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Feeling good | Anna & Heidi

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
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≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
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Sam 13 Nov - 15:57 (#)



Feeling good
L'antre du diable, hiver 2021
ft. Anna Janowski


L
a ville est si calme lorsque le soleil ne la crible pas encore de la lumière froide de janvier. Le paysage urbain défile indifféremment sous tes yeux au rythme de tes foulées agiles alors qu’une brise mordante fouette tes joues rougies par l’effort et l’air hivernal. Les quelques rayons arrivant à se frayer un chemin entre les bâtiments encore endormis peignent leurs façades d’un rose presque tendre et saisissant à côté du bleu profond que laissent sur les murs adjacents les derniers instants de la nuit. Cà et là, quelques âmes timides sortent de terre, muettes. Le long des avenues désertes, les lampadaires s’éteignent au profit de quelques paires de phares disparaissant en quelques secondes à peine au détour d’un croisement, achevant de quelques touches fugaces ce tableau aux couleurs surréalistes.
Au milieu de cette étendue de macadam de laquelle s’élèvent des colosses de béton et de verre, tu as l’impression d’être le seul cœur qui bat encore. Tu as l’impression un peu sotte que le monde t’appartient à toi aussi en le voyant si calme et insouciant, comme une sculpture de glace parfaitement limpide qu’on jurerait incapable de fondre. Te sentir à ta place dans l’univers, sentir ton souffle chaud s’évanouir en phase avec lui dans son atmosphère en une fine vapeur solitaire, tu as besoin de ça pour purger ton esprit et réfléchir sur toi-même. Ainsi, rien ne vient parasiter tes pensées et tu trouves tout le loisir de les embrasser lorsqu’elles se reflètent sur ces façades de rose et de bleu.
Et aujourd’hui en particulier, tu as besoin de frôler cette paix intérieure car tu sais que ce qui t’attend, une fois le soleil levé, la mettra en grand péril.

Devant ta glace, tu restes un instant immobile. Tu contemples ton visage las et la manière dont tu l’as consciencieusement peint pour éviter une remarque cinglante qui arrivera quand même peu importe les efforts que tu fourniras. Cernes atténuées, regard souligné et lèvres embarrassées de rouge, tu es prête à aller te vêtir de ton armure de femme des temps modernes. Devant ta penderie, tu jettes un regard désolé à tes pantalons et tes cols roulés et tu abandonnes leur confort dans un profond soupir tandis que tu attrapes la seule robe que tu possèdes ; la même que tu portais le soir de vos douloureuses retrouvailles. Tes escarpins, eux, sont neufs. Quitte à les porter longtemps et souvent, tu as préféré en choisir une paire qui ne te donnera pas envie de mourir au bout de quelques minutes.

Lorsque tu sors de chez toi pour la deuxième fois de la journée, tu hésites un instant. Pourquoi ne pas tout foutre en l’air, après tout ? Il n’est pas encore trop tard pour simplement ne pas y aller. Tu réprimes cette pensée, et avec, le plus possible de ta personnalité pour que celle qui rencontre le nouveau bourdonnement de la ville ne soit qu’un pantin fade et terne. Pour rien au monde, tu ne laisserais Anna atteindre les nouvelles teintes que tu as réussi à donner à ton âme.

Assise dans le bus, tu fermes les yeux quelques instants, d’abord pour mieux ignorer les yeux grossiers qui se posent sur ta silhouette, puis pour tenter de tuer dans le nid toute la colère qui veut naître lorsque tu infliges à ta mémoire le résumé amer de la veille. Peu importe à quel point tu le montres, ses mots et ses gestes, son attitude et ses manières ont réussi à écorner gravement ta patience. En rentrant de cette entrevue, tu es rentrée chez toi directement et, aussitôt enfermée à l’intérieur, tu as attrapé le coussin le plus proche et t’es sans pitié servie de lui pour étouffer un cri de rage. Puis un deuxième. Et un troisième. Pliée en deux, le ventre rongé par la douleur et le ressentiment, tu t’es jurée une énième fois de lui faire payer toute la souffrance dont elle s’est fièrement rendue responsable.

Un dernier coup d’œil à ta montre et tu frappes à la porte. Tu as regardé les horaires d’ouverture de son cabinet sur internet, et tu as précisément cinq minutes d’avance. Va-t-elle trouver un moyen de te le reprocher d’entrée de jeu ? Tu tournes la tête un instant en soupirant pour la énième fois depuis ce matin. A travers la fenêtre de la cage d’escaliers, tu aperçois des oiseaux volant haut, le soleil dans le ciel, tu pourrais presque sentir la brise dériver sur tes joues.
C’est une nouvelle aube. C’est un nouveau jour. C’est une nouvelle vie.


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Your soul is mine
Anna Janowski
Anna Janowski
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The Greatest

En un mot : Perfection démoniaque
Qui es-tu ? : - Avocate vedette anti-CESS
- Ambition dévorante
- Démone qui se découvre
- Tortionnaire de la misérable petite Heidi

Facultés : Engeance d'Ishtar
Don de magnétisme conférant un charisme hors du commun
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Mar 16 Nov - 7:27 (#)

« Tu ressembles à une pute bas de gamme. »

Ces mots retentissent faiblement dans le couloir élégant, un murmure, presque un secret susurré mais trahi par l’écho du lieu vide et froid. Voilà tout ce que m’inspire la vue de ce rouge à lèvre que je juge trop criard pour sa bouche ordinaire. Y a-t-il ne serait-ce qu’une seule teinte qui puisse lui aller correctement sans la transformer instantanément en une caricature vulgaire de féminité ? Je n’en suis pas certaine. Je gravis les dernières marches du large escalier, les talons de mes escarpins de luxe sonnant comme un glas pour ma nouvelle employée. Mon regard se fait inquisiteur, scrutant le moindre détail de sa personne, analysant sa tenue que je juge tout juste correcte, quoi que d’une qualité insuffisante reflétant son propre manque de finesse. Ses chaussures sont acceptables, mais leurs talons lui donnent quelques centimètres de plus, ce qui n’est clairement pas nécessaire au vue de sa taille déjà bien trop démesurée pour une femme. Elle a l’allure ridicule d’un géant engoncé dans un bout de chiffon, perché sur des échasses instables et peinturluré comme un dessin d’enfant. Une fois à côté d’elle je secoue doucement la tête d’un air réprobateur.

« Ce n’est pas très réussi, mais au moins tu as fait un effort. » J’enfonce ma clef dans la serrure, déverrouille la porte et ajoute plus bas : « Et l’avantage c’est que tu pourras toujours arrondir tes fins de mois. Avec un look pareil tu as juste à rester immobile sur le trottoir pour trouver des clients. »

Je pousse le lourd battant ouvragé et traverse le pallier, entrainant ma nouvelle assistante dans mon sillage. Nous faisons quelques pas sonnants sur le parquet dans l’entrée allongée, avec en face de nous ce petit bureau qui sera désormais le sien. La porte se referme dans un claquement lourd et assourdi, nous coupant du monde pour le moment. D’un pas gracile et élancé je me dirige vers mon bureau personnel, l’abandonnant à sa nouvelle prison. Je lui indique rapidement la table en bois aux courbes anciennes, pas très grande mais suffisante, sur laquelle trône un petit ordinateur et le nécessaire pour remplir des tâches de secrétariat.

« Le contrat est sur ton bureau. » Un obscur jargon juridique noircit les quelques pages constituant le contrat, un ensemble peu avantageux pour l’assistante. Les différentes clauses couchées sur le papier flirtent avec les lois les plus libérales, celles qui piétinent allégrement les employés aux profits des plus riches qui peuvent se permettre de payer d’autres personnes pour les travaux les plus ingrats. Et cela pour tout juste quelques sous. « Signe le vite. Je dois t’apprendre à répondre correctement au téléphone et accueillir décemment les clients avant que mon premier rendez-vous n’arrive. »

Je déverrouille la porte de mon bureau et y rentre comme une reine dans son royaume. Je range mon sac à main en cuir lisse et brillant dans le discret placard accueillant traditionnellement mes affaires. Je retire mon couteux manteau d’hiver d’un blanc immaculé et l’y suspends, il est bien trop précieux et cher pour que je le mette entre les mains de cette souillon coincée dans l’entrée. Parée d’une élégante robe noire des plus flatteuse, une de celle que ma piteuse cousine ne saurait se payer même avec un an de salaire, je retourne dans l’entrée voir ma nouvelle employée. Les délicats tintement de mes bracelets dorés agrémentent mes pas comme une musique qui se compose à chaque mouvement pour emplir la pièce tel un bruit de fond. Je m’arrête non loin d’elle, la gratifie d’un coup d’œil peu avenant lui rappelant la déception de sa tenue et commence d’une voix à la limite de l’exaspération :

« Tu as terminé ou bien tu as aussi besoin que je t’explique comment utiliser un stylo ? » Le ton est condescendant au possible, dégoulinant de mépris. Une intonation qu’on adresserait même pas à une souillure séchée sur un trottoir d’un quartier malfamé. Un sourire cruel et mutin se peint sur mon visage, le genre de sourire que l’on pourrait voir sur le visage d’un enfant qui s’apprête à jouer un mauvais tour. « Tu sais mon petite bouquetin, si tu es aussi lente que ça il faudrait que tu viennes bien plus tôt le matin pour te préparer et pouvoir commencer le travail à l’heure. »

Et, comme elle le sait à présent, ses heures supplémentaires ne sont pas payées. Ce serait sans doute la meilleure solution. Je me demande bien combien de temps sera nécessaire avant qu’elle ne se fane et dépérisse face à cette vie que je vais lui offrir. Jusqu’ici, mes assistantes étaient libres de partir, aussi je devais rester raisonnable, mais ce n’est plus le cas à présent. Pendant une seconde mon sourire s’étire davantage à cette idée, laissant entrevoir le ravissement terrible et vicié qui m’envahit, mais mon expression redevient rapidement un masque neutre et presque charmant dissimulant mes intentions et espoirs. La situation actuelle me satisfait. Elle me satisfait beaucoup.
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Mer 24 Nov - 9:58 (#)



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L'antre du diable, hiver 2021
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D
es mots. Rien que des mots. Alors pourquoi te font-ils mal ? Pourquoi es-tu surprise qu’ils te fassent mal ? Pourquoi est-on surpris de saigner après s’être fait poignarder ? L’espoir, peut-être. Une fumée rare et gracile, un gaz inodore qui rend délirant et qui fait inventer un courage là où il n’y en a jamais eu. En venant ce matin, il semblerait que tu aies pris une trop grande bouffée d’espoir, mais Anna est là pour te faire éviter l’overdose. De chaque pore de sa peau émane une substance nommée vice et parfaitement antagoniste à l’espoir, capable d’annihiler toute trace de celui-ci au moindre contact.
Ressembles-tu vraiment à ce qu’elle prétend ? Tu as fait un effort, oui, mais si elle-même le voit, alors pourquoi ne te félicite-t-elle pas ? Pourquoi est-elle si méchante, et surtout pourquoi penses-tu la même chose que quand tu étais enfant ? Pour ne pas céder à la colère, car si celle-ci parvient à l’emporter, tu sais que tu le regretteras.

Sans le moindre mot, sans laisser apparaître la moindre émotion, tu la suis. Laisse-toi guider, tu as raison, les choses ne seront que plus douloureuses si tu cherches déjà à te débattre. Le regard las, tu scrutes le couloir et t’attardes sur quelques détails qui auront tout le loisir de s’imprimer définitivement dans ta mémoire au cours de tes longues heures de torture journalières. Sa dérive l’amène à se poser sur le feuillet de papier trônant victorieusement là où tu vas passer tes journées ; ce contrat, tu l’as toi-même demandé, mais maintenant que tu le vois, tu te demandes si accepter était une bonne idée. La réponse est d’ores et déjà bien plus mitigée que la veille. T’approchant à pas lents, tu le saisis enfin du bout des doigts. C’est donc à ça que ça ressemble, vendre son âme ? Tu imaginais quelque chose de plus folklorique. Au moins qu’elle te demande de signer avec ton sang, et peut-être quelques étoiles et paillètes dans la marge pour ironiquement faire passer la pilule. Tu parcours les lignes du regard, rapidement, et il apparaît clair qu’il y a bien trop de mots pour seulement dire que tu consens à abandonner toute dignité sur le pas de cette porte.
Tu vois déjà ta nouvelle patronne se plaindre de toi à ces fameux clients, ces enfants de catin en puissance que tu te devras de retenir d’étriper sur place pour leur idées constituant un insulte à tout ce qui t’est doux. « J’espère que mon assistante ne vous a pas trop ennuyé, elle est très incompétente je sais, mais la pauvre fille, elle m’a supplié ; vous savez à quel point je suis attachée à la famille, je ne pouvais pas lui dire non. Elle a raté sa carrière dans la musique, ça n’a pourtant pas été faute de l’avoir mise en garde. Vous saviez que je l’ai trouvée dans la rue ? Elle était obligée de vendre son corps pour s’acheter sa dose d’héroïne journalière ; je vous laisse imaginer le choc que ça a été de la voir comme ça, moi qui l’aime tant. » Salope. Si elle continue, tout ce que tu vas faire avec ce stylo, c’est l’utiliser pour faire une démonstration de lobotomie transorbitale pour exorciser le Mal qui l’habite.

Ton regard froid, glacial même, s’extirpe un instant du contrat seulement pour intercepter le sourire absolument démoniaque qui targuait son visage. En voyant de tes propres yeux tout le plaisir qu’elle prend à asseoir sur toi son pouvoir illégitime et despotique, une bouffée de rage t’étrangle. Ne dis rien. Surtout, ne dis rien. Signe et résiste, c’est tout ce que tu as à faire. Alors, c’est ce que tu fais. Dans un geste sec, rapide, autoritaire, tu attrapes le fameux stylo et décore la feuille d’une belle signature d’adulte en laissant mourir dans l’air le son du papier que l’on gratte avec expertise.
Les choses sont officielles maintenant, bienvenue dans ton propre cauchemar personnel. Là encore, elle te déçoit : tu attendais au moins une banderole et quelques confettis pour célébrer cela. Pour bien signifier ton mécontentement, tu déposes le crayon fermement sur le contrat maintenant signé, laissant résonner un court instant entre les murs étroits du corridor le claquement contre le bois du bureau.

Beaucoup de choses à dire te viennent en tête. Une vaste, très vaste majorité est faite d’insultes et de noms d’oiseaux exotiques, quelques phrases d’accroches pour ponctuer avec goût le moment où tu déchireras ce pacte d’agression à sens unique, encore quelques insultes déguisées, mais rien de réellement adéquat au vu de la situation. La mâchoire serrée, tu souffles du nez. Va te faire foutre, va te faire foutre, va te faire foutre, va te faire foutre, va bien te faire foutre. Non, ces paroles qui tournent en boucle dans ta tête et monopolisent tes pensées ne sont sans doute pas les plus adaptées.

« C’est bon, on peut commencer le cours ? »

Ou tu as encore quelques remarques de merde à cracher avant ? Ta voix est ferme, claquant dans l’atmosphère comme un fouet courroucé. Tu croises les bras, attendant avec une impatience mauvaise qu’elle te balance au visage ses exigences enrobées de malveillance et d’humiliation pour qu’enfin, enfin, elle puisse gagner son bureau et te laisser en paix au moins quelques minutes.


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Ven 26 Nov - 12:39 (#)

Ses traits bariolés et tirés laissent paraitre son ressentiment qui ne va que croître au fil du temps comme une plante carnivore qui finira par la dévorer. Si seulement je connaissais des gens s’amusant de ce type de petits jeux, j’aurais pu lancer des paris sur le temps que prendra sa déchéance, hélas les gens ne sont pas drôles. Qu’il est triste parfois d’être autant au-dessus de cette foule bovine n’ayant pas un esprit suffisant pour ne serait-ce que s’approcher du mien. Il faut croire que la solitude est l’apanage des gens exceptionnels. Un sourire condescendant étire mes traits et j’attrape avec dédain, presque dégout, le contrat qu’elle a remplie pour vérifier qu’elle a signé correctement et au bon endroit.

« Bien. Il faudra que tu le scannes pour conserver une copie numérique et que tu ranges l’original dans le bon casier. » je désigne d’un geste le meuble en bois massif derrière son bureau. « Tout est étiqueté et classé par ordre alphabétique, il suffit de savoir lire et de connaître l’alphabet pour ranger les documents. Ça devrait être à ton niveau. Il s’agit des papiers pas très importants, ceux qui sont juste nécessaires à l’administratif. D’ailleurs c’est toi qui te chargeras de récupérer ce type de documents auprès des clients, d’en faire des scans ou des photocopies et de les classer. Tu as la clef du meuble dans le premier tiroir. Tout ce qui est important et en lien avec les affaires sont dans mon bureau et tu n’y as pas accès, bien évidemment.»

Je lui lance un regard que pourrait avoir une adulte face à une gamine turbulente qui salit tout avec ses doigts boudinés. Aucune chance que je laisse une empotée s’approcher de mes dossiers. Je fais un pas de plus vers elle, comblant l’espace entre nous et envahissant ostensiblement son espace vitale en me postant à côté d’elle pour la mettre dans une position encore plus inconfortable. Ainsi côte à côte je ne peux que constater une fois de plus qu’elle est bien plus grande qu’avant, que ces années loin de moi l’ont transformée en une géante pataude. Même ramassée sur elle-même, elle serait tout de même plus haute que moi, malgré ma parfaite posture et mes talons vertigineux. Un corps trop grand pour un esprit trop faible, le tout vacillant sans cesse au grès de quelques mots de ma part. C’est à se demander comment on peut être de la même famille. Je tourne vers nous le combiné du téléphone qui en plus des touches habituelles en arbore quelques autres notamment pour transmettre les appels dans mon bureau ou communiquer sur la ligne interne.

« Pour le téléphone, tu ne laisses pas sonner plus de deux fois et tu te contentes de dire ‘Cabinet d’Anna Janowski, Bonjour’. Inutile de te présenter, tout le monde se moque du nom de la secrétaire. S’ils veulent me parler, tu demandes le nom de la personne et tu appuies sur ce bouton pour me dire de qui il s’agit. » Je lui montre un des boutons du clavier du téléphone fixe puis ensuite un autre juste à côté. « Et si je te dis de me le passer tu appuies sur celui-là. Dans cet ordre. Bien évidemment si je suis en rendez-vous tu prends le message et tu leur dis que tu me le transmettras. Ne dis jamais que je vais les rappeler. Il y a beaucoup trop de gens qui veulent juste me parler ou alors qui s’inquiètent pour des détails inutiles. J’ai mieux à faire que les réconforter, ils me font perdre mon temps. » Etrangement être pris dans une affaire judiciaire tend à rendre les gens inquiets et stressés, mais s’ils ont besoin de réconfort ils n’ont qu’à prendre un chien et ne pas ennuyer leur avocate. « Tu t’occuperas aussi des messages du répondeur en notant les choses importantes. Soit rigoureuse. Tu sais bien ce que rigoureuse veut dire ? » Je la fixe d’un regard perçant signifiant qu’il ne s’agit pas du tout d’une question rhétorique mais d’une véritable interrogation de ma part. J’attends une réponse ou un signe de sa part avant de reprendre : « Pour l’accueil, c’est très simple, il suffit de saluer poliment les clients et leur sourire. Tu sais sourire ? Et je ne parle pas d’un espèce de rictus terrifiant. Ne fait pas fuir mes clients, sinon je devrais leur dire que j’ai été obligée d’engager ma cousine parce qu’elle n’était pas apte à trouver un travail par elle-même et je devrais leur demander d’être indulgent avec toi. Et tu sais bien à quel point je déteste avoir à demander des faveurs aux autres, n’est-ce pas ? Surtout si c’est pour toi

Je recule de quelques pas claquants sur le parquet et la toise. A vrai dire quelque soit la situation j’y trouverai mon compte. Si elle travaille bien je gagne une assistante pas chère. Dans le cas contraire j’aurais une excuse parfaite pour la remettre à sa place de petit déchet sans valeur en étant appuyée par des faits récents. Quelle niveau de médiocrité il faudrait atteindre pour échouer à faire du classement ou une tâche aussi simple que de répondre au téléphone de manière polie ? Je reprends tout en m’éloignant peu à peu pour retourner dans mon bureau.

« Si tu as tout compris, commence à travailler. Il y a tout un paquet de documents à classer dans les tiroirs, mon ancienne assistante a tout laissé en plan comme une imbécile. Et il faudra que tu vérifies tous les rangements qu’elle a fait, aussi. C’était une incapable. Et va me chercher café dans le starbucks du coin de la rue. Un caramel macchiato avec supplément crème de noisette. » Je franchis l’embrasure de mon bureau et d’une voix un peu plus forte lui enjoins : « Et dépêche-toi un peu, je le veux avant mon premier rendez-vous de la journée. »
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Dim 28 Nov - 16:30 (#)



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ft. Anna Janowski


N
’en déplaise à Anna, lire et connaître l’alphabet font partie des choses dont tu peux te vanter d’avoir la maîtrise. Si elle faisait l’infime effort de se souvenir de votre passé commun, elle se rappellerait sans doute que toi aussi, tu as été à l’école. C’est même dans ce contexte là qu’elle a pu commencer à pourrir ta vie en faisant de toi une paria avant même que tu ne décides de toi-même de rejeter en bloc le moindre contact social.
Scanner, photocopier, classer, trier. Oui, en effet, ce sont des tâches qui sont à ta portée. A vrai dire, elles sont à la portée de n’importe quel collégien pas trop stupide. Qu’elle pense ce qu’elle veut de toi, qu’elle te prenne pour une adolescente attardée si ça lui chante, tu feras correctement ton travail. Il est hors de question que tu lui donnes de bonnes raisons de se plaindre de toi. Tu dois continuer à la haïr sans la laisser t’atteindre, et pour cela tu te dois d’être absolument irréprochable. Tel est le paradoxe de ta nouvelle condition : pour te venger de ta cousine, tu dois à tout prix lui plaire.

Elle s’approche de toi, bien trop à ton goût. De haut, tu la dévisages avec un mépris à peine dissimulé. Elle parade, fière et imbue de sa propre personne, persuadée de sa victoire écrasante ; elle veut te montrer qu’elle règne, qu’elle peut faire ce qui lui plait et que tu ne feras rien pour l’en empêcher. Tu pourrais presque lire la moindre de ses pensées tant tu as tant souffert de leurs rouages vicieux. Il faut bien être une sainte pour faire preuve d’autant de patience, je pourrais la briser en rien de temps si je le souhaitais. Toi aussi, tu attendras le temps qu’il faudra avant de la faire choir. Après tout, peut-être que la patience est un trait de famille ?

Une phrase à retenir, deux boutons à connaître. Ça aussi, tu devrais y arriver sans plus de problèmes. Elle ne veut pas que tu te présentes, mais grand bien lui fasse : tu n’en avais pas l’intention. Qu’est-ce que ça pourrait bien te faire que l’un de ses bouffons de clients aux idées rétrogrades connaisse ton nom ? Bien au contraire, tu resteras discrète, oubliable, un meuble de plus au milieu du décor.
Et puis, elle s’arrête au milieu de la liste de ses instructions. Attend-elle réellement une réponse à sa question ? Les voix dans ta tête reprennent le chant en chœur. Va te faire foutre, va bien te faire foutre. D’un revers de main mental, tu les balaies pour concentrer toute tes capacités cognitives sur le fait de ne pas l’insulter en répondant à sa question. De la même voix froide et en articulant avec exagération chaque mot, tu lui permets de poursuivre.

« Oui, je sais ce que veut dire rigoureuse, Anna. »

En revanche, voilà la partie la plus pénible de ton labeur : sourire. Cette fois-ci, heureusement qu’elle ne s’interrompt pas pour demander confirmation, tu ne sais pas sourire. Peut-être l’as-tu déjà su, un jour, dans une jeunesse lointaine et libre des griffes de ta mémoire, mais d’aussi loin que tu puisses te souvenir, tu n’en as jamais été capable. Anaïs va te regarder d’un drôle d’air quand tu iras la voir pour qu’elle te l’apprenne. Tu finis par plisser les yeux alors qu’elle achève son monologue par une dose supplémentaire de méchanceté gratuite et d’humiliation, déjà arrivée à saturation.
Enfin, elle finit par s’écarter et te donner ton répit d’ores et déjà bien mérité. Elle s’éclipse dans son bureau en distillant quelques derniers ordres à ton attention. Il y a une théorie qui énonce la chose suivante : la longueur de la commande de café d’une personne est inversement proportionnelle à la valeur de cette personne. Anna est à elle-seule une démonstration de ce théorème. Rapidement, tu attrapes une note et un crayon sur ton nouveau bureau et y couches les détails de sa boisson pour ne pas te tromper lors de la commande, avec rigueur. A vrai dire, tu t’attendais à ce qu’elle t’envoie faire ce genre de besognes, et tu ne te poses pas plus de questions quant à la nature extrêmement ingrate de la tâche. Seulement, une interrogation subsiste. Alors, quelques secondes à peine après qu’elle est rentrée dans son bureau, tu apparais dans l’encadrement de la porte, toujours le dos droit et les bras croisés.

« Et avec quel argent je le paye, ce.. caramel macchiato avec supplément crème de noisette ? »

Il est hors de question que tu utilises le tien pour payer sa boisson qui doit sans doute coûter plus cher que ton salaire horaire.


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Lun 29 Nov - 16:52 (#)

Une satisfaction indicible réchauffe mon cœur quand elle obéit docilement à ma question humiliante sur son vocabulaire. Elle est tellement taciturne, refermée dans sa frustration pour se maitriser face à cette situation qui pour elle doit être odieuse que lui arracher le moindre mot lui faisant trahir cette hargne qui la dévore m’apparait comme un met délicat.

J’ai tout juste le temps de m’installer dans mon confortable fauteuil de bureau et d’allumer mon ordinateur que l'image ingrate de ma nouvelle assistante apparait dans l’encadrement de ma porte. De nouveau je lui jette un regard peu avenant des pieds à la tête, laissant transparaitre dans mon expression que même son effort vestimentaire demeure une déception. En un sens c’est mieux que tout ce que j’aurais pu attendre d’elle, mais si je lui fais part d’un tant soit peu de validation elle se reposera sur ses lauriers et ne fournira plus le moindre effort. Bien que son apparence convienne au milieu professionnel, elle demeure simple et banale. L’avantage étant que je ne peux qu’apparaitre comme étant d’avantage lumineuse et flamboyante en comparaison. Un air agacé se peint sur mon visage à sa question et un soupire exagérément exaspérer traverse mes lèvres. Ma dernière assistante n’a jamais osé demander une telle chose et se contentait de régler ces frais de sa poche. Il semblerait que mon petit bouquetin soit plus gaillarde que l’autre.

« C’est terrible, tu n’as même pas l’initiative de payer d’abord et de me laisser te rembourser ensuite pour gagner du temps. Quel manque d’efficacité. » Je détends mes jambes croisées pour quitter mon fauteuil de bureau et rejoindre le meuble dans lequel sont entreposées mes affaires. Tout en arpentant la pièce, je fixe ma cousine d’un regard hautain et continue : « J’imagine que tu n’as même pas assez de courtoisie pour m’offrir ne serait-ce qu’un café, même après tout ce que j’ai fait pour toi. » Je lève les yeux au ciel pour signifier mon exaspération face à cette cause perdue et appuyer mes propos. J'arrive finalement devant le battant de bois brut de la penderie. D’un geste vif j’ouvre la porte pour récupérer mon porte-monnaie élégant à l’intérieur de mon sac de luxe. J’en tire un billet de vingt dollars et le lui tends, attendant d’elle qu’elle vienne le récupérer comme un gentil toutou. « Tiens, et dépêche-toi un peu, tu me fais perdre mon temps. » J’agite le billet d’un air agacé un impatient. « Et ramène-moi bien la monnaie et la facture. Vu ton air stupide ils pourraient essayer de t’arnaquer sur le rendu de la monnaie pour obtenir plus d’argent. Si c’est le cas tu payeras la différence de ta propre poche. » Je marque une pause, estimant qu’il serait peu pratique de faire ainsi à chaque fois que je l’enverrai me chercher à boire ou à manger. Le plus simple serait encore de créer un compte en ligne pour les frais divers, y mettre un petite somme – juste ce qu’il faut pour ma consommation sans qu’il y ait de quoi lui donner envie de voler – et lui donner une carte bancaire y étant associée. Ça ferait beaucoup de responsabilités pour une gamine si stupide, mais je perdrais bien moins de temps. « Pour la prochaine fois je te ferai une carte bancaire. Je vérifierai toutes tes dépenses avec cette carte. Fais bien attention, j’espère pour toi que tu ne feras pas de bêtises. Chaque achat ne devra concerner que quelque chose que je t’ai expressément demandé et tu as plutôt intérêt à garder les factures, sinon ce sera retenu sur ton salaire. Allez, maintenant dépêche-toi.»

Avec ce système elle ne gagne que d’avantage de travail de gestion en fin de compte. Je m’imagine déjà la faire s’assoir en face de moi un soir pour la faire éplucher des pages entières de relevés de compte. Toutes ces petites sommes pour lesquelles elle devra bien justifier que, ce jour-là, je lui avais demandé un Chaï Latte ou un Buddha Bowl, avec chaque erreur ou oubli de facture venant grignoter son salaire déjà bien maigre. Une distraction des plus commodes pour adoucir les journées difficiles. Il est vraiment doux que d’avoir sous la main son jouet préféré. J’en récupérerais presque mon âme d’enfant.
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Mer 1 Déc - 10:04 (#)



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A
nna ? Te rembourser ? Tu veux bien admettre, quoique difficilement tout de même, que tu as été naïve dans ta jeunesse, mais tu as eu dix ans pour changer. Aujourd’hui, tu devines sans la moindre peine que tu ne reverrais absolument jamais la couleur de l’argent qu’elle s’attendait à ce que tu lui avances. Tu la sais excessivement sûre d’elle et mégalomane, mais a-t-elle sincèrement cru que tu allais lui faire un cadeau ? Dieu tout puissant, la célébrité aura fini par bien ravager son cerveau déjà étriqué. Si elle avait vraiment voulu être efficace, et ne pas prendre ça comme prétexte pour te faire perdre encore plus de temps, elle t’aurait directement donné l’argent sans que tu aies à lui faire la remarque. Il faut croire qu’Anna serait vraiment perdue sans toi ; une vraie assistée. Tu lui réponds d’un ton las, ton indifférence à ses propos encore soulignée par ton regard morne et désabusé.

« En effet, je n’ai pas cette courtoisie. »

Sans doute une lacune génétique, pourrait-on penser ; et l’on aurait certainement raison. Paie-moi plus et on en reparlera. D’une démarche suffisamment assurée, droite et altière, tu t’approches d’elle et attrapes le billet qu’elle te tend avec condescendance. Tu sens comme un coup de jus traverser le papier lorsque tu lui arraches des mains, comme si tout le dédain qu’elle accumulait se matérialisait en une décharge de courant malsain. Tu en sourirais presque, de réussir à l’emmerder toi aussi.
Et blablabla stupide par-ci, blablabla déduit de ton salaire par-là… Ca ne fait même pas une heure et tu as déjà l’impression de l’entendre tourner en boucle, récitant encore et encore les mêmes mantras de garce snobinarde et prétentieuse. Tu n’attends même pas qu’elle ait fini de parler pour te retourner et te diriger vers la sortie. Il serait trop dommage que tu lui fasses perdre un peu plus de son précieux temps, n’est-ce pas ? Un soupire t’échappe lorsque tu passes la porte, l’entendant dans ton dos baragouiner quelques invectives véhémentes. Une seule chose à retenir de cela : garde précieusement toutes les factures. Très bien, pas vraiment une tâche difficile non plus. Dans un haussement d’épaules blasé, tu t’extirpes du cabinet en claquant subtilement la porte avant même qu’elle n’ait terminé sa phrase. Tu aimerais ne plus jamais avoir à la franchir, mais tu as le sentiment que cette suite d’opérations n’est que le début d’un cycle sans fin. Sisyphe poussait un rocher, tu subis les caprices délirants de ta cousine.

Moyennement à l’aise dans tes nouveaux talons, la descente des escaliers se fait accrochée à la rambarde. Tu as envie de prendre de ton temps et de profiter de cette excursion à l’abri de ta cousine, mais tu l’imagines déjà montre en main à compter les secondes comme un coach aux exigences démesurées, et tu préfères encore marcher rapidement plutôt que lui laisser trouver un nouveau prétexte pour te parler comme à une enfant débile.
Une fois sortie du bâtiment, tu scrutes les environs un instant pour repérer la fameuse enseigne et commencer à t’y diriger. En pressant le pas, tu jettes un regard à la façade de l’immeuble que tu viens de quitter et qui te verra bientôt revenir en t’attendant à trouver Anna à sa fenêtre en train de t’observer te démener pour elle. Au moins, de là tu n’as pas à l’entendre parler, et tu te mets à espérer trouver chez elle une sévère addiction à la caféine. Arrivée devant la boutique, tu pousses le battant de la porte pour trouver à ton grand désespoir une file d’attente bien plus longue que prévue. Jeunes entrepreneurs bobos, étudiants en grave déficit de personnalité propre, gosses de riches aux goûts de luxe contrefaits, tous empaquetés dans l’échoppe à attendre qu’on leur serve leur gobelet de fadeur liquide camouflée par un nuage de matière grasse et de sucre payé au prix fort. En regardant la file avancer, tu te félicites intérieurement de ne pas avoir fait preuve de cette fameuse courtoisie. Le problème qui se pose alors est que la file n’avance que très peu, et partie comme ça l’est, tu ne reverras ta cousine que dans une demi-heure. En soit, c’est une bonne nouvelle, mais c’en est aussi une très mauvaise si l’on considère que son « dépêche-toi » a valeur de « je te préviens, tu as cinq minutes, je me fiche pas mal qu’il y ait du monde ou pas, j’exige mon café rapidement ». Serrant les poings et les dents, tu entreprends alors de te frayer un chemin vers l’avant de la salle. Extrêmement incommodée par la promiscuité que cela provoque avec nombre d’individus que tu exècres, tu n’as aucun mal à lancer quelques regards foudroyants aux quelques aspirants rebelles qui souhaitaient se mettre entre toi et ta mission.
Tu arrives finalement devant un barista qui t’accueille en souriant ; peut-être pourrais-tu lui demander à lui de t’apprendre ? D’un geste rapide, tu sors de ta veste le bout de papier sur lequel tu as griffonné la commande et lui énonces à haute voix.

« Je vais prendre un caramel macchiato avec supplément crème de noisette, s’il vous plaît. »

Au-delà de ton air désabusé et profondément ennuyé par cette commande, si l’employé du café t’avait connue avant ce matin, il se serait sans doute étouffé en t’entendant prononcer une formule de politesse. Il aurait peut-être cherché la personne qui pointait un pistolet dans ton dos, mais n’aurait trouvé personne. La politesse, pour toi, est un sport, et un sport nécessite de l’entrainement. Il serait mentir que de dire que la formule t’est venue naturellement, mais il faut un début à tout. Et puis, tu sais pertinemment que tu ne l’entendras jamais de la bouche de l’avocate, et tu sens que tu auras besoin de l’entendre quelques fois dans la journée pour ne pas virer cinglée, quitte à ce que ce soit de ta propre voix. Tu lui tends le billet qui t’a lui-même été tendu il y a quelques minutes et réponds aux questions qu’il te pose.

« Un grand. Comme nom, mettez Anna. »

Un joli nom, selon l’homme au tablier vert. Tu hausses les épaules. S’il savait à qui il appartenait… Enfin, après quelques moments à attendre, tu peux enfin attraper à ton tour ce graal de carton ainsi que la monnaie et le précieux bout de papier sauveur de ton maigre salaire. Un remerciement austère, et tu quittes avec soulagement le café en ignorant purement et simplement le clin d’œil presque grossier du barista.
A peine une minute plus tard, tu es en haut des escaliers, même pas essoufflée par la montée. Le bruit de tes talons sur le parquet résonne dans l’appartement alors que tu te diriges à contrecœur dans le bureau d’Anna. Tu frappes à la porte et, sans même attendre de réponse, t’y infiltres. Tu t’arrêtes juste devant son bureau, nettement plus grand que le tien, et tu déposes sans grande conviction le gobelet. Tu ne l’avais pas vu en le récupérant tout à l’heure, mais il y a un numéro de téléphone écrit en plus du prénom de ton ingrate de patronne. Ça explique certainement le clin d’œil lourdaud. Sans plus t’en formaliser, tu extirpes de ta poche la monnaie rendue et le ticket de caisse.

« Quinze dollars et vingt-cinq cents. Tu peux toujours compter si tu ne me fais pas confiance. »

Il semblerait que le jeune homme au zèle audacieux ne t’ait pas fait payer le supplément. Tant mieux, tu ne vois pas comment elle pourrait se plaindre si tu lui ramènes plus d’argent que prévu. Quoique, tu ne devrais pas douter de la capacité d’Anna à se plaindre.


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Sam 4 Déc - 10:18 (#)

J'ai repris le chemin de mon bureau avant même que la porte de l’office ne claque derrière ma nouvelle assistante partie remplir ses basses besognes. S’amuser c’est agréable, mais je ne vais certainement pas délaisser mon travail. De nouveau installée dans mon fauteuil, je me plonge dans les dossiers des clients que je vais voir aujourd’hui et des audiences qui se préparent. Le temps file à mesure où j’examine et corrige mes dossiers avec rigueur.
Des bruits de pas claquant sur le sol résonnent doucement dans le couloir et peu après la porte s’ouvre, emportant une douce odeur de café avec elle. Je ne relève même pas la tête de mon travail quand mon assistante rentre pour déposer le gobelet et la monnaie sur mon bureau. Concentrée sur la lecture de dossiers, je lui réponds d’une voix agacée en faisant un geste de la main comme pour chasser une mouche inconvenante :

« Oui, je regarderai plus tard. Va à ton bureau et cesse de me déranger, j’ai du travail et un client qui va arriver. »

Je continue mon travail avec méthode et précision, posant ma main sur le gobelet dont la douce chaleur se diffuse à travers le carton, patientant quelques minutes pour ne pas me bruler. Entre deux pages, je prends enfin une première gorgée du café et un goût bien reconnaissable m’arrache une grimace. Je comprends rapidement que cette imbécile ne sait même pas commander correctement un café. Dans un soupir exaspéré, j’attrape la boisson et me lève rapidement, me dirigeant d’un pas vif et sonnant vers le bureau de l’incompétente. Une fois devant elle je lâche sans douceur le gobelet presque plein sur son bureau et le verre en carton s’échoue sur son espace sans se renverser, projetant malgré tout une partie de la boisson dont les gouttes viennent perler sur le bois verni. Je la toise, profitant qu’elle soit assise pour la regarder de haut. D’une voix froide et sérieuse je lui demande en séparant bien les mots pour être certaine que son petit cerveau comprenne :

« Heidi, dis-moi, est-ce que tu es stupide ? » Je laisse un temps s’écouler comme si j’attendais une réponse, reprenant à l’instant même où elle fait mine de parler. « Il était évident qu’il fallait demander à remplacer le lait de vache par du lait d’amande. Est-ce que je dois vraiment tout te préciser ? » J’ai un geste de recul comme si une évidence venait de ma frapper et que la lucidité éclairait mon esprit. « Mais oui, évidemment que oui. Il a même fallu que je te dise comment t’habiller et te maquiller et malgré tout tu ressembles à ça. » Je la désigne tout entière d’un geste dédaigneux, levant les yeux au ciel d’exaspération. De nouveau, je la fixe d’un regard glacial et enchaine d’une voix qui ne l’est pas moins : « Le lait de vache c’est extrêmement mauvais pour la peau et le teint. Enfin, bien évidemment ça se voit que tu te fiches pas mal de ce genre de choses. Ce n’est pas vraiment comme si tu pouvais compter sur ton apparence de toute façon. » Une moue entre la pitié et le dégout se peint sur mon visage pour appuyer mes propos. Mes sourcils se froncent délicatement et j’enchaine : « Tu me fais perdre mon temps, mon argent et ma dose de caféine. Maintenant mon client va arriver et il n’y a plus le temps. Je ne pensais pas que tu me décevrais aussi vite, en un sens tu te surpasses. » Je fais un geste vers le gobelet décevant et les éclaboussures autour : « Nettoies ça rapidement. Et commence le classement. Fais ça bien cette fois sinon je te ferais tout refaire même si tu dois y passer la nuit. »

Je tourne les talons et repars d’un pas élégant mais trahissant un mécontentement à peine surjoué. Sacrifier un café valait bien cette mise au point.
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Dim 5 Déc - 21:15 (#)



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E
lle te demande, t’ordonne même, de disposer. Très bien, ça n’est pas comme si tu avais particulièrement envie de rester plus longtemps devant elle. Bien sûr, le ton sur lequel elle te parle te donne envie de t’attarder à peine quelques secondes de plus pour renverser le gobelet sur sa robe bien trop ostentatoire. Et pourtant, parée d’un flegme dont tu es de plus en plus fière, tu t’en retournes à tes propres activités sans assouvir le moindre de tes désirs de vengeance immédiate.

Enfin, tu peux te poser et t’adonner aux tâches normales d’une assistante. Plus de travail d’exclave pour le moment. Ou pas. A peine quelques minutes après avoir plongé dans la mer de documents administratifs à trier, tu entends quelque part sur le large des talons claquer au sol. Un soupire t’échappe alors que tu vois Anna débouler dans le couloir qui te tient lieu de bureau, folle de rage. La raison t’est encore inconnue mais quelque chose te dit que tu ne vas pas tarder à l’apprendre. Le même quelque chose te confirme qu’il doit y avoir un problème avec son café de pétasse qu’elle vient de violemment écraser contre le plateau.
Blasée, tu relèves les yeux vers elle, et tu ne quittes pas les siens un seul instant. Tu restes muette à sa première question, et l’écoutes cracher son venin et ses théories sur le lait. Tu ne la savais pas dermatologue, et à vrai dire tu trouves cela assez ironique qu’elle ne supporte pas le lait de sa propre espèce.
Blablabla stupide, blablabla déçois, blablabla nettoyer. Blablabla grosse vache. Là encore, tu filtres ses propos et te retiens de relever son inefficacité absolue. Depuis que tu travailles pour elle, à peine plus d’une demi-heure donc, elle a déjà dû perdre cinq bonnes minutes à t’humilier et te traiter de souillon incapable. Enfin, c’est son emploi du temps, pas le tien.

Alors qu’elle a déjà tourné ses vertigineux talons – pas assez pour te dépasser toutefois – tu lui réponds d’une voix monocorde, à peine assez forte pour qu’elle ne t’entende. En réalité

« Il y a marqué nulle part sur le contrat que suis censée avoir des pouvoirs de divination. Si tu oublies de me dire des choses, c’est ton problème. »

Tu soupires une nouvelle fois. Tu as l’impression que tu vas beaucoup le faire, soupirer. Attrapant avec dédain et un once non négligeable de colère le gobelet, tu t’empresses de gagner les toilettes du cabinet. Tu verses le contenu aux effluves de sucre saturé dans la cuvette et déroules la moitié du rouleau de papier toilettes dans l’espoir d’éponger avec les fruits de l’hystérie de ta ruminante de cousine et employeuse.
Il serait légitime de se demander ce qui pourrait être pire que de demeurer au stade d’adolescente rebelle et outrageuse. La réponse à cette question est : demeurer au stade de petite fille pourrie gâtée et capricieuse.

Par chance, miracle même peut-être, le café n’a pas atteint les documents à trier. Quelques épaisseurs de papier suffisent à éponger les dégâts et tu peux vite te remettre, sinon te mettre véritablement au travail. Enfin, c’était sans compter sur l’apparition d’un nouveau protagoniste dans la scène.

Deux coups résonnent contre la porte de bois massif et sans attendre la moindre réponse, un homme fait son entrée. En te retenant d’être trop indiscrète, tu dévisages la silhouette qui s’immisce dans le corridor. Sexe masculin, taille moyenne, la quarantaine bien tassée, sans doute en pleine crise au vu de la quantité pharamineuse de gomina appliquée dans l’objectif de cacher une calvitie naissante. Un aspect général que l’on pourrait qualifier de huileux, à défaut d’un mot moins péjoratif que de toutes façons tu ne lui aurais même pas accordé ; sa chemise en flanelle aux boutons souffrant tellement le martyr qu’elle se voit déjà habillée de deux belles auréoles semble d’accord avec toi. En tous cas, lui te dévisage de la tête aux pieds sans le moindre scrupule. Il parle.

« Bonjour. »

Très bien, jusque là pas d’excentricité, tu peux lui répondre à ton tour.

« Bonjour monsieur. »

La maigre marque de politesse t’écorche déjà suffisamment la gorge, et tu n’es clairement pas d’humeur à sourire. Alors, tu te contentes de lui adresser un signe de tête professionnel en tâchant de camoufler de ton mieux ton irritation déjà bien installée. Les secondes passent, et l’homme ne semble pas vouloir se diriger vers la pièce aménagée en salle d’attente ; la gêne commence à devenir palpable. Tu retiens un énième soupir et reprends la parole.

« Vous aviez rendez-vous ? »

Tu es maintenant en totale roue libre, rien de tout ce qui va suivre n’est prévu dans le script minimaliste qu’Anna t’a craché au visage. Une chance pour toi que l’improvisation soit ton métier, enfin le vrai. En revanche, es-tu sûre de vouloir poursuivre avec autant d’audace ? Elle trouverait encore un moyen de te rabaisser pour ça. S’éclaircissant la voix, l’homme finit par répondre.

« Oui, au nom de John Johnson. »

Un choix intéressant de la part de ses parents, mais tu t’appelles bien Heidi alors qui es-tu pour juger ?

« Dites, ça n’est pas vous que j’ai vu la dernière fois, si ? Comment c’était déjà… Clara ? »

Le silence qu’il laisse peser après son intonation montante laisse suggérer qu’il s’attend à ce que tu lui donnes ton nom. Il en est strictement hors de question.

« Je vais vous annoncer. »

Faisant de ton mieux pour ne pas montrer toute l’ampleur de la gêne qui t’accable, tu lui jettes un très bref regard pour savoir s’il est toujours en train de te reluquer. La réponse est oui. Tu tentes de ne pas t’en formaliser et tu presses le bouton qui permet de joindre le bureau de ta cousine. En te forçant à ne surtout pas faire transparaître tout le dédain que tu éprouves pour elle, tu tiens ton engagement.

« Miss Janowski, monsieur Johnson est arrivé. »

Dieu que ces mots sont douloureux. En relâchant le bouton, tu relèves la tête vers la flaque d’huile ambulante et, pour combler le silence ô combien pesant, tu hasardes brièvement un sourire tendu et tout aussi hypocrite.


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Jeu 9 Déc - 8:54 (#)

La remarque basse et pleurnicharde d’Heidi me parvient faiblement dans le hall silencieux. Je m’immobilise devant l’embrasure de la porte de mon bureau et lui répond après un long soupir agacé et exaspéré.

« Je ne pensais avoir besoin de noter dans le contrat qu’il fallait avoir du bon sens. » Je me tourne vers elle en braquant un regard inquisiteur dans ses prunelles et j’ajoute d’une voix sinueuse distillant une menace comme un venin : « Si tu me déçois, ça deviendra très rapidement ton problème. »

Je retourne à mes affaires en l’abandonnant à ses tâches ingrates de parasite sous-qualifié. Dans l’attente du premier rendez-vous de la journée, je prépare le dossier. Il s’agit du représentant d’un collectif de quartier qui est persuadé qu’un de ses riverain est un CESS et il veut le faire expulser. Il est peu probable que l’on puisse gagner aux vues des lois protégeant les CESS d’une telle discrimination, mais la créature en question est un homme seul aux revenus modestes alors que le collectif de quartier dispose de beaucoup plus de moyens et de la volonté ardente de le faire plier. Notre plan est simple : entamer des procédures qui seraient interminables pour le forcer à renoncer à se battre. Quand bien même il déciderait d’engager un avocat, ses maigres finances ne lui permettrait pas de le payer pendant toute la période sur laquelle on compte laisser trainer la procédure. Une victoire à demi-teinte mais aisée qui me promet une belle somme et le plaisir de voir cet inopportun brisé par le système. C’est largement suffisant pour supporter l’homme qui porte ce projet.
Le haut-parleur s’active et la voix d’Heidi m’annonce l’arrivée de mon client avec un ton professionnel mais des termes inadéquats qui me font pincer les lèvres d’agacement. Mais peu importe, on verra cela plus tard. Afin de ménager l’ego de ce client qui pourrait m’apporter bon nombre d’affaires, je quitte mon fauteuil pour aller moi-même l’accueillir. Je franchis la porte et le regard de mon client se détache de la silhouette d’Heidi pour se poser sur moi. Son regard se fait plus insistant et rêveur, comme celui de mes nombreux fans qui me suivent sur les réseaux sociaux quand il me croise dans la rue. En se basant sur son apparence et son inélégance, personne de sain d’esprit ne pourrait comprendre comment un tel homme a pu être désigné comme représentant d’un groupe de personne. Néanmoins, pour avoir échangé avec lui afin de constituer le dossier, je sais que sous cette enveloppe disgracieuse et négligée aux gouts vestimentaires douteux se cache un esprit rusé et sans pitié pour atteindre ses buts. L’incarnation même de ces personnes rustres et mal dégrossies aux idées extrêmes et ancrées mais qu’il faudrait mieux ne pas sous-estimer. Je lui offre un sourire commercial et lui tends ma main manucurée qu’il sert de sa grosse paluche avec la fermeté d’un homme d’affaire venu en découdre.

« Bonjour Monsieur Johnson, je suis ravie de vous revoir. Veuillez me suivre dans mon bureau pour que nous puissions régler votre problème. »

Il m’octroie un hochement de tête d’assentiment tout en me fixant avec un sourire discret emplit de satisfaction, probablement à l’idée d’enfin remporter une victoire sur la créature de son voisinage. Nous repartons ensemble vers mon bureau, fermant la lourde porte qui empêche nos voix de fuiter vers l’entrée.
Le rendez-vous se passe bien, tout le dossier est prêt et la procédure va être lancée. La satisfaction de mon client se déploie en un sourire presque cruel, ravi à l’idée d’anéantir la vie de ce ‘putain de monstre’. Dans ses paroles transparait l’idée qu’il aurait préféré quelque chose de plus brutal et radical, mais il se contente de sages allusions. Une valse de sous-entendus prudents qui dénote avec son apparence de grosse brute engoncée dans une chemise inadéquate. J’acquiesce à ses idées, entretenant au mieux cette image qui m’a apporté mon actuelle renommée. Le temps file à mesure où nous réglons les derniers détails de cette affaire avec précision et efficacité. Au bout d’un rendez-vous ayant duré plus de deux heures et après qu’il m’ait signé un chèque assez conséquent, je raccompagne mon client dans l’entrée. Un sourire qui mêle ravissement, victoire et cruauté s’étend sur son visage. Il me sert chaleureusement la main dans les deux siennes avec un véritable entrain en me remerciant pour mon aide et mon dévouement pour protéger les humains.

« Je vous en prie Monsieur Johnson, c’est toujours un plaisir d’ aider. »

Il nous salue une dernière fois avant de tourner les talons et quitter l’office, claquant la porte en laissant derrière lui les fragrances de son après-rasage bon marché. Ses pas résonnent quelques secondes dans les escaliers avant d’être avalés par le silence. Je me retourne vers ma pathétique assistante et me dirige vers son bureau avec mon sourire d’avocate se muant en un air plus froid. Calmement, je lui assène :

« C’est ‘maître Janowski’. Pas ‘Miss Janowski’. Je sais bien que tes connaissances sont plus que limitées, mais même une idiote comme toi doit savoir des choses aussi basiques. » D’une main distraite, je manipule les feuilles sur son bureau pour essayer de voir où elle en est dans sa tâche avec une moue dédaigneuse. Délaissant ses basses activités, j’avise l’horloge au mur et constate que l’heure du repas approche. « Va me chercher une salade de quinoa avec supplément poivron et avocat mais sans haricot au bar à salade qui est croisement, près de la boutique Cartier. Passe dans mon bureau pour récupérer l’argent. Après m’avoir ramené ça tu pourras aller manger, mais ne traine pas trop. J’ai un rendez-vous à treize heures et il faudra que tu sois là pour accueillir ma cliente. Si tu ne te dépêches pas et qu’au final tu n’as pas le temps de manger ce sera ton problème. Et ne te trompe pas dans ma commande cette fois, mon petit bouquetin, sinon tu retourneras dans le bar à salade en payant avec ton propre argent jusqu’à ce que j’obtienne précisément ce que j’avais demandé.»

Je ponctue ma phrase d’un sourire condescendant et hargneux puis retourne dans mon bureau pour préparer mes rendez-vous de l’après-midi. J’espère qu’Heidi sera suffisamment efficace pour venir chercher l’argent sans me gêner et qu’elle me rapporte ce que je désire cette fois-ci. Je n’ai pas de temps à perdre avec ses bêtises.
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J
amais ô grand jamais tu n’aurais cru un jour être soulagée de voir la silhouette d’Anna apparaître dans la périphérie de ton champ de vision. Enfin, tu n’es pas contente de la voir, pas le moins du monde, mais tu sais que si elle apparaît, c’est pour ensuite disparaître en emportant avec elle l’enfoiré qui occupe l’autre côté du couloir. Lorsque celui-ci ôte enfin son regard de toi, tu sentirais presque son poids s’envoler et te libérer de sa contrainte. Dans ce genre de moments, tu te demandes sincèrement pourquoi tu fais tant d’efforts pour paraître au moins… pas asociale. Et puis, tu trouves souvent la même réponse : pour ne pas qu’on se méfie si un jour tu as l’occasion de leur planter un couteau – métaphorique, bien que mérité – dans le dos.
Ces humains-cis ne méritent que ton mépris et ta rancune la plus profonde. Tu avais oublié un instant le genre d’idées qu’il fallait afficher pour franchir les portes de ce cabinet. Tu ne sais pas exactement de quel problème ils parlent, mais une intuition te murmure qu’il s’agit sans le moindre doute d’une insulte gratuite à tes propres idées.

Mais enfin, tu te retrouves seule. Dans ce couloir, il n’y a plus que toi et la pile de feuilles savamment négligées qui n’attendent plus que tu leur accordes ton attention. Un soupire, et tu te plonges alors dans la paperasse.
Tu le savais déjà, mais Anna est une menteuse. Sa précédente assistante devait être loin d’être une incapable ; le classement des casiers est tout à fait correct et il n’y a rien à y refaire. Il t’arrive souvent de te demander si les insultes de ta cousine sont sincères ou si elles n’existent que pour blesser sans même le fondement narcissique de sa propre pensée. Est-elle une sombre connasse persuadée que personne ne lui arrive à la cheville, ou est-elle une sombre connasse qui aime simplement voir les gens souffrir. Tu ne sais même pas dans quel cas tu la trouverais la plus détestable. Sans doute une combinaison des deux.
Quoi qu’il en soit, tu te surprends toi-même à être plutôt efficace dans ton travail. L’œuvre de ta prédécesseuse s’est révélée être une aide précieuse pour palier à l’inconsistance crasse des instructions de ta patronne.

Longtemps après que tu as perdu la notion du temps, impliquée et appliquée à ta tâche, le son de la porte du bureau s’ouvrant sur ton espace t’extirpe bien malgré toi de ta bulle de sérénité au cœur de cette atmosphère âpre et âcre.
Les salutations se font chaleureuses, et tu t’estimes fort heureuse qu’on ne t’ait pas incluse à la cérémonie, d’autant plus après avoir entendu les derniers mots de ce monsieur Johnson. Oh, tu pourrais te faire un dossier de tous ses clients se disant mus par la volonté de protéger la race humaine. Une telle chose pourrait t’être bien utile, un jour, lorsqu’il s’agira de faire tomber quelques têtes. Les tensions raciales dans le pays ne se sont jamais véritablement apaisées, et plus le temps passe, plus certaines réflexions se font récurrentes ; un jour, les poudres finiront par prendre feu.
Et puis, Anna revient à ta charge, inlassablement. Madame ne lui suffit pas, elle veut que tu l’appelles maître. Tu te mords la lèvre pour retenir toutes les paroles qui te viennent et t’enseveliraient dans un cercle encore plus vicieux. Elle se rapproche de ton bureau et se permet d’examiner sans la moindre finesse les feuilles en attente de classement avant de tourner les talons sans dire un mot. Peut-être est-elle déçue de ne décemment rien pouvoir dire de mal sur la qualité de ton travail ?
Lorsqu’elle t’ordonne d’aller lui chercher à manger, tu attrapes rapidement une note et un stylo pour noter sans faute sa commande tandis qu’elle continue inlassable à te ramener à ta condition d’esclave des temps modernes. Il est toujours hors de question que tu paies ses repas. Ignorant royalement le reste de son monologue, tu reposes ta note une fois celle-ci complète, finis de ranger le corpus de documents sur lequel tu t’attardais quand elle a fait irruption et te lèves enfin pour aller chercher le billet sans grande conviction le billet qu’elle a laissé dans son bureau à ton attention sans même lui accorder un mot ou un regard.

Quelques instants plus tard, tu es en bas du bâtiment en train de chercher sur ton téléphone l’emplacement du restaurant. En voyant la distance s’afficher sur ton écran, tu ne peux te retenir de lâcher un juron à l’encontre de celle qui, en haut de sa tour d’ivoire, doit certainement se délecter du plaisir de te faire faire près d’un kilomètre de marche pour lui acheter un foutue salade. Tu serres le poing et te mets en marche. En courant, tu n’en aurais eu que pour très peu de temps, mais perchée sur ces talons, ta vitesse de pointe s’en trouve fortement réduite, en plus de te donner la démarche d’une garce pédante.
Une demi-heure plus tard, le plancher du cabinet vibre à nouveau sous tes pas sévères et assurés. Tu prends sans hésitation la direction du luxueux bureau de ta cousine et tu déposes sur son bureau son plat ainsi que sa monnaie. Tu gardes la facture pour toi, pour éviter qu’elle ne la perde lors d’un malheureux accident, ou bien qu’elle nie purement et simplement que tu lui aies jamais fournie. Pas non plus de commentaire sarcastique, tu réserves tes quolibets à des individus simplement désagréables, pas tes tortionnaires. Tu te retournes alors aussitôt dans l’intention de sortir de la pièce, lui lâchant quelques mots sur un ton froid et assuré, sans même lui faire face.

« Salade de quinoa avec supplément poivron et avocat sans haricot. C’est très précisément ce que tu as demandé – c’est également ce qui est écrit sur le ticket collé au couvercle de la boîte. Je te le dis maintenant, il est hors de question que je parcoure la moitié de la ville pour aller te chercher à manger. Si tu veux quelque chose dans un restaurant qui n’est pas dans cette rue, je te le commanderai. Et il est hors de question aussi que je paie les frais de livraison. Bon appétit Anna. »

Et par bon appétit, tu voulais évidemment dire étouffe toi avec ton quinoa. A ces mots, tu passes le pas de la porte avec strictement aucune intention de te retourner. Tu es sûre du contenu de la boîte, et encore plus certaine de tes propos suivants. Ramassant au passage ton sac, tu prends une nouvelle fois la direction de la sortie pour aller manger toi aussi. Un regard rapide à ta montre t’indique que tu es dans les temps, et à moins d’un cas de force majeur, tu seras de retour à temps pour accueillir sa cliente, et sans doute même assez en avance pour continuer à classer quelques documents avant qu’elle n’arrive.


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Dim 12 Déc - 13:01 (#)

Les pas qui sonnent à mes oreilles comme les sabots d’un cheval pataud précèdent l’arrivée de ma cousine dans mon bureau pour venir récupérer l’argent restant de ce matin. Je ne lève pas les yeux de mon travail et elle ne m’adresse pas un mot avant de repartir avec la même lourdeur que son arrivée. Les bruits caractéristiques de la porte du cabinet me parviennent, m’indiquant qu’Heidi est partie chercher mon repas et me laissant dans un calme paisible, avec tout juste quelques bruits étouffés me parvenant de la rue. Je profite de cette quiétude pour appeler des clients ou confrères afin d’échanger sur certains dossiers qui nécessitent des explications plus directes que de simples échanges de email. Comme d’habitude, ces coups de téléphones ne m’offrent que tout un défilé de contretemps. Un vieux juge rigide qui n’a jamais su prendre le tournant d’internet réclame la copie d’un dossier déjà classé pour ses archives personnelles. Une cliente qui ne peut pas venir signer un document au bureau me supplie de lui envoyer quelqu’un. Un ancien client devant me faire parvenir un chèque mais ne faisant pas confiance à la poste. Tant de choses qui s’ajoutent à la liste de corvées de mon assistante au côté de ‘récupérer ma robe au pressing’ et ‘faire envoyer des fleurs à un confrère pour son mariage’. Les appels s’enchainent, emplissant le bureau de ma voix chantante concoctée pour parvenir à mes fins. Le temps file et la faim se fait ressentir alors que la porte du bureau reste toujours désespérément close sans aucun signe de l’arrivée de mon repas. Ce n’est qu’après un temps qui parait infini que, finalement, ma livreuse personnelle franchie la porte et arrive près de moi avec mon plat et ma monnaie. D’un air froid et irrité par l’attente et la faim, le commente :

« Tu en as mis du temps. »

Elle tourne les talons mais fait une pause importune pour cracher quelques revendications pitoyables, comme si elle pensait être en mesure d’avoir des exigences. Je regarde avec dédain le pas de la porte où elle se tenait il y a encore une seconde. Elle a disparu sans se retourner, ne me laissant pas même le temps de répondre à sa petite prise de position minable. Je ne vais pas hausser la voix pour me faire entendre de cette petite idiote qui a lâchement pris la fuite. Qu’elle commande si ça lui chante, il est exclu que je paye pour sa fénéantise. Les factures trahiront les frais supplémentaires pour une livraison et le tout sera retenu de son salaire. Inutile de prendre la peine de lui exposer de telles évidences. Je préfère lui laisser croire qu’elle a imposé ses tristes et pitoyables conditions pour l’heure, la chute n’en sera que plus grandiose. Je déballe mon repas et l’observe d’un œil critique. Cette fois tout semble correct et je commence à manger dans le silence paisible du lieu tout en répondant à mes mails. Pour parvenir à la réussite et au succès, je ne peux me permettre de m’octroyer une véritable pause comme tous ces paresseux fragiles qui renâclent à l’effort pour ensuite se plaindre de leur minable existence.

Le bol en carton qui contenait mon plat est déjà à la poubelle depuis longtemps quand enfin les pas caractéristiques de mon assistante se font entendre peu de temps avant que la porte de l’office s’ouvre. Il était temps, j’ai déjà terminé la liste de ses missions du jour et ma prochaine cliente ne devrait pas tarder à arriver. D’une voix forte et claire, je l’appelle.

« Heidi, viens ici. »

Je pourrais presque entendre d’ici son soupir, ou peut-être bien que ce n’est qu’un tour de mon imagination. Elle finit par apparaitre dans l’entrebâillement de la porte avec son air bovin habituel. D’un geste vif je saisis la liste que je lui ai faite avec ses tâches qui la feront courir d'un bout à l'autre de la ville. Tout y est noté, ce qu’elle doit faire, le nom des gens et les adresses. Un ticket de pressing y est attaché à l’aide d’un trombone. D’un geste hautain, je secoue le bout de papier d’un air impatient.

« Voilà ta liste de choses à faire. Je veux que tout soit terminé aujourd’hui. Et j’ai besoin de ma robe ce soir. Il faut aussi que tu me ramène le chèque au plus vite. Tu partiras dès que tu auras accueilli mon rendez-vous de treize heures. »

Je pose la liste devant moi sur le bureau pour qu'elle vienne la chercher. J'espère que le poids de son repas ne va pas la ralentir. Détournant mon attention d'elle, je me replonge dans les informations notées sur mon écran qui constituent le dossier de la personne qui devrait bientôt arriver.


La liste:
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Mar 14 Déc - 0:05 (#)



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F
ermer la porte de ce cabinet maudit et y laisser confinée son atmosphère maudite sans te retourner – du moins jusqu’à la prochaine fois – est un réel plaisir. Ne pas entendre sa voix cassante te rappeler à tes geôles sans barreaux soulage tes épaules d’un poids loin d’être négligeable. Tu ne sais pas ce qui t’a laissé penser que l’épreuve serait facile à braver, mais elle est tout le contraire. Il est toujours facile de penser qu’elle ne pourra jamais utiliser que des mots pour te blesser et qu’il te suffira de les ignorer, il est facile de croire que tu pourras t’affirmer pour ne pas qu’elle abuse de toi ; la réalité dépeint un tableau d’une toute autre couleur où la teinte de l’espoir est rare et précieuse.
Tu devrais te sortir ces choses de la tête, c’est l’heure de ta pause déjeuner. Et pourtant, tu n’en as pas l’intention, pas vrai ? Ni de déjeuner, ni de penser à autre chose. La faute à cette stupide boule qui occupe ton ventre et t’empêche de faire l’un et l’autre. Tu peux déjà entendre par-dessus ton épaule la voix d’Anaïs te disputer et te dire que c’est bête d’affronter le diable le ventre vide. Tu l’entends aussi te reprocher de ne pas encore lui avoir avoué pour ton nouveau travail, et celui là te fait un peu plus mal au cœur. Tu aimerais qu’elle soit là, en train de descendre ces escaliers avec toi, mais tu ne supporterais pas qu’elle puisse voir ton regard. Tes yeux sont las, vides comme ils ne l’ont pas été depuis longtemps, un miroir de ceux que tu voyais régulièrement chez les anonymes.
Alors, une fois arrivée en bas de l’escalier, tu enfiles ta paire d’écouteurs et tu te confonds dans une dimension parallèle, très proche, et tu marches. Sans but précis sinon passer le temps, tu marches. Tu vois défiler les rues et les visages, et pour la première fois depuis bien trop peu de temps, tu as la désagréable sensation d’être étrangère à ce monde.

Le temps d’un soupir, à peine, et tu es de retour. Le temps d’un soupir, à peine, et tu es rappelée à ta peine. Les volants discrets de ta robe te suivent tristement jusque dans l’embrasure de la porte du bureau d’Anna. Tu n’es pas prête à écouter ce qu’elle a à te dire, mais tu ne le seras jamais alors autant en terminer rapidement. Une liste de choses à faire. Bien, tu aimes les listes ; enfin, dans une certaine mesure. Simple, clair, précis, ne laisse aucune place à l’interprétation et au débat ; une liste scinde le monde en deux : soit c’est sur la liste, soit ça ne l’est pas.
Tu ne prends même pas la peine de lui répondre. D’un pas ni trop lent, ni trop rapide, tu t’approches une énième fois de son bureau et tu attrapes la feuille de papier et tu retournes prendre ta place en face de l’entrée. Assise, tu jettes enfin un œil aux quelques lignes griffonnées avec malveillance sur le malheureux morceau de papier qui n’avait jamais demandé à être le réceptacle d’autant de vilenie déguisée.
Un battement de cils, puis un second, et tu entreprends de déterminer le meilleur itinéraire à suivre pour t’acquitter efficacement des tâches qui t’incombent, le temps que le fameux rendez-vous de treize heures ne passe le pas de la porte. Tout comme pour le premier client, tu es loin, très loin d’avoir envie de sourire, et tout aussi loin d’être prête à faire l’effort de le feindre. Alors, lorsque celle-ci arrive finalement, tu fais de ton mieux pour avoir l’air professionnelle, toujours une décoration de plus, neutre.

La femme qui se présente est d’une toute autre allure que l’homme de ce matin. Rien chez elle – à première vue – ne pourrait permettre de lui adresser une critique quelconque, de bonne foi en tous cas. La machine s’enclenche.

« Bonjour, je vous laisse patienter quelques instants, Maître Janowski va vous recevoir. »

Il est probable que tu ne te fasses jamais à prononcer ces mots qui te décapent la gorge par leur hypocrisie. Un instant plus tard, tu appuies sur le bouton du téléphone de ton bureau.

« Maître Janowski, votre rendez-vous de treize heures est arrivé. »

Les mots sont encore plus corrosifs lorsqu’ils lui sont directement adressés, à elle, Maître Janowski. C’est humiliant de devoir l’appeler comme ça. L’ombre de cette épée de Damoclès planant au-dessus de ta nuque et invisible de tous te nargue, et il n’y a rien que tu puisses faire en cet instant pour l’en empêcher.

Une fois de nouveau seule dans ton couloir, tu attrapes une nouvelle note et y consignes la planification de ton trajet. Les adresses proches, les étapes que tu peux faire à pied et celles que tu peux faire en bus… Tu finis par te lever et, après avoir attrapé ta verse et ton sac, fermer à nouveau la porte derrière toi avec tous les documents nécessaires en ta possession.  

Six « bonjour, je suis l’assistante de Maître Janowski » et un peu moins de quatre heures plus tard, tu refais une apparition discrète au cabinet. Combien de fois devras-tu encore passer cette porte avant que ce ne soit la dernière ? La réponse risque de ne pas te plaire, et tu ne préfères pas y penser. A la places, tu pends la robe drapée de plastique au porte-manteaux de l’entrée – tu as eu la présence d’esprit de la récupérer en dernier pour ne pas t’en encombrer lors du reste de tes tâches – et tu reprends ta place à ton bureau en attendant que sa propriétaire ne vienne inéluctablement te sonner. Tu ne connais pas son emploi du temps, et peut-être est-elle occupée avec quelqu’un dans son antre. Dans tous les cas, tu auras droit à une réprimande acerbe alors autant miser sur le fait qu’elle ne le fasse devant personne d’autre.
Au final, tu étais bien à cavaler en ville, loin d’elle et de ses remarques flottant dans l’air comme un miasme étouffant. Tu as mal aux pieds, au dos, et au moral. Tu aimerais dire qu’il vaut mieux pour elle qu’elle ne s’amuse pas à jouer avec tes nerfs, mais qu’est-ce que tu pourras bien faire pour l’en empêcher ?
En l’attendant, tu disposes méthodiquement chaque item demandé sur ton bureau et reprends une dernière fois la liste qu’elle t’a donnée pour t’assurer que rien ne manque ou n’est de trop. Non, tout semble en ordre, alors pourquoi est-ce que tu angoisses ?
Le chèque, la signature, le dossier, la facture des fleurs ; tout est là. D’ailleurs, elle te doit maintenant quelques billets que tu as dû avancer au fleuriste au plus grand des contrecœurs.


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Jeu 16 Déc - 8:47 (#)

Mon assistante fait entrer mon rendez-vous de treize heure puis file comme si elle avait l’enfer derrière elle. J’invite madame Tanner à me rejoindre dans mon bureau. Une femme d’une quarantaine d’années, habillée de manière sobre et élégante, portant son sac à main au creux de son coude tout en se tenant nerveusement les mains devant elle. Ses traits sont tirés par la fatigue et la peur. A grandes enjambées hésitantes, elle rejoint mon bureau tandis que je me lève pour lui serrer la main et l’inviter à s’assoir en face de moi. Je reprends avec elle les quelques éléments du dossier de sa demande de curatelle pour son fils. Ce dernier s’est fait attaquer dans les bois et ses parents ont insisté pour lui faire passer un de ces tests de dépistage de le thérianthropie proposés par certains laboratoires indépendants. Le test est revenu positif et madame Tanner souhaite l’envoyer dans un de ces centres prévu pour aider les CESS, et surtout pour les éloigner de la société. Son fils a refusé. Elle compte bien l’y contraindre. Elle pose devant moi des certificats médicaux reprenant le résultat positif de son test ainsi qu’une attestation d’un psychiatre indiquant que le jeune monsieur Tanner est trop perturbé par l’attaque pour être raisonnable. Le nom du psychiatre ne m’est pas inconnu, ses positions sont les mêmes que celles des gens que je défends. Nous montons le dossier à présenter devant le juge pour qu’elle obtienne la curatelle de son fils afin qu’elle puisse enfin l’envoyer dans un de ces établissements largement soutenus par les fonds des anti-CESS. ‘Le seul moyen de coexister avec les garous, c’est de les enfermer’, affirme-t-elle, les larmes aux yeux. ‘Mon fils est mort cette nuit-là, je refuse que le monstre qui l’a remplacé ne vive sa vie à sa place et côtoie la société’, enchaine-t-elle avec cette fois une larme roulant sur sa joue et sa voix se brisant en un sanglot déchirant. Je lui souhaite toutes mes condoléances avant de commencer à remplir le formulaire. Un à un, je lui énonce les différents papiers administratifs que je lui ai demandé d’amener et elle me les tend sagement. Au bout d’un certain temps, l’ensemble des éléments est réuni et un coup de téléphone chaleureux à un juge me permet d’obtenir l’audience pour traiter le dossier dans les plus brefs délais. Le caractère pressant de l’histoire avec la pleine lune qui approche a aidé le magistrat à prendre la mesure de la nécessité de se dépêcher.
Je raccompagne madame Tanner dans l’entrée du bureau. Elle ressort, toujours digne et avec les yeux humides d’une mère endeuillée mais cette fois avec un sourire, rassurée à l’idée d’extraire ce monstre de sa vie. Une fois dans un de ces centres elle n’aura plus à s’en soucier. La plupart du temps les gens n’en ressortent pas.

Je m’enferme de nouveau dans mon bureau afin de gérer mes dossiers en cours. Les minutes et les heures s’égrènent au rythme des cliquetis aigues de mon clavier d’ordinateur et de mes quelques réunions téléphoniques qui emplissent les murs de mon bureau. Quelques échanges sérieux pour assoir mon point de vue. Quelques rires à une blague pas drôle pour mettre dans de bonnes dispositions un magistrat dont le soutien m’est nécessaire. En fin d’après-midi la porte de l’entrée claque d’un bruit sourd et profond, probablement sous l’impulsion du retour d’Heidi. Il me faut près d’une heure de plus pour arriver au bout de toutes les tâches que je m’étais fixées pour la journée. Mes dossiers sont en bonne voie et nul accroc n’est à déplorer, hormis mon manque de caféine. Je prends le temps de m’étirer en abandonnant mon fauteuil avant d’aller récupérer mes affaires et me préparer à sortir. Je quitte mon bureau enveloppée dans mon manteau d’hiver avec mon sac au bras et verrouille la lourde porte derrière moi. Mon regard se pose d’abord sur la robe revenant du pressing suspendue au porte-manteaux, puis sur Heidi. Je m’approche de son bureau d’un pas chaloupé et lui demande :

« Tu as tout fait ? » Mon regard parcourt les éléments méticuleusement posés sur le bureau comme autant de preuves de l’accomplissement de ses tâches. « Bien. Pour demain créé toi un compte Instagram avec une photo où tu ne ressembles pas à une… enfin une photo correcte. Tu likeras tous mes postes. Faire augmenter ma visibilité fais partie de tes fonctions. »

Il faudra que je pense à faire un selfie en allant au tribunal demain pour protéger ce patron qui a renvoyé un employé qui s’est révélé être un CESS. Mes followers adoreront qu’on leur réaffirme qu’ils ont le droit de garder une entreprise parfaitement humaine pour leur sécurité et celle de leurs employés. Je fais un pas en arrière en examinant ma cousine d’un air pensif puis lui dis d’un ton appréciateur :

« Tu ne t’es pas trop mal débrouillée, finalement, pour un premier jour. » Je m’abstiens même de lui rappeler le fiasco du café. « Tu aurais pu aller loin. Enfin, si tu ne t’étais pas accrochée aussi longtemps à tes idées puériles de faire de la musique pour gagner de l’argent. » C’est toujours agréable de distiller de l’espoir à petite dose pour mieux le lieu arracher peu de temps après. Je hausse les épaules avec un air entendu. « En fin de compte tu gâche toujours tout. Même ton potentiel. » Je tourne les talons et me dirige vers la porte, les clefs en main, saisissant ma robe au passage dans un bruit de plastique qui se froisse. « Dépêche-toi. Je dois fermer derrière toi. » D’un ton rieur, j’ajoute : « A moins que tu ne préfères passer la nuit ici ? C’est sans doute bien mieux que là où tu vis. »

Une question rhétorique plus qu’une réelle proposition. Bien qu’il serait très divertissant de la laisser dormir ici à même le sol, il ne fait aucun doute qu’elle appellerait la police ou une de ses mauvaises fréquentations pour me mettre dans l’embarras. Je soupire de manière exagérée pour lui signifier ma perte de patience.
Mon humeur est légère comme une plume et mon regard pétillant ne lâche pas la mine renfrognée de ma cousine. Quelle joie de me dire que, jour après jour, je vais pouvoir l’avoir avec moi et lui creuser une tombe toujours de plus en plus profonde. Rien qu’à cette idée, un sourire mutin d’une enfant qui s’amuserait à arracher les ailes des papillons se peint sur mes traits. J’ai sans aucun doute fait le meilleur des choix possible pour sélectionner mon assistante.
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ft. Anna Janowski


P
as de signe d’Anna. Très bien, c’est tant mieux. Moins tu vois sa tête, mieux tu te portes. Ne pas la voir veut dire que tu peux travailler convenablement, et surtout ne pas te laisser aller au déséquilibre qu’elle voudrait imposer à ta psyché. Durant ce temps libre de tous reproches, tu achèves ta tâche du matin. De manière plutôt étonnante, tu n’as pas trouvé ce tri aussi rébarbatif que ce que tu t’étais imaginé de prime abord. Y aurait-il des choses que tu ne saurais pas sur toi-même ou bien es¬-tu déjà tombée dans une relativisme affaiblissant ?
Arrive finalement l’heure de l’évaluation. Ta cousine quitte son bureau et vient trouver place devant le tien, prête à s’en aller. Sans un mot, tu la regardes examiner les preuves de ton travail. L’idée même qu’elle puisse le critiquer te met en colère, puisque tu sais qu’elle trouvera un moyen de le faire peu importe sa qualité.
Bien sûr que j’ai tout fait, tu ne vois pas que tout est là ?
Elle prend encore quelques instants pour aviser les documents sur ton bureau et te demander, t’ordonner même, de jouer la parfaite petite suiveuse sur les réseaux sociaux. Elle peut rêver encore longtemps si elle croit que tu le feras. Quoique, il pourrait être drôle que @ifuckinlovevampires aille garnir la liste de ses abonnés.
Allez, crache ton venin, qu’on en finisse.
Pourquoi est-ce qu’il n’arrive pas ? Pourquoi est-ce qu’elle ne dit rien ? Pourquoi les choses ne se passent pas comme tu l’avais prévu ?

Et surtout : pourquoi vient-elle de te faire un compliment ? A ses mots, tu écarquilles les yeux un instant avant de reprendre une expression la plus neutre possible. Tu clignes une fois, deux fois, presque sous le choc d’une telle déclaration. En fait, tu es carrément sous le choc, et toutes tes facultés cognitives sont actuellement toutes réquisitionnées pour te permettre de ne pas tomber de ta chaise et ne pas laisser transparaître ton étonnement ainsi que cette nouvelle douleur née au centre de ta poitrine. Comme si elle avait ouvert pendant une fraction de seconde une fenêtre vers un espoir mort et enterré depuis longtemps, et en l’ouvrant, elle avait aspiré avec une fraction de ton âme soignée de ses sévices.
Bien sûr, les mots qui suivent sont eux bien plus attendus. Pourtant, d’une certaine manière, ils arrivent à t’atteindre plus que les autres. Il y avait encore sûrement quelque chose ou quelqu’un en toi qui voulait croire à ces compliments, quelque chose ou quelqu’un qui avait l’espoir qu’ils soient véritablement sincères. Seulement, après avoir appâté la partie la plus naïve de ta personnalité, Anna l’a poignardée sans remords. En fait, tu es certaine qu’elle y a pris un plaisir malsain.

« Je ne vis pas sous un pont, Anna. »

Tu serres les dents pour te retenir de l’inviter à aller se faire voir tandis que tu lui réponds, succombant honteusement à une pulsion rebelle déjà bien matée. Ta cousine quant à elle t’invite, sans cordialité à sortir, et tu ne comptes pas rester plus longtemps que nécessaire dans cet endroit. Tu as des choses à faire ce soir, toi aussi, et la seule raison qui te pousserait à passer la nuit dans son cabinet serait de tout y casser pour y mettre finalement le feu une fois le matin venu. Il faudra que tu parles à ton psychologue de la recrudescence de tes pensées pyromanes.
Saisissant ton trench d’un geste hâtif, tu t’engouffres dans le couloir et bientôt dans les escaliers menant à la sortie du bâtiment. Tu t’arrêtes seulement une demie seconde devant Anna, la surplombant de toute ta hauteur encore accentuée par les talons qu’elle t’oblige à porter ; tu plonges ton regard dans le sien, froid et muet, et tu fuis le théâtre de tes nouvelles séances de torture.
Du moins, pour la soirée, puisque demain, tu devras revenir. Demain, et le jour d’après, et encore le suivant. Une suite de jours que tu compteras amèrement jusqu’à être enfin en mesure de pouvoir renverser le statu quo.

Il faudra aussi un jour que tu te renseignes sur la manière dont elle t’a retrouvée la première fois, mais tout cela fait partie d’un plan de vendetta encore à concevoir. En attendant, tu fais claquer fermement tes talons sur le sol et tu maintiens ta posture droite. Aujourd’hui n’était que le premier jour d’un long rallie, et d’ores et déjà, ton endurance est mise à rude épreuve.


CODAGE PAR JFB / Contry.
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