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Illégalités inégales Ft Nicola - Ethan

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Fear is the mind killer
Ethan Roman
Ethan Roman
Fear is the mind killer
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Jeu 28 Jan - 19:06 (#)

Les lignes entrecoupées peintes sur l’asphalte défilent, régulièrement, inlassablement, à l’orée de mon regard fixé sur la route. Le halo jaunâtre de mon phare me précède, jamais je ne le rattraperai. Les températures matinales commencent sérieusement à baisser, mon blouson en cuir est de nouveau de sortie. Les gens d’ici se mettent à râler dès que le thermomètre descend en dessous de 20 degrés Celsius. Ouais, moi je parle comme sur le vieux continent, je comprends rien à leur système, ils peuvent pas compter comme tout le monde ? La circulation est dense et je serpente entre les véhicules qui sont pratiquement à l’arrêt. Remontant doucement la file, j’aperçois des feux tricolores illuminer l’aube. Encore un crétin qui n’est pas parti à l’heure… En dépassant le gros 4 x 4, un corps nu, gisant dans une mare de sang, se dévoile avant qu’un flic dépose un drap blanc dessus. Qu’est-ce qu’un mec à poil foutait sur la voie rapide ? Remarque, au départ ça ne devait peut-être pas être un humanoïde, mais une bestiole… Si j’avais pas eu les mains vissées sur le guidon, j’aurai certainement applaudis, et un de moins !

Laissant l’accident derrière moi, je m’enfonce dans ce quartier datant de l’époque où les usines sortaient plus vite de terre que de la mauvaise herbe. Les murs sont sombres et défraîchis, les tagueurs s’en donnent à cœur joie. Quelques écritures tremblotantes vantant les mérites d’une anarchie révolue se battent en duel avec des fresques magistrales, même si les couleurs commencent à ternir. Ici tout est vieux, dépassé et décrépi. Je ne comprends même pas comment le garage du vieux Joe tourne encore. Bon, c’est vrai que mes journées sont bien remplies, que je ne manque jamais de taff.

Ma harley hoquette devant le rideau de fer et je coupe le moteur. De ma poche, je tire un trousseau de clef auquel pendouille une patte de lapin, Je déteste ce truc, mais Joe me défend de la retirer malgré mes vives protestations. Passant par le minuscule bureau, j’accède au mécanisme et, dans un boucan métallique infernal, le rideau glisse vers le haut, le garage est ouvert. Généralement, les clients arrivent un peu plus tard me laissant le temps de prendre un café, mais là, un mec se tient près de ma moto, observant le pot d’un peu trop près. S’il la touche, je le démonte. C’est mon seul bien que je possède, je la bichonne, lui parle (ben ouais, je parle à ma moto, ça t’défrise ?). Bon ok, j’ai changé pas mal de pièces mais son âme est roumaine, comme moi. Le gars se redresse alors que j’approche.

- On en voit pas souvent des comme ça, belle monture !
- Merci.

J’ai pas envie de lui faire la causette, il est trop tôt et j’ai pas encore eu mon café. Je lui adresse toutefois un semblant de sourire et enjambe la selle pour la ranger tout au fond, là où elle sera à l’abri des regards. Je sais pas ce qu’il veut, mais il pénètre dans l’atelier et m’attend planté au milieu des bagnoles qui ne demande qu’à être triturées. J’ravale un long soupire et je me plante devant le gaillard.

- J’peux vous aider ?
- Oui ! En fait, je distribue des tracts s’il me déblatère que Jésus est grand et que Dieu existe, je le sors à grand coup de pied dans le derche car on organise des combats de boxe. Je peux en laisser quelques uns à côté de la caisse ?
- Heu pas de problème, mais je doute que ça intéresse du monde, surtout si l’entrée est payante… C’est pas trop l’genre de notre clientèle.

Il m’adresse un regard complice mec, on a pas gardé les cochons ensemble et jette un regard autour de nous, vérifiant notre solitude.

- C’est bon, je le rassure, je vais jusqu’à le tutoyer, histoire qu’il crache le morceau. Parce que je suis sûr qu’il a un truc croustillant à me proposer. Vas-y, le boss est pas là, j’suis seul.

Tout en l’écoutant parler, j’emprisonne ma tignasse dans un chignon, dégageant mon visage, prêt pour le boulot.

- Ca fait un moment que tu bosses là, non ? Je te vois tous les matins et y’a jamais personne qui vient te chercher, ni à midi, ni le soir. T’es genre un solitaire, toi, non ? T’es un loup ?
- Hein ? Ca va pas ! Et pis qu’est-ce que ça peut te faire ? Ecoute, j’ai vraiment un programme chargé et…
- Et tu vas gagner combien pour cette journée pourrie ?

Je rêve ou il vient de me couper la parole ? J’ouvre la bouche, lève un peu les mains, démontrant très clairement mon désintérêt total pour son discours mais ça ne l’empêche pas de continuer, piquant ma curiosité.

- Allez, me dit pas que tu fais ça par amour de ton métier. Écoute-moi bien : Les flyers, ça c’est pour les gens qui vivent dans de belles baraques et qui souhaitent se faire mousser un peu en voyant deux mecs se taper dessus. Mais moi je te propose autre chose… Tu veux venir parier, te faire un peu de blé, net d’impôt ? Ou… tu veux peut-être même entrer dans l’arène ?

Son regard quitte mon visage, descend sur mes épaules, s’arrête un instant sur mon torse et finit par hocher la tête.

- T’as du potentiel, tu sais te battre ?
- Arrête de me reluquer ! Je fais un pas en arrière. J’suis pas un morceau de viande. Non, je ne sais pas me battre et franchement, ça ne m’intéresse pas. Allez dégage, avant que j’appelle les flics.
- Et tu leur diras quoi, aux keufs ? Ta parole contre la mienne… Au dos d’un prospectus, il griffonne quelques mots, me fourre le tas entres les pognes et tourne toutefois les talons pour se diriger vers la sortie. Ah et juste pour info : on organise aussi des matchs interraciaux… et chez nous c’est du combat libre, à bon entendeur !

Je reste bêtement planté là, les flyers roses dans une main à regarder le clin d’œil débile qu’il m’adresse en me pointant de son index avant de se barrer définitivement. Mon cerveau a dû mal à assimiler tout ce que le gaillard vient de lui jeter à la gueule. Secouant la tête, je passe ma main libre sur ma nuque dégagée et retrouve ma mobilité. En passant à côté de la poubelle, je jette les morceaux de papier et vais prendre mon café.

La journée se passe tranquillement, le carnet de rendez-vous est loin d’être plein, ce qui me donne largement le temps de m’occuper de la Vieille Dame qui dort sous une épaisse bâche. Joe m’autorise à la laisser ici, je suis sûr que quelque part, il l’aime bien aussi, vu qu’il me demande régulièrement où en sont les travaux. Je l’ai même déjà surpris soulever un pan de la couverture, curieux de sa future couleur.

La Shelby Cobra est mon petit bijou, ma Princesse britannique, que j’ai récupérée dans une casse avoisinante. Certes le moteur n’est pas en très bon état, mais rien d’insurmontable. Après avoir ouvert le capot, je m’attaque au démontage du système de refroidissement mais mon attention n’est pas optimale. Mon esprit reste bloqué sur mon entrevue matinale. Je me vois déjà botter le cul à un de ces sales CESS, même si je ne sais pas très bien comment une équité peut naître dans un tel combat. Casser la gueule à un vampire ou à un théri, sans en subir des conséquences extrêmement fâcheuses, me titille de plus en plus au fil des heures qui passent. Car évidemment, dans chaque scénario, je m’imagine vainqueur, à aucun moment, je n’envisage une défaite.

Cette pensée reste ancrée le restant de la journée et toute la nuit, ne laissant plus d’autres pensées accéder à ma conscience. Lorsque j’arrive au garage, le jour suivant, je fonce vers la poubelle, espérant qu’elle n’ait pas été vidée. Frénétiquement, je fouille les ordures, comme le dernier des clochards, et retrouve le fameux flyer où le mec a inscrit le « mot de passe » pour entrer dans les bas-fonds du Mad Dog.

*********

Après avoir pris une bonne douche, j’enfile un jean, un t-shirt et un pull à capuche, après avoir réuni mes cheveux en une queue de cheval basse. Un bonnet pour le look et je m’extirpe de mon appartement, croisant quelques voisins bruyants, un gosse qui chiale et un autre qui vent un peu de dope. Mon manque de sollicitude m’agace, mais je me suis habitué à les voir prendre des chemins dangereux. D’ailleurs, ce que je m’apprête à faire n’est pas très malin non plus, mais j’apaise ma conscience, lui criant que j’y vais juste pour regarder.

Ma Lady reste dans son box, on ne sait jamais, j’ai pas envie de me la faire tirer. Les transports en commun me mènent rapidement jusqu’à Mansfield et de là, je me laisse guider par mon téléphone pour trouver le Mad Dog.

Je ne sais pas à quoi je m’attendais mais certainement pas à ça. Une banale salle d’entraînement où l’odeur de la vieille sueur rance te saute au nez, s’y installe et y reste. Je fais régulièrement du sport, mais pas enfermé dans un cube de béton. Je préfère les balades dans la forêt, utilisant la nature comme terrain de jeu. Parcourant l’immense espace des yeux, je remarque un grand gaillard devant une porte, portant une oreillette. Qu’est-ce qu’un mec, en costard cravate, fiche ici. Tirant l’invitation de ma poche, je lui montre le gribouillis de mon visiteur. Pas un mot n’est échangé, il me fait juste un signe de tête et me montre les escaliers se trouvant derrière la porte.

Un couloir étroit, au plafond bas, des marches qui s’enfoncent dans les profondeurs, me font face. Misère, c’est terriblement oppressant, je déteste ce genre d’endroit. Un nouveau garde m’accueille et j’ai droit à une fouille corporelle superficielle avant de pouvoir pénétrer dans un vaste espace, bruyant où la transpiration a laissé sa place aux effluves d’alcool et de tabac. Les lumières sont tamisées, seul le bar et l’arène sont sous les projecteurs, gardant certaines identités au couvert de l’ombre. Un peu surpris par le contraste entre le haut et le bas du club, je me dirige automatiquement vers le comptoir tout en regardant le centre de la pièce où deux concurrents sont aux prises. Une bouteille de bière à la main, mon attention est totalement focalisée sur le combat d’où proviennent des grognements pas très humains. Tendant le cou pour mieux voir, je presse le pas et percute bien comme il faut un mec qui, visiblement ne regardait pas non plus où il allait.

- Désolé, mec…

Une excuse banale, sans aucune sincérité, je poursuis mon chemin. Je porte le goulot à mes lèvres, m’apercevant qu’il manque la moitié de la bouteille.

- Qu’est-ce…

Et merde... le gars doit baigner dans ma bière.
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Nicola Alighieri
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Ven 29 Jan - 11:24 (#)



Illégalités inégales

« Le persone che contano non arrivano quando le inviti, ma quando hai bisogno di loro. Rita Lombardi »

Son visage est bien connu. L’antiquité détonne parmi les physiques musculeux, les barbes drues et les vêtements bon marché. Il est en-dessous de la moyenne, avec son « petit » mètre et soixante-dix-huit centimètres. Il ne porte aucun bijou, aucun tatouage, aucun autre signe distinctif que ses yeux bleus glaciaux. On le repère aisément : il est toujours à la même table.

Les autres maintiennent un distance respectueuse et une attitude déférente autour de lui. Certains murmurent qu’il est allé en prison, qu’il en est ressorti avec une case en moins. D’autres qu’il est un agent du FBI ou du CES cherchant à recruter des indics ou de futures agents. Les mauvais perdants et les offensés affirment qu’en plus de tout ça, il est gay et qu’il vient se rincer l’œil. Ce qui est drôle, c’est qu’en douze mois de fréquentation quotidienne, pas un des membres de ce club de boxe clandestin n’a accordé de crédit à la plus fondée des rumeurs : Nicola est un huit-centenaire qui vient passer ses nerfs sur les plus solides de leurs sacs de frappe et parfois, de leurs combattants.

Le patron accepte d’en perdre de temps en temps : la créature paye double les dédommagements. Ça a permis de créer ces faux carrés VIP, dont celui qui lui appartient.Les fauteuils sont un peu moins endommagés que les autres, on distinguerait presque leur couleur originale.

Nicola y a sa table réservée. Tout le monde le sait ici. C’est pour qu’on sache où le trouver, plaisante-t-il à moitié : la sécurité l’a toujours à l’œil. On ne voudrait pas qu’il soit pris d’une subite folie sanguinaire qui puisse coûter des clients fidèles. Ce n’est encore jamais arrivé. Il suffit pourtant d’une fois pour faire un massacre. Pourtant, avec son attitude débonnaire, il parviendrait presque à faire oublier au patron et aux agents sa nature de monstre assoiffé de sang. Il les a prévenu d’entrée de jeu, ce qui est honnête de sa part. Et surtout, il est a posé sur la table plus d’argent qui était jamais entré en un an d’existence. Alors le patron a accepté de lui ouvrir ses portes.

Même s’il participe rarement aux combats dans l’arène, l’antiquité s’est fait une solide réputation de cogneur. En payant le prix, on peut assister à ses entraînements, qui sont effectivement surhumains. Personne ne devrait être capable de faire imploser un sac de ciment d’une crochet du gauche. Il a, en plus de cette force, un instinct pour repérer les combattants émérites. Lorsqu’il parie sur un gars, c’est un honneur, voir une consécration pour lui. Si on veut repartir ale porte-monnaie plus lourd qu’à l’aller, il faut suivre son exemple. Et parfois, ces « élus » peuvent tenter leur chance contre lui.

Certains s’imaginent pouvoir casser du vampire. Nicola s’échauffe.

De temps en temps, d’autres créatures viennent ici. Elles le défient, s’imaginent pouvoir l’humilier publiquement. La dernière est reparti en civière, les deux bras démis. Elles sont peu nombreuses à oser s’attaquer à lui, car le message est bien passé : ce club, c’est l’antre de Nicola. C’est son territoire.

Alors forcément, quand une nouvelle tête apparaît, le vampire surveille du coin de l’œil, avide de nouveaux défis.

Et ce soir, il y a une nouvelle tête.

C’est un humain. Pas très excitant. Il ressemble à tous les autres, c’est probablement un macho-man, qui aime la bière, les seins et les motos. Pas beaucoup de points communs avec Nicola, sauf peut-être pour les motos. Il l’observe depuis sa table, entre trois autres humains. Il s’est complètement désintéressé du match qui a lieu ce soir. Un des preneurs de paris, Wayne, lui tape le coude. Nicola s’oblige à cligner des yeux et à faire semblant de respirer. Il oublie que son immobilisme surnaturel inquiète les humains. Pour s’occuper, il termine de plier soigneusement les couverts dont se servait Wayne. Il tord sans piété la fourchette, la réduisant à un simple bout de matériau quelconque enroulé autour de lui-même. Wayne se plaint, mais se résigne à devoir se lever pour en attraper d’autres. C’est ça ou manger ses spaghettis avec ses doigts. Bobby et Anas se moquent puis retournent à leur live youtube, le catch, on en rate pas une miette.

Lorsqu’il revient avec de nouveaux ustensiles, le nouveau le percute, l’aspergeant de sa bière au passage. Wayne ferme les yeux, prend une grande inspiration. Son médecin lui a formellement recommandé d’éviter toute situation pouvant faire monter sa tension. Anas relève la tête, les sourcils froncés. C’est un empathe, cet homme-là, qui sent les changements d’atmosphère. Nicola l’apprécie, d’autant qu’il parle un très bon arabe.

Lui et Anas observent Wayne décoller d’un geste las sa chemise de son ventre alors que le nouveau le plante là, comme un bizzu. Ça, ça ne passe pas.

Anas donne son téléphone à Bobby qui, passionné par ce que lui montre l’écran, ne relève pas la tête. Son mètre quatre-vingt se déplie, il est longiligne et sec comme un bout de bois. Ça ne l’empêche pas d’avoir une détente phénoménale. Nicola, tel un vautour, le suit, intéressé par ce qui se trame. Wayne rejoint Bobby. Il n’est pas en forme.

Le binôme rejoint aisément le nouveau, les spectateurs s’écartant prudemment. Anas s’énerve rarement, contrairement à Nicola. De le voir avec ces yeux furibonds, ça a presque plus d’effet que d’assister à une des colères coutumières de son comparse. Ses yeux sont deux billes noires assassines quand il pose sa main sur l’épaule de l’effronté.

- « Y’a des règles ici, Jésus. Montre du respect pour les autres. »

Nicola hausse les sourcils, déçu de la gentillesse de l’avertissement. C’est peut-être juste parce qu’il est tout nouveau, Anas est du genre à croire aux secondes chances. C’est être trop crédule, juge-t-il. Pour que la leçon rentre, il faut choquer. Alors il s’avance, tape dans le dessous du verre du gars, ce qui a pour effet de l’arroser tout autant que Wayne et de le vider une bonne fois pour toute de son contenu.

- « Là. On est quitte. » - dit-il dans son mauvais anglais, cette fois-ci davantage teinté d’un accent arabe, suite à sa précédente conversation. Il adresse un sourire hypocrite au barbu, ses yeux azur brillant étrangement à cause de la lumière des néons. - « Fais attention. »

Ils se détournent, Anas désapprouvant silencieusement son geste. Le « œil pour œil, dent pour dent », il n’y croit pas. Nicola s’en moque. Il est aux aguets.


Codée par Eli-Ls

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Ethan Roman
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Sam 30 Jan - 16:44 (#)

Le verre à moitié plein encore dans ma main, je me désintéresse totalement à ce qui se passe dans mon dos. J’suis pas venu voir la foule emplie de testostérone, avide de violence et de sang. Un des combattants a un très beau jeu de jambe, mais il s’épuise trop à sautiller comme un jeune cabri. L’autre lui met une gauche fatale, envoyant l’artiste valdinguer contre le grillage de protection où il s’écrase pitoyablement avant de glisser lentement vers le sol, KO. Les cris fusent de toutes parts me faisant sourire, les uns contents de l’issue rapide du match, les autres frustrés, réclamant un remboursement immédiat. Le vainqueur se pavane en levant les bras pendant que le « danseur » est rapidement évacué. Le molosse à la force brute n’a pas le temps d’exulté que deux nouveaux candidats font irruption dans l’arène. Un bref coup de sifflet et le match commence. Au vu des morphologies, je table sur une espèce, lointaine voisine de Hulk, hormis la couleur. Je brandis ma choppe m’apercevant qu’il ne reste pas grand-chose dedans. A la fin de cet échange, je me promets de refaire un tour au bar.

Contrairement à ce que j’ai dit hier matin à l’autre illuminé qui est venu au garage, je sais me battre, enfin me défendre. Vasile m’avait enseigné les bases du jiu-jitsu, ce qui m’avait sorti de quelques mauvais pas. Mais cela fait bien longtemps que je n’ai plus exercé et surtout, je doute fort, que face à des mecs de cet acabit, mes quelques tours de passe-passe soient réellement efficaces.

Une lourde main s’affaisse sur mon épaule, certainement une méprise. Je me retourne lentement, recevant quelques mots belliqueux à la figure. Je hausse un sourcil avant de les froncer et de secouer la tête, affichant une moue d’incompréhension. Je tends quelques doigts vers mon oreille, signifiant que je ne pouvais entendre les paroles énoncées avec tout ce brouhaha.

- Hein ? Quoi ?

Jésus ? Faut vraiment que je m’active pour mon look. Bien que… depuis quand je me soucie de l’avis des autres ? C’est quoi son problème à celui-là ? Ca fait pas cinq minutes que je suis ici et faut déjà qu’un bouseux vienne me courir sur le haricot.

- Comment ?? Oui, oui, je te respecte, mec, pas de soucis, c’est ça, ok, bonne soirée !

Sur le point de me retourner, je vois un autre gars, bien plus charismatique, bien plus pâle, ces yeux brillant d’un éclat terriblement dérangeant, s’imposer devant le gringalet. Nous y voilà… Le larbin fait l’ouverture et le « Maître » apparait. Tous les poils de mon être s’hérissent, y’a pas à dire, je dois avoir un détecteur à vampire en ancré en moi. Misère que je déteste ces bestioles, c’est instinctif. Je lui tends un sourire hypocrite, me demandant bien ce que le macchabée me veut.

Avant que je puisse dire quoi que ce soit, il a tapé dans le bas de mon verre, répandant de la bière plein mon pull. Je sens le liquide transpercer le tissu et atteindre mon épiderme. L’attraction terrestre oblige, de grosses gouttes roulent jusqu’à ma ceinture, suspendent qu’un instant leur avancée, puis trouvent la chaleur naturelle de mon boxer.

- Mais t’es pas bien !!!

Faisant un pas de côté, il ne faut pas être un génie pour voir que l’immortel vient de son petit carré VIP où s’est affalé le mec que j’ai percuté avant. Visiblement, il a déjà oublié, vu qu’il a le nez dans le téléphone de son pote et qu’ils s’éclaffent comme des gamins de 14 ans. J’agrippe le bras du monstre, même si ça me dégoûte de toucher un cadavre, dans la perspective de le faire se retourner vers moi. Il a dit qu’on était quitte ? J’suis pas certain d’avoir bien compris, entre le bruit et son accent bizarroïde, c’est assez compliqué de mener une conversation ici.

- Mec, c’est quoi ton soucis ? Cherchant à couvrir les hurlements du public, je hausse la voix à mon tour et me rapproche du truc qui devrait être six pieds sous terre. Ecoute, c’était un accident tout à l’heure. Toi, tu agis délibérément. Je me suis excusé, fin de l’histoire. En plus, il me semble que c’était pas toi que j’ai rencontré. A moins que…

Mon regard passe du mec écroulé sur la banquette, à celui qui n’a fait que me parler pour finir sur le vampire. Attention Ethan, n’entre pas dans ce petit jeu, attention à ce que tu vas dire. Malgré les bons conseils de ma conscience, un sourire mesquin étire mes lèvres et mon faciès adopte une mimique qui me donne un air particulièrement stupide. J’oublie tous les autres et je m’adresse uniquement au mort-vivant.

- A moins que ce soit Mister Arrosé qui t’a ordonné de venir le venger. Je ne savais pas que les… heu… les gars comme toi se mettait au service des humains…

J’effectue un pas en arrière et parcours tout son être de haut en bas et de bas en haut.

- Après je ne juge pas hein, chacun fait ce qu’il veut. Mais, c’est vrai, j’imaginai, peut-être à tort, que les Immortels préférait le rôle du dominant et pas du soumis. Mais comme dit hein… Chacun sa came.

Un sourire, tout ce qu’il y a de plus faux, lui est adressé. Une petite tape sur le haut de son bras, je salue toute la clique de la tête et je me dirige vers le bar, sans jamais leur tourner le dos. Parvenu au comptoir, je m’arrange pour bien les avoir en ligne de mire. Au moindre mouvement d’hostilité, je me carapate, j’suis pas venu chercher les ennuis. Le verre vide disparaît, échangé contre un nouveau, une jolie collerette de mousse trônant sur le dessus.
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Nicola Alighieri
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Jeu 4 Fév - 22:30 (#)



Illégalités inégales

« Le persone che contano non arrivano quando le inviti, ma quando hai bisogno di loro. Rita Lombardi »

Il s’agit d’un phénomène courant dans la nature : un nouveau venu tente de s’intégrer en prenant un place de choix au passage dans la hiérarchie sociale du groupe. Mieux vaut être dominant que dominé, tout le monde le sait. Les jeunes défient les vieux, les nouveaux, les anciens.

Ce soir, on est en plein documentaire animalier.

Nicola n’y aurait rien vu de problématique s’il n’avait pas été la cible de la provocation. Il y a quelques années, il aurait pu lui briser la nuque ici et maintenant, au su et vu de tous.

Quelques siècles, promener sa tête au bout d’une pique.

Ce serait mentir de dire qu’il est le premier à lui manquer de respect à cette période. La Révélation a suscité ce genre de réactions de la part des humains, surtout de la part des mâles. Leur instinct leur souffle tout de même de ne pas trop s’approcher. C’est probablement, pour eux, ce qui se rapproche de titiller un lion en cage. Dangereux, mais pas trop. Sauf que Nicola n’est pas en cage.

L’Aîné fixe l’endroit où il a osé le toucher, incrédule. Il relève ses yeux bleus surnaturels vers lui, qui, peut-être grâce à l’instinct qu’il vient de mentionner, sent qu’une éventuelle confrontation ne tournera pas à son avantage.

Le vampire a conscience qu’il n’est pas l’individu le plus imposant de sa race. Comment l’être, quand il a été transformé huit siècles plus tôt ? Les physiques ont beaucoup changé, notamment grâce à la nourriture et la propreté. Il est chanceux d’être encore considéré comme séduisant. Il n’est pas beau, mais il a du charme. En revanche, son petit gabarit, accompagné de sa mauvaise maîtrise de l’anglais, le décrédibilise un tant soit peu aux yeux de ses contemporains. Surtout des Américains. Il y a bien ses yeux qui inquiètent, et son sourire qui hérisse le poil, mais autrement ? Nicola a le physique d’un expert-comptable qui va de temps en temps à la salle de sport et qui a le pouvoir sur vos avoirs. Habillé, en tout cas. Sous ses vêtements, les muscles et les cicatrices racontent une autre histoire.

Le nouveau ne tente pourtant pas sa chance. Il part commander un autre verre, sans jamais leur tourner le dos. Anas tente de ramener Nicola vers sa table, craignant non pas une esclandre, mais un meurtre. Bien sûr que l’autre homme, Jésus, ignore qu’il a insulté une créature datant des Croisades, pour qui l’affront est à la limite du blasphème. Il ignore qu’en d’autres époques, Nicola se serait personnellement occupé de le démembrer. Il ignore qu’il vient, à l’instant, de s’attirer un ennemi violent et tenace.

- « Je vais le bouffer.
- « Non, surtout qu’il est probablement plein de merdes.
- « Vous êtes tous plein de trucs chimiques, ça ne me changera pas.
- « Nicola, ce n’est vraiment pas utile de t’énerver contre un paumé. Il n’en vaut pas la peine. Allez. »

Le vampire s’échappe avec humeur de la main sur son épaule, refusant de quitter des yeux l’autre humain. Il est persuadé d’être dans son bon droit. L’offense exige réparation immédiate.

Il plante Anas au milieu de la foule, s’en va vers l’organisateur des matchs de ce soir. Le moustachu le regarde avancer vers lui en priant pour que ses jambes ne le lâchent pas.

- « Y’a une pause là ?
- « C’est-à-dire ? - parvient-il à répondre au démon devant lui, sans bégayer. - Y’a Manuel qui vient de se faire mettre une branlée, donc y’aura une petite pause, oui, mais ça peut reprendre tout de suite si tu as une idée en tête…
- « Y’a lui, – dit Nicola en désignant du doigt le barbu au bar – qui veut participer. Je veux Bert contre. Dis que je parie sur Bert.
- « Bert ?! Mais c’est pas son soir, il… - face aux yeux furibonds, le moustachu s’incline immédiatement. - C’est prêt dans dix minutes.
- « Merci, Lawrence. Dix minutes. »

Et Nicola retourne enfin vers sa table, laissant les choses se faire. Il a hâte de voir le nouveau en difficulté face à Bert. Ce n’est pas son favori du moment, mais il fera l’affaire pour défoncer cet abruti à sa place. Et il se montre magnanime : ç’aurait pu être lui, sur le ring. Il estime s’être montré prévenant. Anas sera obligé de le reconnaître. Il a hâte de voir le spectacle.

Vas te faire foutre, abruti, pense-t-il en fixant le nouveau avec un sourire sardonique.


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Fear is the mind killer
Ethan Roman
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Sam 6 Fév - 19:01 (#)

Juché sur mon tabouret, je baigne littéralement dans mon jus. La bière a pris ses aises, s’est infiltrée dans mon caleçon, j’ai la vague impression de m’être pissé dessus. Mais quel connard ! Qu’est-ce qui lui a pris de m’arroser ? Si son pote avait un souci avec moi, il pouvait le régler tout seul, non ? Bref, finalement, je suis mitigé sur ma présence en ces lieux. Regarder deux mecs se cogner, j’ai pas besoin de traverser la ville pour voir ça, j’ai qu’à me mettre à la fenêtre de mon studio pour que le spectacle débute. Au moins la bière est bonne, c'est déjà pas mal.

Le vampire VIP n’a pas retrouvé son calme et ça me fait marrer de le voir gesticuler et cracher son venin à son comparse qui cherche à le retenir. Peut-être que je devrais payer un verre au pote du monstre en signe de reconnaissance, bien que… D’après ce que je vois, je ne peux les entendre, ils sont bien trop loin et vu l’ambiance surchauffée qui règne ici, il m’est impossible de capter le moindre mot de leur conversation, le mort-vivant s’échappe et file à l’autre bout de la salle. Je prends une bonne gorgée, sentant les bulles exploser sur ma langue, sensation que je trouve délicieuse. Et pourtant, quelque chose me dit que je devrais prendre mes jambes à mon cou et me carapater très loin d’ici. Ma sonnette d’alarme s’est mise en marche mais je ne vois aucun danger se profiler à l’horizon.

L’arène est vide pour le moment, la sciure est brassée au râteau faisant disparaître les éclaboussures carmines. Les gens vont et viennent dans un désordre parfait, s’interpellant dans de grands cris. Je ne vois plus mon macchabée, ce qui m’inquiète légèrement. Une main s’abat brusquement sur chacune de mes épaules me faisant sursauter. En tournant la tête, de chaque côté, je fais la connaissance de deux gorilles, au faciès aussi avenant qu'une porte de prison. Je lève les mains, les mettant bien en évidence, aucun geste agressif n’est effectué. Je ne voudrai pas leur donner une bonne raison pour me mettre une raclée.

- Messieurs ? Puis-je vous aider ?
- C’est ton jour de chance, tu as gagné le gros lot.

Je ne savais pas que les singes étaient dotés de la parole… Mes lèvres s’étirent en un sourire léger alors que je secoue la tête.

- Et qu’ai-je gagné ?
- Tu viens avec nous et on va te montrer. Allez debout !

Mon sourire se fait plus amer. J’aurai vraiment mieux fait de me casser quand j’en avais l’occasion. Dans un soupire lourd, je glisse de mon tabouret, autant suivre les deux molosses, je serais certainement plus à l’aise dans la rue pour m’échapper qu’ici dans ce caveau. Nous contournons le bar et empruntons un couloir si étroit que les épaules des gaillards touchent les murs. Je déteste ce genre d’endroit et je me force à inspirer lentement et profondément. Nous débouchons sur une pièce nettement plus vaste ressemblant très fortement à des vestiaires. Les murs sont verts pâles ou est-ce les néons qui sont bizarres ? Je me retourne vers mes colosses et leur tend une mine dubitative.

- Vous m’expliquez ?
- Tais-toi et assieds-toi

La même pogne s’écrase sur mon épaule et m’oblige à prendre place sur un banc en bois. Parlementer avec ces deux-là, ne servirait à rien. Ils ne sont que les porteurs d’eau, les exécuteurs. Ils n’ont pas les réponses, d’ailleurs ils se fichent totalement des raisons, tant qu’ils sont payés, le reste ne les regarde pas.

Un nouveau mec fait son irruption dans la pièce, son portable vissé à son oreille. Gesticulant autant qu’il vocifère à son téléphone, il tourne en rond sans remarquer notre présence, ce qui me donne tout loisir de l’observer à ma guise. C’est un cliché, bottes blanches sur un pantalon, pattes d’eph’, tout aussi immaculé, une veste à sequin argenté, aussi étincelant qu’une boule à facette, le tout surmonté d’un haut de forme orné de plumes synthétiques. C’est pourtant pas encore Mardi Gras. Je pince les lèvres pour ne pas éclater de rire. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Il met fin à la conversation en appuyant avec force contre la vitre de son portable et se campe devant moi, les mains sur les hanches.

- T’es prêt, blanc-bec ?
- Hein ? Prêt à quoi ? Je lève les yeux vers Mister Show Man. Ecoute, mec, je ne sais pas ce que l’on t’a dit ou qui t’as dit quoi, peu importe, c’est pas vrai.

Un sourire mauvais se dessine sur ses lèvres alors que sa tête se penche sur le côté pour adopter une mine faussement navrée. Déposant son coude dans sa main, il triture sa lèvre inférieure, comme s’il était emprunt à un choix crucial. Lassé d’être reluqué comme un bout de bidoche par une horde de loups affamés, je tente de me relever mais me vois contraint à rester sur mon banc par les féroces mains des deux cerbères qui se sont placés derrière moi. Quelque peu agacé par mon ignorance, j’effectue une feinte et échappe à mes gardiens pouvant enfin balancer mon regard de glace dans celui du… la mémoire me revient et je crois comprendre ce qui m’attend.

- C’est toi le gars qui annonce les combats ? C’est toi l’organisateur ? C’est bien toi ?

Mes bras sont tirés en arrière et une clef, sacrément efficace, sur mon coude, m’empêche de bouger.

- Garde tes forces pour tout à l’heure, Petit. Tu vas avoir la… « chance » (il mime les guillemets) d’affronter Bert. Il ne devrait pas tarder. Ecoute moi bien, voici les règles, je ne le répéterai pas. Tous les coups sont permis, hormis dans les organes génitaux. Pas d’arme, ici on se bat à mains nues. Le combat s’arrête au KO pas avant, ce n’est pas un match à mort. Tu ramasses 30% des paris si tu gagnes. Des questions ? Non, très bien ! Nom de ton assurance ? Et ton nom de scène ?
- Non non non ! Attendez ! Il doit y avoir erreur, je ne veux pas me battre.
- Trop tard, Petit. On me dit dans l’oreillette que Bert est là et il ne se déplace jamais pour rien. Il me tapote paternellement la joue, geste que j’essaye d’esquiver sans grande réussite. Ca va aller, j’ai foi en toi. Je suis sûr que tu peux faire la surprise. Sois courageux. S’adressant à mes entraves, il poursuit usant d’un ton bien plus impérieux. Fouillez-le et préparez-le. Je le veux pieds et torse nus. Il semble réfléchir un instant avant de reprendre. On a pas un pagne qui traîne ?  

Malgré mes vives protestations, mes vêtements me sont retirés et je me retrouve à moitié à poil, le torse huilé comme un champion de body building.

- Dis donc, tu caches bien ton jeu sous tes fringues. T’es pas si fluet que tu en donnes l’air. Bon ok, t’es pas le plus balèze que j’ai croisé, mais t’as du potentiel. C’est parfait ! Ca va plaire au publique. N’oublie pas, les gens misent, essaye de faire durer un peu le suspens.
- Lawrence, on est prêt, c’est parti !

Personne ne m’écoute et je n’ai aucune issue, aucune échappatoire. Le couloir est bouché par un gars qui l’obstrue totalement. Deux portes fermées sont également gardées par des mecs armés jusqu’aux dents. La procession se met en route vers l’une d’entre elle. Alors que nous pénétrons dans la salle précédente grâce à un tunnel fait d’un épais grillage, je noue mes cheveux en un chignon serré, pestant contre l’huile qui me rend tout visqueux. Parvenu dans l’arène, on me place à gauche du fameux Lawrence qui se lance dans une présentation invraisemblable, vantant des mérites qui ne m’appartiennent pas. Je décroche assez rapidement et me réfugie dans ma mémoire, cherchant les conseils avisés de Vasile lors de nos entraînements. Je doute que cela va m’aider mais si je veux aller bosser lundi, j’ai intérêt à m’en souvenir très vite. Je quitte mon monde onirique empli de soleil, d’odeurs d’herbe fraîche et de rire fraternels pour me concentrer sur la foule qui s’agglutine contre le grillage, vociférant des paroles que je ne veux pas comprendre. Et là, nos regards se percutent. Je tente un pas dans sa direction mais on m’en empêche. Mes lèvres forment deux mots qu’il les comprennent ou pas, peu m’importe. Fuck you !

La rage qui découle de cet échange me motive. Je vais gagner, prouver à ce putain de cadavre ambulant qu’il n’est pas dieu le père, qu’il ne peut disposer des gens à sa guise. Cette situation est rocambolesque, tellement idiote… tout ça pour un peu de bière déversée, par accident, sur un pantalon.

Une montagne de chair obscurcit soudainement mon horizon et un rire tonitruant écrase la voix du présentateur. C’est à ce moment-là, que je me dis que Gozilla n’est pas une légende. Mais c’est quoi ce monstre ? La transpiration qui roule sur son front me rassure, ce n’est « qu’un » humain. La foule jubile, acclame, exulte. Heureusement qu’il ne s’agit pas d’un match à mort… Ecrasé sous 150 kg de gras et de muscle, quelle mort atroce ! Il est vêtu d’une combinaison d’un bleu électrique, légèrement brillante, un immense B brodé sur sa poitrine. C’est pathétique. Les organisateurs s’éloignent et quittent l’arène, je me retrouve seul devant Bert à qui je dois arriver à peine à son menton.

Son poing, aussi gros qu’une pastèque, percute ma pommette qui éclate faisant couler le premier sang. Je valdingue contre la barrière métallique à moitié sonné par ce coup que je n’ai pas vu venir, distrait par les insultes des spectateurs. Mes doigts épinglent les mailles grossières de la cage et m’aident à me relever. Ils rient, tous, devant ma mine ahurie, devant mon air d’incompréhension, devant mon incrédulité.

Debout, je secoue la tête et esquive, saute et fuis devant mon assaillant, tournant en rond dans cet espace minuscule. Je n’ai nul endroit où me cacher, où élaborer un plan, où analyser la situation. Mes ripostes sont éphémères, les rares fois où je parviens à effleurer sa peau de rhinocéros, il se moque de moi, m’envoyant des baisers imaginaires. Par contre, les représailles sont lourdes, mon corps me fait mal, mes parades se font moins fréquentes et j’encaisse de moins en moins bien l’attaque des poings qui s’écrase sur mon être endolori.

Je suis au sol, le nez dans la sciure, tout cela va prendre fin bientôt. Ils déposeront ma dépouille dans une ruelle, où jamais personne ne passe. Les rats se feront un petit festin. Je ne manquerai à personne de toute façon et surtout personne n’ira signaler ma disparition. Dommage, j’avais encore quelques petits trucs en tête que je voulais faire. Le visage du vampire qui m’a mis dans cette situation se dessine au travers du grillage. Il est là, son visage de fouine me faisant face. Imperceptiblement, je secoue la tête, lui jetant muettement une simple question dans sa gueule. Pourquoi ? Je ne suis même pas certain qu’il aime ce qu’il voit. Y a-t-il de la satisfaction qui brille au fond de ses pupilles ? Pas sûr…

Gozilla exulte, levant les bras, déjà certain de sa victoire. Un élan d’arrogance me traverse. Je suis toujours à terre, à côté de lui, ma jambe se tend brusquement, visant de toute la force qu’il me reste, son genou. Un étrange craquement, suivi d’un hurlement fait taire la salle. Le colosse s’écroule lentement, les mains crispées sur son articulation brisée, un morceau du tibia a transpercé la chair et son joli collant. Sa chute est lourde, soulevant une multitude de copeau lorsque son corps s’écrase au sol.

Les cris reprennent de plus belles, saluant ma victoire improbable. Je me redresse difficilement, d’abord sur un coude, je prends appui sur mes mains pour me lever, je titube, je n’ai qu’une destination, qu’un objectif. Le sang et la transpiration dégoulinent le long de mon visage, de mes bras et de mon torse maculé par des ecchymoses aux teintes sombres. Devant lui, mes doigts s’accrochent à la barrière qui nous sépare. Il me reste un œil ouvert, l’autre est fermé en raison de l’inflammation. Je crache un peu de sang et essuie maladroitement mon menton avant de m’adresser à mon bourreau d’une voix que je ne savais audible que par lui.

- As-tu apprécié le spectacle ? Est-ce que quelques gouttes de bière et de vanité valaient vraiment ce résultat ?
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Mer 17 Fév - 21:48 (#)



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« Le persone che contano non arrivano quando le inviti, ma quando hai bisogno di loro. Rita Lombardi »

Il s’agit d’une condamnation à mort.

Tout le monde ici le sait : le petit nouveau vient d’être envoyé dans la cage aux lions, et personne ne fera rien pour l’en tirer.

Nicola observe les videurs l’emmener vers les vestiaires, le regard froid. Les humains qui forment ici son cercle privé baissent les yeux, gardent le silence. Pas de solidarité, pas d’entraide. Il vaut mieux ne pas le questionner, il pourrait reporter sa colère sur eux. Contrairement au nouveau, ils savent ce qu’ils risquent.

L’Ancien regrette sincèrement de ne pas pouvoir s’occuper de son cas lui-même. Fût un temps… Oui, fût un temps, il n’aurait pas eu à supporter cette arrogance insolente chez un simple humain. Chez ce qui est une proie. Peut-être craignent-ils d’assumer ce statut par rapport à leur façon à eux de traiter « leurs » proies. L’abattage industriel, qui nourrit la planète… Un vampire des temps modernes lui a fait cette remarque peu de temps après son arrivée ici, à Shreveport. Nicola a trouvé sa réflexion très pertinente.

Il aimerait beaucoup être dans la cage aux lions. Il a en assez de se contenir. Finalement, ça ne l’aide pas d’être venu ici ce soir : être entouré d’humains ne fait que raviver son envie d’adrénaline, il le sent jusque dans ses canines.

Et cette adrénaline, il en a bien besoin. C’est ce qui lui permet de lutter contre la vieillesse qui inexorablement s’empare de ce corps. Il la sent s’installer dans ses os. Les années le rattrapent finalement. Ce n’est pas tant ses muscles qui l’abandonnent, mais son esprit. Les réminiscences sont de plus en plus fortes, ses anciennes vies le rattrapent, tous ceux qu’il a laissé derrière. Il s’oublie parfois dans ces hallucinations. Cette semaine, il était persuadé d’avoir Settimo près de lui. Ce pauvre jeune vampire qui n’aura même pas su atteindre sa dixième année d’immortel… Ils se parlaient, comme avant, comme il y a plus de cinq-cent ans, dans cette foutue jungle amazonienne. C’est Amy qui a osé lui ouvrir les yeux.

Jamais encore ces hallucinations n’avaient été aussi longues et convaincantes.

Il ne s’agit pas de fantômes. La sensation est différente de celle qui l’accompagne lorsqu’il use de son don. Il aurait senti le froid, l’absence d’odeur, le silence du corps. Settimo n’était qu’une hallucination. Une qu’il aurait presque pu toucher tant elle était puissante.

Il craint que son esprit ne l’abandonne. Ce serait logique. Après ses Enfants, après son cœur… L’esprit, puis le corps.

Nicola, pour la première fois depuis longtemps, ressent la peur. Une terreur qui lui étreint le cœur, qui reste tapie dans un coin de sa tête, qui l’observe cachée derrière son épaule. Nicola pense voir la Fin, la vraie, arriver.

Et ça avant même d’avoir pu assister à l’aube d’une nouvelle ère.

Loin de ses moroses pensées, le petit nouveau subit les huées et les menaces des spectateurs, excités de pouvoir bientôt sentir le sang. Nicola se lève, s’installe au premier rang, sans même avoir à jouer des épaules. Il est là, bien campé sur ses deux jambes, le regard dur, les lèvres étirées dans une moue dédaigneuse. Il envie presque la position du nouveau, qui a le droit de ressentir toute l’adrénaline dont il rêve. S’il pouvait seulement… Mais non. Les humains sont trop fragiles, et il tient à sa réputation dans ce club.

Les coups pleuvent. L’adversaire a un titre à défendre, surtout sous les yeux terriblement bleus de son « sponsor ». Celui-ci ne perd pas une miette du spectacle. Ne perd pas une once de toutes les odeurs qui embaument ce lieu de violence gratuite. Tout ce qui est généré par la peur… C’est un parfum enivrant, captivant, vital. Le petit homme courre, saute, esquive, s’agite pour éviter les coups dévastateurs que souhaite lui asséner son adversaire.

C’est divertissant pendant un moment, puis ça devient lassant.

Nicola croise les bras, fait signe à son favori d’abréger. Le nouveau capte son regard. D’insolent, il est devenu mendiant. Un simple « pourquoi » qui lui tire un sourire machiavélique. Parce qu’il l’a mérité. L’Ancien se passe la langue sur les dents, dans un geste délibérément provocateur. Ses crocs ne sont pas découverts, pourtant la menace n’en est pas moins grande. Il a vraiment envie d’entrer dans cette cage maintenant. Lentement, il inspire profondément, ses yeux se fermant un instant sous l’effet du sang et de la sueur.

Et puis une clameur le tire de cet état proche de la transe.

Ses yeux d’un bleu électrique se rouvrent, voient un spectacle étonnant. L’odeur du sang est omniprésente. Un grognement sourd de prédateur lui échappe, la distance maintenue entre lui et les autres spectateurs augmente. Le nouveau a pris le dessus sur son favori ? Une de ses paupières est secouée par des spasmes nerveux. Sa main gauche s’abat sur le grillage, qui plie sous la pression de son poing.

La clameur monte, les hommes sont surexcités. Des macaques qui saluent une victoire inattendue. Les cartes de la hiérarchie sociale de ce club seront rebattues ce soir.  Nicola gronde au milieu du vacarme, les crocs cette fois-ci bien visibles, un loup au milieu des singes. Son champion est tombé. Il se tord de douleur, son tibias brisé. Le vampire, au-delà de la vexation, ressent une sensation grisante : la surprise la plus complète.

Le vainqueur se relève et se traîne difficilement jusqu’à lui. Sa poigne se resserre encore davantage sur le grillage. La pression sur ses canines se fait insoutenable : il veut mordre. Il pourrait arracher ce putain de grillage qui le sépare de sa proie, l’envoyer valser et se jeter sur ce connard de petit mec qui a ridiculisé son jugement, qui revient le défier à nouveau, lui trancher sa gorge et se repaître jusqu’à la putain de dernière goutte de son sang de-

Avec difficulté, l’homme murmure deux questions.

Un autre spasme agite sa paupière alors que le coin de sa bouche se relève dans une grimace narquoise et mauvaise. Il l’observe des pieds à la tête. Ce putain de petit connard de merde… a des couilles.

Ses yeux bleus se fixent sur le seul encore ouvert de son souffre-douleur du jour. Le charisme si particulier des vampires les rendent envoûtants, impossible de s’y soustraire. Son cœur bat puissamment dans sa poitrine, s’en est presque douloureux. Est-ce que ça a toujours fait aussi mal ? Est-ce que tous les humains ressentent ça, ces coups de marteau à l’intérieur de leur cage thoracique ? Depuis combien de temps n’a-t-il pas battu aussi fort ? Ce mec, ce mec, ce mec…

- « Merde, ça a valu tous les putains de dollars que tu m’as fait perdre ce soir, connard... » - susurre-t-il en revenant naturellement au italien, trop sonné par l’adrénaline pour se souvenir qu’ici, on ne parle probablement que l’anglais.

Ce putain de mec a les mêmes yeux que Settimo.

Les videurs embarquent le nouveau, le tire hors de la cage, l’emmène recevoir des soins, tout comme le perdant. Son cercle d’intimes vient aux nouvelles. Anas sent d’instinct que le vieux vampire a besoin d’un exutoire pour reprendre ses moyens. Il l’emmène avec prudence vers son espace d’entraînement, lui assurant qu’on lui apporterait le nouveau dans quelques instants. Anas pourrait presque jurer qu’il tremble sous ses doigts.

Le vieux vampire semble avoir vu un fantôme.

**

- « Excuse-moi… - commence avec prudence Anas, restant à une distance sécuritaire alors que Nicola termine de réduire en miette son sixième sac de ciment. Le vampire suspend son geste, devient une statue grecque. L’humain s’étonne encore de ne voir aucun signe de respiration suite à l’effort, aucun signe de transpiration. Néanmoins, comme il a l’autorisation de parler maintenant, il ne s’attarde pas sur ces détails surnaturels qui les séparent. - Il est là… Il s’appelle Ethan. Il est roumain. »

L’Ancien retrouve sa mobilité, jette ses gants avec dédain, se tourne. Il dévore des yeux le pauvre gars tout abîmé qui se trouve en face de lui. Anas détourne le regard, trouvant cet échange un peu gênant : c’est à se demander s’il les voit tous en tant que desserts…

- « Le champion du soir… - murmure l’antiquité d’une voix dérangeante, presque lascive. Il ne fait pas un pas pour se rapprocher, cela dit. - Qu’est-ce qui est le plus douloureux ? - demande-t-il en esquissant un geste englobant la totalité du corps de l’autre homme.

Anas ne sait pas s’il parle au sens figuré ou au sens propre. Il n’a aucune envie de rester pour savoir. Prudemment, discrètement, il retourne vers les escaliers, laissant son congénère et le vampire à leur discussion. Et si l’autre ne remonte jamais… Il aura au moins un nom et un prénom à donner.


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Dim 21 Fév - 21:37 (#)

Un face à face, presque aussi intense que le combat que je viens de subir, s’ouvre à nouveau. Sauf, que nous sommes seuls, nul spectateur, nul encouragement, nulle parole, rien que lui et moi. Nos regards s’affrontent, l’insolence contre l’arrogance, je relève le menton et ris de ses mots baragouinés dans une autre langue. Je n’en saisis pas leur teneur mais le sens est parfaitement clair.

- Si tu veux m’causer, connard, ai au moins la décence de me parler en anglais. Tu comp…

Quatre énormes mains agrippent mes bras, me font lâcher de force, ce petit rempart d’acier qui nous séparait, lui et moi.

La foule hurle, c’est trop fort, mon horizon tangue et j’ai terriblement envie de vomir. Je me laisse entraîner, loin du vacarme de la surprise que j’ai créé. Les murs du couloir sont un bon soutien même si le gorille arrière aide à mon avancée. Retour au vestiaire où je me retrouve étendu sur un banc, un mec m’ausculte brièvement. J’ai pas besoin qu’on m’examine, je veux juste rentrer chez moi, qu’on me foute la paix, c’est pourtant pas compliqué à comprendre. Ses doigts experts palpent mes os et mes muscles endoloris. Je râle, un peu, pour la forme, étant incapable de m’exprimer. Il se rapproche de mon visage, explore ma mâchoire et s’attaque à mon œil, l’ouvre de force et hoche la tête.

- Aucune fracture à première vue, le plateau orbital n’est pas touché. Par contre, je vais mettre quelques agrafes au niveau de l’arcade et là, sur le flanc. T’es un costaud toi !

Il tapote mon torse, se lève pour aller chercher son matos, tandis qu’un Lawrence triomphant se place au bout du banc. Il écarte les bras, un sourire malsain dessiné sur les lèvres en secouant sa tête.

- Voilà notre nouveau petit prodige ! Qui l’eut cru ? Pas moi en tout cas ! Alors Doc, quand sera-t-il à nouveau en mesure de combattre ?
- Quelques semaines, dès…
- JAMAIS ! Retrouvant l’usage de la parole, je me redresse sur un coude, ravivant quelques douleurs encore inexplorées.
- Tout doux petit, j’ai pas fini.

Je lance un regard noir à Lawrence qui ricane en se reculant, ne souhaitant, visiblement pas assister au rafistolage du héros du jour. Huit agrafes plus tard, je suis autorisé à me lever afin de prendre une douche bien méritée. Sous le jet tiède, mon corps endolori s’est appuyé contre les catelles, je laisse l’eau ruisseler, bien plus longtemps que nécessaire. Un sbire de Lawrence est posté en faction devant la cabine, juste au cas où je décidais de m’échapper par le trou d’écoulement… Bande de crétins, où voulez-vous que j’aille ? Après ce qui me semble une éternité, je délaisse mes ablutions pour me retrouver dans la lumière vive des vestiaires. Après m’être habillé rapidement et rassemblé mes cheveux en queue de cheval, je retrouve un Lawrence exultant toujours autant, vantant les mérites de Bert à un auditoire qui se fout totalement de ce qu’il dit. Me voyant, propre comme un sous neuf, il repart dans un braillement jubilatoire, m’accueillant à bras ouvert. J’esquive mollement l’étreinte diabolique et fais un pas en arrière, cherchant à mettre une distance maximale entre lui et moi.

- Ah voilà notre héros !
- File moi mon fric !
- Ca, c’est le patron qui va te le donner, en personne. Mais je voudrais discuter avec toi d’un éventuel contrat. On recherche des gars comme toi, ici. Les avantages sont nombreux et...
- N’y pense même pas !

Le timbre de ma voix est hargneux et tranchant, enfin c’est ce que je voudrais mais ressemble plus à un murmure sifflant sorti d’outre-tombe. Je suis fatigué et j’ai l’impression d’avoir un marteau piqueur dans ma tête. La perspective de me retrouver face à l’autre mort-vivant ne m’enchante pas du tout, mais si c’est la seule alternative afin de toucher le pognon qu’ils me doivent, soit, je me plierai, de mauvaise grâce, à cette dernière facétie de la soirée.

Le toubib s’approche de Lawrence, lui pose la main sur l’épaule, lui intimant muettement de lâcher l’affaire. Il s’approche de moi et me fourre une plaquette d’anti-inflammatoire, une poche de glace et un Dafalgan accompagné d’un verre d’eau dans les paluches.

- Avale ça et la plaquette, c’est un comprimé trois fois par jour. Les agrafes sont à retirer dans dix jours. Et ton œil, ça va vite dégonfler. Allez, je vous laisse, je dois m’occuper de Bert.

Ravi de voir le doc tourner les talons, Lawrence revient à l’attaque, affichant un faciès bien trop mielleux pour être honnête. Mais c’est sans compter avec mes deux gorilles préférés qui s’avancent et m’entourent. Par pitié, qu’ils évitent de me toucher, je crois qu’il n’y a pas un centimètre carré qui ne me fait pas mal. Docilement, j’emboite le pas au premier gars, n’ayant pas un regard pour l’autre déjanté de présentateur.

Les couloirs s’enchaînent dans un véritable labyrinthe sous terrain, me rendant particulièrement mal à l’aise dès que je me mets à penser aux tonnes de terre, béton et autre au-dessus de ma tête. Enfin, une porte est poussée, dévoilant une salle d’entraînement, visiblement un peu spéciale. Très certainement adaptée aux gens plus tout à fait vivants.

Nous y voilà… J’ai droit à une introduction plus que spartiate qui me fait légèrement sourire. Ethan, roumain. Et si je lui faisais le coup de ne parler plus que le roumain, ça serait assez amusant… non ? A moins que je veuille finir mes jours, là, maintenant, tout de suite, je vais déjà me taire et voir ce que me vaut l’honneur de croiser monsieur casse-couilles en personne. Apparemment, quelque chose l’a contrarié, les sacs de ciment en sont la preuve. J’ai comme une légère appréhension, songeant que je suis éventuellement à l’origine de sa mauvaise humeur. Le comparse s’étiole, tout comme mes deux gardes du corps, nous laissant seuls. Une question étrange s’échoue sur le bord des lèvres du vampire amenant un sourire amer sur les miennes.

- Toi.

Nos regards s’affrontent une nouvelle fois, je ne baisse pas les… non, mon œil. Il ne m’intimide aucunement, il me dégoûte. Ce qui est mort, doit rester mort.

- La douleur physique est une chose qui s’estompe avec le temps, elle est éphémère, contrairement à toi. La souffrance que tu m’inspires est nettement plus profonde, tu hurles silencieusement ta lassitude en envoyant des mecs comme moi sur un ring alors que je ne suis que spectateur. Et tout cela au nom de l’absurdité totale. Je n’ai rien demandé, c’est la première… et la dernière fois que je mets les pieds ici et tu déverses ta mauvaise humeur sur le petit nouveau, ce n’est pas très commercial…

Quelques pas lents sont effectués, chaque enjambée me coûte un effort considérable. J’ai l’impression que le plancher tangue dangereusement. Contre un mur, trône un canapé qui semble m’appeler. Mes basquets rencontrent un peu de sable, vestige d’un sac éventré. Je ne peux m’empêcher de sourire, ce qui a pour effet de rouvrir une plaie se trouvant sur ma lèvre supérieure. Une goute carmine fraye son chemin se perdant dans les poils de ma barbe. D’un geste difficile, je récupère l’effrontée et l’essuie machinalement sur mon pantalon.

- Le spectacle ne t’a pas plu ? Je suis surpris… ce n’est pas ce que tu semblais dire tout à l’heure. En fait, je ne t’ai pas compris, je ne parle que très peu l’italien. Tu es frustré que Bert ait perdu ? Va… t’en fais pas pour sa jambe, je suis certain qu’avec un peu de magie ou autre, il pourra gambader très vite et gagner tout plein de combat pour toi.

Le sofa est atteint, îlot de cuir que je considère comme un oasis en plein désert. Avec précaution, je m’y échoue abaissant ma paupière et retenant mon souffle, le temps que mes fesses atteignent la confortable assise. Inspirant profondément, je pince les lèvres, empêchant un gémissement de les franchir. Mon bras s’enroule autour de mes côtes, espérant que ce geste apaise la brûlure lancinante de la douleur.

- Désolé vieux, mais là, faut que je me pose un moment.

Je fixe un point que je suis seul à voir, espérant que mon horizon se stabilise au plus vite, sinon je sens que je vais vite dégueulasser son joli canapé. La houle se calme, me permettant de reporter tout mon attention sur mon hôte.

- Pourquoi m’as-tu fait venir ?

Les question s'enchaînent dans mon esprit tandis qu'un silence pesant s'installe. Je refuse qu'il joue à ce petit jeu, l'intimidation ne fonctionne pas sur moi. Incapable de contenir mes paroles, les phrases s'échappent dans un flot que j'aurai voulu soutenu mais qui se résulte à une diction extrêmement hachurée.

- Suis-je ton prochain repas ? Dépêche-toi dans ce cas, l’adrénaline redescend très vite. Pourquoi moi ? On s’est déjà croisé par le passé ? En Europe ? Je t’ai causé du tort ? Ouais, je sais ça fait beaucoup de question, mais j’estime que j’ai droit aux réponses… et éventuellement à une petite bière…  
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Ven 26 Fév - 10:23 (#)



Illégalités inégales

« Le persone che contano non arrivano quando le inviti, ma quando hai bisogno di loro. Rita Lombardi »

Un court instant, Nicola s’autorise à fermer les yeux et à prendre une grande inspiration. L’odeur est absolument… divine. Elle le ramène loin en arrière, à des temps où il incarnait une des multiples facettes de la peur, la peur primaire de l’obscurité. Quand il était surnaturel, un mystère, une légende. Le sang, la sueur, la nervosité, l’adrénaline, la terreur… Le cœur qui pulse…

Lorsqu’il rouvre ses yeux terrifiants, il a devant lui l’image d’un guerrier comme il en a pu voir des centaines durant les siècles qu’il a traversé. Ce sont les seuls humains qu’il comprenne instinctivement, pour avoir été l’un d’eux. L’honneur, la loyauté, le courage. Trois valeurs qu’on lui a inculqué dès la naissance, par lesquelles il s’est contraint à vivre, huit-cent ans qu’elles guident ses pas.

Et aujourd’hui, le voilà amené devant cet homme mal rasé et hirsute, qui vient de s’offrir une victoire sur son champion encore invaincu. Pas trop mal, comme fait d’arme. Pas trop mal, pour se forger une réputation et outrepasser sa condition de petit nouveau dans ce club distingué de lutteurs clandestins.

Il l’écoute attentivement, essayant de suivre le déluge de mot qui se déversent sur lui, tentant de saisir des bribes par-ci par-là. On le pense toujours parfaitement anglophone. Ça devient frustrant. C’est la faut de toutes ces stupides représentations issues de la pop culture, ce stupide Compte Dracula est bilingue… Et tous les anglophones, qui pensent être le nombril du monde, se disent qu’il n’y a jamais eu d’autre langue aussi importante que la leur, donc le voilà forcément bilingue en anglais ! Et bien non, et même lorsque c’était le français, il n’était pas meilleur. Enfin, la roue tourne, et il est probable que le chinois gagne enfin ses lettres de noblesse… est-ce qu’il leur demande, lui, de maîtriser parfaitement une de ses langues ?

Il pousse un soupir résigné et se concentre à nouveau après ce moment d’humeur. Le débit des paroles finit heureusement par se ralentir, c’est une bonne chose. L’homme subi le contre-coup de son fait d’arme. Il tient à peine sur ses jambes. Ses yeux retournent régulièrement vers le canapé nouvellement installé. Il résiste quelques secondes, puis finit par s’y diriger. Nicola ne l’en empêche pas, grand prince.

En grognant, il s’affale sur son canapé, le baptisant ainsi de ses fesses, et il reprend. Les mots sortent à une cadence plus lente. L’antiquité écoute toujours, retirant en même temps les bandes qui entourent et « protègent » ses mains. En réalité, elles ne sont là que pour lui donner un genre.

Apparemment, de ce qu’il a réussi à en tirer, l’autre lui en veut pour cette expérience mémorable, est persuadé qu’il veut lui aspirer les six litres de sang qui le tiennent en vie et qu’il est un pervers sanguinaire. Nicola se donne un seize sur l’écoute.Il est plutôt fier de lui.

En revanche, il va maintenant devoir répondre, au moins pour se blanchir de deux des trois accusations.

Il se mord les lèvres, cherche ses mots. A vrai dire, il ne sait pas trop par où commencer. Revenir sur le monologue autour de sa « lassitude » ? Le rassurer sur ses intentions ? Il pose ses mains sur ses hanches en pleine réflexion. Ce délai ne doit pas aider à calmer ses nerfs… Il Le vieux vampire finit par hausser les épaules et agite sa main droite, comme pour écarter physiquement tout doute.

- « Il n’y a pas à s’inquiéter. Je n’ai pas prévu de boire. C’est déjà fait. »

Il lui adresse une mimique encourageante, qui ne fait que souligner l’absence d’émotion de se yeux. Parfois, on dirait bel et bien ceux d’un mort. Boire n’y change pas grand-chose désormais. Ils ne retrouvent un semblant de vie que lorsque les événements réveillent l’intérêt de la Bête.

Nicola se rapproche lentement avant de s’arrêter à une distance raisonnable pour ne pas paraître menaçant. La peur a un goût bien particulier et une odeur un peu rance. Il préfère de très loin celle de l’adrénaline. En tendant l’oreille, il perçoit les battements de cœur de l’humain. Le rythme est rapide. Il joue le bravache, mais il est anxieux, comme tous les autres. Quand il s ne sont sont pas tout simplement terrifiés.

L’ancien se frotte le menton, puis se souvient de l’autre question pressante. La gestuelle italienne vient ajouter les nuances et les sous-titres à ses paroles.

- «  Tu es là parce que tu es bizarre. Intéressant. Et parce que tu ne pas t’es pas fait tuer. Bravo, d’ailleurs. »

Il applaudit lentement en le détaillant de bas en haut. Il regrette que son visage ait été aussi abîmé. Juger de la ressemblance en se basant seulement sur un œil ouvert n’est pas tâche aisée. De Settimo, il n’a finalement que l’aura et l’attitude. Ils ne se ressemblent pas du tout physiquement. Quoi de plus normal après tout, un Italien de 1500 et un Roumain de 2019, il n’y aura rien en commun.

Que ce regard intense, qui a su traverser les siècles.

- « Je ne crois pas que nous nous soyons déjà rencontrés. Je ne suis pas allé en Europe depuis longtemps. - il penche la tête sur le côté en se tenant le menton, intrigué. - Tu as déjà tué des vampires ? »

Il y a effectivement des vampires qui rencontrent leur fin par la main d’humains. En fonction de sa réponse, il changera d’avis à son sujet. Qu’importe la ressemblance extraordinaire, il ne pourra pas supporter s’acoquiner avec un « chasseur de vampires ». Ces individus représentent la lie de l’humanité. Un vampire ne devrait disparaître que par la main d’un autre vampire, ou de la Nature elle-même. Un humain ne peut s’arroger ce pouvoir. Un tic nerveux vient un instant agiter la paupière de son œil droit, puis il cesse.

- « Tu connais les vampires. Tu connais les autres créatures ? Tu chasses ? »

Il esquisse un pas vers lui, curieux de savoir s’il partage des centres d’intérêt communs avec ceux de feu Settimo. A-t-il ce même goût pour l’aventure ?

- « Parle-moi de toi. Que fais-tu de ta vie ? »


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Dim 28 Fév - 16:24 (#)

Le sofa est confortable mais je préfère mon vieux canapé, aux accoudoirs éliminés et aux nombreux coussins multicolores. Mais bon, pour l’instant, c’est tout ce qu’il a à m’offrir visiblement. Je ne vais pas m’installer au milieu des gravats, à même le sol. Il tourne en rond, j’en viens à me demander s’il comprend vraiment tout ce que je dis. A chaque fois qu’il a ouvert la bouche jusqu’à présent, ses phrases étaient courtes, il s’est même exprimé en italien tout à l’heure. Même si je ne parle pas cette langue, les tonalités sont assez typées pour être reconnues. Ça nous met sur le même pied d’égalité, j’ai peut-être même l’avantage, maîtrisant sacrément bien l’anglais, même si je roule un peu trop les r et que je fais de grosses erreurs de grammaires, surtout quand je suis crevé. Et c’est précisément le cas, mais c’est pas l’autre macchabée qui va me corriger, ce qui est déjà une très bonne chose, vu que ça a sacrément tendance à m’exaspérer profondément. Si tous ces amerloques, qui sont, ne l’oublions pas, que des immigrés, étaient un peu plus ouverts au monde et se donneraient la peine d’être polyglottes, ça les rendraient un poil moins cons aux yeux du reste de l’humanité.

J’applique la poche de glace sur mon œil endolori en grimaçant, espérant que cela atténue un peu plus rapidement l’inflammation. Alors que l’autre retire ses bandages… d’ailleurs pourquoi il se donne la peine de protéger ses mains ? J’ai toujours entendu dire que les vampires, ça se réparaient tout seul et à une vitesse ahurissante. Faudra que je lui pose la question. Pour une fois que j’en ai un sous la main, je vais pas me priver pour parfaire mes connaissances sur ces trucs qui devraient reposer six pieds sous terre. A cette réflexion, je me rends compte, que j’ai jamais véritablement eu un échange avec aucun mort-vivant, ayant toujours évité soigneusement leur compagnie et surtout n’ayant jamais eu l’occasion d’en croiser un d’aussi près.

Je l’observe, tout à coup, j’ai envie de savoir, de comprendre. Comment, un être qui est mort, peut-il se mouvoir, parler, agir comme moi ? Ses yeux sont fascinants, d’un bleu profond, électriques, presque hypnotiques. J’ai déjà eu pas mal de compliment sur la couleur de mes iris, mais à côté de lui, j’ai l’air d’un amateur. Il inspire, soupire, n’est-ce qu’un jeu d’acteur ? Une habitude qui perdure ? Une nécessité ?

Mes questionnements intérieurs sont interrompus par sa voix mal assurée, me confirmant mes doutes. Il n’est pas né sur ces terres, il appartient à l’ancien continent. Sa réponse me rassure, ainsi je vais vivre, en tout cas les cinq prochaines minutes. Ses mots percutent ma conscience, amenant son flot d’images détestables. Il a déjà bu… Qui a-t-il tué ? Qui gît dans un caniveau, le corps vidé de toute sa substance vitale ? Je lève les yeux, nos regards se croisent, s’adoptent lentement, les rivalités du ring s’estompent mais la méfiance persiste. Si tout à l’heure, il me semblait voir danser un démon au fond de ses pupilles, là, je les associerai beaucoup plus aux zombies qui défilent sur l’écran de ma télé. Faut vraiment que j’arrête de mater Walking Dead…

Il s’approche, je me redresse de quelques millimètres. Mon cœur bondit dans ma cage thoracique, doux mélange entre la peur, la colère et la haine que j’éprouve à son encontre. On en serait pas là, j’aurai pas la gueule défoncée s’il avait rangé son putain d’égo. Lit-il dans mes pensées ? Il remet ça sur le tapis en m’applaudissant. J’ai vraiment l’impression qu’il se fout de ma gueule. Du coup, je vais essayer d’être un tantinet plus clair.

- Arrête de te foutre de moi. Je ne mérite aucune félicitation. Ce n’était que de la chance, une simple opportunité. Fortuna, « capiche » ?

Mon débit est lent, mon accent roumain nettement plus prononcé, je suis épuisé mais sa présence me transcende et ravive l’adrénaline qui envahit mon système sanguin. S’il savait à quel point je lui mettrais bien mon poing dans sa gueule, il ne se pavanerait pas comme il le fait actuellement, il me prend pour une bête de foire ! Je fronce les sourcils et secoue faiblement la tête.

- Bizarre ? Venant d’un Vampir, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, non ? Explique moi plutôt comment un cadavru1, comment un type qui ne respire plus est encore capable de marcher, de parler… de vivre ? Tu m’excuseras, hein, mais je te trouve un brin plus bizarre que moi.

Ma bouche est pâteuse, ma diction s’embrouille, ma langue colle à mon palais. Il me semble que je lui avais demandé une bière, il n’a peut-être pas compris. Je vais être un peu plus direct cette fois-ci.

- T’as peut-être bu tout ton soûl, au profit de quelques vies, mais moi je crève de soif… T’as pas un truc à m’offrir ? De l’eau, une bière, un coca, n’importe quoi mais file moi un truc à boire, steuplaît. Cavaler dans une arène de 4,50 mètres de diamètre pour sauver sa peau, ça dessèche un homme, crois-moi. Tu devrais essayer… mais dans les mêmes conditions que moi.

Ses réponses sont vagues, on dirait qu’il cherche dans sa mémoire fatiguée. J’ai aucune idée de quel âge peut avoir ce mec mais je suppose qu’après les premiers cent ans, ça doit joyeusement commencer à s’emmêler les pinceaux niveau souvenirs. Si tu tiens pas un journal bien comme il faut, tu dois plus y voir bien clair.

- Mais t’as quel âge au fait ?

Sa prochaine question me prend de cours. Stupéfait, je le regarde d’un œil torve en élevant les sourcils. C’est une blague, c’est pas possible autrement. Comment un mec comme moi pourrait dégommer un gars comme lui ? Il est pas sérieux.

- J’en ai tué des centaines, des milliers… Je marque une pause conséquente avant de répondre amèrement, ...dans mes rêves. J’ai mené des combats épiques, j’ai planté des pieux dans vos cœurs morts, je vous ai traqué, jusqu’au dernier. Et là-bas, chez moi, dans les forêts emplies de mythes, où les légendes ont pris naissance…

Je suspends ma diatribe, souris à un souvenir que je suis seul à voir, abaisse ma tête me laissant submerger par des images de sous-bois où traîne lascivement une brume blanchâtre, où les feuilles mortes cachent les sentent, afin d’embrouiller nos sens d’enfants, où le vent joue à nous effrayer en sifflant dans les branches dénudées des arbres centenaires. Je revois Vasile, courant devant moi, un bâton à la main, se battant contre des chimères que nous nous étions créés. Un soupire difficile se faufile dans ma poitrine meurtrie. Je relève mon visage vers le non vivant et sourit sincèrement en repensant à la seule créature que j’ai jamais tuée. Un pauvre rat-garou, déjà bien amoché, en pleine transformation. Je crois que cela a été plus un soulagement pour lui qui était agonisant. Par contre, de mon côté, j’en ai pas dormi pendant plusieurs nuits, horrifié d’avoir supprimé une vie.

Il enchaîne les questions, il semble véritablement intéressé mais se rend-il compte que je suis au bout du rouleau, qu’il n’y a pas un centimètre carré qui ne me fasse pas souffrir ? Et qu’il en est à la principale cause, même si ce n’est pas lui qui a porté les coups ? La peur a disparu mais je sens une appréhension m’étreindre lorsqu’il s’approche. S’il commence à me renifler où à faire d’autres trucs bizarres, je le frappe.

- Băiat2, je suis mécano ! Regarde-moi, j’ai la gueule ou le profil d’un chasseur ?

Joignant le geste à la parole, je me lève, oubliant durant une pauvre seconde, les ecchymoses et autres contusions, et désigne mon propre corps. Un vertige plus conséquent s’attaque à mon équilibre, m’obligeant à me rasseoir en vitesse. Je m’accroche à ma poche de glace comme s’il s’agissait d’une bouée de sauvetage, avant de retrouver l’azure de son regard. S’il savait… Oui j’aurai voulu être un chasseur, dégommer un maximum de créatures qui auraient dû rester dans les livres ou dans les films. J’aurai aimé épingler la tête de la bestiole qui a tué Garance, l’empailler et l’accrocher au mur, au-dessus de la cheminée en guise de trophée. Mais voilà, je n’ai jamais su ce qui a attaqué ma pauvre épouse défunte, même les autorités ont lâché l’affaire, me disant qu’il s’agissait très certainement d’un loup ou quelque chose s’y approchant. Quant aux autres créatures… Vampires, garous, sorciers, à mes yeux, ce sont tous des monstres.

- Ben heu… Décontenancé, je souris bêtement ayant un peu de mal à aligner mes pensées. Vous êtes tous des bestioles sorties de la fiction et j’arrive pas à comprendre à quel moment ça a merdé, à quel moment les fables ont pris consistance.

Plaquant une nouvelle fois la glace contre ma face, je reste pensif, le regard dans le vide. Deuxième guerre mondiale, première guerre mondiale, après c’est plus confus, diverses indépendances, des conflits, toujours des conflits… Il doit bien y avoir un point précis qui a été le déclencheur. Pensivement, d’une voix lointaine, je le questionne à mon tour.

- Sérieusement, comment vous avez débarqué sur terre ? C’est un coup de « Once upon the time », genre monde parallèle ou pouf, vous avez surgit de nulle part ? Un portail donnant sur un univers empli de nos chimères ? Ou alors y’a un sorcier qui s’est dit qu’il va donner consistance aux légendes ?

A l’entente de sa dernière question, je glisse sur le cuir neuf du canapé, calle ma nuque contre le dossier et soupire lentement. Il m’épuise, ce gars.

- Tu n’auras plus aucune réponse de ma part tant que j’aurai pas à boire et éventuellement un ptit truc à manger. Mais surtout et avant tout ça, je veux mon fric, celui que tu m’as forcé à gagner. D’ailleurs, pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi m’avoir envoyé sur le champ de bataille alors que je ne demandai rien. Pourquoi propulser un simple gars à l’abattoir ? Parce qu’on va pas se mentir, si je n’avais pas eu cette opportunité de casser la jambe à Bert, je serai en route pour l’hôpital ou, mieux, pour la morgue… Tu en es bien conscient ?




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Lun 12 Avr - 18:52 (#)



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Ses questions semblent réveilleur l’ardeur de l’homme abîmé en face de lui. Il tente plusieurs fois de se redresser pour être un peu plus imposant, sans succès. La fatigue et la douleur le clouent sur le divan, crispent ses traits, ralentissent le débit de ses paroles. Il est exténué : les effets de l’adrénaline s’atténuent peu à peu. Épuisé, il ne ressent même plus la peur correctement : son rythme cardiaque aussi s’est ralenti. Pourtant, malgré cette terrible fatigue, il répond avec conviction, lui renvoie même la balle sur un ton irrévérencieux. Il faut croire que le combat n’a pas été si difficile que ça après tout, puisqu’il semble être prêt à en assumer un autre.

Il s’excite, s’agace, se plaint… Il a l’air d’être très expressif. Ça ne doit pas être le genre à beaucoup réfléchir avant de parler. Non, rectification, il n’est pas le genre. Nicola l’a bien vu avec les récents événements. Il s’amuse de son franc-parler, se demandant s’il ressemble à ça, lui aussi. Avec son statut d’Ancien, il n’y a plus grand-monde qui ose émettre des commentaires sur son attitude devant lui. Tout le monde le craint, fantasmant sur la puissance de ses dons, lui attribuant plus de pouvoirs qu’il n’en a réellement. Il incarne la vision idéalisée des vieux Vampires.

Le Vampire se sait beaucoup, beaucoup moins expressif que l’humain affalé devant lui. En revanche, ils se rejoignent sur le côté... expansif. Quand un sujet l’intéresse, Nicola ne sait pas s’arrêter de lui-même. Ethan semble être du même genre, même si, au lieu de rester focaliser sur une problématique, il enchaîne et saute du coq à l’âne, rendant ses digressions difficiles à suivre. La barrière de la langue empêche Nicola de saisir toutes les subtilités, d’autant qu’un accent roumain de plus en plus prononcé s’est ajouté à l’utilisation de la langue anglaise.

Il a presque envie de s’asseoir pour mieux se concentrer. Et il aurait peut-être aussi besoin d’un carnet pour saisir des notes à la volée. Voyons… D’après ce qu’il comprend, l’humain a de nombreuses questions concernant le surnaturel, notamment l’origine des créatures. Ça, Nicola n’a pas la réponse. C’est comme ça, c’est la même raison qui justifie que la Terre tourne autour du Soleil ou qu’il y ait des changements de saisons. C’est comme ça. Pourquoi vouloir chercher plus loin ? Surtout lorsqu’on est un petit mécano ?

L’Italien se mordille l’ongle du pouce, habitude qui a traversé ses siècles d’existence. Elle trahit une réflexion poussée. Régulièrement, ses dents pointues entament sa peau. Le sang peut perler, ou pas. Bizarrerie de la nature, qui indique l’état de satiété du vampire.

Le sang perle.

Ethan est en parfaite sécurité, malgré ce qu’il pense.

Finalement, épuisé par sa longue, longue diatribe ponctuée de questions plus ou moins existentielles, Ethan rend les armes. L’humain s’allonge plus franchement sur le canapé et réclame à boire, à manger et à compter. Contre toute attente, Nicola accepte de lui fournir ce qu’il souhaite. Il ne peut pas prendre le risque de le voir glisser dans l’inconscience avant que sa curiosité ne soit satisfaite.

Pendant que l’autre ferme les yeux et se cale contre le support du meuble, Nicola tire son téléphone portable de sa poche arrière. Il hésite. Il ne sait pas vraiment ce que peut consommer un humain abîmé. De l’eau, probablement, et peut-être de la viande. A moins que celui-ci ne soit « végétarien ». Ah, l’idée lui tire un sourire moqueur. Végétarien…

Il laissera Anas en décider. Très rapidement, il fait part de ses demandes à son ami, puis range son téléphone à nouveau. Contrairement à ce que pourrait laisser penser son âge avancé, Nicola est parfaitement à l’aise avec la technologie. Il l’est beaucoup moins avec le langage moderne qui l’accompagne. Ou trop, ça dépend du point du vue. Ses messages oscillent entre une sévérité austère et le pire des abréviations sms. C’est de pire en pire depuis que certains ont eu la bonne idée de l’introduire aux memes.

Heureusement pour Anas, son message est compréhensible. Il le transmet au cuistot et part chercher la récompense du pauvre Roumain pour s’être fait casser la gueule en public. Quand il descend, il trouve Nicola en train de ranger ses gants de boxe et ses bandes pendant que l’autre comate sur le canapé.

- « C’est une surprise. - commente-t-il sobrement en déposant le plat d’ailes de poulet grillées et de frites prêt du blessé. Il lui pousse le tibia du bout du pied pour le ramener dans le monde des vivants, prêt à lui donner une bouteille d’eau plate. Son attention est tournée vers le vampire.
- « Qu’il soit toujours en vie ? Aw, Anas, je pensais que tu avais davantage confiance en moi. - répond-t-il en arabe, jouant la déception, la main sur le cœur.
- « Tu vas le laisser partir ?
- « Bien sûr. Qu’est-ce que je peux bien faire d’autre ? Je ne vais pas le séquestrer, ça demande une sacrée organisation, j’ai d’autres chats à fouetter.
- Il pourrait te balancer… Non ?
- Pourquoi ? Parce qu’il s’est battu sous mes yeux dans un bar organisant des matchs clandestins ? Je ne l’ai pas mordu, je ne l’ai pas hypnotisé… Et ce n’était même pas moi dans la cage. Je suis blanc comme neige. - se vante l’antiquité en gonflant la poitrine. Anas hausse les épaules. Ce n’est pas lui qui fera la leçon à un vampire aussi vieux que lui. - Allez, file-lui son fric, il l’a bien mérité. C’est dingue comme vos blessures peuvent gonfler, ça les rend plus impressionnantes qu’elles ne le sont réellement.
- Tu n’as jamais eu mal ? - demande l’humain, curieux de savoir ce dont se souvient de la douleur le vampire. Il répond du tac au tac.
- Si, bien sûr. Souvent, quand j’étais comme vous. Et je suis « mort ». » - Nicola retire son t-shirt. Anas se raidit, prit de court par ce geste inattendu. Il reste figé sur place alors que l’antiquité se rapproche. Ethan, comateux, ne peut lui apporter aucun soutien.

Son souffle se bloque dans sa gorge lorsque l’Italien s’arrête à un pas de lui. Lentement, il comprend finalement qu’il lui montre quelque chose. Ses yeux se baissent, quittant son regard froid et impassible, pour se poser sur la fine cicatrice qui lui barre le torse. Elle court du pectoral gauche jusqu’à ses obliques droits.

- « Fais pas cette tête Anas… On dirait que tu vas dégueuler. Tâches pas mon canap’. - plaisante Nicola en lui donnant une tape sur l’épaule. L’Arabe reprend son souffle comme après une apnée.
Près de lui, le corps d’Ethan bouge.
- « C’est quoi ? - demande-t-il, victime d’une curiosité malsaine.
- « Heu… Un coup de sabre, je crois. Ou d’une lance. - Nicola baisse les yeux à son tour, les sourcils froncés alors qu’il essaie de se souvenir de la cause de sa blessure mortelle. - Je ne sais plus. Vu la taille, je penche quand même plutôt pour un sabre. Ça fait un mal de chien, je crois que ça m’a pété des côtes, y’a un bout qui a perforé le poumon, ça pissait le sang. Dégueulasse.
- « Sans blagues… Et tu es mort ?
- « Ouais. Enfin, j’ai dû crever d’asphyxie plutôt que d’hémorragie je pense.
- « Et… qu’est-ce qui t’a…
- « Coquin, il veut tout savoir dès le premier soir… Allez, remonte et vas dégueuler dans les toilettes, j’pense que ça plairait pas au Roumain d’être recouvert de gerbe après la branlée qu’il s’est pris. Merci Anas. »

L’homme acquiesce faiblement. Au dernier moment, il pense à tirer de sa poche les billets, récompense de la « branlée », et les place près de l’autre humain.

Il a des images de champs de bataille et de corps blessés pleins les yeux. Il va effectivement aller vomir. Les yeux de Nicola ne rendent que trop réelle cette histoire de mort violente.

De nouveau seuls ensemble, Nicola penche la tête sur le côté avant de se jucher sur un des accoudoirs du canapé. Il retourne de bon gré à l’anglais pour s’assurer que le mécano le comprenne.

- « C’est bien ça ? - demande-t-il en pointant du doigt le plat, qui pue la friture. L’odeur ne lui donne pas envie. C’est bien quelque chose qu’il ne jalouse pas. Il grimace tout en se lançant sur un autre sujet. - Tu demandais pourquoi toi, je crois ? Parce que tu m’as touché. Tu as été insolent. Non… pas insolent. Tu as été… prétentieux. Je n’aime pas ça. »

Il quitte son perchoir et commence à tourner autour du canapé à pas lents.

- « Les gens peuvent être prétentieux quand ils sont bons. Je devais savoir. Donc je t’ai mis à l’épreuve. J’ai obtenu un excellente résultat. Regarde-toi, toujours vivant ! De nous deux, c’est toi qui a le cœur qui bat. C’est pas cool, ça ? »

Il lui sourit, maintenant de retour devant lui. Il se tient droit, les mains dans le dos, la poitrine gonflée, heureux de voir devant lui le résultat de sa petite expérience.

- « Moi, je suis là depuis huit siècles. A peu près. J’ai vu beaucoup de prétentieux, de téméraires et d’insolents. De temps en temps, je propose un pacte avec ceux qui m’amusent. - ses yeux s’assombrissent, ses pupilles se dilatent, sa voix devient hypnotisante. Il maintient une distance de sécurité entre eux deux. Certains humains lui ont déjà sauté à la gorge lors de cette étape. - De quoi as-tu besoin, Ethan ? De quoi rêves-tu ? Qu’est-ce qui fait battre ton cœur plus fort ? Si tu me le dis… Je pourrais te l’offrir. »


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Mes questions ne trouvent pas de réponse, faut dire que vu ma posture, l’autre macchabée doit penser que je suis au pays des rêves. Ok, je n’en mène pas bien large et j’ai dû mal à garder les deux yeux ouverts. Le contrecoup probablement. J’veux juste qu’il me paie, qu’il me file à bouffer et qu’éventuellement, il me ramène chez moi. Malgré ma léthargie, un fin sourire étire mes traits faisant perler une gouttelette carmine sur mes lèvres. Voilà mon prochain défi ! L’obliger à me conduire, et en personne, non par un de ses sbires, chez moi dans une de ces magnifiques bagnoles. Parce que oui, un gars comme celui-là doit avoir une caisse trop classe, c’est obligé. Ca va être de la balle ! J’ai hâte de voir la tête des dealers quand je vais descendre de la voiture. Bon, vu la gueule de ma tronche, je vais pas parader des heures avec le taux de fatigue qui est à son maximum.

J’ouvre à peine mon œil valide pour apercevoir l’autre abruti sortir son téléphone et pianoter dessus. Etonné, je reste perplexe, voir un tel appareil entre les mains d’un machin mort depuis avant son invention, c’est quand même surprenant et le pire, c’est qu’il sait s’en servir. Ça doit le changer des pigeons voyageurs.

La silhouette longiligne du vampire disparaît de mon champ de vision, je déteste ça, je préfère largement quand je l’ai dans ma ligne de mire, on ne sait jamais ce qui peut lui traverser la tête. Je l’entends farfouiller à droite et à gauche, un tiroir est ouvert puis plus rien. Bordel, qu’est-ce qui se passe ? Il a buggé ? Il a plus de pile ? Il est cassé ? Comment ça marche un mort-vivant ? Je tourne doucement la tête, lui donnant par la même occasion l’information que je ne dors pas.

Tiens voilà le complice et… ô miracle, à boire et à manger ! Diable, ça sent drôlement bon. J’espère que c’est pour moi et pas pour l’autre empaffé, en plus il a une gueule qui ne me revient pas. Après, on s’en fout hein, si ça se trouve, je reverrai jamais ces mecs de ma vie, parce qu’il est hors de question que je refoute les pieds dans cette bauge. Certes, c’est de l’argent facile, mais ça, c’est uniquement si tu en ressorts vainqueur. Et j’ai pas vraiment l’âme d’un combattant, même si j’ai une grande gueule.

Le pote du caïnite me pousse du bout du pied pour voir si je pionce ou pas. Il est con ou quoi ? Il a peur que je lui refasse le portrait ? Il a pas vu l’état dans lequel je suis ? Je me redresse en grognant, pestant contre ces foutues côtés qui me font un mal de chien.

- J’dormais pas, je me reposai.

Ma voix est éraillée, j’ai dû finalement m’assoupir pendant quelques minutes. La bouteille d’eau est acceptée avec une moue, j’aurai franchement préféré une bière, mais bon, on va pas commencé à faire le difficile. Assis sur le bord du canapé, je dépose l’assiette sur mes genoux et attaque, avec appétit, une première frite tandis que les deux autres se lancent dans une conversation qui, visiblement, doit rester secrète, vu qu’ils déblatèrent dans une langue que je ne connais pas. Il me semble que c’est de l’arabe, mais je ne pipe pas un mot. Les intonations ont une connotation agressive, j’ai l’impression qu’ils s’engueulent mais je m’en fiche totalement, moi je mange, reprenant des forces. Même si ma mâchoire me rappelle chaque coup de poing que j’ai reçu, je mastique lentement me délectant de chaque bouchée. Faudra qu’il me donne l’adresse de son traiteur, ce sont les meilleures ailes de poulet de ma vie !

Les mecs discutent, comme si je n’étais pas là et ça me gonfle profondément de ne pas comprendre leur conversation, surtout que j’ai l’impression qu’ils font allusion à moi. Une question, enfin c’est ce que j’en déduis par le ton de mon serveur et voilà, que mon vampire se met à moitié à poil.

- Heu… les gars… je mange là. Si vous pouviez faire votre striptease légèrement plus tard, ça serait quand même sympa.

Je me concentre sur mon assiette, j’ai vraiment pas envie de voir le corps blanc et sans vie du gaillard, même si cette cicatrice qui lui barre le torse doit avoir une sacrée histoire. L’autre semble fasciné, bien que son teint commence à verdir. Ça peut vomir un non-mort ? Il a ingéré du sang avarié ? Visiblement, la leçon d’anatomie est finie et c’est pas plus mal. Heureusement qu’il n’a pas une cicatrice sur les fesses… Il doit avoir un cul aussi blanc que la pleine lune, ça doit pas être le plus beau des spectacles. Je me demande ce que les filles doivent dire en voyant ça… D’ailleurs ça baise encore un vampire ? Si le sang ne circule plus, théoriquement ça doit plus trop monter à ce niveau là… Je secoue faiblement la tête, chassant vivement ces pensées débiles loin de mon esprit.

Une enveloppe est déposée sur le canapé à côté de moi. Vu l’épaisseur du truc, elle doit être bien garnie ou alors, ils n’ont mis que des billets d’un dollar. Je verrai ça plus tard, là, je finis ma bouffe dont je me délecte.

Enfin, l’autre se casse, c’est pas trop tôt. Je vais pouvoir gentiment lui suggérer de me ramener à la maison. Soudain un terrible doute étreint mon estomac plein me faisant lever les yeux vers l’immortel. Il va pas me garder ici afin d’avoir un encas quand il vient au club ? Une question, totalement à l’opposé de ce que je m’attendais, tombe et efface toutes mes craintes.

- Ouais, c’est absolument délicieux. Tu en veux un bout ?

Je lui tends une aile de poulet mais sa grimace me fait dire que c’est pas tout à fait dans son régime alimentaire. A-t-il seulement « le droit » de manger des choses autres que de l’hémoglobine ? J’ai tellement de question qu’une seule nuit ne suffirait pas à satisfaire ma curiosité. Mais enfin, il commence à répondre. Le repas m’a fait du bien taisant un peu la fatigue, me redonnant un semblant d’énergie. Je sais que ce n’est que temporaire mais ça suffira jusqu’à mon lit.

- Je ne suis pas prétentieux, je dis ce que je pense, c’est de l’honnêteté. En plus, mon grand, je te signale que toute cette histoire est parti d’une maladresse et d’un malentendu. C’est ton pote, là, l’autre que j’ai aspergé lorsqu’il m’a bousculé. De notre temps, ça s’appelle un accident et on ne punit pas pour cela. Tu comprends ?

Le timbre de ma voix reste doux, comme si j’expliquai une évidence à un enfant en bas âge. S’il continue à tourner comme une toupie autour du canapé, je vais finir par gerber.

- Assieds-toi s’il te plaît et arrête de trouver des excuses débiles. Oui, moi, mon cœur bas et quand il s’arrêtera, je serai mort, définitivement mort. Je ne me baladerai plus dans les rues, je ne parlerai plus, je ne serai simplement plus en vie. Je ne comprends pas comment c’est possible, comment ce phénomène est possible. C’est pas naturel que tu puisses te mouvoir comme tu le fais.

Bon sang et si je me la fermai, ça serait pas mal non plus. Et si simplement je lui demandais de me ramener pour que je puisse panser mes plaies ? Enfin, il s’arrête, planté devant moi. Quelque chose me dit qu’il y a un truc louche.

- Huit putain de siècle ??? La vache !

Je cligne de l’œil, totalement abasourdi par cette révélation. Je remonte le fil de l’histoire, j’appelle ma mémoire et regrette mon inattention lorsque j’étais assis sur les bancs d’école. Mon regard est happé par le sien qui s’assombrit étrangement, le fil de mes pensées m’échappe, s’évapore, il ne reste plus que l’azure pénétrant de ses yeux dans lesquels je me noie, incapable de me débattre. D’ailleurs je ne le souhaite pas, sa voix est présente et pourtant si lointaine, résonnant plus dans ma tête que dans mon oreille. J’ai envie de crier, de lui dire d’arrêter mais ces paroles sont si douces, le sens qu’elles prennent m’apaisent. Mes lèvres se mettent à se mouvoir, sans réelle volonté de ma part et ma voix semble être émise par un autre.

- Il n’y a qu’une seule chose que je souhaite mais tu ne peux y accéder, ni toi, ni personne. Ma femme… Garance, mon univers, mon autre, mon tout.

Mon débit est lent. Un sourire, adressé à celle qui n’est plus, se peint sur mes lèvres. Instinctivement, je me mets à jouer avec mon alliance.

- Elle est morte, sur une autre terre. Quelque chose l’a tuée, démembrée, dévorée. Personne ne sait qui, quoi, pourquoi… Elle me manque tellement. Je l’aimais inconditionnellement.

Son souvenir s’intensifie, je peux presque sentir son parfum, sa peau si douce sous mes doigts est un manque tellement douloureux. Une larme, puis deux fuient mes paupières, roulent sur mes jouent et s’écrasent sur mes mains. L’image se brouille, devient fade et s’évanouit.

Totalement sous l’emprise du caïnite, mon environnement change et je me retrouve dans une forêt, un épais tapis de feuilles mortes sous mes pieds. Les arbres sont nus et recouverts d’une bonne couche de neige et pourtant il ne fait pas froid.

- La liberté, l’aventure, de nouveaux horizons, ceci me fait avancer. Et pis ma moto, je veux qu’elle soit comme neuve, tout comme ma figure d’ailleurs, que la douleur disparaissent. Mais par-dessus tout, j’veux que tu me ramènes chez moi, le tout dans une longue et belle limousine.

Je fronce les sourcils et regarde autour de moi, délaissant le mort-vivant qui est planté devant moi.

- C’était quoi ça ? Tu m’as fait quoi, là ?

Je ne parle jamais de Garance, à personne. Comment cela se fait-il que je lui ai tout dit ?
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Mer 21 Avr - 17:33 (#)



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Même sous influence, Ethan reste bavard. Nicola parvient à garder un visage neutre malgré son amusement. Il ne lui résiste pas. C’est presque comme si, inconsciemment, il souhaitait partager ces informations sur lui. Guidé par sa voix envoûtante, il lui livre son désir le plus profond, qui s’avère être quelque chose d’inaccessible, même pour lui. Retrouver un mort, un vrai.

Le vieux l’écoute en silence, attristé d’entendre les mêmes mots qu’il utilise encore de temps en temps pour évoquer son cœur. Ethan bouge, ses doigts effleurent puis font lentement rouler l’alliance qu’il porte sur lui. Il l’a gardé… Nicola soupire discrètement. Il n’avait pas prévu reconnaître dans cet homme la même vieille douleur qui le taraude malgré les siècles. C’est une blessure banale, n’est-ce pas ? La perte d’un être cher…

Il n’a pas fait son deuil, pour que ce soit la première chose qu’il réclame. L’ancien se passe la main dans les cheveux, puis se frotte le visage. Dans cet état, un humain ne peut pas mentir. Et quand bien même, quel intérêt aurait un petit garagiste roumain à enquêter sur la vie privée d’un vampire huit-centenaire ? Pour le traiter de monstre de manière détournée ? A-t-il seulement des preuves qu’un vampire ait assassiné sa femme ? Pour susciter la pitié chez lui ? Ce serait un choix idiot. Il n’y a aucune pitié à espérer de lui s’il se considère offensé.

Nicola finit par croiser les bras devant sa poitrine et détourne le regard alors que le Roumain cède à une faiblesse passagère. Il peut au moins lui offrir ce semblant d’intimité.

Voir sa peine est dérangeant. Sa gorge se serre, il ne fait pas confiance au son de sa voix. Cette Garance… Elle a connu une mort violente. Un point commun avec sa femme. Que dirait-il, cet humain, s’il lui confiait que son épouse était morte, elle, de la main de simples humains ? Que même avec ses pouvoirs, elle n’avait pas réussi à se sauver ? Que lui, malgré sa puissance, n’était pas parvenu à la préserver de ce sort horrible ?

Serait-il encore le seul monstre de la pièce ?

Il souffle bruyamment par le nez, attendant que le Roumain passe à d’autres vœux. Cette fois-ci, il ne cache pas son sourire lorsqu’il lui confirme sa première théorie à son sujet : il aime les motos. Que le sujet devienne plus léger le soulage. Il ne peut pas s’accorder le luxe de raviver de vieux souvenirs. C’est dangereux.

Settimo est pour le moment la seule terrible illusion qui l’accompagne. Si jamais son cœur lui apparaissait aussi… Il serait probablement temps d’envisager de mettre fin à ses longs, longs jours sur cette Terre. S’il parle trop d’elle, il a peur d’accélérer le processus.

L’humain dérive sur des vœux de moins en moins sérieux, Nicola rompt l’enchantement. Il a suffisamment appris sur l’homme. Celui reprend ses esprits rapidement, s’ancrant à nouveau dans la réalité. Il questionne, s’agace de s’être vu perdre le contrôle. Le vieux hausse les épaules et écarte les bras, incarnant à lui seul toute la nonchalance italienne.

- « C’est la fatigue ça, Ethan. Ça délie les langues… - il mime la compassion en secouant légèrement la tête. Il a envie de jouer : hors de question d’avouer d’entrée de jeu qu’il triche en usant de sa nature vampirique. - Tu veux rentrer, et en limousine ? Dans ce quartier ? C’est la pire idée : tu vas te retrouver encore plus laid, sur le bitume, à devoir rentrer à pied. »

Ça semble être un peu puéril, mais ça l’ennuie, de lui prêter une de ses voitures. Et vu la couleur de ses compresses et de son visage, il n’a pas envie que le cuir souffre. Il pose cette fois-ci ses mains sur ses hanches, faisant la moue. Il pourrait bien lui offrir ça en tant que prix pour sa victoire, mais… N’est-ce déjà pas assez de repartir vivant ? Finalement, il décide que ce serait petit, venant de lui.

- « J’en ai fini ici. Je rentre. Tout ce que j’ai à t’offrir, c’est un trajet en Tesla. Moi au volant. »

Il tire son téléphone une nouvelle fois de sa poche. Il est quatre heures du matin. Il envoie un dernier texto à sa clique pour les avertir de son départ, puis repose son regard sur l’humain amoché. Est-ce qu’il peut encore marcher ? Sans un mot, il récupère son t-shirt, l’enfile, attrape son sac de sport. Un nouveau regard vers l’humain. Merde, il va probablement devoir le porter. Il pousse un long soupir.

- « Je te laisse finir ton repas. On y va ap-
Je suis fatigué… Pourquoi suis-je si fatigué, Nicola?

Le souvenir de Settimo se superpose à Ethan. Ses mains se crispent autour de la lanière de son sac de sport, menaçant de la déchirer en deux.

Il faut que tu manges Settimo. Tu ne pourras jamais te relever autrement.
Et si c’est ce que je veux ?
Crever de faim dans une jungle, à côté d’un vampire ?
C’est toujours mieux que seul...


L’antiquité cligne plusieurs fois des yeux pour chasser l’illusion. La tête lui tourne. Il est temps de rentrer. La meilleure partie de la nuit est passée, de toute façon.

- « Dépêche-toi Ethan. Tu ne voudrais pas que tes voisins te voient rentrer avec moi. Ils pourraient parler. »

Il se fend d’un sourire hypocrite, espérant que sa pique lui donne le sursaut de colère nécessaire pour lui redonner la force de se lever.

Il se sent vieux.


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Dim 25 Avr - 17:52 (#)

C’était un rêve ? J’ai vu Garance, aussi bien que je vois le caïnite devant moi. Les images sont floues et les souvenirs m’échappent. Qu’est-ce qui s’est passé ? Y’a eu un truc, j’en suis certain, je ne peux pas juste avoir des hallucinions juste comme ça. J’ai déjà eu des altercations, je me suis déjà fait laminer la gueule, mais jamais une chose comme celle-là n’est arrivée. Bêtement, je renifle mon t-shirt, recherchant l’odeur de mon épouse et tout ce que j’y trouve me fait froncer le nez. C’est lui alors ? Il porte peut-être un parfum de femme ? Je l’aurai reconnu de suite, en entrant dans la pièce. Je ne vais quand même pas me lever et le sentir comme un vulgaire chien… ça ne se fait pas.

- Ce n’était pas la fatigue, c’était bien plus… moins… nettement plus intense.

Ma voix est pensive, ce que je ne comprends pas, m’agace. C’est peut-être pour ça que j’ai fait mécanique. Là au moins, tout est palpable, tout s’emboîte merveilleusement bien, au millimètre près. Y’a pas de faux-semblant où de magie, ce ne sont que des faits.

Pourquoi évoque-t-il la limo’, c’était un pari entre moi et moi, jamais je ne lui en ai parlé de vive voix. Mes paroles me reviennent en tête et je fronce les sourcils. Comment cela se fait-il que j’aie partagé avec ce vieux machin de 800 ans, pétard, huit siècles, je ne m’en remets pas, mes pensées les plus intimes ? L’eau ! Il devait y avoir un truc dans l’eau !

- Au fait, c’est quoi ton nom ? Tu n’as même pas pris la peine de te présenter. Pourtant, je suis certain qu’à ton époque et toutes celles que tu as traversées, ça se fait d’emblée. Non ? Alors, t’es qui ? D’où viens-tu ? Et t’as un titre de noblesse, t’es un comte ?

Allez, machin, fais-moi plaisir et dis-moi que tu es comte et que quelque part, tu as un lien de parenté avec l’autre illuminé de service qui sévit dans mon pays. C’est peut-être son cousin ? Un rapide calcul me renseigne que le macchabée debout devant moi est plus vieux que notre bonne vieille légende. Plus j’y pense, plus je me dis que c’est juste impossible, il doit se foutre de ma gueule.

Je crève de soif, encore, mais je n’ose plus toujours à la flotte qu’ils m’ont servi, si je me mets encore à délirer et raconter mes plus profonds désirs, ça va devenir extrêmement gênant. Heureusement, que je n’ai pas parlé de la petite Juliane qui habite trois étages au-dessus de moi. Petite, blonde, elle doit avoir à peu près le même âge que moi et un merveilleux sourire qui me fait chaud au cœur.

- Pourquoi tu dis que je suis laid ? J’ai juste pris des coups… Ca va s’en aller. Et qui voudrait me démolir encore plus le portrait ? On tabasse pas un homme déjà à terre. Encore un truc qui, je suis absolument certaine, remonte dans tes années de jeunesse. T’as été jeune un jour ?

Indéniablement, les huit siècles ne passent pas. Plus j’y pense, plus j’ai de questions qui s’entassent dans ma tête. Et l’autre, essaye de noyer le poisson, en me disant que je suis fatigué. Il n’a pas tord, je suis au bout du rouleau mais mon esprit, lui, il est pas réellement en mode pause. C’est énorme ce que cela implique.

Je tente de prendre une mine évoquant la déception.

- Toi, t’as pas de limousine ? Franchement, tu me déçois grave là. Mais Tesla, ça en jette aussi. Ce sont de véritables saloperies à la réparation, mais j’avoue qu’elles me tentent bien. Dis donc, t’es à la pointe de la technologie, mon grand. En plus, si tu te mets à mon service, c’est une offre que je ne peux refuser.

Mes lèvres s’étirent légèrement, ainsi mon rêve devient réalité. Le truc qui foule cette terre depuis plus de 800 ans, va me servir de chauffeur. Je n’y crois pas, c’est complètement dingue. J’enfourne une frite froide, fait la grimace et repousse mon assiette. Il ne reste pas grand-chose mais je n’ai plus faim. Je ramasse la poche de glace qui dégouline et l’applique doucement contre mon œil.

Callé au fond du canapé, j’observe chacun de ses gestes, fasciné par la pensée que cette enveloppe est là depuis autant de temps. Et nettement moins abîmée que la mienne actuellement. Je ne suis pas médecin mais cela me semble physiologiquement impossible et pourtant, il est là devant moi.

T-shirt remis et sac en bandoulière, ses yeux aux couleurs si particulières, se posent sur moi. Son regard se brouille et il semble perdre pied. C’est le poids des années qui lui retombe dessus ?

- Ça va, Vieux ?

Abandonnant la glace sur le canapé, je me lève instinctivement, prêt à soutenir le vieillard, oubliant mes propres maux. Mon horizon chavire, je titube et trouve l’accoudoir qui stabilise le tangage sous mes pieds.

- On forme une magnifique paire ! T’es sûr que ça va aller ? T’es en mesure de conduire ? Je peux prendre un taxi même si tu m’as vendu du rêve avec ta Tesla.

Je n’en crois pas mes oreilles de ce que je viens de dire. Je m’inquiète pour un vampire qui, en début de soirée, m’a presque envoyé à la mort ? C’est lui qui devrait être aux petits soins pour moi ! Et pas le contraire. Je soupire profondément, m’arrachant une nouvelle grimace et délaisse mon appui. Un dernier regard vers le sofa, afin de vérifier si je n’ai rien oublié et je le suis à travers un labyrinthe complexe. Le chemin me semble interminable et chaque pas me coûte terriblement. Une dernière volée de marches nous fait face, la pente à l’air d’être terriblement abrupte. Une à une, je grimpe l’escalier, devant m’arrête à de nombreuses reprises, m’accrochant comme le dernier saoulard à la rampe. La volonté d’y parvenir seul me motive, sachant que demain, je le paierai.

- Et tu sais, je me fous tellement de ce que les gens pensent. Quoi qu’il en soit, la vieille Jacqueline sera là, derrière sa porte, l’œil collé à son judas. Et la prochaine fois que je la croiserai, elle me posera des questions auxquelles, comme d’habitude, je ne répondrai pas.

L’air frais de la nuit me fait tellement de bien. Adossé au mur, à côté de la porte, je ne me sens plus la force de faire un pas supplémentaire. Je n’ai qu’une envie, c’est de me laisser dégouliner le long de cette paroi, de me rouler en boule et de dormir.

- Mec, elle est loin ta caisse ?
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Lun 26 Avr - 17:05 (#)



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Le vampire se désintéresse ostensiblement de l’humain abîmé en face de lui. Il ignore ses questions, l’abandonne à ses élucubrations et ses questions. Non, il ne se présentera pas. Oui, il est laid avec son œil enflé, son teint jaunâtre et ses bandages. Oui, il a déjà été jeune. Oui, il a une limousine !

- « C’est bon, ça va ! Tu veux rentrer chez toi ou pas ?! - demande-t-il avec humeur, ses yeux bleus dardant un regard mauvais vers Ethan. Ah ça, c’est qu’il commence à le préférer mort de fatigue, celui-ci ! Il a la langue trop bien pendue, ça doit sûrement lui jouer des tours.

L’humain se relève péniblement après un long soupir, tirant son postérieur de son sofa pour avancer clopin-clopan vers lui. Nicola le regarde avec un rien de dédain. Il devrait d’abord s’inquiéter pour lui, avant de lui faire remarquer sa faiblesse momentanée. L’antiquité ne fait pas un geste pour l’aider. Néanmoins, il ralentit volontairement la cadence de ses pas. Non pas par sympathie, juste pour un aspect purement pratique : s’il le perd dans les couloirs, le ramener chez lui prendra encore un peu plus de temps. Il est déjà quatre heures du matin. Lui aussi a envie de rentrer se coucher.

Ethan monte lentement mais sûrement les escaliers, sans se plaindre, mais toujours en parlant.

- « Jacqueline, je l’emmerde… » - marmonne-t-il dans sa barbe en rongeant son frein. S’il pouvait accélérer un tout petit la cadence, au lieu de perdre son souffle en paroles inutiles ? En fait, il aurait dû demander à un de ses gars de le raccompagner. Il a autre chose à faire que de servir de chauffeur à un humain mal en point.

Et pourtant, lorsque l’autre se laisse aller contre un mur, Nicola le retient par le bras, soutenant sans mal son poids. De meilleure humeur maintenant qu’il peut sentir l’air frais sur sa peau, il ne lui fait pas de remarque sarcastique. Du doigt, il indique la position de sa voiture.

- « Elle est juste là, espèce de borgne. - sans avertissement, il réassure sa prise sur son bras et l’emmène vers le véhicule rutilant. D’une main, il ouvre une portière arrière et fourre sur la banquette son pesant chargement. - Tu vomis, tu ne te réveilles pas. - l’avertit-il avec sérieux, le regard dur. Hors de question qu’il nettoie derrière un humain. - Dai, andiamo. »

Sans attendre de réponse ou de promesse, Nicola part s’installer sur le siège conducteur. Il pose avec délicatesse ses mains autour du volant, prenant le temps de s’imprégner de la sensation de bien-être. L’odeur du cuir l’apaise. On est loin de l’odeur d’un cuir usé par le temps et l’usage, certes. Pour autant, ça reste une de ses odeurs favorites.

Sans se tourner vers l’homme, il lui demande son adresse et la répète au GPS. Il sourit face à la prononciation à l’italienne, puis démarre.

Les rues sont désertes, évidemment. Plus il avance, plus il constate que l’environnement se dégrade. Il hausse un sourcil, intrigué. Ce n’est vraiment pas glorieux ici… Si c’est ici qu’il vit, la récompense pécuniaire qu’il vient de gagner va être grandement utile pour améliorer un temps son quotidien. Le vampire grimace en promenant son regard sur l’environnement qu’il traverse. Tout est gris, métallique, abîmé… Des arbres tentent de pousser tant bien que mal. Il salue leur effort.  L’univers gris des zones urbaines est terriblement ennuyant. Nicola n’aime pas du tout.

Derrière lui, son passager est surprenamment calme. Il lui jette un coup d’œil via le rétroviseur. Il a vraiment une sale tête, il devrait se dépêcher de retrouver son lit. Son GPS remplit fidèlement son rôle de guide, les amenant sans encombre devant un grand rideau de fer qui ne paie pas de mine. C’est un garage, lui apprend l’enseigne qui illumine tant bien que mal la nuit. Nouvelle grimace de la part de l’Italien. Décidément, il n’est pas impressionné.

- « On est arrivé. - traduit-il après que le GPS l’ai annoncé fièrement en italien. Il se tort la colonne vertébrale pour se tourner vers son débiteur et lui faire signe de sortir. - Bonne soirée, Ethan. Et si jamais tu repasses par le club… Demande Nicola. On t’emmènera à ma table. »

Il observe l’humain jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière une porte, le menton posé sur son volant.

Et lorsqu’il se relève, Settimo, assis sur le siège passager, déclare d’un ton docte.

- « Eh beh, c’était pas les événements auxquels on s’attendait, pas vrai ?
- « Non…
- « Moi je l’aime bien.
- « Toi, tu es mort.
- « Et ça m’empêche de donner mon avis ?
- « Normalement oui…
- « Tu sais ce que c’est, toi, d’être normal ? »

Nicola ricane brièvement, un rictus ironique sur les lèvres. Non, il n’en a plus aucune idée, plus depuis qu’il s’est embarqué pour atteindre la Terre Sacrée.

Est-ce au tour d’Ethan, de goûter à l’extraordinaire ?


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