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A wolf in sheep's clothing • Kiernan

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Mar 15 Juin - 20:00 (#)

A wolf in sheep's clothing

kiernan ft. alaric




Alors qu’il sonne une fois à la petite porte de cette clinique aux allures de boutique vaudou, Alaric se demande comment a-t-il pu faire pour se retrouver là.

La soirée avait pourtant bien commencé. Aussitôt réveillé et nourri, il était parti à l’un de ces galas de charité qui ne lui servaient qu’à repérer de futurs potentiels clients en mesure de lui fournir des infirmations sur la haute sphère politique. Ils étaient généralement ceux qui lui remplissaient également les poches, mais cela n’avait pas réellement d’importance pour lui, qui ne savait plus quoi faire de tout cet argent amassé au fil des siècles. Il aurait certainement pu en faire des dons, s’il avait eu une once de sympathie pour le genre humain. Il avait réussi à s’extirper de cette soirée ennuyante à une heure suffisamment convenable pour sillonner la ville à la recherche d’un endroit qui lui offrirait de quoi rassasier sa soif et sa solitude. La plupart du temps, Alaric usait de ses charmes pour ne pas avoir à utiliser son don de Domination. Il n’était pas suffisamment désespéré pour en arriver là.

Il était en train de rentrer. Les endroits sombres et désertés de la ville lui permettaient de se déplacer à une vitesse humainement impensable. Ce ne fut cependant pas un homme qui le stoppa net dans sa course, mais un jappement.

Alaric n’avait jamais possédé de sympathie pour le genre humain, mais avait un point faible pour les animaux. Ils étaient bien plus attachants que leurs semblables bipèdes, moins ennuyants, et surtout moins rassasiants. Une seule fois au cours de son existence, le Français avait été forcé de s’en nourrir. Perdu au milieu de nulle part lors d’une bataille qui lui avait valu plusieurs blessures, il y avait quelques siècles de cela, il n’avait eu d’autre choix que de se rabattre sur un cerf. C’était certainement la pire expérience de sa vie. Encore pire que la trahison d’une femme.

Impatient, Alaric sonne une nouvelle fois. Dans ses bras se tient un chien. Il est rabougri, a l’air affamé, et ne cesse d’aboyer de douleur. Il l’a trouvé au beau milieu de la route, certainement renversé par une voiture dont le conducteur n’a pas eu le courage de s’arrêter. L’odeur de sang lui pique les narines, pas de plaisir, mais plutôt de désagrément. Le Français cesse alors de respirer, et se retient de sonner une nouvelle fois. Son regard tombe sur ce petit chien, qui semble le fixer. « Ça va aller, ça va aller, » lui répète-t-il comme si cela allait changer quelque chose. Les animaux. Il devrait assurément faire des dons pour les animaux.

Finalement, la porte s’ouvre dans un bip désagréable. Alaric la pousse à l’aide son épaule, et pénètre dans ce petit hall d’entrée obscure. Sa chemise blanche est à présent rougie de sang, mais il n’y prête pas attention, et se dirige en direction d’une salle au bout d’un couloir. Quand il se rend compte qu’une personne l’y attend, il se stoppe net dans ses pas.

Là, d’un coup, un sourire malsain se dessine sur son visage.

Aux yeux du monde, on pourrait croire que ce rictus est poli, peut-être charmeur. En réalité, il est le reflet du monstre qui sommeille en Alaric et qui n’a pas été éveillé depuis une longue année.

La jeune femme qui se trouve face à lui est agréable à regarder, nul doute là-dessus. Mais ce qui tire à Alaric cette réaction est surtout l’aura qui se dégage d’elle: blanche. Dorée, même. Une aura telle qu’il n’en a vu que très rarement, au cours de sa très longue existence. Elle semble si immaculée que quiconque aurait du mal à marcher dessus. Quiconque, mais pas Alaric. Il a toujours éprouvé un malin plaisir à obscurcir ces auras trop claires pour ce monde, non pas pour assouvir un funeste dessein, mais pour son plaisir personnel. L’éternité vient avec son lot d’ennui à combler, semblerait-il.

Prostré devant ces jolis yeux sombres et cette peau lumineuse, Alaric en oublie presque l’animal qu’il tient dans les bras. Ce n'est que quand il aboie une nouvelle fois qu’il se tire de ses pensées, et fait un pas en avant avant de se stopper. Là, dans son accent Français le plus soigneusement travaillé, il prend la parole, un mince sourire en coin.

- Navré de vous déranger, Docteur. J’ai trouvé ce chien accidenté sur la route. Pourriez-vous le prendre en charge? J’avancerai les frais, - dit-il en désignant l’animal de la tête.  

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Mar 15 Juin - 21:40 (#)


A wolf in sheep's clothing

Alaric - Kiernan



L’aiguille frôlait le seuil critique et l’horloge tournait! Tant pis, ce n’était pas comme si elle avait le choix. S’arrêtant à la station-service pour faire le plein, Kiernan était déjà en retard pour sa prise de poste. Du moins, elle se sentait comme tel. Il lui restait dix minutes pour se rendre à la clinique, sans quoi elle serait véritablement en retard et cela était inadmissible. Elle ne l’avait jamais été depuis qu’elle travaillait pour M. O’Connell. Jamais en retard, jamais absente, la jeune femme était une employée modèle. Mais là, ça n’allait pas du tout. Elle avait surestimé la consommation de son 4x4, résultat : faire de l’essence devenait une nécessité si elle ne voulait pas aggraver son cas. A cette heure de la soirée, la station-service était déserte et elle avait le choix de la pompe. Machinalement, Kiernan choisit la plus proche de la sortie et entamait de remplir le réservoir, envoyant tout de même un sms à sa collègue pour l’avertir d’un potentiel retard. Son message plutôt succinct disait : Panne sèche, j’arrive dans 10 minutes. Clair, simple et efficace, elle n’attendait pas forcement de réponse aussi elle rangeait son appareil dans la poche de son trench.

Patiente mais un brin nerveuse, la jeune femme observait les chiffres défiler sur la pompe à essence, attendant l’instant fatidique ou elle relèverait le doigt pour avoir un chiffre rond. Ça avait été un jeu avec son frère jumeau durant leur escapade dans les montagnes d’Alaska. Ils s’occupaient de cette tache l’un après l’autre et celui qui perdait avait droit à un gage idiot. Cette pensée l’a rendait quelque peu nostalgique de sa vie à Juneau. Quand bien même elle avait quitté Juneau depuis presque dix ans maintenant, son pays lui manquait. La neige, le froid, les gens, son frère surtout. Il avait construit sa vie comme successeur des traditions Tlingit, elle avait bâti la sienne autour de la Meute … Les chemins étaient très différents mais leur cœur toujours uni par les épreuves communes, ainsi que la particularité d’être venu au monde en même temps. D’ailleurs, cela faisait des semaines qu’elle n’avait pas reçues de lettres – ou plus récemment de sms – de Levy. Elle s’interrogeait. Bien sûr, il avait énormément de responsabilité au sein du clan, et maintenant plus que jamais depuis qu’il était devenu père. Mais elle s’inquiétait. La chamane fermait les yeux un instant, se coupant du monde, du bruit de la circulation, n’écoutant que le vent, le bruissement des arbres ainsi que la Voix de ses ancêtres. Elle souriait, lâchant un soupir. Il allait bien. Elle en avait l’intime conviction. Les esprits ne mentaient jamais.

51 litres ! Mince ! Perdue … Elle aurait surement plus de chance la prochaine fois. Payant en comptoir de la station, elle reprit le volant en direction de la ville. 22:55. Tic tac tic tac. C’était jouable ! Rapidement mais toutefois prudemment, la Tlingit arrivait à la clinique, elle se garait sur le parking des employés, fermés à clef son 4x4 avant de rejoindre la porte de service. Passant la porte, sa collègue l’attendait en battant le carrelage du pied, faussement agacée. Un coup d’œil sur l’horloge mural. 23:02. Oups. Kiernan passait devant elle en retirant son trench, s’excusant dans sa langue natale Tlingit qu’elle seule comprenait. Posant ses affaires dans les vestiaires, la jeune femme entendait déjà la sonnette de la porte de garde. Mince. Embarquant sa blouse blanche avec elle, elle ouvrit la porte au client en enfilant sa tenue. Attachant sa longue chevelure en un chignon maladroit aux mèches tombantes sur son visage, elle entrait dans la pièce par la seconde porte, attendant que le client ne se manifeste. Et il se manifestait quelques secondes plus tard.  

C’était un homme élégant affichant un sourire plutôt charmant. Cependant il entrait en conflit avec une aura sombre aux teintes rougeâtres, mélange de froideur et d’agitation. Curieux … La chamane n’avait jamais rencontré une telle aura, aussi elle était incapable de la décrire, de la comprendre. Par habitude, Kiernan accueillait cet individu avec un sourire chaleureux et sincère bien qu’elle était légèrement déroutée de ne pouvoir l’identifié. Machinalement, elle annonçait également d’une voix très calme, presque chantante. « Veuillez excuser l’attente, nous ne sommes pas très nombreux ce soir. » Les deux créatures se regardaient en chien de faïence, s’observant mutuellement, oubliant presque le but de sa visite.

Distraite par un aboiement, la jeune femme quittait le visage de l’inconnu des yeux pour observer l’animal. Un chien entouré d’un halo de sang qui s’était répandu sur la chemise de son sauveur. La proximité réduite par l’étranger ne la dérangeait pas plus qu’outre mesure. Cependant son accent la surprit quelque peu, elle était incapable de le situer. « Suivez-moi s’il vous plait. » Elle lui adressait un signe de tête pour l’inviter à la suivre et tournait les talons pour rejoindre la première salle d’examen disponible. En entrant dans la pièce, elle ouvrit la lumière et lui présentait la table au centre, puis elle s’effaçait pour le laisser entrer, fermant la porte à sa suite. L’animal posé sur la table, elle enfilait une paire de gants, faisant tinter ses breloques avant de les rejoindre. « Vous l’avez trouvé sur la route donc ? Pauvre bête … C’est horrible de penser que le chauffard ne s’est même pas arrêté … » Elle regardait le chien blessé d’un peu plus près, pleine de compassion, le cœur serré à l’idée des souffrances qui le faisait tressaillir. « Malheureusement, cela arrive bien trop souvent … » Tout en lui avouant cela, la chamane caressait les oreilles de l’animal pour l’apaiser. Elle ignorait si cela avait un rapport avec sa nature ou autre, mais cela fonctionnait.

Palpant l’animal à divers endroits avec une certaine douceur, elle demandait à l’inconnu. « Je suis désolée mais pourriez-vous rester le temps de l’auscultation et des premiers soins ? Nous devons enregistrer l’identité des visiteurs quand il s’agit de cas comme celui-ci. » Kiernan faisait le tour de la table, se mettant à côté de l’inconnu pour regarder l’animal sans avoir à le bouger. Elle se penchait vers lui en tendant l’oreille pendant qu’elle continuait à l’ausculter. « A priori, il n’a qu’une patte cassée … Mais j’aimerai faire une radio pour être certaine du diagnostic. Vous pouvez me suivre ? » Elle comptait le mettre à contribution et lui faire porter l’animal.


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Ven 18 Juin - 10:39 (#)

A wolf in sheep's clothing

kiernan ft. alaric




Longuement, il la détaille du regard alors que ses yeux à elle sont figés sur la bête qu’il tient dans ses bras. Son aura se modifie au gré de ses émotions, l’entourant d’un halo doré qui ne fait qu’attiser la curiosité du vampire. Il doute qu’elle soit humaine, mais ne peut en être sûr. Soit. Il le découvrira de toute façon d’une manière ou d’une autre. Tout en la suivant jusqu’au bout du couloir, il prend quelques secondes pour réfléchir à la tournure imprévue des évènements. Après tout, il ne devrait pas être là. Mais il ne le regrette pas. Il ne sait pas réellement pourquoi, mais une excitation est en train de grimper le long de sa gorge et lui donne envie de sauter des étapes. En surface cependant, il n’affiche rien. La porte se referme derrière eux, et tout en suivant ses indications, le Français pose la bête sur la table, et fait un pas en arrière. L’inconnue s’applique à caresser la tête de ce pauvre chien sans même lui lancer un regard. Les sourcils d’Alaric se froncent, puis la ride se lisse, et son visage s’orne une nouvelle fois d’un sourire.

Ses bras se croisent sur son torse, et Alaric s’applique à prendre de lentes respirations pour garder une apparence humaine. Il ne respire cependant pas; l’odeur du sang lui brûle les narines. Elle lui rappelle cette fatale nuit en Gironde et l’expérience qu’il ne souhaite jamais retenter. Au lieu de cela, le vampire s’applique à fixer son regard sur la jeune femme, et plus particulièrement le petit pan de peau laissé apparent, dans son cou, au niveau de sa gorge. Il se demande le goût qu’elle lui laisserait sur la langue, la sensation qui déferlerait dans son corps. Il se demande si ce serait exceptionnel. Il en est sûr, à vrai dire. Son aura est si pure qu’Alaric est convaincu que son liquide vital en serait de même.

La vétérinaire le tire de ses pensées en reprenant la parole. Durant quelques secondes, il laisse son regard lécher son visage, la courbe de son nez et la forme de ses sourcils. Elle est innocente. Et Alaric aime corrompre l’innocence. Cette année d’abstinence qui vient de s’écouler l’a rendu comme un lion en cage, et à défaut de pouvoir y toucher, il se dit qu’il peut bien tenter de s’amuser. Aussi vite que ses bonnes résolutions sont apparues, elle disparaissent dans un nuage de fumée, laissant cette jeune inconnue seule en compagnie d’un prédateur. Bien qu’elle ne le sache pas encore.

- Oui, excusez-moi, - reprend-il en hochant la tête. - Faites le nécessaire.

Elle reste immobile, attendant vraisemblablement une action de sa part, et c’est à ce moment-là qu’Alaric réalise les allers-retours que ses yeux font entre lui et la petite bête.

- Oh! Bien sûr.

En quelques enjambées, il franchit la distance le séparant de la table et attrape le chien qu’il garde fermement dans ses bras. Sa chemise est déjà souillée, de toute manière, et il la jettera sûrement à la poubelle. Il doute pouvoir faire partir cette satanée odeur qui semble maintenant lui coller à la peau. Pour le moment, il s’abstient de lui donner son identité, et se contente de la suivre alors qu’elle l’entraîne jusqu’à la salle de radio. L’endroit est incroyablement silencieux; ils semblent être les seuls présents. Est-elle seulement consciente qu’elle se trouve en présence de celui qui pourrait la mener à sa perte en quelques secondes? Certainement pas, en conclut-il. Son aura est encore bien trop claire, ses émotions trop fluides pour traduire de la peur. Bien. Cela est bien.

- Depuis combien de temps travaillez-vous ici? Vous semblez jeune, pour être docteure. Sans vouloir vous offenser, - ajoute-t-il en la regardant alors qu’ils parviennent à l’autre bout de la clinique.

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Ven 18 Juin - 13:01 (#)


A wolf in sheep's clothing

Alaric - Kiernan



Le jeune homme semblait ailleurs, quelque part dans ses lointaines pensées et ne l’écoutait que d’une oreille distraite. Kiernan le remarquait mais ne prit pas ombrage. Elle aussi serait dans un sacré état après avoir trouvé cette pauvre bête sur le bord de la route. Il devait se remettre de ce choc. Aussi, elle ne tenait pas rigueur de son silence et encore moins de sa petite absence. Le voyant ramasser l’animal, elle lui adressait un sourire et tourner les talons pour rejoindre la porte menant aux entrailles de la clinique. L’ouvrant pour sortir, son simple mouvement dans le couloir déclenchait les plafonniers qui éclairaient la voie. Bien que le calme fût de rigueur, ils n’étaient pas seuls. Dans une pièce adjacente à ce couloir se trouvait la salle de repos dans laquelle séjournait des pensionnaires en convalescence. On comptait quinze malades, un mélange hétéroclite de chiens, de chats et même de lapins.

Par moment, les rapaces lui manquaient. Ces oiseaux de proie dont elle s’était occupé et entiché à Juneau demandaient des soins particuliers et des connaissances particulières. Ils étaient également drôlement attachants. Mais bête de la liberté, une cage n’était pas un habitat acceptable pour eux, comme pour tous les autres animaux d’ailleurs. Ça lui faisait toujours mal au cœur quand on lui apportait des rongeurs enfermés dans des barreaux d’aluminiums, tout  comme des oiseaux et autres bêtes enlacées d’une laisse. Pour la majorité des cas, ces animaux n’étaient pas malheureux, nés en captivité, ils n’avaient connu que cela et la liberté ne faisait plus partie de leur instinct primaire. Elle le savait, elle le sentait car l’esprit des bêtes était celui dont elle était le plus proche, avec celui de la Nature bien sûr.

D’autres fois, on leur amenait des animaux, surtout des chiens, qui pendant l’examen montait des signes de maltraitance. A partir de ce moment-là … He bien, la chamane faisait tout pour que la bête soit confisquée à son propriétaire mais ce n’était pas une mince affaire. Il y avait des procédures, des preuves à démontrer, c’était une tache fastidieuse et éreintante. Pourquoi penser à cela ? Çà la rendait triste et ce n’était ni le moment ni l’endroit pour cela. Fort heureusement, son client venait à son secours en la questionnant alors qu’ils arrivaient au bout du couloir. Face à ses questions, elle se tournait à demi vers lui, affichant une moue à la fois amusée et septique. Elle semblait réfléchir à sa question « Cela fait maintenant cinq ans que je travaille ici, le temps passe drôlement vite quand j’y pense. » Quant au reste, elle choisit de ne pas y répondre, ne sachant quoi penser de la remarque.

Ouvrant une énième porte, la demoiselle le guidait dans la salle de radiologie, elle était ornée d’appareils un peu barbares de prime abord ainsi qu’un ordinateur caché derrière une vitre, doté de plusieurs écrans. « Vous pouvez le poser ici s’il vous plait ? » Elle lui indiquait une petite table sous l’appareil de radiologie. Quand l’animal fut posé, elle lui demandait de s’écarter et positionnait correctement l’animal qui japper. Sans trop s’en rendre compte, elle lui adressait « Chut … » pour le calmer agrémenté d’une phrase en wakashan avec un bel accent chantant. La radio fut prise et elle pouvait lâcher l’animal le temps l’image radiographique ne soit disponible, le chien reprit une posture dont le confort lui permettait de supporter sa douleur. Elle profitait de ce temps pour se tourner vers l’individu énigmatique, essayant de lire son aura, tout en gardant un oeil sur le malade. Ne pas parvenir à identifier sa nature était déroutant et quelque part effrayant. « On a du vous le demander souvent, et pardonnez ma curiosité, mais d’où venez-vous ? Vous avez un accent que je ne parviens pas à situer … »

Tout en le contemplant, la chamane inclinait la tête sur le côté, comme si l’observation sous un autre angle lui permettait de percer tous ses secrets. Ce n’était qu’une habitude comportementale. Puis, elle se redressait faisant quelques pas vers lui, semblant soudainement gênée, mal à l’aise. « Je viens de me rendre compte que je ne m’étais même pas présente ! » Entre sa panne d’essence, son retard et sa prise de poste en catastrophe, elle avait oublié le b.a.-ba de la politesse. Elle lui tendait la main pour rattraper le tir, semblant plutôt chaleureuse et avenante. « Je suis le docteur Kiernan Ata’Halne. »


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Lun 21 Juin - 16:58 (#)

A wolf in sheep's clothing

kiernan ft. alaric




Alaric semble perdu dans ses pensées. En réalité, il imagine les différentes possibilités qui s’offrent à lui, imagine les futurs alternatifs pouvant découler de cette nuit et de cette rencontre fortuite. Il imagine le goût qu’aurait le sang de cette inconnue, la couleur dont se teinterait son aura, lorsqu’il aurait planté ses crocs dans sa chair. Il imagine les différentes manières qu’il pourrait trouver pour la corrompre, effacer le blanc de son âme et enfin sortir de l’ennui qui caractérise en ce moment son existence. Mais pas pour le moment. Pour le moment, le vampire tâche de faire bonne figure, et il suit docilement la vétérinaire lorsqu’elle le guide dans une pièce éclairée d’une lumière blafarde. Il hoche la tête quand elle lui répond. Cinq ans. Comment a-t-il fait pour ne pas tomber sur elle, en cinq années? Alaric a pourtant le hic pour rencontrer des personnes capables de lui offrir tout ce à quoi il n’a plus le droit de toucher.

Il sait pertinemment que le moment où il décidera de flancher sera le moment où il mènera cette inconnue à sa perte, et s’emportera lui en même temps. Il a choisi de suivre les demandes de son frère et de ne plus faire de tord à la race humaine pour le bien des Lanuit, certes, mais Alaric écoute Gabriel avec une telle attention parce qu’il sait pertinemment que décider de ne plus le suivre le mènerait à sa perte. A la décadence, puis à sa perte.

Le Français pose le chien sur la table en question, puis fait un pas en arrière, alors qu’elle s’approche de lui. Automatiquement, l’animal semble se calmer. Elle prononce une phrase qui l’étonne; Alaric ne reconnait pas la langue dans laquelle elle parle. Il connaît pourtant beaucoup de langages, maîtrisés au cours des sept derniers siècles. Malgré tout, il reste silencieux, et met les mains dans les poches de son pantalon pour paraître le plus vivant possible. Elle a l’aise à l’aise dans ce qu’elle fait. Plus encore, elle paraît aimer son travail, animée d’une passion qui active son aura et qui fait s’échapper d’elle une sensation de détente qui englobe malgré lui le vampire. Son regard se redresse vers elle quand elle le questionne, et un délicieux sourire prend position sur son visage, creusant une fossette dans sa joue qui n’apparaît qu’en de rares occasions.

- Il n’y a pas de mal, - répond-il en haussant les épaules. - N’avez-vous jamais rencontré de Français?

Son regard ne la lâche pas, alors qu’elle penche la tête sur le côté. Elle semble intriguée. Bien. Plus elle sera intriguée, plus Alaric aura la possibilité de l’englober dans son aura magnétique. Ce jeu est sadique et certainement malsain, mais il ne peut s’en empêcher. Ses nuits sont terriblement longues, plongé dans la solitude. Encore une fois, elle sort de ses pensées et s’exclame. Alors qu’elle s’approche de lui, une main se tend dans sa direction. Les sourcils d’Alaric se froncent alors qu’il la regarde sans comprendre. Puis, il réalise. Oh.

Quelle merveilleuse idée. Il pourrait lui serrer la main, et ressentir le poids de sa potentielle magie, mais il pourrait aussi faire plus. Lentement, ses yeux remontent vers elle, et dans une attitude innocente, il se penche vers elle. Sa joue frôle la sienne, et en fait de même de l’autre côté. Il se redresse. Pantoise, elle le regarde. Il feint la réalisation et s’exclame:

- Oh! Pardonnez-moi. L’habitude.

C’est faux. Alaric déteste cette tradition purement française qui traduit un cruel manque de distinction et d’élégance. Il hésite à lui serrer la main, car elle est toujours suspendue dans les airs entre eux deux, mais se retient finalement et se contente de la regarder d’un air amusé, un sourcil haussé.

- Tout va bien? Je crois que vous avez cessé de respirer.

Il en est à vrai dire certain. Il n’entend plus les échos de sa respiration et entend l’afflux furieux de son sang dans ses veines.

- Pardonnez mon manque de politesse, je ne me suis pas présenté à mon tour, - reprend-il alors. - Théodore Lanuit. C’est un plaisir, Docteur Ata’Halne.

Cela fait longtemps qu’il n’a plus utilisé son deuxième prénom pour se présenter. Depuis le XVIIIème siècle et un malencontreux voyage dans une des terres d’Europe de l’Est dans lesquelles il n’est plus le bienvenue, semblerait-il. Cette appellation va de paire avec l’accent travaillé qu’il emploie dès que besoin est. Il doute que cette inconnue soit au courant de l’existence des Lanuit, aussi n’a-t-il pas pris la peine d’omettre ce détail. Finalement, son regard innocent se détourne vers l’animal allongé sur la table, et il décide de changer de sujet.

- Pensez-vous que notre ami possède un propriétaire?

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Mar 22 Juin - 21:05 (#)


A wolf in sheep's clothing

Alaric - Kiernan



Le charmant jeune homme ne s’offensait pas de son ignorance et l’interrogeait. N’avait-elle jamais rencontrée de Français ? Sans répondre, Kiernan exprimait la négative en secouant légèrement la tête de gauche à droite. Elle n’avait pas besoin de réfléchir d’avantage à la question. Pourtant, elle avait été amenée à rencontrer une multitude d’individus durant ses voyages. L’initiatique à l’issue duquel elle avait traversé l’Alaska en passant de la point de Nikolski, une localité peuplée de dix-huit habitants constituant une tribu aux coutumes bien singulières, faisant une halte à Fairbanks qui lui avait offert les plus belles aurores boréales contemplées à ce jour, enfin son périple s’était soldé par un séjour chez les Iñupiats à Atqasuk, le village le plus isolé et le plus au Nord de l’Alaska. Personne ne peut affirmer avoir connu le froid avant d’avoir mis les pieds la bas … Après ce voyage, la chamane avait sillonné les États-Unis d’Amérique, traversant les côtes canadiennes avant de rejoindre l’État de Washington pour se rendre Seattle au volant de son vieux 4x4. Seule, elle avait entamé un long ‘road trip’, virant d’état en état, de ville en ville, de rencontre en rencontre, elle avait fait la connaissance d’un tas de personnes, humains, chamans, des garous aussi. « Je n’ai jamais eu ce plaisir non. » commentait-elle tout de même. La Tlingit en avait fait du chemin pour arriver à Shreveport. Elle avait passé plus de six mois sur les routes pour atteindre la Louisiane et son affreuse humidité.

D’ailleurs pourquoi parler de plaisir ? S’en était un pour elle d’être confrontée à de nouvelles personnes, de nouvelles cultures dont elle ne savait rien, apprendre des autres lui apportait une richesse supplémentaire, la jeune femme en était certaine. A aucun moment elle ne pouvait juger cela comme un déplaisir. Bien sûr, elle avait eu de mauvaises surprises ! Surtout à l’approche du Mexique … Sa couleur de peau lui avait fait défaut et, injustement, on l’avait considère comme une immigrée du sud de la frontière. Dans des murmures, elle s’était entendue nommée : Sauvage, la clandestine ou Pocahontas. C’était d’autant plus irritant quand on ignorait l’histoire tragique de cette femme, que son véritable nom était Matoaka et qu’elle venait qu’une tribu Powhatan s’étant établie sur les terres de l’actuelle Virginie. En somme, il n’y avait aucun rapport avec la chamane et elle. Bien sûr, les ignares posaient facilement des étiquettes et la sienne avait été lourde à porter. Depuis ses déconvenues, Kiernan avait ajouté cet État à sa très courte liste des choses qu’elle n’aimait pas. Le Texas était cité avant les anchois et après les préjugés et autres clichés. Véridique !…

La jeune femme revenait sur terre grâce –à cause ? – au jeune homme se penchant sur elle au même moment. Qu’est-ce que … Fixée sur place, la Tlingit battait des cils plusieurs fois de suite, abasourdie. Il venait de frôler sa joue de la sienne. Pourquoi ? Comment ? Pourquoi ? Ah non, cela a déjà été demandé. Dans quel pays on embrassait les gens sans les connaitre ? Dans le sien apparemment, car il recommençait avec la seconde. Sur les fesses de son geste, Kiernan n’avait même pas le réflexe de reculer lors de la deuxième fois. En plus d’être estomaquée par son geste et la proximité, la jeune femme était surprise par la température de sa peau. Sans être glacé, son toucher n’offrait aucune chaleur humaine. « Vous êtes glacé ... » Etait-il souffrant ? A moins qu’il ne fasse froid dans la pièce tout simplement ? Face à son comportement, la jeune femme aurait pu en rougir si tous les voyants ne clignaient pas de rouge en elle. Son instinct lui criait : Attention, danger ! A l’instar d’une flamme léchant ses doigts d’un peu trop près, la chamane récupérait sa main avant de se bruler. Elle le fixait, retenant son souffle pendant de longues secondes sans même s’en rendre compte. D’ailleurs, le jeune homme lui fit remarquer. Elle lui adressait un sourire un peu forcé en guise de réponse, faisant un pas un arrière. « Oui … Excusez-moi, j’ai été surprise c’est tout. » C’est le moins que l’on puisse dire ! « Ceci étant dit … Si d’aventure nous nous croisons à nouveau, ne recommencez plus. » Trouvant que cela sonnait comme un ordre dans ses propres oreilles, elle ajoutait « S’il vous plait. » joint d’un sourire trahissant quelque peu son malaise qu’elle ne cherchait pas à cacher.

Toussotant dans sa main comme pour chasser sa gêne, elle s’éloignait de lui pour prendre les clichés radiologiques tandis qu’il se présentait. Théodore Lanuit. « Lanuit … » répétait-elle presque machinalement comme pour enregistré l’information, son accent un peu rude d’Alaska ne rendait pas justice à ce joli nom francophone. « C’est plutôt rigolo comme nom. » Ça sonnait bien, c’était chantant. Sa sincérité naturelle pouvant passer pour de la moquerie, elle balayait son effronterie d’un simple « Dans le bon sens du terme. » Lui tournant le dos, elle mettait les images sous la lumière artificielle pour en observer les subtils détails. La patte était bien fracturée, mais rien d’irréparable. La fracture allait nécessiter un petit « plâtre » le temps que l’os se ressoude convenablement.  M. Lanuit à la rescousse, il changeait de sujet, demandant si leur ami commun avait un propriétaire. « Hmm … Nous n’avons pas eu de signalement pour un chiot perdu. Mais je vais vérifier. Quoiqu’il en soit, notre ami n’a qu’une petite fracture à la patte, plus de sang que de mal comme on dit. On va retourner dans la salle d’examen. »

De sa table, le chiot portait un regard abattu sur Théodore, de grands yeux voulant dire : Restes avec moi. Kiernan l’invitait à ramasser la petite bête et revenait sur ses pas dans le couloir, la radio dans la main. De retour dans la salle d’examen, elle prit un instant pour ramasser un petit objet électronique, semblable à un détecteur de métaux mais miniature. Passant l’appareil sur le pelage du chien, la jeune femme observait le petit écran digital avant de poser ses prunelles noires sur Théodore. « Non, il n’est pas pucé. » Observant l’animal pendant quelques secondes, Kiernan lisait son attachement pour son  sauveur. Malgré sa blessure, il remuait la queue quand les yeux sombres de Théodore se posaient sur lui. La demoiselle eut un petit rire sincère. « On dirait qu’il s’est entiché de vous Monsieur Lanuit. »


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Ven 25 Juin - 14:48 (#)

A wolf in sheep's clothing

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Cette inconnue semble porter une concentration particulière à ses paroles, comme si elle lui offrait toute son attention. Il ne peut s’empêcher de se demander ce à quoi elle pense, et même s’il n’en a strictement rien à faire, ce qu’elle pense de lui. Elle n’a pas l’air de connaître son nom de famille, ni de reconnaître sa nature. Tant mieux. Cela lui permettra de s’amuser un peu plus longtemps. Alors qu’elle sort de sa torpeur, les yeux rivés sur lui, gênée de ce qu’il vient de faire, lui la regarde en souriant innocemment. Il ne cille pas même lorsqu’elle remarque la basse température de sa peau. Finalement, sa main retombe à ses côtés.

Alaric ne sait pas combien de temps ce jeu lui plaira. Il ne sait pas s’il en tirera un avantage, ni si cela est une bonne idée. Mais il n’a jamais été du genre à se poser ce genre de questions. Se préoccuper des retombées de ses actes n’est pas son rôle, plus celui de son frère. Et, pour l’heure, il ne fait rien de mal. Il n’a toujours pas planté ses crocs dans la peau brune de cette jeune femme, à ce qu’il sache. Ce qui est d’ailleurs un crime, parce que sa gorge semble tout à fait accueillante, et le rythme du sang qui bat dans ses veines lui fait de l’oeil. Mais le Français ne bronche pas, et reste silencieux. Il sait qu’il ne craquera pas, même s’il aime se laisser tenter. Alaric aime jouer avec le feu, comme il l’a toujours fait. Reste à savoir laquelle de ses actions litigieuses le mènera à sa perte, et quand.

Un rire lui échappe lorsqu’elle reprend la parole. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle soit dotée d’un caractère, et surpris de sa réponse, il hoche la tête. Un sourire étire ses lèvres quand elle rajoute un « S’il vous plaît ». L’inconnue lui tourne finalement le dos, répétant son nom de famille sous son souffle, sans savoir qu’il est capable de l’entendre où qu’elle soit dans pièce. Ou dans le bâtiment, à vrai dire. Mais Alaric ne relève pas et reste en retrait.

- Dans le bon sens du terme? Je suis heureux de l’apprendre.

Ce chien n’a pas de maître. Bien. Cela évitera au vampire de devoir se présenter à qui que ce soit pour leur rendre l’animal. Son regard tombe sur lui. Il s’est enfin calmé, et la façon dont il remue à présent sa queue tirerait presque un sourire de sympathie de la part d’Alaric. Il a toujours eu un faible pour les chiens. Si seulement les humains étaient aussi dociles. Il le récupère une nouvelle fois dans ses bras, et se laisse guider par le docteur. Ils ne tardent pas à se retrouver dans la même pièce que quelques minutes plus tôt, à leurs positions initiales. La bête sur la table d’examen, elle penchée sur lui, Alaric en retrait. Il l’observe alors qu’elle travaille. Le temps passe, et il voudrait profiter du restant de sa nuit, mais il ne peut se résoudre à quitter les lieux. Cette petite bête commence à lui coller à la peau. Elle aussi semble l’avoir remarqué, et face à ses paroles, il hausse les épaules.

- Que voulez-vous, je suis attachant, - dit-il en souriant. - Ce chien est peut-être chanceux, en fin de compte.

Non. Terrible idée. Ah moins que? Non. Pour se changer les idées et faire passer le temps, il reprend la parole.

- D’où vient votre nom? Il ne me semble pas l’avoir déjà entendu par ici.


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Ven 25 Juin - 21:32 (#)


 
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Alaric - Kiernan



Un rire franc échappait à Kiernan quand il se qualifiait comme attachant. L’aplomb dont il faisait preuve l’amusait autant qu’elle l’impressionnait. Il devait être un homme important, au vu de son maintien ainsi que de son parlé. Il faisait preuve d’une assurance qu’elle supposait être à toute épreuve. « Vous ne doutez de rien Monsieur Lanuit. » commentait-elle, un brin taquin. Malgré la boutade, la chamane lisait une certaine … Malveillance émanant de lui. Son aura était aussi sombre et froide qu’elle était nuancée d’un rouge sang et surmontée sursauts électriques qu’elle ne parvenait pas à identifier. Qu’est ce qui animait Théodore pour qu’elle ressorte d’une telle façon ? Et surtout : Qu’était-il ? Elle ne savait pas mettre un nom sur sa nature. Certes, la Vargamor n’était pas adepte des étiquettes mais tout de même … Elle voulait savoir, pour se rassurer peut-être ? Ou juste savoir à quoi s’attendre, un minimum. Bien sûr, chaque individu était unique et sa nature ne le qualifiait pas. Tous les chamans n’étaient pas blancs pour ne parler que d’elle. Cependant, elle était d’un caractère plutôt curieux et les pièces du puzzle constituant Monsieur Lanuit étés nombreuses. Dans les légendes Kùkhhittàn, on parlait d’hommes au teint blafard, presque cadavérique dont le toucher était aussi rude et froid qu’une nuit d’hiver. Dans le folklore de sa tribu, ces monstres nommés Pishtqalani vivaient aux dépends des hommes, se nourrissant de leur sang, moelles et graisses pour échapper à la mort. D’aucun dirait que ces légendes vieilles comme le monde se rapprochaient d’une autre forme de vie Révélée il y a quelques années de cela. Cela valait également pour le mythe du Wendigo, créature maléfique et anthropophage issu de la mythologie des premières nations. Mais ça, c’était encore une autre histoire …

Forcée de faire le rapprochement entre les singulières particularités des Pishtqalani et celles de Monsieur Lanuit, Kiernan laissait tout de même ses questions en suspens. Du moins pour le moment. Bien que timide, elle restait une jeune femme franche et sincère, mettant des mots sur ses interrogations quand cela était nécessaire, les questions ne lui faisaient pas peur. Quant aux réponses … Elle les évaluait sans jugement et avec recul. Elle était plutôt mesurée.

Échangeant les rôles, le jeune homme la questionnait sur ses origines. Prise aux dépourvus, elle posait les yeux sur lui, ne cachant pas sa surprise. On l’interrogeait rarement sur ses racines, du moins pas aussi directement. Le commun des mortels, d’ordinaire, préférait faire des spéculations et des hypothèses, chuchotaient leurs suppositions. Aussi, elle appréciait la spontanéité de la question. Joint d’un léger sourire, elle lui répondait. « Je suis une Kùkhhittàn. » La fierté portait à ses origines s’entendait sans peine dans sa voix. Discrets sur leur mode de vie et leur existence de manière général, ce nom n’évoquait rien dans la mémoire des Américains. Ils étaient une tribu d’autochtone à l’instar des Inuits ou des Sioux. Cependant, il fallait les avoir côtoyés pour les connaitre, googler le nom du clan était bien vain tant ils n’étaient pas exposés au reste du monde et encore moins à l’internet des jeunes populations. « Je viens d’une tribu Tlingit originaire de Juneau en Alaska. » Elle était bien loin de chez elle.

Quittant Monsieur Lanuit des yeux pour se focaliser sur le blessé, elle s’appliquait à soigner sa patte. « La plupart des miens vivent en marge de la société sur les iles au bord du détroit de Gastineau. Je doute que vous ne fassiez la rencontre d’un autre représentant de mon peuple. » Sans être totalement fermé au reste du moment, le clan des Corbeaux – comme les autres d’ailleurs - n’accordait que peu de confiance et de crédit aux étrangers. Le brassage d’ethnie était d’une rareté extrême. Les lignées étaient pures depuis des générations et les unions en dehors des clans étaient soumises de nombreuses conditions. L’avènement des jumeaux Ata’Halne avait marqué un tournant dans la culture Tlingit, entrebâillant la porte donnant sur le monde. Levy était devenu le successeur des traditions du clan, quant à elle … He bien, elle soignait un chiot en plein milieu de la nuit en compagnie d’un mystérieux individu. Quoiqu’on en dise, cela lui convenait.  

« Je peux vous poser une question Monsieur Lanuit ? » L’interrogeant, elle posait à nouveaux ses prunelles noires sur lui, attachant l’attelle du chiot qui jappait un peu sous l’inconfort du matériel. Attendant sa réponse, elle terminait par retirer ses gants en latex, les jetant de la poubelle de la salle d'examen, elle n'en avait plus besoin.


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Mer 30 Juin - 13:55 (#)

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Le Français hausse les épaules d’un air innocent, bien que le sourire placardé sur son visage en soit à l’opposé. Elle semble curieuse, tout autant que lui, du moins, et ne tarde pas à lui faire part de ses origines. Cela a le don de plonger Alaric dans des réflexions. Ses voyages aux quatre coins du monde lui ont valu de rencontrer énormément de cultures différentes, et pourtant, il n’a jamais croisé la route du peuple auquel elle appartient. Les consonances ne lui sont pas inconnues, cependant. Il est à présent sûr que l’aura qui émane d’elle est chamanique, ou du moins arcaniste. Alaric se demande quel est son rôle, quelles sont des affiliations, quelles sont des appartenances. Il ne s’est jamais intéressé au peuple de la magie, sauf lorsqu’il en a eu le besoin. La lueur qui s’est éclairée dans son regard ne lui échappe pas; elle semble attachée à ses racines.

- A vos souhaits, - dit-il lorsqu’elle lui annonce être de ces Kùkhhittàn, sourire au visage.

L’Alaska. Voilà pourquoi Alaric n’a jamais eu la chance de rencontrer l’un de ses confrères. Ses voyages l’ont mené aux frontières du monde réel, jamais aussi haut que cela. L’atmosphère de l’Alaska y est trop chargée en ondes pour qu’il puisse s’y sentir bien. Il doute de toute manière d’y être le bienvenue. De plus, il y fait bien trop froid. Le sang froid n’a jamais été sa tasse de thé. Les journées y sont courtes, paraît-il cependant. C’est peut-être la seule chose qui a daigné retenir son attention.

- Vivre en marge de société à son lot d’avantages, paraîtrait-il. Vous ne semblez pourtant pas du même avis. Shreveport est une grande ville, vous savez.

La ville qu'il habite depuis maintenant plusieurs siècles et qui est peu à peu devenue son foyer n'est certainement pas une destination touristique de choix, encore moins un endroit que l'on choisirait pour développer sa carrière, à moins de faire partie de ceux que les humains essaient parfois de fuir coûte que coûte. Dorénavant, il est curieux de connaître son mode de vie, ce qui la motive. Ceux qui l’entourent, également. Vit-elle seule? Possède-t-elle des amis? Exerce-t-elle sa magie? Son regard tombe sur le petit chien, à présent calme, dont la queue frétille. Le contraste avec la bête effrayée qu’il a récupérée sur le bord de la route une heure plus tôt est si forte qu’Alaric ne peut s’empêcher que ses affiliations ont un rapport avec l’énergie qui émane de son futur compagnon. Car Alaric le sait. Ce chien ne tardera pas à lui appartenir, et l’ironie de cette situation le fait sourire. Il est petit, mais ressemble pratiquement à un loup. Il pourrait presque en rire. La sympathie qu’il possède pour ces animaux est à l’opposé de ce sentiment acerbe qu’il arbore concernant les hommes et leurs dérivés. Peut-être s’est-il simplement lassé de cette race au fil des siècles. Trop docile, versatile, prévisible. Ou peut-être a-t-il simplement perdu sa patience.

Son regard se redresse vers elle lorsqu’elle prend la parole, et il la détaille quelques instants sans rien dire. Elle lui demande l’autorisation de lui poser une question, comme si la réponse l’effrayait par avance. Comme si elle était sur le point de mettre son doigt dans un engrenage qui ne tarderait pas à l’avaler toute entière. C’est cette pensée qui étire un nouveau sourire de la part du vampire, et il hoche la tête.

- Si vous n’avez pas peur de la réponse, - dit-il sans la quitter du regard.

Ses gants ont volé dans la poubelle à quelques mètres d’eux, et Alaric attend patiemment le verdict, les mains soigneusement enfouies dans les poches de son pantalon.


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Mer 30 Juin - 22:41 (#)


 
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Alaric - Kiernan



Monsieur Lanuit semblait plutôt joueur et Kiernan se laissait volontiers emporter dans ce jeu, elle le faisait sciemment jusqu’au moment où elle jugerait cela trop dangereux pour elle, et surtout pour son entourage. Elle ne pouvait pas se permettre de se comporter avec insouciance, d’agir sans considérer les éventuels risques et conséquences. Sans prétention aucune, de sa prudence dépendait la vie de nombreuses personnes, de la sécurité de la Meute. Pour le moment, elle ne sentait pas le danger, tout du moins l’intriguant personnage se tenant devant elle n’était pas une menace imminente. Oui, elle le trouvait intriguant, de bien des manières. Il y avait pour commencer le mystère de sa nature, les similarités entre lui et les Pishtqalani. Mais il y avait aussi l’homme derrière l’aura, pour ne pas dire le masque. Il avait un petit quelque chose qui attisait la curiosité de Kiernan, son charisme suscitait son intérêt d’une certaine façon. Mais pas que. Bien qu’elle ne soit pas une femme superficielle, elle était prête à parier que Monsieur Lanuit devait avoir une ribambelle de prétendantes et de femmes à ses pieds. A l’instar des créatures de la nuit des romans, un simple regard de sa part devait toutes les enchanter, lui ouvrir toutes les portes. Bien entendu, elle n’était pas complètement indifférente à son beau sourire, mais elle n’était rien de lui. Rien de particulier en tout cas.

« A vos souhaits » .disait-il en entendant le nom de son clan. Il avait osé ?... La chamane lui répondait par une inspiration faussement choquée, ses bijoux tintaient harmonieusement quand elle posait la main devant sa bouche, jouant la comédie. Elle n’était pas forcément une bonne actrice, l’art de la tromperie et du mensonge lui étaient étrangers. C’était un point d’honneur chez elle a toujours être sincère et franche, arrondissant les angles que cela pouvait être blessant. Son geste portait la marque de la caricature et elle soufflait en riant un peu de sa bêtise, et de la sienne. « Je l’ai mérité. Un point partout. Balle au centre. » Elle l’avait bien taquiné sur son nom, il avait parfaitement le droit de lui rendre la pareille. C’est pourquoi elle ne prenait pas ombrage de sa remarque. Et quand bien même, la demoiselle n’était ni susceptible, ni facile à blesser. Enfin … Si, elle l’était. Mais c’était un tout autre sujet qui n’avait pas sa place ici.

Théodore poursuivait en soulignant un détail, elle ne semblait pas du même avis que son peuple. En guise de réponse, un haussement d’épaule. « Ce n’est pas la question d’être d’accord ou non avec ce mode de vie. Chaque individu est libre de vivre comme il l’entend du moment qu’il ne cause du tort à personne. Pour ma part … Disons que, comme tout un chacun, je devais trouver ma place. » Elle avait mis du temps à la trouver cette fameuse place ! Il lui aurait fallu une demi-année, plus de quatre milles kilomètres et maintes et maintes litres d’essence. Finalement, elle avait posé son 4x4 dans le parking d’un petit restaurant pour y bosser quelques semaines, en vue de reprendre la route pour la Nouvelle-Orléans. Mais la rencontre avec Joaquin avait changé sa vie de nombreuses façons. Elle concluait avec un sourire léger et sincère sur les lèvres. « Je ne pensais pas rester ici, à Shreveport. Mais c’est ici que se trouve ma place désormais. » Elle s’y sentait bien malgré les architectures un peu trop hautes à son humble avis, malgré l’humidité et la forte ‘répression’ qu’enduraient les surnats. Elle n’en avait jamais été victime, uniquement de racisme, mais elle savait que cela existait. A défaut d’être au centre de l’attention, ce qui lui convenait parfaitement, Kiernan était suffisamment discrète pour faire trainer ses oreilles, sans trop s’en rendre compte d’ailleurs.

L’ambiance prenait un tournant quand elle attendait sa réponse. De son coté de la table, la Vargamor fixait les yeux billes de jais de Monsieur Lanuit. Son regard se portait également vers elle, la contemplant pendant quelques secondes qui ressemblaient presque à des minutes. La jeune femme sentait une sorte de tension en elle, incapable de mettre le doigt sur la cause de sa présence. Elle ne se laissait pas envahir par une angoisse sourde et patienter qu’il daigne lui répondre. Un sourire apparu sur son visage tandis qu’il hochait la tête. Sa remarque l’étonnait et elle haussait légèrement les sourcils. « Devrais-je craindre votre réponse ? » La chamane prenait son observation comme un avertissement, une sorte de mise en garde disant : Attention petite fleur, si tu t’engages sur cette voie, elle sera sans retour. Dans son esprit, elle cherchait ses mots. Elle ne voulait pas manquer de tact, ni même être trop directe au risque de le voir prendre la fuite. Etait-ce grave ?

Finalement, c’est un « Comptez-vous adopter ce chien ? Je vous préviens, il s’agit d’un chien-loup de Saarlos, une espèce ‘batarde’ issue d’un croisement entre un berger allemand et une louve … Autant dire qu’il ne sera pas simple de l’apprivoiser. Mais je suis sure qu’il sera très heureux avec vous. » Solution de repli stratégique et temporaire ! Rompant le contact avec lui, elle ouvrait le tiroir du bureau pour sortir une liasse de documents en vue de l’adoption du chiot, ou auquel cas  sa mise en pension s’il devait rester ici. Dans son for intérieur, Kiernan se bottait les fesses. Son indécision était une chose difficile pour elle. Elle travaillait dessus depuis qu’elle avait rejoint la Meute. Agacée par elle-même, elle posait lourde la pile de document sur le plat du bureau dans un geste un peu plus 'brusque' que ce qu'elle avait montré d'elel jusque la, comme si elle était fâchée. Elle semblait l’être, ou plutôt elle était déterminée. « Et puis zut. Êtes-vous un vampire ? C’était celle-ci ma question initiale. Bien entendu, la première tient toujours … » Elle lui désignait le chien du doigt pour l’avertir qu’elle parlait de l’adoption.



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Lun 12 Juil - 11:22 (#)

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Depuis qu’il a posé les yeux sur elle, Alaric s’est convaincu du fait qu’il lit en elle comme dans un livre ouvert. Il voit le reflet de son existence dans ses yeux, devine ses pensées, déchiffre ses aspirations. Cependant, plus le temps s’écoule, plus le Français en vient à se demander s’il n’a pas fait fausse route. Il ne sait pas si la personne qu’il a en face de lui n’est que l’illusion de ce qu’elle a envie de lui montrer. Il voudrait s’approcher, plonger son regard dans le sien et lui demander la vérité. Lui faire chanter la réalité, entendre ses mots dénués de tout sous-entendu. Mais il n’en fait rien. A la place, il se contente de l’observer. Il essaie de comprendre la manière qu’elle a de se déplacer dans l’espace. Elle est élégante, mais c’est en même temps comme si elle avait peur d’attirer trop d’attention. Comme si elle se complaisait dans l’ombre de l’attention du monde. Alaric n’en fait rien; ses yeux sont fixés sur elle et la regarde faire sans s’en cacher. Pas même quand elle se tourne pour le regarde en reprenant la parole.

- Je ne suis ni un tueur en série, ni une personne recherchée par la police, je pense donc que ça devrait aller, - dit-il en souriant.

A peu de choses près. Mais il se garde bien d’en faire la remarquer. Sur son visage semble se mélanger une multitude d’émotions, et quand elle reprend la parole, Alaric a l’impression que c’est pour prononcer une phrase à mille lieux de son intention première. Alors qu’elle parle, son regard se penche sur le chien sur la table. Un chien-loup, bâtard de surcroit… Quelle ironie. Le karma semble s’être acharné sur lui pour faire de sa nuit une surprise de taille. Même si le vampire aurait pu prendre ses paroles comme un challenge à relever, il n’y prête pas cas, et s’attelle à observer la bête. Il n’a pas envie de se charger d’une responsabilité de la sorte, mais sait également qu’il ne pourra pas se résoudre à l’abandonner. Il aime les bêtes, comme il l’a dit. Même celles qui tiennent des traits de ressemblance avec les loups. Lentement, il s’avance, tend la main et la pose sur la tête du chien. Celui-ci semble aller à sa rencontre, et un sourire se dessine sur le visage du vampire.

Quand son attention se reporte sur la voix emplissant la pièce, la vétérinaire tient une liasse de papiers dans ses mains. Ce qui tire un rire amusé de la part du Français ne tient cependant en rien à sa posture, mais aux paroles qu’elle vient de prononcer. Elle le regarde comme si elle avait peur de la réponse. La main d’Alaric est toujours placée sur son futur chien. Il hausse les épaules comme si ses paroles ne possédaient aucun poids.

- Pensez-vous que mon nouvel ami serait si détendu en ma présence si tel était le cas?

L’animal est vraisemblablement trop amorphe pour se rendre compte de la mort se tenant à ses côtés. Le vampire est heureux que l’honnêteté ait gagné la bataille ayant pris place dans son esprit quelques secondes auparavant. Cette question est bien plus amusante que la première.

- Vous êtes une personne de science, et pourtant, croyez-vous au folklore, Docteur Ata’Halne?

Il finit par relâcher le contact avec le chien et s’approche de la jeune femme. La distant qui les sépare est sûrement peu raisonnable, mais Alaric ne s’arrête pas, et sans relâcher le contact visuel, il tend lentement la main, et s’empare des papiers qu’elle détient. Son attention se porte sur la paperasse, alors qu’il trie les papiers d’adoption. Ceux tenant à sa mise en pension sont déposés sur la table juste à côté d’elle, et quand il se penche pour le faire, il se retrouve certainement une nouvelle fois trop proche pour être raisonnable. Puis il se redresse. Il ne sait pas si elle est apeurée, ou simplement curieuse.

- Je ne peux me résoudre à abandonner cette bête. J’en ferai mon animal de compagnon, ou, qui sait, mon quatre heures. - reprend-il d’un ton léger.


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Mer 14 Juil - 12:40 (#)


 
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Alaric - Kiernan



Sa remarque fit rire Kiernan. Monsieur Lanuit affirmait qu’il n’était ni un tueur en série, ni recherché par la police. « Je pense que c’est exactement ce que dirait un tueur en série. » Logique ! Il n’allait pas crier sur les toits : Coucou je suis le grand méchant loup. L’audace serait intéressante mais pour commettre ses méfaits, il valait mieux rester dans l’ombre, se faire passer pour un citoyen modèle, avec femme, enfants, Brutus le Boulogne français courant dans le jardin de la grande maison, assidu dans les messes du dimanche matin. Une personne dont la profession lui permettait d’effacer ses traces, supprimer les preuves. Une personne bien sous tous rapports sur qui le moindre soupçon serait balayé par sa fausse droiture exemplaire. La jeune femme devait avoir lu trop de polar ou regardé trop de séries télévisées dans lesquelles l’expert en projections de sang tuait d’autres tueurs avant de les découper dans une bâche en plastique et les jeter dans la marina. Pas moyen de l’imaginer sous ces coutures. Théodore lui donnait plus l’air d’un cambrioleur de luxe que d’un assassin sanguinaire. Une sorte d’Arsène Lupin. En tout cas il en avait l’élégance et l’origine.

Parlant d’adoption au lieu de sa véritable question, le jeune homme observait le chiot saarloos. C’est qu’il était mignon le petit loup, il saurait faire fondre les cœurs les plus glacés ! Cependant, il fallait prendre le temps de la réflexion et se montrer humble face à une telle bête. Bien qu’il soit petit pour l’heure, dans trois ou quatre mois, sa taille serait revue par trois sans qu’il soit encore à sa carrure adulte. Ces animaux relevaient du défi pour les hommes car bâtard de loup, ils en avaient la force, aussi bien dans les pâtes que dans la mâchoire, et demandaient beaucoup d’énergie et une certaine patience. Une fois leur amour et leur confiance acquise, ils étaient des chiens d’une loyauté sans faille, à la fois gardien et compagnon de vie. L’affection du petit blessé se portait naturellement vers son sauveur, aussi quand il présentait sa main, l’animal venait à sa rencontre, plutôt content. Kiernan ne ratait pas une miette de cet échange, attendant sa réponse quant à son identité. Elle ne craignait pas sa réponse, elle voulait juste l’entendre, se faire une idée de ce qu’il était, de ce que pouvait être les vampires aussi. Elle n’avait jamais eu la chance - ou la malchance ? - d’en faire la rencontre jusqu’ici.

Sa réponse apportait d’avantage de trouble que de satisfaction. Car même si le chiot était réceptif à sa présence et ne ressentait pas d’hostilité à son égard, cela ne prouvait rien, ni ne permettrait d’affirmer quoique ce soit. Par conséquent, elle faisait le choix de la confiance. La question de Monsieur Lanuit sonnait étrangement en elle. Elle le regardait. « Cela semble vous surprendre … Le folklore est intrinsèquement lié à ce que nous sommes. Dans la mesure où mon peuple croit en l’Oiseau-Tonnerre et au Wendigo, je pense qu’il n’est pas farfelu de croire aux restes. » D’autant plus qu’il n’était plus un secret pour personne que les créatures de la nuit foulaient la terre aux cotés des arcanistes et des thérianthropes. A son approche, la jeune femme ne bougeait pas, tendant les documents d’adoption ou de mise en pension. L’observant faire, elle jouait discrètement avec sa bague pour faire passer sa légère anxiété. Avec son pouce, elle faisait tourner l’anneau en os à même la dernière phalange de son annuaire, caressant les quelques aspérités qu’elle connaissait par cœur. Du bout du pouce, elle redessinait les bois qui formaient sa bague, des bois semblables à ceux qui ornaient la tête des cerfs. Finalement, Théodore fit son choix. Quand il ne gardait que le formulaire d’adoption, elle eut un drôle de sentiment, un mélange de soulagement et de satisfaction.

Le laissant s’approcher à sa guise, la jeune femme sortait du tiroir un carnet de santé vierge et un stylo noir. Alors qu’elle posait la pointe d’encre sur le papier, elle stoppait son geste, interloquée par sa remarque. Elle levait les yeux vers lui. Protectrice des loups, Kiernan se sentait piquée par sa boutade. En était-ce seulement une ? Elle pointait le stylo vers lui, profitant de la proximité pour appuyer l’extrémité du crayon contre le torse du jeune homme, tapotant dessus. « C’est vous qui allait finir en mon goûter si je constate le moindre bobo sur cet animal pendant la visite de contrôle. » Menace à peine voilée qui soulignait une part de son courage et de l’audace dont elle pouvait faire preuve quand on la saisissait au cœur. Le message passé, elle reprit correctement le crayon à encre pour noter la race de l’animal sur le carnet de santé, ainsi que sa couleur et l’âge estimé. En propriétaire, elle notait le nom de Lanuit, il pourrait écrire le reste. Pour le reste, elle notait le constat de ses blessures ainsi que la date de la contre-visite. Refermant le carnet, elle le tendait au nouveau propriétaire. Quand il s’apprêtait à le prendre, Kiernan reculait son bras pour qu’il ne puisse pas prendre le document, attirant  son attention. « Contre-visite dans deux semaines. » Enfin, elle tendait à nouveau le carnet, prête à lui céder cette fois. « Gare à vous s’il en manque un bout. » Ses billes de jais le fixaient. C’est qu’elle pouvait mordre la chamane … Elle rangeait le reste des documents dans le tiroir et sortit la facture. Si l’animal avait été mis en fourrière, les couts auraient été pris en charge par la mairie, cependant, Monsieur Lanuit avait fait le choix de l’adoption. « Nous sommes à 63$, ça comprend la visite de cette nuit et celle dans deux semaines. Quand il sera rétabli, on s’occupera de la vaccination. C’est bon pour vous ? Vous avez des questions peut-être ?» Annoncait-elle avec un ton léger et doux, comme si elle n'avait jamais proférée de menace en cas de mauvaise conduite.




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Mar 17 Aoû - 19:50 (#)

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- Vous avez sans doute raison, - répond-il d’un air amusé, alors qu’elle soutient son regard. - Il semblerait que vous deviez simplement me faire confiance, dans ce cas.

Quoique certaines personnes pourraient très certainement caractériser les actions et méfaits exécutés par Alaric au cours des siècles comme caractéristiques d’un tueur en série. Lui ne se considère pas comme cela, cependant. Il est ce que l’ironie du sort pourrait décrire comme un bon vivant. Il ne réfléchit aux conséquences de ses actes que lorsque celles-ci lui reviennent en pleine figure, et parvient souvent à les éviter avec une agilité déconcertante.

Son attention se reporte sur la jeune femme devant lui quand elle reprend la parole pour lui faire part des croyances de son peuple. La façon qu’elle a de comparer les légendes auxquelles son peuple croit avec sa nature lui tire un sourire amusé. Hochant la tête, il porte son attention sur les documents d’adoption dont il s’est emparé, ignorant le regard appuyé de la jeune femme. Il se demande si elle essaie de dénouer le vrai du faux, d’essayer de lire l’aura qui se dégage de lui. Il doute qu’elle ait déjà rencontré un vampire auparavant; elle n’aurait pas eu de mal à l’identifier sinon. Au bout de quelques secondes, il lève le regard de ses papiers et hausse un sourcil dans sa direction, jusqu’à ce qu’elle ne se détourne pour attraper un carnet. Le chien est toujours là, entre eux, faisant de son mieux pour attirer l’attention d’un des deux adultes de la pièce.

Puis, une nouvelle fois, la vétérinaire fait preuve d’un caractère dont Alaric ne se serait pas douté. Ses paroles sont dénuées de craintes et cette fois-ci, elle soutient son regard inquisiteur sans broncher. L’idée qu’elle soit si convaincue de ce qu’elle avance soutire un rire amusé au vampire.

- Je tâcherai de m’en souvenir, - répond-il en apposant sa signature sur le document d’adoption.

Il l’observe alors qu’elle s’applique à remplir le carnet, le regard concentré sur ce qu’elle écrit. Le temps passe et le Français en vient à se demander s’il est réellement parvenu à cerner cette inconnue aussi facilement. Son aura est toujours aussi claire et pure, et malgré toute la bonne volonté dont il fait preuve, le vampire ne parvient pas à se détacher de l’idée de souiller sa pureté. Cela est bien trop tentant pour se retenir, même s’il commence à penser que cela pourrait s’avérer plus compliqué que prévu. Mais le français s’ennuie et tout ce qui est caractérisé de « compliqué » ne fait qu’attiser son intérêt un peu plus.

- Plus le temps passe et plus je me dis que c’est vous dont je devrais me méfier plus que l’inverse, finalement, Docteur Ata’Halne. Vous avez menacé de me transformer en quatre heures deux fois en l’espace de deux minutes.

Ses paroles sont accompagnées d’un sourire. Elle ne détourne toujours pas le regard de son visage, comme convaincue par ses paroles. Alors Alaric hausse les épaules.

- Deux semaines, dans ce cas. Je compterai les jours.

Sa main se glisse dans la poche de sa veste pour en tirer un porte feuille qu’il n’utilise que très rarement. La carte d’identité qui trône à l’intérieur aurait du être refaite il y a des mois, mais la personne dont il se sert pour obtenir ses faux papiers ne lui offre plus ses services. Une sombre histoire de conflits d’intérêts. Comment Alaric aurait-il pu savoir que son dîner faisait partie de sa famille? Depuis, il s’est résolu à demander l’identité de ses victimes avant de s’en nourrir. Même s’il fait de son mieux pour leur laisser la vie sauve, face aux demandes exaspérantes de son frère. Finalement, il tire un billet de cent dollars de son porte feuille et le tend à la jeune femme.

- Aucune question, tout est clair comme de l’eau de roche, Doc. Rendez-vous dans deux semaines, ne pas croquer le chien. Reçu cinq sur cinq.

Son regard se pose sur l’animal, qu’il finit par prendre dans ses bras, à défaut d’avoir une laisse.

- Me libérez-vous? - reprend-il à l’attention de la jeune femme.


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