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Take away my heart ♦ Aliénor & Abel

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Dim 1 Déc - 0:00 (#)

Limpide, comme si je pouvais la discerner nettement, là, voleter dans cette chambre que je ne rejoins plus que dans un réflexe désespéré que quelqu’un y sera, à m’attendre, Elle est là. Doucereuse dans sa torture, la morsure insidieuse du manque.

Je me tourne, encore et encore, sur ce lit que j’aimerais parfois ne pas quitter, danger public que je suis. Elle, elle ne me quitte jamais, fondue dans mon ombre, à me fixer, à m’incruster dans le crâne ces saloperies de pensées noires. Il n’y a plus personne, pour surveiller que je ne devienne pas un monstre, le peu de normalité qu’il me restait s’effrite comme le feraient les feuilles rougies par l’automne. Et moi, je patauge, je me noie, parce que je ne sais faire que ça, me recroqueviller en attendant que quelqu’un ne vienne me sortir de mon état végétatif. Et ce quelqu’un, ou ce quelque chose, c’est cette foutue sensation glacée, ce manque qui me tord les boyaux, me fait frissonner, moi qui n’ai plus froid. Alors, lentement, mon bras s’étend, s’éloigne des draps froids et je regarde les lignes dessinées par l’encre, je regarde ces souvenirs imagés. La réalité me rappelle à elle, me force à bouger la masse informe sous les draps que je suis. Les vampires ne dorment pas la nuit.
Et j’ai envie de retrouver un semblant de familiarité, quelque chose que je connaîtrais. Une personne avec qui je sais que je ne crains rien, qui n’a pas à se soucier de cette Soif qui pourrait venir se fracasser contre la raison que je veux garder. Et je ne connais qu’un seul être correspondant à cette définition. Une seule âme en recherche d’un quelque chose que je ne comprends pas, j’ai besoin de Yago, aujourd’hui. J’ai besoin de lui pour espérer que tout pourra bien se passer. Parce que j’ai de plus en plus de mal à y croire, délaissé que je suis.

J’ai besoin d’oublier le vent polaire qui me rappelle que je suis seul, à l’intérieur.
Seul, je ne survivrais pas.

Les bras sombres s’étendent dans l’obscurité de la pièce, le corps se relève sans que j’y pense, mort-vivant, je délaisse les vêtements sales, en déniche de nouveaux en ignorant le tambourinement de l’envie d’une dose. Je suis une machine automatisé, les pas qui m’amènent sous l’eau brûlante ne sont qu’une suite d’actions trop répétées, l’esprit ailleurs, à s’imaginer des « si » qui n’existeront jamais. Propre et simplement vêtu, je m’extirpe de mon antre, me sort de la noirceur de mon refuge.

Et trop vite, je suis hors de l’hôtel, en plein cœur de la ville, les gens autour de moi ne prennent pas le temps de s’attarder sur le fantôme que je suis. Je rase les murs, le souffle captif de la tige de nicotine, la fumée s’envole et j’attends de la voir disparaître pour en détacher les yeux. Les gens ne sont que des sans visages, des anonymes qui le resteront, je regarde les lumières des dédales de rues, les voitures qui passent et ce nuage lié à mes expirations. Et je me consume, au même rythme que cette cigarette que je fais rouler entre mes doigts, parce que je vais devenir fou, si je ne sors pas de cette spirale infernale.
Mes pas s’accélèrent, prennent la direction de la sortie de la ville et la musique les guide, piégée dans un casque qui grésille un peu. Rien ne vient perturber cette détermination que je me découvre, cette certitude que je pourrais peut-être mettre de côté cette terreur, qui me chuchote que je vais rester enfermé dans cette bulle que personne n’éclate. Inapte à ce rôle de monstre que l’on me donne.

Quand le bâtiment apparaît enfin, le claquement des semelles rigides sur le béton s’arrête et je regarde l’oeuvre du Sire de celui que j’espère être mon sauveur. Rien que ça.
Et je sais parfaitement dans quoi je mets les pieds, probablement une erreur prodigieuse de plus, une de celles dont je suis le seul artisan. Mais surtout, incarné là, le stupre et les péchés s’étalent, au regard d’un Dieu qui n’existe pas. Un bordel, je le sais, je l’ai imaginé quand il me l’a dit, insensible à la promesse des trésors charnels qu’a à m’offrir l’endroit. La capuche retrouve mon dos, la mélodie est morte prisonnière des enceintes de l’appareil et je m’avance, vers un destin qui m’est inconnu mais semble m’être toujours plus clément que la veille.

Une méprise de plus, à n’en pas douter.

Et j’ignore les bras d’un stress naissant qui s’enroulent autour de moi, je me décide à plonger dans l’inconnu, cette immensité de possibilités qui m’effraie tant. Sur le fil, entre le gouffre de la solitude et celui de mes peurs viscérales. Ma main se pose sur la poignée, froide, je passe le seuil d’un je-ne-sais-quoi exaltant, comme une autre réalité s’offrant à mes mirettes hallucinées. Je me croirais dans un décor sorti d’un des livres que j’ai lu et relu, un autre monde. Celui de Salâh, le maître des lieux. C’est une femme qui vient m’aborder, légèrement vêtue elle se renseigne, m’offre des services qui n’allèchent plus l’Immortel que je suis. Le murmure qui lui répond, presque couvert par une mélodie venue d’Orient, quémande l’horloger et je la remercie même, quand elle s’éloigne en m’assurant essayer de trouver celui s’approchant le plus d’un ami, à mes yeux.

Mais quand des pas se font entendre à nouveau, je ne reconnais pas la démarche de celui qui vient et l’ébène scrute, l’iris et la pupille se fondent l’un dans l’autre, si on ne regarde pas attentivement les nuances de mon regard. J’attends encore, toujours, de voir ce qui me tombera dessus, après, une nouvelle punition de la part d’un univers qui ne devrait pas avoir son mot à dire, peut-être?
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ADMIN ۰ Dalida - Elle devra choisir entre son amour et sa mort.
Aliénor Bellovaque
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"Eh bien ; la guerre."

En un mot : La Vipère sous la rose.
Qui es-tu ? :
"Don't die with a clean sword."

♚ Caïnite âgée de trois siècles ; Accomplie du bel âge à portée d'ongles carmins.
♚ L'Ambition la ronge, mais laquelle ? ; le vide de nuits interminables la détruit plus sûrement que n'importe quelle balle en argent. L'Ennui pour seul véritable danger.
♚ Gorgone gauloise, sa réputation parle pour elle, surnommée Mère sanglante ou Reine rouge. Nombre d'enfants sont tombés sous ses crocs.
♚ Fille de corsaire, héritière de ses lettres de Marque ; navigua au service de Louis XV dans les eaux des Caraïbes à la tête de l'Espérance, frégate à l'équipage composé de deux centaines d'hommes.
♚ Trahie par un Britannique ; capturée et ramenée de force sur l'île de Mona, torturée , abusée, échappée - mourante (malaria). Transformée par un autre, à l'aube de sa trentaine.
♚ Éprise de coups d'État et féroce opposante à l'Essaim. Antique imperméable à l'ordre. Partisane du clan du Chaos. Danseuse sur le fil acéré de leur rigueur.
♚ Maudite ; aucun enfant n'a pu sortir de son ventre. Aucun Infant n'a pu résister à son vice, transmis tel un fléau. Sire matricide par deux fois. Échec toujours en gestation.
♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long.
♚ Pie voleuse, elle a dérobé le Clan du Chaos aux mains trop glissantes de Salâh ad-Dîn Amjad, qu'elle compte bien refonder en un ordre sérieux pour s'opposer à la Mascarade ainsi qu'au dictat de l'Essaim en place.

♚ SLAVE TO DEATH ♚

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Facultés : ♚ Vicissitude (niveau III)
♚ Mains de la destruction (niveau I)
♚ Chimérie (niveau I)
♚ Stratège. Rapide. Teigneuse.
Thème : Sleep Alone ♚ Bat for Lashes
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Pseudo : Nero.
Célébrité : Laetitia Casta.
Double compte : Eoghan Underwood, Sanford R. De Castro, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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▼▲▼

Octobre 2019.

Elle ne voit rien venir. Ni le Chaos tant attendu, ni les visages familiers de ses compagnons d’Orient. Ceux d’Occident, eux, ont disparu de la surface de la terre, ou bien lui ont tourné le dos, comme des centaines avant et après eux. L’ordinateur vrombit doucement, posé sur un bureau plus rangé qu’à l’ordinaire. La brise légère qui caresse ses traits de statue pensive la dispense de rabattre derrière ses oreilles les quelques mèches ondulées, ayant échappé à la longue tresse qui lui bat le creux du dos. Pour la première fois depuis longtemps, elle se questionne. Sur son rôle, sa présence, et sur l’inertie implacable qui hante le Lucky Star. Si des aménagements concernant le motel sont constamment apportés afin de garantir la vivacité des lieux et ses parfums de fête continue, les ambitions du Sire et maître des lieux sont disséminés, perdus dans un brouhaha et une cacophonie permanentes. Non pas qu’elle s’en lasse – pas encore –, mais la voilà devenue comme vaine, comme incapable d’amorcer véritablement un plan d’action. Aucune accroche, aucune aspérité sur laquelle se hisser, s’appuyer. Rien qu’une désespérante surface de verre, lisse et plane, détruisant les promesses faites aux fidèles venus s’installer au fond de la Louisiane. Elle se fustige, s’incite à la patience. À la prudence. D’ailleurs, elle n’est pas réellement seule. L’arrivée de Mei a représenté un véritable salut, une porte ouverte sur un visage ami, et qui ne l’abandonnerait jamais comme ses hommes l’ont fait. Serguey est distant. Yago est absent. Ses habitudes ont la vie dure, et avec elles, l’idée de se faire à cette absence de proximité, elle qui ne rêve que de resserrer les liens. Mais soudain, ses lèvres se pincent en un rictus amer. Allons. D’où lui vient cet élan de faiblesse ridicule, cette propension à envisager ses relations, son réseau, sous forme de liens ? Cet endroit la rend détestablement fragile et l’affaiblit. Si elle s’attarde de façon déraisonnable en Louisiane, elle n’y verra bientôt plus clair. Elle cédera aux sirènes de son immortalité facile, à portée de mains, se délestant de toutes ses lubies et de ses ambitions. Elle commencera à se laisser vivre, comme tant de ses congénères sous ce toit scandaleux. Doucement, elle fait onduler sa nuque, comme si celle-ci pouvait encore subir les affres de torticolis ou de nerfs coincés.

Coincée, c’est elle qui est en train de le devenir. Elle s’érige trop de murs, s’enferme ici-bas au lieu de courir le monde par monts et par vaux. Parce que la fuite permanente ne lui convient plus. Parce que s’établir en un endroit stable est devenu sa dernière obsession. Parce que se rapprocher de l’Infant pour mieux détruire le Sire lui semble représenter le parfait équilibre entre plaisir et devoir. Et maintenant ? Ne peut-elle – ne doit-elle – pas prendre le chemin inverse et marcher vers les royaumes de Perse ? Quoi de mieux pour balayer les miasmes d’un empire en ruines, que Salâh s’échine à rebâtir, depuis l’autre côté de l’Atlantique ?

Perdue. Entre deux logiques, entre l’orgueil et le résidu d’humanité dont elle ne parvient jamais assez à se débarrasser. Pareille à de la mauvaise herbe, chaque fois qu’elle en arrache un pan, un autre repousse ; jamais au même endroit. Elle prend la forme d’un visage anguleux et d’une voix de stentor, ou bien celle d’une joue finement creusée, de phalanges de pianiste. Ou encore, celle de deux billes d’ébène, et d’un parfum d’encens.

Seule.
Elle s’est longtemps complu dans ce tableau souverain de sa suprématie ; sur son corps comme sur l’infini fil de sa vie, et sur les territoires captés sous son égide. En dépit de ses ambitions superbes, rien ne s’est jamais déroulé comme elle l’avait prévu. Elle chute, tombe et se relève sans faille, mais le pavé qu’elle foule reste glissant et l’oblige à chercher l’appui éphémère d’une épaule de colosse ou de la taille d’une sylphide.

Le « ding ! » discret émanant de la machine dans son dos la pousse à se retourner. Un mail lui parvient, et elle se redresse aussitôt en reconnaissant là l’expéditeur. Soudain, il n’y a plus rien de l’apathie qui la gagne ; elle reviendra bien assez tôt. La voilà qui se glisse derrière l’écran, cliquant sur le courriel reçu. Un pavé, émanant de ses derniers contacts de Turquie. Ses ongles cramoisis pianotent d’impatience, mais le message n’a pas le temps de s’afficher que des coups résonnent à sa porte. Un sifflement semblable au crachement d’un félin aigri lui échappe, et la voilà qui bondit pour ouvrir à l’impudent, qui s’avère être une impudente. « Seigneur Dieu. » La robe ouverte, toute en dentelle noire effilée, l’escort qui lui fait face ne se démonte pas, cependant qu’une lueur d’incertitude s’éclaire dans ses yeux. « Qu’est-ce que tu fiches encore là ? Quand j’ai signé pour ce maudit bail dans cette chambre, j’ai cru atterrir dans un motel. Un motel pathétique et loin de tout, certes, mais un motel. Le bordel, c’est plus loin sur la route. »
D’abord incertaine, l’humaine décide de faire preuve de courage et argue, le menton fier. « On vous d’mande, en bas. Enfin, on d’mande Yago mais comme il est pas là j’ai cru… » Les prunelles de l’Accomplie se font plus accusatrices. Elle ignore qui ne cesse d’en appeler aux services de cette catin galeuse aux bas résilles bons à jeter, mais elle le découvrira bien assez tôt. « Qui veut le voir ? » Sa curiosité s’est allumée. Trop tard pour faire demi-tour. « Je ne le connais pas. Il ne vit pas ici. »

D’un coup d’épaule impatient, la Gorgone bouscule la mortelle et foule le sol de la moquette aux couleurs ternies. Elle dégringole les deux étages pour débouler dans le couloir du rez-de-chaussée. La scène lui évoque ses retrouvailles avec Mei, et pourtant son instinct la prévient qu’il ne s’agit pas de Jenaro. Son arrivée aurait été bien plus spectaculaire. À la place de l’hispanique, c’est un homme à la peau sombre qui patiente dans le hall. Le comptoir est vide et, pour une fois, les commères vautrées dans les canapés, plantées devant le poste de télévision allumé en permanence, sont invisibles. Sitôt qu’elle pose les yeux sur lui, elle surprend la nature étrange de ses regards, comme un fond de délire et de doute, une incertitude permanente. « Yago n’est pas là. » Prononcer ces quelques mots ne fait qu’accentuer la colère sourde qui la démange, et la voilà qui croise les bras contre sa poitrine moulée de noir. « Je ne saurais vous dire quand il reviendra, et si j’étais vous, je prendrais mes dispositions pour m’arranger sans lui. Je suis désolée. » Oh oui. Désolée, elle l’est. Mais pas forcément pour le pauvre hère qui était venu quémander audience. « Il y a des chambres libres, si vous venez de loin. Vous devriez pouvoir trouver quelqu’un qui saura vous renseigner sur les tarifs. » Déjà, la voilà qui offre son dos à l’individu, prête à regagner ses pénates.

CODAGE PAR AMATIS



Before I'm dead

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Anonymous
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Dim 26 Jan - 14:00 (#)

L’endroit est définitivement un portail vers un autre univers. Mes yeux filent d’abord à droite, se demandent ce qu’ils trouveraient, au-delà de cette entrée qui mène je ne sais où, paresseusement, mon regard s’en retourne vers la gauche. L’escalier, l’odeur de l’encens qui prend à la gorge et bloque totalement mon nez, ce petit bâton qui brûle sur le comptoir de l’accueil. Il y a ici une atmosphère bien particulière, un mélange d’orient et d’un miteux bien américain. Ce genre de motel où des sales choses arrivent loin des petits yeux des humains si inoffensifs. Le bois du comptoir est craquelé, le parfum de la femme qui est allée se renseigner revient. Plus fort que l’encens. Absurde.
Les mains bien au fond des poches, l’envie de disparaître qui me prend aux tripes alors que les pas s’approchent, je relève l’ébène de mes yeux pour ne découvrir qu’une femme.
Même si elle n’est pas qu’une femme, après une seconde de réflexion, qu’elle dégage un petit quelque chose de fascinant. Rien à voir avec la prostituée qui s’efface près d’elle, de l’inconnue émane une sorte d’aura, cette chose qui force au respect. Je ne sais ni qui elle est, ni ce qu’elle fait ici, forteresse bien peu adaptée à elle, qui dénote tant à mes yeux dans l’entrée de ce bordel, avec sa beauté qui fait presque tâche, près d’une catin tout ce qu’il y a de plus normale.

Les mots, sa voix, me sortent de la langueur qui me prend, me force à rester là les bras ballants parce que je ne sais plus quoi faire d’autre. La déception doit se deviner assez aisément, sur mon visage, sur l’expression qui furtivement traverse mes traits avant que la neutralité n’y revienne. Yago n’est pas là, je cours après des fantômes, tous les jours, je me fatigue à chercher des personnes qui ne reviendront pas. Et peut-être que ce n’est qu’une sentence juste, pour moi qui ait brisé des vies, l’abandon programmé des repères qui jusque là, guidaient mes pas.

Un soupir franchit mes lèvres, doucement, une acceptation calme d’un sort mérité.

Je ne dis rien, attend une suite qui se révèle être bien pire encore, une confirmation des pires craintes qui me secouent, depuis quelques temps. Prendre ses dispositions sans lui. Quelles dispositions? Je me pose la question un instant, un instant trop long. Quand la réalité me rappelle, mon interlocutrice me présente déjà son dos, prête à retourner à ses activités. Le poing gauche se ferme, se serre, se relâche. J’hésite, parce que c’est ce que je fais de mieux, parce que si je ne veux plus faire d’erreur il vaut mieux que je prenne le temps de le faire. J’ai besoin d’aide. Parce que la solitude me bouffe et que bientôt, ce sera la Bête, qui me bouffera, prendra le contrôle avant de faire n’importe quoi. Je viens tout juste de dépasser l’année de vie vampirique, et je souffre déjà d’un mal qui ne touche que les anciens vampires. Terriblement seul, le pauvre Abel se laisse submerger par cette Soif omniprésente. Pathétique. Oh, une partie de moi me le hurle en non stop, que je peux être pathétique au possible, que si je ne fais rien, je le resterai. Faible. Incapable. “-Excusez moi… mais s’il n’y a pas Yago…” Et j’me pose la question, sérieusement, une seule putain de seconde. Est-ce que c’est une bonne idée…? “-Sauriez-vous m’indiquer où je peux trouver… Salâh? Le maître des lieux…?” A défaut de trouver l’Infant, je trouverai le Sire. Si l’Essaim ne réagit pas, j’irais trouver de l’aide où on m’en offre.

Les deux mains quittent leurs abris de fortune, se frottent l’une à l’autre avec une nervosité évidente. J’dois avoir l’air d’un petit animal égaré, un chiot ou un chaton que n’importe qui pourrait récupérer sur le bord de la route. Peut-être que je ressemblais à ça aussi, le soir où j’ai ramené Dillon dans cet appartement, qu’elle a mis fin à mes jours humains. Et il y a peut-être là une prodigieuse erreur de ma part. Mais tant pis. “-J’ai vraiment… besoin d’aide. S’ils ne sont pas là tous les deux… j’attendrai.” Une résolution rare dans les yeux, je hausse doucement les épaules, même si personne ici ne s’y trompe, je n’en ai pas rien à faire, de ce qui se déroule présentement. Mais je n’ai pas d’autre choix que d’attendre, parce que je ne suis pas fort, que ma volonté n’y changera rien, à cette Soif tout à fait irrationnelle qui se saisit de moi dès l’instant où il y a du sang. Et si je suis prêt à patienter dans ce motel, à prendre le risque de rester encore un peu là, sur place, il tombe sous le sens que je sois prêt à faire confiance à cette femme qui éveille une curiosité pourtant anesthésiée, la plupart du temps. Elle n’a définitivement rien à faire là, selon moi, et si d’elle s’échappe un quelque chose d’intrinsèquement charnel, que ses courbes et son visage attireraient l’oeil de n’importe quel homme ou de n’importe quelle femme, je suis persuadé de ne pas avoir là une putain comme peut l’être l’infortunée qui n’ose plus dire un mot. “-S’ils reviennent, vous pourriez leur dire qu’Abel est là…? S’il vous plaît…?” Formule de politesse ajoutée à la va-vite, une petite voix me murmure que je ne dois pas manquer de respect à la nouvelle arrivante. Sans m’en rendre compte, je me suis peut-être un peu plus courbé, face à elle. Une souris essayant de disparaître face au chat.
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Aliénor Bellovaque
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Ven 12 Fév - 5:57 (#)

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L’homme lui a paru déçu.
Elle souhaiterait lui dire d’office qu’elle l’est aussi.

Elle aurait presque pu compatir, face au visage défait qu’il lui présente, à cette sorte de vulnérabilité dont elle se voit elle-même gênée. Elle n’aime pas voir un immortel faire montre de faiblesse. Elle trouve cela impudique, mais surtout, elle se rappelle alors que leur longévité extraordinaire ne les protège de rien, d’aucun tourment. La vie trouvera toujours le moyen de les avoir, même si eux pensent souvent avoir échappé à son cours et à ses revers. Ce n’est qu’une vaste fumisterie. Le Temps continue de leur faire mal, autrement. Le Temps leur ronge l’esprit à défaut de pouvoir toucher à leur corps, et combien d’Antiques terminent ainsi leur existence dans des circonstances tragiques : provoquant leur suicide, une mise à mort, quêtant le coup final, la parade, la fin suprême. Elle sait. Elle aussi, espère. Elle n’aspire qu’à périr dans une gerbe d’étincelles sublimes. Marquer les mémoires plutôt que l’Histoire, à laquelle son nom s’est de toute manière dérobé. Ne pas se laisser surprendre par le meurtre qu’on ne verra pas venir, et ce quel que soit l’ennemi ; chasseurs, rivaux, voire elle-même. Elle partira en pleine conscience, une fois convaincue qu’une errance de plus, et ce serait la fin. Une errance de plus, et elle se changerait en ce qu’elle redoute : une maudite dépourvue de tout, isolée, sans alliés, ressassant ses malheurs jusqu’à les oublier. Sa hantise. Sa terreur.

Elle s’aperçoit alors que la putain l’a suivie – peut-être pour s’assurer qu’elle ne confonde pas le visiteur avec un autre ? Agacée, elle s’empare de l’épaule de la mortelle qu’elle broie cruellement sous ses phalanges. La femme pousse un geignement pathétique, ce qui ne l’empêche pas de la projeter sur deux ou trois mètres. Le corps perché sur des échasses inappropriées culbute contre le distributeur de boissons, faisant dangereusement tituber la mécanique pendant quelques secondes. L’humaine ne demande pas son reste, se relève et se précipite contre la porte conduisant aux étages, le claquement de ses semelles contre le carrelage résonnant désagréablement aux oreilles de la Française. Prête à décamper, attendant elle ne sait quoi. Elle se moque bien que le visiteur ait assisté au spectacle. Elle se moque bien de la panique de la putain qui n’a rien à faire sous son toit, dont le chewing-gum usé jusqu’à la corde se balade d’une molaire à l’autre, et qui se réveillera le lendemain avec l’épaule bleuie. Elle n’a jamais eu honte de sa violence. Elle a grandi entourée d’une violence quotidienne ; ce genre de violence qu’on finit par ne plus remarquer, avec le temps. Sa nature vampirique, elle l’a embrassée presque soulagée de ne plus avoir à justifier ces élans colériques. Plus personne pour lui reprocher sa brutalité, son manque de chaleur, parfois, sa volonté de ne pas céder, jamais. Elle n’a jamais été qu’une créature sournoise planquée dans un corps de femme trop étroit pour son vice. Du moins aime-t-elle à s’en convaincre. Comme si les bons sentiments l’avaient toujours écoeurée. À défaut de ne pas avoir grandi dans la ouate, elle en est venue à haïr ceux qui n’ont connu que les caresses amènes, les choix sans douleur et les faits d’armes acquis sans honneur.

Cet interlude de quelques secondes a interrompu sa course vers l’escalier d’en face. La voilà qui s’est arrêtée, pivote vers celui qui semble toujours espérer. Il n’a pas l’intention de se contenter de ses maigres réponses et, quelque part, elle songe qu’il a bien raison. Quiconque solliciterait son Infant d’adoption pour des fadaises mérite encore moins le temps que celui qu’elle gaspille dans ce hall aux parfums d’épices, de cuir et d’Orient. Finalement, elle ne lui aura pas tourné le dos bien longtemps. Elle le dévisage sans hargne, même si sa moue boudeuse pourrait faire croire à une mauvaise humeur patentée.  
Ça y est. Voilà qu’il réveille un brin de sa pitié. Un sourire carnassier écorche les lèvres pleines de la fausse doucereuse, de la carne incarnée, et sans montrer ses ratiches qui ne demandent qu’à mordre, elle laisse échapper un rire bref, ricanement éloquent. Il demande Salâh. Qu’est-elle devenue ? Groom ? Maître d’hôtel ? Sûrement pas. Il doit être désespéré pour chercher ainsi à entrer en contact avec le dirigeant suprême de leur bande de décérébrés. Ils lui font honte, cette nuit, et elle se demande si l’homme qui lui fait face croit à l’illusion d’une puissance qui, au fil des jours, s’efface. Le rictus, pourtant, s’apaise. L’agacement est vite remplacé par la curiosité ; ce n’est certainement pas sa générosité qui l’incite à rester. Ses bottines noires et lisses, aux talons silencieux, contrairement à celle des putains qui osent encore hanter les lieux, frottent les dalles orangées, sans fard, propres mais dont l’éclat reste terne, d’une facture ancienne. Elle croise les bras contre sa poitrine, suit de la pointe de sa chaussure les lignes grisâtres dessinant le damier.

L’humaine est encore planquée là, et sans même se retourner pour la regarder, elle siffle, mauvaise : « Fiche le camp. » Un claquement de porte plus tard, le son d’une cavalcade modérée dans les degrés, et Aliénor s’approche de celui qui ne trouvera aucunement le moyen de s’agenouiller devant les deux Antiques qu’il est venu chercher.

« Salâh est absent. Yago est avec lui. Ou du moins… je l’imagine. » Un ange passe, et elle se retient de persiffler, de lui jeter à la gueule quelques bribes de vérité. Sait-il ? Connaît-il ce couple dysfonctionnel dont l’union lui ravit sa joie chaque fois qu’elle les vrille, au détour d’un couloir ? « Le maître des lieux reviendra, mais j’ignore quand. » Pauvre bougre. Son visage s’incline, et elle s’avance encore de l’homme grand, qui la domine comme le font de toute manière la plupart des gens. Il est si fébrile, possède la nervosité des mortels, comme s’il ne parvenait pas à faire taire l’émotivité que dieu sait quoi provoque. « Attendre ne servira à rien. Ou du moins… certainement pas dans ce hall. » Dédaigneuse mais presque affectueuse quand elle désigne l’accueil modeste, mais somme toute bien agencé. De la tête aux pieds, elle promène son regard, et songe aux malheureux qu’à plusieurs reprises, sur sa frégate, elle avait transporté. C’était avant qu’elle ne déclare à Charles Pollard que plus jamais un « nègre » ne monterait sur le pont de son navire. Ces missions d’exceptions, malgré sa discipline, lui ont toujours coûté plus qu’elle ne s’y attendait. Contempler la souffrance de ces êtres misérables, savoir quel destin funeste les attendait sans pitié, était alors bien trop dur à encaisser ; le pire, c’était l’après. Les miasmes, les restes, les traces, et le nombre de cadavres balancés par-dessus bord, quand les maladies, les blessures, les suicides et autres malédictions se mêlaient aux tempêtes et au mal de mer des mourants. Pour cette raison, elle s’est toujours tenue loin du peuple noir. Les fréquenter lui est pénible, car elle sait, au fond, avoir participé à un système ignoble et cupide.

Mais il en était ainsi, alors.

Est-ce la cause de cet intérêt contrarié ? Elle humecte ses lèvres, pensive. « Pourquoi as-tu besoin d’aide ? » Elle le défie, et les bras se délient, quand ses paumes se perchent sur ses hanches dessinées. « Peut-être que moi, je pourrais t’aider. Je connais très bien Sâlah et Yago. Nos routes ne cessent de se croiser depuis plus d’un siècle, désormais. » Un peu d’exagération, mais il ne saura jamais. Elle tisse la voile d’un mensonge léger, inoffensif, et se murmure à elle-même que, peut-être, quelques informations grapillées ne seront pas volées.  

« Qui es-tu ? Tu sembles… » Goguenarde, elle cherche un mot guère insultant, mais approprié : « … dépité. »  

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Before I'm dead

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Mar 2 Mar - 3:21 (#)

Donc, le tableau c’est : un monstre en devenir, une pute et un vampire. Le début d’une mauvaise blague ou d’un film d’horreur passable en somme, sauf que ce n’est ni une plaisanterie ni une des conneries qu’il m’arrive de regarder. C’est juste moi, ce vampire nouveau-né qui balance mes espoirs aux pieds de parfaites inconnues, qui les balance et les regarde sans grand étonnement s’écraser lamentablement au sol. Prévisible, voilà c’que je me dis, parce que c’est presque une routine, de me prendre des vents par l’univers tout entier, à ce stade. Pourquoi j’ai cru que Yago serait ici, où il avait toutes les chances d’être, déjà? Maintenant, je me sens con, comme trop souvent, un mélange amer de déception et d’agacement, mais voilà encore autre chose auquel je devrais m’habituer rapidement. Dire qu’il y a des cons qui veulent devenir des vampires, qu’ils viennent prendre ma place. J’essaie de monter un plan d’action, une suite, quand la violence s’abat sans que je la comprenne ou ne tente de l’arrêter. Pas que j’en ai rien à faire, mais je suis incapable de faire quoi que ce soit pour l’aider, la putain, parce que la seule foutue pensée qui me vienne à ce moment là, c’est qu’elle ne doit pas saigner, alors je prie, je prie une entité imaginaire que ma semblable ne l’abîme pas trop et qu’aucun carmin ne vienne s’écraser sur le carrelage. Parce que ses chances de survie tomberaient bien trop proches du négatif, à cette pauvresse qui n’avait rien demandé à personne avant que je ne l’envoie quémander à ma place.

Enfin, elle aurait sûrement pu bouger, ne pas rester là, à se terrer dans l’ombre de l’immortelle en espérant pouvoir satisfaire ce que je pense être de la curiosité mal placée.

Les canettes et autres bouteilles s’entrechoquent, dans le ventre de la machine que vient rencontrer le corps humain, projeté comme un enfant capricieux le ferait avec ses peluches. La voilà qui file, cette fois, ou c’est que je crois, pendant une seconde, avant qu’elle marque un arrêt. Idiote. Faut pas tenir à la vie, pour rester là. Comme un écho de mes réflexions, la voix siffle, intime à l’inconsciente d’achever la fuite amorcée. L’autre s’exécute et je suis ses pas précipités d’une oreille.

Ça me demande un petit effort pour faire comme si j’avais rien vu, parce que ma bonne conscience est toujours là, bien enfouie, mais là. Et pourtant je ferme ma bouche, une fois, la rouvre en cherchant mes mots. Et j’ose pas la contrarier, celle qui me fait face, parce que j’ai besoin d’elle et que je suis lâche. Les mots s’échappent, demandent un absent de plus, un nom supplémentaire à rayer de la liste de mes possibilités. Je ne soupire même pas, à quoi bon? Et l’oeil adverse se fait scrutateur tandis qu’elle avance, fouille l’apparence minable que j’ai à offrir, avec mes épaules voûtées et mes vêtements déjà usés. Quelques formalités que j’ai appris à ignorer, il pourrait bien me juger, ce regard, que ça ne me ferait ni chaud ni froid, ce serait pas le premier et ce sera pas le dernier. J’ai conscience, de l’image que je renvoie, dans ma situation, le déni n’est pas un luxe que je peux me permettre. Ma main frotte mon avant bras, relève les manches grises de mon vieux sweat-shirt, découvrant quelques-unes des ornementations qui me couvrent. -Doit bien y avoir des chambres libres, si c’est bien un motel, mais j’pense pas que je doive m’adresser à vous pour en avoir une. Et je compte, mentalement, les dépenses et les rentrées d’argent qu’il y a eu, sur mon compte, j’ai plus grand chose dessus, mais j’dois avoir assez. Même si le doute persiste, dans ma caboche, on peut vraiment louer une chambre ici? S’incruster dans le décor, juste à deux pas d’un repaire de vampires et autres CESS renégats? Une absurdité de plus, mais pour m’étonner il en faut plus, à Shreveport.

Mais voilà qu’une étincelle éclate, une de celles auxquelles je crois plus vraiment, depuis que ma vie est devenue un chemin parsemé de cadavres. Une seule question et voilà qu’elle ravive l’intérêt qui s’éteignait. Même si elle aurait aucune raison, de m’aider, qui irait s’encombrer d’un nouveau-né pas foutu de se contrôler? Et j’ai la folie de croire que peut-être, elle, elle le ferait. C’est peut-être juste de la fatigue, j’en ai marre, d’errer sans savoir ce que je vais pouvoir faire, avant de rentrer dans la même chambre toujours vide. Seulement habitée par les dessins dont je couvre de nombreuses feuilles, abandonnées à même le sol ensuite. Les mots seront pas justes, mais tant pis. -J’ai… aucune idée de ce que je fais. Et je vais finir par faire quelque chose de vraiment grave, sans l’aide d’un vampire plus vieux. Une inspiration, c’est que j’aurais presque douté d'être capable de le dire. Pourtant, j’suis assez connu pour avoir une grande gueule, ou je l’étais, tout est dans la nuance. -Je connaissais Yago avant de devenir… ça. Je me désigne, m’englobe d’un mouvement las. Je connaissais Yago avant de devenir un danger public. -Je me suis dit qu’il m’aiderait plus que l’essaim, ma Sire est… partie, je crois. Enfin, la deuxième, la première aussi, elle s’est cassée. Un haussement d’épaule, comme si c’était anecdotique. Parce qu’à mes yeux, ça l’est, on s’y fait, aux départs, aux abandons, c’est que ça avait commencé tôt pour moi. Un de plus un de moins… -Je suis Abel. Et le mot dépité n’est pas tout à fait exact, en fait, je dirais plus perdu. Ou totalement désespéré. Si j’ai pas carrément l’air d’un animal qu’on aurait abandonné sur le bord de la route. J’l’aurais pas pris mal, c’est que la vérité.

J’aimerai avoir cette confiance, qu’elle a, droite face à moi, qui, malgré une différence de taille notable en ma faveur, me sent petit. Un siècle, c’était déjà plus que ce à quoi je pouvais aspirer, il n’y avait pas si longtemps. -Mais votre identité est sûrement bien plus notable que la mienne, comment je dois vous appeler?
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ADMIN ۰ Dalida - Elle devra choisir entre son amour et sa mort.
Aliénor Bellovaque
Aliénor Bellovaque
ADMIN ۰ Dalida - Elle devra choisir entre son amour et sa mort.
♚ TAKE AWAY THE COLOUR ♚

Take away my heart ♦ Aliénor & Abel OGUkIML Take away my heart ♦ Aliénor & Abel 4q8vfGT Take away my heart ♦ Aliénor & Abel RORgjLL

"Eh bien ; la guerre."

En un mot : La Vipère sous la rose.
Qui es-tu ? :
"Don't die with a clean sword."

♚ Caïnite âgée de trois siècles ; Accomplie du bel âge à portée d'ongles carmins.
♚ L'Ambition la ronge, mais laquelle ? ; le vide de nuits interminables la détruit plus sûrement que n'importe quelle balle en argent. L'Ennui pour seul véritable danger.
♚ Gorgone gauloise, sa réputation parle pour elle, surnommée Mère sanglante ou Reine rouge. Nombre d'enfants sont tombés sous ses crocs.
♚ Fille de corsaire, héritière de ses lettres de Marque ; navigua au service de Louis XV dans les eaux des Caraïbes à la tête de l'Espérance, frégate à l'équipage composé de deux centaines d'hommes.
♚ Trahie par un Britannique ; capturée et ramenée de force sur l'île de Mona, torturée , abusée, échappée - mourante (malaria). Transformée par un autre, à l'aube de sa trentaine.
♚ Éprise de coups d'État et féroce opposante à l'Essaim. Antique imperméable à l'ordre. Partisane du clan du Chaos. Danseuse sur le fil acéré de leur rigueur.
♚ Maudite ; aucun enfant n'a pu sortir de son ventre. Aucun Infant n'a pu résister à son vice, transmis tel un fléau. Sire matricide par deux fois. Échec toujours en gestation.
♚ Sang turc dans les veines, manie les us et coutumes perses. Son réseau d'Orient et d'Occident est dessiné comme une arachnide file sa soie.
♚ Incapable d'aimer son époque ; craintive pour l'avenir, répudiant son passé.
♚ Se joue d'une beauté en laquelle seuls les autres croient. Compagne de Serguey Diatlov, mère de substitution de Yago Mustafaï, protectrice de Mei Long.
♚ Pie voleuse, elle a dérobé le Clan du Chaos aux mains trop glissantes de Salâh ad-Dîn Amjad, qu'elle compte bien refonder en un ordre sérieux pour s'opposer à la Mascarade ainsi qu'au dictat de l'Essaim en place.

♚ SLAVE TO DEATH ♚

Take away my heart ♦ Aliénor & Abel FASlTSW Take away my heart ♦ Aliénor & Abel UByGHjO Take away my heart ♦ Aliénor & Abel W6JtYIp

"I know where you sleep."

Facultés : ♚ Vicissitude (niveau III)
♚ Mains de la destruction (niveau I)
♚ Chimérie (niveau I)
♚ Stratège. Rapide. Teigneuse.
Thème : Sleep Alone ♚ Bat for Lashes
Take away my heart ♦ Aliénor & Abel X13YkvN
♚ CANNIBAL ♚

Take away my heart ♦ Aliénor & Abel 9KgtXIf Take away my heart ♦ Aliénor & Abel 7iJSCrv Take away my heart ♦ Aliénor & Abel 6gla5CK

"Mind if I cut in?"

Take away my heart ♦ Aliénor & Abel BFJjZXP


Pseudo : Nero.
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Mar 16 Mar - 21:43 (#)

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Dead is the new alive. Despair’s the new Survival, a pointless point of view. Give in, give in, give in, give in. You play the game, you never win. So take me now or take me never. Choose your fate, how else can we survive

▼▲▼

Elle est ce qu’elle n’a jamais cessé d’être.
Elle qui, pourtant, a vu son ventre crevé mille fois, incapable de pondre, de délivrer la moindre progéniture depuis ses entrailles.
Son destin étrange l’a cependant couronné Mère. Inlassablement, les Infants abandonnés, les jeunes vampires laissés pour compte, accourent et se réfugient dans des bras pourtant capables de les étrangler. Elle, qui s’est toujours comparée à Médée. Elle a dû, par deux fois, tuer en effet la « chair de sa chair », mais aucun homme n’en était responsable.
Ce nouveau venu succombera-t-il aux mêmes attraits que dégage la Madone ? Mater dolorosa ; sourires enjôleurs et caresses affectueuses, sans cesse contrebalancés par son autorité redoutable, ses attentes impossibles. Gare, gare au rejeton qui la déçoit. La punition ne pardonne pas, et elle n’a cure d’excuses inventées, quand les plus pratiques se trouvent à sa portée.

Tout en se laissant aller à ces pensées diffuses, elle ne perd pas le fil, ne le quitte pas des yeux et recueille, attentive, l’avertissement qui plane, la menace qui s’étend. Le Clan ne doit pas se faire remarquer défavorablement par l’Essaim. Ou du moins, pas comme ça. Elle ne songe même pas à la réputation de Salâh. Elle songe à la sienne. Venue se réfugier dans un groupe certes guère affilié dans le monde des idées au Régent, elle ne compte pas provoquer sa perte en faisant partie d’agitateurs considérés comme mauvais et dangereux. Elle sait ceux qu’elle exècre tatillons et prompts à avancer leurs pions, profitant des failles. Ils ne perdront aucune occasion pour la clouer au pilori auquel elle échappe depuis tant d’années. Or, c’est bien ainsi qu’elle aurait préféré que le Clan soit mené : comme un potentiel refuge, un moyen pour eux de faire grossir leurs rangs en se préoccupant réellement du futur des nouveaux transformés. Alors, non. Elle ne sous-estimerait pas l’alerte, et son visage perd de cet aspect superficiel qu’elle sait tant lui imprimer.

« Quelque chose de vraiment grave… » Un ricanement bref, sans joie, suffit comme déclencheur pour la voir s’activer de nouveau. Voilà qu’elle se glisse derrière le comptoir avec un naturel confondant. La mutine lève les yeux, ouvre un placard, observe quelques clefs appartenant aux chambres libres. Elle s’empare de l’une d’elles : la pièce sera au deuxième étage : le sien, bien qu’à l’autre bout du couloir. Cela ferait l’affaire. Elle se saisit du carton plastifié et se retourne, le jaugeant prudemment. « Tu es donc en train de me confirmer que, pour le moment, rien ne peut t’être reproché ? » Il ne doit pas lui mentir. Elle le saura. Elle a l’art de reconnaître le mensonge ; pour le pratiquer si souvent elle-même. Du moins, ce n’est pas vrai. Elle ment moins qu’elle ne manipule, préférant tordre la vérité à son goût, mais s’aventurant rarement dans les marécages glauques et poisseux qu’arpentent les meilleurs faiseurs d’histoires. Le fait qu’il connaisse Yago ne pèse que plus lourd comme argument décisif. Elle ne peut pas le laisser là, errant aux alentours du motel ou retournant au cœur de Shreveport. Elle doit garder un œil sur lui, au moins jusqu’à ce que le duo régnant sur le bâtiment décide de ce qu’ils devraient en faire.

« Suis-moi. »

Elle n’envisage pas un instant qu’il ne lui obéisse pas. Elle emprunte le même chemin que celui arpenté par la putain, et jusqu’au deuxième étage, ses lèvres se tiennent coites. Ils traversent le corridor plus calme que d’habitude. Elle vérifie les numéros notés sur les portes jusqu’à la bonne, et pousse pour lui le battant donnant lieu à une chambre correcte. Lui permettant d’entrer, l’Antique s’assure de refermer derrière eux, avant de balancer sur le bureau à portée la carte magnétique qui lui permettra de circuler. « Tu t’assureras de payer ton dû, bien sûr. Je ne fais pas crédit. Mais le fonctionnement ici est plutôt… bohème. Tu auras l’occasion de t’en apercevoir. » Elle lui lance une œillade éloquente, avant d’esquisser quelques pas, le corps se délestant un peu de la tension mauvaise l’ayant agité dans le hall. Elle observe le décorum un peu différent du sien, la chambre n’étant pas exactement bâtie dans la même configuration. Curieuse, elle s’écarte de lui, se rapprochant de la fenêtre donnant sur l’arrière du Lucky Star ; sombre mais calme. « Tu peux m’appeler Aliénor. » Elle se pose sur le rebord, et son dos trouve les vitres closes comme support. Une jambe remonte, talon ancré, genou pointé, et son bras reposant sur l’articulation pliée. Elle le contemple, le jauge et, maintenant qu’ils sont assurés de ne plus être dérangés, lui déclare avec fermeté :

« Pour que je puisse t’aider, il va te falloir me raconter. Comment et depuis quand connais-tu Yago ? Qu’est-ce que tu sais de lui et depuis combien de temps es-tu devenu un Mort-Qui-Marche ? » Depuis combien de temps la malédiction de cette vie sans fin est venue alourdir tes épaules de fils d’esclave ? Abel. Elle en hurlerait de rire. Certains des siens jouent d’une ironie aussi dérangeante que la sienne. Alors elle répète, amusée : « Abel… Un nom aussi surprenant que drôle, pour devenir… caïnite. » La voilà qui penche la tête sur le côté, posture habituelle pour mieux observer son interlocuteur dont elle se demande de quoi son quotidien de mortel était fait. « Pourquoi Yago t’aiderait-il plus que l’Essaim… ? » Yago pouvait-il seulement aider qui que ce soit ? « Quelles sont les femmes qui t’ont transformé ou laissé là ? Et qu’en ont dit les autorités ? Qui as-tu rencontré, parmi leurs représentants ? » Les questions s’enchaînent, car elle veut faire vite, souhaite obtenir le portrait le plus complet d’une situation dont elle ne connaît aucun des composés. « As-tu besoin que je te surveille, cette nuit… ? Pourquoi te crois-tu prêt à faire quelque chose que tu regretterais ? » Elle n’avait pas spécialement prévu de se charger d'une corvée bien ingrate. Pourtant, elle ne ferait confiance à personne d’autre qu’elle pour s’emparer de cette mission nécessaire.

« Si tu souhaites te nourrir, je peux te procurer facilement un calice. Maintenant. Il n’y aurait rien de plus facile… »

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