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Dancing Queen - Anna

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Blanche de Lantins
Blanche de Lantins
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Dim 20 Mar - 20:28 (#)

- Henri, s’il te plaît, il me faut absolument deux places. Je ne peux quand même pas me présenter seule. L’impact sur la communauté d’une seule critique n’est pas du tout objective. Je sais que tu en as encore des dizaines dans ton escarcelle.

Appuyée contre l’encadrement de la porte du bureau de l’attaché de presse du bureau d’architecture, je lui adresse une petite moue dont j’ai le secret, sachant qu’il craquera devant mon intense harcèlement. L’homme secoue la tête en souriant alors que je joints mes mains, imitant une nonne s’appétant à prier.

- Tu n’aimes pas ce genre de soirée, je te promets de faire des photos et des vidéos pour que tu puisses juger de la qualité du travail fait par la boîte. J’écrirai même l’article que tu pourras remanier à ta guise. Imagine, tu vas pouvoir rentrer chez toi tranquillement et passer une bonne soirée avec ta femme. Profites en pour l’emmener dans un bon restaurant. Je connais un excellent bistrot français, j’y ai mes entrées.

Sa tête tombe sur sa poitrine en riant et il finit par tirer deux billets VIP de son tiroir.

- Je veux une table pour 19 heures tapante et amuse toi bien, Blanche.

Téléphone déjà en main, je pianote frénétiquement, attends cinq secondes et renvoie la confirmation de réservation directement sur le portable de Henri.

- Voilà le travail.
- Je ne sais pas comment tu te débrouilles mais merci. Tiens, prends-les, tu les mérites.

Il secoue les laisser-passer puis finit par me les tendre. Mon regard bleuté pétille autant que ma démarche lorsque j’attrape les fameux sésames et quitte le bureau en sautillant.


*****


De retour dans mon propre bureau, j’envoie un message à Anna. La seule personne qui sache apprécier ce genre de soirée autant que moi. Je l’ai connue il y a quelques mois, lorsqu’elle était au bord du gouffre après qu’un décorateur ait massacré son intérieur. Nous nous sommes liés d’amitié, nous découvrant de nombreux points communs.

Deux billets VIP pour la nouvelle boîte à Western Hill. Je passe te prendre ce soir à 21h30. Je pense mettre ma petite robe noire que nous avons achetée ensemble, la semaine dernière avec les talons vertigineux que tu m’as conseillés, ceux avec les strass et le sac Hermès. Le tout accessoirisé évidemment. Tu mets la rouge moulante ? Sois prête, on va tout déchirer. Bises !


*****


Debout devant mon dressing, j’hésite. Certes j’ai dit à Anna, la petite noire, mais un peu de couleur serait pas mal non plus, histoire que je ne passe pas pour une veuve qui va enterrer son quinzième mari. Il me manque que les lunettes noires et le tableau est parfait.

Abandonnant mes idées sombres, je me pousse à bouger. L’heure tourne et si je ne me dépêche pas un peu, je vais être en retard et Anna ne supporte pas les gens qui ne sont pas ponctuels, tout comme moi d’ailleurs. Je finis par enfiler la tenue première, ajoute des bijoux, maquillage et coiffure, accroche le sac Hermès orange à mon bras et approuve d’un hochement de tête l’image que me renvoie le grand miroir.

Avant de prendre le volant de ma Rover Mini rouge, je lance un message à l’avocate l’avertissant de mon départ. Sept minutes plus tard, je me gare devant sa maison. Un dernier coup d’œil dans le rétroviseur afin de vérifier la bonne tenue du rouge à lèvres et je quitte mon véhicule pour remonter l’allée et sonner chez mon amie.

- Salut ma Chérie ! Comment tu vas ? Sans attendre l’invitation, j’entre dans le hall, claque une bise rapide sur les joues de la jeune femme, remets en place une mèche indisciplinée lorsque je passe devant le miroir et me retourne vers la polonaise. Alors qu’est-ce que tu racontes ? Tu sais que j’ai dû faire du chantage à Henri pour avoir ces billets… Ca va te coûter cher en champagne. Tu es prête ? En tout cas, tu es rayonnante. Ta cousine ? Ca va son boulot ? Rah ! On a tellement de choses à se dire. Allez ! On y va, tu me raconteras tout ça dans la voiture.
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Anna Janowski
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Mar 22 Mar - 8:50 (#)

« Non, non ! Approche pas ! Si tu mets des poils sur ma robe, je te jure que je te ferai empailler. » Le gros matou lâche un mrrraou penaud face aux réprimandes qu’il ne saurait comprendre. « Et sors de là, tu n’as pas le droit de venir dans ma chambre ! »

Sous mon regard assassin, Président Lincoln quitte la pièce d’un pas lent et silencieux pour retourner se vautrer sur un canapé. L’idée d’adopter un chat pour gagner des vues sur Instagram n’était finalement pas très pertinente. La stratégie a payé, mais la cohabitation avec un félin en léger surpoids qui aime se frotter à mes vêtements est plus agaçante que ce que j’aurais imaginé. Je ne peux supporter que de lui donner quelques caresses le matin avant de m’en désintéresser. Ça n’a cependant pas l’air de le déranger. Tant qu’il a ses croquettes, un accès à l’extérieur et un canapé moelleux où se vautrer, il a l’air plutôt heureux.
Me désintéressant du félidé mou et paresseux, mon regard se pose de nouveau sur mon reflet dans le miroir. Comme à mon habitude, j’incarne la perfection. J’ajuste mon collier en argent et remets correctement ma robe carmin qui est si moulante qu’elle a une légère tendance à remonter lorsque je marche. Oh, rien de vulgaire, juste un petit bonus pour les hommes qui auraient la courtoisie de me suivre du regard. Le son étouffé du vibreur de mon téléphone se fait entendre et mon attention se tourne vers mon portable posé sur mon lit. L’écran est allumé sur la notification d’un message de Blanche m’annonçant qu’elle arrive. Voilà qui est parfait. Je vérifie une dernière fois la bonne tenue de mon maquillage, repositionne une mèche rebelle et enfile mes escarpins de soirée. Je sélectionne un gros manteaux duveteux d’un blanc immaculé à même de me protéger du vent et du froid nocturne malgré ma tenue légère et récupère un sac élégant assorti à mes chaussure. D’un pas sonnant, je descends au rez-de-chaussée sous l’œil fainéant de Président Lincoln qui m’observe depuis le canapé du salon. Ma nouvelle amie n’habite pas si loin, elle ne saurait tarder. Ce fut une si belle surprise de découvrir une femme ayant ses entrées dans les beaux milieux et une affection toute particulière pour les soirées huppées et sélectes. Une bonne entente nous a rapidement liée, et je suis plus que ravie de profiter de ses contacts pour enfin m’infiltrer dans la haute société de Shreveport. Ce soir il ne sera en rien question de réception classieuse, plutôt d’une soirée amusante dans une boîte recalant des gens plus qu’ils n’en acceptent et dans laquelle le champagne devrait couler à flot. Rapidement, la sonnerie de la porte d’entrée retentie et m’arrache à mes rêveries. J’ouvre la porte et découvre la jeune femme apprêtée pour sortir. Avec énergie et légèreté, elle entre et perpétue cette étrange tradition française d’embrasser sur les deux joues en guise de salutation avant de commencer à discuter.

« Je payerai avec plaisir la première tournée. »  Je pose ma main sur son bras d’un air complice avec un sourire machiavélique. « Ou alors je trouverai bien des pigeons pour nous la payer. »  Je l’entraine à l’extérieur et verrouille ma porte derrière nous. En arpentant l’allée jusqu’à sa voiture, je reprends d’un air affligé : « Si tu savais, elle si incompétente ! C’est terrible de devoir me priver d’une assistante digne de ce nom pour l’aider. Mais tu sais, la famille c’est important, alors je fais avec. »  Et je m’amuse tellement à ses dépens, mais je ne suis pas suffisamment stupide pour reconnaitre mes méfaits à voix haute. Le temps m’a appris que peu de personnes partagent mes penchants. On arrive à son véhicules après avoir fait claquer nos talons dans l’allées et je lui demande sur le ton de la conversation : « A propos de famille, des nouvelles de ta mère ou bien elle se comporte toujours comme la dernière des garces ? »

Une fois que la française a déverrouillé la voiture, je m’installe sur le siège passager et attache ma ceinture. J’ai toujours apprécié me faire conduire, même si ce n’est que par des amis. Ça me donne l’impression d’avoir un chauffeur privé pour répondre à mes moindres caprices.
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Dim 3 Avr - 20:49 (#)

- Oh, je suis certaine que tu trouveras un pigeon qui se fera un plaisir de nous inviter à boire quelques coupes, s’attendant, évidemment, à nous mettre, si possible, ensembles, dans son lit. Ils sont si naïfs…

J’éclate de rire et m’installe dans la voiture. Assise derrière le volant, je retire discrètement mes chaussures. De un, il serait tellement dommage d’abimer des talons coûtant une véritable petite fortune et de deux, dix centimètres, c’est plutôt pas pratique pour changer les vitesses. Car oui, je conduis une voiture qui n’est pas automatique. Cela a plus de classe et surtout cela prouve que l’on sait manier correctement un volant.

Nos parfums, aussi légers soient-ils, se mélangent subtilement apportant une nouvelle fragrance agréable à l’habitacle. La circulation est plutôt fluide au départ mais devient très vite surchargée, froissant les traits de mon visage. Un soupire profond et un hochement de tête accueille sa déclaration.

- Je suis vraiment désolée pour toi, ma Chérie. Cela doit être tellement difficile de travailler avec des incompétents. Surtout dans ton domaine où le moindre détail peut entraîner des conséquences irréversibles. Tu es vraiment trop gentille à son égard, cela te portera préjudice un jour. Tu dois prendre soin de toi, tu travailles trop. Heureusement que je suis là pour te sortir un peu !

Le feu passe enfin au vert, nous permettant d’avancer de quelques mètres avant qu’il ne change à nouveau de couleur. Agacée, j’inspire profondément et jette un coup d’œil à la voiture se trouvant à notre gauche. Détournant rapidement la tête, je pouffe de rire et partage rapidement mon hillarité avec mon amie.

- Ne regarde pas tout de suite… mais le mec à côté de nous, là à gauche, on dirait un lamantin. T’as vu ses moustaches ? Et sa femme… non ça ne peut pas être sa femme… C’est forcément sa mère, c’est une vraie momie qui bouge. Qu’un dieu, n’importe lequel, nous préserve, je ne veux jamais devenir ainsi !

Le carrefour enfin passé, je peux répondre à Anna concernant ma famille.

- Je n’ai pas de nouvelle de ma mère et cela m’inquiète. Moins j’en entends parler, plus elle œuvre à élaborer des nouveaux plans machiavéliques pour pourrir la vie à mon père. Et quand elle se souvient qu’elle a deux enfants, elle cherche à nous nuire. Je ne peux pas comprendre. M’enfin, c’est ainsi, elle a fait son choix. Des nouvelles de ton côté ?

Le Club est en vue, une longue file de personnes désirant y entrer est déjà présente sur le trottoir, apportant un sourire quelque peu moqueur sur mes lèvres.

- Anna ? Prête pour le spectacle. On est peut-être pas des actrices de renommées mondiales, mais là, je peux t’assurer qu’on va faire des jaloux. Ils sont agglutinés comme des bœufs… C’est affligeant de passer sa soirée à attendre une chose qui n’arrivera jamais.

Le véhicule est arrêté, un dernier coup d’œil dans le rétroviseur afin de s’assurer que tout est parfait et je sors de la mini, aidée par le voiturier. Délicatement je pose ma main dans la sienne et lui sourit en le remerciant et en glissant un billet de cinquante dollars dans sa paume qui accompagne les clefs.

- Prenez-en bien soin, elle vient directement d’Europe. Vous savez conduire une boîte mécanique, n’est-ce pas ?

Rapidement, je rejoins Anna, accroche son bras et nous nous dirigeons vers l’entrée où un homme à la carrure imposante nous accueille avec un sourire. Pourquoi ai-je l’impression qu’il rêve de nous envoyer tout au bout de la file ? Avec assurance, je tire les deux invitations de mon sac et les tends au gorille qui après les avoir examiné, s’efface, à regret, de l’entrée, nous permettant de pénétrer dans le Club.

Une hôtesse vêtue à minima s’avance. Lorsqu’elle se rend compte qu’aucun homme ne nous accompagne, elle fait signe à son homonyme masculin afin qu’il nous emmène jusqu’à notre table. C’est assurément un magnifique spécimen qui nous demande de le suivre. Une œillade amusée est lancée vers Anna, lui indiquant les fesses du jeune homme.

- Craquant… non ?

J’éclate de rire et hâte le pas afin de ne pas perdre notre esthète dans la foule. Le cordon VIP s’efface et nous pouvons enfin nous asseoir sur le sofa en cuir blanc. Une bouteille de Don Pérignon dort déjà dans un seau empli de glace. Les flûtes sont remplies avec un savoir-faire appréciable. Un verre est tendu à chacune.

Mon regard embrasse la grande salle, m’appropriant l’atmosphère du lieu et découvre avec plaisir quelques décorations que j’avais suggérées. Soudain, mon cœur manque un battement, lorsque je reconnais la silhouette carrée d’Alaric Lanuit, une jolie brune accrochée à son bras. J’ai à peine le temps de poser ma main sur le genou de Anna, qu’il disparaît en empruntant la sortie. Ravalant ma contrariété, je lève ma flute et me tourne vers mon amie, affichant un magnifique sourire, reléguant le caïnite aux oubliettes.

- Trinquons et surtout amusons-nous !
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Anna Janowski
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Mer 6 Avr - 10:21 (#)

Le trajet se déroule dans la légèreté des bavardages habituels et moqueries divertissantes précédant une soirée de plaisirs frivoles. Des échanges sur nos liens familiaux décevants que nous ne désirons que noyer dans un alcool délicat et au prix bien trop déraisonnable. Sa mère a l’air d’être une personne pour le moins intrigante. D’un ton léger je lui réponds :

« Rien de particulier. Mes parents adorent me voir réussir. Parfois ils m’envoient des articles où on parle d’une de mes affaires, comme si je ne savais pas ce que je faisais. » Je roule un peu des yeux en pensant au temps qu’ils me font perdre ainsi. « Enfin, rien de particulier. »

La voiture ralentit à l’approche de notre lieu de fête. Une foule de fêtards aux tenues oscillant entre le classe, le sexy et le vulgaire s’amalgament devant l’entrée comme tout autant de paons essayant de se faire bien voir. L’ambiance est déjà rendue tendue et électrique par l’attente et l’incertitude de la plupart d’entre eux, ignorant s’ils pourront ou non rentrer dans cette nouvelle boite pour faire la fête. Comme un écho à mes pensées, les paroles de Blanche s’élèvent dans l’habitacle et je les accompagne d’un rire moqueur à l’idée que beaucoup des dindes attendant dans le froid de l’hiver ne pourront rentrer danser et devront retourner dans un bar minable la tête basse et l’œil humide. Imitant mon amie, je quitte la voiture et réajuste ma tenue comme un cygne qui remettrait en place ses plumes. Je resserre mon manteau autour de moi pour supporte le froid mordant de la nuit qui débute et contourne le véhicule pour rejoindre Blanche en train de remettre ses clefs au voiturier.
Bras dessus bras dessous, nous arrivons face à l’entrée et son garde à l’air patibulaire. Tandis que Blanche extirpe les invitations, je regarde hautain et victorieux aux gens patientant dans la fille d’attente qui nous lancent soit des regards noirs, soit des œillades admiratives. Qu’il est bon de s’élever ainsi au-dessus du petit peuple. Quel aubaine d’avoir croisé la route de Blanche qui peut obtenir sans mal des invitations pour tout un tas de lieux huppés. Je laisse mon amie m’entrainer loin de la petite foule envieuse et ensemble nous rentrons dans ce club hors du temps et de l’espace qui mêle intimité doucereuse, luxe manifeste et festivité débridée. Nous suivant notre hôte que Blanche dévore des yeux. En réponse à sa remarque discrète, je lui réponds à voix basse et taquine :

« Donc tu craques pour des subalternes ? » Mon ton se fait faussement sévère. « Il va falloir apprendre à viser plus haut que ça, mademoiselle de Lantins. »

Et avoir une amie qui a mis le grappin sur quelqu’un d’important est toujours plus intéressant qui si elle s’acoquinait avec un inutile. C’est avec bonheur que je passe derrière le cordon VIP sous les regards curieux et jaloux des gens déjà présents. Une fois assises et un verre à la main, nous trinquons ensemble avec de grands sourires et la première gorgée de champagne vient inaugurer cette soirée. Dans le vacarme festif empli de musique et des quelques éclats de voix, je sors mon téléphone et me rapproche de Blanche en faisant crisser le cuire blanc de la banquette puis passe mon bras autour de ses épaules.

« Viens, on prend un selfie pour Insta ! »

J’ajoute un filtre et nous prenons ensemble plusieurs photos nous mettant en valeur dans des poses oscillant entre le festif et le sexy. L’arrière-plan est bien visible et fera sans mal envie aux gens apercevant cette photo. Blanche en fait tout autant avec son propre téléphone et l’ambiance devient légère et amusante. En sirotant le champagne dont les bulles me chatouillent le palet, nous sélectionnons ensemble les meilleures photo. Quelques hashtags plus tard, les selfies sont en ligne et commencent déjà à recevoir des likes.

« Tu crois que ce sont de vrais likes ou bien juste des gens jaloux qui veulent faire semblant qu’ils ne sont pas jaloux ? Ah regarde ! Y a un commentaire qui dit ‘vous êtes trop belles toi et ta copine’. » Je ne sais pas vraiment si je suis satisfaite d’obtenir ainsi davantage de likes ou si l’idée que certaines personnes puissent préférer Blanche à moi m’irrite. Balayant ce sentiment, je range mon téléphone et me tourne vers l’autre jeune femme. « Alors, tu veux faire quoi ? On va danser ou on essaie d’harponner quelques pigeons pour nous assurer d’avoir plus de champagne pour la suite de la soirée ? » Trouver des hommes ne souhaitant que nous offrir des verres ne devrait pas être compliqué. Dans la petite foule de danseurs et de buveurs, quelques regards ont déjà plongé sur nous. Les choses sont rendues si simples dans ce genre d’endroit que ce n’est que très peu amusant. Je bois une longue gorgée puis repose mon verre, dardant mon regard aux alentours et rencontrant ça et là quelques couples assis au bar trinquant ensemble ou bien sur la piste de danse, oscillant au rythme de la musique branchée. Mon regard se fait espiègle alors qu’il se détache des amoureux épars pour retourner vers Blanche. « Ou alors on peut jouer un peu. A ton avis, combien de ces petits couples pourraient repartir séparément par notre faute ? » Ne serait-il pas excessivement divertissant d’anéantir les petites attachent qui relient deux personnes prétendument amoureuses ? Et puis s’ils viennent dans ce genre d’endroit le soir, c’est bien qu’ils cherchent autre chose qu’une vie rangée de couple. « Avec des points bonus si l’un des deux pleure. »

Mon sourire se fait machiavélique et radieux à cette idée. Dans ce décor respirant l’opulence à la lumière tamisée appelant à répondre à nos désirs les plus indicibles, tout ce que je veux c’est me divertir. Et qu’y a-t-il de plus drôle que de s’élever en écrasant les autres, même si ce n’est que pour arracher un homme stupide de la vie d’une femme qui en sera peut-être détruite ? Et bien entendu, abandonner l’indélicat traitre à sa propre misère après cela. Voilà qui rendrait cette soirée des plus inoubliables. Et au pire si la française est choquée de cette proposition, il suffira de quelques éclats de rire pour prétendre que ce n’était qu’une plaisanterie.
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Dim 17 Avr - 18:37 (#)

Le champagne est délicieux, à température parfaite et très bien servi. Les bulles piquent légèrement le palais me faisant glousser, comme à chaque fois. La sensation de les sentir éclater sur la langue en est presque euphorisante. De bon cœur, je me prête au jeu et pose pour des photos que Anna souhaite poster sur Insta. J’en fais quelques-unes également, mais mon compte est tellement minable à côté de celui de mon amie. Papa n’a jamais apprécié les réseaux sociaux. Il ne m’a jamais interdit d’en tenir un, mais il ne cautionnait pas le fait que je publie tout et n’importe quoi sur mon compte.

- Je ne craque pas pour le petit personnel, voyons. Je dis juste qu’il a un postérieur à en faire pâlir plus d’une. Non, moi mon genre serait plutôt, grand, brun, une touche ténébreuse, mais surtout il doit être sympa et savoir me faire rire. Sinon c’est mort. Et toi ? C’est quoi ton type de gars ? Hormis un compte en banque indécent.

Le téléphone de l’avocate repose sur la table et je vois les notifications illuminer l’écran alors que le mien reste totalement silencieux. Je dois avoir genre, une cinquantaine de followers à tout casser. Un peu gênée, je range discrètement mon appareil dans mon sac. Heureusement, Anna suit le mouvement et fait disparaître également son téléphone.

- Allez, on oublie tous ces jaloux qui nous envient d’être ici. On a mieux à faire que d’avoir le nez sur nos portables. Regarde, là-bas, tu vois les tableaux accrochés au mur ? La photo du milieu, c’est moi qui l’ai prise. Et l’agencement du bar, sa disposition, j’en ai dessiné les plans.

Pas certaine qu’elle ait écouté ou même entendu mais ce n'est pas grave. Sa proposition est nettement plus alléchante et amusante. Nous ne sommes pas là pour parler boulot mais pour nous éclater. D’un œil perçant, je scrute les couples, visant les potentielles victimes. Dans le prolongement du canapé, j’aperçois deux jeunes gens, plongés dans une discussion qui me semble à la limite du houleux. Enervé, l’homme se lève, traverse la piste de danse pour aller s’accouder au bar, attendant que l’on veuille bien s’occuper de lui. Un sourire mauvais étire mes lèvres. Me tournant vers Anna, je pose mes doigts sur son genou, cherchant à attirer son attention.

- Ça marche. Tu veux une démonstration ? Là, le mec au bar, il est avec la blonde qui est là bas, toute seule. Tu la vois ? Je te parie 100 dollars qu’en moins de cinq minutes, je l’emballe. Tu démarres le chrono au moment où je touche le comptoir. Pas de triche, promis ?

Dans un éclat de rire, je me lève, tire un peu sur le bas de ma robe et me dirige, d’une démarche chaloupée, vers le zinc. Avant de le toucher, je me retourne et jette un regard à mon amie, lui adressant un clin d’œil au moment où ma main se dépose sur le bar, juste à côté du jeune homme. Garçon quelconque, blond comme les blés, il porte un costume bon marché et sent l’eau de Cologne bas prix. Il était nettement mieux de loin. Je me retourne une nouvelle fois en fronçant le nez, mais d’après la gestuelle de l’avocate, les secondes ont commencé à tourner.

Je me rapproche de blondinet et frôle son coude, captant son entière attention, lui adressant un sourire mutin. Un mot d’excuse, à peine prononcé qu’il est déjà totalement captivé par ma présence. Derrière le comptoir, le serveur fait son apparition, prêt à répondre à mes moindres désirs.

- Auriez-vous une serviette, je vous prie.

Sans demander la raison, il m’en tend une dizaine nous fait signe qu’il revient dans deux minutes. D’un geste léger, je m’en saisi mais en fait tomber quelques-unes.

- Oh zut… Quelle maladroite…

Plantant mon regard dans celui de Blondinet, je me retourne lentement, gardant le contact visuel avec lui et me penche en avant afin de récupérer les papiers tombés au sol, lui offrant une vue imprenable sur ma croupe qui est à moins de quinze centimètres de son abdomen. Avec souplesse, je me relève, repousse mes cheveux et lui adresse un sourire charmeur.

Il n’a pas loupé une miette du spectacle que je viens de lui offrir et se racle la gorge, presque mal à l’aise. Une nouvelle chanson débute et j’effectue quelques pas en rythme avec la musique. N’y tenant plus, le gars pose sa paluche sur ma hanche et m’invite à danser.

Acquiesçant, je le précède jusqu’à la piste où il pense avoir gagné le gros lot. Heureusement, le DJ décide de changer rapidement sa programmation, me permettant de m’échapper des mauvais effluves. Revenant vers Anna, je lève les yeux au ciel en secouant la tête.

- Et voilà le travail ! Alors j’ai mis combien de temps ? J’ai gagné ?

Prenant place à ses côtés, j’en profite pour me désaltérer.

- Par contre, la prochaine fois, je partirai en prospection avant. Parce que le gars… De loin, ça va, mais alors de près, je te dis pas le laideron. En plus, son costume, c’est de la camelote, sa montre, il a dû l’acheter sur Wish et son parfum au supermarché du coin.

Riant de bon cœur, je secoue la tête en me collant à Anna.

- A toi !
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Mer 4 Mai - 13:41 (#)

La musique forte résonne entre les murs, les basses lourdes ricochant en des vibrations englobantes créant ce ressenti si particulier existant dans les boites de nuit. La foule mouvante fait osciller la pénombre au rythme des danses et l’odeur de parfum cher et d’alcool parfait ce tableau si commun et pourtant si exceptionnel. Blanche a l’air d’apprécier mon idée et se met aussitôt en chasse. L’air léger et joyeux, bien indifférente aux conséquences de ses actes, mon amie disparait dans la petite foule et je ne l’entrevois que quelque peu entre les convives alcoolisés. Ne respectant pas tout à fait ses règles, je lance le chronomètre alors même que ses pas arpentent encore la piste. Une fois au comptoir, son petit jeu vient dessiner un sourire mutin sur mes lèvres. Sa technique n’est ni très fine ni très distinguée, mais elle a au moins le mérite d’être particulièrement efficace. Tandis qu’elle accomplie son méfait, j’en profite pour repérer une cible digne d’intérêt. A quelques mètres de mon amie se trouve un petit couple. L’homme est assis sur un tabouret de bar et porte un costume qui semble cher. Il a son bras autour d’une femme assise sur ses genoux dans une position très intime. D’autre couples bien moins fusionnels semblent parsemer la salle mais aucun qui ne soit si drôle à briser, d’autant que j’apprécie les défis. Blanche danse avec le blond quelques instants puis abandonne sa pauvre cible sur la piste de danse et revient dans ma direction, l’air enjoué. Tandis qu’elle se rassoit je lui montre le chrono de mon portable, stoppé à quatre minutes et seize secondes.

« Ce n’est pas si mal, mais je ne sais pas si ça compte comme séparer un couple. » Je range mon téléphone dans mon petit sac et lui désigne d’un mouvement de tête le petit couple repéré plus tôt. « Regarde ces deux-là. Voilà qui serait bien plus amusant. Et puis ça mettrait leur couple à l’épreuve, en fin de compte on rend service à ces femmes en leur faisant comprendre que leur petits amis sont des mufles. » Mon regard se tourne vers Blanche et j’ajoute avec un sourire malicieux. « J’ai une idée pour que les choses soient encore plus amusantes, mais il faut juste attendre que sa copine s’éloigne un peu. » Je mets à profit les quelques minutes d’attente en montrant à Blanche le nouveau site internet de mon cabinet que je trouve particulièrement élégant. C’est assez rapidement qu’il commence à y avoir du mouvement du côté de ma cible.  « Ah, ça y est. » La femme jusque-là perchée sur les genoux de son petit ami est à présent debout et commence à s’éloigner afin de gagner les toilettes, laissant seule ma pauvre cible. A mon tour, je me lève, récupère ma carte bancaire et réajuste ma robe. « J’y vais. »

Je serpente à travers les danseurs en me rapprochant de l’homme au costume d’une démarche prédatrice. Sur les chemin quelques éclats de voix m’invitent à les rejoindre et une personne particulièrement alcoolisée tente même de m’attraper le poignet, mais son niveau d’ébriété me permet de l’esquiver sans mal. Arrivée au bar, je me poste tout près de l’homme à présent esseulé, m’appuyant sur le comptoir en l’ignorant parfaitement et focalisant mon attention sur le barman. Du coin de l’œil, je vois ma cible porter son attention vers moi, comme le font tous les gens que je rencontre. Depuis que j’ai découvert la vraie cause de cet attrait, je ne peux m’empêcher de me demander si je peux influer sur cette attirance. Ce petit jeu est une bonne occasion de tester cette hypothèse. Le barman s’approche et je lui demande deux coupes de champagne d’une voix clair et forte couvrant le bruit ambiant. Je paye par carte et l’employé hoche la tête et part préparer ma commande. Enfin, mon regard se tourne vers l’homme esseulé et croise le sien. C’est le regard d’un homme affamé, semblable à bien d’autres dans ce genre d’endroit, mais qu’on ne s’attend pas à trouver dans les yeux de quelqu’un qui, quelques minutes auparavant, était déjà enlacé avec une femme. A sa main gauche brille une alliance, ce qui me fait demander si la femme qui était avec lui était son épouse ou bien sa maitresse. Ses traits ne paraissent ni jeunes ni vieux, rien qui permettrait de déterminer la nature exacte de leur relation, mais cela n’a aucune importance en ce qui me concerne. Je lui assène un sourire auquel il ne peut que répondre. Je me tourne vers lui et lui demande d’un air presque timide et gêné d’une demoiselle en détresse :

« Bonsoir. On est à la table là-bas, avec mon amie et des goujats ne cessent pas de nous importuner, vous ne voulez pas venir nous tenir compagnie ? » Mon ton se fait un peu plus roucoulant, comme ronronnant au grès de la musique. « Je suis sûre qu’avec vous plus personne n’oserait venir nous ennuyer. » Les hommes apprécient se croire l’alpha de la meute, celui que personne n’ose embêter. L’expression se tissant sur son visage me laisse comprendre que cet homme là n’est en rien une exception à la règle. Malgré tout, une hésitation oscille sur ses traits. Serait-il donc de ces rares mâles un peu fidèle ? Ne lui laissant pas le temps d’émettre une protestation, je pose délicatement ma main sur la sienne, essayant par la même pour la première fois d’accentuer volontairement cette capacité me permettant d’attirer l’attention. « Allez, s’il vous plait. » Je me penche très légèrement vers lui et son regard commence à osciller entre mon décolleté et mes yeux. Il scille plusieurs fois et attrape ma main à son tour, puis me souris et se lève. « Je n’oserais jamais dire non à une telle demande. » J’ignore si ma tentative d’augmenter mon pouvoir a fonctionné ou bien si c’est dans la nature même de cet homme de délaisser ainsi sa femme ou sa maitresse, mais toujours est-il que mon plan est couronné de succès. Sa manière de parler me fait estimer son âge à la hausse, tout comme la lourde montre de luxe trônant à son poignet. En plus de ce petit jeu, aurais-je donc trouvé un bon pigeon à plumer pour obtenir des bouteilles de champagne pour la soirée ? Possible. Du moins, jusqu’à sa convive revienne. En lui souriant je relâche sa main pour saisir les deux coupes de champagne déposées sur le comptoir par le barman. Je fais signe à notre nouvel ami de me suivre et le précède, ne doutant pas une seule seconde qu’il profite de la vue. Une fois de retour, je dépose les deux verres sur la table, dont un devant Blanche, et m’installe à côté de mon amie avec un regard complice. Je fais de la place à l’inconnu qui s’installe près de moi en déposant sa propre boisson. Discrètement, je glisse à voix basse à Blanche :

« Tu vas voir, quand sa copine reviendra on va vraiment s’amuser. » Je reporte mon attention sur le nouveau venu et reprend à voix haute et intelligible malgré la musique : « Moi c’est Anna et elle c’est Blanche. Et vous êtes ?
- Joseph. Enchanté de vous rencontrer. »

Il lève son verre comme pour trinquer et aussitôt j’en fais autant. Au fond de la salle, je vois la femme qui l’accompagnait sortir de la salle de bain. Il ne faudra que peu de temps avant qu’elle se rende compte de la disparition de son homme. Tout cela promet d’être mortellement amusant.
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Mar 17 Mai - 23:10 (#)

Le chrono est arrêté à moins de cinq minutes ce qui est un score tout à fait acceptable à mes yeux. Je ne suis pas une experte à ce petit jeu, même si je m’y prête de bon cœur. Cette nuit, quand je serai couchée dans mon lit, lorsque la solitude aura étiré ses bras autour de mon corps, je me sentirai coupable. Dans la pénombre, brisée par les rayons argentés de l’astre stellaire, je demanderai pardon aux fantômes hantant mon esprit.

La soirée ne semblait de toute façon pas très bien partie pour ces deux-là. Si par mon petit numéro, le couple se sépare, c’est qu’ils n’étaient pas fait l’un pour l’autre et que d’un côté, je les aurais aidé. Maigre consolation, excuse minable mais qui permet de mieux dormir. Mon regard clair cherche mon cavalier abandonné que je vois disparaître, happé par la foule entrante alors que lui, il choisit la fuite.

- Regarde, il est parti en plantant sa partenaire. Elle est là-bas, sur la banquette. Remarque… elle n’a pas l’air de s’ennuyer. Tu as raison, un coup dans l’eau pour moi.

Flûte de champagne à la main, je tends une moue dépitée à Anna tout en oubliant mes méfaits et m’intéressant aux photos qu’elle me montre. Je hoche la tête, approuvant les prises de vue et l’élégance du site. Je n’ai pas le temps de donner mon avis verbalement que mon amie se lève en lissant sa robe, prête à se lancer dans l’arène. Riant de bon cœur, je croise les jambes en m’installant plus confortablement dans le canapé et suis avec intérêt l’avancée de l’avocate. Elle est magnifique, je ne peux le nier, d’ailleurs rares sont les personnes qui l’ignore. Elle possède une attirance naturelle et envoûtante qui me fascine. Je n’ai pas sa classe et assurance qu’elle dégage, je me sens presque petite et invisible à ses côtés. Mais cela ne me gêne nullement, je ne l’apprécie pas pour ce qu’elle m’apporte mais pour son franc parlé et bien d’autres qualités, nettement moins visibles.

D’un regard, elle harponne l’homme qui en oublie sa partenaire qui se tenait sur ses genoux, y’a pas deux minutes. Cachant mon sourire derrière mes doigts, j’admire sa technique qui est imparable ; je devrais en prendre de la graine, mais je n’ai, de loin, pas son fabuleux charisme. Après quelques mots, une hésitation qui n’en est pas vraiment une, il suit docilement mon amie, les yeux rivés sur son fessier. Alors certes, son physique est incontestablement proche de la perfection, mais ce n’est pas une raison pour laisser voir aussi clairement les projets qu’il a en tête en matant le cul de ma pote. J’ai presque envie d’en coller une à ce goujat tellement ses pensées sont salaces, ce qui me déculpabilise largement de notre petit manège.

Impressionné par le cordon VIP et les gardes du corps, il affiche un faciès triomphant, manifestement très fier de se retrouver propulsé dans cette petite zone de privilégier. Un soupire silencieux suivi d’une mine amène, je glisse sur la banquette soyeuse, nappée de cuir, l’invitant à prendre place. Je lui adresse un petit signe de tête, accompagné d’un sourire poli à l’énonciation des présentations. J’acquiesce muettement à l’entente des dires de Anna et lui adresse un clin d’œil complice. Toujours sans un mot, je me lève, offre un mot au vigile en guise d’avertissement, fais le tour de la table et viens m’asseoir aux côtés du bonhomme. Avec grâce et légèreté, je dépose le bout de mes doigts sur son genou, cherchant à attirer son attention, la déviant de la furie en approche. Stoppée net dans son élan par le charmant molosse, protégeant la zone VIP, nous entendons les vociférations stridentes de la mégère qui a perdu tous ses atours chatoyants.

- Joseph, vous la connaissez ? Je demande avec naïveté, ponctué d’une pointe de crainte, jouant avec brio la comédie.

Gêné, il passe un doigt dans son col, racle sa gorge, mal à l’aise, nous offre, à mon Amie et moi-même, un sourire crispé alors que la demoiselle est raccompagnée avec conviction féroce, vers la sortie.

- C’est ma fiancée… Je lui ai demandé sa main ce soir…
- Ah… Je sens un fou-rire enfler dans le fond de ma gorge et j’évite soigneusement de croiser le regard de Anna. La stupidité de la situation est quand même assez flagrante. Va falloir annuler, je suppose… C'est regrettable surtout qu'au final, il n'y a pas de mal.

La polonaise s’agite de l’autre côté du gaillard, faisant dévier inexorablement mes pupilles vers elle. Mon pouce et mon index pincent doucement l’arrête de mon nez, ma paume cachant tant bien que mal mon hilarité qui finit par déborder dans mon regard.

- C’est fort fâcheux quand même… Ma voix grimpe dans les aigus, trahissant le sérieux que je cherche désespérément à imposer à mes traits, sans grand succès.
- Je vous laisse les filles, évitons un scandale.

Il passe une main lascive dans le dos de l’avocate, me tend un sourire, se lève et retrouve sa dulcinée qui est proche de l’explosion. Une gifle magistrale ponctue la salutation maladroite de Joseph qui entraîne Madame vers la sortie, évitant de se donner en spectacle. J’éclate de rire en me tournant vers mon amie et secoue la tête en essuyant les larmes qui débordent. J’inspire afin de reprendre mon sérieux lorsque la musique s’éteint et que les lumières reprennent un éclat plus vif. Fronçant les sourcils, je questionne muettement Anna de ce soudain changement.

Le gérant de la boîte, que je reconnais aisément, portant le rude patronyme de Luftarak Sulejmani, apparaît sur une estrade. L’ambiance se tamise et un faisceau lumineux plonge sur la haute silhouette de l’homme d’affaire qui, affublé d’un micro, s’élance dans une tirade enjouée alors que qu’une musique proche de l’hymne à la joie porte ses propos.

- Mesdames et Messieurs, permettez-moi d’interrompre votre soirée pour accueillir un homme prodigieux et emblématique. Il nous fait l’immense privilège de passer nous voir, prouvant, une fois de plus, sa proximité exceptionnelle avec les habitants de Shreveport. Il est jeune, il est beau, il est souriant et surtout il est incroyablement intelligent et doué. Mesdames et Messieurs, veuillez porter une ovation pour Monsieur le Sénateur Jake Hamiltooooooooon !

Des exclamations et un tonnerre d’applaudissement accueillent l’arrivée d’un homme dans la quarantaine, fort séduisant, je dois l’admettre et d’une vivacité à faire pâlir le plus hyperactif des sportifs. Visiblement, l’arrivée de l’homme politique était prévue, des fontaines, des gerbes et volcans en feux d’artifice s’illuminent de toutes parts de l’estrade alors que des confettis dorés tombent du plafond et un immense drapeau américain colore le mur derrière le Sénateur.

- Eh beh… Debout, comme tout le monde, applaudissant mollement, je me tourne vers Anna afin de prendre la température. C’est pas nos guignols politiques qui feraient une telle entrée… En France, ils seraient hués ! Ils font ça en Pologne ?

Les salutations perdurent quelques trop longues minutes avant de tarir lentement avant que Luftarak reprenne la parole, calmant les acclamations.

- Merci pour lui, merci. Et maintenant place à la musique ! A moins que notre hôte souhaite s’exprimer ?

Toute proche de Anna, je me penche vers son oreille pour lui murmurer quelques paroles.

- Je suis impressionnée par tout ce baratin quand même. Ca doit être typiquement américain. C’est qui ce type au juste ? Et ne me réponds pas un politicard… ça je l’ai bien compris.

Lassée par tout ce remue-ménage, je reprends place sur le divan et attrape ma coupe de champagne pour en vider le contenu, immédiatement remplie par un serveur drapé dans l’ombre.
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Dim 29 Mai - 15:22 (#)

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Shreveport | Downtown | Cabinet du sénateur Jake Hamilton
Vendredi 22 janvier 2021 - 15h21


Je m’extirpe de la salle, pour souffler un peu. D’un geste las, je défais légèrement le nœud de ma cravate, pour casser cette désagréable sensation d’étouffer. Ma carrière en politique a commencé il y a un peu plus de treize ans, et pourtant le jargon juridique reste pour moi laborieux et exténuant. Contrairement à la plupart de mes homologues, je n’ai pas embrassé la carrière d’avocat, et le code civil ou pénal ne trône pas sur ma table de chevet. Ces longues séquences d’écriture de projets de loi sont toujours éprouvantes et pénibles. Je progresse dans le domaine, certes, mais pas assez rapidement à mon goût. Mon envie de tout révolutionner se heurte violemment à la rigueur des textes. Il me manque encore trop de références, notamment au niveau du droit jurisprudentiel. Heureusement, je dispose d’une équipe solide pour m’épauler. J’ai embauché le mois dernier un jeune afro-américain, Wesley Aldridge, fraîchement diplômé de l’université de Stanford. Il est absolument brillant, bien au-dessus de la masse gluante du commun. S’il continue dans cette lancée, c’est bientôt lui qui me remplacera. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, je ne suis pas réfractaire à cette idée, bien au contraire. Je pourrais même le propulser sur les devants de la scène pour les sénatoriales de 2028, s’il tient toutes ses promesses et que ses positions anti-vampires s’affermissent. J’y veillerai personnellement.

Mes pas me guident vers le service de la communication, bien plus divertissant que les alinéas brumeux du droit fédéral américain. J’ai pris la lourde décision de rajeunir mon image médiatique, pour toucher une nouvelle frange de la population, malgré le risque de perdre l’intérêt de mon électorat de base. J’aime l’audace, l’originalité, l’esprit d’initiative. Sortir de ma zone de confort m’a toujours poussé à me surpasser, à flirter avec mes limites, à entrevoir des chemins de traverse. Les routes balisées ne m’intéressent pas. Mon service de communication s’est vu allouer un budget multiplié par trois, et carte blanche pour explorer de nouvelles stratégies médias et réseaux sociaux. J’ai débloqué dix millions de dollars pour financer mes clips de campagne pour les sénatoriales de 2022, qui seront de véritables courts métrages à gros budget, et accessoirement, un excellent outil de propagande. Il me faudra probablement encore gonfler l’enveloppe, pour finaliser ce projet de grosse envergure. Je vois loin. Je vois grand. Je veux bousculer les codes.

Quand je pénètre dans la pièce, les rires s’éteignent brutalement. Par réflexe, je dévisage les quatre jeunes chargés de communication, ainsi que l’attachée de presse, qui baisse aussitôt la tête. Julia Moore est absente, d’où l’ambiance colonie de vacances qui règne en ces lieux. J’arrache les feuilles des mains d’un des morveux, et observe attentivement le carnage de leur créativité défaillante.
«- Qui a fait ça?»
Je les foudroie du regard. Un silence pesant s’installe. On pourrait entendre des mouches voler, si la température extérieure avait été plus clémente. Mes yeux s'arrêtent alternativement sur chacun d’eux. Aucune bouche ne se délie. Pire, ils blêmissent. Le temps s’étire encore un peu. Mon attention retourne sur les deux affiches. Sur la première, j’apparais assis devant un champ, avec un chapeau de paille, une pipe au bec, et une poule sur l’épaule, à la mode bouseux. Sur la seconde, pfff, sans commentaires, c’est trop con. Le fait que je prenne des cours de salsa avec ma femme a dû les inspirer. Ils ont confondu le type de danse, ces idiots. Je laisse échapper un petit rire, malgré moi.
«- J’aime bien le rappel de la poule… J’espère juste qu’il ne s’agit pas d’une métaphore pour représenter mon épouse…»
Un sourire amusé s’incruste sur mes lèvres. Les jeunes se détendent enfin.

J’ai misé sur cette équipe, et les ai recrutés personnellement et j’en assume donc la responsabilité. A vrai dire, ils ont fait un plutôt bon travail ces dernières semaines, si l’on omet la déviance agraire. Aliénor doit penser que je vais me terrer comme un rat, fuir le pays, m’agenouiller devant elle pour réclamer son pardon, de peur d’une riposte de sa part. Non, ce n’est pas mon genre. Je fais tout l’inverse, en m’affichant comme jamais auparavant. Je la nargue, cette garce. Je vomis tout ce qu’elle représente, et inonde les écrans pour en convaincre les masses. Paradoxalement, ma célébrité constitue ma meilleure protection. M’attaquer reviendrait à mettre un sérieux plomb dans la politique vampire. Mon compte Instagram a quasiment doublé son nombre d’abonnés en seulement deux mois. Le nombre de haters a probablement gonflé dans les mêmes proportions. Ce pic d’intérêt est lié à plusieurs changements significatifs, à commencer par une publication plus régulière de contenu, et le revirement stratégique de mon image. Une photo plutôt flatteuse de moi torse nu a eu un succès non négligeable, mais c’est surtout ma vidéo de reprise de “Not Afraid” d’Eminem qui a réellement cartonné, explosant tous les records de ma page. Les chats peuvent aller se recoucher. J’étais clairement dubitatif, au départ, moyennement motivé par cette idée un peu saugrenue, mais il faut bien admettre que le texte est bon. Ça m'a coûté un nombre hallucinant d’exercices de diction, quelques vidéos ridicules de détracteurs, un medley sur fond techno des phrases les plus vulgaires, mais au final c’est une franche réussite.


✶✶✶✶✶✶✶✶✶✶✶✶✶✶✶

Shreveport | Western Hill | Luftarak Lounge (Une boîte sélecte où vous n’êtes pas invité)
Vendredi 22 janvier 2021 - 22h15


Je n’avais pas envie de venir, mais il me fallait impérativement convaincre le nouveau représentant du quatrième district de valider mes propositions au congrès. J’ai étudié son dossier, et c’est exactement le genre d’homme pour qui les soirées, l’alcool et les belles femmes sont d’excellents arguments commerciaux. L’inauguration d’une nouvelle boîte sélecte et branchée à Western Hill apparaît comme la parfaite occasion pour le débrider, et pourquoi pas le pousser à l’erreur et au vice. Ce n’est pas un leader né, ni un politicien brillant, c’est juste un mou influençable : je peux en faire tout ce que je veux. Bientôt, il me mangera dans la main.

Je regarde d’un air distrait le gérant de la boîte de nuit lancer son petit speech. Ce n’est qu’au bout de quelques secondes que je comprends qu’il parle de moi. L'énoncé de mon nom le confirme. Personne ne m’avait prévenu. Je crois qu’à un moment, je vais devoir casser les dents des merdeux du service com’! C’est vraiment une équipe de branleurs! Sans attendre, je grimpe sur l’estrade avec assurance, un sourire professionnel greffé aux lèvres, déterminé à ne pas laisser paraître mon manque manifeste de préparation. Franchement, il y a des claques qui se perdent!


Je suis accueilli en fanfare sur une musique entraînante, avec la grosse artillerie de fontaines d’artifices scintillants et de confettis dorés. Un show typique à l’américaine, mais assez mal adapté dans ce contexte. Les applaudissements crépitent et résonnent dans la salle. Je me retourne un instant pour apercevoir le drapeau américain se dérouler sur le mur derrière moi. Rien que ça. Une telle mise en scène présuppose un discours solide. Je ne vais pas m’en tirer avec un simple “coucou” sans me ridiculiser. Je fixe la foule qui continue ses acclamations, sans savoir encore ce que je vais leur raconter. Bref moment de solitude, que je dissimule derrière un sourire, et quelques mouvements de bras et d’épaules, en coordination avec le rythme de la musique.

Le gérant me tend le micro.
«- C’est un honneur pour moi d’être parmi vous ce soir, pour l’inauguration du Luftarak Lounge, le club le plus en vogue des nuits louisianaises. C’est la promesse d’une soirée réussie entourée de beau monde. Parce que oui, vous êtes tous magnifiques!»
J’affiche mon plus beau sourire. D’accord, il m’arrive de ne pas jouer la carte de l’honnêteté…
«- Je vous rassure, je ne vais pas discourir pendant des heures. Pour ceux que ça intéresserait et qui réussiraient à se lever avant 11h, je tiens un meeting demain matin, à Haughton. Je fournis les sièges moelleux, parfaits pour cuver après une nuit arrosée, les jus de fruits et les petits-fours, mais pas l’aspirine. Toutes les informations sont sur mon site internet, et je me ferai un plaisir d’entendre vos requêtes et de répondre à toutes vos questions.»
Un ”Connard!” hargneux s’élève de la foule. Je ne parviens pas à distinguer l’individu qui a proféré l’insulte, et ne m'en offusque nullement. J’élève la main en signe de salutation.
«- Ah, salut Bob!» Dans mon esprit, tous les rednecks consanguins s’appellent Bob. «C’est mon plus grand fan!» J’affiche un sourire courtois, brisant son incivilité. Il est hors de question que j’entre dans son jeu stupide. «- La nuit vient à peine de commencer. Alors, amusez-vous, faites de belles rencontres, et trouvez un ami qui ne boit pas pour vous raccompagner chez vous au petit matin. Dansez, riez, et vivez chaque instant comme s’il s’agissait du dernier!»
Au rythme de la musique, d’une voix puissante et assurée, je me permets de reprendre en cœur les paroles de cette chanson, parfaitement indiquées pour ce genre de soirée, et suffisamment répétitives pour être totalement mémorisables.
«- Rock this party
Dance everybody
Make it hot in this party
Don't stop, move your body
Rock this party
Dance everybody
Make it hot in this party
Everybody dance now.»


Emporté par l’ambiance et les puissantes basses, je me laisse aller à quelques mouvements de danse. Serguey serait probablement étonné de me voir me lâcher de cette manière. La foule est lancée, survoltée. Les corps ondulent, les bras se lèvent. Je rends finalement le micro au gérant, qui s’empresse d’enchaîner.
«- Merci Monsieur le Sénateur. Quel jeu de jambes, c’est impressionnant.»
Je ne sais pas si c’est ironique, mais je décide de le prendre au mot.
«- Sept ans de cours de salsa pour en arriver là. Voilà mon objectif atteint.»
«- Ah? Vous pourriez nous faire une petite démonstration?»
«...»
Moment de flottement.
«- Bien sûr, mais ça risque de casser un peu l’ambiance…»
«- Le DJ gère, ne vous inquiétez pas.»

J’ôte ma veste de costume grise, que je tends à mon assistant parlementaire, laissant apparaître pleinement ma chemise blanche, déboutonnée au niveau du col. J’ai décidé d’abandonner la cravate ce soir. Mon regard tombe par hasard sur trois demoiselles ultras siliconées et outrageusement vulgaires qui se pressent devant l’estrade. Alors franchement, je ne suis pas contre une petite aide du bistouri pour parfaire l'œuvre de Dieu, ou pour rendre une poitrine un peu plus généreuse… mais il y a des limites à ne pas dépasser. Quand on en vient à douter de la nature humaine du bipède qui porte de surcroît faux cils et extensions de cheveux, on peut se poser des questions. A croire qu'elles ont été piquées par une armée guêpes, tant elles sont gonflées de partout. SOS. S’il y a naufrage, pas besoin de bouée. S’il y a un accident de voiture, elles ont les airbags. S’il y a famine, elles pondent du miel.

«- Si Mademoiselle de Lantins accepte de m’accompagner, je suis prêt à relever le défi.»
J’ai flippé. Mon regard s’est à nouveau posé sur les publicités ambulantes anti-chirurgie esthétique, et j’ai cité le premier nom qui m’est venu à l’esprit, ultime stratagème pour échapper au désastre siliconé. Je ne suis même pas certain d’avoir prononcé correctement son patronyme, aux consonances françaises. Le gérant m’a parlé d’elle quelques minutes plus tôt. J’ignore à quoi elle ressemble, il m’a juste confirmé qu’elle était dans la salle. Si c’est une des trois perruches mutantes, ou une obèse trop lourde pour danser, j’en déduirai que j’ai un très mauvais karma.
«- Blanche, vient nous rejoindre!»
Je suis le regard de l’homme, pour découvrir une très jolie blonde. Je pousse un léger soupir de soulagement, puis m’empare du micro.
«- C’est à Blanche que vous devez ce cadre très chic, et résolument contemporain. Les magnifiques photographies qui ornent les murs sont également son œuvre. Vous pouvez l’applaudir chaleureusement.»
Les applaudissements commencent à pleuvoir, et comme elle semble hésitante, la foule se met aussitôt à scander “Blanche! Blanche! Blanche!”, pour l’encourager à me rejoindre sur l’estrade.

Elle s’avance finalement, d’une démarche peu assurée. Ses joues ont viré au rose, j’en conclus qu’elle est mal à l’aise, et fortement intimidée. Je trouve ça réellement adorable. C’est pour ce genre de détail que je pourrais flancher. Ça lui octroie un charme touchant et particulier. Elle est vraiment belle. Je lui adresse un sourire sincère, qui se veut rassurant et encourageant.
«- Ce n’est pas un mythe, les Françaises sont ravissantes…»
Je rends enfin le micro au gérant, et prends quelques secondes pour admirer la demoiselle. Manifestement, sa petite robe noire un peu trop suggestive et ses talons aiguilles ne seront pas pratiques pour danser, mais l’obstacle n'est pas infranchissable si elle a l’habitude de porter ce genre de chaussures. Ça lui va à ravir, en tout cas. J’aime ça. Son attitude gênée me laisse deviner qu’elle n’est pas familière avec la salsa. Avec une assurance présomptueuse, je m’avance vers elle, attrape sa taille en même temps que sa main, puis l’invite à se rapprocher encore de moi, sans pour autant forcer le mouvement. Je ne veux pas la brusquer. Pas en public. Mes lèvres approchent son oreille, pour lui susurrer quelques mots.
«- Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. Suivez mes pas, et laissez-vous porter par le mouvement, je vous guide. Ayez simplement confiance en moi.»
Je recule mon visage pendant quelques secondes, avant de reprendre position.
«- Vous sentez très bon.»
Oui, j’en ai profité pour respirer l’odeur de sa peau, mêlée aux quelques délicieuses notes florales de son parfum, juste au niveau de son cou. Et alors? J’ai toujours eu cette pulsion presque animale, en présence féminine. Pour moi, ces senteurs sont toujours très… érotiques. Ça parle à tout mon corps.

Une musique salsa s’enclenche enfin. Une chance pour moi, c’est un classique du genre.


J’effectue les premiers pas avec un soin particulier, plus lentement, pour lui laisser le temps de mémoriser et disséquer le mouvement. Doucement, je dicte les huit battements caractéristiques de la salsa, en appuyant volontairement sur le premier et le cinquième. «- 1, 2, 3, 4,5, 6, 7, 8. 1, 2, 3, 4,5, 6, 7, 8.»Quand elle parvient à exécuter les pas avec brio, j'accélère progressivement, jusqu’à atteindre le rythme correct.
«- C’est très bien.»
Je guide sans forcer, accompagne les divers déplacements. Elle est si légère, que tout se fait presque naturellement. Quand elle se détend un peu, je me permets de la faire tournoyer à deux reprises, puis la ramène à moi, serrant son bassin langoureusement contre le mien, la fais tourner une nouvelle fois pour reprendre la position initiale. Montuno. Exibela Doblé. J’affiche un sourire de satisfaction : il y a encore des hésitations, quelques erreurs de rythme ou de placement, mais elle est douée. Les pas s’enchaînent avec fluidité, les passes simples et lascives de salsa défilent. Pour clore, j’aurais aimé faire un porté spectaculaire, sauf que je n'ai pas réellement eu le temps de la briefer. Certains d’entre eux sont abordables pour les débutants, mais pas sans préparation. Dommage. Je vais bien trouver une parade acceptable. Avec une facilité un peu provocante, je la fais tournoyer encore et encore, rapidement, puis la pousse à la renverse, pour la rattraper avec mon bras dans le creux de son dos, dans une cambrure très gracieuse et sensuelle. Je me penche sur elle, mêlant la chaleur de nos corps, puis lui adresse un sourire volontairement aguicheur, le regard plongé dans le sien. Elle semble encore légèrement étourdie par les tournoiements répétés, mais satisfaite que tout cela se termine. Ses joues n’ont pas abandonné leur teinte rosée.

Je la redresse enfin. La foule applaudit bruyamment, visiblement rassasiée par le spectacle. J’approche une dernière fois mes lèvres de l’oreille de ma partenaire improvisée, la main encore posée sur sa taille. De l’autre, habilement, et le plus discrètement possible, je redescends les pans de sa robe, qui étaient remontés un peu trop haut pendant la danse. Un mec lâche un sifflement approbateur, à la vue de ce spectacle.
«- Vous avez été parfaite, Blanche. Merci pour cette danse.»
Je la relâche, puis lève le bras de la Française face au public, pour qu’elle ait le droit à une nouvelle ovation. Le gérant reprend l’animation, nous félicite longuement, puis annonce le programme des prochaines heures, les cadeaux exceptionnels qui seront offerts aux gagnants de cette soirée inaugurale, l’ambiance musicale qui va s’enchaîner, mais mon attention s’égare rapidement sur les courbes troublantes de la blonde, et sa poitrine qui se soulève au rythme de son souffle court.

J’attrape son bras, pour la raccompagner vers son amie à qui je l’ai arrachée quelques minutes plus tôt. L’amie en question porte une robe rouge, très près du corps. Dans mon for intérieur, j’y vois un appel au viol. Cette couleur a toujours eu le don de réveiller mes plus bas instincts, et d’exacerber mes pulsions malsaines. Cela dit, elle est très jolie aussi. Très élégante et distinguée, si l’on omet l’attaque visuelle du carmin.
«- J’espère que vous me pardonnerez d’avoir osé voler votre amie à votre compagnie.»
Je lui adresse un sourire qui se veut charmant. Elle se présente, Anna Janowski, avocate. J’écoute avec attention chacun de ses propos, comme s’ils délivraient une vérité essentielle. La sensation est étrangement convaincante. Je travaille avec un cabinet d'avocats très réputé, et occupe à plein temps au moins cinq d’entre eux, sur diverses affaires stratégiques… Je suis satisfait par leurs prestations, et pourtant, son discours m’interpelle. Ses mots résonnent en moi. Mon instinct est bon, de manière générale, je sens qu’on peut faire de grandes choses ensemble. Professionnellement, d’abord. J’attrape la carte de visite qu’elle me tend, en la remerciant dans un sourire affable.

«- On vous attend, monsieur le sénateur.»
Je me retourne. C’est mon assistant parlementaire. J’effectue un mouvement de tête pour lui signifier que je l’ai entendu puis reviens vers les deux beautés, mon regard oscillant sur chacune d'entre elles.
«- Le devoir m’appelle. J’ai été ravi de vous rencontrer, mesdemoiselles. Passez une excellente soirée. Au plaisir de vous recroiser un jour…»
Sur ces quelques mots, je leur adresse un signe de la main, puis me détourne pour exécuter ma mission du jour. Je remets ma veste, et mon visage se ferme légèrement, reprenant méthodiquement une attitude beaucoup plus professionnelle.


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Un grand merci à @Alaric T. Lanuit , pour son formidable travail de décrédibilisation

Les œuvres incriminantes ::
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Ven 17 Juin - 9:07 (#)

Les vibrations de la musique me donnent la sensation d’avoir un second cœur battant dans ma poitrine, ou peut-être est-ce la délicieuse excitation de voir un petit couple exploser en plein vol sans autre raison qu’une envie subite de divertissement. Dans la foule de danseurs aux atours colorés ondulants au gré des danses, la femme dépossédée de son partenaire se faufile avec un air mêlant de nombreuses émotions toutes brutales et anarchiques. L’outrage d’une trahison la noyant dans une confusion enfantine, un océan de tristesse, le tout supplanté par un ciel d’orage et de colère dont les éclairs crèvent ses prunelle pour venir nous foudroyer. Blanche, mutine, embarrasse le fiancé indélicat tandis que j’abandonne un sourire mesquin à la femme éconduite qui se fait rapidement raccompagner à l’entrée par les vigiles. Mon regard se reporte vers Joseph et son air de chien battu déplorable, déjà en train de s’esquiver pour fuir ou bien essayer de sauver ses pitoyables fiançailles. Je lui abandonne un ‘passez une bonne soirée’ des plus inappropriés avant qu’il disparaisse dans la foule alors que nous rions toutes deux de bon cœur. Nos rires sont éteints par les changements lumineux cherchant à attirer l’attention de tous les convives présents dans la pièce. Blanche et moi échangeons un regard incrédule avant que le propriétaire des lieux vienne éclaircir la situation. J’hausse un sourcil curieux et intéressé en entendant les paroles émises, et c’est un sourire ravi qui se peint sur mes lèvres quand le nom de notre invité surprise est révélé. Depuis mon arrivée en ville, j’ai cherché à identifier toutes personnes ayant des convictions semblable à celle auxquelles je m’attache dans mon travail et ayant un statut social intéressant. Le sénateur Hamilton est clairement tout en haut de ma liste de personnes d’intérêt.  A cette nouvelle, je quitte l’état d’esprit léger et joueur que j’avais jusque là pour laisser mon ambition professionnelle et sociale envahir tout mon être. Mon regard se fait affuté, ma posture plus distinguée. La fêtarde disparait derrière l’avocate émérite. Mes prunelles sont fixées sur le sénateur, ignorant presque la grandiloquence des effets visuels ajoutés par les organisateurs. Sans détacher mon regard de l’homme politique, je réponds à la question de Blanche :

« Aucune idée. J’ai grandi ici et je n’ai jamais vécu en Pologne. » Les applaudissements se poursuivent, et dans ce vacarme j’arrive tout de même à percevoir l’incrédulité de mon amie. « Un politicard ? » Je lâche un éclat de rire surpris et dont le léger mépris est étouffé par le bruit ambiant. « C’est un sénateur de Louisiane. Il est très actif et investi, pas comme tous les vieux débris qui mettent juste leur énergie dans leur élections avant de dormir pendant tout leur mandat. »

Je ne vais pas plus loin dans mes explications puisque le sénateur commence à prendre la parole. Sa voix déformée par le micro s’étend dans toute la pièce et noie les quelques bavardages de fêtards alcoolisés.  Je note dans un coin de mon esprit l’existence de son meeting le lendemain, peut-être une opportunité pour l’approcher. Peu à peu les applaudissements changent de rythme pour accompagner la musique et les quelques pas de danse du sénateur Hamilton. Je hausse un sourcil surpris quand il appelle Blanche pour ce qui semble être une démonstration de danse. La surprise s’étouffe pour laisser la place à des sentiments contradictoires. Je n’ai pas l’habitude d’être l’amie de celle qui est choisie, les choses ne marchent pas dans ce sens-là. Malgré tout, à voir la gêne de la française, je devine ses réticences à se lancer sur la piste de danse, et je ne voudrais en rien être à sa place. Etouffant la pointe de jalousie qui dévore mes entrailles, je pousse mon amie vers l’avant pour qu’elle aille rejoindre la piste. Alors qu’elle s’éloigne d’un pas incertain, je prends mon sac pour en tirer mon téléphone portable, décidée à filmer toute la scène. Je sais pertinemment qu’elle en sera profondément gênée. Peut-être même que posterais la vidéo sur Instagram en la taguant. La musique change, la danse commence. Les pas du sénateur sont assurés, ceux de la française le sont bien moins. Je vois le couple en double, dansant sur la piste et sur l’écran de mon téléphone qui enregistre toute la scène. Les pas se fluidifient au rythme où la robe courte de Blanche remonte pour le plus grand plaisir des hommes uniquement présents pour trouver une femme à mettre dans leur lit. Des applaudissements clôturent cette démonstration et je stoppe l’enregistrement de la vidéo avant de ranger mon téléphone dans mon sac. Sillonnant la foule enjouée, le couple de danseur s’approche. Je leur adresse un sourire séduisant et abandonne un mot aimable avant de me présenter au sénateur. Loin de la fêtarde sournoise, je suis de nouveau l’avocate professionnelle et charmante que je suis face à personnes importantes. Quelques mots bien choisis pour harponner son attention et son intérêt percent le bruit ambiant et je lui offre une de mes cartes de visites sobres et élégantes. Malheureusement, on l’interpelle bien rapidement pour qu’il retourne à ses obligations. Dans un sourire chaleureux, je le salue à mon tour :

« Ce fut un vrai plaisir monsieur le sénateur. » Alors que ses pas le portent vers la sortie, je me tourne vers Blanche avec un sourire amusé : « Alors ? Cette danse ? » Je guette le rosissement gêné de ses joues dans la faible luminosité de la salle, traquant le moindre signe d’embarras qui calmerait ma jalousie pernicieuse d’avoir été supplantée. J’ajoute avec un air espiègle : « Au fait, j’ai tout filmé. »

Je lâche une seconde mon amie des yeux pour voir le sénateur non loin sortir des lieux et finalement disparaitre, avalé par la porte béante et pleine d’ombres. Cette rencontre inattendue pourrait peut-être marquer le début de quelque chose de grand.
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Sam 9 Juil - 19:35 (#)

Je ricane doucement du spectacle totalement démesuré et que je juge ridicule, organisé pour un « politicard », Anna s’insurge et érige presque une haie d’honneur de mots à l’attention de Monsieur le Sénateur Jack Hamilton, mettant un terme à mes railleries. Je me tais mais ne manque pas de lui jeter un regard éloquent. Cette discussion n’est pas terminée, je compte bien lui faire part de mon opinion concernant tout ce qui touche aux divers gouvernements. Le guignol qui se pavane au milieu des feux d’artifice n’a donc rien de plus urgent à faire ? N’a-t-il pas des questions plus importantes à régler au lieu de venir grappiller quelques voix pour sa prochaine campagne ? Anna est transformée par l’arrivée du bonhomme, elle n’a d’yeux que pour le blondinet qui daigne toutefois lâcher quelques mots. Quant à moi, je suis installée confortablement au fond du canapé espérant que l’allocution ne va pas s’éterniser. Je ne suis pas venue ici pour écouter quelques discours concernant des élections qui ne me concernent en rien.

Mon nom est prononcé, suivi de mon prénom qui résonnent dans mon crâne me donnant l’impression de cauchemarder. Je ne bouge pas ne comprenant pas vraiment ce que l’on attend de moi. Mais le public reprend mon patronyme, le scandant en rythme en tapant dans leurs mains. Si les coussins pouvaient avaler tout mon être à ce moment-là, je ne me serais pas débattue une seule seconde. J’ai envie de disparaître, de devenir invisible, mais Anna (la traitresse) me pousse à rejoindre la piste de danse.

Mal à l’aise, les joues en feu, je tire un peu sur ma robe, je plaque un sourire commercial sur mes lèvres et redresse les épaules. Nerveusement, je farfouille dans mes cheveux et abaisse mon regard, dissimulant un petit rire derrière une main lorsqu’il complimente mes origines. Je n’ai pas écouté, je n’ai aucune idée de ce qu’il veut que je fasse et c’est un peu surprise, que je me retrouve contre l’homme, une paluche dans mes reins l’autre enserrant mes doigts. Quelques mots me sont distillés au creux de mon oreille, m’orientant ce qui va suivre.

Son parfum est léger et empli mon univers olfactif, il sent divinement bon, permettant à mes muscles de se détendre un peu. Ses mains ne sont pas moites et ses prises sont fermes et posée, ça en est presque rassurant. Droite comme un i, j’attends avec appréhension que les premières notes retentissent, vidant mon cerveau, prête à me laisser guider par cet homme, dont je ne connaissais même pas l'existence il y a moins de cinq minutes.

Papa m’a obligée à prendre des cours de danse de salon, mais là, en ce moment précis, je ne me souviens absolument d’aucun pas. Les notes sont rythmées, il compte, aidant mes pieds à se rappeler leurs positionnements et leurs mouvements. Prisonnière de ses bras et des centaines de regards de l’assistance, je plonge mes prunelles claires dans celles, tout aussi azurées, de mon partenaire, me libérant de l’emprise du public, laissant libre cours au plaisir du moment. Je virevolte, me déhanche, me trompe, rattrape sa main, pour me retrouver contre lui, sentant son souffle chaud couler contre mon décolleté. Ma poitrine s’élève et s’abaisse rapidement, la pression impérieuse au niveau de mes lombaires fait bomber mon torse. Son corps est agréablement musclé, il me plaît d’y laisser traîner mes doigts. Je me surprends d'apprécier la proximité imposée, l'abandon forcé, le lâcher prise total, laissant l’autre prendre les commandes. Cette danse est sensuelle, un peu trop peut-être. La reprise du refrain annonce la fin de la chanson et je me retrouve, la tête à l’horizontal, dans un magnifique cambré, le Sénateur me surplombant de toute sa stature, éveillant quelques instincts primaires et forts dérangeants pour mon esprit, échauffant bizarrement mon bas-ventre.

Les applaudissements retentissent, mettant fin à ce moment hors du temps. Battant des cils, je gratifie mon partenaire d’un doux sourire et d’un clin d’œil complice.

- Grâce à vous, Jake. Je me suis juste laissée porter. Vous êtes un très bon danseur. Merci.

L’attention est reportée sur Luftarak qui promet quelques récompenses faramineuses pour un concours dont je ne connais même pas la teneur. C’est au bras de celui que j’ai traité de plus tôt, de politicard que je retrouve Anna. Je lui adresse un regard empli d’au secours. Je ne suis pas une personne qui aime être sous les feux de la rampe, je préfère la discrétion et le velouté de l’ombre. Ayant été suffisamment le centre de l’attention, je recule légèrement, permettant à Anna de lui glisser quelques mots et une carte de visite.

La musique et la normalité ont repris leurs droits. Je respire plus librement sans les tous ces yeux braqués sur notre couple éphémère. Toujours juchée sur mes talons, je n’ai éprouvé aucune difficulté lors de la salsa à me déplacer sur mes dix centimètres. Rattrapé par ses obligations, le Sénateur nous offre des salutations et se retire, en suivant son garde du corps.

- De même, Jake, ce fut un véritable plaisir de vous servir de partenaire. Bonne soirée.

J’aurai voulu ajouter une relance afin de pouvoir revivre une autre danse, apprendre à le connaître, ou juste avoir une certitude de revoir l’homme. Après, je ne me fais aucune illusion et je n’imagine rien, surtout après cinq toutes petites minutes, sans le moindre échange de paroles.

Ma coupe est pleine mais il me faut autre chose que de l’alcool pour étancher ma soif. Je me tourne vers Anna qui a retrouvé sa place à mes côtés. Après avoir commandé un soda sans sucre, je m’évente à l’aide de mes mains en secouant la tête.

- C’était incroyable Anna, mais tellement embarrassant. J’aurai préféré qu’il te choisisse toi ! Dis donc, il se débrouille sacrément bien le petit politicard ! J’éclate de rire devant la mine sévère de mon amie. Oh je plaisante ! En tour cas, il a une sacrée poigne, mais c'est pas déplaisant. Tu n’as pas osé filmer ça ! Non ! J’enfouis mon visage dans mes paumes tout en étant très curieuse de voir le résultat. Allez montre ! Et toi, tu en as pensé quoi ? J’ai pas été trop ridicule ?

Je me penche vers elle et commente avec ferveur chaque pas, n’oubliant pas de me ridiculiser. J’ai remarqué le regard de l’avocate, ce pincement de lèvres et ce plissement au coin de son œil. Serait-ce une pointe de jalousie ? Je ne veux pas de cela entre nous. Mon amitié envers elle est sincère.

- Tu m’envoies la vidéo, s’il te plaît ? La prochaine fois que je verrai Alaric, je m’empresserai de la lui montrer, afin qu’il se rende compte que je sais m’amuser, même sans lui. Dis-moi, Anna, je pose ma main sur son genou, cherchant à accaparer toute son attention. Es-tu fâchée que ce soit moi qui ai été choisie au hasard ? J’ai cru déceler une pointe de contrariété lorsque mon nom a été prononcé. J’espère que tu sais que je n’avais pas du tout prévu tout ça. En plus, je déteste la politique… Tu m’en veux ?

La piste a retrouvé ses danseurs anonymes, jouant la séduction à l’aide de contorsions compliquées et chorégraphies étudiées. Les corps se fond et se défont mais le jeu est terminé, je veux privilégier ma sortie avec mon Amie. Est-elle consciente qu’elle est la personne la plus proche que je connaisse ici, celle à qui je demande conseils, vers elle que je me tourne dès que quelque chose se passe dans ma vie ?

- Tu sais, je tiens vraiment à toi. J’ai l’impression que nous sommes pareilles, que nous pensons de la même façon. Je suis peut-être parfois moins excessive mais nous nous accordons… enfin il me semble. Est-ce que je me trompe ? Est-ce que je compte pour toi ou ne suis-je qu’une connaissance parmi tant d’autres ? Sois sincère, s’il te plaît.
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Mar 12 Juil - 8:43 (#)

Les lumières colorées pulsant au rythme de la musique éclairent de manière anarchique le visage rosissant de mon amie, se remettant encore de ses émotions et de l’effort subit imposé par la danse. Perçant à travers la musique techno ayant repris ses droits, la voix de la française conclut cet interlude inattendu en affirmant qu’elle aurait préférée me céder sa place. Voilà bien une des raisons pour lesquelles j’apprécie sa présence dans mon entourage, elle n’a aucune envie d’essayer de me faire de l’ombre, pas même un peu. Quelques minutes passent pendant lesquelles je laisse se jouer devant elle le film de sa danse légèrement embarrassante. La lumière bleue et oscillante de l’écran de mon téléphone portable éclaire nos visages tandis que nous lâchons quelques commentaires et éclats de rire. Elle-même reconnait sans mal ses maladresses et hésitations. Finalement il est peut-être heureux que ce soit elle qui soit entrée en piste, je n’aurais guère apprécié d’être prise ainsi au dépourvue. A la fin de la vidéo, j’acquiesce à sa demande et lui partage aussitôt le court film de ses exploits imparfaits avant de ranger mon téléphone dans mon sac et de reprendre en main ma coupe de champagne dont la fraicheur s’est un peu tarie. A peine le temps de me réinstaller convenablement dans la banquette et de lisser ma robe ayant remontée avec le mouvement que déjà la bavarde française enchaine en cherchant à capter mon attention. Mon regard se pose sur sa mine timide et embarrassée. Sa question d’une franchise martelante me surprend quelque peu et je ne cherche en rien à dissimuler mon étonnement.

« Comment peux-tu penser une chose pareille ? » Bien évidemment que ce choix était agaçant, mais dans la pénombre de la boite de nuit il n’a sans doute pas eu l’occasion de réellement choisir, se contentant de jeter un nom connu dans la foule. « Et je sais bien que tu n’avais rien prévu. » Autrement, j’ose espérer que sa danse aurait été de meilleure qualité. « Bien sûr que je ne t’en veux pas, tu n’y es pour rien. » Je prends une gorgée de champagne et ajoute d’un air rieur : « Et puis je n’aurais vraiment pas apprécié être prise ainsi au dépourvu. Ça aurait sans doute été ridicule. »

Le sous-entendu anodin glissé dans ces paroles peut être saisi sans mal, mais sans jamais laisser la certitude que je souhaite insinuer qu’elle ait effectivement été ridicule. Ses paroles suivantes auraient sans aucun doute leur place dans un de ces films pour adolescentes sur l’amitié inébranlable qui se noue dans les jeunes années du lycée. En un sens, elle n’a pas tort, on se ressemble sur bien des points et j’apprécie d’avoir quelqu’un qui ne me contrarie presque jamais. Malgré tout, ses derniers mots tombent dans un pur sentimentalisme sirupeux, comme ces boissons trop sucrées qui en deviennent écœurantes.

« Mais bien entendu que tu comptes pour moi voyons. Comment peux-tu en douter encore ? » Il est vrai que l’on se voit souvent et qu’on se téléphone plus que de raison pour se moquer allégrement des idiots qui parsèment nos vie. « Tu crois vraiment que je passerais autant de temps avec une simple connaissance ? J’ai un planning chargé tu sais, je ne gaspille pas mon temps libre avec n’importe qui. » Ce qui est la strict vérité. Cela dit, le fait qu’elle ait ses entrées pour les restaurants huppés et les boites à la mode est également une des raisons du pourquoi je lui trouve autant de place dans mon emploi du temps. Qui plus est, j’adore avoir une cour autour de moi, même si pour l’heure il n’y a que Blanche, néanmoins il s’agit là d’un bon début. En un sens, j’apprécie vraiment la française. Elle se comporte un peu comme moi mais sans jamais me faire de l’ombre. Elle est disponible sans être collante. Et surtout elle est manipulable puisque très loin de chez elle et, me semble-t-il, un peu isolée dans cette vaste ville. Je me surprendrais presque moi-même en lui disant avec honnêteté : « Tu es mon amie, voyons. »

Cela dit, il n’est pas impossible que ma définition de l’amitié soit différente de celle des autres personnes. Je termine le peu de champagne restant dans ma coupe et repose le verre vide sur la table. La foule mouvante s’agite autour de nous, comme si la petite démonstration de danse du sénateur avait donné un nouveau souffle à la soirée. Un groupe d’hommes est invité à passer le cordon délimitant la zone VIP et vient s’installer à une large table non loin de nous. Tous habillés en costumes luxueux d’hommes d’affaires à succès, il n’y en a hélas aucun dont les traits ne soient pas ridicules ou disgracieux. Un ou deux sont tout au plus passables. Plusieurs d’entre eux abandonnent un regard dans notre direction, s’attardant plus que la politesse ne l’autorise. Qu’il est intéressant de voir arriver toute une volée de pigeons alors que ma coupe de champagne est vide. Détournant mon attention du groupe de nouveaux arrivants pour me tourner vers Blanche, je lui demande :

« Tu connais un peu la liste des invités ? Tu sais qui c’est ? »

Déjà, le groupe commande plusieurs bouteilles en évoquant bruyamment le fait de devoir fêter un contrat juteux. Ce sera sans doute mieux que de jouer à détruire des couples.
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Lun 29 Aoû - 15:23 (#)

Suspendue aux lèvres de Anna, après cette effusion de sincérité, j’attends sa réponse, étant vraiment soucieuse de ce qu’elle allait me dire, même si je me doute qu’elle ne va pas me déprécier frontalement. Elle est bien trop diplomate pour cela. Jusque-là, sa franchise a toujours été directe et claire, ce pourquoi je l’apprécie également. Ses mots sont rassurants, apportant sérénité à mon esprit.

- Après, le gars, est un très bon danseur, je pense qu’il est capable de diriger n’importe quelle potiche sur une piste de danse. Je souris, me rendant compte que ma phrase pourrait être mal interprétée. Je dis pas ça pour toi. Je suis certaine que tu te débrouilles merveilleusement bien, y’a qu’à voir, sur des rythmes basiques, tu as un déhanché démoniaque. A en juger des regards que tu provoques auprès de la gente masculine, je peux affirmer avec certitude, que c’est fortement apprécié. Tu es la meilleure ! Tu as suivi des cours de danse de salon au fait ?

Le sous-entendu ne m’échappe pas et je lui tends une moue boudeuse en haussant les épaules, tout en rigolant. Certes j’ai fait des erreurs, comment ne pas en faire dans de telles conditions ? La prochaine fois, ce qui n’arrivera certainement jamais, je lui cèderai ma place et on verra bien comment elle s’en sort. Mon rire se raffermit et mes traits se font plus doux lorsqu’elle confirme son attachement. Cela me fait chaud au cœur. Je pose ma tête sur son épaule quelques secondes en signe d’affection et l’imite en me saisissant de mon verre afin de l’entrechoquer au sien.

- A notre amitié !

Etre tombée sur Anna est une des meilleures choses qui me soit arrivée depuis que je suis arrivée aux Etats-Unis. Alaric est bien mignon, mais il ne me calcule pas. Il a sa… son éternité et j’ai ma vie. Et surtout, je n’ai plus besoin de chaperon, quoi que puisse en penser mon père.

Je me cale dans le canapé, savourant tant le champagne que l’assise confortable. Mes muscles se détendent peu à peu, appréciant le bonheur immédiat qui m’entoure. Pas de stress, pas de contrariété à l’horizon.

L’arrivée de quelques hommes d’affaire m’arrache un soupire à fendre l’âme. Toutefois, je leur tends un sourire poli devant les regards qui frôle la grivoiserie. Certes, ils sont riches, ils ont du pouvoir et pour certains, sont célibataires. Sauf qu’ils n’ont aucun charme et encore moins de charisme. Une question de la part de mon amie vient chatouiller mon ouïe. Une petite voix me dit qu’il va encore falloir se montrer avenant et entrer dans un rôle social, attendu par mon rang. Je n’ai pas envie de leur faire la discussion, d’éviter avec adresse les mains baladeuses et de refuser habilement les avances dont le but final est de finir la soirée de manière intime, ce dont je n’ai aucune intention.

Je hoche la tête, répondant à la question de Anna mais lève intentionnellement et exagérément les yeux au ciel. Mes lèvres pincées démontrent très nettement qu’ils n’ont aucun intérêt, hormis éventuellement, pouvoir jouir d’un verre de champagne à leur frais. Sauf que la méfiance va être de mise. Ces gens-là, ont une tendance très nette pour les poudres illicites. Et il est si facile d'en verser un peu dans un verre pour parvenir à leurs fins.

- Oui, ils bossent dans l’immobilier. Le bedonnant est plus âgé, c’est le patron. Il investit des sommes colossales pour de nouveaux projets, privilégiant les grandes fortunes et surtout au détriment du petit peuple. Tu vois la tour Bank of America dans le Downtown ? Ben c’est lui. Un jour, une personne lui a demandé pourquoi il ne se penche pas sur Stoner Hill ou les anciennes usines de Mansfield, il a balayé la question avec un grand rire bien mesquin, ajoutant que quoi que ce soit, cette population baignait dans son jus et qu’ils ne voulaient pas être aidés. Tu vois le genre… D’ailleurs, c’est quand même passé au journal mais bon, tu sais comment c’est, tout le monde s’en fiche. Je sais que toi et moi, sommes des personnes privilégiées mais bon, même si nous ne faisons pas dans la charité, un peu de compassion, quoi. En plus, je sais qu’il y a plusieurs accusations d’attouchements et de viols qui sont encore sous enquête. Y'a également des rumeurs qui courent, concernant divers trafics, drogues, filles, armes, les classiques quoi. Mais aucune preuve n'a été mise à jour jusqu'à présent.

J’adresse un regard éloquent à l’avocate, empli de sous-entendus. Je me penche en avant, reposant ma coupe de champagne qui touche lentement à sa fin, il doit y rester une ou deux gorgées, tout au plus.

- Enfin bref, lui c’est le requin, il faut faire attention. En plus, franchement, il est beurk… regarde comme il est gras et dégoulinant. Tiens-toi aussi loin que possible de ce gars. Ensuite, on a le comptable de Monsieur, une vraie vipère, capable d’esquiver tous les contrôles fiscaux et montrer patte blanche alors que son placard grouille de cadavres. L’argent sale est légion. Tout le monde le sait mais personne ne fait rien. Et les deux autres, hum, je suppose, mais je n’en suis pas certaine, ce sont les commerciaux qui négocient les contrats. Ce sont des gens influents, mais ils baignent dans les malversations, dans les coups foireux. Ils snobent la plèbe de Stoner Hill alors qu’ils sont largement pires que ces pauvres bougres gagnant honnêtement leur croûte.

Sur le point d’ajouter quelques commentaires bien trempés, l’homme le plus proche de nous se lève et prend place, sans demander la permission, aux côtés de Anna. L’œil brillant de convoitise ne fait aucun doute sur ses intentions futures.

- Que font deux charmantes demoiselles, seules, dans un endroit aussi merveilleux. Venez donc nous rejoindre, faisons la fête ensemble !

Et voilà. Je croise les doigts pour que Anna ne se laisse pas embobiner dans leur combine. Même une coupe de champagne a son prix et celui-là est bien trop élevé pour que j’y trempe mes lèvres.
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Anna Janowski
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Dim 4 Sep - 9:08 (#)

Les chansons défilent et la musique du club semble se faire plus entêtante au rythme où les heures de la nuit avancent vers le matin. Blanche est ravie de ces quelques mots que je lui ai abandonnés et nous trinquons joyeusement au milieu de cet espace rempli de fête et de vapeurs d’alcool. A la vue du petit groupe d’hommes en costumes, l’expression de mon amie se défait et elle mime un dégout terrible pour ces gens-là. Malgré tout, elle prend sur elle de me présenter succinctement les nouveaux venus en glissant largement sa propre opinion dans ses mots. Je note méticuleusement dans un coin de mon esprit les informations qui pourraient m’être utiles. Outre la fête, j’ai bon espoir ici et ce soir de repérer de futurs clients, et les tenues de ces personnes m’apprennent qu’ils n’auront aucun mal à payer mes honoraires. La richesse de celui qui m’est présenté comme le chef est confirmée par les dires de Blanche. La française ronchonne par rapport au manque d’investissement du magnat de l’immobilier dans les quartiers les plus défavorisés, mettant ça sur le compte d’une haine des pauvres, là où j’y vois une stupidité sans borne et un manque de connaissance terrible dans l’immobilier même. N’a-t-il donc jamais entendu parler de la gentrification et des sommes colossales qu’il pourrait ainsi gagner ? Acheter à bas prix les immeubles sales et délabrés de Stonner Hill pour en augmenter les loyer de manière à chasser tous leurs habitants vermines, rénover ces bâtisses – ou bien les détruire pour mieux reconstruire si ces nids à cafards ne peuvent être restaurés – et pourvoir ces logement neufs et réhabilités à des gens plus aisés. L’arrivée d’une population plus riche entrainera l’ouverture de commerces aux prix plus élevées et des tas d’enseignes pour bourgeois suivront ce mouvement. De nouvelles boutiques remplaceront les taudis. Un magasin bio à la place de la minable épicerie, un petit bar à jus au lieu du vieux tripot aux tables collantes, et pourquoi pas même un cours de yoga. Les prix des loyers alentours grimperont en flèche, chassant les derniers relents de populations viciées, les forçant à se retrancher plus loin en périphérie. Et là, celui qui aura initialement acheté tout ces immeubles pour une bouchée de pain pourra les revendre à prix d’or. Une plus-value qui se calcule en millions de dollars, si ce n’est plus. Quel genre d’homme idiot prétendant travailler dans l’immobilier ne saurait voir cela ?

Riche et idiot. Typiquement un profil parfait pour être mon client.
Les gens malins ont rarement besoin d’avocats.
Les gens pauvres n’en méritent pas.

Les derniers mots de Blanche à son sujet me laissent comprendre qu’il y a sans doute déjà beaucoup d’affaires en cours. Bien que cela ne relève pas particulièrement de ma spécialité, je ne doute pas qu’un de mes nouveaux associés, un de ces requins engagés depuis peu, puisse se charger de ces petites histoires sans importance.

Je jette un coup d’œil amusé à Blanche. Il est flagrant qu’elle et moi n’avons pas du tout les mêmes objectifs. Pense-t-elle que je l’ai interrogé à leur sujet par ce que je cherche une personne riche avec qui sortir ? Croit-elle donc que j’ai de si mauvais gouts ? Le profil du comptable qu’elle me décrit est également intéressant d’un point de vue professionnel. Des employés prêt à tout pour protéger l’intérêt de leur patron sont de bons employés. Blanche est finalement interrompue par un des hommes qui se décide à nous aborder. Son costume noir et soigné se découpe dans l’ombre du club, éclairé par intermittence par des lumières vives et colorées. Sans gêne, il prend ses aises à mes côtés et sa voix perce le vacarme pour nous servir une phrase des plus banales. Je trouve toujours ça intéressant que des femmes soient considérées comme étant seules tant qu’un homme n’est pas à leur côté. J’abandonne un sourire amusé au nouveau venu et commence :

« Alors, dites-moi… » Je me tourne vers l’inconnu en appuyant mon épaule contre le dossier de la banquette et croisant mes jambes. Le pauvre hère semble ravi de cette attention, semblant croire que les signes de richesse extérieure qu’il arbore ont finalement fait un appât suffisamment attrayant. Sans être outrée de son regard dégoulinant d’envie et embué par quelques vapeurs d’alcool, je poursuis : « … lequel êtes-vous ? » Un tressautement de paupière trahi son incompréhension. Pour ne pas être prise pour une potiche, il est toujours de bon ton d’être directe et de déstabiliser les hommes qui se pensent mâles dominants alors qu’ils ne sont que caniches. Singeant un air interrogateur et hésitant, je demande d’une voix suffisamment forte pour que Blanche entende : « Le patron nul en affaires, le comptable véreux, ou bien un des commerciaux si peu intéressant qu’on a que très peu d’informations à leur sujet ? »

Quelle tête fait donc Blanche ? A-t-elle craché la gorgée qu’elle venait de prendre sous le coup de la surprise ? Il y a fort à parier qu’elle ne pensait pas que ses révélations seraient ainsi balancées au visage d’un des concernés. Les yeux de l’homme en question s’écarquillent de surprise, peut être un peu de mécontentement également, alors que je me contente de lui offrir un sourire mutin et enjôleur. Il cligne des yeux plusieurs fois comme pour rameuter ses esprits et bredouilles quelques mots d’incompréhension. J’arque un sourcil interrogateur puis me tourne vers Blanche :

« Tu n’aurais pas oublier l’assistant un peu maladroit dans ta liste ? Parce que celui-là ne colle au profil d’aucun des autres. » Mon attention se reporte sur l’homme dont le teint a gagné quelques teintes de rouges et j’ajoute avec un sourire compréhensif : « Ou bien peut être avez-vous simplement trop bu. »

Cela serait curieux étant donné le peu de temps qu’ils ont passé ici, mais qui sait quel genre de substance ils ont pris avant de venir. Avec un geste élégant, j’attrape mon sac et en tire pour la deuxième fois de la soirée une carte de visite que je tends à l’homme. Instinctivement, il saisit le bout de carton, l’air de ne pas comprendre. Avec une voix claire, je lui enjoins :

« Donnez donc ça à votre patron. Si jamais un jour il a besoin d’un cabinet d’avocat digne de ce nom. »

Mon attention se détourne enfin de cet homme visiblement peu sobre et se reporte sur mon acolyte avec un regard amusé. Il est certain qu’avec ça, j’aurais retenu l’attention de mon futur client. En d’autres lieux, il aurait été fort peu intelligent de provoquer ainsi quelqu’un qui se croit fort et qui, visiblement, a pris quelques substances rendant les gens plus irritables. Les hommes comme ça détestent qu’une femme se moque d’eux, mais le service de sécurité de ce soir est fort fournis et réagira avec rapidité et efficacité en cas de problème.
Dans les affaires, il faut savoir prendre des risques.
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Mer 21 Sep - 13:20 (#)

Sur la défensive, je préfère laisser Anna gérer ce genre d’affrontement, je ne suis pas de taille. Bien trop émotive, mes sentiments peuvent se lire sur mon visage facilement. Jambes et bras croisés, j’essaye de me faire oublier, mais les paroles de mon Amie parviennent jusqu’à mon ouïe apportant à la fois, consternation, crainte et sourire que je cache derrière ma main. Au fil de ses phrases, je me décale légèrement afin de mieux écouter et surtout pour voir le visage du gaillard se décomposer au fur et à mesure de sa diatribe.

Mes inspirations augmentent en vitesse, entrecoupées par de courtes poses en apnées tant le culot de l’avocate me désarçonne. Je me mors les lèvres pour ne pas intervenir, pour ne pas stopper la tirade, même si ma langue me brûle. J’ai envie de crier, de rire, de danser, dans ce petit carré VIP pour arrêter Anna, pour qu’elle ne franchisse pas les limites du non-retour. Ne se rend-elle pas compte qu’elle joue avec le feu ? Jamais je ne vais oser la déposer seule chez elle, sans craindre qu’elle se fasse assassiner cette nuit. Et pourtant, l’homme reste là, lui délivrant un regard voguant entre celui de la vache qui observe les trains passer et la fascination sans borne d’un illuminé croyant voir son Dieu apparaître devant lui. Comment fait-elle cela ? Une œillade de ma part est dédiée aux compagnons de l’intrépide qui parient sur le fait qu’il va, ou non, se prendre le râteau du siècle.

Nerveusement, ma main vient se poser sur la cuisse de celle qui est en train de creuser sa propre tombe. Ces hommes ne vont pas se laisser marcher sur les pieds, ils sont venus en conquérants et repartiront avec les gains qu’ils pensent mériter, c’est-à-dire une femme accrochée à chacun de leurs bras. Quoi qu’il en soit, je ne ferai pas partie de ces trophées et Anna non plus.

Je ne sais même pas si elle sent la pression sur sa jambe car elle continue, la provocation n’est, depuis longtemps, plus cachée. Je découvre mon Amie sous un nouveau jour, une guerrière agressive, charismatique et triomphante. Je comprends nettement mieux comment elle a fait pour se hisser là où elle se trouve actuellement dans le monde des affaires.

Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de rouge sur mes lèvres tant je les mordille. Va falloir que j’envisage un passage dans la salle d’eau. Hésitante, j’aimerai pouvoir m’éclipser pour ne pas assister à cette bataille qui s’annonce haute en couleur, me faire oublier et ce, jusqu’à mon existence serait un bon plan. Toutefois, ma curiosité quasi maladive, me pousse à rester, déjà pour soutenir l’avocate mais pour éventuellement en prendre, de la graine.

Son assurance est impérieuse. Ses mains ne tremblent pas alors que je suis semblable à une feuille accrochée à la branche, ballotée par un vent d’automne tempêtueux, menaçant à tout moment de lâcher prise. La confiance m’a toujours manquée, écrasée par ma mère qui prenait trop de place et les secrets familiaux dont j’ai été mise à l’écart.

Contaminée par la maîtrise et le rayonnement de Anna, je me redresse, abandonnant la posture de la créature effarouchée et apeurée, coincée au fond du canapé. Moi aussi j’existe et pas seulement en temps que femme objet, égayant le paysage.

Alors qu’elle se tourne vers moi, son regard pétillant s’étant mué dans en deux lames acérées, je lui souris, élève les sourcils et secoue la tête. J’ai à peine le temps de lâcher un commentaire, qu’elle doit à peine entendre, qu’elle poursuit sa tirade.

- Oui, évidemment, j’ai omis le nettoyeur… bien que, il ne me semble pas assez costaud et ses mains sont bien trop manucurées pour les plonger dans la fange.

Avec une élégance joueuse, je retire ma main et dépose mon avant-bras sur l’épaule de la redoutable femme d’affaire. Je ne cherche pas à alpaguer les regards, je n’en ai pas le cran. Il va falloir que Anna me donne des cours, qu’elle m’enseigne comment se comporter face à ce genre d’individu. Car visiblement, sa force de caractère et surtout son culot, fonctionnent.

L’homme saisit le petit carton, bat des paupières comme s’il souhaitait chasser la brume narcoleptique qui brouille sa vue, se lève en chancelant alors que je lui fais un signe d’au revoir en agitant mes doigts. Tandis qu’elle se retourne vers moi, je n’efface pas le sourire qui orne mon visage et reprends une assise plus droite. Gardant un faciès exempt d’affliction, je lève les yeux au ciel, faisant croire que la situation est hautement risible.

- T’es sûre de ce que tu fais, Anna ? Mes paroles jurent avec mon paraître. L’inquiétude pointant dans mon timbre, ne sont pas feint. T’es dingue ! Tu te rends compte que tu viens de peindre une cible dans ton dos. Ces gars ne sont pas des rigolos. Viens dormir à la maison, s’il te plaît, si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour moi. Tu veux bien ?

Des éclats de rire me fait jeter un coup d’œil à l’autre table. La gars, agacé par son échec, se renfrogne, bras croisé dans son fauteuil, se murant dans un silence délectable. Quant au chef de file, carte de visite en main, son index tapotant l’arrête du carton, un sourire prédateur ourlant le coin de ses lèvres, fini par se lever et s’installer, à distance respectable de l’avocate.

- Eh bien Mademoiselle… ses yeux se posent sur le nom calligraphié, Janowski. Jamais entendu parler de vous… mais c’est une grave erreur, visiblement. Son doigt glisse le long de la cuisse de Anna. Que pensez-vous pouvoir faire pour moi ?

Ca sent le roussit et même plus que ça. J’attrape mon sac, oubliant totalement de faire bonne figure. Je ne veux rien avoir à faire avec ces gens-là.

- Anna, tu ne crois pas qu’il est temps d’y aller ?
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Mar 27 Sep - 8:23 (#)

Le pauvre hère ridicule saisit la carte de visite offerte avant de retourner vers son groupe qui l’accueille de quelques rires moqueurs et remarques piquantes. Clairement, celui-ci n’était pas le plus éveillé de son petit troupeau. Ou bien ont-ils déjà bu et tant et tant avant de venir que déjà ils perdent leurs mots. J’échange un rire complice avec Blanche qui a enfin lâché son inquiétude manifeste pour un peu plus de décontraction. Et pourtant dans ses mots et son ton, on entend encore à quel point son cœur inquiet a battu la chamade pendant cet échange. Qu’il est curieux de voir qu’elle s’emporte pour si peu alors qu’elle devrait être une habituée des hommes lourds présents en masse dans les discothèques et autre bars. Je lève les yeux au ciel et rabroue gentiment son pessimisme.

« Mais calme toi voyons. Ils vont râler de grogner après ces ‘’femmes trop méchantes’’, boire quelques verres et passer à autre chose. De toute façon, peu importe comment tu te comportes avec eux, ils finiront tout de même par te traiter de pute, alors autant s’amuser un peu. » Je me surprends presque à entendre une pointe d’amertume dans ma voix, mais cette intonation rare est étouffée par la musique qui fait vibrer l’air. Je sais bien que derrière toutes les simagrées des gens qui m’entourent, beaucoup d’entre eux auraient eu confiance en moi et en mes compétences bien plus rapidement et bien plus intensément si j’avais été un homme. Chassant cette pensée, j’ajoute : « Il faut te détendre un peu. Si je devais partir me cacher à chaque fois que je disais quelques vérités blessantes à quelqu’un, je ne passerais plus jamais aucune nuit chez moi. »

A peine le temps de terminer nos verres que déjà la personne que Blanche a présenté comme le grand patron vient s’assoir non loin de moi sans aucune gêne. Il est de ce genre d’homme qui semble penser que tout lui appartient, qu’il est à sa place en tout lieu et mâle alpha de toute une cour seulement parce qu’il possède beaucoup d’argent. Typiquement le genre de client qui rencontre beaucoup de problèmes juridiques et dépense sans compter pour les régler. Une vraie poule aux œufs d’or, avec un regard arrogant et des idées d’un autre siècle. Je hausse un sourcil à sa déclaration qui se voulait insultante ou rabaissante, mais sans me démonter, je réponds l’air faussement surprise :

« Vraiment ? Avec toutes les affiches que j’ai faites placarder dans Shreveport ? Voilà qui est curieux. Peut-être êtes-vous nouveau en ville ? »

L’ironie sature mes mots et l’homme perçoit sans mal la moquerie. Plus vif que le précédent, je le voix froncer les sourcils sous le coup du mécontentement, mais il conserve cet air affable, qui malgré tout semble devenir vipérin. Sa main se pose sur ma cuisse sans aucune gêne ni honte tandis qu’il enchaine sur sa question rendue méprisante par son intonation. Son geste laisse sous-entendre que son intérêt ne se porte pas sur mon travail et son regard me fait comprendre qu’il se fiche pas mal de mon avis. Malheureusement pour lui, je suis plus douée encore pour jouer à ce jeu-là. Agacée, je tente le diable. Jusqu’ici je n’ai réussi à utiliser ce pouvoir dont je semble disposer qu’à petite dose avant d’être prise d’une fatigue digne du journée entière de marathon. J’ai déjà usé de ce don plus tôt dans la soirée, mais qu’importe. Mon regard se perd une demi-seconde sur sa main indésirée posée sur ma cuisse. Est-ce que le contact physique direct peut m’aider à amplifier cette capacité si mystérieuse ? J’ignore la supplique de Blanche et abandonne toute ma concentration à ce que je tente de faire. Je sens la chaleur de sa paume contre ma peau et me concentre sur ce contact honnis puis abîme mes yeux dans les siens, cherchant à imposer ma présence à son petit esprit. J’ignore comment cela fonctionne, mais c’est presque une sensation impérieuse qui grandit dans ma poitrine, une impression que je ne saurais décrire mais qui me donne l’impression d’être emplie de puissance et de maléfice. Le regard de l’homme cille un instant. Son regard se perd dans mes prunelles, comme s’il ne me voyait plus tout en ne voyant que moi. Ce magnétisme que je dégage depuis toujours semble se muer en autre chose quand je l’y force, et visiblement le fait qu’il me touche amplifie la manœuvre. Je me penche un peu vers lui pour masquer ce que je dis dans la musique et pour dissimuler son visage à l’expression figée, le dissimulant à toutes personnes qui pourraient trouver ça suspect. De l’extérieur, j’imagine que beaucoup prendraient ça pour une banale drague en boite de nuit. Un sourire sardonique se peint sur mes lèvres, et je profite qu’il soit dans cet état quasi-hypnotique pour lui dire d’une voix suave et assez basse pour qu’il soit le seul à l’entendre :

« C’est simple mon cher, je peux régler tous vos problèmes. » Le mensonge typique des avocats. Je sens une fatigue étrange et prégnante me saisir les tripes, alors sans perdre de temps, j’enchaine : « Retournez faire la fête avec vos amis, et appelez donc ma secrétaire demain pour prendre rendez-vous. Abandonnez votre avocat actuel, je suis en aucun doute meilleure que lui. » L’homme cille un peu. Je demande bien ce que Blanche comprend de la situation, mais peu importe. Je sens comme un froid glacial qui se répand dans mes doigts et mes membres accompagné d’un malaise fiévreux. Voilà sans doute la limite à ne pas franchir pour le moment. Relâchant cette attention particulière que j’avais pour mon potentiel nouveau client, je termine avec un expression légèrement crispée par l’effort : « Et passez une bonne soirée. Nous nous reverrons bientôt. »

Comme un noyé qui rejoint la surface, l’homme semble émerger. Une certaine confusion se peint sur ses traits mais cela disparait rapidement au profit d’un sourire presque doux et sincère. Il acquiesce en me confirmant qu’il appellera, comme si cette idée venait de lui en premier lieu. J’arrive à masquer la surprise que j’ai face à cette réussite époustouflante, mais je n’ai que peu de temps pour me congratuler que déjà je sens un contre-coup violent qui me fait serre mes mains l’une contre l’autre pour masquer les tremblements qui me prennent. J’adresse un dernier sourire à mon nouveau client qui retourne voir ses employés pour se vanter. Quels souvenirs a-t-il donc gardé de ce qui vient de se passer ? Je me tourne vers Blanche et lui dit, l’air fatigué :

« Tu as raison, allons-y, et puis je crois que j’ai un peu trop bu. »

Je masque au mieux mon état, dévastée par ces pouvoirs incompris, mais même si certaines choses transparaissent j’espère pouvoir les expliquer à Blanche par l’alcool. Je saisis mon sac et je laisse Blanche me précéder pour quitter l’espace VIP. Je jette un dernier regard vers le groupe qui inquiète tant mon amie et croise le regard de l’homme qui a perdu son esprit dans le mien. Il appellera pour m’engager, ça ne fait aucun doute. J’ignore ce que je lui ai fait exactement, mais une pointe de satisfaction maligne transperce les douleurs rémanentes que m’ont laissé ce pouvoir. J’ai gagné un client, un gros, j’ai pu laisser ma carte au sénateur Hamilton et j’en ai appris plus sur ce que je peux faire. C’est précisément ce qu’on appelle une bonne soirée.
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Ven 11 Nov - 9:45 (#)

Le flegme de Anna est déconcertant et je l’admire. J’aimerai tellement avoir la même capacité qu’elle à prendre de la distance face à certaines situations qui me font perdre pied. Ses paroles sont d’une lucidité telle que je ne peux que hocher du chef. Ces hommes sont des goujats, des personnes mal intentionnées et très misogynes de surcroît. Dans mon monde protégé, fait de champagne, de soie et d’hôtel particulier, les hommes influents, ne se comportent pas de la sorte même s’ils n’en pensent pas moins. La bienséance et le paraître doivent toujours persister. Je dois apprendre qu’ici, tout est différent et grâce à l’avocate, les leçons paient. Je finis par retrouver le sourire, elle a raison et ce, sur toute la ligne. Il est vrai qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche, mais c’est aussi, un peu, pour cela qu’elle m’émerveille.

Tout en gardant un œil attentif sur les machos, je sens l’angoisse gagner du terrain lorsque le patron, en personne, nous rejoint. Mais l’aplomb de l’avocat est inébranlable. Je suis sidérée de la justesse de ses mots et du sarcasme dont elle fait preuve. Un rire nerveux m’échappe alors qu’elle le traite littéralement de petit nouveau cherchant à jouer dans la cour des grands. Toutefois sa remarque est juste, une fois encore, on ne peut passer à côté des affiches publicitaires géantes vantant le professionnalisme de Anna parsemés dans toute la ville.

Les choses se compliquent. Le contact physique frauduleux, lascif et intrusif me donne une furieuse envie de m’enfuir en traînant mon Amie loin de ce sale pervers. Si seulement je possédais, ne serait-ce qu'une once du savoir faire de Anna et un peu plus d’assurance, je me serai permise une remarque acide ou éventuellement une claque signifiant à ce gros dégueulasse que ces attouchements ne sont autorisés qu’avec accord préalable, aussi court puisse être la robe de la personne qui la porte.

Me mordant les lèvres, j’essaye d’accrocher un regard salvateur à l’un des employés, mais je n’ai aucun écho mes œillades désespérées. Le vigil gardant l’accès à la zone VIP s’est éloigné, raccompagnant fermement un couple vers la sortie. Les gens dansent, les serveurs sont tous occupés, répondant aux multiples sollicitations des consommateurs, Luftarak a disparu depuis belle lurette, certainement muré dans ses quartiers personnels, surveillant d’un œil acéré son chiffre d’affaires grimper en flèche. Mes battements de cœur résonnent dans ma tête effaçant presque la musique tonitruante du DJ en pleine effervescence.

Prête à attraper Anna par un bras afin de l’emmener loin de cette menace, je retiens mon geste en observant mon Amie avec plus d’attention en fronçant les sourcils. Il se passe quelque chose, j’en suis certaine, je le sens, mais je suis incapable de savoir ce qui se trame. Leurs regards sont ancrés l’un dans l’autre, ils semblent pétrifiés durant quelques pauvres secondes avant qu’un sourire mauvais se dessine sur les lèvres de la jeune femme. Cela ne dure pas, mais ce fut extrêmement intense. Des paroles sont murmurées, avalées par les enceintes bien trop puissantes pour que je puisse saisir le moindre mot.

Les doigts peu scrupuleux de l’homme ont disparu, recroquevillés dans sa paume. Ses paupières papillonnent alors qu’il se redresse, un sourire légèrement débile ourlant les lèvres, son regard n’est plus celui d’un prédateur assoiffé, mais d’un doux agneau. J’élève les sourcils d’étonnement mais garde mes remarques pour moi. Abasourdie par ce qui vient de se dérouler devant moi, je me risque à une observation plus approfondie de la jeune femme à mes côtés. Je ne cherche même pas à masquer ma tentative.

- Il s’est passé quoi là ?

Les réponses viendront plus tard, Anna semble vraiment épuisée. Légèrement inquiète sur son état, je me lève après avoir rassemblé mes affaires, veillant à ne pas oublier nos portables et ouvre la marche sous le regard du petit groupe voisin.

L’air tiède de la nuit est agréable et la quiétude régnant sur la ville est bienfaiteur. Il n’y a plus personne devant l’entrée, hormis les valets de parking qui attendent les clients. A notre vue, l’un d’eux se présente rapidement à moi, à qui je tends mon ticket.

- Anna… Je me place intentionnellement devant elle, cherchant à capter son entière attention. Tu me raconte ou je dois te torturer à mort pour savoir ? Mon sourire et mon timbre de voix témoignent que je plaisante. Et ne me raconte pas que les bulles te sont montées au cerveau, on a déjà picolé largement plus que ça. Tu connaissais ce bonhomme ? Tu sais qui c’est ? C’était un coup monté pour qu’il ne perde pas la face devant ses hommes ? Allez, quoi… Sois sympa et raconte à ta pote… J’veux savoir moi !

Sauvée par le gong ! Ma petite Cooper s’arrête devant nous et le voiturier nous ouvre les portières avec un large sourire, espérant gagner un petit billet vert que je lui tends de bon cœur. Installées dans l’habitacle, je coupe la radio et relance mon amie.

- Alors ?
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Sam 12 Nov - 8:26 (#)

Les vibrations sourdes de la musique semblent vibrer dans mon corps comme un second cœur qui battrait trop fort. La fragilité dans laquelle l’utilisation de cette nouvelle aptitude m’a propulsé me donne l’impression que tout est plus fort. Plus intense. Les ondes vibrantes cognent mes organe presque à m’en retourner l’estomac. La musique me vrille les tympans. Le mélange incertain des odeurs d’alcool, de transpiration, de parfum trop fort et de cigarette me donne une nausée impérieuse et grandissante. La question de Blanche se fait avaler par le bruit ambiant, et heureusement elle se lève pour que nous puissions quitter cette salle qui semble être devenue une cage infernale. Comment toutes ces stimulations qui me paraissaient anodines jusque là ont-elles pu se transformer si vite en autant d’agressions brutales ? Malgré tout j’essaie de ne rien laisser paraitre, faisant de mon mieux pour suivre mon amie vers l’extérieur. Quelques pas s’enchainent et enfin la délivrance. La lourde porte se referme derrière nous, éteignant instantanément toutes ces nuisances comme si elles n’avaient jamais existé. L’air frais me fait du bien, tout comme le calme nocturne qui, en contraste, me parait être un silence tonitruant. Mon état ne s’est pas nécessairement amélioré, mais au moins je respire et les ondes sonores ne font plus mines de me fracasser les côtes. Je vois tout juste le voiturier du coin de l’œil tandis que Blanche lui donne son ticket. La française entre ensuite dans mon champ de vision alors que je n’espère que de voir le voiturier se dépêcher de nous ramener notre véhicule. Jamais je n’aurais pensé être aussi mal pour quelques secondes d’utilisation de cette capacité.
Mon regard se braque dans les yeux de Blanche qui est bien trop enthousiaste et d’une énergie fatigante. Prenant une lente inspiration, j’essaie de chasser la douleur rémanente et de rameuter toute cette prestance qui fait de moi celle que je suis. Tandis qu’elle parle, je comprends qu’elle a vu quelque chose d’anormal dans cet échange. Peu à peu j’arrive à remettre ce masque de perfection professionnelle que j’ai tant travaillé au fil du temps. Quand elle a fini de m’interroger, je me tiens droite malgré la réticence de mes muscles, ignorant le malaise perforant mes entrailles. Heureusement le voiturier gare la voiture à côté de nous et je contourne la voiture pour m’installer sur le siège passager. Le moelleux des sièges me semble exceptionnel tant j’ai besoin de repos. Une fois derrière le volant, la française relance ses interrogations, ne lâchant pas l’affaire. Cette insistance commence sérieusement à m’irriter aux vues de l’état dans lequel je me trouve. Je tourne la tête vers elle et la dévisage un instant, ne cherchant même pas à construire un mensonge élaborée pour expliquer tout ça. Je lui réponds sur le ton de l’évidence :

« Tu sais, dans mon travail c’est tout à fait le genre d’hommes que je rencontre. Je sais gérer ces énergumènes-là. » Le ton est moins plaisant qu’à l’accoutumé. La fatigue surnaturelle fait se fissurer ma carapace de perfection tranquille. Agacée, j’enchaine d’un ton plus froid qui laisse transparaitre quelque peu ma vraie personnalité : « Si tu te mets dans cet état pour si peu, tu ferais mieux de rester chez toi. »

Mon regard se retourne vers la route. Ce pouvoir m’a permis de sortir d’une situation peu enviable et de gagner un gros client, mais je commence à entrevoir le lourd prix à payer pour s’en servir. J’inspire profondément et relâche doucement ce souffle pour me calmer et reprend avec un ton plus agréable comme pour adoucir ma remarque précédente :

« Je suis fatiguée et j’ai un peu trop bu. On peut rentrer s’il te plait ? »

Il serait tout de même dommage que je perde mon billet d’entrée pour de belles soirées juste à cause de quelques mots trop tranchants. Essayons de finir cette soirée sur une note pas trop mauvaise.
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