poignards de ses voix lointaines perçant le brouillard. Clignant plusieurs fois des yeux, elle finit par balbutier « Su… » Elle déglutit, une violente nausée née de la crainte barrant la route à sa voix. « Sumire. » Pas de réflexions inutiles, elle l’abandonne à l’inconnu car c’est bien tout ce qui rôde autour d’elle désormais et il est ce qui lui semble le moins dangereux en cet instant. Le vent sec et chaud infiltre la bouche et assèche la gorge qu’aucune déglutition ne pourrait rendre plus agréable, ses yeux voyant dans ce profil presque sévère et précieux à la fois quelque chose s’apparentant à ce qui la possède désormais. Marchant à ses côtés, presque poussée par sa poigne, elle sent un froid étrange s’enrouler autour de ses chevilles, peser comme du plomb sur ses mollets, tordre les muscles de ses cuisses, siffler entre celles-ci pour mieux embrouiller son ventre et frapper durement son cœur déjà éreinté. « Qu’ai-je fait … ? » Un simple murmure horrifié dans la panique ambiante, destinait à elle-même qu’elle espère ne pas être la coupable de cette intrusion malveillante. Si elle ne perçoit pas ce que lui voit, elle entend la Mort, une armée d’âmes échevelées les poursuivant. Elle n’a jamais entendu autant de râles, autant de souffrances, l’odeur de la chair brûlée semblant presque lui parvenir. La pointe de sa bottine percute une branche surélevée et elle manque de trébucher mais se reprend rapidement, se tournant vers lui, secouant déjà la tête, sans comprendre le sens même de ses paroles. « Qui … » Elle chasse le début de sa question d’un autre mouvement de tête, se fichant bien des fines mèches noires lui tombant désormais sur le visage « Qu’est-ce que vous êtes ? Vous sentez, n’est-ce pas ? » Comme un écho rieur à cette question posée plus tôt, quand le calme régnait encore sur ce royaume de boue et d’eau faussement dormante. « Vous entendez ? »  Plus besoin de tendre l’oreille désormais. Ils sont là. Ils soufflent sur elle leurs soupirs de macchabés transis de douleur et bientôt, quelques larmes suintent au bord de ses yeux scrutant l’horizon. Machinalement, mue par la crainte et la colère immense que lui transmettent les errants, sa main fond et s’accroche férocement à la veste de son guide. Elle erre désormais entre l’au-delà et le présent, craignant que les tatouages la protégeant de toutes possessions ne l’aident pas longtemps.

La dernière phrase l’alerte et malgré l’acide bordant ses yeux et les vagues de murmures agressant ses oreilles, elle relève à nouveau la tête quitte à exposer à sa lumière tout son effroi. « Que s’est-il passé ici ? » Car il y a plus grand, plus terrifiant que ces ombres mouvantes dansant aussi sûrement que les feux follets dont il lui parlait. Ils ne brillent que par leurs désespoirs, que par leurs noirceurs. Bientôt sa propre colère ne manque pas d’enfler et elle repousse le bras l’entourant, inconsciente des larmes coulant désormais sur ses joues « Ce bayou est autant gonflé d’humidité que d’esprits vicieux. Qui sont-ils ? Ne mentez pas. Ne mentez surtout pas. » Elle ne cesse pas sa course, poussant sur ses cuisses pourtant aussi lourdes que si elles étaient retenues par des chaînes de plomb, les murmures devenant un concert aussi tonitruant qu’un tonnerre grondant au-dessus de leurs têtes, tels des épées de Damoclès oscillant sous  leurs fils fragiles. Un coup sec tirant sa manche la pousse vers l’arrière, son pied percutant durement le sol pour retenir la moindre chute. Le choc l'enracine à la terre et un étrange flottement plane pendant une poignée de secondes. Et une première attaque lézarde son sac, agresse la toile de son jean, ripe contre une manche et c’est à la première déchirure éraflant franchement la peau d'une cuisse qu’elle sort de sa sidération. « Courez ! » Elle n’a plus crié depuis longtemps, refusant de sortir de son flegme habituel mais le calme n’est plus une option. Elle s’en dépare tandis qu’elle  perçoit enfin la silhouette étrange bordant leur route. Le souffle coupé, soupirant un râle de terreur, elle ne prend pas le temps de s’assurer qu’il la suit bel et bien, s’aventurant toujours sur cette pente ardue, sursautant quand il lui semble sentir une autre déchirure ouvrir son bras, le parfum immonde de la chair calcinée se mêlant à celui du bois rassis par les flammes, de la boue humide et de l’humidité stagnante. N’ayant que faire des nuées de moustiques qu’elle bouleverse et des flaques dans laquelle son pied fond, elle percute enfin le béton, essoufflée, refusant de se retourner. La culpabilité ne manquera pas de la flageller sévèrement une fois le calme retrouvé, si le calme se retrouve un jour. Est-ce ses prières qui ont éveillés ce mal ? Est-ce eux qui l’ont si violemment repoussés ? La tête douloureuse, elle vacille, se détournant pour se figer. Vide. Il n’y a que le vide qui la précède et ce soudain silence qui semble s’ébruiter que dans les feuillages désormais noircis par la nuit tombée. La peau couverte de frissons et de ce fin voile de sueur, elle hésite, attend, attend encore, attend peut-être une éternité, refusant de laisser derrière elle celui qui a bien voulu la guider hors de l’enceinte de ces murs de verdures. Il lui semble alors que le bayou s’est emplit des esprits les plus malveillants, ceux qu’en ces terres on appelle yōkai, entités effrayantes qu’il ne faudrait jamais éveiller. La magie noire n’a jamais été aussi présente qu’ici. Reculant d’un pas, elle se retrouve alors entouré de cette immonde silence morbide, ne faisant face qu’à elle-même et à ce mur d’arbres aux silhouettes rachitiques et effrayantes. Seule, sourde et aveugle, mirant la bouche béante l’appelant pour y entrer de nouveau.

Viens.
Viens dans le lit des hommes vaincus par le feu.
Viens et sois l’énième sacrifice des mains maniant le rouge.


(c) oxymort

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Mer 18 Nov - 21:45 (#)


It's in the subtext
Il s’attendait à sentir la peur le paralyser. Il n’en fut rien. Peut-être que la peur de l’inconnue le poussait à effacer la sienne, à se relever pour, enfin, prendre conscience que le temps de la fuite était révolu. Il avait couru, longtemps et souvent. Il s’était souvent défilé, pour sauver sa peau, pour esquiver les coups. Il s’était souvent cru capable de résister jusqu’à un certain point, mais très vite les vieux réflexes reprenaient le dessus. Trouver une planque, protéger son cuir, s’économiser quelques plaies de plus. On ne pouvait jamais savoir. Alors que l’effroi rendait sa poitrine plus oppressée encore, une décision puissante maturait à toute vitesse, boule de fumerolles, courage brumeux mais bien plus palpable que la masse noirâtre figurant terreur et malaise qu’on lui avait fait ingérer pendant trois décennies. Sumire. Sumire avait réveillé quelque chose. Il le savait maintenant. Il était trop souvent revenu dans les parages de la baraque carbonisée pour soupçonner qu’il était lui-même responsable du bruissement des âmes grondant sur leurs talons. Peut-être n’était-elle pas qu’une simple praticienne new age, finalement. Il décida d’en avoir le cœur net, et tandis qu’elle balbutiait, en proie à la panique, il la regarda, la vit et la magie lui apparut sans mal, le voyant réprimer un soupir : à la fois désolation, dépit et résignation. Les vibrations dans l’air, il les ressentait de plein fouet, parfaitement conscient de son environnement, des ondulations du temps et de l’espace transgressant les lignes, l’immuable, le solide. Sumire demandait, interrogeait, mais il n’était pas capable de lui répondre. Bien sûr qu’il entendait. Qu’il percevait le changement de température, les perceptions ordinaires bouleversées, aidées par ce crépuscule accéléré. Et la nuit si noire menaçait, dans ce coin de Louisiane isolé de tous, prompt à refermer ses griffes et ses pans d’obscurité sur les âmes imprudentes. La femme s’accrochait à lui, et il ne fit rien pour la repousser. Fébrile, il n’était pas assez égoïste ni cruel pour l’abandonner à son sort, malgré la colère qu’il éprouvait envers elle, au fond. Mais la colère attendrait. La gorge nouée, il sut que la confrontation serait inévitable. Il ne lui mentirait pas, et cependant il ne perdrait pas plus de temps à lui raconter ce qu’elle avait sorti du néant.

« Pas le temps. »

Il n’y avait aucune négociation possible. Il la relâcha au moment où les souffles et bourrasques miniatures se mirent à les ceindre avec plus de force. Il la vit basculer, comme trébuchante, et d’une poussée vers l’arrière, il se dégagea du « cercle » afin de ne pas se faire happer par la même entité. Attaquée la première, il la dévisagea avec stupeur, observant le tissu craquer et l’arcaniste se débattre, hurlant pour partir en avant, détalant sans être suivie. D’un geste sec, il dégagea la bandoulière, et son sac glissa jusqu’au sol, tandis que les murmures augmentaient d’intensité, et que des dizaines de voix se mêlaient au vent mauvais plaquant son t-shirt contre son torse, dérangeant ses mèches d’ébène. Il ne resta pas immobile pour autant, tournant sur lui-même, esquissant quelques circonvolutions, dansant sans bruit, sans rythme avec les âmes furieuse.

Fearless.

Il affronta, roc ceint d'écume et d'eau furieuse en pleine apocalypse. Il pouvait presque sentir les phalanges immatérielles glisser contre sa nuque, l’arrière de ses jambes, tenir ses bras sans qu’aucune pression ne soit assez puissante pour l’empêcher de s’en dégager. Il étendit les antennes de sa perception, cherchant les visages des morts, les odeurs significatives, une tâche de couleur, l’accent reconnaissable, le vocabulaire familier de l’un de ceux qui avaient péri, brûlés vifs. Les sifflements des ectoplasmes en peine le heurtèrent et le laissaient de marbre tout à la fois. Il avait suffisamment pleuré sur les siens, parfois à tort, parfois à raison. Ils seraient vengés un jour, mais pour cela, ils devaient le laisser vivre. Il ignorait encore véritablement ce qui le poussait à rester là, à ne pas courir, lui non plus. D’où venait cette pulsion de bravoure, proche de la stupidité ? Il ne sentait pas son thorax prisonnier de l'anxiété mortifère poussant à leur perte certains imprudents, regrettant leur bravoure inutile. Non. Communier. Il voulait communier avec eux, ses frères et sœurs de magie, eux qui demeuraient invisibles chaque fois qu’il visitait leur dernier tombeau. Éveillés. Mais il ne sentait pas Leroy. Il le chercha alors, ses prunelles esquissant sans voir les nuées grises ou blanches cédant du terrain à la mystique, plutôt qu’à la physique.

« Où est-ce que tu es… ? »

Tempête, cyclone dont il se voulait l’œil calme et irascible, il interrogea les martyrs, les condamnés, sans obtenir de réponse.

« Où est-il ? »

Sois mort.
Sois mort.
Je veux te voir répandu, là.
Éparpillé.


Mais rien. Aucune trace. Pourquoi n'était-il donc pas là ? Et tandis que les autres l’encerclaient, le heurtant et le chahutant sans oser véritablement s’attaquer à lui, comme s’ils n’osaient pas, comme s’ils savaient qu’un des leurs demeurait intouchable (le crédo), il sentit bientôt une masse différente émerger de ces sables mouvants.

How could you ?...
How could you ?...


Il ferma les yeux.
Elle arrivait.
Aussitôt, les bras du sorcier se dressèrent, et les barrières de sa psyché se dressèrent, tels les plus hauts barrages contre un océan déchaîné. Le fantôme de la princesse rougeâtre s’écrasa contre lui, et toute sa carcasse en fut ébranlée, tandis que ses paumes aux doigts écartés façonnaient son monde intérieur, dessinant la bulle, la coquille, l’armure l’empêchant, elle, de reprendre possession des images qu’il ne lui avait données que pour mieux la tromper. Prenant cette Méduse contemporaine à son propre piège. Elle vrilla l’air d’un hurlement de maudite, car maudite elle l’était. Elle sinua autour de lui, et il pouvait presque encore éprouver le contact des serres déchirant sa joue jusqu’au sang. Elle cherchait à briser ses défenses, cherchait à trouver la faille. Pour elle, même morte, le crédo était dépourvu de tout sens sacré. Car Quinn s'était perdue depuis longtemps, et ce bien avant que la mort ne vienne la prendre. Il répéta, articulant presqu’avec respect :

« Je ne veux pas te faire de mal. »

Cillerait-elle encore ?
Répéteraient-ils cette même scène, au décor différent, à quelques miles seulement de l’enfer sur terre s’abattant sur leurs têtes un an plus tôt ?
Toujours les mêmes questions. Toujours les mêmes réponses.

« Pas maintenant. S’il te plaît. »

Why not ?
Why not ?


Il serra les dents et se dressa contre celle qu'il n'avait jamais fait sienne, celle-là même qui aurait pu écrire une autre histoire, de leurs deux paumes liées. Si seulement Johanna Andros ne lui était apparue en premier.

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Louisiana Burning

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