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Subtle neighbors ♫ Heidi & Anaïs

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Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
Anaïs Wilhm
Anaïs Wilhm
Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
A SONG OF BLOOD

En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Thème : "Your Name" by Chiai Fujikawa
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Lun 3 Mai - 15:56 (#)

Subtle neighbors


Heidi & Anaïs




Juin 2020

Ça aurait dû être une soirée paisible. J'aurai peut-être pu prendre un peu de repos, essayer d'effacer ces satanées cernes qui ne cessent de noircir et grandir depuis octobre. J'aurai pu essayer de réviser encore un peu, d'être sûr d'être prête pour l'examen. J'aurai pu juste ne rien faire, d'essayer de profiter du calme de l'appartement en l'absence de Zach avec un peu de musique, un thé et rien d'autre. Une soirée chill, une soirée pour essayer de me détendre, de ne plus penser à rien d'affreux. Ni aux morts, ni à l'Autre, à rien, rien du tout. J'aurais pu appeler Rica, discuter calmement de ce qu'on allait faire cet été, savoir ce qui allait se passer ensuite, reparler de cette histoire de colocation avec la certitude de ne jamais tomber d'accord sur rien, mais avec l'évidence qu'on recommencerait à en parler, juste pour le plaisir d'imaginer ce que cela pourrait être.

Au lieu de ça, voilà que les voisins ont décidé d'emmerder la trompettiste une fois de plus. Et de m'emmerder moi aussi. Elle ferait trop de bruit selon eux, encore plus que le couple qui s'engueule à longueur de temps ou le type qui décide toujours de bouger ses meubles à des heures pas possible juste pour le plaisir de se sentir dans un lieu différent une fois réveillé. Manque de bol, ils comptaient sur Zach pour calmer les mélodies inopinées de la musicienne. Sauf qu'il n'est pas là, passant le week-end avec Sumire. Ils avaient l'air déçus, les voisins, de me voir ouvrir, mais voilà qu'ils m'ont laissé la corvée d'aller lui demander d'arrêter son concert. Comme si j'en avais quelque chose à faire en plus.

Je l'ai croisé ça et là, cette fameuse trompettiste. Pas un bonjour, à peine plus qu'un regard hautain et c'est tout. Je ne connais même pas son prénom tant c'est une voisine discrète. Ou alors c'est une misanthrope. Je n'ai pas essayé plus que ça de lui parler. Recevoir un regard et un sourire moqueur après avoir dit une fois bonjour m'a suffit, j'ai compris et je ne me suis pas embêtée à essayer d'en faire plus. J'ai déjà bien à faire avec ma propre vie sans en plus m'occuper de tous les voisins pas vraiment commode. La vieille du premier est déjà un calvaire à elle seule avec son homophobie envahissante, pas besoin de rajouter une autre personne à la liste.

Cela fait un moment que j'hésite, incertaine de quoi faire. Je suis fatiguée, physiquement et mentalement et j'aurais bien profité de cette soirée malgré la chaleur du mois de juin. Je peux tout aussi bien en finir au plus vite et passer autre chose. Je frappe, lui demande gentiment de faire un peu moins de bruit, elle se calme et tout rentre dans l'ordre, je peux retourner chez moi et tout le monde sera content. Enfin elle probablement pas... un long soupir m'échappe et je sens poindre une migraine à force de cogiter et d'hésiter. La fatigue ne me va pas au teint et encore moins quand ce genre de tracas imprévus se pointent comme une fleur. Dire que j'en ai marre serait un euphémisme. J'aurai dû les envoyer balader, voilà tout. Mais non, trop gentille la jeune Anaïs, trop serviable, trop aimable pour dire à la vieille chouette du premier qu'elle n'a qu'à s'arracher les tympans et les cordes vocales tant qu'il y est, ça nous ferait des vacances à tous. Moi la première.

- Oh et puis merde...

Je me lève finalement, pressée d'en finir. J'enfile une paire de basket, attrape mon portable et sors, fermant la porte à double tour. La chaleur dans le couloir me donne instantanément un mal de crâne. Je déteste tellement la Louisiane de Juin à Août, c'est un calvaire, surtout avec une peau de rousse comme la mienne. Heureusement à cette heure le soleil se fait discret et l'air va bien finir par se rafraîchir un peu. En pleine journée je serai restée bien tranquille à l'appartement, à boire des litres de trucs frais, à suer sur mes pages de cours avec le ventilateur en pleine figure et à maudire un peu plus la chaleur chaque jour qui passait. Si au moins on pouvait profiter de la mer...

Je redresse la tête en arrivant à l'étage où je peux entendre distinctement la mélodie cuivrée de la fameuse trompettiste. J'en oublie un instant la raison de ma visite pour écouter les sons qui percent le silence et j'en viens à apprécier la mélodie. Ça n'a rien à voir avec du bruit ou des essais d'une amatrice débutante. La personne qui joue sait user de son instrument et le son est plutôt agréable à l'oreille quand on y prête suffisamment attention. Une préoccupation bien loin de celle des voisins qui ne voient probablement qu'une personne bruyante alors qu'il s'agit probablement d'une musicienne qui s'exerce. Pendant un instant, je la plains un peu, certaine qu'elle ne cherche pas sciemment à ennuyer son étage, simplement à rester au niveau pour son travail. Ou quelque chose s'en approchant.

Figée devant la porte, j'hésite, les yeux fixés sur le nom en petit caractère accolé au numéro de l'appartement. H.Janowski. Bon au moins je ne me pointe pas en fleur sans avoir au moins son nom... Me demandant une dernière fois ce que je peux bien ficher ici à cette heure, je sonne à la porte. Presque aussitôt, la musique s'arrête et j'entends des pas approcher vivement avant que la porte ne s'ouvre. Vêtue d'une débardeur noir et d'un pantalon somme toute classique, la propriétaire ouvre la porte, dévoilant une longue chevelure blonde et un teint plus tolérant au soleil que le mien. Je lui offre un sourire que j'espère engageant malgré la fatigue et le mal de crâne qui commence à s'installer confortablement.

- Euhmmm, B'soir madame Janowski. Je suis Anaïs, j''habite au-dessus. Désolée de vous déranger en pleine répétition, mais apparemment ça gêne les voisins.. Moi honnêtement je m'en fiche, c'est plutôt sympa, mais ils sont insistants et j'aimerais bien grappiller quelque heures de sommeil sans qu'ils viennent hurler sur votre porte ou demander de l'aide alors... Vous pourriez éviter de faire ça le soir ? S'il vous plaît.

Voilà. Diplomate, calme, tout y est. Elle va dire oui, peut-être même s'excuser du bruit et tout va rentrer dans l'ordre et je vais pouvoir rentrer, prendre une douche et un cachet pour dormir comme une larve jusqu'à demain. God Bless You, yeah !

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
Heidi Janowski
Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Subtle neighbors ♫ Heidi & Anaïs WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Lun 3 Mai - 18:03 (#)



Subtle neighbors
Kingston Buildings, Juin 2020
ft. Anaïs Wilhm



I
l fait une chaleur à crever dans cet état de merde, tu en regretterais presque les hivers rudes et hostiles de l’Illinois. Même s’il est appréciable de pouvoir sortir avec un simple pull pendant les journées les plus clémentes de l’hiver louisianais, tu ne te feras jamais aux températures infernales de la belle saison au sud du pays. Là où tu apprécies d’ordinaire le fait de rester enfermer des jours durant dans ta chambre les volets fermés, pendant les quelques mois d’été à Shreveport ça en devient presque une condition nécessaire à ta survie. Tu aimes ce mode de vie de créature nocturne ; même si le soleil ne te tue pas, tu trouves beaucoup plus d’affinité avec l’éclat argenté d’une lune plus discrète. Est-ce pour contrarier les parents qui t’ont reniée depuis bien des années maintenant, ceux-là même qui ont essayé pendant de tout aussi nombreuses années de t’inculquer un mode de vie quasi-militaire, ou bien est-ce pour ressembler à ces créatures de contes qui accaparent toute ta fascination depuis que tu en as appris l’existence ? Qui sait, sûrement les deux, si ce n’est plus encore.
Si on rajoute à cette équation un rythme de sommeil chaotique et une tendance prononcée pour l’ermitage, le résultat est sans appel : la perte de ta notion du temps. Midi ou minuit, peu importe ; tu vis selon tes envies, ton quotidien seulement jalonné par des concerts et autres scènes ouvertes, et tes ponctions de sang régulières dans l’appartement de luxe de ta marraine, à défaut d’un mot plus approprié. Mécène, peut-être ? Peu importe, le plus important est que la morsure s’est largement substituée à la bouteille et que tu te trouves un peu moins misérable que tu pouvais l’être il y a quelques mois.

De manière générale, tu es une voisine plutôt discrète. Tu dors le jours, tu t’absentes la nuit et il faudrait être d’une mauvaise foi phénoménale pour affirmer t’avoir déjà vue ramener quelqu’un chez toi. Seul bémol sur cette partition parfaite : ton métier consiste à jouer de l’instrument le plus bruyant jamais inventé : la trompette. Enfin, c’est un bémol pour tes voisins à toi, une bande de sauvages avec moins de sensibilité artistique qu’une tribu de bonobos. Pour une raison que tu ignores, ou plutôt que tu as choisi d’ignorer, ils te détestent et mettent un point d’honneur à venir troubler la moindre de tes séances de travail. Impossible de faire une gamme sans qu’un macaque dégénéré ne vienne tambouriner à ta porte comme si le seul moyen de le sauver d’une mort imminente était que tu ne l’ouvres. Attention, il ne font pas ça que le soir ; la journée aussi. En réalité, ça reste très exceptionnel que tu sois encore chez toi à cette heure-ci, et encore plus que tu aies décidé de sortir ton instrument. Les faits sont donc les suivants : tu détestes tes voisins autant qu’ils te détestent, et tu n’apprécies pas franchement plus le reste de la population de prolétaires entassés dans cette ruine.

Ce soir, tu n’avais pas vraiment l’intention de jouer. Tu avais même commencé à bouquiner ; c’est même précisément la cause de ton tapage nocturne. Tu t’es plongée dans un livre de théorie musicale emprunté à la bibliothèque, certes sans qu’ils le sachent, et tu as lu cette chose si invraisemblable, si folle à tes yeux qu’il fallait que tes oreilles te le confirment. Il a fallu que tu sortes ta fidèle amie de laiton et lui fasse profiter de ta découverte. Ensuite, disons que tu t’es laissée emporter. La passion, comme diraient certains. Personne ne pourrait te tenir rigueur d’exercer ta passion ? Après tout c’est quelque chose de sain, ça te change du reste de ta vie. Évidemment, c’est raté, il a fallu que l’on vienne frapper une énième fois à ta porte pour te sommer de t’arrêter. A-t-on déjà seulement réussi une seule fois ?

A ta plus grande surprise, lorsque tu ouvres la porte, prête à te lancer dans une joute verbale sans merci dont l’issue ne saurait être que fatale, ça n’est pas le connard d’en face ni la guenon qui lui sert de copine qui se tient sur le palier. Non, c’est une gamine. Enfin, une gamine, elle doit avoir l’âge que tu avais lorsque tu as fugué pour la dernière fois. Elle te dit quelque chose ; si ta mémoire est bonne, elle doit occuper un des autres appartements du bâtiment. Pas de chance. Elle a l’air gentille, et ça n’est pas vraiment un compliment venant de toi. Et elle t’a appelée madame, ça doit bien être la première fois de ta vie.

Appuyée dans l’encadrement de ta porte à moitié ouverte, peut-être suffisamment pour distinguer le désordre qui règne dans ta grotte malgré la pénombre, tu la dévisages de bas en haut pendant qu’elle déroule son monologue. Tu le ponctues très habilement d’un bâillement dédaigneux, soulignant le fait déjà évident que tu ne l’écoutais qu’à moitié.

« Si je comprends bien, tu voudrais, pour ton petit confort personnel, que j’arrête de travailler, c’est bien ça ? »

Tu plonges ton regard dans le sien, maintenant un contact visuel permanent pour essayer d’accentuer encore plus le sentiment de culpabilité que tu essaies de faire naître en elle.

« Tu sais que je suis musicienne ? C’est comme ça que je gagne ma vie. Déjà que la situation des musiciens est précaire, si je ne travaille pas correctement je peux dire au revoir à mes cachets et je me retrouverai à la rue. »

Tu doutes de pouvoir retourner dans le foyer dans lequel tu as habité à ton arrivée en ville. Tu n’es plus une adolescente maintenant, il paraît que tu es assez grande et autonome pour te débrouiller toute seule.

« Tu vois, j’ai pas vraiment envie de me faire mettre dehors, surtout à cause des enfoirés d’en face qui passent leur temps à hurler sur leur gamine. »

Ton regard se durcit en mentionnant cette gosse. Là où tout ce que tu as dit avant n’était que du vent, une simple manœuvre rhétorique à l’efficacité encore à prouver, parler de la petite d’en face réveille une véritable colère. Il n’y a rien que tu détestes plus que d’entendre des parents crier sur leurs enfants, tu n’y peux rien, c’est comme ça. Sous prétexte qu’il arrête de traumatiser leur progéniture à huit heures pétantes, ils se sentent tout permis. Franchement, heureusement que tu es là pour les remettre à leur place dès qu’ils viennent frapper à ta porte.


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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Ven 7 Mai - 1:42 (#)

Subtle neighbors


Heidi & Anaïs


La porte ouverte, les yeux montre une certaine surprise. Toujours là où on m’attend le moins, vraiment. Ça devient une habitude dans cet immeuble, c’en serait presque comique si ce n’était pas toujours pour des choses négatives ou qui ne devraient pas arriver. Cela fait pourtant un moment que je vis ici. Habitante discrète, ne cherchant jamais d’ennui, toujours à être aussi invisible que possible malgré mes cheveux roux parfaitement reconnaissable dans le coin. Je n’ai pas vraiment cherché à m’associer au voisinage, parfaitement contente de cette petite vie dans mon coin, avec juste les personnes avec lesquelles j’aime être entourée. Mais le voisinage, lui a sa propre conception des choses et je fais au moins pour faire avec. Invisible dans la masse, essayant de coller à une routine aussi normale que possible.

Et ce soir, juste pour qu’on me fiche la paix et que je puisse dormir, me voilà face à quelqu’un qui suscite bien trop d’intérêt et d’émotions négatives de la part des autres occupants de l’immeuble. Et malgré la carte de la diplomatie et de la politesse, sa réponse n’est pas vraiment celle que j’espérais. Voilà qu’elle cherche à me faire culpabiliser en me fixant, assurant que c’est moi qui l’empêche de faire son travail et que personne emmerde les voisins qui hurlent sur leur fille. Je la fixe, un peu interloquée par la façon dont elle parle et par el fait qu’elle n’a pas écouter un mot de ce que je viens de dire, préférant me bailler au nez. Une soudaine envie de lui enfoncer sa trompette dans un endroit bien particulier émerge, mais je reste aussi calme que possible, me passant une main lasse sur mon visage fatigué.

Cela fait combien de temps, maintenant ? Combien de temps depuis la dernière fois que j’ai eu le temps de me reposer, le temps de penser à moi sans avoir de pensées parasites, sans avoir ces images qui reviennent encore en encore, sans avoir cette culpabilité et ce dégoût qui remonte, laissant parfois un goût de bile acide sur la langue alors que j’émerge d’une crise d’angoisse ou d’une pensée sombre qui me fait replonger dans ces heures atroces. Et elle pense que c’est pour mon confort que je viens la voir alors que je pourrais essayer de dormir et cesser de me vider peu à peu de mes forces.

- Ecoutez au moins un peu quand on vous parle…

Je me fiche complètement des insultes ou du manque de respects d’autrui. Cela me passe tellement au-dessus à présent, j’ai vécu tellement pire que quelques mots grossiers que ce serait presque un soulagement s’il ne s’agissait que de ça. Je rêverais même que ce ne soit jamais plus que cela. Que quelques insultes volent et que je passe à autre chose, un peu vexée ou triste mais en oubliant tout quelques jours après. En temps normal tout du moins. Avec la fatigue, je me rends compte à quel point mes limites sont rapidement atteintes et à quel point je m’énerve facilement pour rien ces derniers temps. Parfois j’explose sans raison pour rien. La colère ou les pleurs fusent et j’ai du mal à en cerner parfois la raison. J’inspire, m’efforce de rester aussi calme que possible. Je dois juste lui expliquer le problème et qu’elle comprenne que je n’ai rien contre elle.

- Ecoutez… je ne suis pas là pour vous empêcher de jouer…

Je me gratte la tête, un peu exaspérée de devoir faire le sale boulot des autres et qu’elle aie répondu ainsi, sans même essayer de comprendre. Pourquoi tout le monde ne pourrait pas juste arrêter de faire chier, juste une soirée ?

- Je ne veux pas mon confort, je veux juste grapiller une nuit à peu près correcte de sommeil et si les voisins tambourinent à ma porte parce que vous faites du bruit, je vais pas y arriver.


Pourquoi a-t-il fallu que Zach ne soit pas là ce jour-là ? Il les aurait envoyés chier et fin de l’histoire. Au lieu de ça, me voilà dans le couloir en pleine nuit alors que je devrais me brosser les dents pour aller dormir roulée en boule sous les draps tout juste lavés et qui sentent la lavande.

- Je ne vous demande pas grand-chose, juste de pas jouer là, maintenant. Vous pouvez jouer demain toute la journée et je peux même vous apporter des cookies si vous voulez, mais juste… j’ai vraiment besoin d’une nuit de sommeil. Honnêtement je ne sais pas pourquoi les voisins vous font chier comme ça, parce que les bruyants y’en a beaucoup ici, et votre musique est agréable à l’oreille… pour une trompette.

Je me pince l’arête du nez. Je parle trop, reste focus Anaïs, faut juste qu’elle comprenne que ça sera mieux pour tout le monde, même pour elle, de ne pas avoir les voisins énervés en permanence dès qu’elle fait le moindre bruit.

- Vous voulez bien ? juste pour cette nuit au moins ?

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≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
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Mer 12 Mai - 15:52 (#)



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I
l faut se rendre à l’évidence : ta piètre tentative de culpabilisation n’a pas eu l’effet escompté. Fâcheux. C’est peut-être le ton de ta voix qui t’a trahie, à moins que ça ne soit la manière condescendante avec laquelle tu t’exprimes en quasi-permanence. Dans tous les cas, c’est un échec et il va te falloir trouver une nouvelle stratégie pour qu’on te laisse en paix.

Dans ce quartier, il y a du bruit partout, tout le temps, alors tu ne vois pas pourquoi tu déranges particulièrement. Entre chacune de ses phrases, on pouvait presque entendre des sirènes de police se heurter aux murs noirâtres des bâtiments insalubres. Toujours les mêmes disputes entre voisins éreintés à quelques blocs d’ici, parfois des coups de feu et souvent, les cris qui les accompagnent. Aussi, les cris de détresse maquillés en râles alcoolisés des drogués du coin dont la survie ne tient qu’à une force surnaturelle que certains appellent Espoir. C’est un paysage d’une tristesse affligeante qui se dessine chaque jour et chaque nuit autour des Kingston Buildings, un tableau en nuances anthracites dont les seules couleurs proviennent des gyrophares et des feus qui ponctuent aléatoirement les rues. Et pourtant il faut vivre. Ou survivre. Sans poème, sans blesser tout ceux qu’on aime.
Qu’est-ce que tu fais ici, toi ? Comme tout le monde : tu te débats. Tu luttes pour trouver une échappatoire, ou plutôt pour faire de ta passion cette porte de sortie vers le monde meilleur auquel chacun aspire. Sans diplôme, sans argent, sans ami, sans famille, sans faculté, sans dieu à qui te remettre, la seule chose qu’il te reste c’est la musique. A l’instant même où tu arrêteras de t’acharner, tu sais que tu seras inéluctablement attirée dans cet abysse sombre dont il est impossible de ressortir.

Tu n’écoutes toujours pas ce que la jeune femme devant toi a à répondre. De toutes façons, est-ce que ça changerait grand-chose ? Des quelques mots que tu captes, le regard blasé plongé dans le vague et brutalement arrêté par la porte de ces voisins véhéments, tu devines qu’elle en appelle à ta compassion et ta bienveillance. Malheureusement pour elle, tu n’es dotée de ni l’un, ni l’autre. Tu aurais bien aimé, là n’est pas la question, mais tu n’as à la place qu’amertume et esprit de contradiction.

« Mh. »

Difficile de répondre autre chose puisque tu te fiches des raisons pour lesquelles elle te demande d’arrêter de jouer. Pour toi, elles ne changent rien, que ce soit pour une raison ou pour une autre, la demande est la même. De toutes façons, tu n’as plus envie de jouer, elle t’a coupé absolument toute inspiration avec sa mine de chien battu et sa voix plaintive.  Ça y est, tu es vexée. Comme une gamine à qui on dirait de ranger sa chambre, tu décides de t’y enfermer pour ne plus entendre le moindre mot qui pourrait te contrarier. Ainsi, sans daigner articuler le moindre mot pour lui répondre, tu clos la discussion en même temps que la porte. Elle sera contente, tu vas ranger ton instrument et enfin laisser l’immeuble profiter de la délicieuse atmosphère sonore du quartier.


***


Enfin, tu as réussi. A vrai dire, entre déménager de cet endroit minable et trouver une amie, tu ne sais pas ce qui a été le plus dur. Quoi qu’il en soit, tu as accompli ces deux tâches avec brio et ça, personne ne pourra te le retirer.
La fin de l’été, la chaleur est toujours aussi intenable qu’il y a quelques mois. Cloîtrée dans ton appartement pour la dernière fois, tu attends que le soleil daigne arrêter de vouloir faire fondre la ville pour t’échapper de cet enfer de béton et de crasse pour rejoindre la ligne de départ d’une nouvelle vie dans laquelle tu pourras, tu l’espères, oublier encore les quelques années qui viennent de se dérouler.

Huit heures à ta montre ; tu hasardes un coup d’œil à travers les stores fermés de ton nouvel ancien appartement et empoignes ta valise. C’est le plus vieil objet que tu possèdes ; cette valise a vu ton arrivée à l’internat, a été témoin de ta fugue à travers le pays et de tous les exploits que tu accomplis depuis. C’est également le dernier cadeau de tes parents, assez ironiquement. La symbolique est puissante, mais il faut faire en sorte de l’ignorer : tu es déjà assez pleine de ressentiment comme ça, ça n’est pas la peine d’aller déterrer encore plus d’ombres qui ne veulent elles aussi que t’oublier.
Dans la cage d’escalier, tu pries pour ne croiser personne. La dernière chose dont tu as envie, c’est d’une remarque sur ton départ.
Tu étais à un rien de t’enfuir en toute discrétion, mais rien ne se passe jamais comme prévu avec toi. Juste devant la porte d’entrée de la tour, une scène que tu aurais bien voulu ignorer. A vrai dire, tu avais même l’intention de le faire, seulement, il aura suffit à une seule phrase d’atteindre tes oreilles pour t’y impliquer personnellement. « Personne veut de vous, le monde se porterait bien mieux sans CESS. Va crever. » Ton sang ne fait qu’un tour. Tu as beau être en pleine rémission d’une côte fêlée, ça ne va pas t’empêcher de mettre en pratique les techniques bien durement acquises auprès de l’autre polonaise d’Elinor.

Sans réfléchir plus que de raison, tu t’approches de la scène. Derrière le premier type qui te fait dos, un visage familier. Elle, une CESS ? Tu ne l’aurais pas deviné toute seule, mais après tout, si ça se voyait tant que ça, il n’y aurait pas eu besoin de la Révélation. Enfin, peu importe, le plus important en cet instant et de faire regretter ses propos à l’espèce de racaille crasseuse. Profitant de l’effet de surprise, tu abats ton pied violemment contre l’articulation de ses genoux. Il s’effondre. Tu abrèges ses suppliques stupéfaites en élançant ton genou contre son visage déjà balafré par d’anciennes altercations. Tu grimaces de douleur à cause de ta côte, mais certainement moins que lui, bien qu’il ne soit à présent plus conscient pour pouvoir se plaindre.
D’un rapide coup d’oeil, tu jauges la fille de bas en haut, peut-être pour essayer de trouver sur elle un indice quant à sa nature, mais en vain. Tu lui tournes aussi rapidement le dos dans l’espoir de retrouver ta valise avant qu’on ne te la vole.


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Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
Anaïs Wilhm
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A SONG OF BLOOD

En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Lun 7 Juin - 10:22 (#)

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Cela va faire deux bonnes minutes que je suis restée fixée sur la porte close. Elle m’a simplement claqué la porte au nez, sans dire un mot, sans même essayer de discuter. Aucun bruit ne provient de son appartement, mais je n’ai pas le sentiment qu’elle ait compris c que je voulais lui expliquer. Je finis par me passer la main sur le visage en soupirant. Un dernier coup d’œil à la porte close et je rebrousse chemin, retourne à l’appartement pour prendre aussitôt une douche et m’effondrer ensuite dans les merveilleux draps qui sentent encore la lessive. Quel bonheur. Mes pensées dérivent à nouveau vers la voisine. Une vraie misanthrope du peu que j’en ai vu, pas étonnant que les voisins ne l’apprécient pas. Enfin quand on voit certains autres voisins, j’imagine que ce n’est pas la pire, au moins elle ne vient pas emmerder tout le voisinage à longueur de journée. Je ferme les yeux, épuisée. Tout ça est terminé, je n’ai plus à m’en faire, juste à profiter d’un long, long sommeil.

***

Il va falloir que j’arrête. Rentrer à cette heure-ci après m’être épuisée les yeux sur des tonnes de livres, ce n’est vraiment pas bon. Et en même temps… Être admise à la LSU suffit à me motiver suffisamment pour que je passe des heures et des heures plongée dans les livres qu’on est censé voir au cours de l’année. Rica pense que je suis cinglée, moi je trouve juste ça suffisamment passionnant pour y passer des heures sans voir le temps passer. Il me tarde de démarrer l’année.
J’étouffe un bâillement en descendant du bus qui me ramène près de l’appartement. Il fait toujours aussi chaud alors qu’il est près de vingt heure et que le soleil commence à se faire de plus en plus discret. Y’a pas à dire, je déteste vraiment l’été en Louisiane. Il a beau être bientôt fini, on sent toujours l’air poisseux et lourd s’abattre chaque jour sur la ville alors que la pluie qu’on espère voir venir rafraîchir un peu tout ça décide de tomber plus loin.

Je me craque la nuque en arrivant devant les portes de l’immeuble et soupire de satisfaction face à la sensation. Une grimace apparaît malheureusement aussitôt en voyant la silhouette d’un type dans le Hall, qui lui s’apprête à sortir. Et forcément il ne peut pas me manquer et je vois aussitôt ses yeux se plisser. Et c’est reparti… Trevis… ou Trevor… je ne sais pas vraiment à vrai dire. Ce type m’a prise en grippe il y a de cela quelques semaines parce qu’il m’a soi-disant reconnue. Et il déteste les CESS. Pas de raisons invoquées, juste il les déteste et me le fais savoir à chaque fois qu’il me croise. C’est-à-dire trop souvent à mon goût. Généralement il se contente de cracher sur mon chemin, mais des fois il ouvre la bouche pour dire quelques insultes. Je n’en ai pas parlé à Zach, parce que sinon le type finirait la tête la première dans une benne à ordure, mais plus le temps passe et plus je suis tentée e voir ce que ça donnerait.

« Dégage, sorcière ». Je me retiens de justesse de soupirer ou de lever les yeux au ciel. A une époque, je me serais sentie vraiment mal face à ce genre de comportement, j’aurai baissé la tête, voire aurait fait demi-tour pour rentrer une fois le type parti. Plus maintenant. Je suis née ainsi et ce n’est pas ma faute si cet abruti a une dent contre ce qu’il ne comprend pas. Probablement qu’il est raciste ou homophobe aussi. Je me contente donc simplement de l’ignorer pour rentrer. J’ai envie d’une bonne douche et d’une soirée relaxante et ce n’est pas ce type qui va venir tout gâcher avec son bide à bière et ses manières d’ours. Quoique je connais un ours plus maniéré que ce type. Type qui décide de me barrer la route. « Personne veut de vous, le monde se porterait bien mieux sans CESS. Va crever. » Voilà qui est original… Ce qui l’est davantage, par contre, c’est le cri de douleur qu’il pousse en tombant au sol. Estomaquée, je vois la trompettiste lui asséner un coup de genoux dans le visage avant qu’il ne s’effondre.

Alors que l’anti-CESS gît au sol, visiblement sonné par le coup, je vois la jeune femme m’observer, un air que je pense intrigué sur le visage, avant de se détourner. J’ai l’impression de rêver là. Elle ne dit rien ? Elle repart juste, comme ça. Je jette un œil au type allongé au sol et me penche rapidement sur lui. Bon, il semble juste sonné et il saigne juste du nez. Je ne vais certainement pas le soigner celui-là, qu’il aille se faire foutre, ça lui apprendra. En revanche j’emboîte le pas à la jeune femme. J’ai été surprise, elle lui a mis une sacrée raclée, mais au moins elle m’a vraiment aidé. « Attendez ! » Je trottine à sa suite pour la rattraper. « Euhm je... merci de m’avoir aidé. » Même si j’aurais simplement pu l’ignore et tout se serait bien passé au final. Il aurait craché son venin, j’aurait fait semblant de n’en avoir rien à faire et serais rentrée chez moi sans autre problème. Et au lieu de ça…

« Où est-ce que vous avez appris à faire ça ? » Les apparences sont trompeuses, parfois. Je ne l’aurais jamais imaginé faire ce genre de choses. Je ne la connais pas, il faut dire. En dehors des quelques paroles échangées et d’une porte claquée sur mon visage, nos interactions ont été pour le moins limitées. Avec le recul j’admets que je peux comprendre en partie sa réaction, mais ça n’excuse pas vraiment tout. Je remarque alors seulement l’énorme malle qu’elle est partie récupérer comme si elle avait peur qu’elle disparaisse. « Ah tiens vous… vous partez en vacances ? » J’en connais qui vont être heureux de le savoir. Je ne sais pas trop ce que j’espère, à lui faire la conversation comme ça, mais je voulais au moins montrer ma gratitude. Elle m’a évité un moment tout de même extrêmement pénible.

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Heidi Janowski
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≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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Mar 8 Juin - 0:15 (#)



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Kingston Buildings, Juin 2020
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I
A peine la main posée sur la poignée de ta valise abritant la quasi-totalité des biens que tu possèdes, on t’interpelle. C’était à prévoir, après tout tu viens de sans doute de casser le nez d’un connard sous les yeux de celle qui n’est plus ta voisine depuis ce soir. En vérité, tu n’as pas, ou plus vraiment conscience de la notion de violence ; c’est un mot qui n’a fait que se brouiller en grandissant jusqu’à se greffer insidieusement à une fraction immense de ton vocabulaire. Tu y es habituée, elle ne te choque plus ; tu l’embrasses et lui donne une place privilégiée au lieu de la diaboliser comme tant de personnes ont voulu te l’imposer. C’est peut-être – sans doute – un acte de rébellion qui s’est transformé en trait de caractère à part entière à force d’être répété inlassablement au fil des rixes et des logomachies. La violence est ancrée en toi comme un tatouage ostentatoire que tu serais obligée d’assumer, ancrée jusque dans tes côtes qui ce soir se font les témoins de ta philosophie de l’autodestruction.

Pourquoi te remercie-t-elle ? Tu pensais, avec votre dernier échange, qu’elle allait essayer de te faire avaler une morale qui n’est pas la tienne à grands renforts de jugements de valeur et de dogmes préfabriqués. C’est une surprise. Tu n’iras pas jusqu’à dire qu’elle est agréable, mais elle a au moins le mérite de ne pas être le contraire. En poussant un soupire discret que tu mettras volontiers sur le compte de ta blessure si on te le reproche, ce qui ne serait pas non plus un mensonge entier, tu te retournes une nouvelle fois alors que la soit-disant sorcière arrive à ton niveau.
Qu’est-ce que ça peut bien lui faire, où tu as appris à tabasser un abruti par surprise ? Tu ne saurais même pas répondre précisément à sa question même si tu le voulais. Un mélange d’instinct, d’expérience et de mimétisme, cela serait-il une réponse correcte ? Oui, tu as commencé à prendre des cours d’autodéfense au courant de l’été à cause d’un épisode bien malheureux, mais ça n’est pas vraiment le genre de choses que tu as pu apprendre avec la tarée qui te tient lieu d’instructrice. En y songeant quelques instants, on peut facilement se rendre compte de l’ironie de la chose ; apprendre à se défendre quand on passe sa vie à chercher à se détruire. C’est un peu comme proclamer que tu es la seule à être en droit de te faire du mal.

Pendant que la jeune femme s’attarde sur ta valise, tu tentes de te souvenir de son nom. Nina.. ? Non. Anna ? Non plus, tu t’en serais souvenue, et rien que de te remémorer les raisons pour lesquelles ce nom aurait capté ton attention te noue le ventre, mais le nom que tu cherches est proche. Anaïs, voilà. Anaïs te demande si tu pars en vacances. Elle n’en a pas l’air, mais elle a de l’humour. Tu réponds d’un ton las.

« Je me suis pas mise soudainement à gagner assez ma vie pour me permettre de partir en vacances en deux mois. Je déménage de ce trou à rats. »

Si seulement l’expression avait été au figuré. Tu ne supportes plus cet endroit, ni ce qui l’entoure, et même si tu ne le montres pas, tu es absolument ravie que ton amie, toi-même tu as du mal à y croire, Xanthe t’ait proposé cette colocation. Tu n’as aucune idée de comment les choses se passeront, mais il est certain qu’elles ne pourront pas être pires qu’ici.
Tu marques une petite pause avant de répondre à son autre question sur un ton toujours aussi désabusé, mais une note de sarcasme dans la voix.

« Je fais que répéter ce que j’ai déjà subi. C’est pas facile tous les jours d’être une connasse. »

Soyons honnêtes quelques instants, tu n’as jamais été victime de ce que tu viens d’infliger au type qui se tortille dans tous les sens quelques mètres plus loin. En revanche, tu n’as aucun mal à assumer que tu es une personne détestable. Il serait dommage de nier ce pourquoi tu travailles tant chaque jour : être insupportable. Ton regard guette sa réaction, prêt à malicieusement la foudroyer si elle s’avise d’abonder en ton sens. Là encore, tu es la seule que tu autorises à tenir ce genre de propos concernant ta personne.

« Enfin, il a bien mérité sa raclée. J’ai horreur qu’on parle mal des CESS. »

Non pas parce que tu en es une toi-même, mais plutôt parce que tu as passé de longues années après la Révélation à les jalouser amèrement. Tu aurais aimé naître spéciale, avoir en toi quelque chose d’unique qui pourrait au moins justifier à quel point tu te sens étrangère au monde, mais il n’en est rien. Parler mal des CESS, c’est piétiner tes rêves et tes aspirations, c’est piétiner la personne que tu aimerais être.
Tu te gardes pour l’instant de faire le moindre commentaire sur elle ; peut-être avouera-t-elle quelque chose d’elle-même ? Ou pas d’ailleurs ; on ne peut pas dire que tu inspires confiance, alors obtenir une confession.. voilà qui semble utopique. Enfin, pour ce que tu en as à faire. Dans quelques heures, la page des Kingston Buildings se tournera définitivement pour toi et tu pourras oublier avec grand soin tout ce qui y est relié de près ou de loin.


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Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
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Lun 12 Juil - 14:59 (#)

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Heidi & Anaïs


Je ne sais pas trop si je dois me sentir rejetée ou non, mais le simple fait de lui parler semble la déranger. Un peu comme voir une adolescente qui serait en pleine crise d’ado et qui soupire bruyamment pour que le parent qui lui fait la leçon comprenne qu’elle veut juste qu’on lui fiche la paix. Ce genre de comportement. Quand je pense que mes parents n’y ont pas eu droit, mais ont carrément eu la fugue en bonne et due forme, ça me ferait presque sourire. Presque.
C’est encore plus flagrant quand elle se retourne vers moi et me fixe comme si ça l’emmerdait que je sois venue la remercier et essayer d’être reconnaissante. Je veux dire, quel genre de personne irait juste passer son chemin sans mot dire après que quelqu’un lui soit venu en aide ? Donc je l’ai fait, par réflexe certes, mais c’est complètement sincère et elle me regarde come si elle découvrait que quelqu’un peut, de fait, être reconnaissant envers elle. Même quand elle parle ça semble l’ennuyer, toute cette histoire

Je fixe sa valise avec un mélange de surprise et de perplexité. Elle déménage et elle n’a que cette seule valise ? Toute sa vie est là-dedans ? J’espère intérieurement qu’elle a déjà envoyer les déménageurs emporter le reste. Pourquoi ça m’intrigue ? Je n’en sais rien et ça ne devrait même pas me préoccuper. On est simplement deux étrangères qui se sont croisées çà et là et elle n’a jamais voulu être plus aimable que la porte qu’elle claque en rentrant chez elle ; Sarcasme et lassitudes semblent former un genre de halo autour d’elle, comme si elle ne pouvait pas communiquer autrement qu’en ayant l’air de s’en foutre ou désabusée. D’une certaine façon, j’ai le sentiment qu’elle se protège ainsi, parce que je ne vois pas quelle autre raison pourrait justifier d’être aussi aigrie. Exceptée le fait d’être simplement une connasse, comme elle le dit si bien.

Mas ce n’est pas ça. Le ton de sa voix change quand elle parle de ce qui vient de se passer. Parler de ceux qui s’en prennent aux CESS semble véritablement la toucher parce que le ton las a disparu juste à ce moment-là. Cela me prend un peu au dépourvu

- Pourquoi ? Vous en êtes une vous aussi ?

La question est sortie toute seule, sans que je n’y réfléchisse vraiment. Un pur moment de curiosité sincère envers cette femme qui est un mystère complet alors qu’on a vécu à quelques mètres l’une de l’autres pendant des mois. C’est ce qui rend la vie en appartement vraiment étrange parfois. Le fait de se dire qu’un tout petit mur nous sépare de personnes et de mondes complètements différents, parfois plus clairs, parfois plus obscurs, souvent simplement plus normaux que le nôtre. J’ai accepté depuis longtemps que la normalité ne ferait plus jamais partie de ma vie ; Puis en y réfléchissant je prends compte que ma question est stupide. Un CESS ne s’appelle pas ainsi. On est une outre, un arcaniste ou un métamorphe, pas un CESS, pas un simple acronyme décrété par des bureaucrates.

Contrairement à Lilas, je ne peux pas deviner d’un coup ce qu’elle est. Parfois je le regrette un peu, mais souvent je me dis que vivre avec des tâches de couleurs flottant partout ça me donnerait simplement une migraine de tous les diables. Ignorance est parfois mère de sûreté.

- Laissez tomber, vous n’avez visiblement pas envie de parler avec qui que ce soit, mais je voulais juste vous remercier parce que vous m’avez aidé, c’est normal. Si je pouvais vous renvoyer l’ascenseur, je le ferais, alors hésitez pas, d’accord ?

Je doute qu’elle me dise qu’elle a besoin d’aide. Elle semble plutôt prête à se laisser crever par fierté mal placée plutôt que de demander à une inconnue un petit coup de pouce, même désintéressé. Je n’aime pas vraiment ça, mais je ne peux pas la forcer à accepter une aide dont elle ne veut pas, de toute façon.

- Et, honnêtement, rien ne vous oblige à être une connasse à temps plein, vous savez ?

J’ai repris ses propres termes et la fixe. Je crains un peu sa réaction et je n’ai pas spécialement envie qu’elle essaie de m’en coller une comme elle l’a fait à l’autre type. Je me hâte d’éclaircir la chose avant que tout ne dégénère et que ça finisse mal.

- Je veux dire que vous êtes complètement sur la défensive alors que je venais juste vous remercier. Je sais qu’on ne se connaît pas, mais je n’ai rien contre vous, j’essayais juste de… briser la glace ?

Plutôt l’immense carapace qu’elle semble s’être formée autour d’elle. La dernière fois aussi elle avait semblé particulièrement lasse de ma demande et m’avait claqué la porte au nez avec peu de civisme. Je ne vais pas insister cette fois, de toute façon. On a tous nos problèmes et j’ai déjà bien assez des miens sans en plus me faire rembarrer comme la dernière fois, telle une malpropre.


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Jeu 15 Juil - 20:53 (#)



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C
’est une question que tu n’avais pas anticipée, et qui pourtant paraît tout à fait prévisible, voire évidente maintenant que tu l’entends. Toi, une CESS ? Tu aurais aimé lui dire oui, pouvoir faire la démonstration de ton unicité devant cette quasi-inconnue et prouver à la face du monde que tu n’as d’humaine que l’apparence. Il n’en est rien ; de l’humaine tu as tous les traits, des contradictions exacerbées de l’esprit à la banalité affligeante de la nature. Le silence s’installe quelques instants, amenant avec lui la gêne des réponses qui refusent de sortir. Face à elle, murée dans un mutisme vexé, tu commences à envisager de simplement tourner les talons. A quoi bon forcer une discussion que tu n’as pas envie d’entretenir ? Partir devient rapidement une option viable à tes yeux, elle devient même de plus en plus pressante. La main agrippant fermement la poignée de ta valise, tu allais mettre ton idée à exécution, mais une sorte de Fortune espiègle a voulu qu’elle fasse avorter ta fuite en enchaînant.
Au moins, tu sais maintenant que le problème ne vient pas de toi ; tu n’as pas l’air plus abordable que d’ordinaire, c’est elle qui se sent obligée de te parler. Elle te remercie. Fort bien. Est-ce si normal que cela ? Tu n’en sais rien. A vrai dire, tu ne saurais même pas décrire un comportement normal si ta vie en dépendait. Alors, dans le doute, tu vas juger que non, ça n’est pas normal. Pour tout de même étayer ton raisonnement, tu pourrais souligner le fait qu’on ne te remercie que très rarement. Enfin, ça, c’est sans doute dû au fait que tu n’agis pas vraiment pour que cela arrive, au contraire.

Oh, alors elle a décidé de braver ton regard vaguement inquisiteur et d’emprunter ton vocabulaire. Tu es surprise, un peu, ni agréablement, ni désagréablement. Tu ne tentes pas de la crucifier des yeux comme tu as vaguement eu l’intention de le faire. A la place, tu arques un sourcil circonspect pour accompagner le très subtil rictus qui en un battement de paupière a fleuri puis fané à la commissure de tes lèvres. Elle a au moins raison sur un point : rien ni personne ne t’oblige à faire quoi que ce soit. Tu es seule maîtresse de tes actes, et tu ne supporterais pas qu’on te dise quoi faire de ta vie. Du moins c’est ce dont tu tentes de te persuader tous les jours depuis plus de vingt ans. Et malgré tout ce qu’elle peut raconter, une question persiste encore et toujours dans ton esprit.

« Mais briser la glace pour quoi faire ? »

La question est sincère, et cela doit transparaître dans ta voix tout de même teintée d’un agacement fatigué. Qu’est-ce que tu pourrais bien lui apporter ? Qu’est-ce qu’une discussion avec toi pourrait avoir de si attrayant pour s’évertuer à ce point à la tenir ? Vous êtes toutes les deux d’accord pour dire que tu n’as rien d’une bonne personne alors quel est l’intérêt ?
Ton dos commence à te faire mal, et tu changes de posture pour soulager tes vertèbres. Même les plus petits mouvements réveillent ta côte et te donnent envie de bondir de douleur. Tu réprimes un gémissement et te pinces l’arrête du nez, le temps d’être certaine que ta voix ne chevrotera pas quand tu prononceras ta prochaine réplique.

« Y’a rien qui m’oblige non plus à pas être une connasse. J’suis comme ça, personne pourra rien y changer, faut te faire une raison. »

Vingt-cinq ans et personne n’a rien pu y faire. Enfin, tu n’es pas non plus née avec le Mal gravé sur la peau, et peut-être que si tu avais vu le jour ailleurs, les choses auraient été complètement différentes. C’est même une évidence. Tu en veux au monde entier pour t’avoir laissée devenir celle que tu es aujourd’hui en ignorant le moindre de tes appels à l’aide. Est-ce que tu lui en veux à elle aussi ? En quelque sorte, mais c’est plus une attitude que tu adoptes par réflexe qu’une haine véritable. Tu es sur la défensive, en gros, c’est bien le mot juste, mais c’est parce qu’elle est plus jeune que toi. Elle personnifie moins l’injustice dont tu penses avoir été toute ta vie la victime. Ça la rend moins insupportable que le reste du monde. Moins, mais toujours tout de même.
Tu laisses un peu de temps s’écouler, simplement pour réfléchir à quoi faire ensuite. Partir est toujours une option. Déverser sur elle gratuitement ta colère et ta frustration pour lui montrer que tu ne vaux pas mieux que le type qui continue de geindre, étalé quelques mètres plus loin en est une aussi. Tu jauges avec dédain cet homme dont la fierté doit être aussi difficile à ravaler que le sang qui coule de son nez, puis reposes ton regard sur Anaïs.

« Si tu tiens vraiment à faire quelque chose pour moi, aide-moi à tirer ma valise jusqu’à l’arrêt de bus. Ça m’évitera de canner en chemin. »

Quelle idée, aussi, d’avoir un coup de sang à ce moment-là ? Au moins, si tu n’as pas à t’encombrer de ton bagage pour une partie du chemin en profitant d’une bonne poire, ça sera déjà de gagné. Un mal pour un bien.


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Elle ne me rembarre pas, à ma plus grande surprise. Non, elle reste muette au début. Mes questions l’ont peut-être perturbé, mais ça suffit à me répondre. Au moins à l’une d’entre elle. Ce n’est pas une CESS. Je m’en doutais un peu, mais j’en suis presque certaine à présent. Si c’est le cas, je ne comprends pas vraiment pourquoi elle a tenu à m’aider simplement parce que j’en suis une. Je sais qu’il y a des humains sans don particulier qui sont totalement pro-CESS sans comprendre la menace que certains peuvent représenter. Je ne m’en plains pas, je serai sans aucun doute plus calme et en sécurité si les gens venaient à comprendre qu’être un CESS ce n’est pas forcément attaquer les gens pour boire leur sang ou faire je ne sais quel étrange rituel. Les rumeurs qui circulent sur Internet vont parfois si loin que je me demande si les gens qui lisent ce genre de choses croient aussi à la terre plate et toutes ces inepties. Tomber sur une humaine pro-CESS ça change agréablement de l’ordinaire méfiance ou mépris qui suinte quand certains parlent de ceux qu’ils ne connaissent pas autrement qu’à travers les infos.

Je l’ai surprise, moi aussi, à reprendre son propre vocabulaire contre elle pour lui répondre. Un fugace instant, je crois voir l’ombre d’un sourire sur son visage, mais tout ce qui est visible est un sourcil arqué. J’aurai aussi bien pu l’imaginer de bout en bout. Craindre sa réaction était un peu stupide, avec le recul, mais je ne sais jamais comment les gens vont réagir et notre précédente discussion ne c’est pas suffisamment bien passée pour que je sois certaine qu’elle prenne bien tout ce que je peux lui dire.
Je me contente de hausser les épaules par la suite. Pourquoi je m’acharne à essayer de briser la glace ? C’est normal, non ? Qu’elle parte ou reste importe peu, elle m’a aidé, j’essaie de faire de même en retour et pour ça il faudrait qu’elle me laisse faire. Ce qui n’a pas l’air d’être son fort.

- Et ça vous a déjà servi à quelque chose d’agir comme une garce misanthrope ?

J’en doute, ça doit plutôt la desservir de réagir ainsi dès que quelqu’un essaie de lui parler. Ça doit être fatiguant aussi. Et douloureux à en juger par les mouvements qu’elle fait et l’espèce de grimace qui tord un peu ses traits quand elle tire sa valise. Je ne peux m’empêcher de sourire en secouant la tête quand elle demande si aimablement un coup de main. Ça doit être ça une personnalité passive-agressive. S’est-elle faite mal en essayant de m’aider ? J’espère que non et je suis presque certaine que ce n’est pas le cas, sinon elle aurait réagi, mais elle semble chercher à le cacher, comme si souffrir était quelque chose de tabou. Je jette un œil au fameux bagage et hausse un sourcil. Il n’est probablement pas léger, mais après tout il y a des roulettes, donc ce n’est pas trop difficile à transporter.

- Bien sûr, je vais vous filer un coup de main.

Je jette un œil au type toujours affalé sur le sol et soupire. Il l’a cherché, mais ça ne me plaît pas vraiment de le laisser là dans cet état. J’hésite, puis finis par tendre la main vers la valise en ignorant l’homme allongé sur le sol. S’il est toujours là à mon retour, peut-être que je ferais quelque chose pour qu’il évite de saigner partout devant le hall. Je pourrais appeler les services d’urgence, mais je n’ai pas envie d’avoir des problèmes. Il serait capable de dire que c’est moi qui ai fait ça avec un truc magique plutôt que d’admettre que c’est une jeune femme qui lui a savamment refait le portrait. Je tire un peu la valise et hausse un sourcil. Elle pèse son poids !

- Vous auriez pu me demander de l’aide dès le début. Surtout que vous semblez avoir mal quelque part. Aux côtes apparemment, vu comment vous vous penchez. Vous avez eu un accident ?

Tout en parlant, je tire la valise vers la sortie. Peut-être croyait-elle que j’allais refuser et la laisser en plan, mais ce n’est pas mon genre. Elle m’a aidé, il est normal que je lui rende la pareille. Et peut-être que je peux lui expliquer le fond de ma pensée pour répondre à sa question. J’attend d’être sortie, pour éviter que l’autre type ne nous entende.

- Vous m’avez demandé pour quelle raison je voudrais briser la glace. C’est simple, j’en ai envie, c’est tout.

Je tourne mon regard vers elle. Elle est vraiment grande, je ne m’en étais pas rendu compte la dernière fois.

- Je vous suis simplement reconnaissante de m’avoir aidé. Nombreux seraient ceux qui auraient juste passé leur chemin, qui aurais préféré ne pas s’en mêler ou juste simplement regardé sans rien dire.

Voire qui l’auraient rejoint… Il ne fait pas toujours bon d’avoir une étiquette d’être lié au surnaturel par les temps qui court. Je finis par hausser les épaules en reportant mon regard vers là où je vais.

- On a été voisines pendant un moment et on n’a jamais vraiment pu échanger alors qu’on aime toutes les deux la musique. Je trouvais ça dommage et j’ai bien vu qu’avec vos voisins ce n’était pas tous les jours faciles… je me suis dit que je pouvais au moins vous laisser un bon souvenir en partant, vous croyez pas ?


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En un mot : TROUBLE
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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E
st-ce qu’être toi-même t’a déjà servi ? En voilà une drôle de question. As-tu seulement moyen d’y répondre ? Tu n’as jamais eu l’occasion d’être une autre, tout comme tu n’as jamais eu l’occasion de rejouer quelques scènes de ta vie seulement pour voir ce qui arriverait si tu avais fait un choix différent. Personne ne sait ce qui aurait pu arriver si à chaque fois que l’on avait critiqué tes choix, tu avais fait l’inverse. Le monde regorgerait-il de devins sans qu’on ne t’en ait informée ? Après tout, dans cette ère où le surnaturel n’est plus rien d’autre que le naturel, pourquoi pas ?
Tu lèves brièvement les yeux au ciel en attendant qu’elle ne poursuive.

Un accident, oui, c’est une manière de le dire. Après tout, ta maladresse a fini par devenir notoire. Au moins, l’apprentie sorcière accepte de te décharger de ta valise pour quelques centaines de mètres. Elle a raison sur un point : tu as mal. Elle doit bel et bien avoir un don surnaturel pour arriver à le deviner.
Anaïs attrape alors la poignée de ta valise et entreprend la tâche que tu lui as confiée telle Sisyphe poussant son rocher. Oui, elle est lourde, mais toute ta vie est empaquetée dedans. Garder toute ta vie emballée dans une boîte, c’est un vieux réflexe que tu as gardé de l’internat. Tu ne t’attaches pas aux choses, et même après des années dans cet appartement minable, tu n’éprouves pour lui rien d’autre que du dégoût et pas la moindre nostalgie à l’idée de t’en enfuir. Six, peut-être sept ans que tu l’habitais, et la seule décoration qu’il a jamais connu a été un poster de Chat Baker au-dessus de ton lit et un parterre de papier musique et de livres dont la date limite de retour à la bibliothèque était dépassée depuis des semaines. A quoi bon chercher à embellir ce lieu, tout ce que tu arriveras à faire sera de détester le moindre objet que tu y auras exposé. Exception faite de ton poster.

Arrive enfin la réponse à ta question. Elle en a envie, tout simplement ? Tu ne comprends toujours pas l’origine de cette envie, mais tu peux au moins visualiser le sentiment égoïste qu’elle met au jour. Si elle est reconnaissante, elle a qu’à dire merci, ou t’offrir un cadeau, elle n’est pas obligée de te tenir la jambe comme elle le fait.
Oui, vous étiez voisines, et alors ? Le fait d’habiter un taudis à une vingtaine de marches du sien ne justifie en rien de s’acoquiner outre mesure ; c’est-à-dire, de tenir une discussion que tu n’as clairement pas envie d’avoir. Oui, vous aimez la musique, et alors ? Pourquoi est-ce qu’elle te rebat les oreilles avec ses histoires de reconnaissance au lieu de s’aventurer sur votre lieu commun, puisqu’elle tient tant que ça à entendre le son de ta voix ?

« Va falloir que tu comprennes à un moment que je l’ai pas fait pour toi. Je l’ai fait parce que j’avais envie, et que t’aies été à côté ou pas n’aurait rien changé. »

Tu hais tout simplement ces gens-là, bien plus que les autres, et pour bien plus de raisons qu’il ne t’en faudrait. Qu’ils jugent tes rêves et tes aspirations en est une, mais ils te rappellent aussi cette ancienne famille qui, depuis la Révélation, n’a pas cessé de faire étalage de son racisme assumé. Et puis, tu ne parles pas non plus de celui qui a tenté de t’enlever cet été sous le seul prétexte que tu as sous-entendu connaître la morsure des vampires.
Tu ne sais pas que quel bon souvenir elle parle, mais tu vas simplement ignorer sa phrase. Tu as déjà fait pleurer une gamine il n’y a pas longtemps, et ça t’arrange bien au final qu’elle porte ta valise. Alors, tu la suis dehors et commence à te mettre en marche vers l’arrêt de bus. Tu laisses quelques secondes de silence passer, le temps de retrouver la position la plus confortable pour marcher. En fait, ça n’était pas plus mal de pouvoir te reposer sur ta valise. Dommage, trop de fierté pour l’avouer maintenant.

« J’ai eu un accident, ouais. J’ai trébuché sur une botte. Plusieurs fois d’affilé. Dommage hein, j’peux être vraiment maladroite parfois c’est dingue. »

Rien de tel qu’un sarcasme bien hautain pour te détendre, pas vrai ? Enfin, il ne te détend pas, il te permet simplement de ne pas couper court à la conversation en la rendant un peu plus à ton goût. En vérité, tu ne sais même pas pourquoi tu t’entêtes à répondre. Peut-être pour éviter à l’ambiance du quartier de trop accaparer ton attention ? Un rapide sourire sardonique ourle tes lèvres en voyant ce petit morceau de femme tirer ton bagage avec peine. Une belle allégorie, selon toi.

« Qu’est-ce que j’en sais, ce que ça m’a apporté d’être une garce misanthrope ? Les gens attendent rien de moi et moi j’attends rien d’eux. Ça me simplifie la vie, c’est tout. »

Tu laisses encore le silence meubler l’espace entre tes réponses. Tu réfléchis, ça se voit, mais tu pourrais parier que les conclusions que tu tires sont à l’opposé de celles que ton nouveau sherpa attend.

« T’as qu’à te dire que ça sert à passer au-dessus du monde sans avoir envie de se pendre tous les jours. T’avances et tu survis. »

Le calme avec lequel tu lances est presque déconcertant. Ton attitude nonchalante illustre pourtant à la perfection tes propos. Ne pas avoir d’accroche, se foutre de tout ; tu ne peux pas te permettre de retomber dans les travers de ton enfance et de prendre à cœur le moindre mot qu’on peut te lancer. Détester la planète entière te permet de nier le poids de toutes les paroles que tu peux boire. C’est bien mieux comme ça.



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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Mer 28 Juil - 15:31 (#)

Subtle neighbors


Heidi & Anaïs


Il y a une telle incompréhension entre nous que je presque la sentir flotter dans l’air. Elle ne parvient pas à comprendre pourquoi je veux l’aide et je ne comprends pas qu’elle n’arrive pas à le faire. Qui y-a-t’il de si difficile à comprendre dans le fait que quelqu’un puisse vouloir aider une autre personne ? Suis-je une anomalie avec des mœurs trop étranges à ses yeux ? Ou bien est-ce elle qui n’a pas les idées claires pour refuser à ce point un simple geste désintéressé ? À vrai dire, je ne sais pas vraiment ce que je devrais lui dire, ni même si je devrais continuer cette conversation. Elle ne semble vraiment pas vouloir parler après tout. Est-ce que ça m’ennuierait de l’aider sans un mot ? Oui, très clairement. Est-ce que ça lui arracherait la gueule de juste admettre que mon aide est bienvenue ? Probablement. De ce que j’ai pu cerner du personnage, elle préfère qu’on lui fiche la paix et qu’on la laisse seule avec ses problèmes. Et pourtant, je me sens obligée de me justifier face à ses interrogations.

- Et alors ? Cela ne change pas le fait que vous m’ayez aidé. Volontairement ou non, ça reste une aide et ça me paraît normal de vous aider à mon tour pour vous remercier. Que ce soit vous ou quelqu’un d’autre, ça ne change rien. Je le fais aussi parce que j’en ai envie.

Est-ce que cela suffira à la convaincre ? Intérieurement j’en doute, mais j’essaie, une dernière fois. Je ne suis pas idiote, je sais quand il faut laisser tomber. Pousser quelqu’un à bout c’est le meilleur moyen de l’énerver au point que toute discussion devient impossible, délicate, douloureuse même parfois. Je pourrais aider à apaiser la douleur du corps des gens, à force de patience, d’entraînement et de recherches. Mais apaiser l’esprit ? Je doute de réussir alors que le mien peine déjà à ne pas se laisser submerger chaque jour. Et cela demande un effort des deux côtés. Je ne suis pas une magicienne.
Quand elle explique d’où vient sa douleur aux côtes, je manque de me figer et la fixe un instant. L’ironie est palpable. La vérité aussi. Pourquoi ai-je demandé ? Par pure curiosité, et aussi parce que je n’ai pas décidé de devenir médecin sur un coup de tête, parce que j’en ai quelque chose à faire. J’imaginais un accident, pas… ça.

- Ah… oui je connais.

Était-elle obligée d’être aussi cynique ? J’aurais pu répondre que j’avais trébuché sur du métal brûlant jusqu’à ce que j’en ai les cicatrices à vie et les souvenirs et cauchemars horribles qui étaient emballés avec, mais ça aurait donné quoi à part un moment douloureux pour moi, gênant pour elle et une fin de discussion abrupte parce que j’aurai juste voulu que le moment passe vite pour aller m’enfermer dans ma chambre pour oublier ? Même après avoir fait face à mes tortionnaires, après avoir réussi à surmonter tout ça, je ne me trouve pas entièrement remise. Rien à voir avec la coquille fracturée que j’étais en arrivant ici, mais loin de celle que je voudrais être, débarrassée de ses démons et de ses doutes. Être à nouveau entière. Je chasse ces pensées d’un hochement de tête tout en soupirant.

- Avancer et survivre…

Pourquoi ce qu’elle dit me semble si familier ? Pourquoi ai-je le sentiment que je la comprends tout en étant fondamentalement différent d’elle ? J’aimerais savoir ce qu’e a vécu, ce qui l’a poussé à être telle qu’elle est aujourd’hui. Personne ne peut naître cynique à ce point, elle l’est forcément devenue malgré elle. Pourquoi ? Comment ? je me pose tellement de questions que c’en est presque effrayant. Parce que j’aurai pu être comme elle, blasée et en train d’envoyer chier le monde qui m’avait craché à la figure et fait souffrir sans que je ne demande rien ? Peut-être. Probablement, même. Il y a quelque chose d’horriblement familier dans la façon qu’elle a de me regarder, comme si elle était persuadée que mes mots cachaient un autre sens, un piège qui se refermerait sur elle pour la prendre en traître si jamais elle osait répondre de façon plus aimable, plus calme. J’avais perdu foi en l’autre et toute confiance pendant une période, mais Lilas et Zach m’avait sorti du trou avant que je ne m’y enterre pour de bon. Était-il trop tard pour elle ?

- Ce n’est pas moi qui vais vous dire que vous avez tort. Je vous comprends même.

Qu’elle me croie ou non ce n’est pas l’essentiel. Elle ne peut pas savoir ce que j’ai vécu, ce que j’ai vu et subi, pas plus que je ne peux savoir ce qui l’a fait devenir ainsi. Parfois j’aimerais savoir ce que les autres pensent, ce qu’ils cachent au plus profond d’eux. Leurs doutes, leurs peurs, leurs incertitudes, les raisons de leur haine ou de leur colère. Savoir tout ça pour les aider comme moi on m’a aidé. Donner à d’autres ce qu’on m’a offert alors que je me croyais foutue et incapable de remonter la pente qui s’était créée.

- Chacun se protège à sa façon. Ce n’est pas à moi de vous dire que vous vous trompez, mais…

Je me mords la lèvre, incertaine de comment terminer cette phrase sans trop en dire. Je ne suis personne à ses yeux, qu’est-ce qu’elle put en avoir à faire de mon avis de toute façon ?

- Vous n’êtes pas obligée de refuser une aide désintéressée. Je voulais sincèrement vous aider, rien de plus. J’ai tendance à prendre soin des gens, pas à les faire souffrir, simplement parce que je suis comme ça. J’ai juste pensé que… que vous… que ça vous soulagerait.

Peut-être aurais-je dû m’abstenir ? La laisser en paix et passer mon chemin comme tant d’autres l’aurait fait après un simple merci. Ce n’est simplement pas dans ma nature c’est tout. Bonne poire diraient certains. La vérité c’est que je ne sais pas faire semblant de n’en avoir rien à faire. J’en attends probablement trop de moi-même. Difficile de changer sa nature. Je soupire en resserrant ma prise sur la poignée de la valise que je traîne et cesse de parler, finalement. Si elle n’a pas compris que je suis naturelle avec elle et que j’essaie, même un peu, de l’aider et d’être sympa, je ne vais plus gaspiller mon énergie plus que cela. Je suis patiente, mais mes nerfs ont déjà été mis à rude épreuve avec l’autre imbécile un peu plus tôt après une longue journée, je ne suis pas prête à supporter la connerie humaine trop longtemps dans ces conditions. J’ai essayé. J’ai essayé et si elle ne veut pas faire l’effort de le reconnaître, je n’ai pas à me creuser la tête pour elle. Je ne la connais pas, après tout.


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Mer 28 Juil - 18:18 (#)



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B
ien sûr que si, ça change tout. Qu’est-ce qu’il y a de si difficile à admettre là-dedans ? Les choses sont pourtant simples, il n’y a que deux cas possibles. Tu as voulu délibérément l’aider : à ce moment-là, tu as l’as en effet aidée et elle peut se monter la tête avec ses histoires de reconnaissances si elle veut ; tu n’as pas cherché à l’aider : alors, c’est la situation qui l’aide, mais toi tu y es complètement étrangère. Ça n’est pas toi qui a décidé de descendre à cet instant précis, le seul choix qui tu as fait était purement égoïste et ne mérite pas de louanges, et encore moins de contrepartie.
C’est une philosophie profondément ancrée en toi, et ce depuis fort longtemps. Force est de constater que la plupart du temps, elle est très efficace pour obtenir ce que tu lui demandes : la solitude. Que tu apprécies ou non cette solitude, c’est une autre question, et y renoncer impliquerait une remise en question drastique de l’entièreté de la logique qui a servi à bâtir celle que tu es aujourd’hui.
Renoncer à la solitude signifierait que tu considères que tu mérites qu’on s’intéresse à toi ; or, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Pas que tu n’en aies pas envie – bien au contraire, même, tu rêves d’être capable de t’entourer de personnes qui t’accepteraient telle que tu es – mais tu n’es simplement pas capable de trouver la moindre valeur à ta vie. Comment d’autres pourraient-ils t’apprécier si toi-même n’en es pas capable ? On t’a assez dit, au fil de tes dix-sept premières années, que tu ne valais rien pour que l’on finisse par te convaincre toi aussi.
Au final, tu rentres plutôt bien dans le moule. Certes, pas celui de réussite et richesse que l’on a cherché à t’imposer au début, mais parfaitement dans celui de honte familiale qui jette honte et discrédit sur tous ceux qui portent le même nom. Ta famille n’aurait pas supporté que tu sois dans la moyenne, alors au moins, comme ça, c’était bien plus facile pour eux de s’expliquer ton comportement.

L’explication de ton état semble la surprendre un instant. Elle prétend savoir ce que c’est que d’être dans ta situation, mais toi tu crois plutôt qu’elle se plante totalement et qu’elle essaie juste de créer un pont là où il n’est supposé n’y avoir que du vide. Oh, tu ne remets pas en question le fait qu’elle ait pu se faire battre, la raison même de l’existence de cette discussion en est une preuve suffisante ; ce dont tu doutes, c’est qu’elle provoque elle-même son malheur comme toi tu le fais.
Elle est finie l’époque où tu prenais des coups sans en comprendre la raison. Maintenant, tu es maîtresse de la haine que tu attises et seule et unique responsable des coups que tu prends. Tu as au moins l’illusion d’avoir le contrôle sur cet aspect de ta vie. Tu ne laisseras plus personne te saboter, puisque tu l’auras déjà fait toi-même avant. Qu’elle est brillante, cette mauvaise foi qui t’empêche de voir que dans ton propre raisonnement se trouvent les fondations du pont que la petite sorcière essaie de construire. Quand tu la regardes, tu n’as pas envie de voir la gamine apeurée et toute cassée que tu étais quand tu étais à peine plus jeune qu’elle. Tu n’as pas envie de revoir à travers elle les souvenirs de ta scolarité et la genèse de tes maux. Tu préfères amplement le déni, et la nonchalance que tu as fini par porter comme une seconde peau.
Il faut beaucoup de témérité pour chercher à se faire frapper, mais il faut encore plus de courage pour affronter les démons qui t’y poussent. Ce courage, tu ne l’as pas, et tu doutes de l’avoir un jour.
Avancer et survivre.

Sous le poids de tes pensées, ta mine s’assombrit un peu. Tes traits fatigués et endoloris prennent une subtile teinte de bleu, un bleu seulement perceptible par l’âme.

« Regarde, t’es en train de tirer ma valise, c’est bien que j’ai pas refusé ton aide. Et puis arrête de me vouvoyer, je suis pas si vieille que ça. »

Ton corps a vingt-cinq ans depuis à peine quelques jours, mais ton esprit, lui, est toujours celui d’une adolescente hargneuse en crise depuis bientôt dix ans. Il y a bien certains points sur lesquels tu es une vraie adulte, du monde gris et fade des adultes, mais ils sont peu nombreux relativement à tous les points où tu ne restes qu’une enfant. La valeur de l’argent, la cruauté du monde, la conviction que l’Homme est mauvais par essence. Une enfant-adulte dont la naïveté aurait été arrachée et brûlée devant ses yeux, puis remplacée par un cynisme infaillible sculpté depuis les cendres.
Tu soupires. L’arrêt de bus est encore à quelques blocs de là où vous êtes.

« Si ça te fait plaisir d’aider les gens tant mieux pour toi, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? »

La question est sincère : tu ne sais réellement pas quoi lui dire. Hors de question de raconter ta vie, et à quoi bon lui servir un discours trop de fois pensé sur la noirceur du monde. Tu laisses quelques secondes de silence ponctuer ta question avant de reprendre, blasée et de nouveau animée par ta nonchalance et ton indifférence crasse.

« A un moment, t’apprends que la seule personne tu peux compter, c’est toi-même. Et encore. Un rictus tristement ironique ourle un instant tes lèvres. Compter sur l’aide et l’hypothétique gentillesse d’un naïf aléatoire, c’est juste s’exposer à être déçue. »

Pour ne pas dire blessée, du genre de blessure dont on ne guérit pas avec des médicaments mais du poison à hautes doses, parce que bien entendu, rien ne peut t'atteindre, toi. Tu ne te rends même plus compte d’à quel point ton discours est cynique. A toi, il te paraît juste et représentatif du monde dans lequel vous vivez. Tu n’essaies pas là de lui faire une leçon de morale, ni même de l’éduquer, tu n’as pas cette prétention, mais simplement de lui faire comprendre.. quelque chose. Tu ne sais même pas vraiment quoi.

« Le meilleur moyen de se protéger des gens, c’est de les éviter. Autrement, tu souffres forcément. Alors si t’as une solution miracle, hésite pas à la balancer. »

Du sarcasme, encore et toujours. Tu n’es même pas capable d’assumer d’avoir eu mal, et d’avoir encore mal aujourd’hui. Cette petite doit être bien plus adulte que toi, mais là encore, ta mauvaise foi refuse catégoriquement de l’admettre.



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En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Ven 6 Aoû - 17:12 (#)

Subtle neighbors


Heidi & Anaïs


Je commence à me demander comment et pourquoi j’en suis arrivée à tirer la valise quelqu’un qui ne semble pas prête à accepter qu’elle eût besoin d’un peu d’aide. Cela ne va pas changer sa vie si c’est moi qui tire sa valise après tout. Ça peut même la soulager, mais cela semble la contrarier plus que n’importe quoi d’autre que je puisse dire. Peut-être qu’elle se complaît dans le fait de ne dépendre de personne. De réussir à tout faire par elle-même, peu importe la difficulté de la tâche ou l’ampleur de celle-ci. Et moi je viens et lui force la main en quelque sorte. Elle ne doit pas aimer ça. Cela me semble tellement normal, pourtant, de tendre la main ainsi. Pour tout ce qui a pu m’arriver ici ou ailleurs, je n’ai jamais blâmé personne d’autre que les responsables. Haïr les autres, les rejeter, ça n’a jamais été moi.

C’est tout juste si je ne souffle pas de dépit en l’écoutant. Elle a une manière de présenter les choses qui me semble tellement différente de comment je les perçois. C’est comme si on avait chacune notre propre filtre. L’un semblant complètement incompatible avec l’autre. Gris avec une touche de clarté et noir avec une touche de gris sombre, c’est comme ça que je perçois nos deux façons de voir les choses. Une touche de gris parce qu’elle m’aurait envoyé balader s’il n’y avait eu que le noir profond qui atteignait ses yeux lorsqu’elle regardait les gens autour d’elle. Peut-être que c’est pour ça que j’essaie malgré tout, parce que voir un peu plus de gris c’est toujours mieux que de tout voir derrière un voile opaque, bien calfeutré derrière un cynisme désabusé et une hargne blasée.

- D’accord, comme tu veux. Et ne pas refuser de l’aide ce n’est pas forcément l’accepter. Si tu n’avais pas mal quelque part tu n’aurais jamais accepté, n’est-ce pas ?

Question rhétorique, je pense qu’on sait toutes les deux que rien de ce que j’aurai pu dire lui aurait fait changer d’avis dans des circonstances pareilles. Chacun sa fierté, même la plus mal placée du monde. Pourquoi les gens se mettent à tout faire pour tout rendre plus compliqué que ça ne l’est ? Pourquoi chercher une raison à un acte qui n’en a pas d’autre que le simple fait de ne pas être un immense connard. À quel point tout a bien pu débiliter pour en arriver là ? Est-elle vraiment cynique ou juste a-t-elle été tellement trahie qu’accorder sa confiance à autrui relève d’une impossibilité viscérale ? Cette femme est une énigme à mes yeux. Une énigme avec une sacrée dose de mauvaise foi.

- T’as pas compris…

Je m’arrête cette fois, parce qu’il faut qu’elle comprenne ce que j’ai essayé de faire, qu’elle comprenne que tout le monde ne tourne pas dans le seul but de lui pourrir la vie et que tout ne tourne pas autour d’elle.

- J’attends rien de personne, d’accord ? Je t’ai aidé parce que j’en avais envie et c’est tout. Je t’ai aidé parce que je pensais que tu en avais besoin, même juste un peu. Je t’ai aidé parce qu’on m’a appris à ne pas être une connasse égoïste qui laisserait les autres dans la merde parce que c’est plus confortable que d’essayer de proposer son aide. Regarder quelqu’un chuter et le fixer sans rien faire ou, pire, s’en moquer, ce n’est vraiment pas mon truc.

Je soupire, me gratte le front en essayant de trouver des mots forts sans qu’ils soient blessants ou qu’elle puisse mal les prendre. J’ai l’impression d devoir prendre des pincettes comme je l’aurai fait avec une enfant apeurée, persuadée que je suis la méchante sorcière venue lui faire du mal.

- Je connais pas ta vie, ton passé, ce que tu as vécu pour en venir à te méfier de tout le monde et je vais certainement pas dire que tu as tort, que le monde est un grand parc verdoyant rempli de bisounours, parce que je suis pas stupide. Et toi non plus.

Je finis par hausser les épaules. Comment je pourrais lui donner une solution miracle alors que moi aussi j’en ai bavé au point d’avoir rejeté tout ce que j’avais vécu jusque-là, souvenirs et personnes sans distinction.

- Y’a pas de solution miracle et je suis pas devin. Mais je sais une chose. À repousser tout le monde, on finit seule. Alors soit tu décides que tout le monde peut aller crever et tu finiras effectivement seule, soit tu essaies de laisser une chance à quelqu’un lorsque l’occasion se présente, une personne à la fois, et peut-être que tu verras que le monde n’est pas empli que d’ordures et de « naïfs aléatoires ».

Je termine par un ton sarcastique, ayant très bien compris qui était la naïf en question. Qu’est-ce qu’elle croit ? Que la vie est rose pour les autres ? Qu’elle a le monopole de la vie de merde ? On n’était pas voisines pour rien. Je calme légèrement mon souffle et finis par sourire, doucement, tristement.

- On souffre forcément en vivant. Avoir quelqu’un à ses côtés pour supporter ça, c’est préférable à simplement encaisser ça seul. Oui ça demande parfois des sacrifices, mais tout a un prix de toute façon, autant que le jeu en vaille la chandelle.

L’arrêt de bus est tout proche et il me semble que je ne peux pas vraiment ajouter grand-chose. Soit elle comprend que je voulais juste l’aider, soit elle s’enferme dans son auto-apitoiement et son repli personnel face au monde. Je ne suis pas psy, je ne peux pas changer quelqu’un simplement lui parlant et en lui disant qu’elle a tort ou raison, mais il n’y a pas de raison de ne pas essayer d’ouvrir les yeux à quelqu’un qui semble marcher dans l’obscurité depuis trop longtemps.

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Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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Ven 6 Aoû - 21:41 (#)



Subtle neighbors
Kingston Buildings, Juin 2020
ft. Anaïs Wilhm



S
a question t’arrache un gloussement sarcastique et ironiquement douloureux. Si tu n’avais pas été blessée, tu n’aurais simplement pas eu besoin d’aide, c’est aussi simple que cela. L’aide dont elle parle n’existe pas, c’est tout. Elle joue sur les mots pour avoir raison ; grand bien lui fasse, tu es trop fatiguée pour chercher à pousser plus loin cette discussion. Qu’elle croie avoir raison si elle veut, ça n’est pas ça qui va changer grand-chose à ta vie.

Et puis, voilà qu’elle recommence. Bien sûr, c’est toi qui ne comprends pas. C’est toujours toi le problème, hein ? Tu n’as qu’à faire ci, c’est pourtant pas compliqué de faire ça... C’est juste toi qui refuses d’écouter et de faire ce que l’on te dit. On te donne des conseils mais c’est juste toi qui refuses de les suivre. On te prend pour une conne, encore, et ça te donne mal à la tête.
Ils savent mieux que toi, même s’ils ne savent rien de toi. Ils l’admettent, et pourtant ils croient dur comme fer que leur méthode est la bonne. Après tout, tu n’as qu’à faire des efforts, toujours plus d’efforts, pour leur faire plaisir, pour qu’ils puissent te quitter avec la satisfaction d’avoir fait le bien alors qu’ils n’ont fait que le contraire. Tu te pinces l’arrête du nez. Tu souffles, exaspérée.

« Putain mais j’ai compris que t’aimes aider les gens, au bout de la troisième fois c’est bon là. Tu vas me le répéter combien de fois encore ? Me dis pas que je suis pas stupide si tu le penses pas. Merde à la fin… »

Tu ne cries même pas, tu ne hausses même pas le ton. Tu laisses simplement échapper ta fatigue dans un filet d’air saturé de désespoir. Le pire, c’est qu’elle ne doit même pas se rendre compte de la charge qu’elle dépose sur tes épaules à chaque fois qu’elle prêche sa vision des choses contre la tienne. Elle se croit maligne, à balancer des métaphores à la con qui ne servent à rien si ce n’est t’infantiliser encore un peu plus ?

« A aucun moment tu t’es dit que ce qui marche pour toi marche peut-être pas pour tout le monde ? Ou t’es juste prétentieuse au point de croire que j’ai jamais entendu tout ce que tu me dis et que, peut-être, ça marche juste pas pour moi ? Mais tu te prends pour qui ? T’as vraiment l’impression de m’aider en me rabâchant que je vois pas le monde de la bonne façon et qu’il faut que je le voie comme toi tu le vois pour aller mieux ? »

Tu la fixes droit dans les yeux, pour qu’elle saisisse à quel point tu es devenue sérieuse. Avec ses jolies intentions pleines de paillettes et de fleurs, elle a réussi à rouvrir une blessure qui en réalité ne s’est jamais vraiment refermée.

« Tu crois sincèrement que je sais pas que j’ai un problème ? Tu crois que ma vie me plaît ? Tu crois qu’un jour je me suis levée et je me suis dit ‘‘ah tiens, et si je devenais incapable de m’attacher à quelqu’un’’ ? »

Fatiguée. Tu es juste fatiguée de tout ça. Le ton que tu emploies n’est même pas condescendant, ni même énervé. Il trahit presque même le nœud qui s’est emparé de ta gorge lorsque les souvenirs douloureux de toutes les fois où tu as cherché à aller vers l’Autre ont ressurgi de la tourbe de ta mémoire.
D’un geste las, tu récupères la poignée de ta valise et entames les quelques mètres qui vous séparent encore de ton point de chute en grimaçant.

« Gentille comme t’es, t’irais voir un type en fauteuil dans la rue pour lui dire que sa vie serait tellement mieux s’il était capable de marcher ? »

Une handicapée sociale, voilà ce que tu es, incapable de dire pourquoi tu souffres, et à peine capable déjà d’avouer que tu souffres. Ça n’est écrit nulle part, ça ne se voit pas, aux yeux du monde tu n’es qu’une mauvaise personne de plus, une de celles dont on se dit que c’est un cas désespéré et qu’on oublie vite. Peut-être que c’est le cas, peut-être que tu es réellement un cas désespéré, mais à ce moment là qu’on ne vienne pas te le rappeler.
C’est ta fierté qui en prend un coup à chaque fois que tu réalises ça. Tu ne sais même pas pourquoi tu lui confies tout ça ; peut-être pour lui prouver qu’elle a tort ? Elle veut des sacrifices ? Alors en voilà un, c’est ça ? Sacrifier le peu de fierté qu’il te reste pour avouer à demi-mot que tu te considères comme une handicapée. N’est-ce pas un effort assez conséquent pour elle ? Mais oui, elle ne souhaite que t’aider, alors tu devrais lui pardonner pour son joli sourire et ses grands yeux bleus, pas vrai ? Tu sens que tu pourrais presque pleurer si elle te disait une nouvelle fois que tu ne comprenais pas.
Tu l’emmerdes, c’est tout. Tout ce qu’elle aura réussi à faire, c’est prouver une nouvelle fois que tu as raison, que tu es incapable de vivre en société. Et pourtant, tout bas, tu lâches une dernière phrase dans un souffle presque inaudible dont tu espères peut-être à moitié que le bruit d’une voiture au loin couvrira.

« Je t’ai pas assez laissé une chance comme ça.. ? »



CODAGE PAR JFB / Contry.
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Baby Chaos - Là où je passe, la paix trépasse.
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A SONG OF BLOOD

En un mot : Outre en perdition
Qui es-tu ? : *Un esprit traumatisé par la cruauté de ceux qu'elle pensait être ses camarades, à jamais marqué par l'absurdité de la violence humaine.
* Fille émancipée d'une famille humaine qu'elle a fui pour sa propre sécurité. Outre dans un monde d'humains qui ne cherchaient pas à la comprendre, juste à la plier au conformisme réconfortant de la normalité.
*Jeune fille de dix-neuf ans attentionnée envers son grognon de père de substitution, Zach Solfarelli, qui essaie tant bien que mal de surveiller cet aimant à ennui qu'est sa protégée. Recueil de souvenirs de son père, rôle qu'elle remplit avec acharnement, voulant créer autant de souvenirs que possible pour le garder près d'elle à tout prix, terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée. Elle vit avec lui dans un appartement des Kingston building.
* Apprentie curieuse et consciencieuse de Daphné Calabrezzi. S'est lancée sur la voie du chamanisme, marchant dans les pas de sa mentore avec patience et détermination, persuadé d'avoir trouvé la voie qu'il lui fallait.
* Petite sœur de cœur de Lilas Hirsch, toujours au rendez-vous pour une soirée glace et série ou pour aller danser pour briser un quotidien parfois morne.
* Inscrite à la LSU, en médecine. Malgré un dossier scolaire chaotique à cause d'une année de fugue, se démène pour prouver, aux autres et à elle-même, qu'elle réussira.
Facultés : *Hémokinésie, contrôle du fluide vital
*Apprentie chamane, amie des loups et des gitans
*Etudiante en médecine, acharnée et consciencieuse, pleine de projets en tête.
*Musicienne et chanteuse amateur ne sortant jamais sans son casque. Danseuse du dimanche. Incollable sur la musique, sa passion, son refuge.
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Thème : "Your Name" by Chiai Fujikawa
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Sam 7 Aoû - 0:35 (#)

Subtle neighbors


Heidi & Anaïs


Je n’arrive pas à détacher mon regard de la silhouette qui s’est éloignée vers l’arrêt de bus. Ça l’a affecté, tout ce que j’ai dit. En bien ou en mal, je n’en sais trop rien, mais ça l’a affecté, ça l’a fait réagir et c’était un peu le but, même si j’aurai préféré ne pas passer pour la prétentieuse qui pense avoir forcément raison. Dieu sait que j’ai souvent eu tort, que j’ai fait plus de conneries qu’autre chose, mais je ne pense pas me tromper en me disant qu’elle va probablement ressasser ce que j’ai dit. Je n’ai pas voulu sembler aussi orgueilleuse qu’elle l’a laissé entendre. À vrai dire je ne sais même pas pourquoi ça m’a autant tenu à cœur de me mêler de sa vie. Parce qu’elle me fait de la peine ? Non, certainement pas et même si elle doit le penser, c’est loin d’être le cas

Je t’ai pas assez laissé une chance comme ça.. ?

En la voyant s’éloigner ainsi, j’aurai pu la laisser se débrouiller. J’aurai pu m’en foutre, après tout on ne doit rien l’une à l’autre et elle semble en avoir marre de voir ma tête. Oui, mais voilà, je l’ai entendu et je n’arrive pas à ôter les derniers mots prononcés de ma tête. Suis-je si stupide pour ne pas avoir compris qu’elle essayait ? je n’arrive pas à le savoir tant elle a semblé hermétique tout du long sans jamais montrer la moindre envie de discuter plus que ça. C’est d’un compliqué… Soupirant, je fouille dans mes poches, griffonne sur un papier que je plie en huit avant d’aller vers elle en inspirant pour ne pas me laisser aller à l’exaspération qui m’avait envahi juste avant

- Heidi !

Je la fixe sans broncher quand elle tourne son regard vers moi. Je n’ai rien dit après qu’elle ait été sur le point de partir en vrille. Même si elle n’a pas haussé le ton, ce n’est pas difficile de voir quand une personne est sur le point de véritablement s’énerver.

- Tu as voulu mon avis sur une solution miracle. Y’en a pas et je t’ai juste donné mon point de vue, je n’ai pas essayé de te forcer à l’accepter. Tu as posé une question et j’y ai répondu sincèrement, ce n’était pas pour te blesser.

Et même si j’avais essayé, lui faire accepter quoi que ce soit semble être un parcours du combattant et je suis loin d’être suffisamment en forme pour me lancer dans un marathon à une heure pareille. Elle est têtue après tout, mais moi aussi et je vais pas laisser quelqu’un qui semble aussi peu satisfait de son sort. Pas alors que je peux encore avoir mon mot à dire. Tout le monde mérite d’être heureux tant qu’on n’a rien fait pour s’attirer tout le malheur du monde. Des victimes de la vie y’en a tellement qu’en aider une seule ne va rien changer, si ce n’est pour elle, et ça me suffirait largement.

- T’aurais été satisfaite de ta vie que je t’aurai juste fichu la paix, mais c’est pas le cas, tu l’as dit toi-même.

Et ça me tuait de voir qu’elle le comprenait tout en refusant d’admettre à voix haute que quelqu’un pouvait la sortir de cette solitude qui semblait l’entourer et la faire souffrir autant que la protéger. On n’est pas fait pour être seul, on ne naît pas solitaire et coupé des autres, incapable de la moindre interaction sans se barricader derrière des murs de sarcasme et de mauvaise foi comme elle le fait avec une facilité déconcertante. Quoi qu’il ait bien pu lui arriver, ça a forgé son esprit à voir les autres comme des menaces, peu importe d’où ils pouvaient venir ou quoi que puissent être leurs motivations.

Je perçois quelques personnes se lever de leur banc lorsqu’un bus approche et inspire avant de reporter mon regard sur Heidi. Peut-être que si on s’était croisé dans des circonstances différentes, peut-être que les choses auraient très différentes et qu’on n’en serait pas là, à se regarder dans le blanc des yeux en se demandant quoi dire pour pas vexer l’autre. Enfin en tout cas dans mon cas, je ne suis pas certaine que cela la dérangerait outre mesure.

- J’espère sincèrement que tu te plairas bien plus là où tu vas. Je te le souhaite vraiment.


Je la fixe une dernière fois avant de repartir. Si rien ne change elle restera simplement une voisine au caractère de chien qui a simplement eu un geste envers moi avant de disparaître. Rien de plus qu’un visage et un nom de plus parmi tant d’autres qui passent sans s’arrêter avant de s’évanouir. Mais sur le petit bout de papier que je lui ai glissé dans la poche avant de repartir, il y a juste de quoi laisser la porte entrouverte si elle souhaite un jour me laisser entrer et peut-être faire plus que juste s’oublier dans l’indifférence la plus totale. Quelques mots écrit à la hâte à côté d’un numéro de téléphone.

Appelle-moi quand tu participes à un concert. J’aimerais bien t’écouter

Je ne précise pas si c’est la musique que j’ai envie d’entendre ou le son de sa voix parce qu’elle a accepté d’essayer de discuter. Laisser planer le doute c’est toujours plus simple. Je n’attends rien, honnêtement, je pense même qu’elle va jeter le papier sans même l’ouvrir quand elle va le voir. Mais j’aurai au moins essayé, faute de mieux. Et tandis que je rentre dans l’immeuble sans trouver trace de l’autre type, je me dis que les soirées vont être bien silencieuses à présent…


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