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Hello, stranger • Heidi

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Mar 9 Mar - 13:56 (#)

Hello, stranger
heidi ft. ozios



           22h37.

La rue n’était éclairée que de quelques lampadaires, cette nuit-là. C’était comme ça, une fois tous les dix jours; une nouvelle politique d’économie d’énergie, si l’on en croyait les affiches placardées aux quatre coins du quartier. Cette nouvelle habitude donnait des airs lugubres à Western Hill. Si tant est que l’on osait s’aventurer dans ses ruelles une fois le jour tombé. Ce qui ne semblait pas être très fréquent, vu le peu de personnes qu’Ozios avait vu passer au coin de la rue.

Capuche rabattue sur la tête, il était sorti de son atelier pour la première fois en plusieurs jours. Il se tordait les méninges sans arrêt, ne dormait plus et mangeait à peine, pris du pire fléau pouvant exister chez un artiste: la panne d’inspiration. Et si Ozios avait tenté de se convaincre que cela n’était dû qu’à une petite déprime printanière, il avait été forcé de se rendre à l’évidence: l’attente le rongeait. Cela faisait plusieurs semaines maintenant qu’il n’avait reçu aucune directive de la part de son tortionnaire, et cela le rongeait de l’intérieur. Les images de cette petite fille allongée paisiblement dans son lit l’empêchaient de dormir ou même de réfléchir correctement. Chaque traînée de peinture qu’il avait déposé sur sa toile ne faisait que lui rappeler son visage innocent, qui ne verrait plus le jour. Ses journées étaient ainsi partagées en deux phases. D’abord, le danois faisait de son mieux pour se rassurer. Il se disait qu’il n’avait pas le choix, de toute manière; c’était eux ou lui. Il n’avais pas le luxe de choisir ses victimes. Il n’avait pas le luxe de choisir quoi que ce soit de sa vie, à vrai dire. Puis venait la tombée de la nuit, et c’était alors que la vérité le rattrapait, et qu’il se détestait d’autant plus d’essayer de se rendre innocent de ses crimes. Le mal qui le rongeait depuis sa plus tendre enfance refaisait surface, et forcé de se rendre à l’évidence, Ozios se laissait aspirer par les démons de sa culpabilité.

Mais pas ce soir. Ce soir, il avait décidé d’échapper à son destin, et lorsque seulement la moitié des lampadaires s’étaient éclairés, il était sorti de chez lui, un sac noir aux mains. Il n’avait pas mis longtemps à trouver le mur sur lequel il avait compté se défouler. Alors, Ozios avait posé son sac à terre, sorti une bombe de peinture, et commencé sa thérapie. Ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait; cette habitude avait pointé le bout de son nez il y avait quelques semaines, alors qu’il venait tout juste de s’installer à Shreveport. Sûrement un moyen de pouvoir afficher sa nature aux yeux de tous sans encourir les répercussions d’une telle révélation. Les murs qu’il taguait se teintaient souvent de couleurs sombres, de formes effrayantes. Ce qu’il n’osait mettre sur ses toiles se retrouvaient aux yeux de tous, sans que personne n’en connaissance la provenance.

Une boucle s’était échappée de sa capuche et était venue chatouiller son front. D’un revers de main, il l’essuya, dégageant son regard pour se concentrer sur sa tâche.

- Putain, - maugréa-t-il en se rendant compte que la main qu’il venait d’utiliser était recouverte de peinture.

Alors qu’il s’appliquait à décorer ce mur de son art, Ozios laissa la noirceur ambiante s’accrocher à ses entrailles. Les lieux étaient étonnamment silencieux; il ne semblait pouvoir entendre que les lourds battements de son coeur, résonnant comme les échos d’un cri poussé au sommet d’une falaise.

C’est sans doute pour cette raison qu’Ozios ne l’entendit pas tout de suite.

Il était au moins appliqué à la tâche, il aurait été impossible de lui reprocher le contraire. Ses bras se démenaient pour donner vie à cet immense mur de briques dénué d’âme, tournoyant comme un essaim d’abeilles.

Quand il entendit les claquements d’une paire de pieds sur le pavé, il s’immobilisa soudainement.

- Putain, - répéta-t-il, dans sa tête cette fois-ci. - Putain, putain, putain.

Ozios n’était pas vraiment effrayé des représailles qui pourraient s’abattre sur lui si quelqu’un le surprenait en plein délit; il n’y avait pas même réfléchi. Mais le danois n’avait aucune envie d’entrer dans le système judiciaire américain. Donner une raison aux forces de police de s’attarder sur son existence n’était pas dans ses plans, surtout lorsqu’il lui restait encore du pain sur la planche.

Une poignée de secondes s’était écoulée. Finalement, lentement, Ozios se retourna, et se retrouva en face d’une jeune femme. Elle était jeune, d’après ce que lui permettait de voir le peu de luminosité parvenant jusqu’à lui. Capuche sur la tête, il n’essaya pas de dissimuler la bombe de peinture qu’il tenait encore dans sa main droite. Il ne lui ferait pas l’affront de la prendre pour une idiote.

- Bonsoir, - se contenta-t-il de dire en soutenant son regard.


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Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
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≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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Mar 9 Mar - 22:18 (#)
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Western Hill, une nuit d'Automne
ft. Ozios Wølk



L
a soirée n’est qu’à peine entamée et pourtant, tu n’arrives pas à tenir en place. Tu as pris l’habitude de toujours avoir quelque chose à faire une fois la nuit tombée. Concerts, dons de sang, excursions en quête d’ivresse… rares sont les soirs où tu ne sais pas quoi faire une fois la ville plongée dans le noir. Ta vie a réussi à s’adapter à une certaine forme d’ordre, suivant une routine certes particulièrement insouciante mais néanmoins stable. N’est-ce pas ce que tu n’as eu de cesse de rechercher toutes ces années, de la stabilité ?
De sabotages délibérés de ta propre existence en forfaits autodestructeurs, n’était-ce point l’objet du moindre de tes désirs ? Ne devrais-tu pas être heureuse de constater que tu touches enfin ton but du bout des doigts ? Il est si proche que tu pourrais presque goûter au fruit de toutes tes convoitises. Hélas, le parfum qui s’en dégage est âpre et chargé de l’essence de regrets que tu n’as même pas encore.

Cette vie ne te convient-elle pas ? Artiste mineure aux ambitions bien trop larges que ta fierté ne saurait te refuser, pomme de sang toujours plus désireuse de te rapprocher de ceux que tu nourris, amie incapable de te délivrer du poids de tes secrets. Tu es prisonnière de geôles que tu as toi-même bâties ; enfermée indéfiniment entre les murs d’une banalité que tu jalouses et exècres à la fois. Dans ce royaume despotique de l’entre-deux, tu rêves d’être en mesure, un jour, d’apprécier ta condition et de te satisfaire du train-train de tes méfaits quotidiens et de son manque ô combien cruel d’extravagance. Un rêve bien triste et si ambivalent ; c’est celui de l’incapable qui sommeille au fond de toi. Il est le rêve de celle qui est persuadée qu’il lui sera moins douloureux de se soumettre à la banalité plutôt que d’espérer vainement qu’un jour son amnistie viendra. Sauf que cette incapable, c’est toi. La même qui fait des pieds et des mains pour se faire haïr du reste du monde réel avec la frêle conviction, mensongère et tu le sais, qu’un monde en colère est un monde auquel tu seras moins étrangère.

Fuir, tu n’as que cette idée en tête. Fuir loin des tourments futiles et nombrilistes dont tu es la proie ; fuir jusqu’à trouver de quoi distraire ton esprit dérangé. Sans en toucher le moindre mot à ta colocataire, tu t’es échappée de votre appartement, symbole grandeur nature de ta déroute. Parée d’une veste à peine assez chaude pour supporter la rudesse des nuits d’automne qui commencent à s’allonger, tu t’engouffres dans les rues mal éclairées du quartier. De longues allées de portes inconnues que tu parcours, furieuse sans aucune raison, bifurquant occasionnellement lorsque l’éclairage se fait trop épars. Secondes, minutes, heures… difficile de savoir depuis combien de temps tu déambules. La patience, de toutes les vertus, doit être celle qui te boude le plus. Tu es curieuse de connaître l’heure, mais pour légitimer cette colère tournée vers personne et le monde entier à la fois, tu te refuses de regarder l’écran de ton téléphone. C’est puéril, tu le sais mieux que quiconque, mais si tu n’entretiens pas la rage qui te pousse à avancer tous les jours, qui le fera à ta place ?

Le moment arrive où tes oreilles captent un son familier, un écho réveillant quelques souvenirs bien enfouis de ton passé d’enfant terrible. Une bombe de peinture accomplissant son formidable ouvrage de dégradation : en voilà, un timbre qui te rempli d’une nostalgie malsaine. Il ne t’en faut pas plus pour te rapprocher de l’origine du bruit. Tu n’avais pas spécialement pris la précaution de te faire discrète mais visiblement, tu es un peu plus féline que ce que tu aurais pu le penser. Il ne te remarque pas, ce qui te laisse le temps d’observer un instant la genèse de sa fresque illégale. Une œuvre étrange, presque bavarde ; presque résonnante.
Enfin, maintenant que tu es là, quelques pas dans son dos, faisant face à ce mur guère plus joyeux même peinturluré, autant t’amuser un peu. Restant à ta place, dans la pénombre entre deux flaques de lumière jaunâtre des réverbères, tu fais claquer tes semelles pour qu’il te remarque. Ça marche, il s’arrête de s’agiter dans tous les sens comme un enfant hyperactif, et se retourne lentement vers toi. Sa mine déconfite et le temps qu’il met à te saluer ne te font que plus jubiler en anticipation de la petite douceur mesquine que tu t’apprêtes à déguster.

« Une seconde. »

Tu dégaines calmement ton téléphone de ta poche arrière et le déverrouille sans même regarder l’heure. L’instant d’après, une lumière vive envahi la rue pour une fraction de seconde, laissant sur ton visage un sourire satisfait et éminemment narquois.

« On va sauter les politesses d’usage si tu veux bien. Qu’est-ce que tu es prêt à me donner pour que je n’appelle pas la police ? »

Le jeu d’ombres sur ton visage dessine clairement un rictus malicieux et parfaitement accordé au ton de ta voix, faussement innocent et irrésistiblement agaçant. La photo que tu viens de prendre est floue, et on n’y voit absolument rien si ce n’est des tâches de couleurs impressionnistes, mais ça n’a pas d’importance. Tu bluffes, tu n’appelleras pas la police, tu n’as jamais eu l’intention de le faire. Enfin, à part s’il avait décidé de peindre une connerie anti-vampires, mais ça n’a pas l’air d’être le cas. Tout ce que tu veux, c’est trouver un peu de contrôle et te rassurer, te dire que tu es capable d’avoir quelques instants l’ascendant sur un autre être humain.


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Lun 22 Mar - 14:43 (#)

Hello, stranger
heidi ft. ozios



      Ozios n’eut pas vraiment le temps de réagir. A peine deux secondes passées en présence de cette inconnue, et un flash l’éblouit, au point qu’il dut fermer les yeux quelques secondes, levant son bras pour protéger son regard.

« On va sauter les politesses d’usage si tu veux bien. Qu’est-ce que tu es prêt à me donner pour que je n’appelle pas la police ? »

Il resta dans cette position, longuement. La rue semblait toujours aussi déserte, et le calme avait reprit ses droits sur la situation. Si ce n’était pour cette foutue lumière qui était en train de lui bousiller la vision. Finalement, il abaissa son bras, les paupières plissées pour tenter d’y voir quelque chose.

Elle se tenait à quelques mètres de lui, un sourire étrangement diabolique collé au visage, comme si elle avait découvert un trésor; comme si elle était seule détentrice d’un secret qu’elle pouvait révéler à tout moment. Les secondes passèrent, dans ce silence assourdissant, et Ozios parvint enfin à voir de manière décente. Elle était grande, et blonde; son visage était somme toute très agréable à regarder, si ce n’était pour ce regard qu’elle lui lançait. Le problème n’étaient pas ses yeux en particulier, qui paraissaient d’un vert éblouissant, même si le danois n’était pas assez proche pour en discerner la véritable couleur. Non, l’élément qui lui hérissa le poil et lui donna envie de s’élancer en avant pour lui arracher ses adorables pupilles était le sentiment de puissance qui habitait son regard. Elle possédait cette hauteur, cette supériorité, et elle en était parfaitement consciente. Un appel, et Ozios était foutu.

Cependant, cela était loin de l’impressionner. Il avait grandi avec la terrible habitude de se croire supérieur au monde, par le simple fait de sa nature; ce sentiment l’avait poursuivi toute sa vie et même à l’heure actuelle, alors qu’Ozios haïssait la personne qu’il était devenue et qu’il se retrouvait esclave d’un mage qui le prenait pour un pantin tueur à gage, il n’avait pas peur. Encore moins d’une personne qui semblait incroyablement humaine. Il n’était pas sur le point d’utiliser son mimétisme emphatique pour vérifier la véracité de ses pensées. Cela aurait été injuste. Il fallait dire que son pouvoir marchait d’une étrange façon. Si cette personne était dotée de capacités surnaturelles, Ozios aurait été capable de les capter et de s’en accaparer l’espace d’infimes secondes. Mais, s’il avait raison et qu’elle était humaine, tout ce qu’il allait aspirer était son âme humaine. Et il n’avait pas vraiment envie de tuer quelqu’un pour se prouver quelque chose; il avait suffisamment de sang sur les mains. Le sang de toutes les âmes qu’il avait arrachées sans scrupules. Soixante, pour être exact. Non pas qu’il aimât compter. Il y était simplement obligé.

Tiré de ses pensées par un Klaxon lointain, Ozios fit soudainement un pas en avant. Ses traits se détendirent, et son visage s’orna d’un nouveau rictus, de ceux qui paraissent amusés.

- Mis à part un humour affûté et un penchant pour le whisky, je crains ne pas avoir grand chose à offrir.

Un nouveau pas en avant. Ils n’étaient plus qu’à deux mètres l’un de l’autre, et le danois se stoppa alors.

- Aller, baisse ton téléphone. A moins que tu ne veuilles me rendre aveugle pour me faire les poches. Tu risques d’être déçue, je n’ai même pas de quoi m’acheter un ticket de bus. Je suis sûr que l’on peut trouver un terrain d’entente.

Il était sûr de pouvoir la rattraper avant qu’elle ne s’enfuit, si l’idée lui prenait de se jeter sur elle. Il réussirait sans aucun doute à lui arracher le téléphone des mains, et si la situation dégénérait, à prendre le dessus. Elle avait beau paraître sure d’elle, Ozios était plus fort physiquement. Mais il ne comptait pas user de la force pour retirer cet air mutin incroyablement irritant qui était placardé sur son visage. Du moment qu’elle ne l’y forçait pas, du moins.


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Western Hill, une nuit d'Automne
ft. Ozios Wølk



T
u sais que tu fais de l’effet et que les premières impressions que tu laisses sont rarement teintées d’indifférence, du moins tu l’espères, mais là ça commence à faire long. C’est quand même pas compliqué de répondre à une question aussi simple, d’autant plus que ta menace n’était pas des plus intimidantes. Appeler la police ne va pas faire apparaître un poulet tout de bleu vêtu dans l’instant comme si ton téléphone était une lampe à huile. Bien que ton entraînement avec la brute épaisse qui te sert de compatriote commence à porter ses fruits, il serait temps au vu des hématomes toujours plus nombreux qui décorent la pâleur de ta peau, tu doutes sérieusement de pouvoir maîtriser un type pendant autant de temps. Quoique, après l’avoir jaugé du regard une seconde fois, tu te persuades du contraire.

Enfin, après de longues secondes de silence seulement troublées par les derniers râles de vie du quartier, le saltimbanque te répond. Un humour affûté ? Mouais, ça reste à prouver. Il n’en faut pas plus pour te voir une déception affligeante orner ton visage. De la part d’un petit voyou artiste autoproclamé, tu plaçais beaucoup d’espoirs dans sa répartie. Il faut croire que tu l’as surestimé, et ça n’est pas pour arranger ton humeur de la soirée, bien au contraire.
Que son alcoolisme soit le second des deux seuls traits qu’il utilise pour se définir, avec une décomplexion qui force tout de même l’admiration de la poivrote que tu étais il n’y a pas si longtemps il faut le reconnaître, te laisse perplexe un instant. Malheureusement pas assez longtemps pour t’arracher à ta contrariété. C’est éventuellement assez pour laissez ton inconscient dresser un parallèle de plus entre lui et toi mais loin d’être suffisant pour faire naître le moindre semblant d’empathie à son égard.

En attendant, empathie ou pas, il s’approche de toi et sa tête semble indiquer qu’il a compris la nature dérisoire de ton injonction. Alors, tu abaisses ton téléphone et le range dans ta poche avant d’en faire de même avec tes deux mains. De l’extérieur, tu as l’air d’une gamine à qui on vient de refuser une sucrerie, et c’est exactement comme ça que tu te sens. Sensation familière, si proche qu’elle en est toxique.

« Putain, tu crains. »

Tu siffles tes mots dans un soupir désapprobateur, bien sûr sans manquer de secouer la tête avec un dédain que tu ne prends plus la peine de camoufler depuis bien des années.

« Sans déconner, t’es pas sensé être un artiste ? T’as pas un peu plus d’imagination que ça ? »

Toujours les mains nonchalamment fourrées dans les poches de ton ample pantalon noir, tu t’éloignes du peintre pour aller t’adosser au réverbère le plus proche avec le vain espoir que sa lumière jaunâtre et artificielle arrive à faire passer le frisson qui te court dans le dos. Il faut souligner que la fraîcheur de la soirée ne joue pas non plus en la faveur de ton humeur. Tu hausses les épaules et rentre ton menton contre ton buste pour le plus laisser au moindre courant d’air malin l’opportunité de chatouiller ton cou portant peut-être encore les discrets stigmates des morsures à répétition. Alors, une question se pose : pourquoi rester ? Est-ce qu’il pourrait avoir des choses plus intéressantes à dire ? Tu pourrais aussi tenter de confirmer ton hypothèse précédente et te jeter sur lui pour lui faire une clé de bras ? Tu pourrais encore le baratiner en lui faisant croire que toi aussi tu sais peindre à la bombe et en profiter pour pourrir sa fresque ? Ça ne serait pas complètement mentir, tu as déjà utilisé une de ces bombes, à des fins peut-être un peu moins artistiques, certes, mais avec au moins la même envie de révolte.

« On t’a déjà dit que tu étais de très mauvaise compagnie ? T’es en train de peindre quoi ? »

Peut-être que ses qualités d’artiste de rue rattraperont son mensonge à propos de son humour. Dans le cas contraire, il faudra commencer à se faire à l’idée de trouver une nouvelle destination pour ton vagabondage nocturne. Tu n’as pas envie d’affronter le regard d’une personne connue pendant une crise existentielle ; sans le vouloir, ou peut-être que si au final, tu accordes à leur jugement toute l’importance que tu refuses à n’importe qui d’autre, alors un complet inconnu se doit de faire l’affaire pour servir d’antenne à ta colère ex nihilo.


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Ven 16 Avr - 17:32 (#)

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heidi ft. ozios



      Le silence qui s’était installé entre eux était de ceux qui demandaient à ne pas être brisés. Cette inconnue le toisait du regard, comme si elle le connaissait depuis des années. De loin, ces deux-là auraient pu paraître comme de vieux amis se retrouvant au coin d’une rue. La vérité était qu'Ozios n’avait pas la moindre idée de qui elle était, ni ce qu’elle voulait; tout ce dont il était sûr, c’était que sa patience commençait à s’effriter et que la volonté qu’il avait eu quelques secondes plus tôt de ne pas aspirer son énergie s’était envolée avec.

En la voyant finalement abaisser son téléphone et enlever cette affreuse lumière artificielle de son visage, Ozios se retourna, prêt à retourner à son mur. Il semblait qu’elle n’appellerait personne, en fin de compte. Tout besoin de faire quelque discussion n’était ainsi plus.

« Putain, tu crains. »

Il semblait qu’elle n’était pas du même avis que lui. Lentement, il tourna la tête par dessus son épaule pour la regarder, un sourcil haussé. Il ne savait pas ce qu’elle faisait encore ici.

« Sans déconner, t’es pas sensé être un artiste ? T’as pas un peu plus d’imagination que ça ? »

Ses yeux restèrent posés sur sa figure quelques instants de plus. Et, finalement, il se retourna, saisissant fermement sa bombe de peinture de la main droite. Elle se sentait certainement obligée de jouer le rôle qu’elle s’était attribué toute seule, comme un moyen de ne pas penser à la réalité des choses. Ozios n’en savait foutrement rien, et s’en fichait de toute façon. Peut-être avait-elle envie de parler; il n’était pas doué pour faire la discussion et n’en avait pas non plus la volonté.

Concentré sur le mur devant lui, il s’appliqua à étendre la peinture de sa bombe le plus proprement possible. La capuche rehaussée sur sa tête n’empêcha pas une mèche bouclée de tomber sur son front, obstruant son champ de vision. Il la repoussa d’un revers de bras, sourcils froncés. La présence de la blonde se faisait toujours sentir dans son dos, ce qui l’importait peu. Il était sur le point d’attraper une nouvelle couleur quand elle reprit la parole. Alors, il se redressa. Les yeux clos, il prit une grande inspiration. « Ça ne vaut pas le coup. Ça ne vaut pas le coup », se répéta-t-il en essayant vainement de ne pas se laisser submerger par ce fléau qui ne demandait qu’à prendre le dessus et à le laisser diriger les choses.

La patience n’avait jamais été sa plus grande qualité.

Le fait était qu’il n’avait jamais eu à faire preuve de patience envers qui que ce soit. Cette qualité nécessitait bien trop d’altruisme, et l’ironie du sort avait fait d’Ozios une personne égoïste. Sa jeunesse n’avait fait que le conforter dans ce cercle vicieux et les personnes qu’il avait rencontrées au fil des années n’avaient rien arrangé à tout cela. Non pas qu’il eut eu envie d’arranger quoi que ce soit. Le danois se complaisait dans la solitude qui constituait son existence et n’éprouvait aucune envie à la changer.

Lentement, il fit vote face, et retira la capuche qui cachait ses cheveux. Elle était un peu plus loin, à présent, seulement éclairée par ce lampadaire qui lui donner des airs austères.

- Ce que j’étais en train de peindre, tu veux dire? - répondit-il sarcastiquement.

Il commençait à devenir clair qu’elle n’allait pas quitter les lieux de sitôt. Il commençait à devenir clair qu’elle n’allait pas quitter les lieux de sitôt. Ozios laissa une nouvelle fois son regard détailler son visage et sa silhouette, sans essayer de s’en cacher. De cette inconnue semblait s’émaner une aura particulière que l’artiste n’aurait su décrire; il ressentait une contradiction qu’il ne parvenait pas à saisir. Puis il se rappela qu’il n’en avait rien à faire et secoua lentement la tête. Cette satanée mèche fit son retour sur son front. Il ne fit rien pour la chasser.

- Ma compagnie ne consistait qu’en ma personne, jusqu’il y a deux minutes. Mais peut-être que la tienne est si détestable que tu doives te résoudre à harceler des inconnus dans la rue?

Ozios fit un pas en avant, et d’un geste leste, il lança la bombe de peinture qu’il tenait dans sa main en direction de la jeune femme. Il ne tenait pas particulièrement à la peinture murale qu’il était en train de réaliser, et celle-ci serait de toute manière sûrement nettoyée d’ici quelques jours.

- Tu n’as qu’à me montrer de quoi tu es capable, Stalker.



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I
l est en train de t’ignorer ? Est-ce vraiment ce qui est en train de se passer ? Oh, s’il y a quelque chose que tu exècres encore plus que tes crises existentielles, c’est qu’on te refuse l’attention que tu penses mériter. Tu n’as pas envie qu’on te dorlote ni qu’on te traite comme une enfant malade, mais la moindre des choses serait que l’on laisse tomber son activité en cours pour te répondre. Les occasions où tu réclames un semblant de contact humain, métaphorique cela va sans dire, sont rares et tu n’apprécies que très peu qu’on ne daigne pas faire un minimum d’efforts pour le bien de ta santé mentale. D’aucuns diraient en plus que lui aussi aurait bien besoin de sortir un peu de sa bulle ; tu n’es pas de ceux-là, mais tu serais prête à admettre qu’il a l’air au moins aussi antipathique que toi dans tes mauvais jours. C’est à dire à peu près tous les jours. Tu serais prête à parier que lui aussi a des problèmes avec ses parents, pensée qui t’arrache un sourire suffisant subtilement teinté de bleu. De blues.

Avec la lenteur qui semble le caractériser – pas très pratique pour lui si jamais il doit échapper à une ronde de police par exemple, mais après tout c’est son problème, pas le tien – il se retourne une nouvelle fois vers toi et, là encore, te toise sans réel ménagement après avoir lâché une réplique surprenamment bien sentie pour un hurluberlu de son acabit. Touché, bonhomme, bien joué à toi ; ton sourire se pare d’un soupçon d’orgueil alors que tu te nourris de la fierté d’être devenue le centre de l’attention de toute la rue, même si vous êtes les deux seules âmes qui y vivez encore. Sa prochaine intervention devait certainement tenir lieu de contre-attaque, mais cette fois, l’effet est complètement tombé à l’eau. En fait, non, elle a sûrement même eu l’effet inverse : te conforter dans ta position et tes choix. Tenir à l’écart de ta vie et même de tes paroles le commun des mortels, c’est un choix délibéré, pas de quoi se sentir attaquée là-dedans.
Et puis, un choix audacieux de sa part. Audacieux pour avoir pensé que tu daignerais sortir les mains de tes poches. En te décalant gracieusement de quelques centimètres d’un pas léger et impertinent, tu observes la bombe de peinture s’élever dans les airs en ta direction. Tu aurais aimé que cet instant passe au ralenti, suivre lentement du regard la canette lorsqu’elle entame la descente de sa parabole et avoir le temps de profiter pleinement du moment où toute l’assemblée réalisera que le destin inéluctable du projectile est de s’abattre sèchement sur le bitume froid et humide. Pauvre bombe de peinture, trahie par une sombre inconnue aux desseins encore obscurs. Le tintement métallique caractéristique de sa rencontre avec le macadam retentit et fait apparaître en écho un rictus ô combien bouffi de malice et de fierté mal placée sur ton visage d’albâtre. Il faut savoir se satisfaire des petites choses, paraît-il, et pour être satisfaite, tu l’es.

Pendant quelques secondes, tu admires ton œuvre rouler sur la surface accidentée du trottoir et s’immobiliser après d’ultimes soubresauts de désespoir avant de relever les yeux vers ton interlocuteur.

« Et puis quoi encore ? Contrairement à toi, j’ai pas la prétention de savoir utiliser ce truc là – tu désignes d’un léger mouvement de tête l’aérosol au sol – à des fins artistiques. Et puis j’ai pas envie de me salir les mains non plus. »

L’idée de simplement ruiner sa fresque en y peignant une quelconque phrase du style « Hamilton gros nullos » t’avait évidemment parcouru l’esprit, mais maintenant qu’il t’y invite, tout cela perd de son intérêt. Bien sûr, c’est assez dommage de rater une occasion d’emmerder anonymement un trou du cul notoire aux airs de bon samaritain, mais ce n’est que partie remise.

« Je m’appelle Anna, et toi ? Comme ça on sera plus des inconnus, si c’est que ça qui te chafouine, Bansky. »

Un alias que tu n’utilises pas pour la première fois, loin de là. Aux dernières nouvelles, il s’agit toujours du nom de ta cousine, mais après tout, peu importe, ce n’est qu’un nom. Dans tous les cas, tu es une très bonne menteuse quand tu le désires, et à moins que ce mec ne soit un détecteur de mensonges monté sur pattes, il ne devrait pas vraiment s’inquiéter de ton honnêteté. En soit, c’est une erreur assez magistrale lorsque l’on te connaît un minimum, mais après tout, vous êtes encore des inconnus.

« Bon, écoute Machin, je m’emmerde sec et j’ai juste envie de passer le temps. C’est tout. Je suis peut-être pas de bonne compagnie mais au moins je suis pas chiante. »

Tu hausses les épaules. Tu lui laisseras interpréter les potentiels sous-entendus comme il l’entend, ça n’est pas ton problème.


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Mar 20 Avr - 20:58 (#)

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      Le regard d’Ozios avait suivi la longue et fastidieuse trajectoire de cette maudite bombe de peinture qui avait finalement fini par s’écraser par terre, faisant résonner de manière insupportable son métal contre le bitume glacé de cette rue déserte. « Pas étonnant ». Ozios aurait sûrement dû s’en douter; le sourire qui trônait à présent sur son visage et qu’il aurait aimé lui arracher témoignait de toute la mesquinerie dont elle semblait capable. Après tout, elle avait la pris la peine de se cacher derrière un inconnu, de dégainer son téléphone et de le menacer pour son simple plaisir personnel. Plus le temps passait, plus le danois se demandait si elle n’était finalement pas frappée d’un déséquilibre mental. Cela aurait expliqué beaucoup de choses.

Lui se tenait toujours devant elle; ses mains qui s’étaient délestées de la bombe de peinture s’étaient docilement rangées dans la poche avant de son sweat-shirt. Le visage à présent découvert, il la regardait d’un air désintéressé. Plus que de l’énervement, la sensation qui était en train de le gagner relevait de l’irritation. Les douze coups de minuit allaient bientôt sonner. Elle lui faisait perdre son temps alors qu’il n’avait pas même terminé la moitié de sa fresque. Cette dernière ne lui ramènerait absolument rien; pas même reconnaissance ou prestige, puisqu’elle resterait anonyme. Encore moins de gain financier. Ozios n’aimait simplement pas laisser des choses inachevées derrière lui. Et, si elle continuait ce manège, cette jeune femme n’allait pas tarder à faire partie desdites choses inachevées qu’il détestait.

« Et puis quoi encore ? Contrairement à toi, j’ai pas la prétention de savoir utiliser ce truc là à des fins artistiques. Et puis j’ai pas envie de me salir les mains non plus. »
- J’espère que tout cela n’est pas une excuse pour cacher ton cruel manque de réflexe. - répondit-il en haussant un sourcil.

Il avait compté sur sa rapidité et l’inspiration qui l’avait soudainement frappé pour terminer cette oeuvre en l’espace de quelques heures; peut-être aurait-il même eu le temps de peindre une fois rentré chez lui. Avec un peu de chance, il aurait également pu fermer l’oeil quelques minutes avant que le soleil ne se lève. Mais maintenant, alors que cette blonde le fixait de son air hautain, tous ses plans semblaient s’enfoncer petit à petit dans des sables mouvants. Quand elle reprit la parole, Ozios la sonda quelques instants. Elle semblait affreusement sure d’elle, comme si elle avait en sa possession toutes les réponses que l’artiste se posait, toute la répartie que nécessitait ses attaques.

- Ozios.

Il n’avait aucune raison de lui mentir. Que pouvait de toute manière faire une fille comme elle contre lui? Il n’aurait qu’à s’approcher d’un pas, se concentrer, et aspirer toute l’énergie dont elle disposait. Quelques instants, et elle ne serait plus. Ce n’était pas son intention, cependant. Du moins pas tout de suite.

- Mais dis-moi, Stalker, - dit-il en haussant un sourcil, décidant ostensiblement de ne pas utiliser son prénom, - Si tu ne possèdes ni talent d’artiste, ni celui de réceptionneuse, qu’est-ce que tu fous là, au juste? A part me faire perdre mon temps.

Les mots avaient quitté sa bouche de manière nonchalante. De la même manière, le danois sortit les mains de ses poches, et se pencha pour attraper une nouvelle bombe dans le sac noir qui jonchait et dégueulait à moitié sur le sol. Puis, tout simplement, il se retourna et se remit au travail.

Comme si la situation était devenue trop ennuyante pour elle et qu’elle recherchait une solution pour le faire sortir de ses gongs, elle répondit à sa question en s’efforçant se montrer encore plus désagréable qu’elle ne l’avait été jusqu’à maintenant. Ozios cependant, resta calme. L’ombre du sourire qui avait dansé sur son visage n’avait pas disparu. Il se contentait d’observer le spectacle qu’elle lui offrait, son regard divergeant parfois vers la bombe de peinture qui stagnait toujours au sol. Sa patience, cependant, s’effrita jusqu’à n’être plus qu’une allumette consumée.

« Bon, écoute Machin, je m’emmerde sec et j’ai juste envie de passer le temps. C’est tout. Je suis peut-être pas de bonne compagnie mais au moins je suis pas chiante. »

Son bras resta suspendu en l’air, terminant une longue gerbée de peinture noire. Sa tête se tourna pas dessus son épaule, un regard mesquin accroché au visage.

- Ce sont tes mots, pas les miens.

Puis, sa main s’abaissa et il se tourna en plein vers elle. Encore.

- Ecoute, j’ai fait preuve de toute la bonté dont je disposais en te proposant de saccager mon oeuvre. Qu’est-ce que tu veux de plus? Me raconter tes problèmes inintéressants pendant que je travaille? Je suis pas psy. Alors tu peux sois te ramener par là et être de meilleure compagnie en arrêtant de te prendre pour une duchesse ou partir. C’est à toi de voir, Stalker.



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Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
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M
anque cruel de réflexes ? Il a bien regardé, au moins ? L’esquive était de toute beauté, un vrai pas de danse, un paso doble remarquable d’une demie seconde dont l’élégance n’avait d’égale que ton impertinence. Il faut vraiment être un singe pour ne pas s’en être aperçu. Tu n’as aucune idée du niveau de patience d’un primate, mais si tu devais parier, tu miserais sur le fait que celle de ce Ozios serait la plus faible. Enfin, tu peux comprendre, en un sens ; si tu t’appelais Ozios, tu aurais aussi envie d’éviter le plus possible qu’on te parle. Bon, ça n’est pas ça qui t’en empêche non plus, mais au moins tu n’as jamais vraiment eu trop à souffrir de ton nom. Voilà bien une des seules faveurs que tes parents ne t’aient jamais faites.
En tous cas, on ne peut pas dire que ton nouvel acolyte ait à cœur de t’aider dans ta quête de divertissement, en plus de persister avec ce surnom à la con. Il a aussi assumé un peu vite que tu n’étais pas une artiste, mais rien de bien étonnant, on peut voir à sa têt qu’il a du mal à faire ses lacets tout seul. Pauvre créature, ça doit pas être tous les jours facile à vivre.

Est-ce que tu te prends vraiment pour une duchesse ? C’est pas vrai, tu es juste désagréable parce que tu aimes bien l’être, pas spécialement parce que tu te crois supérieure. Bon, c’est vrai qu’il y a un peu de ça aussi, il faut avouer que tu as facilement tendance à prendre tout le genre humain de haut de manière générale, mais il s’agit plus d’une façon d’être que d’une véritable revendication de noblesse. Avec le temps, tu as fini par comprendre que le monde ne te doit rien et que le mérite n’est qu’un concept nébuleux bon seulement à satisfaire l’égo de ceux qui y croient. Toi, tu as trouvé d’autres moyens de flatter le tien puisque l’on t’a toujours refusé le mérite, par exemple : aller te créer de l’importance aux yeux d’inconnus par tes manières cavalières. Ou plus simplement dit, faire la garce en espérant attirer l’attention.

« Je vais pas raconter ma vie à un macaque de ton espèce, ça ira bien, merci. »

Le merci est ironique, bien entendu, et l’insulte lâchée d’un ton blasé. Il y a un truc que tu as du mal à comprendre, cependant. Pourquoi s’acharne-t-il autant sur  son œuvre s’il s’en fiche au point d’être prêt à te laisser la saccager ? Ça irait drôlement plus vite pour lui s’il y renonçait maintenant et se décidait enfin à devenir intéressant. D’ailleurs, pourquoi est-ce que tu t’acharnes avec lui aussi ? Tu n’en as aucune idée, mais ça a sans doute quelque chose à voir avec le fait qu’il soit la seule personne que tu aies croisée depuis que tu t’es échappée de chez toi.

« Si t’étais vraiment en train de travailler, tu te ferais payer. Là t’es juste en train de faire du vandalisme gratos, mec. Quant à moi, je partirais bien mais j’ai rien d’autre à faire ailleurs et c’est assez divertissant de t’emmerder, à défaut d’autre chose. »

Depuis, tu t’étais adossée à nouveau contre le lampadaire et t’étais mise à faire rouler lentement sous ta semelle la bombe de peinture orpheline.

« T’as pas envie de faire autre chose là ? Aller taguer sur un truc qui fera vraiment réagir, cramer des bagnoles, j’en sais rien moi, tabasser des gens dans une ruelle sombre en portant des combis blanches et des chapeaux melons ? »

A ce stade, tu ferais n’importe quoi pour avoir ton injection d’adrénaline, le problème étant que les méfaits accomplis seuls n’ont pas la même saveur. Tu as toujours trouvé qu’un délit était l’une des rares choses dans ce monde qui valaient le coup d’être partagées, sans quoi l’excitation de l’acte s’essouffle toujours trop vite. Tu n’as jamais su t’y résoudre, mais tu dois de temps en temps te rendre à l’évidence pour mieux la rejeter par la suite : seule, tu apprécies bien souvent moins ta vie. Triste constat que de te savoir enchaînée à autrui par ta propre conscience.


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Lun 26 Avr - 12:32 (#)

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      Si cette tarée continuait à lui taper la discussion toute la nuit, le jour allait se lever sans qu’Ozios n’ait terminé cette maudite fresque. Tout laisser en plan pour enfin trouver le peu de tranquillité qu’il avait recherché en venant ici lui sembla tout d’un coup être une idée alléchante. Malheureusement, avant qu’il n’ait eu le temps de considérer quoi que ce soit, elle avait déjà recommencé à parler.

- T’es encore là? - demanda-t-il d’une voix emplie de dédain.

Elle était là, adossée au même lampadaire qui l’avait soutenue quelques minutes plus tôt. La bombe de peinture qu’il lui avait lancée était sous sa semelle, et le bruit que provoquait son roulement contre le bitume acheva de mettre les nerfs de l’artiste à vif. Ça, combiné à son flot incessant de paroles. Il avait cessé de prêter garder aux multiples insultes qu’elle lui balançait à la minute. C’était déjà ça.

- Tu parles trop. Putain, pourquoi tu parles autant?

Contrairement à lui, elle ne semblait pas réticente à l’idée de laisser toute pensée traversant son esprit sortir de sa bouche. Ozios était une personne antipathique qui avait une facilité déconcertante à détester les gens. Cette femme, cependant, semblait elle avoir une facilité déconcertante à l’irriter. Le combo n’était pas engageant. Surtout pour elle.

L’idée qui avait traversé son esprit au début de leur altercation refit son apparition dans les fin fonds de son esprit. Ozios n’aurait qu’à faire un pas, se concentrer deux secondes, et user de son mimétisme. La manière dont elle bougeait et dont elle s’exprimait lui faisait douter de son appartenance à toute race autre que celle humaine. Elle était bien trop orgueilleuse pour une outre. Mais d’un orgueil qui ne correspondait pas à celui des vampires… un orgueil mal placé qui ne s’associait divinement bien avec les humains et leur faiblesse caractérisée.

Oui, un pas, et deux secondes. C’est tout ce qu’il fallait à Ozios pour aspirer l’énergie de cette inconnue, qui serait certainement humaine, s’il ne se trompait pas. L’énergie dont son mimétisme le doterait ainsi durant quelques secondes ne serait sûrement pas surnaturelle; il ne s’agirait ni d’une vitesse décuplée, ni d’une force intransigeante, encore moins de pyrokinésie ou d’une autre de ces conneries de médium. L’énergie qu’il aspirerait serait humaine; et elle fermerait enfin son caquet quand la vie la quitterait.

Malheureusement, ils se situaient en pleine rue, et même si celle-ci était mal éclairée et déserte, Ozios n’était pas d’humeur à laisser un nouveau cadavre derrière lui. Il savait qu’il le regretterait sûrement le lendemain, et même si cette culpabilité ne durerait qu’une heure, deux tout au plus, elle suffirait à saboter tout ce sur quoi il essayait de travailler depuis quelques temps.

- Tu n’as rien d’autre à faire parce que personne ne veut s’alourdir de ta compagnie, Stalker. - dit-il soudainement en s’appliquant à appuyer le surnom dont il l’avait affublée. - Et je ne peux pas dire que je ne les comprends pas. Tu es de terrible goût. Cramer des voitures et tabasser des gens?

Finalement, le pas en avant qui miroitait dans ses pensées fut effectué, mais ses mains restèrent détendues le long de son corps, l’une d’entre elles tenant toujours la bombe de peinture. Le lampadaire éclaira enfin ses traits, exposant son visage dans son entièreté. Il n’adopta pas de posture menaçante, et ses mots restèrent dénués d’agressivité. L’ombre d’un sourire aurait même pu être discernée sur son visage, si l’on y avait prêté attention.

- Pour ce qui est de Kubrick, si tu souhaites refaire un remake d’Orange mécanique, on peut commencer là, tout de suite.

Ses paroles n’étaient que bluff destinées à l’irriter, ou à défaut, l’effrayer, même s'il se doutait que ce ne serait pas le cas. Mais si elle voulait jouer, il était possible de le faire. Ozios ne comptait pas perdre son temps à lui faire le moindre mal. Du moins, pas pour le moment.




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O
n ne te dit pas souvent que tu parles trop. A vrai dire, on ne te le dit presque jamais. Est-ce que tu parles vraiment trop ? C’est plutôt lui qui n’écoute pas assez. Force est de reconnaître que votre discussion, si on peut réellement appeler cela une discussion, est de moins en moins divertissante. Il s’énerve mais ne te donne pas beaucoup à te mettre sous la dent en terme de répartie sur laquelle rebondir. Des platitudes qui puent le désespoir, voilà à quoi ressemble votre échange. Pour toi, le désespoir de trouver de quoi occuper ton esprit en proie à un tourment sans nom, et pour lui, le désespoir de te voir détaler sans demander ton reste.
A un moment donné, il va falloir te rendre à l’évidence : ce type est simplement trop con pour te servir d’acolyte. Tant pis pour lui, il ne sait pas ce qu’il rate. Une moue boudeuse gagne ton visage ; non pas parce que tu es vexée par ses paroles, mais plus parce que tu sais déjà que tu vas t’en aller sans avoir obtenu ce que tu voulais : un petit peu d’adrénaline. Ses mots ne t’atteignent toujours pas. Comment le pourraient-ils ? Il ne s’intéresse pas à toi, alors ils sont tous creux, génériques, vides de sens. Ta décision était prise avant qu’il ne te menace en retournant ta propre référence contre toi, et maintenant, en plus du goût amer de la défaite et du désœuvrement se rajoutera celui de la frustration.

Le sentiment de vexation qui grimpe au fur et à mesure le long de tes entrailles te souffle que s’il s’approche, tu pourras très clairement lui latter les couilles. Être fâchée n’arrange vraiment pas ton problème de témérité maladive, bien au contraire. Bien heureusement pour ton intégrité physique, bien que tu restes convaincue que tu lui aurais collé une pâtée légendaire, le souvenir de ta côté fêlée et de ce mois passé à souffrir le martyr sous le regard réprobateur de ta colocataire te revient en mémoire et te dissuade de prononcer à haute voix la phrase qui te trotte en tête depuis qu’il t’a proposé d’en venir aux mains.
Une petite minute. Heidi, que se passe-t-il ? Tu es en train.. d’apprendre de tes erreurs ? Mieux vaut tard que jamais, mais c’est un rebondissement pour le moins inattendu. Il ne faudra pas oublier à prendre ta température en rentrant, tu as peut-être de la fièvre. Peut-être aussi surveiller ta consommation de stupéfiants ; ça fait un bon bout de temps que tu n’as pas avalé quoi que ce soit d’illégal, mais peut-être que ces céréales multicolores ne te font pas que du bien. Ça n’a vraiment pas l’air marrant de grandir.

En attendant, il faut que tu tournes les talons avant que ta fierté ne reprenne le dessus et que tu ne te décides à accepter de mettre en pratique tes nouvelles techniques acquises au prix de nombreux hématomes. Il ne perd rien pour attendre, cet artiste à la mords-moi le nœud. D’un geste habile du pied, tu fais rouler une dernière fois l’aérosol sous ta semelle, puis sur la pointe de ton pied avant de l’envoyer voler dans la direction du peintre en bâtiment.

« Tiens, t’as qu’à reprendre ça. J’ai compris, j’me casse, t’as gagné. »

Des facultés sociales avancées ne sont pas requises pour comprendre à quel point cette décision t’emmerde. C’est pourtant la meilleure que tu puisses faire ; traîner avec quelqu’un qui ne partage pas au moins un petit peu tes tendances pyromanes ne peut de toutes façons pas être une bonne expérience. Tu tires la langue et lui adresses un sifflement mauvais et félin avant de décoller enfin ton dos du lampadaire. Quel con.

« Et c’est très bien de cramer des trucs, ok ? »

Quel gros con. Allez, à force de te monter la tête tu vas vraiment finir par tenter de lui démolir le portrait. Tu rebrousses enfin chemin, peut-être direction ton appartement, tu ne sais pas encore. Un dernier regard mauvais dans sa direction accompagné d’un chapelet de jurons en polonais, et finalement une prière pour ne plus jamais croiser sa route.


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