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'Round Midnight | Nicola & Heidi

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­'Round Midnight | Nicola & Heidi WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Ven 22 Jan - 20:13 (#)
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Round Midgnight
Un club de jazz quelconque, Downtown
ft. Nicola Alighieri



Ç
a fait un moment que tu attendais cette soirée. Un bon mois, en fait. Tu aurais pu attendre bien moins longtemps mais il a fallu que tu te convainques qu’en faisant tout comme si ta côte n’était pas fêlée, elle guérirait comme par magie. C’était un plan sans faille.. enfin, si l’on met de côté le fait que tu n’as rien d’une magicienne ni d’une sorcière hormis une propension à te vêtir uniquement de noir de la tête aux pieds. Aujourd’hui ne fait pas exception. Un col roulé noir, un ample pantalon noir et des bottines noires : telle est ta panoplie, une seconde peau dans laquelle tu ne crains aucun jugement et qui a l’incroyable pouvoir de faire ressortir ta confiance en toi à son apogée. Seule exception à cette règle du jais : quelques notes de rouge sous la forme de marteaux et de faucilles entrecroisées sur tes chaussettes des grands jours, parce que oui, aujourd’hui est un grand jour. Aujourd’hui, tu remontes sur scène pour la première fois depuis de trop longues semaines.
Dans la longue liste de tes addictions, on a pu trouver beaucoup de choses. L’alcool y a toujours occupé une place prépondérante, depuis quelques mois maintenant, la morsure, mais tu n’avais jamais pensé que jouer devant des inconnus puisse y avoir sa place avant de devoir arrêter sous peine de tomber à court de fierté et de te mettre à pleurer à cause de la douleur. Bien que tu te trouves à mi-chemin entre l’humain et le parasite, tu n’as jamais tenu de la larve, contrairement à ce que l’on pourrait penser en entendant parler de toi par n’importe quel membre de ta famille. Tu n’as jamais réussi à tenir en place très longtemps, trouvant toujours une excuse pour être active qu’importe la situation. Tout cela pour dire que ça t’a énormément manqué, les concerts. Pour toi qui a tant de mal à te faire une place dans un contexte social normal, le fait que tu sois aussi à l’aise avec une trompette dans les mains même devant un public est un véritable miracle qui t’a sans aucun doute évité de sombrer dans des abîmes dont jamais tu ne serais sortie. Quand tu joues, les gens semblent t’apprécier un peu plus ; toi tu mets ça sur le compte du talent, d’autres diraient que c’est parce que quand tu souffles dans un instrument, tu ne peux pas parler.

Tu t’es donc rendue sous les coups de huit heures dans un club de jazz du centre-ville, prête à en découdre avec la première personne qui te barrera le chemin de la scène. Depuis l’incident avec la psy et le taré, tu ne sors plus sans la taser qu’Elinor t’a donné ; tu n’es pas du genre peureuse, mais tu es amèrement forcée de te rendre à l’évidence : tu es bonne pour déclencher des incidents diplomatiques mais beaucoup moins pour les résoudre, que ce soit à la force de tes mots ou de tes poings, même si tu apprends à t’en servir. Fort heureusement, la voie est dégagée : la scène s’offre à toi comme une amante fidèle sur un drap de satin rouge, et tu jubiles. Le frisson de l’anticipation t’électrise et te donne la chair de poule à l’instant où tu passes la porte d’entrée. C’est donc l’air complètement extatique, voire absolument ravagée, que tu viens poser ta mallette sur l’estrade prévue pour les musiciens. Ce soir, c’est un bœuf ouvert à tous ou presque, alors tu ne seras pas payée. Tu t’en fiches un peu, même si tu ne devrais pas. Tout ce qui t’importe, c’est de déballer ta vie à une assemblée de visages anonymes dans une série de métaphores sonores et d’en tirer le plus d’adrénaline possible. C’est donc ce que tu vas faire dans les deux heures qui vont suivre. Comme si tu avais répété ça toute ta vie, tu as sorti ta trompette en prenant un court moment pour en admirer la patine élégante sur son métal argenté, l’as portée contre tes lèvres dans un geste presque mystique, tu t’es accordée et quelques instants plus tard, comme si votre petit groupe de troubadours distingués n’attendait que toi, vous avez commencé à jouer. Take the "A" Train, c’est une belle entrée en matière. C’est un classique, mais c’est un standard que tu apprécies, d’autant plus qu’il reflète un état d’esprit duquel tu n’as peut-être jamais été aussi proche.

Ainsi, te voilà une paire d’heures plus tard, fatiguée mais presque heureuse. Tu ranges avec soin ta trompette dans sa boîte, peut-être un peu frustrée que tes camarades n’aient pas envie de jouer jusqu’à ce que le patron vous flanque dehors à grands coups de pieds en vous beuglant de ne plus jamais mettre les pieds dans son établissement. Enfin, tu préfères te diriger vers le comptoir tant que tes veines sont toujours saturées de cette ivresse grisante. Il y a encore quelques mois de ça, tu n’aurais absolument pas hésité à aller superposer les ivresses, mais ce soir tu hésites, à ta plus grande surprise. Qu’importe, tu vas aller hésiter sur un des tabourets du bar.
Tu choisis le siège le plus à l’extrémité, tu te connais, tu veux limiter la compagnie au strict minimum. Les gens ne t’aiment pas mais tu le leur rends bien, et tu ne laisseras personne gâcher cette sensation de plénitude. Tu t’assois donc et te plonges dans le fil de tes pensées en gardant ta mallette sur les genoux, agitant toujours subtilement la tête au rythme du concert qui se poursuit dans ton esprit encore limpide. Trop limpide ?


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Nicola Alighieri
Nicola Alighieri
"DILF : Oh bonneuh mèreuh !"
ASHES YOU WERE

En un mot : Vieux
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Facultés : Métamorphose, 3er niveau, 2ème palier
Occultation, 2ème niveau, 5ème palier
Sépulcre, 2eme niveau, 1er palier
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ASHES YOU WILL BE

Pseudo : Yushe
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Dim 24 Jan - 20:54 (#)



Round Midgnight

«  L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

Il est de ses accords désagréables qu’il faut pourtant savoir honorer.

Accorder quelques heures en sa compagnie, dans un lieu dont le choix n’a pas été donné, au milieu d’une cacophonie de voix et de sons plus ou moins mélodieux, à une personne qui ne désire qu’être vue en sa présence, est digne d’appartenir à cette catégorie.

Nicola a envie de se pendre, quand bien même cette méthode n’engendrerait aucune tragique conséquence et serait relativement contraignante à mettre en place. Il a presque envie de laisser le soleil l’emporter, devrait-il dire, mais l’expression n’est pas consacrée.

Mieux : il a envie d’arracher la langue du prétentieux pour le laisser s’étouffer dans son sang. Peut-être comprendrait-il alors l’effet qu’ont ses paroles sur lui. Un flot de mots qui se déverse et noie la victime en face. C’est un peu expéditif, comme moyen de le rendre silencieux, mais ç’aurait le mérite de faire passer le message grâce à une comparaison qu’il trouve, somme toute, à propos.

Et il ne peut même pas se laisser griser par l’alcool pour échapper à cette embuscade au moins en esprit. Il est coincé, corps et âme, jusqu’à ce que son Calice ne cède aux besoins physiologiques impérieux que sont le sommeil et la vessie pleine.

Oh, il pourrait le planter là et regagner son antre, reprendre une partie ou tenter de résoudre une enquête, ce pour quoi il est payé et donc ce qu’il devrait être en train de faire en ce moment, au lieu de regarder un homme boire à sa place tout en le noyant de paroles insignifiantes. Oui, il pourrait. Disparaître soudainement, l’abandonner à sa table, jeter sa parole aux orties. Il est rôdé à ce genre d’exercice. Pourtant, il reste là, il sourit et hoche la tête, s’oblige même à cligner des yeux régulièrement, pour ne pas perturber le petit humain.

Qu’est-ce qui peut représenter une menace suffisante pour un vampire de huit-cent ans pour que celui-ci préfère mâcher sa rancœur en silence, assis à une table miteuse sans bonne vue sur la scène où s’en donnent à cœur joie des musiciens amateurs, en mauvaise compagnie, plutôt que d’envoyer tout valser ?

La perspective d’avoir à se trouver lui-même un autre Calice à l’endurance à l’alcool aussi phénoménale. Bing l’a formellement averti qu’elle ne lèverait pas le petit doigt pour lui, pas plus qu’Amy.  Ses deux Marquées refusent d’encourager l’alcoolisme chez leur Maître. Pour que l’alcool lui fasse effet à lui aussi une fois sa soif rassasiée, il faut que le Calice soit vraiment bien imbibé… et qu’il tienne encore debout. Ça ne se trouve pas partout, cette endurance. Si Basil se vexe, pas d’autre alcoolique notoire en vue, car il a d’autres priorités que d’écumer les bars et d’attendre à leur sortie.

Alors Nicola attend, Nicola prend son mal en patience, et Nicola a bel et bien de plus en plus envie de se pendre ou de commettre un meurtre. Homicide ou suicide, il faudra attendre la fin de cet enfer pour savoir. Le vampire pince ses lèvres et croise les bras, préférant focaliser son attention sur ce que produisent les musiciens plutôt qu'à l'égocentrique en face de lui. S'il se tord le cou, il peut les apercevoir. Il y a des instruments qu'on n'a pas souvent l'occasion de voir, comme une basse ou une trompette. Il faut croire que ce soir, c'est jazzy. Ah, dire qu’à l’époque, ça se jouait dans des bars clandestins… Les gens n’étaient pas plus intéressants, mais les notions de danger et d’anticipation rendaient l’ambiance électrique. Pas sûr qu’une petite blondinette aurait été acceptée sur scène pourtant.

Nicola s’appuie contre le dossier de sa chaise, trouve son équilibre, la tête légèrement en arrière, pour mieux voir la demoiselle qui semble donner le la avec son instrument. Une trompette. Ça lui tire un petit sourire, que son Calice interprète comme un signe d’intérêt pour ce qu’il lui raconte. Il repart de plus belle. Le vieux vampire n’écoute plus les paroles, mais les notes.

Et quand la musique s’arrête, que la blonde quitte les coulisses de la petite scène, fend la foule pour s’installer au bar, Nicola est aux aguets. D’un signe de la main, il incite au silence son Calice. Ses yeux bleus se posent sur lui, il prend pour la première fois la parole.

- « Basil, vous allez inviter cette jeune dame, là-bas. En tant qu’artiste, elle saura saisir votre vision, sûrement mieux que moi. »

Basil s’offusque, est prêt à le contredire. Si la jeunette se ramène, il va falloir parler anglais, abandonner le russe. Le grand barbu n’a pas envie de penser à un autre que lui ce soir, c’est son moment. Il l’a réclamé haut et fort depuis des semaines.

Un autre geste de la main, un haussement de sourcil.

Basil se lève, géant d’un mètre quatre-vingt quinze, s’en va vers la demoiselle. Nicola observe la scène de loin, un sourire au coin de ses lèvres. Il adresse un petit signe de la main aux deux humains, qui sont maintenant face à face, ses yeux toujours aussi froids et vides, ses lèvres découvrant à peine ses dents. Peu importe la suite, elle sera désormais plus intéressante à vivre.

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Lun 25 Jan - 3:56 (#)
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Round Midgnight
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ft. Nicola Alighieri



S
ur la scène de ton auditorium mental, les classiques se succèdent. Dans cet espace qui n’appartient qu’à toi et que personne ne sera jamais en mesure de visiter, tu invites nombre de légendes de ton art à s’exprimer. Tu les as tellement entendues, et surtout écoutées avec tellement d’attention que tu as gravé le moindre de leurs solos dans ta mémoire avec la ferme intention de ne jamais rien en oublier. Si quelqu’un était capable de rentrer dans ton esprit, il y aurait fort à parier qu’il ou elle serait impressionnée par l’étendue et la fidélité de ta bibliothèque musicale, soigneusement rangée et organisée à l’aide de connaissances pointues acquises à force de lectures et d’écoutes persévérantes, le tout contrastant d’une manière merveilleusement saisissante avec le chaos qui règne en maître absolu tout autour.
On pense souvent que tu es une bonne à rien, certainement à cause de ton comportement d’enfant immature et irresponsable, mais les choses sont peut-être un peu différentes. Tu n’es certes pas un génie, loin de là, mais lorsqu’un sujet réussit à piquer ta curiosité, tu es capable de faire preuve d’une grande rigueur et d’une méticulosité insoupçonnée jusqu’à avoir étanché ta soif d’apprendre. Quand il n’est pas gouverné par un tissu informe d’émotions exacerbées, ton esprit est capable de faire montre d’une logique presque implacable. La tragédie ici réside dans le fait que tu sois incapable de t’intéresser à quelque chose qui ne te procure pas une satisfaction immédiate. Si seulement tu en avais conscience et que l’instruction n’était pas pour toi étroitement liée à une enfance que tu détestes de toute ton âme, il y a un monde dans lequel tu aurais pu devenir quelqu’un. A la place, tu te complais dans tes réactions impulsives, accordant encore et encore la primauté à cet instinct qui t’a trahie un nombre incalculable de fois sans jamais que tu ne l’abandonnes. Ce soir risque d’en devenir une nouvelle illustration.

Le barman s’approche de toi et te demande ce que tu veux. C’était inévitable. Tu anticipes déjà le regard hautain et dédaigneux qu’il ne manquera pas de t’adresser si tu n’as pas une réponse à lui donner.

« Vodka orange. »

C’est le réflexe qui a parlé, cette sale manie qui révèle qu’elle est toujours présente du fond de sa spirale infernale. Tant pis, la chaleur douloureuse mais néanmoins vivifiante de l’éthanol aromatisé suffira à te faire oublier momentanément tes états d’âme. Tu es encore sobre, c’est pour ça que tu te poses autant de questions.
Du coin de l’œil, tu avais vu un type se lever quelques secondes après que tu te sois assise. Franchement, un type qui se lève dans un bar, il n’y a pas de quoi épiloguer. Tu l’as juste remarqué, comme tout le monde certainement, parce que le type en question doit peser facilement deux, voire trois fois ton poids. Enfin, c’est un détail qui t’es vite sorti de la tête, du moins c’est ce que tu aurais voulu. Dans la réalité, ce détail te revient en pleine figure tel un crachat face au vent lorsque tu le vois s’approcher de toi au lieu de se diriger vers les toilettes comme tu pensais qu’il allait faire. T’es un vrai aimant à emmerdes, même quand tu ne les cherches pas, à tel point que tu te demandes presque si ça ne serait pas surnaturel ; pour couronner le tout, les emmerdes que tu tires ces derniers temps ont la fâcheuse tendance à avoir des gabarits démesurés, surtout en comparaison avec le tien. Autant il y a des fois où tu les cherches, tu es prête à le concéder, mais là, vraiment, la seule chose que tu aies faite, c’est exister. Alors oui, pour certains c’est déjà trop, mais malheureusement pour eux, tu les emmerdes et tu continueras d’exister de la manière la plus existentiellement existentielle simplement pour le plaisir de les emmerder.

Et voilà, tu es de mauvaise humeur. Le grand barbu ne t’a même pas encore adressé un seul mot que tu as déjà des envies de violence à son égard. Il vaudrait mieux pour lui que tu ne les mettes pas à exécution, parce que dans ta tête, tu es en train de l’humilier très salement. En fait, derrière le visage désabusé et presque flegmatique que tu affiches, tu es en train de mentalement le rouer de coup en plein milieu de ton auditorium pour avoir osé interrompre Chet. Il se poste devant toi et te fixe quelques instants pendant que tu tentes de l’ignorer. Une petite dizaine de secondes passe et tu hasardes un nouveau coup d’œil dans sa direction. Il est encore là. Évidemment, il est encore là. Pourquoi est-ce qu’il aurait disparu, hein ?
Dans un soupire de résignation, tu te décides à lever les yeux pour croiser son regard. Il baragouine quelques mots dans sa barbe que même ton oreille entraînée de musicienne n’est pas capable de comprendre, puis d’un léger signe de tête, type numéro 1 désigne type numéro 2 assis un peu plus loin et qui observe la scène avec attention. Type numéro 2, lui, n’est pas tout à fait du même genre que son comparse, et à en juger par le petit sourire qui ourle ses lèvres et le signe de main qu’il t’adresse, c’est lui qui a envoyé son gorille à ta rencontre. Vous ne vous connaissez pas encore, mais tu commences déjà à lui en vouloir.

Alors, ton regard sévère croise celui de type numéro 2 pendant une paire de secondes, puis celui de type numéro 1, puis à nouveau type numéro 2, le barman qui s’affaire à faire traîner ta commande, type numéro 1, et finalement type numéro 2 encore une fois. Beaucoup de questions te viennent en tête, et très peu de réponses les accompagnent. Qui sont ces gens ? Qu’est-ce qu’ils te veulent ? Pourquoi toi en particulier ? Est-ce que tu es sensée les connaître ? Pour qui est-ce qu’ils se prennent ? La réponse à toutes ces interrogations est simple : non, tu ne veux pas d’un sugar daddy. Tout ce que tu veux c’est passer encore un moment à profiter de l’humeur qu’ils viennent de torpiller sans avoir prononcé un seul mot. Un instant, tu es admirative de leur pouvoir de nuisance, voire un peu jalouse, mais tu te souviens bien vite que tu as quelques soucis pour gérer tes émotions et que leur prouesse n’a rien d’exceptionnel une fois mise en perspective.
En guise de réponse, tu tends ostensiblement le majeur aux deux hommes en les fixant froidement tour à tour droit dans les yeux pour qu’ils comprennent bien que cet élégant geste leur est entièrement destiné. Tirer des leçons du passé ? Et puis quoi encore, tu es bien au dessus de tout ça.


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Lun 25 Jan - 21:47 (#)



Round Midgnight

«  L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

De son poste d’observation, Nicola comprend que les négociations ne se présentent pas sous de bons auspices. Hum. Basil n’est donc pas un bon ambassadeur, quelle surprise. Son âme sensible d’artiste ne s’exprime donc correctement que par ses mains, le reste est loin d’égaler sa brillante dextérité. Ah, si ce n’était pas pour sa résistance à l’alcool et ses mains d’or… Non, qui veut-il tromper, il se serait tout de même intéressé à ce gros ours ukrainien au passé de lutteur.  Il faut bien un colosse de ce genre pour représenter une sorte de défi autrement plus amusant que des sacs de ciment lors des entraînements.

L’antiquité s’impatiente. Va-t-il réellement être obligé de finir sa soirée à écouter Basil lui raconter en long, en large et en travers son processus créatif ? Nicola n’a rien d’un artiste, il n’est là que pour admirer et acheter le résultat final. Il n’est là que pour la gloire. Les procédés, les précautions, les esquisses préliminaires… ça ne parle pas à son âme de conquérant. C’est trop contemplatif. Trop délicat. Va-t-il être privé d’un divertissement plus « tonique » ?

Son sourire s’efface lentement. La petite blonde prend trop de temps. Son regard alterne entre l’Ukrainien, le barman, et lui-même. Serait-elle du genre prudent ? Il a vu l’évolution des drogues, ses Marquées lui ont raconté leurs expériences et celles de leurs consœurs, son métier actuel a comblé ses lacunes concernant les dangers qu’encourent les femmes dans leur quotidien. Il se frotte le menton dans un geste pensif. Peut-être qu’envoyer Basil n’était pas la meilleure idée, pour amadouer une jeune musicienne. Est-elle apeurée par sa stature ?

Au moment où cette question lui passe à travers l’esprit, la petite blonde adresse un doigt d’honneur à son Calice et, ô surprise, vers lui aussi. Le barman dépose un verre en face d’elle après s’être fendu d’un sourire moqueur en sa direction. Nicola hausse les sourcils, puis rit de bon de cœur. Il est hors de question de se priver de divertissement inattendu maintenant qu’elle lui a montré un aperçu de sa trempe.

Basil se tourne vers lui, écartant légèrement ses mains de son corps dans un geste de défaite. Bon seigneur, il lui fait signe de reprendre sa place à leur table. Il observe avec malice et intérêt la jeune dame, apparemment outrée qu’on puisse l’aborder de manière si cavalière. Elle est frêle et menue, et cela ne l’a pas empêché de tenir tête à son géant. Qu’est-ce qui peut bien alimenter le feu intérieur qui semble l’animer ? Ah, Nicola est curieux maintenant…

A peine son Calice rassis, l’Ancien se lève et rejoint la demoiselle. Il veut en savoir plus.

Nicola n’a plus vraiment conscience de ce que son apparence physique renvoie. Même vêtu d’un simple pantalon en jean et d’une chemise, commun dans sa taille et sa couleur de cheveux, il n’arrive pas à être banal. C’est probablement sa démarche. Les gens s’écartent, mus par un instinct vieux comme le monde. Il n’est même pas très beau. Les siècles de lutte et le chagrin l’ont façonné, ont exacerbé ses traits coupés à la serpe. Il est intimidant, même quand il tente de montrer patte blanche. On n’arrive pas à faire passer un tigre pour un chat.

Le barman secoue légèrement la tête en sa direction, l’air de dire qu’il ne tolérera pas le désordre. Si la fille dit non, c’est non. Elle a dit non à Basil, c’est à son tour de soumettre sa requête. Il adresse un signe apaisant aussi bien vers lui que vers elle. Le sourire suscité par son geste insultant est toujours présent, il a l’air d’un adolescent. On a du mal à lui donner d’âge. Du bout des fesses, il s’assoie sur l’autre tabouret et lui parle avec son anglais mal assemblé teinté de son accent indéfinissable :

- « Vous drôle, vous savez ? - il penche la tête sur le côté, prend un air de conspirateur. Ses yeux bleus se posent sur elle et ne bougent plus. - Ce serait service, si vous venez. Je suis curieux de vous. »

Ses yeux se braquent sur ses bras minces, dissimulés par son col roulé. Elle fait famélique, cette petite, mais le feu dans son geste d’il y a quelques secondes lui a prouvé qu’il y a plus que cette apparente fragilité. Il sourit à nouveau en revenant vers son visage. Elle a probablement le caractère idéal pour rendre la soirée digne d’une anecdote insolite pour tous les clients de ce bar.

Alors Nicola joue un peu du charisme irrésistible offert par sa nature vampirique, pour obtenir au moins une réponse de sa part. Jouer de ses atouts n'est pas considéré comme un geste de tricherie.

Enfin, il commence à être diverti.


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Mar 26 Jan - 1:58 (#)
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T
ype numéro 1 n’insiste pas, et tu remercies un dieu quelconque pour avoir entendu tes prières. Son homologue semble apprécier de le voir se faire remballer de la sorte ; peut-être qu’il n’a pas compris malgré un regard plus qu’explicite que ton refus gestuel les concernait tous les deux. D’ailleurs, David semble mener Goliath au doigt et à la baguette ; la question de la nature de leur relation fleurit dans ta tête avant de s’évanouir devant le produit instantané de ton imagination. Tu déporte ton regard sur le verre que l’on vient de te servir pour éviter de la laisser trop dériver dans les tréfonds de leur intimité hypothétique, un sourire moqueur faisant étrangement écho à celui de type numéro 2 au coin des lèvres.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, à toi imaginant les ébats homosexuels de ces deux gaillards et eux riant à gorge déployée de l’échec cuisant de cette approche, mais non, il a fallu que que la Fortune s’acharne à nouveau sur ton sort et attire à toi l’instigateur de cette histoire qui n’aurait jamais dû naître. Bien vite, il se retrouve à la place de son conjoint. Tu le suis des yeux avec une agressivité passive qui aurait déclenché une crise d’angoisse à n’importe quelle âme trop sensible ; tu as perdu le semblant de neutralité que tu avais il y a à peine quelques secondes. Cette fois il était prévenu et s’il n’a pas une très bonne raison d’avoir posé ses fesses sur ce tabouret, tu te feras un plaisir de redoubler de créativité pour le lui faire regretter. Tes yeux sont rivés dans les siens, tu es clairement sur la défensive.
La simple présence de cet homme te tend, comme si un instinct salvateur essayait de te faire passer un message en crispant tes épaules et en raidissant ta nuque partiellement camouflée par ton col roulé. Il y a quelque chose de différent chez lui, quelque chose qui t’oblige à ne pas agir avec autant de légèreté que précédemment, quelque chose qui tire dans l’auditorium une sonnette d’alarme ambiguë. On pourrait te comparer à un chat faisant le dos rond face à une créature inconnue, mais la comparaison souffrirait certainement du fait que le chat ne s’apprêterait pas à se moquer ouvertement de l’accent du trouble-fête.

« Moi très bien toute seule. Moi SIDA. Moi veut pas coucher vous. »

Tu soutiens à nouveau son regard avec la ferme intention de ne pas fléchir. Une des choses qui te rend particulièrement insupportable est ta formidable capacité à imiter autrui. Ton oreille de musicienne est un outil précieux que tu mets volontiers au service de ton envie irrépressible d’être désagréable. Inconsciemment, tu es capable de capter les sonorités qui font la caractéristique du discours de quelqu’un et les retranscrire immédiatement dans tes propres paroles, faisant de toi une machine à énerver d’une efficacité exceptionnelle même sans avoir aucune idée de l’origine d’un tel accent.
En réalité tu n’as évidemment pas le SIDA. En revanche, ce que tu as, c’est la conviction que l’attention qu’il semble te porter n’a pas de rapport avec la manière dont on le transmet le plus communément. La sensation ambivalente qu’il provoque chez toi est familière, même si la déduction évidente qui doit s’en suivre n’a pas encore dépassé les frontières de ton inconscient. Quelque chose essaie désespérément de la retenir, comme si cette conclusion avait le pouvoir de t’ébranler. Comme si une nouvelle fois tu avais peur de ce mot qui pourtant te fascine, au point de devoir le cacher derrière des paraphrases et des métaphores alambiquées.

C’est au tour d’Ella Fitzgerald de prendre place devant le micro de la scène. L’auditorium est plongé dans un silence pesant, baigné dans un clair obscur seulement percé par une douche de lumière d’un jaune étrangement froid illuminant la chanteuse alors que retentissent enfin les premières notes de la chanson qu’elle va interpréter devant l’audience de sièges vides. ‘Round Midnight (), un choix plus qu’approprié autant vis-à-vis du titre que de l’ambiance qui émane des notes sulfureuses et d’une délicatesse acide qui résonnent dans ton palais mental. Tu te surprends d’avoir en si peu de temps regagné un calme relatif. La nature que tu lui devines le rend un peu moins fautif, mais l’oblige à te livrer plus de détails quant à ses intentions.

C’est la première fois depuis que tu connais Elinor que tu croises un de ses semblables ; se pourrait-il qu’il sache que tu es un Calice ? Est-ce pour cela que tu attires son attention ? Le club est encore passablement rempli et il doit bien y avoir au moins un badaud  qui rêve de se faire mordre dans l’assemblée, alors pourquoi toi ? Qu’est-ce que tu es sensée faire dans cette situation ? Et merde, il pouvait pas mieux choisir son moment ?
Tu fronces les sourcils et détourne le regard vers le barman qui semble s’attarder à votre extrémité du comptoir. Tu moulines un tour avec tes épaules dans l’espoir de les détendre, plutôt vainement, puis fais craquer ton cou avant d’adresser à cette oreille indiscrète une invitation tacite à bien sagement vous laisser tranquilles. Gardant toujours dans un coin de ton champ de vision cet homme nimbé d’épais mystères, tu décroches une main de la boîte de ta trompette pour attraper ton verre et le porter à tes lèvres. Tu te retiens de ne pas le descendre d’une traite, ce qui obligerait celui qui tu viens de rebaptiser type numéro 3 à revenir, ou pas d’ailleurs, mais dans un cas comme dans l’autre, cela t’agacerait ostensiblement.

Est-ce qu’il sait que tu sais ? Est-ce que tu vas continuer à te poser des questions aussi stupides ? Attends au moins qu’il te réponde, il y a de fortes chances pour que tu sois vite fixée. Ou pas non plus. Fait chier, la soirée s’annonçait sans prises de tête.


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Mar 26 Jan - 22:25 (#)



Round Midgnight

« L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

L’air mauvais de la demoiselle le prévenait d’une réplique bien sentie, il ne s’attendait pas à ce qu’elle brise l’omerta d’entrée de jeu, ni qu’elle se moque ouvertement de son élocution.

Nicola éclate de rire.

Certaines et certains auraient pu être vexés de ce rire sorti du cœur à la simple évocation d’une nuit passée en leur compagnie. Un affront fait à leurs prouesses à l’horizontal ou à leur physique. L’antiquité s’en moque, l’idée ne lui est même pas venue, qu’il puisse se prendre une paire de claques somme toute assez méritée pour avoir osé l’offenser. Non, la suggestion lui semble tellement saugrenue ! Complètement détaché des besoins physiologiques, Nicola a tout simplement oublié ce que pouvait être l’attraction sexuelle. Le désir est mort en même temps que son cœur. Tout au plus sait-il apprécier l’esthétisme d’un corps. Il ne ressentira aucune autre envie particulière que celle de goûter au sang qui assouplit et nourrit la chair. La sexualité est devenue un concept lointain, étranger, abstrait. C’est ce que font les humains pour passer le temps, ça peut servir de monnaie d’échange. Il y a longtemps qu’on ne lui a pas demandé de donner de sa personne de la sorte.

Il s’installe confortablement sur le siège une fois son éclat de rire éteint, ses yeux vides présentant enfin un peu de vie grâce à la petite étincelle de malice qu’elle y a allumé. Oh, elle est loin d’être fière de son accomplissement, elle l’ignore, le corps tendu, la tête rentrée dans ses épaules. Il l’emmerde, il l’a bien compris. C’est ce qui pimente leur échange.

Tel un gentilhomme, il attend patiemment qu’elle goûte à sa boisson. Il la jalouse quelques secondes. Lui est obligé d’attendre la fin de cette soirée pour assouvir sa soif et connaître quelques instants d’ébriété. Dire qu’un simple liquide peut le rendre malade comme un chien… Il n’a pas retenté l’expérience depuis 1230. Une seule fois avait suffi à le convaincre de ne plus jamais toucher directement à l’alcool, lui, le trompe-la-mort en chef. C’est donc un rien envieux et dégoûté à la fois qu’il la voit prendre puis reposer son verre, et enfin se tourner à nouveau vers lui.

Quelque chose a changé, dans sa façon de l’observer. Il y détecte maintenant une pointe de curiosité. Il ne sait pas vraiment à quoi elle est due, cette curiosité, mais puisqu’elle est piquée, autant en profiter. Nonchalant, il pose son coude sur le bar, joue avec un dessous de verre abandonné par un précédent client. Dans quelques secondes, il n’en restera plus que des morceaux. Triste vie d’un dessous de verre oublié et inutile.

- « Vous êtes artiste. Vous savez faire quoi ? » - demande-t-il de but en blanc, ses yeux étudiant le visage pâle et crispé de la blondinette. Vu son sens de la répartie, ce serait un délice de la voir titiller et remettre dans ses buts Basil, qui a besoin qu’on lui rabatte le caquet de temps en temps. Peut-être parle-t-elle russe. Ça expliquerait qu’elle ait si bien réussi à contrefaire son accent. Oh, il pourrait payer pour la voir lui décocher des piques empoisonnées et lui s’emporter et s’embourber dans des justifications décalées. Peut-être que cela pourrait dégénérer. Il faudrait prendre des paris. Qui pour la blonde poids-plume, qui pour la baraque barbue ?

Nicola revient à la réalité, conscient qu’il va falloir prétendre trouver de l’intérêt pour sa vision artistique et ce, malgré les limitations de sa maîtrise de la langue anglais. Si elle commence à lui expliquer sa théorie autour de la perception de la musique, il faudra prier pour qu’un sourire encourageant et des hochements de tête suffisent. La théorie, les perceptions, les réflexions liées à l’art… Nicola y est à peu près aussi étranger qu’au sexe. C’est joli ? Tant mieux. C’est raté ? Eh bien, il y a quelques temps, les mauvais musiciens étaient condamnés à mourir de faim. Cela dit, elle n’est quand même pas bien épaisse, cette gamine…

- « Vous artiste depuis quand ? »

Il n’est plus si sûr qu’elle soit si douée. Qui se produit sans être payé ? Qui fait quoi que ce soit sans être payé ? Certainement pas lui. Ou alors l’argent passe dans d’autres besoins que la nourriture. N’est-ce pas pourtant une des priorités, même pour une créature telle que lui ? Ou c’est le SIDA. Il s’empêche de sourire.

- « Je paye les verres et le repas si vous… » - il s’arrête, cherche ses mots. Il voudrait lui demander de prendre le relais, tout simplement. Entre artistes, il y a forcément des visions en commun, ou des dissensions très fortes, ce qui l’intéresserait davantage, et lui se contenterait de suivre un débat houleux en grapillant des mots par ci par là, ce qui sera toujours plus divertissant que ce qu’il a subi jusqu’à maintenant. Frustré, il finit par trouver des sortes de synonymes auquels il doit se résigner. - « Je m’ennuie à la mort. Je ne veux pas être ici, je paye boissons, vous l’emmerdez, il s’en va, je m’en vais. On m’oblige rester. » - il hausse les épaules. Le dessous de verre est en miettes. Il zieute maintenant celui de la demoiselle. Ses mains s’agitent, comme pourvues de leur propre volonté, pour souligner ses paroles. Un Italien, tout ce qu’il y a de plus typique. - « Marre de rester. Je veux raccourcir. Aidez moi ? »


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B
ien. Au moins cet éclat de rire prouve que ni lui ni toi n’êtes intéressés par un quelconque arrangement sur le plan intime. C’est une bonne chose, ça le distingue d’au moins la moitié de autres mâles de la pièce qui, une fois assez éméchés pour en avoir l’idée, seraient capable de te faire des avances. Il faut dire que la population féminine de ce genre d’endroits est en sous-effectif, tu te retrouves bien malgré toi à être l’un des spécimens les moins pires du lot. D’un autre côté, tu n’as jamais vraiment abordé le sujet en profondeur avec ta marraine mais s’il s’avère que l’homme assis en face de toi est bel et bien ce qu’il te semble être, ça n’a rien d’étonnant.

Si ce bref moment d’allégresse relative a permis à tes muscles de discrètement se détendre, sa question suivante te laisse tout à fait dubitative. N’était-il pas là durant les deux dernières heures pour te voir t’époumoner furieusement dans une trompette aux airs de relique ? Tu ne sais faire presque que ça, mais tu le fais bien, du moins assez pour que le reste de la profession passe sur ton caractère bien trempé. Récemment, du fait de ta blessure plus qu’handicapante, tu t’es mise au piano de manière un plus sérieuse que les babillements expérimentaux que tu as l’habitude de produire quand tu te retrouves devant un clavier. Il faut avouer que ça ne te réussit pas si mal que cela pour une autodidacte ; il y évidemment un gouffre immense entre toi et les idoles que tu rêves d’égaler, mais la musique est un des rares domaines dans lesquels tu te permets d’être ambitieuse. Enfin, tu vas garder ces choses là pour toi, il n’a pas à en savoir davantage que ce dont tu as fait la démonstration sur scène. En guise d’unique réponse à cette question bien trop large pour attendre une réponse un tant soit peu précise, tu arques un sourcil. Ton regard qui a d’abord été sévère puis perplexe est maintenant clairement dédaigneux. Tu n’as de cesse d’osciller entre ta curiosité et le profond mépris sous lequel il t’aurait assaillie s’il n’avait pas été enveloppé de ce tu-ne-sais-quoi de sibyllin.
Sa question suivante te fait franchir un autre palier sur l’échelle du désespoir. Il semble avoir oublié ses fiches chez lui et l’improvisation n’a pas l’air d’être son fort, et le manque de maîtrise de la langue semble exacerber cette douleur. Heureusement que tu te moques intérieurement de lui et de sa capacité de discussion proche de celui d’un élève de maternelle, sinon le temps te paraîtrait bien long.

Et puis, cédant sous la pression du silence dans lequel tu t’es murée et certainement aussi en se rendant à l’évidence que ces détours rhétoriques ne mèneraient à rien, il finit par te dévoiler la véritable raison pour laquelle il est en train de déchiqueter avec une gratuité appréciable le dessous de verre qui traînait sous sa main. Un fois l’objet innocent réduit à l’état de miettes, tu le vois lorgner sur le tiens. Jouer avec le feu est une de tes plus grandes passions, c’est pourquoi tu le replaces méticuleusement sous ton verre avec un sourire malicieux camouflé au coin des lèvres, pour lui signifier subtilement que tu n’as pas l’intention de lui faire plaisir, par pur esprit de contradiction. Sa frustration apparente te donne l’illusion de dominer le rapport de force de votre échange et tu savoures cette sensation avec une délectation que tu ne cherches même plus à cacher derrière ton air satisfait.
Si tu comprends bien, c’est l’ours de Sibérie qui le force à rester ici ? C’est curieux, mais soit. Si tu comprends toujours aussi bien, il voudrait que tu l’aides à le faire quitter les lieux plus tôt ? Il ne le savait certainement pas en t’abordant, mais tu es une experte en la noble discipline qu’est se faire expulser de toutes sortes d’endroits, il ne pouvait pas frapper à une meilleure porte. Targuée d’un air suffisant et après avoir laissé traîner le silence précédant tes mots dans une attente douloureuse, technique que tu as humblement empruntée à ta mécène, tu réponds enfin, et cette fois avec ton propre accent pour bien montrer que toi tu es capable des deux.

« Il fallait le dire tout de suite, à un moment j’ai cru que vous vouliez discuter avec moi. »

Trait d’humour moqueur et cynique ou simple déballage de vérité ? Peut-être quelque chose entre les deux. En tous cas, une chose est sûre : ton impertinence se révèle plus forte que ta perplexité. Tu reprends ton verre en main et de délecte d’une gorgée de liqueur en prenant grand soin de garder espièglement ton dessous de verre à l’abri de ses mains ravageuses. Tu reprends un air sérieux en reposant délicatement ta boisson sur le comptoir.

« Je veux bien me charger de le faire déguerpir, mais j’ai pas besoin qu’on me paye quoi que ce soit. Ce que je veux, c’est savoir pourquoi vous ne partez tout simplement pas sans lui. Si vous l’aimez pas, vous n’avez qu’à l’envoyer se faire foutre. »

Tu mets l’emphase sur type numéro 1 d’un discret mouvement du menton. Tu as hâte de voir quel mensonge il va pouvoir te dérouler.

« Qu’est-ce que vous risquez à le faire ? »

A nouveau dissimulée derrière cette question simple, une pointe de malice, comme pour sous-entendre que tu es au courant de choses indicibles. Dans la réalité des faits, il n’y a plus vraiment de doute possible pour toi : le fait que tu sois toujours en train de lui parler au lieu d’appliquer le conseil que tu viens de lui donner confirme que cet homme n’est pas réellement intéressé par les breuvages que cet établissement dispense, tout ça à cause de cette sensation ô combien singulière. Ou peut-être que tu te trompes aussi sur toute la ligne par excès de confiance en ton instinct; c'est vrai qu'il ne t'a jamais trahie.


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«  L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

C’est drôle, il l’aurait jurée plus bavarde. Ou peut-être qu’elle fait partie de ces artistes qui ne s’expriment que sur scène. Elle le toise, petite créature qui ne verra probablement pas le siècle prochain, elle le juge et le soupèse. Elle tente d’identifier ses motivations profondes. A son égard ? Il n’y a rien d’autre que la perspective de pouvoir lui abandonner sa place face à Basil. Ils ne se reverront pas après, il ne la sauvera pas de la morosité probable de sa vie, elle ne ravivera pas la passion qu’il a pu avoir dans ses jeunes années. Deux inconnus, qui le resteront même après cette soirée. Et il n’y aura certainement pas d’échange de fluides corporels, elle n’est même pas assez alcoolisée pour qu’il lui soit utile de la mordre.

Il joue de franchise, c’est un atout qui est trop rarement utilisé dans les négociations. Il est réellement lassé d’être coincé ici alors qu’il pourrait avancer sur une enquête, s’entraîner ou enchaîner les meilleurs scores. Elle aura beau le dévisager de manière soupçonneuse en se drapant dans une froide arrogance, sa réponse ne changera pas. La vérité, aussi malléable soit-elle, ne peut pas changer sur des motivations aussi basiques.

Heureusement, elle finit par baisser les armes. Une autre pique lui tire un petit ricanement.

- « Quelle terrible idée ! Je serai bien marri de vous insulter de la sorte. » - lui rétorque-t-il dans un phrasé daté, qu’il maîtriserait presque mieux que l’anglais moderne. Il lorgne encore sur son dessous de verre, qu’elle garde précieusement près d’elle. La maligne.

C’est frustrant, de ne rien avoir à déchiqueter soigneusement.

Elle continue après avoir pris une gorgée de sa boisson, sainte-nitouche, attentive à reposer le verre sur le dessous de verre. Et elle pose des questions. Les humains posent toujours des questions. Et pourquoi, pourquoi, pourquoi… Eh bien parce que, parfois il n’y a pas de raison, c’est simplement la force des choses. Est-ce qu’il demande pourquoi il est toujours là quasiment huit-cent cinquante ans après sa naissance ? Non. Il savoure, c’est tout.

- « Sinon je ne mange pas. » - répond-t-il avec simplicité, contrant sa curiosité teintée de méfiance par une autre réponse parfaitement honnête, et parfaitement nébuleuse.

Il hausse les épaules et écarte les mains, vivante image de la résignation. C’est qu’il aurait presque l’air fataliste, à grossir ainsi la taille de son fardeau. Sinon, c’est plutôt qu’il n’aura pas droit à une cuite par procuration. Ce serait vraiment une soirée perdue.

Curieusement, il a conscience qu’il ignore probablement le véritable sens de sa question. Ça l’amuse, d’être un peu trop terre-à-terre. Elle a senti quelque chose, mais quoi exactement ? Elle le regarde autrement maintenant. Il y a de l’intérêt. Oh, pas pour lui, Nicola, mais pour ce qu’il pourrait peut-être représenter. Avec la Révélation, les gens posent facilement la question lorsqu’un individu sort du lot. Il faut expliquer l’étrangeté, la rationaliser. Ça enlève la peur, de comprendre. C’est regrettable.

Il lui sourit. Ses lèvres se relèvent juste assez pour montrer l’éclat de ses dents, juste, juste, juste assez pour préserver le secret de sa dentition carnivore, pour presque lui donner la réponse qu’elle attend.

C'est son petit côté sadique.

Attentif à ses gestes, guettant le moment où elle prendrait une nouvelle gorgée pour se donner du courage ou pour noyer sa frustration, Nicola attend qu'elle lui fasse le signe de mener le chemin.

Et pour lui voler ce dessous de verre. Ceux de sa table sont réduits en charpie depuis longtemps. On ne lui a pas donné de couverts, les serviettes en papier ne représentent aucun exutoire, et il n'y a pas de nappe à déchirer lentement, mais sûrement. Bref, rien à détruire, rien pour s'occuper, rien pour tromper l'ennui. La mort.

Non, il n'en fait pas trop.

- « Je suis Nicola. » - se présente-t-il au bout de quelques secondes de silence, comme un détail pas vraiment important. Cela dit, pour elle, c'est sûrement le cas. - « Je suis italien. Parle pas bien anglais. Pas très jolie langue, hein ? Basil parle russe. » - ajoute-t-il en pointant du doigt son Calice, qui boude dans son coin. Il serait peut-être raisonnable de ne pas l'y oublier trop longtemps. - « Vous êtes ? »


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Ven 29 Jan - 22:05 (#)
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Q
uel étrange personnage. Maîtriser si peu la langue et pourtant répondre avec formule anachronique qui te rappelle les heures les plus soporifiques de tes cours de littérature au lycée, ça n’est pas banal. Et puis, sa prochaine réponse te fait enfin comprendre, certes un peu tard, la véritable nature de leur relation. Évidemment, qu’aurait-elle pu être d’autre ? Il semblerait que tu aies plus en commun avec ce tas de chair ruminant seul à sa table que tu ne veuilles bien l’assumer. Quand à celui qui se trouve en face de toi, il semble avoir cerné le questionnement qui te taraudait jusqu’à il y a quelques instants. Même si tu n’en as pas de preuve directe, chaque petit indice, de sa présence singulière jusqu’à ses mots, tout s’affaire à faire clignoter un grand panneau lumineux estampillé « vampire » sur la scène de ton auditorium. Enfin, tu oses affronter ce mot malgré le sourire facétieux qu’il te tend.

Cependant, il n’a rien à voir avec ceux que tu as déjà rencontrés, que ce soit Elinor ou.. celle qui t’a mordue pour la première fois, même si tes souvenirs de cet évènement sont enveloppés d’un flou qui ne te laisse accéder qu’à des sensations indescriptibles comme seuls souvenirs. Ce Nicola - tu passes rapidement sur son nom - en revanche, tu le trouves sincèrement bizarre ; il n’a rien d’impressionnant une fois passé le charme surprenant propre à sa race. Il pue la défaite, en fait. La frustration, pour être plus précise, mais qu’importe l’essence exacte de la senteur, elle est nauséabonde. Toi aussi, tu finis par être frustrée du manque d’enjeux de cette conversation. Tu l’as poursuivie seulement parce que tu avais l’espoir qu’elle t’apporte un petit frisson d’adrénaline pour rafraîchir tes veines précieuses, mais jusque là, tout n’est que platitudes, tu ne prends même plus tant de plaisir que ça à le narguer avec le morceau de carton qu’il n’a de cesse de convoiter depuis qu’il est assis ici.

Tu prends note d’un signe de tête presque dédaigneux de sa remarque sur les langues, une moue contrariée sur le visage, mais ne daignes pas y répondre autrement que par un haussement d’épaules désabusé. Tu aimes bien l’italien, c’est une langue qui chante, elle est musicale et ça te plaît, mais ni lui ni toi n’êtes là pour discuter de linguistique, et de toutes façons tu n’y connais pas grand-chose. L’autre, Basil donc, parle russe. C’est une langue slave, pas si éloignée du polonais que tu babilles quand tu en as l’occasion, peut-être qu’il pourrait comprendre ce que racontes.

Tu es ? Ça, c’est une bonne question, pour le coup. Il attend simplement ton nom, mais s’il y a bien une chose que tu as apprise de ton expérience, c’est que donner ton nom ne t’apportera toujours que des emmerdes. Sans cacher ton ennui, tu lui adresses un regard lassé et la moue qui va de pair, le suppliant presque de devenir intéressant. Et pourtant, il faut que tu trouves quelque chose à répondre, le premier truc qui te passe par la tête. Ça tombe bien, il y a toujours un immense néon clignotant sur le parquet de ton théâtre mental.

« Une vampire. »

Il sait que c’est faux, tu sais que c’est faux, mais tu espères que cette réponse le surprendra un peu, peut-être même qu’il arrêtera de se comporter comme un enfant qui tire sur la manche de ses parents lors d’un dîner pour rentrer à la maison. Malgré tout, tu as répondu sans sourciller, de manière presque assez naturelle pour que quelqu’un de peu renseigné puisse te croire. Il est maintenant l’heure de prendre un air condescendant pour poursuivre l’ébauche de plan qui vient de germer dans ta tête.

« Bien, écoute Nicola. »

Quelques mimiques manuelles clichées pour continuer à te payer sa tête sans remords aucuns et tu poursuis.

« Je te débarrasse de ton petit camarade soviétique et en échange, tu me donnes un peu de ton sang. On est d’accord ? »

Tu avais vraiment l’air de parler à un enfant en bas âge, et si quelqu’un s’était adressé à toi de la sorte tu serais probablement sortie de tes gonds. Tu ponctues ta phrase d’un sourire aussi faux que la nature que tu viens de t’inventer, puis pivotes légèrement pour avoir une meilleure vue sur le fameux camarade et lui adresser un petit signe de la main tout aussi chargé de moquerie que le reste de tes propos. Pour couronner le tout, tu t’empares du dessous de verre, précieux objet de toutes les convoitises, et commence à jouer ostensiblement avec au bout de tes doigts fins et agiles. Cette conversation ne s’achèvera pas sans que quelque chose d’intéressant ne se soit passé, même si pour cela tu dois te mettre en péril.


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Jeu 4 Fév - 22:07 (#)



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« L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

La gamine ne manque décidément pas de piquant, mais son arrogance commence à l’agacer. Son petit côté je-sais-tout combiné à son dédain évident, la rend, étrangement, assez antipathique. Cela dit, c’est aussi ce qui la différencie des autres personnes présentes dans ce bar ce soir. Elle a du chien, cette petite. Et beaucoup de chance qu’il soit devenu si patient. Ah, dire que quelques centaines d’années plus tôt, il l’aurait dévorée dans l’instant pour une telle insolence…

Les temps changent, ma bonne dame.

Alors Nicola donne le change, masque à la perfection l’irritation qui commence à poindre suite à son attitude. Au moins, elle accepte enfin de le suivre à sa table. C’est une victoire. Avec un peu de chance, et vu comme elle l’agace déjà lui, elle finira par en venir aux mains avec Basil et sa soirée sera sauvée. Et qui sait, après… Peut-être qu’il aura droit à un dessert.

Elle ne lui donne pas son nom, préférant tisser un mensonge en espérant l’y prendre. Il ouvre grand les yeux, se recule légèrement. Son expression peut effectivement traduire la surprise et l’incrédulité. La plupart des humains réagissent ainsi, depuis la Révélation. Ils se sont déjà habitués à l’existence des créatures. Et une petite humaine qui joue à la vampire, n’est-ce pas mignon ? Quelle petite menteuse, pense-t-il alors qu’il entre dans son jeu. Une mythomane ? Un profil psychologique faible ou traumatisé ? Qu’attend-t-elle exactement, la réalisation d’un fantasme ? Ça lui plaît, de s’imaginer avoir le contrôle ?

La fillette renchérit en formulant une demande qui n’a pas de sens, sauf dans sa fantaisie. Elle veut mener la danse, elle veut commander, a soif de contrôle. Nicola penche la tête sur le côté. Sait-elle seulement ce que c’est, d’être la personne aux commandes ?

L’Ancien a du mal à se rappeler de sa réaction exacte lorsque Lu Yen Shâ l’a transformé. Ceci dit, pour sa défense, il était au bord de la mort. La fine cicatrice lui barrant le torse est là pour attester ses dires et excuser ses souvenirs flous. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il a ressenti la pire terreur de sa vie, puis qu’il a été récompensé pour sa dévotion, son obéissance. Qu’il n’a jamais été destiné à être plus qu’un serviteur zélé et dévoué, plus fidèle encore qu’un chien. Il n’aurait jamais dû goûter au pouvoir, si Lu Yen Shâ avait survécu.

D’esclave à lieutenant, il estimait avoir eu plus que ce qu’il aurait jamais pu rêver. Le contrôle, le pouvoir… Non, pas ailleurs que sur les lieux d’affrontement. Et puis son Sire s’est éteint. De lieutenant, il est devenu mercenaire. Il laissait ses frères prendre les décisions stratégiques : tout ce qui lui importait, c’était d’exprimer sa rage lors des massacres. Il était connu comme le monstre de leur quatuor, celui dont il ne fallait espérer aucune pitié.

Tout au long de sa vie, il a laissé les commandes aux autres dès qu’il a pu. Chacun des choix qu’il a pris lui a coûté un être cher. Être aux commandes, c’est assumer le poids de ses erreurs. En huit-cent ans, il en a commis des erreurs.

Alors cette petite gamine en face de lui qui joue à la cheffe, il a hâte de la voir se planter brutalement et regretter tous ses choix quand il jugera que la mascarade a trop duré. Petite chose qui joue à la carnivore sans avoir les crocs pour.

- « C’est rare, de voir un vrai… - déclara-t-il finalement quelques secondes après sa demande étrange, les sourcils froncés. Il s’éloigne encore un peu, jouant la méfiance, imitant à la perfection les réactions dont il est désormais familier. - Vous l’êtes depuis longtemps ? »

Est-ce qu’elle aurait l’audace de proférer des mensonges sur les vampires en général ? Sait-elle seulement de quoi elle parle ? Il y a tant de façons de vérifier, quand on s’y connaît… Il se félicite d’avoir pris la peine de boire avant : sa peau s’est réchauffée et son teint est presque rosé. Il est bien loin du bronzage de sa jeunesse passée au soleil, mais eh, on compte en plus de la condition vampirique en elle-même huit-cent ans d’existence !

- « Vous avez des crocs ? » - il la regarde intensément. Ce serait amusant, qu’il use de sa nature pour l’influencer et lui montrer ce que c’est, des crocs. Cela dit, maintenant qu’il y pense… C’est étrange qu’elle ait cité la nature vampirique naturellement. Ou est-ce une fan de ces bouquins pour adolescents sur une famille de vampires ? Il fait attention aux odeurs qu’il respire, maintenant. Les Calices ont un parfum particulier, quelque chose qui indique aux autres vampires qu’ils sont « dans le secret ».

Il devrait penser à respirer plus souvent, se sermonne-t-il lui-même alors que la réponse lui saute au nez.

- « Dites, ça fait quoi, d’être mordu ? On dit mieux que la meilleure des drogues. C’est vrai ? »

Il s’en souvient, de sa vie de Calice. Son Sire lui offrait une énergie nouvelle, divine. Oh, il le droguait plus efficacement que ce qu’il aurait réussi à faire avec la chicha ou l’opium. Cependant, ce fut un enchaînement d’expériences inoubliables. Les meilleurs trips de sa vie.

La petite est redevenue tout à fait intéressante.


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L
a provocation n’a pas l’air de l’atteindre plus que ça ; la patience doit être une vertu qu’on acquiert avec l’immortalité. En fait, plus que de la patience, on dirait qu’il ne veut pas te donner les réactions que tu attends. Tu as l’impression qu’il essaie de te prendre à ton propre jeu et, même si c’est assez flatteur dans un certain sens, tu n’arrives pas à apprécier plus que cela. Tu es habituée au conflit, tu aimes quand les mots fusent et quand les palabres s’emballent. Tu vis pour entendre les chevrotements furieux dans la gorge de celui ou celle qui se retient de te maudire dans des éclats de voix tonitruants avant de finalement le faire. Tu te repais avec une délectation préoccupante des maux d’autrui et absorbes avidement le ressentiment amer que tu provoques. Voilà à quoi ressemble la quasi-totalité de tes interactions avec des inconnus. Ça t’aide à te sentir bien dans ta peau, du moins, tu présumes. D’une certaine manière, c’est rassurant ; rassurant de te dire que tu n’es pas la seule à abriter au sein de ta conscience une colère crasse.

Ainsi, le nouvel objectif de la discussion est de ne pas perdre patience ? Tu parles d’un enjeu. Tu es vexée comme un poux qu’il arrive à reprendre les rennes de la conversation aussi facilement et si ça n’avait pas été pour ta fierté, tu n’aurais pas hésité à déguerpir pour ne pas perdre plus ton temps. Et par déguerpir, tu veux en réalité dire que tu lui aurais intimité de manière plus ou moins explicite d’arrêter de te parler et de te laisser profiter de ton verre en paix. Tu tentes de cacher ta frustration derrière le sourire insolent que tu avais revêtu, mais celui-ci a disparu en même temps que tes derniers espoirs de rendre votre échange digne d’intérêt face à la banalité de sa réaction. Tu comprends maintenant pourquoi il en avait après le bout de carton qui danse entre tes doigts ; tu le déchires d’un coup sec comme pour libérer à l’air libre une petite dose de destruction gratuite que tu pourrais humer pour soulager tes nerfs en pelote. Il n’en est rien, outre la maigre satisfaction que tu tires en voyant le dessous de verre se fendre dans une ligne parfaitement droite, ta frustration ne passe pas.
Tu jettes sur le comptoir feu le dessous de verre et t’apprêtes donc à envoyer balader Nicola sans ménagement. C’est en saisissant ta vodka-orange dans l’espoir d’y trouver un peu de réconfort que l’espoir renaît en rendant ses premières questions obsolètes. Sa dernière phrase, voilà enfin quelque chose d’intéressant sortant de sa bouche à l’accent maladroit. Ta curiosité vient d’être piquée à nouveau de l’ardent désir de voir où ce tournant tant attendu va mener vos échanges.

Comment a-t-il su que tu te faisais mordre ? Est-ce du bluff ? La question te brûle les lèvres, il a sûrement tant de réponses en sa possession, même à des questions qui n’effleurent pas encore ton esprit. Tellement que tu ne saurais par où commencer si ce n’est par tenter de cacher du mieux possible ton regain soudain d’intérêt pour sa personne. Soyons honnêtes, Nicola ne t’intéresse pas ; le vampire en revanche, si. Mais ne t’enflammes pas trop vite, c’est le meilleur moyen pour gâcher l’opportunité qui s’offre à toi.
La première chose que tu as à faire, c’est répondre à sa question. Mentir ? Être honnête ? Un mélange des deux ? Tu ne te caches pas pour prendre le temps de la réflexion, après tout ça n’est pas comme s’il était pressé.

« Pourquoi ne pas demander à ce bon Basil ? Il a l’air de mourir d’envie de parler. »

Tes yeux se reportent un instant sur le russe qui semble patauger dans son propre désarroi, ce qui t’arrache un sourire suffisant.

« C’est.. pas trop mal. »

Doux euphémisme même pas dissimulé pour signifier qu’il a entièrement raison, sans vouloir lui donner le plaisir d’entendre ces mots de ta bouche. Des mois maintenant que tu te fais mordre régulièrement et pourtant la sensation ne se tarit pas. Et puis, même si tu peines à l’avouer, il t’est toujours impossible de te défaire du souvenir charnel de la nuit pendant laquelle tu as été mordue pour la première fois ; durant près de trois ans, tu as presque toutes les nuit cherché à oublier, puis te rappeler à tout prix l’instant d’après, l’effet que ce vampire a eu sur toi, chassant et suppliant à la fois l’impuissance grisante de ce moment à jamais gravé dans ta mémoire.
Et si il voulait te mordre, au fait ? Il a déjà l’air d’avoir une bonne réserve de sang sous la main en l’agréable personne de Type numéro 1, mais que se passerait-il si l’envie lui prenait de goûter à ton hémoglobine ? Est-ce que tu as le droit, au moins, de te faire mordre par quelqu’un d’autre ? Qui est-ce qui risquerait le plus entre vous deux si ça n’était pas permis ? Dans tous les cas, taire le nom d’Elinor ne semble pas une mauvaise idée. Que tu le veuilles ou non, le monde des immortels t’est encore opaque et plus que tout, tu n’as pas envie de mettre en péril la relation que tu es en train de tisser avec ta mécène. En fait, les enjeux pour toi dépassent tes prévisions. Merde.

« Et le sang, quel goût ça a ? Si vous ne pouvez pas avaler autre chose, j’ose espérer que c’est quand même agréable. »




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Ven 26 Fév - 10:22 (#)



Round Midgnight

« L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

Plus que la réponse de la demoiselle, c’est le dessous de verre qui retient tout l’intérêt de l’antiquité.
D’un geste sec et colérique, elle l’a tranché en deux, abandonné les deux moitiés bien en évidence sur le comptoir. Les petits bouts de carton sont un bien médiocre exutoire, mais à défaut d’autre chose… Il n’en faut pas plus pour que Nicola s’en empare, reprenant avec joie son œuvre de destruction lente et impitoyable de cet accessoire à l’utilité subjective.

C‘est une bonne chose, qu’il ait à s’occuper les mains pendant qu’elle cherche ses mots. Et heureusement qu’elle a pris le temps de les chercher…., se moque-t-il intérieurement face à la platitude de l’aveu. Sa description le ferait presque hausser les yeux au ciel. « Pas trop mal » ? C’est tout ce qu’elle trouve à dire à propose d’un tel sentiment d’extase ? Elle doit être fun dans un lit, celle-ci… Il a eu du flair en riant de bon cœur à sa suggestion initiale. Quand il se remémore les sensations qui le traversaient… Cette légèreté, ce sentiment magnifique de liberté absolue, ce moment hors-du-temps ? Presque une nouvelle naissance, comme s’il redécouvrait entièrement son corps et la beauté du monde qui l’entoure ? Cette impression d’apprendre à respirer une deuxième fois, de ressentir son environnement ? De ne faire qu’un avec le monde ?

« Pas trop mal ».

On ne s’invente pas poète, ça c’est sûr. Qu’elle se cantonne à la musique, ça lui réussira probablement bien mieux.

Nicola se contente donc de la banalité de la description pour essayer de lire sur ses traits toute la vérité. Elle s’est de nouveau crispée. Il prend une nouvelle inspiration, prend le temps de nommer chaque odeur qui lui parvient. Elle est définitivement une « Mordue ». Pas plus ?

Non. Un sourire étire ses lèvres quand elle lui donne volontairement l’information qui lui manquait. Pauvre petite. Elle ignore le goût du sang… Et ça, c’est peut-être la première vérité qu’elle lui livre. Même pas Marquée, elle se prétend déjà vampire… Elle vient de s’ôter tout semblant de protection. Ce n’est qu’une poupée de sang, vulnérable et fragile. Son apparente fascination pour les créatures de la nuit s’explique : elle veut s’élever, la petite humaine. Devenir plus que ce qu’elle n’est, oublier la médiocrité de la condition humaine…. Le mérite-t-elle ? Même pas Marquée, il s’agit simplement d’une énième junkie qui a trouvé la came la plus puissante qui puisse être. A-t-elle seulement un vampire « attitré » ou se prosterne-t-elle aux pieds de toux ceux qu’elle reconnaît ? Ah… La naïveté.

- « J’aimerais bien avoir la réponse, mais, selon les gens, je sais que ça a le goût de cuivre. »

Il hausse les épaules puis s’empare de la deuxième moitié du dessous de verre. Elle n’échappera pas non plus à sa destruction. Il se demande si les marques de morsure sont apparentes, si son vampire est précautionneux ou à l’inverse, désordonné. Certains tiennent à garder le monopole sur leurs Calices en laissant des traces claires de leur passage. Pour une junkie, il est plus malin de connaître plusieurs dealers, ça leur permet de conserver une certaine liberté. Cela peut déplaire. Alors certaines morsures deviennent des cicatrices, et Nicola connaissait certains vampires qui avaient développé une signature particulière via leurs morsures. A ce stade, le junkie ne peut plus échapper à la Mort… Son addiction a causé sa perte. Et son vampire attitré n’a, généralement, aucune envie de partager son repas. Est-ce pour cette raison qu’elle porte un col roulé ?

Nicola est devenu plus précautionneux avec le temps : ses Calices ne gardent aucune trace, ses Marquées non plus. Il préfère jouer de prudence depuis son passage en Russie, se faire reconnaître juste par une morsure laissée négligemment derrière lui, ce serait idiot. En effet, l’âge avançant… Certains pourraient vouloir tester les effets de la morsure d’un vampire huit-centenaire. « Pour la science », comme ils disent maintenant. Il tient à éviter les conséquences de cette notoriété, se méfiant de ce que pourraient inventer ses congénères pour saper son autorité ou tout simplement lui nuire. Il est hors de question d’être mis hors d’état de nuire avant d’atteindre les mille ans d’existence.

Satisfait d’avoir récupéré le butin, le vieux se détourne de la jeunette et s’avance vers sa table. Après quelques pas, il s’arrête, comme si quelque chose lui était subitement revenu en mémoire.

- « Même si vous n’en êtes pas une, je pense que venir est intéressant pour vous. »

Le ton est bienveillant, le sourire avenant, mais les yeux restent froids et calculateurs. L’antiquité sait qu’elle le suivra : elle n’est qu’humaine, personne ne résiste aux suggestions d’un vampire. Et elle a tout à gagner.

Il retourne à sa table, rassure Basil d'un geste sur le chemin. Il est curieux de savoir s'il sera capable de lui faire cracher le nom de son vampire. Et il est d'autant plus curieux de savoir si ce vampire est du genre territorial...

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Sam 27 Fév - 13:51 (#)
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U
n goût de cuivre, c’est tout ? Et comment ça il n’en sait rien ? Qu’il arrête un peu son char. Vous ne pouvez pas être deux à vouloir la jouer mystérieuse ; lui il a déjà un avantage certain du fait de sa nature, ça n’est pas juste, il doit te laisser être évanescente et respecter ce code d’honneur tacite qui dicte que c’est celle qui a commencé à être cool et détachée qui doit le rester. Il n’a pas le droit, il triche. Tu fulmines, mais tu le gardes bien pour toi : tu dois être plus mystérieuse que lui, tu y mets à présent un point d’honneur.
Alors c’est vraiment tout ? Il prend ton dessous de verre, que tu aimerais bien déchirer encore et encore à cet instant précis il faut l’avouer, et s’en va sans plus d’explications ? Alors ça, même pour toi, ça n’est vraiment pas fair play. Il a tout gagné, tu boudes. Touchée en plein dans ta fierté de simple humaine et vexée dans ton égo de mortelle à la banalité affligeante, tu hausses le menton et te tournes pour te mettre dos à lui. Tes épaules rejetées en arrière et les bras fermement croisés, ton regard se porte dans la direction opposée au vampire et ses manières trop déplacées. Déjà, c’est lui qui est venu te parler en premier lieu, il n’a pas le droit de s’en aller comme ça avant de t’avoir dit quelque chose que tu ne savais pas. C’en est presque exaspérant ; toi qui pensais que devenir une créature de la nuit permettait de s’affranchir du potentiel d’énervement que tout un chacun peut exercer sur toi, il se trouve qu’en fait, n’importe qui peut t’agacer, peu importe la race. C’est une bonne chose à savoir, quelque part. Enfin, ça n’est pas pour autant que tu vas le remercier.

Tu entends le bruit de ses pas s’éloigner de toi et, au moment où tu allais te vexer pour de bon et décider que de toutes manières, il ne valait pas la peine que tu t’attardes sur son cas, ils s’arrêtent, suivis quelques instants plus tard d’une dernière invitation. Tu ne daignes pas te tourner à nouveau vers lui lorsqu’il te l’adresse ; pour rappel : tu boudes. Cependant, quelque chose dans le ton de sa voix, ou peut-être dans le choix de ses mots te démange. Intéressant pour quoi ? S’il avait des choses à dire, il n’avait qu’à les dire avant de repartir auprès de son repas. Non mais pour qui il se prend ? Tu as beau être humaine et dénuée de tout pouvoir, tu n’es pas pour autant dénuée de fierté ni de volonté. En vérité, c’est peut-être même ça, ton pouvoir. Celui de te sentir tellement fade dans un monde peuplé par des êtres littéralement extraordinaires que tu te vois obligée de compenser toute ton amertume en gonflant plus que de raison ton orgueil déjà disproportionné.
Non, tu n’iras pas. C’est lui qui est parti, c’est donc toi qui a gagné, c’est tout ce que tu as besoin de savoir. Vampire ou pas, ce type est chiant comme la pluie et il ne mérite pas que tu t’attardes plus sur son cas. Si tu as des questions, tu les poseras à Elinor, et tant pis si elle élude, tu ne veux pas lui donner la satisfaction de gagner cette bataille d’arrogance.
Non, c’est non. Tu as dit que tu n’irai pas, alors tu n’iras pas. Même si tu en meurs d’envie. Même si tout ton corps se tend à l’idée de rester assise toute seule à fulminer intérieurement.

Non un point c’est tout.

Non.

Bon, OK, mais tu t’en vas dès qu’il a fini de parler.

Tu soupires, avales une gorgée d’alcool pour te donner le courage de bafouer tes principes, et te retournes. Verre à la main et le regard hautain, tu jauges le duo depuis ta place avant de sauter agilement de ton tabouret. De ta main libre, tu récupères la mallette, le bien le plus précieux que tu possèdes, et te dirige d’un pas lent et dédaigneux vers la fameuse table à laquelle tu sais que tu es attendue. Une fois devant, tu tires une chaise vers toi avec ton pied et t’y assois avec une nonchalance provocatrice. Tu poses ton verre sur la table, ta trompette sur tes cuisses et croises les jambes. Tes yeux se posent d’abord dans ceux du noctambule, puis dans celui de son calice, puis à nouveau dans ceux de Nicola.

« J’écoute. »

Mais faites vite. Tu es encore bien vexée d’avoir tant ressenti le besoin de venir t’installer à leur table, alors tu ne vas pas rendre la tâche facile, peu importe en quoi elle consiste. En attendant les prochains mots à être prononcés, tu bascules sur ta chaise, maintenant un équilibre précaire sur ses deux pieds arrières. Tu te donnes un air important, et même si tu ne l’es que pour toi, tu l’es au moins pour quelqu’un et personne n’arrivera à te prendre cela.




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Lun 12 Avr - 18:50 (#)



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«  L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

Sa suggestion lancée, il ne lui reste plus qu’à retourner à sa table affronter la vexation de Basil.

Rien qu’il ne saura retourner en sa faveur. Il reprend sa place en souriant, sûr de son coup. Son Calice se montre bougon. Il lance de fréquents coups d’œil vers la fille que le vampire a abordé, incapable de comprendre ce qui a pu susciter une quelconque curiosité à son sujet. Oui, elle joue bien, il doit bien lui accorder ça, mais toute l’aura qu’elle a sur scène s’évanouit dès qu’elle en descend. De plus, elle n’est pas très sympathique. Pourquoi lui accorder de l’attention ?

Est-ce dans une démarche de mécène ? Après tout, monsieur Alighieri aime les arts, c’est peut-être une de ses méthodes pour recruter d’autres artistes. Est-elle vraiment assez douée pour justifier qu’il l’abandonne à leur table pour aller la voir ? Basil a beau être mélomane, il ne s’explique ce soudain intérêt pour cette petite fillette malingre et agressive. Ça l’énerve, d’être évincé par un poids-plume dans son genre. Ou c’est juste qu’elle est son genre…

Il observe son patron à la dérobée, puis de nouveau la fille. A bien y regarder… Ils ont tous les deux l’air prétentieux et froid. Ils ont un physique long et fin, des membres déliés, une sévérité dans leurs traits. Chez son patron, il y a quelque chose qui gêne. De nombreuses personnes parlent de ses yeux, mais lui… Lui, il trouve sa bouche dérangeante. Il a facilement une moue dédaigneuse. C’est comme si il connaissait un de vos secrets et qu’il attendait le bon moment pour l’exposer aux yeux de tous. Quelque chose dans le coin de ses lèvres qui s’étirent, un côté moqueur, presque cruel.

La fille n’a pas l’air aimable, mais vu son âge et sa profession, c’est sûrement pour protéger une sensibilité d’artiste. Nicola ne porte pas de masque pour se protéger, ni pour se cacher. Il est purement et simplement sans filtre. Et il a le goût des piques.

La baraque finit son verre. Que peut-il faire d’autre ? Ce n’est pas sa place d’émettre des reproches à son mécène. De toute manière, même s’il ne parvient pas à lui faire comprendre son approche artistique, il aura tout de même droit à son lot de consolation. La Morsure. Celle qui le révèle à lui-même, qui lui permet d’atteindre le meilleur de lui-même et de ses capacités. Depuis qu’il se fait mordre, l’inspiration lui est revenue. Alors il est prêt à supporter le désintérêt évident de monsieur Alighieri, du moment qu’il lui permette de continuer à créer et à exposer.

Fort de cette résolution, il ne dit rien lorsque la fille vient s’installer à leur table en boudant. Comme une adolescente en pleine rébellion, elle prend la pose et les regarde avec dédain. Basil, le nez dans sa bière, lève les yeux au ciel discrètement. Il a déjà sa propre fille qui le fait chier.

Nicola, lui, est ravi. Il pose son menton sur sa main, penché vers les deux humains.

- « Basil… Cette demoiselle – commence-t-il en russe, - est une autre amatrice des fameuses morsures. Je pense qu’il serait intéressant pour vous de comparer vos expériences. D’artiste à artiste, vous devez sûrement avoir une perception particulière de ce moment étrange, n’est-ce pas ?
- « Si elle est aussi aimable que ça avec son vampire, j’imagine que non. - lui répond-t-il en fixant la jeune femme, qui continue à pousser la ressemblance avec une porte de prison. Nicola rit. Ce son le met mal à l’aise. Il se rattrape précipitamment. - C’est peut-être qu’elle n’est pas avec un vampire aussi sympa que vous, monsieur.
- « C’est gentil de votre part, Basil. Je vous laisse lui dire ?
- « Hey… Vous aussi, vous… -  commence-t-il en anglais vers la jeune femme. Bizarrement, toutes les métaphores qui lui viennent à l’esprit sonnent très sexuelles dans son esprit. C’est gênant, en face d’une inconnue qui tire la gueule. - Je veux dire… Vous venez pour la morsure, vous aussi ? Votre… votre vampire est pas dispo ? »

Nicola feint l’intérêt poli. Il aimerait beaucoup avoir le nom du vampire qui a pu lui ouvrir les portes de leur monde. Dans son travail de détective, avoir des accès détournés vers certains de ses congénères, ça s’avère assez utile. Surtout lorsque les congénères en question sont bien placés dans leur hiérarchie clanique.

- « C’est pas pour vous critiquer, monsieur, hein, mais… je croyais que je serai le seul ce soir. » - murmure Basil à son intention, oubliant de repasser au russe.

Nicola sourit et hausse les épaules. Il est temps de passer aux choses sérieuses. Il répond donc en anglais, pour que la demoiselle en profite.

- « Le venin reste le même, mon cher. L’expérience reste incomparable et parfois… la partager créer un sentiment de sécurité plus fort. C’est rassurant. Et quand c’est rassurant, c’est plus facile de lâcher prise. Crois-en mon expérience. - il se tourne vers la blonde, l’invite à prendre position. - A plusieurs, c’est autre chose, non ? »

Basil regrette tellement fort d’avoir terminé sa bière. Il aimerait s’y noyer.


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Round Midnight
Un club de jazz quelconque, Downtown
ft. Nicola Alighieri



P
endant un bref moment paraissant pourtant une éternité, les regards se croisent. Les pistoleros se jaugent et, sans qu’ils osent en quitter un des yeux trop longtemps, les mains se déposent comme des flocons de neige sur la crosse de leurs revolvers. L’atmosphère est lourde et teintée de gravité ; un épais silence s’est imposé autour de vous comme une évidence, si bien que seul le travail du bois des lattes sur lesquels vous vous faites volte-face vous rappelle que le temps n’est pas figé et poursuit sa course inéluctable vers sa propre fin. Sous la visière de vos chapeaux tannés par les années et le désert, vous plissez les yeux. Impossible de dire si c’est à cause du maigre filet de lumière perçant l’obscurité ambiante jusqu’à vos yeux impassibles ou bien simplement de la méfiance. Après tout, chacun d’entre vous connaît l’issue de cette confrontation.
Au loin, une trompette se joint aux plaintes lancinantes du parquet pour vous chanter la mélodie de l’ange de la mort. Vos cœurs à l’unissons battent le rythme de cette chanson annonciatrice de la tragédie à venir tandis que vos visages, eux, demeurent murés dans le mutisme. Vous savez qu’au moindre tressaillement, qu’au moindre sursaut, les cloches du firmament sonneront un glas funeste en écho au sifflet de vos balles. Au coin de tes lèvres, la braise d’un cigarillo de contrebande se ravive un court instant dans une lueur dont la teinte rougeoyante se fait l’augure du sang qui s’apprête à être versé. Le silence est assourdissant, mais soudain, son rythme s'enorgueillit et s’accélère ; la tension monte et le monde entier semble rugir ! La terre aride se déchire sous vos pieds et réclame la fabuleuse humeur vermeille qui lui est due ! Enfin, voilà le moment tant attendu ! Les coups de feu vont partir, déchaînant enfin cette tension extraordinaire ! Et c’est le sosie de Clint Eastwood qui dégaine en premier ! Sur qui va-t-il relâcher son incroyable calamité ? Ta fin est-elle venue ? Tu l’accepteras, mais tu ne t’en iras pas sans emporter avec toi un compagnon dans ton ultime voyage.

Fort malheureusement, enfin seulement pour tes rêves de gloire et de grandeur, les quelques mots de russe que Nicola adresse à son comparse t’extirpent de ta divagation à l’arrière-goût de spaghetti et te font reposer les pieds sur terre. Tu regrettes déjà ton Stetson et ton poncho, et si tu le pouvais, tu jetterais ton mégot encore chaud sur le sol de ce bar à l’ambiance bien moins patibulaire que tu l’aurais souhaité à cet instant. Tant pis, tu balaies d’un revers de main mental les derniers restes de tes fantasmes de conquête de l’Ouest et amorce ton retour parmi les vivants. Enfin, façon de parler.

Tu te concentres pour essayer de comprendre quelques mots à leur dialecte d’un autre monde mais en vain. Aucun des mots sonnant important dans leurs phrases n’avait de sens à tes oreilles, et tu n’aimes pas ça, d’autant plus lorsqu’un rire se fait entendre. Tu t’es tout de même assez moquée d’autrui à leur nez et à leur barbe pour reconnaître lorsque c’est le cas, et il ne fait aucun doute que c’est ce qui est en train de se passer ; sauf que là, tu es de l’autre côté de la brimade et ça ne te plaît guère. Tu croises les bras et marmonnes quelques mots de polonais en réponse tout en fixant l’armoire à glace assise en face d’un regard mauvais.

« Lustro, wszystko, co powiesz, wróci do ciebie. »

A la réflexion, en entendant les misérables tentatives d’anglais qui suivent, tu aurais préféré qu’ils poursuivent en russe. Cependant, bien que maladroits, les mots de Basil, puis ceux de son vampire t’interpellent. A vrai dire, ils te surprennent aussi et te font te questionner sérieusement sur les quelques mots qu’ils ont pu échanger avant qu’ils ne se mettent à parler une langue que tu comprends. Tu fronces les sourcils. Bien sûr que non, tu n’es pas là pour la morsure. Est-ce que l’italien aurait mal interprété tes propos ? Ou est-ce que c’est la parodie de bûcheron soviétique qui n’a pas bien compris ? Il se pourrait aussi que la cause de ce quiproquo soit l’anglais tout approximatif de la montagne russe.
De hautain à perplexe, ton regard n’est décidément pas un gage d’amicalité. Tu finis par cligner des yeux une paire de fois, pour être bien sûre de ne pas être en train de rêver. Est-ce qu’un vampire vient de te proposer un plan à trois ? Au diable le sentiment de sécurité qu’il essaie de te vendre ; il te semblait pourtant avoir clairement établi ton goût prononcé pour le risque et les actes dénués de raison. En revanche, pour ce qui est du partage, il semblerait que toi et Basil ayez en commun en ce moment une profonde gêne dont un seul coup d’œil suffit à en apprécier l’ampleur. Mais alors, il semblerait que l’invitation à la morsure soit devenue presque explicite et tu te retrouves dans l’impasse. En as-tu le droit ? Elinor n’a jamais rien dit à ce sujet, et il ne t’était jamais vraiment venu à l’idée d’aller quérir ta ponction ailleurs non plus. Si on ne te l’a pas spécifiquement interdit, alors tu dois en avoir le droit. Et puis, même quand on t’interdit quelque chose, ça ne veut pas dire pour autant que tu vas t’en abstenir, bien au contraire. Agrémenter ta soirée de la sensation délicieusement enivrante d’une morsure aurait tout pour te plaire, mais quelque chose là dedans te laisserait un goût amer. Un goût de trahison.
Et merde, c’est bien le moment de s’interroger sur la nature exacte de la relation qu’impose la morsure. Pour toi qui la vit comme faisant maintenant partie intégrante de ton essence, elle a bien plus de sens que par exemple le simple fait de partager un verre. Tes valeurs idéalistes de monogamie prennent le pas sur ta réflexion et t’intiment formellement que ta nuque n’est fidèle qu’à une paire de crocs et tu n’as pas envie d’aller chercher plus loin.

Après de longues secondes d’introspection que tu mettras sur le compte de la surprise si on te demande des comptes, tu finis enfin par répondre.

« Je crois qu’il y a méprise, les enfants. »

Alors même que les pieds avants de ta chaise avaient rejoint le sol il y a peu de temps, ils décollent à nouveau, t’emportant dans une bascule plus ou moins périlleuse quelques précieux centimètres plus loin de la table. Un recul littéral comme figuré dont tu as bien besoin tandis que l’envie de t’en aller commence à tirer sur ta manche. Mais maintenant que tu es là, tu ne peux pas laisser tomber avant d’avoir appris quelque chose que tu ne sais pas. Tu ne peux pas simplement partir sans avoir profité de l’occasion, mais tu te refuses également à poser les questions qui te taraudent sans avoir recours à des subterfuges pour les légitimer. Il faut donc entamer une conversation, c’est ça ? Tu n’es vraiment, mais alors vraiment pas douée pour ça. Tant pis, tu vas faire ce que tu sais faire de mieux, à savoir : être cynique.

« J’ai une blague. »

Seigneur tout puissant, sauvez nos âmes.

« C’est l’histoire d’un italien, d’un russe et d’une polonaise qui rentrent dans un bar. L’italien propose un plan à trois aux deux autres. La polonaise refuse et leur demande comment ça se fait qu’un italien et un russe aux airs d’homos refoulés aient fini par atterrir ensemble à Shreveport. »

Le handicap social à son plus haut degré. Tu saisis ton verre et rejoins rapidement ton compatriote slave dans le désarroi qui accompagne le manque d’alcool à cette table.


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Mer 14 Avr - 15:05 (#)



Round Midgnight

«  L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

Est-ce possible ? Le vampire l’observe avec une incrédulité croissante. Nicola vient-il de réduire au silence la blondinette mal-lunée avec un seul sous-entendu graveleux ? Il se cache la bouche pour garder son sourire moqueur un secret. Il en glousserait presque. S’imagine-t-elle vraiment qu’il veut passer la nuit avec elle ? Oh, c’est hilarant ! Un vampire de son âge, intéressé par une petite Mordue inconsciente ? Une fille loin, très loin, des beautés évanescentes ou des bimbos délurées ? Le canaïte se mord les lèvres pour contenir son amusement, ses yeux pétillant attendant qu’elle réponde enfin.

Bien sûr, elle se vexe. La petite se recule, s’échappe, tente de reprendre la main comme elle peut. Nicola repose son menton sur sa main, feignant un intérêt poli. Il se demande bien quel vampire l’a convertie. Elle est si… jeune, si vive, si prompte à s’enflammer… Une Mordue de ce genre ne peut pas être laissée seule. C’est prendre un risque. Celui qu’elle parle aux mauvaises personnes, comme maintenant.

S’il l’avait initiée, il ne l’aurait pas laissée aussi ignorante. Et certainement pas sans règles strictes concernant son rôle, pour qu’elle évite de provoquer des esclandres auprès d’autres vampires. Peut-être est-il devenu trop protecteur en vieillissant…

Un instant, il croit qu’elle va se lever et le planter là.

Heureusement, elle est trop curieuse pour son propre bien.

Elle annonce une plaisanterie, Nicola se demande s’il va s’agir d’un jeu de mots. Ce serait plutôt mal choisi, vu le public russophone qu’elle a en face d’elle. Ça lui rappelle de vieux souvenirs… Il avait un Frère qui appréciait particulièrement cette forme d’humour. Poussé à bout, il avait fini par lui planter un poignard dans l’avant-bras. La punition donnée par son Sire n’avait en rien terni la sensation de satisfaction qu’il avait ressenti en lui clouant enfin le bec.

Il écoute distraitement ce qui semble être une simple blague mettant en avant le contraste entre différentes nationalités. Ses yeux s’attardent sur le col qui dissimule le cou de la jeune femme. Y a-t-il une marque ? A-t-elle vu son vampire récemment ? Ah, la curiosité le dévore maintenant. Quel vampire prendrait le risque de laisser une jeune Mordue sans informations sur sa condition ? Sans conseils quant à l’éventuelle rencontre d’autres vampires ?

Il est si perplexe qu’il en manque presque la chute de la plaisanterie. Son sourire s’étire. C’est donc comme ça qu’elle les voit ? Pauvre Basil, si frileux sur d’éventuelles insultes à sa virilité. Celui-ci, d’ailleurs, préfère ne rien répondre. Il ne connaît pas la vie personnelle de son mécène et ne tient sincèrement pas à la connaître. Plutôt que de s’en mêler, il commande une autre pinte.

Elle imite le Russe, plonge le nez dans son pauvre verre vide. Elle n’assume pas ?

Après s’être humecté les lèvres, il se penche vers elle, un sourire moqueur. C’est tout ce qu’elle a trouvé pour les insulter ? Les traiter d’homosexuels ? Peuh… Il s’attendait à mieux.

- « Pas très ouverte d’esprit, notre invitée. - remarque-t-il d’une voix tranquille. - Rassurez-vous, vous n’êtes pas irrésistible. - il lui sourit d’une manière qui se veut rassurante tout en enfonçant le clou. - Et « vous SIDA », si je me souviens bien. »

Il aimerait tellement pouvoir tirer une taffe d’une cigarette d’un air dédaigneux. Avoir quelque chose pour s’occuper les mains serait le bienvenu. Malheureusement, ça le rend tout aussi malade que la nourriture ou les boissons. Il concède que le geste pour fumer donne une certaine prestance, mais tout de même… Quelle odeur infecte ! Et les humains adorent lui souffler la fumée au visage, une fois qu’ils remarquent son nez froncé. Une subtile manière d’affirmer leur rang par rapport au sien, pensent-ils.

Si la petite avait eu une cigarette au bec, il aurait parié qu’elle l’aurait tenté à un moment ou un autre.

- « Heureusement, personne d’entre nous ici ne pense au sexe, ce serait tout simplement inapproprié. Je parle de choses sérieuses. De ce « pas trop mal ». C’est triste, de décrire ça comme ça... N’est-ce pas Basil ? - l’armoire à glace hausse les épaules. Ça suffit à Nicola. - On parle d’une expérience hors du commun. Vous voyez, s’il y a un truc que je sais sur les vampires, c’est que tout les venins ne se valent pas. C’est comme du bon vin. Il faut du temps et du savoir-faire pour transformer un simple jus de raisin en une boisson de qualité.
- « Vraiment ? - s’étonne alors le Russe, étonné d’apprendre que le pactole qu’il a touché par chance est encore mieux que ce qu’il ne pensait.
- « Bien sûr. Outre le venin, avec l’âge, c’est plus facile de maîtriser. Le nombre de morts accidentelles diminue. Vous feriez confiance à un conducteur novice, vous ? Moi non. Je préfère... une certaine expérience.
- « Mais vous… Vous connaissez des vampires de tout âge, n’est-ce pas ? Combien de temps faut-il avant de se maîtriser ?
- « C’est selon les profils. Certains n’y arrivent jamais. Ils ne profitent pas longtemps de leur immortalité. - déclare-t-il avec flegme. - Voyons… Il faut compter une petite cinquantaine d’années environ, pour que le geste soit maîtrisé. Que ça ne laisse pas de grosses marques. Ou un cadavre. Pour que ce soit vraiment agréable, une petite centaine d’années. Vous donneriez quel âge à votre fournisseur, chère… »

Il lui laisse le temps de répondre, la main levée, sa gestuelle d’italien enfin figée. Pour qu’elle ne qualifie l’expérience que de « pas mal », probablement pas un âge très avancé. Vraiment, que son vampire ne l’ai pas avertie de ne jamais dire qu’elle n’est qu’une Mordue, ça le dépasse. C’est probablement quelqu’un de jeune. Ou quelqu’un qui se pense intouchable ?

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Mer 14 Avr - 17:37 (#)
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U
ne légère moue blasée orne tes lèvres pincées alors que le plus âgé des deux hôtes te répond. Tu aurais préféré que ce soit l’ours de Sibérie qui prenne la parole en premier pour pouvoir le traîner malgré lui sur le terrain des échanges de piques, où tu es bien plus à ton aise, mais tant pis : il est plus civilisé qu’il n’en a l’air. Tu es très ouverte d’esprit quand tu en as envie, d’autant plus qu’en terme d’homosexualité refoulée, il serait aisé de dire que tu en tiens une sacrée couche toi aussi ; mais là n’est pas la question. Et puis, en y réfléchissant bien, si c’est eux qui prennent tes mots comme une insulte, c’est eux qui ont un problème d’homophobie, pas toi.
Le rappel d’une de tes précédentes répliques t’arrache un sourire narquois mais tout de même sincère. Un fait qu’il est important de connaître à ton propos, c’est que tu te trouves la plupart du temps assez drôle. Hormis quand tu improvises des blagues à seule fin de maquiller ta curiosité, là c’était pathétique. Mais le reste du temps tu es plutôt friande de ton propre humour et trouves la plupart de tes répliques plutôt très bien senties. En tous cas, il semblerait que la question leur soit passée complètement au dessus. Omission volontaire ou le vampire était-il simplement trop occupé à clamer son désintérêt pour une partie de sexe avec toi pour se rappeler d’y répondre ? Peu importe, dans tous les cas, ce qui paraît certain, c’est qu’on te prend pour une petite écervelée. C’en serait presque vexant si ça n’avait pas été si fréquent. Tu avais compris qu’il parlait de morsure, bien évidemment, et s’il faut leur donner à chaque fois une réponse explicite pour ne pas faire tourner la conversation en rond, les choses vont rapidement perdre le peu d’intérêt ludique qu’elles ont encore à tes yeux. Tu es une artiste, tu as horreur de la simplicité. Tu es aussi une inconsciente prête à tout pour voir jusqu’où des sous-entendus peuvent mener, mais la première explication te paraît plus flatteuse.

A nouveau, tu laisses la discussion entre les deux hommes se faire jusqu’à ce que l’on t’adresse la parole directement. Tu ranges précieusement dans un coin de ta mémoire les quelques bribes d’information lâchées çà et là par l’ancien en continuant de te balancer nonchalamment sur ta chaise. La sensation diffère selon le vampire, hein ? Là tu n’apprends rien ; les souvenirs de tes deux premières morsures refont surface une fraction de seconde en laissant un frisson parcourir ton dos en s’évanouissant. Entre Elinor et.. l’Autre, c’est le jour et la nuit, sans mauvais jeu de mot. L’une est subtile, raffinée et témoigne d’un contrôle quasi-absolu, tandis que la seconde ne t’a laissé qu’une sensation autrement plus sauvage et primitive, mais pas pour autant désagréable, bien au contraire ; en témoignent les longues nuit d’insomnie qui l’ont suivie. Tout bonnement incomparable. D’un coup, tu es curieuse de connaître les sensations auxquelles tu succomberais sous l’égide de ses crocs à lui. Merde. Tu fronces un instant les sourcils et affiche un visage caricaturalement blasé pour ne pas laisser transparaître la nature de tes pensées.
Dans un autre registre, l’analogie du bon vin te semble assez discutable. Dans un premier temps parce que c’est le Calice qui se fait boire et non l’inverse, enfin à ta connaissance, et ensuite parce que tu es une prolétaire qui n’a pas la moindre idée du goût d’un bon vin. Si le goût de ce que tu bois avait une réelle importance, tu n’aurais certainement pas commandé une vodka orange tout à l’heure. Enfin, tu t’égares, il vaudrait mieux continuer à écouter.
Ah, si, dernière chose : tu ne ferais pas confiance à un conducteur novice, mais c’est justement pour cela que le trajet en deviendrait des plus amusants.

Si on en juge par sa dernière phrase, plus un vampire est expérimenté, moins sa morsure laisse de trace ? Aucun doute alors, la tienne l’est parfaitement. Tu aurais juré le voir reluquer ton cou en parlant, mais tu as peut-être rêvé.

« En quoi ça vous intéresse ? Je n’ai peut-être pas été assez claire. »

La plupart des gens auraient continué par quelque chose du genre « excusez moi, c’est de ma faute », mais c’est très clairement de la leur, alors tu ne vas pas t’embarrasser de plus de belles formules de politesse.

« Je n’ai pas l’intention de me faire mordre ce soir, et si c’est pour ça que vous m’avez invitée autant que je parte tout de suite. »

Tu étais à deux doigts de répéter cela en accentuant tes mimiques manuelles et en prenant un accent italien des plus racistes mais à la place, tu préfères repousser encore plus loin ton expérience d’équilibriste afin de voir jusqu’où tu peux pencher sans tomber. Tout en croisant les mains sur la boîte de ta trompette posée sur tes cuisses, tu inclines légèrement la tête.
Bon, Heidi, ça n’était pas vraiment une manœuvre de génie, mais tu n’auras qu’à dire que c’était du bluff. Ça ne t’empêche pas de planter tes yeux droits dans les siens pour le mettre presque explicitement au défi de t’expulser de la table. Pour jouer encore un peu plus la carte de l’impertinence, tu réajustes longuement le col de ton pull. Enfin, si tu veux qu’il te donne des réponses, peut-être faudrait-il lui en donner aussi ?

« Sinon, je donnerais à ma « fournisseuse » largement assez pour ne pas faire de moi un cadavre. Ça répond à votre question ? »

En réalité, tu t’en fiches. Si ça n’y répond pas, tu ne t’étendras pas plus pour autant.


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Round Midgnight

«  L'Arte è la ricerca della perfezione in qualcosa di indefinito. »

Pour quelqu’un qui menace de partir depuis le début de leur échange, il la trouve bien lente à passer à l’action.

Il doit lui accorder quelque chose : sa poker face, pour reprendre l’expression actuelle, est impeccable. Seul le dédain transparaît sur son visage fin. Tout chez elle est gracile, terriblement féminin malgré les intonations de sa voix et ses gestes brusques. Elle a beau tenter d’incarner un personnage fort et autoritaire, tout ce que Nicola voit, c’est sa fragilité. Un petit animal sauvage et farouche, quelque chose comme un chat.

Ces bêtes-là ne l’ont jamais aimé, même lorsqu’il était simplement humain.

Il semble qu’elle fasse preuve de la même méfiance à son égard, ce qui renforce encore sa ressemblance avec ces animaux imprévisibles. Lui a-t-il vraiment donné des raisons de faire preuve d’une telle défiance à son égard ? Ou est-ce dû à des expériences antérieures ? Craint-elle simplement les hommes ?

L’antiquité l’étudie en silence. Elle a même refusé de donner son propre nom. Serait-elle plus prudente qu’il ne le croit ? Le vampire se tait, cherchant des informations dans chacun de ses gestes, chacune de ses intonations. Elle veut partir, et pourtant, elle est toujours là, à jouer l’équilibriste sur sa chaise. Elle pousse même le vice à réajuster son col roulé.

Ce serait amusant, qu’elle vienne à perdre l’équilibre.

- « Une fournisseuse… Et elle s’y prend doucement, j’imagine ? » - interroge-t-il d’une voix neutre, son regard s’aventurant une nouvelle fois vers son cou. Elle n’a pas cillé, lorsqu’il a parlé de marque. Ou elle aime porter des traces de ces rencontres, ou elle n’en n’a pas. Si elle n’en a pas, sa fournisseuse a un bon contrôle, donc quelques dizaines d’années de maturité. Est-ce une Coleman ? Un petit sermon s’imposerait. Une femme appartenant à un autre clan ?

Ses yeux reviennent vers ceux de la jeune femme. Il se demande de quoi elle peut avoir l’air, en dessous de ce masque de mépris.

Un sourire résigné finit par apparaître sur ses lèvres fines. Il se tourne vers son Calice, qui, entre temps, a obtenu son autre verre de bière. Basil regarde la fille à la dérobée. Il se demande lui aussi ce qu’elle fait à leur table, si elle est si pressée de les quitter. C’est trop bête pour elle, de refuser une occasion de tester une nouvelle morsure, mais ce n’est pas lui qui insistera. Elle ne s’est pas particulièrement rendue sympathique.

- « Basil… Vous préféreriez une morsure faite par une femme ?
- « Hum… Pas vraiment. - déclare le Russe après un bref temps de réflexion. Il prend une gorgée de bière, puis développe sa réponse pour combler le silence. - Ce serait gênant. Et puis j’viens pas pour de la tendresse, j’viens pour une dose. Mais après, j’ai pas testé. Et… Je trouve ça bien, qu’il n’y ait pas doutes sur ce pour quoi je viens. Avec une femme, je serai stressé, je me poserai des questions, alors que c’est un moment de détente. Je viens pour déconnecter complètement. Qu’il n’y ait aucun sous-entendu ou doute, ça rend le truc plus simple.
- « Moi… Quand j’étais mordu, c’était une expérience commune. Un moment de partage, pour renforcer les liens. » - le vieux vampire pose son menton sur sa main, le coude posé sur la table.

Se remémorer ces moments est agréable, même si les deux personnes à sa table sont à des siècles, littéralement, de pouvoir se les représenter. C’était une récompense pour s’être bien battu, pour avoir pris les bonnes décisions, pour s’être montré plus malin que leurs ennemis en anticipant correctement. Une Morsure se méritait. Ils ne se rendent pas compte des épreuves qu’il a traversé pour accéder à leur petit privilège.

- « C’était un « fournisseur », pour ma part. Trois-cents ans, peut-être plus. C’est drôle, comme c’est… peu, maintenant. - une expression nostalgique voile une courte seconde son visage avant qu’il ne reprenne une expression neutre. - Enfin, si vous n’êtes pas des nôtres ce soir, je vous souhaite une bonne soirée, inconnue. »

Bien sûr, son identité ne restera pas longtemps un mystère, il lui suffira de jeter un œil aux noms des musiciens invités ce soir pour leur fournir une ambiance musicale. En savoir plus sur elle n’est pas urgent, puisqu’il s’agit simplement de retrouver son Vampire pour la sermonner et lui rappeler la notion de secret.

Si elle refuse son offre généreuse, eh bien, il n’a rien d’autre à lui proposer. Il n’usera pas de son influence pour l’inciter à accepter. Qu’elle poursuive sa route, en espérant qu’elle soit plus longue que prévu.


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Round Midnight
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I
l est assez étrange pour toi de te dire que ce soir, tu es plutôt sage. Bien sûr, on peut accorder à ce mot tout un tas de sens et de connotations, et il ne s’applique à toi que de manière extrêmement relative, mais du point de vue de quelqu’un t’ayant connue il y a des années, voire des mois, la différence est frappante : tu t’es calmée. Bien sûr, tu as toujours collée au visage l’expression dédaigneuse de celle qui prend le monde entier de haut depuis le sommet de sa vertigineuse montagne de mépris et d’irrespect pour la moindre chose, mais ton comportement a bel et bien changé. Avant, tu aurais absolument tout fait, tout dit pour provoquer le courroux de l’un des deux hommes ; certainement le plus volumineux puisque d’expérience, ce sont les plus faciles à faire sortir de leurs gonds. Ce soir, tu écoutes. Tu penses un peu, tu t’essaies au jeu du plus malin en sachant pertinemment que la partie est perdue d’avance, mais ça ne t’effraie pas. Autre fait notable : tu n’es pas ivre morte, et tu cherches même à lutter contre l’appel envoûtant des spiritueux. En bref, tu évolues.
De là à connaître exactement les causes de cette évolution, ça n’est pas tout à fait la même affaire. De toutes manières, c’est une question que tu ne te poseras qu’une fois seule et soit plus sobre, soit bien plus éméchée.

En seul réponse à sa première question, tu hausses un sourcil et affiche brièvement un sourire narquois. Cette conversation ne mène à rien ; entre ton refus de donner explicitement la moindre réponse – d’autant plus qu’au vu de l’étendue de ce que tu ignores, elles ne lui seraient certainement d’aucune utilité, mais justement, tu l’ignores – et ta persistance à croire que tu vas réussir à lui soutirer une information dont tu ne connais même pas la nature, vous ne faites que perdre votre temps. Or, plus le temps passe, plus tu jalouses Basil et son nouveau verre.
Tu jalouses aussi un peu, bien que tu ne veux pas l’admettre même en pensées, sa manière de concevoir la Morsure. Une simple dose, sans plus d’ambiguïté. Une part de toi ne peut s’empêcher de trouver ça triste, de ne pas profiter de la proximité d’un vampire pour… tu ne sais même pas pour quoi faire. Tisser un lien, peut-être ? Enfin, l’autre part se dit qu’il a bien raison et qu’un raisonnement comme celui-ci t’éviterait de nombreux relents d’amertume. En fait, ta vision des choses ressemble bien plus à celle que l’immortel expose. Un moment de partage, un moment privilégié, un moment d’union platonique. Platonique ? De toutes façons tu n’as jamais connu de relation qui ne l’était pas. D’ailleurs, pour toi, homme ou femme, ça ne fait pas beaucoup de différence, c’est une barrière qui ne s’est jamais imposée à toi.
En fait, tu adorerais embrasser cette manière d’aborder la Morsure, mais tu ne peux pas réellement dire qu’avec Elinor, un lien fort vous unisse ; enfin, réciproquement, du moins. Tu n’es cependant pas prête à regarder avec des yeux critiques votre relation. Tu es consciente de vouloir plus de proximité mais n’es pas prête à l’avouer, peut-être parce que tu es terrifiée par le refus que tu imagines être sa seule réponse possible.

Si tu n’avais pas balayé ce constat vexant de tes pensées, tu n’aurais pas percuté tout de suite ce qu’impliquaient les propos du vampire. Tu as bien entendu ? Trois-cent ans à être Calice ? Tu n’es pas bien sûre de comprendre. Un Calice n’est pas immortel, comment est-ce possible, alors ? Il se joue de toi, autrement, cela voudrait dire que ta marraine te cache encore plus de choses que tu ne le pensais. Ça n’est pas comme si elle était dans l’obligation de répondre aux questions que tu te poses, mais tu aimerais que ce fameux lien particulier qui unit un vampire et son Calice évoqué par Nicola soit assez fort entre vous pour qu’elle le fasse. On dirait que tu la tiens, au final, ton information. Ou plutôt cette énième série de questions que tu mourras d’envie de poser à Elinor.
D’autre part, tu n’avais pas encore tout à fait réalisé non plus mais autant de temps… tu n’arrives même pas à imaginer ce que représenterait vivre un siècle, alors trois, ou plus, comme il le laisse sous-entendre, c’est absolument vertigineux. Tu te doutais qu’il n’était pas un jeune vampire, mais tu n’avais aucune idée de son âge réel. Tu ne le connais toujours pas, et tu ne lui demanderas pas parce que pour toi la curiosité est un aveux d’ignorance, mais il est sans doute la créature la plus ancienne que tu aies pu rencontrer. Ça n’est pas non plus comme si tu en avais rencontrée beaucoup, mais quand-même.

Enfin, il t’invite à t’en aller. Est-ce que tu vas le faire, cette fois-ci ? La proposition de sa morsure était apparemment le motif pour lequel tu étais invitée à leur table, et même si tu le regretteras peut-être plus tard, tu persistes à refuser. Alors voilà, c’est le moment de t’en aller et laisser Basil monopoliser enfin son « fournisseur ».
Alors, tu laisses enfin les pieds avant de la chaise retoucher le sol dans un claquement qui a un petit quelque chose de théâtralement définitif. Agrippant dans ta main gauche la poignée de ta mallette, tu te lèves. Tu vas donc partir comme tu le promets déjà depuis trop longtemps, mais pas non plus sans laisser une dernière impression acidulée, ou du moins sans tenter de le faire.

« Pour quelqu’un qui veut juste sa dose, Basil, faut quand-même que tu saches que ton copain trouve que tu parles beaucoup. En qu’en plus t’es chiant "à mourir". »

Sur ces mots pleins de douceur, tu attrapes rapidement le verre encore à moitié plein du russe et le descend rapidement en prenant garde de poser tes lèvres à l’opposé de là où il a posé les siennes. Après tout, le vampire t’avait promis un verre si tu abrégeais ses souffrances, non ? Tu reposes ensuite avec une délicatesse tout à fait impertinente le verre à présent vide sur la table.

« C’est donc l’heure pour l’inconnue mystérieuse et néanmoins incroyablement séduisante de s’en aller. Messieurs, amusez-vous bien, et ne faites pas trop de bêtises. »

Personne ne le fera pour toi, alors autant te jeter toi-même des fleurs, n’est-ce pas ? Si personne ne te retient, alors tu franchiras la porte du bar sans te retourner pour rentrer chez toi et retrouver ta colocataire et songer toute la nuit aux nouvelles questions qui ont bourgeonné dans ton esprit.


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