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Flowers to heal, sweetness to live - Sumire & Anaïs

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Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
Anaïs Wilhm
Anaïs Wilhm
Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
A SONG OF BLOOD

En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Thème : "Your Name" by Chiai Fujikawa
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Lun 23 Nov - 0:35 (#)

Flowers to heal, sweetness to live


Sumire & Anaïs


Un pied devant l'autre, les yeux rivés droit devant pour ne pas accrocher autre chose que le marquage coloré dénotant sur le sol trop blanc, trop propre. Peu importe l'endroit, ça a toujours cette étrange atmosphère d'un silence presque religieux pourtant sans cesse percé par des bruits diverses. Toujours la même odeur, mélange de produits chimique et d'entretien, de savon et, loin, très loin, l'odeur presque imperceptible du sang, qu'on ne remarque que si on est un habitué de la sensation, du goût métallique qui pointe sur la langue alors que les effluves des produits devrait l'effacer de ce lieu, mais une fois captée, l'odeur ne fait que rester, et même la senteur acide des détergents ne semble pas l'ôter. Ou alors tout cela est dans ma tête et je ressasse simplement les souvenirs liés à ce genre d'endroit avec un déplaisir qui me crispe légèrement les épaules alors que j'avance vers l’accueil, un sac  à la main.

Je n'aime pas les hôpitaux. Trop de mauvais souvenirs y sont liés. Jamais je n'y suis allée pour une bonne raison. Ironique, moi qui veut évoluer dans la médecine, de détester le lieu des soins par excellence. Probablement que je n'aurais pas eu cette répulsion si j'y étais allée pour de bonnes raisons, pour apprendre, pour soigner, aider.  Au lieu de ça, j'y suis allée pour regarder un proche s'éteindre, pour garder ces horribles cicatrices et, récemment, regarder, impuissante, l'espoir d'une vie différente pour mon paternel de substitution être plongé dans le coma sans savoir quand ni si elle allait se réveiller. La voir, elle, allongée et inerte et le voir, lui, effondré et coupable, avait faillit être trop lourd à supporter après tout ça. J'avais mis du temps avant de revenir, mais les choses s'étaient calmées, le monde semblait tourner à nouveau et, finalement, lorsque la voix grave et soulagée avait apporté la bonne nouvelle, c'étaient des larmes de joie qui étaient sorties.

Je ne m'étais pas précipité, les avais laissé passer du temps ensemble. Il en avait besoin et probablement qu'elle aussi après son réveil. J'avais pris mon temps, fouillé internet et amené quelques douceurs avec moi, en plus d'un peu de thé et des fleurs sans lesquelles je ne mettais pas un pied dans l’hôpital. Un mélange d'anémone et de camélia accompagné d'une touche de violettes que, j'espère, elle appréciera. D'aucun aurait argumenté que ce ne sont que des fleurs, que ça n'a pas vraiment d'importance tant que le geste est là, mais je refuse de faire ça, pas avec Sumire. Je ne sais pas vraiment pourquoi moi-même, ma relation avec elle avant l'accident était... étrange. Bonne, sans aucun doute, mais il y avait toujours un fond de réserve, comme si elle n'osait pas ou ne voulait pas s'attacher trop vite. De mon côté je n'osais pas faire avancer les choses de manière forcée et on ne faisait que se croiser et discuter de temps en temps, sans jamais revivre la soirée en tête à tête que nous avions eu une fois. Au final, c'était surtout devenu un agglomérat de silences un peu pesant ou aucune de nous deux ne voulait se lancer la première dans une discussion trop sérieuse.

Je m'arrête juste devant la porte, hésite à frapper un instant avant de soupirer et de doucement l'ouvrir et de la refermer derrière moi. La chambre d’hôpital est comme toutes la autres, blanche, vidé à l'exception du strict nécessaire, de la télévision accrochée au mur et du vase contenant les fleurs que j'avais amenées la dernière fois. Sumire est allongée dans son lit, le visage étouffé par les bandages, des compresses sur les yeux. Tout ce que je vois de son visage sont son nez et ses lèvres et la boule qui se forme dans ma gorge à chaque visite ne manque pas de reprendre sa place tandis que je pose mon sac sur le sol et vais remplacer les fleurs fanées par les nouvelles, jetant la gerbe usée à la poubelle. Je tire doucement la chaise la plus proche et m'y installe, regardant un instant les moniteurs attachés au corps de Sumire. Je lâche un nouveau soupir en me frottant le visage. Je ne sais pas trop ce que j'attendais en venant voir, à vrai dire, mais convaincre Zach de laisser son chevet pour dormir quelques heures dans son lit valait bien de rester assise là à ne rien faire d'autre que la regarder dormir en sachant qu'elle n'est plus dans le coma.

J'agis pourtant comme si elle l'était encore, en parlant à voix basse, persuadée qu'elle m'entend alors qu'elle dort simplement cette fois. « Salut Sumire... Zach m'a dit que tu t'étais réveillée alors... me voilà ! Je t'ai pris des fleurs. Je t'ai amené du thé aussi et quelques plats que tu m'as dit aimer et que j'ai fait. La cuisine est dans un sale état mais ça devrait être mangeable... enfin toujours meilleur que l’hôpital de toute façon. » Je me sens ridicule à parler ainsi, comme si j'avais un peu peur qu'elle m'entende alors que je suis venue pour la voir. Ça ne tourne pas rond dans ma tête ces derniers-temps... « Je suis contente que tu sois de retour parmi nous. Tu lui as manqué. » Je ne suis pas honnête, vraiment pas, alors je me rattrape dans un murmure. « Tu nous as manqué... »

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Ven 23 Avr - 23:52 (#)


Flowers to heal, sweetness to live



Début Décembre 2019.

Naissance d’un long éveil. Il y a de ces vies où il ne faudrait pas lever les paupières et ne pas s’éveiller pour ne pas avoir la malchance de contempler les désastres que nous a laissé le monde en pleine face. Il ne faudrait que rester lover dans le cocon éphémère des rêves et des cauchemars pernicieux et oubliés alors que la vie peut être aussi chienne que tous les clébards enragés qui mordent la main bienveillante que l’on peut leur tendre. Il y a eu beaucoup trop de douleurs quand enfin, sa gorge fut libérée du fin tuyau qui obstruait sa trachée, que son premier souffle lui dessina la plus sourde des souffrances à l’inspiration, un gémissement de peine vite accompagnée d’une voix qu’elle prit peine à reconnaître aux premiers abords, les membres engourdis, le froid rongeant ses jambes pourtant couverte et l’infâme vertige des cocktails morphiniques que l’on avait laissé infuser dans son sang. Son premier souvenir remonte à la main qui berçait la sienne d’une caresse aussi tendre que certains pouvaient trouver rustre, d’une douceur qu’on ne peut pas deviner dans les traits qui laissent deviner que sous la peau la faune sauvage se délecte de bien autre chose que de l’amour sincère que l’on voyait soudé aux prunelles d’un compagnon qui faisait fuir les premières infirmières qui osaient entrer. On lui offrit les premiers soins, l’humidité d’un gant longeant ses phalanges aux ongles trop longs. Et il n’y eut alors aucun soupçon quant aux bandages tout frais qui recouvraient son visage de celle qui, autre fois, la fit reine des écoles, de son village, beauté étrange, froide et bienveillante à la fois. Sa mère en vantait les vertus auprès des hommes pour en faire une épouse rapidement clouée à la main d’un époux qui partirait souiller les chemins de fer pour trimer et rentrer auprès d’elle après le dur labeur. Rien ne se passa ainsi. Elle fut la travailleuse de la nuit, saupoudrée de la main des hommes éperdus cherchant l’osmose indélicate et pourrissante entre les cuisses de femmes comme elles qui ne cherchaient qu’à payer le toit qui gravitait au-dessus de leurs têtes. Et c’est sa beauté, sa grâce alors qui lui permit de subvenir aux besoins de deux bouches à nourrir, de la sienne mais surtout celle d’un fils qu’elle aima autant qu’une mère pouvait aimer. Elle ne fut pas parfaite, elle fut peut-être moyenne, parfois trop dure ou trop gâteuse, elle n’en sait rien mais la fin fut tragique quoi qu’elle ait pu faire pour tenter d’aimer comme il le fallait l’enfant qui se lova dans son ventre durant neuf longs mois où elle déposa parfois la main de son époux contre l’arrondit de ses entrailles, riant des premiers coups, heureuse d’être enfin mère à son tour et s’étant juré d’être la meilleure chose qu’il puisse arriver à son amour d’enfant.

Puis les flammes vinrent, fatalement, le lui enlever. Elle en rêva dans les vertiges de son esprit semé d’embûches, de souvenirs étranges mêlant la chute du monte-charge au cri de Kyouta, à ceux d’Anaïs, à ceux de Zach et des autres encore, sans savoir où se situait le réel. Dans son coma, les larmes coulèrent sans doute, l’esprit carburant toujours à l’éthanol du désespoir, comme consciente, quelque part, du désastre qui l’attendait alors. Ses cheveux libérés sur l’oreiller moyennement confortable de son lit d’alitée, elle ne peut ouvrir les yeux, aveugle de tout, ayant entendu Zach promettre de vite revenir, déposer la déclaration d’un amour éperdu contre ses phalanges et partir alors. Le silence est empli de va et vient, de voix calmes, de bruits métalliques et robotiques, d’un monde qui fait parfois vaciller le cœur. Et elle oscille entre morne endormissement et éveil douloureux car les plaies à vifs ne pardonnent guère. Elles lui rappellent la monstruosité qui se dissimule sous les bandages, sous les pansements qui couvrent ses yeux, les lèvres sèches, n’osant demander à boire aux infirmières profitant de l’absence de celles qu’elles prennent pour l’époux éploré qui passent pour ne rien rater. Sa poitrine se soulève en un rythme régulier et l’envie de hurler n’est jamais très loin, ne comprenant qu’à peine ce qui a pu la mener jusqu’ici, ne prenant pas encore l’idée de l’ampleur des vestiges détruits de ses traits, son esprit voletant d’une pensée à une autre sans s’y déposer réellement, groggy, silhouette pâle et désolée sous les draps qui couvrent un corps qui n’a pu que perdre en poids. Inspirant par l’oxygène qui s’exfiltre de ses tuyaux qui embaume son nez, elle fait appel à tous ses sens, laissant la pointe de ses doigts caresser l’endroit où Zach avait déposé sa main, plus grande et chaude que la sienne, se refusant à craindre qu’il soit parti et qu’il ne reviendra pas, se refusant à la moindre idée paranoïaque, survolant son propre corps en entendant tambouriner son cœur qui volète comme des ailes d’un corbeau paniqué sous ses seins. La dextre tremble lorsqu’elle se dépose contre son ventre creux, un soupir s’échappant dans le silence désespérant de sa chambre où elle est solitaire, la paume s’étendant là où aucune rondeur ne naîtra plus. Quelques orteils s’agitent, comme pour être certaine de n’avoir rien perdu, qu’on ne lui ait rien caché du des dégâts qui s’étendent sur elle.

Et c’est au fil des va et vient contre son ventre qui n’est qu’un mausolée où s’est éteint la vie qu’elle se rendort, finissant par succomber à la dose de plus que l’on vient d’administrer à ses veines, la fatigue palpable malgré le long sommeil qui l’a bercé pendant de longues semaines où elle n’entendit ni ne vit rien. Comme elle n’entend pas la porte se rouvrir avant le bruit d’une chaise que l’on tire ne la laisse s’extirper à nouveau du linceul d’un sommeil trop léger. Le parfum qui flotte est reconnaissable et elle manque d’esquisser un sourire, comme rassurer mais tout à la fois plus que honteuse et malade d’être ainsi peu présentable. Elle est femme de la souille mais s’est toujours portée garante pour demeurer le reflet d’une femme du monde, de la haute, pleine de la grâce de ces femmes de son pays où les cerisiers fleurissent et laissent voler leurs pétales rosées, où les îles s’amoncellent, où les couples s’aiment sans se toucher, où les esprits sont rois, où rien ni personne ne pouvait l’atteindre à une époque. Aujourd’hui, elle n’est que le squelette décharné de ce qu’elle s’est tant torturé à vouloir cacher sous ses beaux atours. Les murmures des fleurs fanées, la saveur des nouvelles qui les remplacent, la douceur des gestes, elle reconnait là la patte d’une enfant qui n’était pas faite pour connaître le Chaos et qu’elle a, à son tour, abandonné lâchement sans le vouloir. Elle demeure ainsi même une fausse-mère bien risible. La gorge serrée, comme en écho aux émotions qui hantent le corps de l’adolescente qui danse autour d’elle avant de se déposer sur une chaise, à l’entente des pieds qui percutent le sol près de son lit, elle sent ses lèvres trembler au premier éclat de cette voix qu’elle entend enfin, ses doigts s’agitant là où ils s’étaient eux-mêmes endormis, manquant d’éclater en sanglot mais la douleur sur son visage, les compresses qui l’aveuglent empêchent tout le sel fluide du monde de s’immiscer hors de ses yeux clos et gonflés par les hématomes. Lentement, la main glisse pour offrir sa paume à l’enfant qui lui avoue toute sa peine et sa détresse en quelques mots. Elle n’a rien à faire ici, rien. Elle aurait dû demeurer dans le nid et ne pas la voir ainsi mais elle est bien incapable de former une phrase aussi juste et complète que d’habitude, murmurant du bout de ses lèvres sèches « A moi aussi. » L'évidence de la sincérité dans ce simple chuchotement qui s'effiloche. Entendre sa voix brisée la chamboule elle-même et elle tente en vain de saisir la main de cette gosse recueillie par les bras aimants de l’absent qui mérite bien de dormir après l’avoir autant veillé. « Merci … » Il lui semble presque goûter le sang encore sur sa langue, retenant tous gémissements de douleurs pour ne pas alerter Anaïs qui doit bien percevoir dans son simple état qu’elle n’est qu’une boule de souffrance. Mais elle n’est pas seule à avoir vécu cette nuit, Shreveport en entier fut touché, elle le sait aux bobards que s’échangent les infirmières qui s’étonnent, comme si de rien n’était, du nombres de patients qui couvrent l’hôpital. A quel point le cauchemar fut grave et profond ? Zach n’a rien voulu dire mais elle espère trouver réponse auprès de celle qui a pris le temps de venir à son chevet mais son inquiétude prend d’abord le pas sur sa curiosité, le cœur parlant avant la raison « Co-Comment il va ? Tu sais … Il ne me le dira pas franchement. Et puis … toi ? » Elle soupire, frustrée au plus haut point de ne rien voir, de ne pas parler par ses yeux qui savent parfois se faire si bavards, serrant les dents enfin de persiffler de douleur, son corps entier se tendant sous les tiraillements de son visage heurté. « Combien de temps est passé ? » Question fatidique, la crainte de la réponse, la nausée l’encerclant comme souvent, les effluves de la chambre d’hôpital, ses cheveux qu’elle sent trop longs et filasses lui donnant vulgairement la gerbe l’empêchant alors de parler, laissant parler le silence, ce mutisme qu’il ne faudrait peut-être pas brisé finalement. Lui mentira-t-elle ou non ? Et est-ce même à Anaïs de répondre ? « Je suis désolée. Je suis désolée … de t’avoir abandonné. » A son tour, elle avoue sur ce timbre tragique, qui se fêle, qui pleure bien à la place de ses yeux clos, tremblante sous le linceul qui la recouvre mais qui ne sonnera que la mort d’une vie d’avant et le début d’une vie d’après qu’elle ne se sent pas le courage d’affronter.  


(c) corvidae
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Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
Anaïs Wilhm
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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Sam 1 Mai - 16:43 (#)

Flowers to heal, sweetness to live


Sumire & Anaïs


Dans le silence de cette pièce aux murs sans vie et à la lumière blafarde, je reste immobile, les mains jointes sur le bord du lit, le dos incapable de se reposer sur le dossier de la chaise au confort  relatif. Mes yeux fixent les bandages du corps immobile face à moi, comme aimantés à cette vision. Parfois le bruit de quelqu'un marchant dans le couloir me fait vaguement prendre conscience du léger vrombissement attestant de l'activité des lieux, mais le silence est bien plus présent. Presque trop. Je crispe nerveusement les doigts, ferme les yeux et inspire. Ce silence me rappelle celui de l'appartement qui m'est devenu insupportable tant il témoigne de tout ce qu'il se passe. Comme si ce n'était pas assez difficile.

Le léger bruissement du tissu me fait relever la tête et mes yeux s'embuent aux premier mots prononcés d'une voix éraillée. J'observe, incapable de réagir immédiatement, la main qui s'efforce de s'approcher et finis par la saisir doucement, la serrant à pense, comme si elle était faite d'un nuage prêt à se diluer à la moindre pression. Même en sachant qu'elle était sortie du coma, la voir bouger, l'entendre parler, même un peu et de cette fois témoignant de souffrances et de fatigue, me rassure, égoïstement. Son remerciement me fait secouer la tête, laissant s'échapper quelques larmes çà et là tandis que je sers sa main plus fermement entre les miennes. Me remercier de quoi ? J'ai tellement tardé à venir ici, effrayée de ce que j'allais découvrir, incapable d'être là pour elle qui était inconsciente, pour lui qui se morfondait et semblait sombrer un peu plus chaque jour qui passait. Prise dans mon propre engrenage d'horreurs, j'avais reculé, reculé encore et encore, presque jusqu'à la rupture, pour finalement faire comme avec le reste : essayer de faire semblant, essayer de paraître plutôt que d'être. Et j'avais heureusement échoué.

Les voir tous deux ainsi, moribonds, de la chair pour l'une, de l'esprit pour l'autre, m'avait envoyé un coup d'une telle violence que j'avais cessé, pendant un moment, de penser à autre chose que leur venir en aide, d'une manière ou d'une autre. Prendre soin de lui tandis qu'il prenait soin d'elle, c'était tout ce que je pouvais faire et avais fait. Et la voir enfin réveillée soulageait autant un poids qu'il en ajoutais un autre. Il irait mieux. Ils iraient mieux tous les deux. Et qu'allais-je faire à présent... Je n'en avais aucune idée et je crispai légèrement mes épaules pour calmer le tremblement qui commençait à poindre. Encore un. Je ne les contrôlais pas vraiment, ces derniers temps. Au lieu de quoi, je focalisais tout ce que je pouvais sur Sumire, sur sa voix et sur sa main si douce et pourtant si différente de celle habituelle. « Je suis tellement contente que tu sois réveillée... »

J'aime beaucoup Sumire, malgré tout qui peut nous éloigner, trop différente l'un de l'autre. Si je devais donner un nom à qui représente le mieux la grâce féminine, ce serait elle, sans hésiter. La façon dont elle parle, dont elle bouge, s'habille et vit, tout me semble millimétré de la pointe de ses cheveux à celles de ses ongles, toujours parfaits. Inaccessible. Malgré les repas pris ensemble et la longue discussion le soir où elle était restée déconcertée par ma présence et l'absence de l'objet de sa visite, il y a toujours eu cette distance entre nous. C'étaient ces blancs qui duraient alors qu'on cherchait quelque chose à dire pour effacer ce moment gênant. C'était mon incompréhension totale quand à la façon dont elle venait toujours tirée à quatre épingle, incapable d'imaginer qu'on puisse faire ça quotidiennement, par habitude. C'était la méconnaissance. De qui elle était et de qui j'étais. Pourtant elle était devenue quelqu'un que j'appréciais voir, de qui j'écoutais avec attention la voix calme et douce teintée d'un léger accent lorsqu'elle n'y faisait pas attention, qui semblait toujours maîtresse d'elle-même et qui, par-dessus tout, le rendait heureux. Sa présence avait quelque chose de presque irréelle tant elle semblait dénoter dans le paysage de notre quotidien, mais elle s'y intégrait pourtant si naturellement à présent que ne plus l'avoir créait un vide impossible à combler.

« Il... Il va mieux, beaucoup mieux, depuis que tu t'es réveillée. » En dire plus maintenant n'est pas une bonne idée. Il était si mal, complètement absent, à peine conscient de ce qui l'entourait par moment. C'était pire quand j'étais venue avec lui, une fois. Il restait là, assis à ne rien dire sans bouger, à la fixer simplement, sa main dans les siennes. J'avais fui ce jour-là, incapable de supporter de le voir ainsi, trop proche d'un souvenir que je voulais également enfouir à tout jamais. Sentir autant de culpabilité émaner de lui, c'était presque trop. « Je l'ai forcé à rentrer pour dormir et se laver pour ne pas sentir l'ours renfermé quand tu te réveillerais. Je lui ai promis de rester en attendant, que tu ne sois pas seule. » Je lâche ça avec un demi-sourire, ressassant le coup de téléphone enthousiaste, la voix plus vivante à l'autre bout du fil. La suite de la question, en revanche, je la laisse volontairement en suspens, pas vraiment à l'aise à l'idée de mentir. Et de lui mentir à elle. Si Zach est rarement dupe, je reste persuadée que Sumire le sera encore moins, aussi éviter le sujet de mon bien-être actuel semble être la meilleure chose à faire. Pour un autre jour, lorsque tout irait mieux pour eux.

« On est... en décembre.» Un mois entier s'est écoulé depuis Halloween et Shreveport ne parvient pas encore à panser complètement ses plaies. Personne ne sait vraiment, parmi la population humaine, ce qu'il s'est passé. C'est la seule chose dont je peux être à moitié satisfaite, l’assurance d'avoir évité une chasse aux sorcière si la vérité avait éclaté au grand jour. Sa soudaine détresse me serre la poitrine et je me redresse légèrement, offrant autant de réconfort que me le permet le simple fait de tenir sa main. « Ce n'est rien.. Sumire... » Je ne comprends pas vraiment pourquoi elle dit cela. « Tu n'as abandonné personne, pourquoi dis-tu ça ? » Il faut qu'elle se calme, sinon ils vont à nouveau lui injecter assez de calmants pour l'assommer pendant des heures et je doute qu'elle en ait vraiment envie. « Ce n'est pas ta faute. Tu n'as pas abandonné qui que ce soit, tu... » J'hésite, me mord la lèvre avant d'inspirer. « Sans toi je... Tu m'as énormément aidé, Sumire, je te le promets. Alors tu n'as pas à t'en faire, tu dois juste te remettre sur pied et ne penser à rien d'autre pour le moment. Laisse-moi... laisse-nous prendre soin de toi, d'accord ? ». Je ne peux retenir une nouvelle larme de rouler et de tomber sur mes mains. « Si tu as besoin de quoi que ce soit, dis-moi. »

Empathique ou émotive ? La voir comme ça, même en la sachant réveillée, ça me rend bien plus triste que je ne l'imaginais. Qu'est ce que je suis supposée faire maintenant ? J'ai promis à Zach de veiller sur elle et je le ferai, mais j'ai la gorge tellement serrée et le visage crispé à force de garder la mâchoire serrée et de contenir les larmes du mieux que je peux. J'inspire et expire lentement, chassant l'humidité sur mes yeux d'un revers de manche. Je ne dois pas faire de peine à Sumire, elle doit se reposer et ne penser qu'à elle pour le moment. « J'ai ramené quelques bricoles quand tu auras faim.. Me suis essayé aux Onigiri... Zach aurait crisé vu l'état de la cuisine s'il était rentré hier, mais je crois m'en être tiré. J'ai pris du thé aussi. Jasmin et menthe, je sais pas trop ce que tu préfères. » Merde, Anaïs, fais un effort, arrête d'avoir l'air si triste alors que tu devrais être heureuse. « Ils t'ont dit quand tu pourrais rentrer ? »


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