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Let's talk about your fate - Heidi & Aurora

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Anonymous
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Ven 23 Avr - 15:08 (#)

Let's talk about your fate
Je balance mes doigts au rythme de la musique, les yeux fermés, un sourire en biais satisfait sur mon visage de porcelaine. M. Jones – c'est ainsi que mon secrétaire s'appelle – regarde nerveusement sa montre, à de nombreuses reprises, comme s'il espérait que le temps passe plus vite, ou plus lentement ?

- Nous devrions y aller, Mrs Lane, nous allons être en retard au verniss...
- Ferme-là, Jones. Tu gâches la musique.

Je l'entends déglutir difficilement tandis que je ris intérieurement. Je suis infecte avec lui, je le sais, je lui mène la vie dure. Toutes mes erreurs, il doit les assumer, doit assurer mon emploi du temps, doit même anticiper toutes mes envies et tous mes caprices. Tout le monde se demande ce qu'il fait encore à travailler pour moi et lui conseille de partir. Un boulot difficile, en somme, surtout lorsqu'on est Calice d'Aurora Lane.

Le morceau se termine. La fin n'est pas surprenante, plutôt prévisible, ça me met de mauvaise humeur. Pourquoi ces artistes sont tous pitoyables, dans ce bar ? J'ai l'impression que de nos jours, plus personne n'est doué pour la musique. Du moins, pas comme j'ai pu le voir durant ma longue existence. Certes, la musique est variée, les standards ne sont plus les mêmes, mais je suis nostalgique des vieilles musiques qui ont pu me faire danser des années en arrière. Plus rien n'a de goût, tout est fade, insipide.

Je soupire et m'apprête à partir. Jones se lève d'un bond et m'aide à mettre ma veste, mais mon regard est attiré par la nouvelle artiste qui s'apprête à entrer en scène. De la trompette. Choix surprenant, une éternité que je n'en avais pas entendu. J'affectionne particulièrement la trompette, elle me rappelle les années où j'ai rencontré Zayd, pile à l'air du jazz, les soirées étaient folles et je me sentais enfin libre. Laissons une chance à cette jeune femme. Je fais signe à Jones pour qu'il se rassoit et fixe l'artiste, impatiente d'écouter les premières notes qu'elle soufflera dans son instrument.

Quelques minutes plus tard, le morceau finit, je reste un long moment perplexe sur ma chaise. Ce fut un moment agréable comme j'en passe rarement. Cette jeune fille a une belle gueule, un talent certain, peut-être qu'elle pourrait me faire gagner beaucoup d'argent si je la faisais connaître aux quelques contacts que j'ai dans le monde de la musique. Mon sourire malicieux réapparaît tandis que j'attrape ma pochette pour en sortir une petite carte.

Je me dirige vers les loges, talonnée par Jones. Une personne essaie de m'y refuser l'accès mais ma Domination le fait reculer. Je me dirige tout droit vers la jeune femme que je vois au bout du couloir. Lorsque nos regards se croisent, j'affiche un sourire chaleureux et dégaine ma carte comme si je m'apprêtais à faire un tour de magie.

- On vous a déjà dit que vous aviez du talent ? Aurora Lane, enchantée.
(c) AMIANTE

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Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Let's talk about your fate - Heidi & Aurora WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

Pseudo : Pourpre
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Dim 25 Avr - 17:29 (#)



Let's talk about your fate
Une scène ouverte médiocre, Downtown,
ft. Aurora Lane



E
lle était étrange, cette soirée. On ne se fait pas accoster par un vampire européen âgé de probablement des dizaines de fois son âge tous les soirs ; c’est plutôt le genre de choses qui se produit une fois dans une vie. Ou deux fois en une semaine, pour une minorité de la population dont tu ne sais pas encore à cette heure que tu fais partie. La première fois, tu n’as pas jugé nécessaire d’en faire part à Elinor, peut-être que celle-ci sera différente ?

Ce soir, tu es censée jouer pour le plaisir, ne pas laisser de considérations pécuniaires freiner ton extravagance musicale. Lorsque tu es payée pour jouer, les employeurs autant que l’audience n’apprécient que très peu les musiciens osant sortir des sentiers battus et rebattus de la parodie de jazz consensuelle donnant l’illusion bien triste d’un raffinement obsolète. Oh oui, il existe toujours en cette fin d’année 2020 des brochettes de connards croyant s’acheter une personnalité en claquant des doigts de manière complètement anti-musicale devant des musiciens anonymes payés au lance-pierre pour flatter leur ego d’anticonformistes prétentieux. Non, ce soir c’est différent : c’est une scène ouverte ; ce qui signifie que n’importe qui peut se présenter sur scène pendant une poignée de minutes et provoquer les applaudissements gênés d’une audience en majorité constituée de proches des pseudo-artistes qui défileront sous le feu de projecteurs aveuglants dans l’indifférence la plus totale. On est loin, très loin de ce que tu imaginais en décidant de faire carrière dans la musique, mais tu as fini par t’y résigner et accepter de faire la part des choses entre art et argent.

Comme à ton habitude, tu es arrivée pile à l’heure, juste assez tôt pour qu’on ne puisse pas t’accuser d’être en retard et juste assez tard pour que ça soit agaçant au possible. Tu as passé les portes du couloir exigu tenant lieu de coulisses sous le regard mauvais d’un chauve baraqué affublé d’un tatouage tribal du plus mauvais goût sur l’un de ses biceps. Si tu en avais eu le temps, tu serais restée quelques secondes pour te moquer de son t-shirt trop petit d’une bonne taille et tu en viendrais presque à plaindre le tissu tant il semblait susceptible de se déchirer d’un moment à l’autre. Enfin, plaindre quelqu’un ou quelque chose d’autre que toi ne fait pas vraiment partie de tes habitudes, et tu n’as toujours pas plus le temps de le faire.
Alors, tu continues d’avancer en évitant le moindre contact visuel avec qui que ce soit pour trouver une place pour poser tes affaires. Plus tu progresses au milieu de cette atmosphère moite et empreinte d’un stress qui n’a pas lieu d’être, plus tu regrettes de t’être inscrite à cet événement. On retrouve beaucoup d’adolescents au bord des larmes, écarlates de pression, et de quarantenaires bien tassés dans le déni de la perte de leur jeunesse ; en somme : une belle vision de monde de la musique.

Tu trouves une place relativement à l’abri du moindre petit merdeux susceptible de perturber ta concentration malgré l’air de cerbère imprimé sur ton visage indiquant de manière plus qu’explicite que c’est une très mauvaise idée, et de longues minutes plus tard arrive enfin ton tour de monter sur scène. Tu passes après un trio de musique country, ce qui signifie que quoi que tu joues, le public sera content de l’écouter. C’est dommage, parce que si leur musique était aussi authentique que leur odeur, ils auraient pu espérer avoir une sorte de succès de niche. Sans un mot, tu avances sur la petite estrade et, d’un léger hochement de tête après avoir établi un contact visuel avec un ingénieur du son à deux doigts de l’overdose d’anxiolytiques, lui intime de lancer la piste d’accompagnement. Une version générique de Giant Steps ; rien d’orignal, loin de là, mais largement de quoi t’amuser pendant une poignée de minutes.
Tu fermes les yeux, commences à souffler et agiter tes doigts sur tes pistons, et te voilà partie.

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, la bande son finit inexorablement par toucher à la sienne et ta dernière note de la soirée vient trouver un ultime écho feutré contre les murs du bar alors que quelques applaudissements timides se dégagent du brouhaha ambiant des commentaires faits à voix basse. Sans plus de merci ni de au revoir qu’il n’y a eu de bonsoir, tu rejoins les coulisses qui t’ont vue émerger cinq minutes plus tôt. Tu es plutôt satisfaite de ta prestation, et c’est le cœur subtilement plus léger que tu retournes devant ta mallette avec la ferme intention de déguerpir avant que l’on ne vienne t’adresser le moindre mot.

Raté.

En nettoyant ton instrument dans un geste méticuleux que tu répètes depuis bientôt une décennie, tu as eu le malheur de lever les yeux et de croiser le regard avec une personne qui visiblement cherchait le tien.

Merde.

Blonde, menue avec des yeux bleus perçants, un visage doux et symétrique et une confiance en elle rayonnante ; il est clair qu’elle n’est pas ici pour passer sur scène. A vrai dire, il te semble vaguement avoir aperçu quelqu’un répondant à ce signalement dans le public. Tu te demandes ce qu’elle te veut, mais ton petit doigt te dit qu’elle ne va pas tarder à te le dire. Et bingo. Elle se plante devant toi, si bien qu’il t’est à présent impossible de faire comme si tu ne l’avais pas vue. En temps normal c’est ce que tu aurais fait quand-même, mais elle t’a en plus adressé la parole, t’offrant la perche parfaite.

« Et vous, on vous a jamais dit que cet endroit était réservé aux artistes ? Normalement ils paient un chauve pour le dire aux gens comme vous. »

Tu jettes un rapide coup d’œil derrière elle et captes le regard interloqué et perplexe, voire un tout petit peu condescendant, de ce qui semble être son assistant. Il semblerait que l’ingénieur du son ferait un heureux s’il partageait ses médicaments. Dans tous les cas, tu n’as pas envie de t’attarder outre mesure avec une gosse de riche cherchant des musiciens naïfs à exploiter.

« Si vous cherchez des musiciens de talent – tu parcours rapidement la pièce du regard, mais en vain – je crois que vous êtes pas au bon endroit. »

Tu ne te définirais pas nécessairement comme talentueuse toi-même. Etrange de ta part de faire preuve d’humilité, mais tu en as besoin pour donner un sens à ta vie. Si tu te jugeais assez douée pour arrêter de travailler, tu te trouverais complètement désœuvrée, et ton alcoolisme latent n’attendra pas meilleure occasion pour refaire surface.  


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Lun 26 Avr - 0:44 (#)

Let's talk about your fate
Elle a du mordant, je dois l’avouer. J’ai même été surprise, elle qui avait l’air frêle et douce, je me suis fourvoyée. D’autant que, généralement, les jeunes artistes tentent d’être agréables pour pouvoir avoir des opportunités. Peut-être qu’elle n'en a pas besoin ? Si c’était le cas, elle ne viendrait pas dans cet endroit. Il est rempli de personnes frustrées, pensant qu’ils sont talentueux et qui tueraient pour que je leur adresse un regard. Non, elle ne veut pas. C’est ça, elle refuse toutes opportunités. Elle se sabote. Quel dommage. Une jeune femme si talentueuse qui se complait dans sa médiocrité.
Je la scrute un long instant, sans gêne, les gens pourraient penser que je la déshabille du regard. Il n’en est rien. Je l’analyse. Elle passe sous mon regard bleu perçant : je vérifie ses vêtements, sa tenue, sa manière de se comporter, pour la ranger soigneusement dans une case de mon cerveau. Car c’est ainsi que j’agis : toutes les personnes ont des modes opératoires similaires et agissent pour des raisons qui leur sont propres. Qu’on soit humain ou pas, ses raisons sont toujours très égoïstes et on reproduit toujours les mêmes schémas. Il faut juste que je trouve la cause de ses agissements. Je connais la nature humaine comme personne, ça devrait être facile.
Elle pense peut-être que d’aboyer va me faire fuir ? Ce n’est qu’une mise en garde vide de sens, que pourrait-elle bien faire ? Elle a du chien parce qu’elle essaie de mettre les gens à l’écart ? Est-elle une de ces personnes blessées par la vie ? Ou une simple petite chieuse qui n’a pas fini sa crise d’adolescence qui s’ennuie ?

« - Vous voulez parler du gorille qui garde l’entrée ? Il était plutôt facile à apprivoiser. »

Je lance un regard à demi-amusée par-dessus mon épaule comme si j’étais capable de le voir au loin, à travers les murs. Non, ce n’est pas le cas, mais l’idée de le voir subitement aussi docile m’arrache un sourire en biais qui m’est propre. J’aurais pu faire la même chose avec cette petite chose fragile, mais elle m’intrigue, elle m’amuse. Laissons la faire son cirque encore un peu.
Je passe une main sur la table la plus proche comme pour la nettoyer et me hisse pour m’y installer avec grâce et habileté. Mes longues jambes se croisent en la regardant nettoyer son instrument.

« - Vous avez une bien piètre opinion de vous et des autres. Une superbe proposition s’offre à vous et vous daignez refuser comme si vous crouliez sous les offres les plus alléchantes du pays. »

Mes doigts redessinent les contours de la broche que je porte aujourd’hui, une fleur de lys en or sertie de diamants et d’émeraudes. L’une des fameuses broches grâce à laquelle on me reconnaît en un coup d’œil. Mais elle n’a pas l’air de comprendre. Et je pense qu’elle s’en fiche.

« - Vous n’aurez jamais de meilleures offres que la mienne, croyez-moi. J’ai le carnet d’adresses le plus fourni de Louisiane. Si vous voulez rencontrer les meilleurs agents, assister aux meilleurs événements, c’est avec moi qu’il faut commercer. Et vous ne voulez pas ? Vous ne faites même pas semblant d’être intéressée pour profiter de moi ? Soit vous êtes incroyablement stupide, soit vous êtes une petite arrogante. Je penche plutôt pour la deuxième option. J’étais exactement comme vous… »

… lorsque j’étais vivante. Inutile de le lui préciser pour le moment. Je lorgne mes ongles parfaitement manucurés, jouant à balancer mes talons aiguilles dans le vide tandis que Jones, mal à l’aise, desserre sa cravate aux motifs douteux. Je lève l’un de mes doigts comme pour commander quelque chose. Jones écarquille les yeux, regarde nerveusement sa montre en acier, passe une main dans ses cheveux et quitte la pièce en jurant dans sa barbe. Je viens de commander un café pour la jeune fille face à moi. En pleine nuit. C’est comme lui demander d’aller me chercher du melon en plein hiver.

« - Votre vie doit être incroyablement vide pour vous complaire dans votre médiocrité. Mais il y a bien des moyens pour se sentir vivre, vous savez ? Mais il paraît que les jeunes, de nos jours, adorent ne rien faire et se plaindre de leur sort. Quel est le nom de ce joli petit minois ? »

Je plisse les yeux et lui offre un sourire mignon, ayant, à cet instant, plus l’apparence d’une jeune femme qui se me présente pour la première fois à une amie. C’était comme si je venais de la gifler et lui caressait sa joue pour qu’elle ne se plaigne pas de la douleur. Jolie petite poupée au talent gâché.
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Lun 26 Avr - 20:23 (#)



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S
ur le coup, tu es souvent fière de tes remarques cinglantes. Tu apprécies la sensation de refuser à tout un chacun la réponse qui semble la plus évidente, celle qu’ils ont envie d’entendre, parfois même au détriment de tes propres envies. Tu es habitée par ce désir irrépressible de contrarier et de contredire. Dans la vie, c’est le seul moyen que tu as trouvé pour te démarquer ; sortir de la masse aux yeux de tous. D’abord pour tes parents, ta famille qui n’avait d’yeux que pour les autres enfants, puis de manière plus systématique. Il serait aisé de dire que tu ne comprends pas les rapport humains et bien que ça soit en partie vraie, il y a certainement aussi une part de faux dans une telle affirmation. Petit coup après petit coup, sarcasme après sarcasme, tu as enfoncé le clou jusqu’à ne plus en voir que la tête déformée par les assauts répétés avec une assiduité qui force le respect, mais ça n’est pas pour autant que tu ne connais pas la forme du pieu que tu t’es évertuée, fatiguée à cacher tout au long de ta vie. Aujourd’hui, tu te heurtes à une butée et pourtant tu continues inlassablement à frapper parce que tu ne sais rien faire d’autre que cela ; parce que malgré la douleur, ce geste aussi régulier et minutieux qu’un métronome est peut-être la seule chose à laquelle tu peux te rattacher. Un geste qui constitue devant ton regard embrumé la seule preuve de ton individualité. On a appris depuis toute petite à tes yeux à ne donner de valeur qu’au superlatif et te sentir invisible à ton propre regard était bien plus douloureux que les coups de marteau incessants que tu t’infliges pour cacher ta sensibilité au monde.

Plutôt facile à apprivoiser, hein ? Rien d’étonnant. Même sans aller chercher une explication surnaturelle, tu imagines très bien pourquoi il aurait pu la laisser passer. Il faut dire qu’elle est jolie, c’est indéniable. Même sous l’éclairage blafard de quelques néons mal entretenus, elle semble enrober d’une grâce sibylline le moindre de ses geste, comme par exemple lorsqu’elle monte sur la table la plus proche. Une sans-gêne ? Non, une impertinente : une espèce bien plus dangereuse.
Tout en continuant de faire mine de nettoyer ton instrument, même si tu as déjà terminé, tu suis ses mouvements du regard. Une sorte de méfiance s’est immiscée dans ton esprit et semble déjà obscurcir ton jugement. Il y a quelque chose chez elle qui commence d’ores et déjà à allumer des voyants dans tes pensées. Il est encore trop tôt pour savoir si tu vas décider de suivre les conseils avisés de ta conscience t’intimant de ne pas trop faire la maline, ou si au contraire tu vas te lancer dans une partie de ton jeu favori : qui sera la plus maline. En attendant, tu reportes ton regard sur la patine familière de ta trompette en écoutant ce que tu aurais aimé n’être que des élucubrations.

Alors, incroyablement stupide ou petite arrogante ? Tu aimerais ajouter une troisième option au dilemme. Elle parle d’une proposition, de quelque chose que tu ne pourrais pas refuser sans être taxée de folle, mais tu n’as rien entendu de tel sortir de sa bouche jusqu’à présent. Tout ce que tu as fait, c’est envoyer paître une gosse de riche. Et elle continue à te juger du haut de ses talons hors de prix ; elle croit que parce qu’elle commande un homme au doigt et à la baguette, tout le monde devrait se plier devant elle ? Croit-elle réellement que l’argent et la célébrité sont les seuls moteurs des artistes ? Cette pensée réveille en toi en véritable agacement, quelque chose de personnel. Elle s’attaque à toi en tant que musicienne, remet en question ta vision de l’art et tes ambitions. C’est rare que ce soit cette colère-là qui s’anime dans tes entrailles ; d’habitude, c’est plutôt une colère sourde et fille de ton incompréhension qui t’habite. En cet instant, c’est une colère raisonnée et presque légitime qui te donne envie de couper court à cette discussion.  Une colère d’adulte ? Peut-être pas, mais une colère définitivement légitime et qui réclame que tu défendes un honneur soudain retrouvé.

Le bois de ta mallette claque sèchement lorsque tu la fermes comme pour symboliquement mettre un terme au allégations vaguement psychanalytiques de cette sombre inconnue. L’atmosphère dans les coulisses est devenue tendue, comme si vous rayonniez toutes les deux une énergie mauvaise, et le volume général de la pièce a drastiquement baissé. La plupart des autres participants font mine d’écouter le groupe de rock assourdissant l’audience de l’autre côté, et l’autre de vérifier vainement l’accordage de leur instrument. Tu te redresses et perce ses yeux des tiens. Tu te sens insultée et vexée, mais tu n’as pas envie de crier. Simplement de faire valoir ton individualité.

« Ce qui est médiocre, c’est votre espèce de vision pervertie de l’art. C’est pas un agent ou un je sais pas quel autre connard qui veut se faire du blé sur mon dos qui va faire de moi magiquement une meilleure musicienne. »

Tu as complètement ignoré sa question. Il y a pour toi un petit quelque chose de symbolique dans le fait de te présenter ; ça signifie que tu acceptes l’autre et, en un sens, un gage de bonne volonté. Et cette femme là, ne t’en inspire aucune.

« Je suis pas une prostituée, j’en ai rien à faire de l’argent et encore moi qu’on me paye pour roucouler sagement là où on me dira d’aller. »

A la place, tu roucoules sagement dans des bars pour une misère. Tu réalises bien que, comme elle le dit, tu pourrais profiter d’elle, mais tu dois te défendre, c’est plus fort que toi. Tu sombrerais presque dans la parodie. Ton regard courroucé se teinte un instant de frustration avant que tu ne le détournes. Avouer qu’elle a raison ? Jamais, puisqu’elle a tort. C’est ce que te dictent tes désirs d’authenticité et d’indépendance. Comment pourrais-tu un jour espérer être compris si tu dois formater tes mélodies à ce que l’on attend de toi ?

« J’ai pas besoin d’argent, et j’ai pas non plus besoin qu’on remplisse ma vie, je vais très bien, merci. »

Au moins c’est vrai, tu n’as pas besoin d’argent, du moins tant que tu as Elinor pour t’entretenir. Le reste.. disons que ça sonnait bien.


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Mar 27 Avr - 15:29 (#)

Let's talk about your fate
Mes mots l’ont visiblement mise en colère. Est-ce qu’il s’agit d’une vérité qu’elle n’aime pas affronter ? Elle ferme sèchement l’étui de son instrument et j’affiche un sourire mutin. J’ai l’impression de faire face à une adolescence en pleine crise d’adolescence qui refuse les conseils de sa mère. Étais-je aussi insolente à son âge ? Oh, elle refuse même de se présenter, pourquoi agit-elle de manière aussi puérile ?

Ma vision pervertie de l’art ? Elle ne sait rien, c’est une jeune pousse qui vient à peine de sortir de terre et elle ose prétendre me connaître ? J’ai côtoyé les plus grands artistes, je les ai vu à l’œuvre, j’ai posé pour eux, je sais ce qu’est l’essence même de l’art et elle pense que je ne pense qu’à l’argent ? Je ris légèrement à sa remarque et me penche légèrement vers elle pour lui dire :

« - Mais pour qui me prenez-vous, franchement ? L’argent n’est qu’un bonus dans mon métier, je respire l’art et je tente de trouver les perles rares. Ce n’est pas une tare que de vivre de son talent. Vous vous prenez pour qui ? Modigliani ? Van Gogh ? Vous voulez jouer encore longtemps à la jeune fille qui vit difficilement de son art, mais qui l’apprécie à sa juste valeur ? Pourquoi ne pas profiter des deux ? Une prostituée fait payer pour ses talents, elle aussi. Et ça fonctionne, c’est le métier le plus vieux du monde, après tout. »

Je quitte ma table pour me rapprocher d’elle, à l’image d’une panthère prête à bondir sur sa proie. Avec grâce et agilité. Mes doigts glissent le long de son étui qui n’a pas l’air de mauvaise qualité pour une apprentie musicienne qui traîne les bars miteux de Shreveport. Elle me dit qu’elle n’a pas besoin d’argent. Qui n’en aurait pas besoin sinon quelqu’un qui en a déjà ?

« - S’il y a bien une chose que je ne souhaite pas faire, c’est replisser la vie de quelqu’un. Je préfère lui donner l’opportunité d’être maître de son destin, de choisir un nouvel avenir auquel il n’avait peut-être jamais songé. Je ne suis pas quelqu’un qui a tout obtenu en attendant que cela tombe du ciel. Vous ne rencontrerez jamais une femme ayant battu si ardemment pour obtenir ce qu’elle veut. N’ayez pas de conclusions hâtives à mon égard, vous ne devinerez jamais. »

Cette fois, mon regard est froid, je la prends clairement de haut. Et pourtant, quand je croise le sien, je remarque qu’il n’est pas celui de quelqu’un qui n’a rien vécu. Je me penche vers elle, nos visages sont tous près et affichant un sourire carnassier, j’ajoute à la jeune femme :

« - Je fais plutôt parti des gens comme vous qui ont souffert. Et vous savez mieux que quiconque qu’on ne s’amuse pas avec ce genre de personne, n’est-ce pas ? Vous n’êtes pas idiote, de ce que je peux voir, mais vous manquez de maturité. La vie n’est pas binaire, il faut savoir saisir les opportunités pour réussir. »

Je glisse ma carte dans l’une de ses poches et lui adresse un petit clin d’œil qui détend soudainement l’atmosphère.

« - Je suis sûre que vous saurez la saisir, mademoiselle. »
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Mar 27 Avr - 17:22 (#)



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T
u n’aimes pas, mais alors pas du tout la façon dont les choses sont en train de tourner. A peine quelques phrases dans cette conversation et tu te retrouves déjà acculée contre tes propres contradictions. Et tu n’aimes pas ça, mais alors pas du tout.

Pourquoi est-elle aussi intimidante ? Pourquoi arrive-t-elle à te mettre aussi en colère ? Te rappelle-t-elle quelqu’un ? Oh, oui. Cette manière condescendante de s’exprimer, de toujours avoir réponse à tout et de méthodiquement souligner le moindre de tes torts. Plus de dix ans plus tard elle te hante encore. Mais alors pourquoi est-ce qu’elle te porte autant d’intérêt, elle qui n’a jamais cessé de te placer plus bas que terre pendant toutes ces années partagées. Parce qu’elle n’est pas elle, tout simplement. Il faut que tu chasses ce fantôme de ton esprit. La fatigue te joue des tours ; tu te sens comme une vraie gamine et c’est une sensation qui est loin de t’enchanter. Tu as envie de lui donner tort, de prouver que tu n’es pas la morveuse arrogante qu’elle croit que tu es, et le seul moyen de le faire est de faire preuve de maturité. Manque de bol, tu n’as aucune idée de comment faire. Quel intérêt de toutes façons ? Tu pourrais simplement arrêter de lui parler et t’en aller comme tu es venue. Ça laisserait sûrement un arrière-goût de frustration dans ta bouche mais pas de trahison. Qu’est-ce que tu crains, de ne plus être fidèle à toi-même ? C’est vrai que jusque-là ça t’a beaucoup servi.

Elle se joue de toi, elle te prend de haut, elle te traite comme une enfant qui ne sait pas ce qui est bon pour elle. Ça suffit, tu ne vas pas te laisser humilier plus longtemps comme ça, surtout devant les regards amusés des quelques artistes indiscrets encore présents en loge. Va t’en, c’est ce que tu as de mieux à faire. Elle t’intime de ne pas faire de conclusions hâtives, mais qu’en est-il des siennes ? Tu ne quittes pas ses yeux alors qu’elle s’approche de toi en toute impunité, qu’elle profane la boîte de ton instrument en y laissant glisser ses doigts impertinents. Elle s’est battue ? Toi aussi tu te bats, continuellement. Contre les autres et contre toi-même. Sait-elle ce que c’est que de devoir réduire en permanence au silence cette petite voix qui ne murmure qu’à son oreille que quoi que l’on fasse, quoi que l’on accomplisse, on ne sera jamais rien d’autre qu’une moins-que-rien ? Elle te sourit en même temps que tes poings se serrent et que tes ongles blessent ta chair pour te faire oublier le nœud qui serre ton cœur et ta gorge. Pour autant, tu fais face, tu ne te dérobes pas, tu affrontes ce regard inquisiteur et indéchiffrable.

Alors comme ça elle a souffert ? Comment sait-elle que toi aussi ? Est-ce si évident que ça ? Inspirer la pitié, voilà ce qui est vraiment pitoyable. Tu t’en fiches d’avoir souffert, tout ce que tu veux c’est qu’on te voit comme si tu étais incapable de d‘éprouver la moindre douleur. C’est déjà raté pour ce soir, et tu sais en plus très bien que c’est faux. Si tu n’es pas idiote, qu’on arrête de te traiter comme telle. Qu’on arrête de te traiter tout court. Qu’on t’oublie, tout simplement.
Son clin d’œil t’irrite, mais te permet aussi d’enfin détourner le regard pour ramasser ta mallette et la prendre sous ton bras en la serrant instinctivement.

« J’ai pas de leçons à recevoir de vous. Je sais rien de vous, et vous savez rien de moi, et c’est très bien comme ça. »

Tu prends une grande inspiration, comme pour asphyxier toutes les injures qui te passent par la tête et que tu te retiens de déballer. Alors, ne reste pas plantée là, pars maintenant. Qu’est-ce que tu attends ? Que Xanthe vienne te prendre par le bras en t’emmener boire un coup ? Qu’Elinor te récupère dans sa Mercedes hors de prix et te morde pour te faire oublier à quel point tu es une idiote ? Tu es en plein rêve si tu crois que ça va arriver, alors arrête de te mordre la lèvre et fait quelque chose.

« C’est quoi, votre offre, alors ? Qu'est-ce que vous attendez de moi, et je suis sensée faire quoi avec ça ? »

Tu sors sa carte de ta poche avec ta main libre et y distingues son nom. Aurora Lane. Jamais entendu parler. C’est un effort colossal pour toi que de ravaler ta fierté ; tu n’en es pas encore à reconnaître tes torts, loin, très loin de là, mais un pas après l’autre. Tu n’as pas réussi à te défaire de toute trace d’hostilité – pour cause : tu en es encore bouffie – mais tu n’as pas envie de regretter. Tu es fatiguée des regrets.


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Dim 2 Mai - 23:16 (#)

Let's talk about your fate
On peut dire qu’elle ne manque pas de cran, cette petite. Elle m’amuse, j’aime la titiller, la piquer, elle est encore plus susceptible que je ne l’ai jamais été. Elle est fougueuse. Peut-être un peu trop, si elle n’agit qu’imprudemment, elle se prendra des gifles. Et pourtant, je sens qu’elle se retient d’aller plus loin. Comment réagirait-elle si elle enlever tous les filtres qui font d’elle une personne « normale ».

J’ai l’impression que la discussion tourne en rond, que je ne sortirais rien d’elle. Quel dommage, j’aurais pu façonner ce diamant brut. Elle aurait pu vivre de son art et toucher ceux qui la comprennent. Mais elle est bornée, elle refuse mes propositions pour je ne sais quelles valeurs morales ou juste par fierté ? Je soupire, comme pour montrer ma déception.

Elle sert sa mallette comme le ferait un enfant à son doudou. Est-ce que je lui fais peur ? Ma tête se penche sur le côté, analysant la situation, à l’image d’un chiot curieux. Je ne pense pas qu’elle soit effrayée, il s’agit peut-être plus d’une manière de se protéger face à mes mots qui la blessent. Je sais que ma logorrhée peut parfois être cinglante. Aurais-je vu juste dès les premières minutes ? Je sais bien analyser les êtres humains, mais je sais que certaines facettes de sa personnalité m’échappent. Il y a beaucoup plus face à cette jeune femme en pleine crise d’adolescence. Et puis, quel âge a-t-elle ? Réellement intriguée, je plisse les yeux légèrement, pariant avec moi-même quel âge elle pourrait bien avoir. Vingt-cinq ans ? Peut-être moins ? Ne serait-ce pas trop tard pour cette crise d’adolescence ?

Effectivement, elle ne me connaît pas. J’aurais pu user de mon influence pour m’éviter tout ce discours ennuyant, mais j’ai toujours voulu laisser le libre-arbitre à mes artistes. J’aurais pu tous les contraindre, me faire une fortune sur leur dos, sans qu’ils ne s’en rendent compte. J’aurais pu être un monstre me nourrissant de leur argent et de leur notoriété. Pourtant, la grande manipulatrice que je suis a un minimum de conscience professionnelle. Quand il s’agit des arts, je suis mille fois plus compréhensive. Et il est vrai également que je ne la connaisse pas. Peut-être que je la juge un peu trop, peut-être peut-elle être surprenante ? Pour ça, il faudrait qu’elle soit moins méfiante, plus ouverte.

Je la vois prendre ma carte en me posant quelques questions. Surprenant, tiens. Elle aurait enfin écouté sa raison ? Elle a l’air de faire un effort considérable. Je m’adoucis légèrement pour montrer que moi aussi, je fais un effort.

« Et bien, ma carte vous servira pour m’appeler quand vous serez prête à vivre de votre art. Je pourrais vous présenter aux personnes influentes du monde de la musique, vous faire participer à des événements culturels… En bref, vous faire connaître. »

Jones arrive enfin, un gobelet de café à la main. Mes sourcils se lèvent haut, traduisant ma surprise. Il s’agissait d’un moyen pour moi de me trouver seule face à l’artiste. Il ne cesse de m’étonner. J’attrape le café et le tends à mon interlocutrice qui ne le boira certainement pas. Pauvre Jones, je lui en fais voir de toutes les couleurs.

« Mais croyez-moi, si vous voulez réellement vous épanouir dans ce milieu, il va vraiment revoir votre sens de la communication. Personne n’aimerait connaître quelqu’un de si méfiant et incisif… Si vous n’arrivez même pas à donner votre nom, ça risque d’être compliqué… »

Un petit sourire s’affiche sur mon visage pour appuyer le sous-entendu. Finira-t-elle par me dire ne serait-ce qu’un prénom ?
(c) AMIANTE

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Let's talk about your fate - Heidi & Aurora WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Lun 3 Mai - 14:06 (#)



Let's talk about your fate
Une scène ouverte médiocre, Downtown,
ft. Aurora Lane



T
e faire connaître, participer à des événements.. est-ce que tu en as vraiment envie ? Jusque là, tu n’as jamais rien fait d’autre devant un public que jouer la musique des autres. Es-tu prête à présenter la tienne au monde ? Tu as des tiroirs pleins de papier froissé maculé de tâches d’encre formant des mélodies alambiquées et des harmonies complexes parées de rythmes et des cadences audacieuses. Des pièces qui n’ont jamais atteint d’autres oreilles que les tiennes et que tu n’avais jamais songé sereinement à jeter à la face de monde pour être jugées. Les gens ne t’aiment pas, alors pourquoi apprécieraient-ils ta musique ? Est-ce que ça ne serait pas pire de te faire une place dans le monde de l’art plutôt que de rester anonyme toute ta vie ? As-tu réellement envie de notoriété, lorsque celle-ci signifierait que l’on braque sur toi et tes actes des projecteurs indiscrets ? Tu ne sais pas, et tu ne t’étais jamais posé la question jusque là ; elle demande bien plus de réflexion que ce que tu aurais pu t’imaginer, et la réponse est sans aucun doute bien plus nuancée.

En tous cas tu n’apprécies pas beaucoup la manière dont elle te regarde. Bon, tu es peut-être un peu paranoïaque et à cran, pour une raison que tu ignores toujours, et puis de toutes façons tu n’apprécies pas qu’on te regarde de manière générale. Enfin, si, mais seulement sous certaines conditions très précises. Tu ne veux pas qu’on te voit comme une enfant, même si tu persistes à te comporter comme telle. Tu ne veux pas qu’on te voit comme une adulte, parce que tu estimes qu’avant cela tu as droit à l’enfance heureuse à laquelle tout le monde sauf toi semble avoir eu droit. Enfin, tu ne veux pas qu’on te voit comme une adolescente, parce que tu es en plein déni de la réalité.  

« Je sais me servir d’un numéro de téléphone, merci. »

Tout de même. Ca n’est pas ce que tu attendais comme réponse, et tu n’arrives pas à savoir si elle a volontairement répondu à côté de la plaque ou si elle n’a simplement pas compris ton sous-entendu. C’est étrange, mais une vaste majorité des gens que tu rencontres tendent à ne pas comprendre tes sous-entendus ; après remise en question, il semblerait que tu doives changer de fréquentations.

« Ce que je veux savoir, c’est où est l’entourloupe. Je suis peut-être pas aimable mais je suis moins stupide que ce que vous pensez sûrement, je sais que tout se paye tôt ou tard et j’ai rien envie de devoir à personne. »

Aurora Lane ; tu as beau passer son nom sous tous les filtres de ta mémoire, il ne te revient pas.  Tu n’as toujours aucune idée de qui est cette femme qui se présente à toi comme un diable à qui offrir ton âme sans préavis. Tu as beau te dire que tu ne fais que te renseigner, bien maladroitement comme elle le souligne, tu n’arrives pas à te résoudre à accepter de l’aide sans broncher. « Je me suis faite toute seule, j’ai besoin de personne... » Enlève-toi ça un peu de l’esprit, sinon tu vas finir vieille fille sans même avoir passé l’âge adulte dans ta tête.
Pourquoi tient-elle tant à connaître ton nom ? Est-il si important que ça ? Bien sûr, puisque toi-même t’entêtes à vouloir le cacher. Si elle le veut réellement, elle n’a qu’à aller demander à l’organisateur, tu as dû le donner pour pouvoir passer sur scène. Ce qu’elle veut c’est alors l’entendre de ta bouche. Par réflexe inconscient, tes lèvres affichent une moue boudeuse, comme pour retenir le moindre mot qui pourrait sortir de ta bouche.

« Heidi. »

Pas Anna, cette fois ? Non, parce que si tu es amenée à la revoir, le mensonge n’a aucun intérêt. Tu espères simplement que tu n’auras pas à la gratifier des formules de politesse d’usage. Tu n’es pas enchantée de la rencontrer, cela changera peut-être mais pour l’instant, tu n’as pas spécialement envie de te montrer hypocrite. Tu as envie de faire la maligne, de parler et parler encore pour simplement la faire fuir et pouvoir te plaindre par la suite de cette rencontre. Tu en crèves d’envie, vraiment, mais tu te retiens encore, en témoigne toute la crispation nerveuse qui raidit le moindre de tes muscles. Mais pour combien de temps encore ? Si elle continue à te prendre de haut et te donner des leçons de morale avec lesquelles on a déjà rebattu tes oreilles des dizaines et des dizaines de fois, tu ne peux pas promettre que tes efforts soient la dernière chose qu’elle verra de toi.



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Jeu 20 Mai - 18:52 (#)

Let's talk about your fate
J’aurais pu dire qu’elle s’est déridée, mais c’est faux. Ses mots sont certes moins cinglants que quelques minutes auparavant, mais mes yeux voient qu’elle serre les dents, qu’elle est crispée, qu’elle se retient de m’envoyer sur les roses. Je finis tout de même par avoir un prénom. Heidi. Ce prénom me fait sourire. Il signifie la noblesse, elle n’en a pourtant pas. Enfin, je suis peut-être trop dure, j’en ai bien décelée dans son jeu, sinon je ne serai pas face à elle à cet instant très précis.

Ai-je envie de répondre à sa question. Bien sûr que tout a un prix. Et je ne suis pas mécène pour l’argent, certes, j’aime voir les gens s’épanouir pour leur art, oui, j’aime le posséder, l’admirer, le faire évoluer. Mais mes petits poussins m’apportent également quelque chose : ils me permettent de satisfaire les gros bonnets de hautes sphères. Ils aiment en avoir dans leurs musées, dans leurs salons, les collectionner pour satisfaire leur gros porte-monnaies. Alors, ils me sont redevables : je n’aurais jamais découvert cet artiste fabuleux sans vous, Madame Lane ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit… Évidemment, que j’ai besoin d’eux. Alors, ma sphère s’étend et je peux plus facilement faire ce que je veux, obtenir ce dont j’ai besoin. C’est un jeu d’affluence dont personne ne connaît le secret, je suis l’une des rares à le pratiquer depuis des siècles et à la perfection.

« Heidi, vous m’avez l’air bien méfiante. Vous pensez réellement vous trouver face au grand méchant loup ? »

J’aurais voulu lui faire découvrir mes canines pour le jeu de mots. Peut-être la faire frissonner ? Prendre la place de la Bête tandis qu’elle serait le petit chaperon rouge. Mais elle n’est s’est pas candide pour tenir ce rôle. Je me contente d’afficher ce sourire en biais énigmatique que j’aime arborer. Je glisse mes mains dans mes poches et me penche vers elle comme pour lui faire une confession.

« Bien sûr que tout a un prix. Et je serai très malhonnête de vous affirmer le contraire. Mais on ne vit qu’une fois, après tout... Vous devenez célèbre, grâce à vous, je rends des gens heureux. Tout le monde est content. Et ce n’est pas immuable, vous aurez assez d’argent pour prendre un bon avocat et rompre notre contrat quand vous en aurez marre. J’aide les gens à décoller, je garde contact avec eux, mais je ne leur colle pas aux basques comme mon secrétaire pour les solliciter, les écraser, les étouffer. Un artiste pris à la gorge ne sert plus à rien. »

Jones, derrière moi, devient rouge pivoine et se racle la gorge pour rappeler sa présence, tandis que je lâche un léger éclat de rire. Je dépose une main sur l’épaule de mon secrétaire qui frémit et affiche un sourire gêné.

« - Je te mène la vie dure Jones, il n’y a qu’à toi que je fais cela. Et croyez-moi, Heidi, on ne dirait pas, mais il adore.
- Madame Lane, le vernissage…
- Oh ! J’avais presque oublié. »

Je suis moins sérieux, soudainement, j’affiche un grand sourire en regardant ma montre et en échangeant quelques mots avec Jones, demandant si c’était vraiment bien la peine d’y aller, s’il y aurait un endroit pour se garer. Vous voulez peut-être que je prenne le volant, Jones ? Surtout pas, Madame, j’aimerais rester vivant au moins jusque demain matin… Qu’il est rabat-joie…

« Vous avez mon numéro et vous savez vous servir d’un téléphone... Croyez-moi, toutes les deux, on pourra faire des merveilles dans la petite bulle musicale de Louisiane. Vous me remercierez très bientôt. »

Il est vrai que je ne suis pas habituellement sûre de moi, mais pour ce qu’il en est de l’art, je me laisse guider pas mes coups de cœur qui ne me trompent jamais. Bien qu’elle ait sale caractère, je suis certaine que je peux polir Jones me tire la manche, je m’éloigne sans la quitter des yeux, un grand sourire chaleureux aux lèvres, comme si notre entrevue l’avait été et qu’il n’y avait eu aucune ombre au tableau. J’agite même la main pour lui dire au revoir et mime de la main un téléphone avec une prononciation exagérée d’un « Appelez-moi » maladroit avant de disparaître dans la foule.
(c) AMIANTE

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