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Little trading Ft Thomas - Ethan

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Fear is the mind killer
Ethan Roman
Ethan Roman
Fear is the mind killer
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En un mot : Humain
Facultés : Aspirateur à emmerdes
Thème : Ohne Dich / Rammstein
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Pseudo : Ethan Roman
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Ven 26 Fév - 19:19 (#)

Tapi derrière mon rayonnage, j’observe avec attention les faits et gestes de Mistinguette qui a filé en catimini dans la réserve du magasin. L’éboulement fracassant de la jolie pyramide de conserve que j’ai provoqué volontairement, attire les malfrats qui tournent en rond sur notre dernière position. Ils sont encore hors de vue, je me fie à mon ouïe afin d’estimer leur localisation. Toute mon attention est focalisée sur la silhouette de la Nénette qui remue devant l’ultime porte de sortie. Qu’est-ce qu’elle fabrique ? Les indications de l’acolyte de Gus étaient pourtant bien claires, annonçant haut et fort que la porte était inutilisable. Le battant s’ouvre furtivement, laissant entrer un courant de liberté que je rejoindrai bien volontiers s’il n’y avait pas eu Maurice. Certes, ce n’est pas un ami au sens véritable du terme, mais je ne suis pas capable de laisser un être humain se faire descendre sans rien tenter. Evidemment, s’il s’était agi d’un macchabée ambulant… Il est déjà mort, donc un peu plus ou un peu moins… je vois pas bien la différence. Le proprio de la boutique, lui, il est bien humain et en plus c’est le plus gentil commerçant que je connaisse. Toujours un mot agréable pour ses clients, une friandise pour les mômes et surtout il est super serviable. D’après ce que j’ai pu entendre, il fait un peu de trafic d’herbette ou autres objets pour les sorciers. Tiens, voilà encore un truc qui m’échappe complètement. Il paraît que c’est une science et que cela demande de longues et fastidieuses années d’études. Il me semble pas que ma grand-mère ait jamais posé ses fesses sur un banc d’école. C’est à peine si elle savait écrire, par contre, les lignes de la main et autres bizarreries ne lui ont jamais posé problème. Au dire de Vasile, ma petite sœur Ana suivrait les pas de notre grand-mère. Dieu qu’ils me manquent tous.

Je soupire profondément, ce n’est ni le lieu, ni l’heure de penser à ce genre de chose et encore moins de s’apitoyer sur mon sort qui, en fin de compte, n’est pas si mauvais. Mon regard se tourne vers l’autre salope qui me fait un magistral doigt d’honneur et se met à brailler comme une dératée, indiquant clairement ma position, avant de s’évanouir dans la nuit, n’oubliant surtout pas de refermer la porte dans un grand claquement. « Fais moi confiance »... Ses mots résonnent encore dans le creux de mon oreille. Un sourire amer ourle mes lèvres, je m’en souviendrai de celle-là. Je suis déjà plus que réticent sur le mot « confiance », là, par contre, c’est mort ! Humaine certes, mais agissant plus perfidement que certains monstres qui ont fait irruption dans nos vies. En fait, je ne peux même pas la blâmer, elle est simplement le reflet de notre civilisation actuelle, penser d’abord à son propre cul, à sa survie. Les autres… on s’en fiche. Est-ce moi qui suis trop naïf ? Je me soucie de Maurice alors que je ne le connais à peine. J’ai mis Mama Lucienne en sécurité, j’aurais pu, à ce moment-là, me casser aussi, mais je suis revenu. J’suis vraiment trop con.

Les pas se rapprochent, j’ai pas d’échappatoire, va falloir trouver un subterfuge et très vite. Mon regard fait rapidement un tour d’horizon, cherchant désespérément une idée. Des produits d’entretien sont impeccablement alignés sur les rayonnages amenant de l’espoir dans mon esprit. Me fichant dorénavant éperdument de la discrétion, je lance les bocaux de cornichons à terre, à différentes distances, répandant au maximum le vinaigre. Les cucurbitacées se mêlent aux éclats de verre, roulant un peu dans toutes les directions. Les assaillants remontent allée, ils ne sont plus qu’à quelques mètres. Je me redresse en vitesse et attrape une bouteille de javel. Le bouchon résiste, m’arrachant un juron. Saloperie de sécurité ! Enfin les rainures s’accordent, libérant l’odeur forte du produit. D’un geste large, j’arrose la flaque de vinaigre de javel tout en retenant ma respiration. Je recule le plus vite possible et détale dans l’allée menant à la caisse. J’entends les deux gaillards tousser et hurler. Le mélange vinaigre – javel a libéré un gaz chloré, faisant suffoquer ces connards. Avec un peu de chance, ils n’y voient même plus rien, ce cocktail est tellement puissant que même moi, j’ai les yeux qui pleurent.

Je croise Gus qui est toujours au sol, toujours autant dans le coltard. Sa main, sur laquelle, l’autre dingo, s’est acharnée, a pris une couleur violette, assez surprenante. Je n’en reviens toujours pas de cette déferlante de violence de la part de cette gonzesse. Je cours vers l’avant du magasin, bouteille toujours à la main et débouche, comme un boulet de canon, dans l'entrée, me retrouvant nez à nez avec le quatrième assaillant qui monte la garde près de la porte. Il n’a pas le temps de lever la batte de baseball que j’asperge son visage de javel. Il s’effondre dans un grand cri, ses deux mains posées sur ses yeux. Maurice se redresse en grimaçant, s’accrochant avec vigueur à son comptoir.

- Ethan… Comment ?
- Je t’expliquerai, mais il faut sortir rapidement d’ici… Et désolé pour le bordel à l’arrière de la boutique.

Je contourne la console centrale, empoigne Maurice et nous nous dirigeons vers la porte. A travers les vitres, j’aperçois les feux tricolores qui s’approchent en zébrant la noirceur de la nuit, déformant les traits de mon visage.

- Maurice, je… les flics. T’as pas une autre sortie ? J’ai pas envie…
- A l’arrière
- Non, elle est cassée et les autres y sont

Il farfouille dans sa poche avant et me tend une petite clef.

- Derrière ce rayon, tire-le, tu comprendras. Mais n’oublies pas de tout refermer, s’il te plaît. Sur ta droite, y’a une porte, ça donne sur l’arrière. File, je dirais que tu es parti par la réserve. Quant à la clef, cache-la derrière la gouttière, là où tu gares toujours ta moto.

Comme l’autre connasse… Je lui tends un sourire reconnaissant, pas besoin de grands discours. Ici, à Mansfield, les silences sont bien plus éloquents que de longues phrases explicatives. Vingt dollars sont déposés à côté de la caisse, je ramasse mon panier contenant mes achats et me faufile derrière le passage secret que je prends soin de bien refermer derrière moi. Comme indiqué, je trouve rapidement la porte qui me mène à l’air libre.

Adossé au battant, j’inspire profondément l'air frais nocturne en frottant mes yeux à l’aide de mes paumes. Je dois avoir l’air d’un fumeur de crack en pleine descente. Toussant encore un peu, je remonte ma capuche, ramasse mes victuailles et jette un coup d’œil aux alentours afin de m’orienter correctement. La voie principale se trouve à gauche, les gyrophares illuminent alternativement ma minuscule ruelle. Une silhouette s’y tient, droite comme un i mais je suis incapable de savoir si elle me tourne le dos ou pas. Laissant le tumulte là où il est, je prends la direction opposée et contourne le bâtiment afin de retrouver ma bécane qui m’attend sagement, là où je l’avais laissée. Suivant les instructions de Maurice, je dissimule la petite clef derrière le tuyau en plastique. Des talons claquent sur le bitume, ravivant les battements de mon cœur. Putain, mais on peut pas juste me foutre la paix ? Je crois que j’ai assez donné ce soir !

Je fourre rapidement mes achats dans les sacoches accrochées à ma moto, prends place sur la selle, farfouille dans mes poches pour récupérer les clefs et les fait tomber. Dans un grand soupire, je laisse ma tête rouler en arrière, me permettant d’admirer, durant quelques brèves secondes, le ciel piquetés d’étoiles.

- J’suis maudit… Soirée de merde !

Redressant ma tête, je vois le propriétaire des pas se camper devant la roue avant de ma bécane. La cerise sur le gâteau… S’il me fait chier, je l’envoie dans le décor.

- Ecoute mec, j’ai eu un début de soirée assez mouvementé. J’ai pas de fric sur moi si c’est ce que tu veux. Alors, sois mignon et dégage.
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Dim 14 Mar - 18:41 (#)


Little Trading

« Pas moyen de prendre une foutue pause aujourd’hui, c’est quoi le problème de tout le monde ? »
Sara ne lui répondit pas, mais Thomas sentit le sourire qui s’étirait sur les lèvres de sa coéquipière du jour. Thomas râlait peu, était généralement d’humeur assez égale, calme, « chill » même comme disaient certains de ses collègues. Alors quand il poussait un coup de gueule, ça avait deux réactions opposées : soit ça faisait peur, soit ça faisait rire. Sara connaissait suffisamment son collègue pour que ça la fasse rire. Elle avait aussi vu la tête dépitée lorsque Thomas avait ouvert avec plaisir son snack et que la radio avait craché avant de demander une intervention dans une supérette, et que le policier s’était rendu compte que Sara et lui étaient les plus proches. Son professionnalisme prenant le pas sur son appétit, Thomas s’était donc résigné à répondre à l’appel, comme deux collègues qui devaient être tout aussi ravis d’intervenir dans une journée qui n’avait laissé de répit à personne à Shreveport. Il y en avait des comme ça, des journées de merde. S’étaient enchainés les appels pour violences conjugales, vols à l’arrachée, accidents de la route, et un appel paniqué d’une dame qui accusait son voisin d’un rituel de sacrifice satanique qui s’était avéré être un barbecue un peu trop enjoué.

La police de Shreveport qui arriva sur les lieux de l’appel n’était donc pas spécialement d’humeur patiente ni bienveillante. Et ils trouvèrent une scène assez peu habituelle : des hommes de main bien connus de leurs services étaient accroupis au sol en train d’essayer de respirer correctement. Le propriétaire des lieux était dans un état de choc, mais fort heureusement bien en vie. Thomas connaissait bien Maurice, un homme bien, toujours prêt à faire un geste pour ses clients fidèles dont le chèque de paie avait quelques jours de retard ou qui se retrouvaient dans la merde. Il était donc soulagé de voir que Maurice allait bien. Il savait aussi que la boutique avait une porte arrière qui donnait dans la ruelle. Laissant ses collègues s’occuper de la scène de crime, Thomas s’engagea donc dans ladite ruelle ; peut-être aurait-il l’occasion de choper un ou deux hommes de main plus malins que ceux qui étaient restés à l’intérieur.

Un bruit fit s’arrêter Thomas, qui tendit l’oreille. Quelqu’un avait fermé une porte, mais pas celle de derrière. Il se tint là, à l’affût, et au bout de quelques secondes aperçut une silhouette. Il sourit doucement. Qu’est-ce que tu faisais là, toi ? Pas vraiment la carrure d’un homme de main, mais si cette personne ne venait pas de chez Maurice, c’était une sacrée coïncidence. Et elles étaient rares, celles-là. Thomas se lança donc, calmement, sur les pas de la silhouette inconnue. Il n’était pas du genre à hurler « POLICE » en se jetant dans une course-poursuite. On voyait ça à la télé, parce que les courses-poursuites ça avait de la gueule pour les téléspectateurs. Dans la vraie vie, les criminels avaient un sacré entrainement physique et étaient tout à fait capables de semer les policiers.

Heureusement pour Thomas, l’inconnu n’avait pas l’air spécialement pressé de s’enfuir. Peut-être se pensait-il hors de cause, peut-être savait-il qu’il ne servait à rien de s’enfuir, peut-être n’avait-il pas remarqué que l’homme qui s’était engagé à sa suite dans la ruelle était un flic. Il faut dire que sans l’uniforme, Thomas était juste un mec comme un autre. Le policier le trouva donc sur une bien belle moto, le contact pas encore allumé, en train d’observer le ciel étoilé. Lorsque l’inconnu le repéra, il ne sembla pas ravi.

« Ecoute mec, j’ai eu un début de soirée assez mouvementé. J’ai pas de fric sur moi si c’est ce que tu veux. Alors, sois mignon et dégage. »
Thomas laissa échapper un petit rire. Il y avait droit souvent à celle-là. Un grand noir qui trainait les rues la nuit, on pensait plus facilement à un membre de gang qu’à un flic. Ca l’avait irrité au début ; le racisme, même inconscient, imprégnait tout le monde peu importait la ville. Mais il s’y était habitué. Il s’approcha donc un peu plus et posa une main sur le guidon, sortant son badge de l’autre.
« Inspecteur Ward, police de Shreveport. »
Il dévisagea l’inconnu qui lui apparaissait désormais plus clairement. Il lui était inconnu. Les yeux rouges, comme s’il s’était drogué il y a peu ; mais Thomas avait une autre hypothèse.
« Vous avez eu droit au même traitement que les gorilles chez Maurice ? Ou vous êtes à l’origine de leur état ? Et avant que vous ne répondiez, je préfère vous prévenir : on peut en parler tranquillement ici, et je vous laisse partir ensuite ; ou vous pouvez venir avec moi jusqu’au poste, montrer de nouveau votre têtes aux deux gorilles remontés qui sont encore dans la boutique, et être officiellement un témoin dans une affaire en cours. A vous de voir. »

Vu l’empressement de l’homme à partir de la scène, il ne sera a priori pas très enthousiaste à l’idée d’y retourner et d’y être mêlé. Surtout que les deux hommes de main qu’il avait attaqués n’étaient pas n’importe qui. Leurs noms apparaissaient dans plusieurs dossiers en cours ou classés, sans qu’ils n’aient jamais pu être suffisamment mêlés à quelque chose pour les arrêter. Thomas espérait donc qu’il fasse le choix raisonnable, et qu’il n’aurait pas à arrêter encore quelqu’un aujourd’hui ; il avait déjà explosé son quota, et il avait juste envie de retourner à son snack.

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Dim 21 Mar - 15:58 (#)

Les yeux me piquent, c’est terrifiant ce que ce mélange peut provoquer mais au moins toute cette histoire est derrière moi. Dans moins de vingt minutes, je serai chez moi à engloutir mon poy boy, vautré sur mon canapé. Enfin ça, dès que je me serai débarrassé du gaillard qui a décidé de me faire chier sévère. Non seulement, il dégage pas mais il ose poser sa sale paluche sur le guidon de ma Lady.

- Omule… Vă rog ! (*) Retire tes pattes de ma bécane !

Comme si ma soirée n’était pas déjà suffisamment compliquée, nonchalamment il me sort sa plaque de flic et me l’agite sous le nez, suivi d’un joli petit discours extrêmement clair. Je laisse ma tête tomber en avant, mon menton rencontrant mon torse. Après un long soupire, je relève mon regard embué et lui tend un sourire forcé. C’est pas que j’ai un problème avec les flics ou les autorités, c’est juste que mes papiers sont faux, autant la green card que ma carte d’identité. Je ne me suis jamais lancé dans la procédure compliquée pour l’obtention de ces fameux documents. C’est une erreur, je l’admets volontiers mais les trucs administratifs, c’est vraiment pas mon fort. Les rares fois où j’ai voulu faire les choses correctement, il manquait toujours un papier totalement hors de portée. Alors oui, j’avais payé une somme non négligeable pour le fameux sésame, le gars qui me les avait vendus m’avait certifié qu’à l’heure actuelle, ils trompaient n’importe quel scan. J’étais tranquille pendant quelques années. Sauf que voilà, les fameuses années avaient passé et que je n’étais plus tout à fait à la pointe de la technologie. Quand il s’agissait d’un contrôle de routine, ça passait crème mais de là à me pointer au poste avec le gus qui se tenait en face de moi afin d’identifier les autres connards, je la sentais plutôt moyen. Pire, si c’était moi qui me retrouvais derrière la vitre avec prise d’empreintes et tout le tsoin-tsoin, pas sûr que ça passe.

Mon cerveau se met en marche à toute vitesse, cherchant déjà une histoire improbable à servir au bonhomme. Sauf que mes sacoches regorgent de produits venant directement de chez Maurice, que mes yeux sont encore larmoyants et que je dois puer la javel à des kilomètres. Ca va être compliqué de faire avaler des salades à ce mec-là qui doit avoir plus que l’habitude de se faire servir toutes sortes de contes plus loufoques les uns que les autres.

Dans un grand soupire, je passe ma jambe par-dessus le réservoir d’essence, ramasse mes clefs que je range dans la poche avant de mon jeans et recule de deux pas. Emprunté et toujours pas décidé sur la version que je vais lui délivrer, je me gratte la nuque après avoir rabattu ma capuche et rassemble ma tignasse en une queue de cheval sans, toutefois, l’attacher.

Vu qu’on va rester ici encore un moment, je vais sortir mon casse-dalle sinon il sera froid et immangeable. Connaissant la nervosité légendaire des flics américains, je le préviens d’avance et effectue chaque geste avec une extrême lenteur.

- Je ne suis pas armé, il n’y pas d’armes dans mes sacs, je relève mon pull et effectue un tour sur moi-même, lui prouvant mes dire. Dès que je suis à nouveau face lui, je remets mes vêtements en place. C’est pas qu’il fasse particulièrement froid, j’ai connu largement pire, mais y’a une petite brise qui traîne qui te rappelle qu’on est plus en été. Je vais sortir mon sandwich et le manger en même temps que je te raconte ce qui s’est réellement passé.

A l’aide de gestes extrêmement lents, j’ouvre la sacoche et tiens le rabat largement ouvert afin qu’il puisse vérifier par lui-même. Je laisse filer quelques secondes, lui laissant suffisamment de temps, s’il le souhaite pour s’avancer. Puis, avec délicatesse, je sors mon poy boy avec un grand sourire. Je l’aurai bien mérité celui-là ! M’adossant à la selle de la bécane, je mors à pleines dents dans mon fameux sandwich. De la sauce dégouline sur mes doigts tandis que les saveurs explosent dans ma bouche. Dieu que c’est bon ! La gastronomie américaine n’est vraiment pas fameuse mais ils ont deux – trois petits trucs qui valent quand même le déplacement.

- Alors, je machouille, cherchant mes mots et surtout le début de mon récit. Après une lente déglutition et avant la prochaine bouchée, je darde mon regard bleuté, auréolée de rouge, sur celui, aussi sombre que la nuit, du policier. Ben j’suis venu faire mes courses chez Maurice, comme toutes les semaines, je suspends mon monologue pour me délecter d’un nouveau morceau et m’en mettre plein la bouche. Une fois avalée, je lèche mes doigts, fais la grimace et me sers plutôt de la serviette pour me débarrasser du jus gras qui macule mes mains. C’est pas très bon la javel… D’ailleurs, tu connais Maurice et sa mère, Mama Lucienne ?

Ravi de ma question, j’en profite pour finir mon encas en me penchant en avant, histoire de ne pas m’en mettre de partout. La barquette est soigneusement repliée et rangée dans un sac en plastique dans la sacoche, j’voudrais pas qu’il me colle, en plus, une prime pour pollution. Ça serait le clou de la soirée. Vu que j’ai le nez dans mes courses, j’en ressors deux canettes de bière. Bon prince, je pense à en prendre une pour l’inspecteur… comment qu’il a dit déjà qu’il s’appelait ? Son nom sonne comme un monstre du Seigneur des Anneaux, bon je vais tenter ça et on verra bien.

- Tiens tu veux, Warg, offert par la maison, c’est de bon cœur.

Sans penser à mal et en toute sincérité, je la lui tends et décapsule la mienne afin d’en boire une bonne lampée. Un rot mal contrôlé s’échappe de mon estomac bien rempli. Je ne m’excuse pas, avec la bière, rien de plus naturel.

- Bon alors Maurice et Lucienne, des gens vraiment adorables. Tu sais qu’ils font souvent crédit à ceux qui n’arrivent pas à payer la totalité de leurs achats. Ils sont vraiment formidables, mais j’ai peur que cette gentillesse ne leur joue un tour. Y’a qu’à voir ce soir… Ah au fait, je m’appelle Ethan.

Je lui tends une main bien graisseuse accompagnée d’un franc sourire.




(*) Traduction : Omule… Vă rog ! = Mec, s’il te plaît
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