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Detective. Arriving. On the scene. | feat. Selma

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Heidi Janowski
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≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

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Lun 2 Jan - 23:59 (#)



Detective. Arriving. On the scene.
Pinecrest, Eté 2021
ft. Selma



L
’écran de ton téléphone s’allume pendant une poignée de secondes et son vibreur interrompt impoliment la chanson de Tom Misch que tu étais en train d’écouter assise la tête en bas sur ton canapé. Seule dans ton appartement, tu grognes pour toi-même en allongeant le cou pour tenter d’apercevoir la notification sans quitter ta position étrangement confortable : c’est un échec. Tu prends alors quelques secondes pour rassembler tout le courage nécessaire à te rasseoir normalement.
Une fois en tailleur, tu te penches pour attraper ton vieux téléphone à l’écran fêlé. Lorsque tu le déverrouilles, ton nouveau fond d’écran t’arrache un discret sourire : c’est une photo d’Anaïs et toi sur laquelle elle affiche un grand sourire et toi une moue pincée et désabusée, prise dans un parc de la ville où elle t’avait difficilement tirée lors de votre dernière sortie hebdomadaire. Le jour même où cette agente de la NRD t’a approchée de nulle part pour demander ta collaboration dans le cadre de l’un de ses dossiers. Le lendemain, en te rendant compte que tu n’avais pas rêvé cette situation improbable, tu as envisagé de nouveau la possibilité d’une blague avant de te raviser et ensuite de simplement oublier. Du moins, jusqu’à maintenant.

Numéro inconnu. Un agent de la NRD, justement, qui dit avoir besoin de toi et te demande où tu es pour venir te chercher. Tu fronces légèrement les sourcils, mais le message paraît sérieux. Ça n’est pas l’agent à qui tu as eu affaire l’autre soir puisque tu as enregistré son numéro. Un moment, tu es distraite par l’arrivée d’une nouvelle chanson, et tu reviens à ta réponse. Un message sobre, le strict minimum, et une adresse à une cinquantaine de mètres de la vraie, par simple précaution. Depuis un incident dont tu n’aimes pas franchement te souvenir, tu préfères ne pas donner ton adresse à n’importe qui ; tu espères qu’un agent fédéral saura comprendre ça.
C’est un peu excitant, tu dois l’admettre. Malgré tout le dédain que tu voues aux policiers et autres détenteurs de l’autorité, tu aimes l’idée d’être impliquée et utile dans une véritable enquête, surtout lorsqu’il s’agit d’allier musique et paranormal. Ça te sort de ton quotidien routinier d’une manière quelque part assez sûre ; c’est une bonne chose. La stabilité, les progrès, c’est très bien. Tu as recherché ça toute ta vie, mais à force de se forcer à vivre la même vie tous les jours, stimuler son esprit devient de plus en plus difficile.

Les rayons du soleil couchant traversent les stores presque clos de ta fenêtre et forment comme une portée, un petit paquet de lignes rougeoyantes sur le plancher de ton salon. Le regard dans le vide, l’esprit mis à nouveau quelques instants en lévitation par les mélodies précieuses et délicates s’échappant de ta chaine stéréo, tu libères ton imagination un dernier moment avant de retrouver la réalité du reste de l’humanité.

Une vingtaine de minutes plus tard, ton téléphone vibre à nouveau, et tu sais ce que ça signifie. Tu souffles en te levant lentement de ton canapé, saisis ton téléphone et réponds un simple « j’arrive » avant de ranger l’appareil dans la poche de ton pantalon. Dans ton vestibule, tu enfiles tes fidèles bottines, attrapes ta veste, et sors enfin en fermant à double tour derrière toi.
Sans surprise, la seule voiture arrêtée avec encore une personne au volant est stationnée un peu plus loin. Tu t’en approches nonchalamment, mains au chaud au fond de tes poches. Arrivée au niveau des vitres teintées, la portière s’ouvre.

- Madame l’agent.

Ton neutre, tu hoches la tête un coup. Tu as pensé à ce que tu allais dire pendant les quelques dizaines de secondes qu’il t’a fallu pour descendre tes escaliers et la rejoindre. Ça pourrait être un premier témoignage d’impertinence, ou bien la volonté de mettre tout de suite une distance entre elle et toi, lui faire comprendre que tu n’appartiens pas au même monde. Dans une autre bouche, ça pourrait même être simplement une marque de respect. Chez toi, c’est.. ambigu. Et c’est très bien comme ça.


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Selma Weiss
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Qui es-tu ? :
- Femme miroir, aux deux facettes opposant les stigmates d’une jeunesse douloureuse à l’assurance composée de la soldat accomplie.
- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
- Un réel talent pour cerner les personnes, leurs failles et anticiper leurs réactions, un semblant de paradoxe pour une femme ayant encore du mal à se sociabiliser.

Thème : Radiohead - Life in a Glasshouse
Once again, I'm in trouble with my own friend
She is papering the window panes
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Jeu 5 Jan - 18:00 (#)

Detective. Arriving. On the scene.

Au-dehors, le crépuscule. Dans la voiture, l’étuve.
J’ai ouvert la portière de la Jeep en soupirant. Au lieu d’une mince brise salvatrice, je n’ai réussi qu’à humer des relents de bitume bouillant et de friture de cuisine. Derrière le pare-brise, le soleil mourant a caressé la carrosserie noire du capot, la colorant des nuances de la braise rougeoyante. Tout était calme. À dix-neuf heures cinquante, les américains s’attablaient, épuisés, devant des téléviseurs qu’ils n’écoutaient plus. L’été du Sud serrait dans ses bras lourds la Louisiane moite et, dans cette étreinte suffocante, les mouvements se faisaient cotonneux, les corps et les cœurs apathiques. J’ai passé mes jambes à l’extérieur de la voiture dans ma quête d’air respirable.

La chaleur montait de l’asphalte. J’ai senti l’aura de la ville irradier le dessous de mes jambes presque nues, qu’un petit short n’aidait en rien à rafraîchir. D’une main, j’ai agité mon débardeur, sans plus de succès. Je déteste attendre dans la voiture à cette heure-ci, ai-je maugrée en consultant mon téléphone. Elle n’avait pas répondu à mon premier message. J’en ai envoyé un second, très succinct de crainte de paraître pénible. Un vent moite est remonté depuis le centre du quartier, faisant bruisser les feuilles mortes que la chaleur avaient desséché.

J’ai retiré mes baskets. Puisqu’elle ne vient pas… La brise s’est infiltrée entre mes orteils, une sensation plus que bienvenue après une journée à mijoter à l’intérieur de chaussures fermées. J’ai laissé la portière grande ouverte et mes pieds sur le rebord de la voiture, avant d’attraper une bouteille d’eau ; tiède elle-aussi. Mon téléphone a émis une vibration ; enfin une réponse. J’ai consulté le texto encore plus court que le mien, bu une rasade d’eau, et renoué pour la centième fois mes cheveux en arrière. Trop d’attente tuait l’agent.

Nouvelle journée, nouveau job. Lequel ne me réjouissait pas. Je me suis frottée la nuque, en repensant à la manière dont Barrois m’avait plus ou moins lancé ce nouveau dossier dans les bras. La profileuse du FBI a besoin de bras, qu’il disait. Vous avez fait une bonne équipe la dernière fois, qu’il disait. Ben voyons. J’ai eu envie de lui rétorquer que non, absolument pas, que j’avais déjà une quantité industrielle de signalements à traiter, et que je n’avais pas le temps de travailler avec une femme qui se la jouait en solo.

Résultat nul. J’étais bel et bien là, cuisant dans ma Jeep, moteur et climatisation éteints, en attendant une civile que la NRD avait impliqué dans ses affaires. Je n’aimais pas ça non plus. L’implication des civils n’avait guère été une réussite la dernière fois, dans la Kisatchie, et je n’avais aucune envie de porter de nouveau ce poids. Celui d’avoir sacrifié des innocents, involontairement certes, dans cette quête de l’efficacité anti-CESS. Et ce n’était pas la fiabilité de Comucci qui allait me rassurer dans cette histoire. J’ai bu une nouvelle rasade d’eau, peu rafraîchissante, et je me suis perdue un instant dans ces considérations à la fois éthiques et pratiques.

Je l’ai entendu arriver trop tard. La jeune femme s’est arrêtée au niveau de ma portière, et moi je n’ai eu le temps que de remballer ma bouteille en avalant rapidement ma gorgée.

« Pardon, bonsoir, » ai-je placé en me redressant pour me rechausser. « Excusez-moi, j’essayais de m’aérer en attendant. »

Deva et Barrois m’auraient tué. Leur agent d’élite, présentée en short et pieds nus, avec son débardeur usé et ses baskets de sport, accueillant leur consultante civile. Tant pis pour le look stupide, me suis-je résignée. J’ai fourré précipitamment mes pieds dans mes chaussures, et je me suis levée face à la femme, en tâchant de cacher ce petit moment de gêne derrière un sourire avenant.

« Miss Janowski, c’est ça ? Agent Weiss. Je suppose que ma collègue vous a déjà pas mal expliqué le but de cette sortie. Elle vous a briefé, non ? »

J’ai lacé mes chaussures une à une en m’appuyant sur le marchepied de la voiture. L’indic m’a semblé jeune. Elle semblait aussi correspondre aux indications de Comucci, à savoir grande, blonde, jolie, et parée pour la saison hivernale. Je n’ai pas pu m’empêcher de lorgner sur sa veste ; comment était-ce possible de survivre ainsi sous une telle température, je n’en avais strictement aucune idée. Je ne m’y suis pas attardée.

« Est-ce qu’on se tutoie ? Ce sera peut-être plus simple, puisqu’on doit bosser ensemble. D’ailleurs, Selma ça suffira, agent Weiss ça fait pincé, » ai-je rajouté en lui souriant, histoire de briser la glace.

Bosser ensemble, tss. L’exploiter me semblait plus approprié. Je n’aimais ni l’idée d’exposer les civils à des enquêtes à risques, ni celle de leur faire miroiter une quelconque utilité patriotique. Ce n’était pas juste. Ils n’étaient pas formés pour cela, pas plus qu’ils n’avaient prêté serment. Pour les remerciements qu’on a en plus, ai-je ravalé en chassant un moustique qui bourdonnait trop près de mon oreille.

« On fera le point en route, peut-être ? D’ailleurs, est-ce que vous avez mangé ? On peut s’arrêter acheter à boire ou à manger en chemin, on a encore du temps avant l’heure de rendez-vous. »

J’ai maintenu le sourire en vissant et dévissant ma bouteille machinalement. Détendre l’atmosphère était important. Dans mes souvenirs, il n’y avait rien de pire qu’une civile stressée et apeurée, que l’on balançait dans les affaires de la NRD. Assure sa sécurité, qu’ils disaient. Ouais, comme dans la forêt, ai-je ronchonné intérieurement, avant de ravaler ces atroces souvenirs qui me poursuivaient encore aujourd’hui.
Nouveau boulot, nouvelle donne. À moi de me débrouiller avec ce qu’on me donnait. Comme d’habitude.

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Sam 14 Jan - 15:02 (#)



Detective. Arriving. On the scene.
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ft. Selma



S
urprendre l’agent fait naître sur ton visage un sourire discret, imperceptible, impertinent, caché derrière un flegme savamment forgé. On ne change peut-être jamais vraiment ; quelque part, tu aimes toujours la provocation, laisser un souvenir acidulé – quand ce n’est pas totalement amer – à tes rencontres. Tu aimes te dire que l’on va se souvenir de toi, mais aujourd’hui tu joues un peu plus de subtilité et d’intelligence que lors de tes périodes plus agitées.

Neuvième été en Louisiane, et pourtant tu n’arrives toujours pas à te faire à la chaleur étouffante qui pèse sur toute la ville comme si le ciel tout entier pesait sur tes épaules. Avec ou sans col roulé, quelle différence ? Dans tous les cas l’air moite du bayou opprime les sens, alors autant te mettre à l’aise face à cela. Tu te sens bien, habillée comme ça. Tu te sens toi, un peu unique, un peu forcée à t’affirmer face à ceux que ton absurde choque. Tu es la fille au col roulé, celle qui s’en fiche de ce que les autres pensent.
Et l’agent… Selma, elle, n’a pas vraiment l’air d’un agent. Tête remplie de clichés, tu l’attendais en chemise blanche, cravate et chaussures cirés. Ça la fout mal, non ? Peut-être, franchement tu n’en sais rien, et tu t’en fiches pertinemment. Ta meilleure amie s’habille bien comme un tableau de Kandinsky ambulant, tu ne lui en as jamais vraiment tenu rigueur. Au moins, elle a le mérite de faire local. Veste sous le coude et les mains dans les poches, tu regardes ta coéquipière de circonstances remettre ses chaussures et tenter d’amener un semblant de discussion entre vous.
Décidément peu procédurière, elle te propose de la tutoyer pendant que tu essaies de lui donner un âge. Plus âgée que toi, c’est presque certain, mais de combien ? Tu as tendance à te penser plus jeune que ce que tu ne l’es en réalité, ton esprit refuse d’intégrer que ton vingt-cinquième été touche à sa fin. Elle est dans la case adulte, et toi à cheval sur toutes ; mais elle n’a pas à le savoir. Tu finis par hausser simplement les épaules en acquiesçant de la tête pour plus ou moins tout ce qu’elle a dit jusque-là. Amusant de noter qu’elle est peut-être elle-même perdue dans ses propres cases puisqu’elle finit en te vouvoyant.

- On peut se tutoyer si tu veux ouais, ça me dérange pas.

Tu jettes un rapide coup d’œil à ta montre pour le principe, puis réajustes la manche de ton haut pour couvrir un peu plus la peau laiteuse de ton poignet décoré d’une discrète breloque argentée et du fin bracelet de cuir noir de la montre. L’absence du quelconque uniforme joue définitivement en sa faveur ; tu aurais eu le réflexe de te montrer bien moins conciliante devant un signe explicite d’autorité.

- J’ai pas vraiment faim, mais j’ai rien d’autre à faire de ma soirée de toutes façons.

Après avoir cherché une demie seconde l’approbation dans le regard de Selma en posant la main sur la poignée de la portière passager, tu l’ouvres. Agilement, tu t’assieds sur le siège en repliant ta veste soigneusement et la posant sur tes genoux. Tu restes muette un instant en avisant lentement l’habitacle de la voiture. C’est donc à ça que ressemble la caisse d’un agent fédéral ? Ennuyeux.

- Ta collègue m’avait expliqué dans les grandes lignes pourquoi vous aviez besoin de quelqu’un comme moi. Y’a quelqu’un qui s’a-

Tu t’arrêtes en plein milieu de ta phrase en te souvenant que parler avec autant de détachement de choses considérées comme graves n’est pas vraiment une bonne idée. Il n’y a rien qui te rende plus ambivalente que le sujet des enfants : tu les détestes autant que tu penses qu’ils ne méritent de souffrir pour rien au monde.

- Fin, un criminel qui laisse une signature musicale, et vous avez besoin qu’on l’analyse, c’est ça ? Autrement, aucune idée de ce qu’on va faire ce soir précisément.

Tu connais un peu les musicologues de Shreveport. C’est une assemblée de bourgeois enfermés dans une bulle de médiocrité, décortiquant pompeusement la musique comme s’il s’agissait d’une science exacte et la vidant de toute sa substance métaphysique. Un groupe de masturbation collective qui s’extasie proportionnellement à la complexité d’une œuvre sans jamais effleurer le sens véritable qui se cache derrière. Des mathématiciens qui jouent à qui résoudra l’équation la plus informe sans prêter attention au résultat final.
Au final, ce sont ceux qui pensent qu’il faut un diplôme pour apprécier l’art qui l’apprécient le moins.

- Pas d’amateurs de musique à la NRD, donc ?


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- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
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- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
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Mar 17 Jan - 23:15 (#)

Detective. Arriving. On the scene.

Le tutoiement s’est installé. Le col roulé aussi.
Comment faisait-elle pour supporter veste et pull lors d’une journée d’été brûlante, je me le suis sans cesse demandée, sans pour autant oser lui poser la question. C’était sa vie privée, après tout. J’étais d’ailleurs la personne la moins bien placée pour critiquer ses choix vestimentaires, quand on qualifiait les miens de douteux, voire pire. Est-ce que cela m’importait ? Non, pas du tout. J’avais vécu la majeure partie de ma vie en uniforme militaire, souvent sale et poussiéreux selon la réalité du terrain, et même parfois décontracté lors de ces longues missions en immersion parmi les zones civils ou périlleuses.

On n’avait que faire de la mode dans les cavernes au milieu du désert. Les habitudes ont la vie dure, si bien que je n’avais guère changé mon style depuis le retour au pays, malgré les airs exaspérés de la patronne. Le jean, la veste, les pull et les débardeurs me suffisaient. Je me suis alors réinstallée sur le fauteuil de la conductrice, mes pieds assez mécontents de leur retour en vase clos, à côté de ma coéquipière du moment. J’ai remis mes lunettes de soleil sur mon nez. Au-dehors, les derniers rayons crépusculaires s’amenuisaient et miroitaient sur le métal de la carrosserie de la Jeep, y laissant leurs éclats moribonds de couleur rouille.

« Ok ça marche. » J’ai haussé les épaules. « J’ai pas faim non plus, j’ai mangé avant de venir au cas où. Par contre, on peut s’arrêter acheter quelque chose à boire si tu as besoin. »

Je l’ai estimé suffisamment à l’aise avec les circonstances pour aller droit au but. Elle s’est montrée directe, et j’avais tout intérêt à faire de même. Avec un petit pardon pour m’excuser, je me suis penchée par-dessus le levier de vitesses pour ouvrir le vide-poche devant ses genoux. À l’intérieur de celui-ci, j’ai récupéré une clé USB et une tablette tactile, que je lui ai tendu en me redressant.

« J’ai compilé tout ce qu’on m’a fourni. La liste des disparus, leurs familles, leur dernière localisation et les quelques témoignages concernant cette musique. Tout est confidentiel, bien sûr. Tu as bien le temps de jeter un coup d’œil avant qu’on arrive. »

J’ai appuyé sur le bouton de contact. La petite Jeep a frissonné et finalement ronronné, et je nous ai lancé dans la circulation de l’avenue, en fait totalement déserte. Les ombres du crépuscule ont rampé sur le pare-brise et le tableau de bord, en dessinant des arabesques filiformes sur le plastique surchauffé. J’ai continué à répondre le plus sérieusement du monde à ses questionnements, comme à une coéquipière.

« Une signature musicale, on peut dire, ça » ai-je répondu sur un ton pensif. « C’est surtout le seul élément en commun dans le mode opératoire. C’est revenu dans plusieurs témoignages, comme tu peux le lire. Malheureusement, on n’a pas d’enregistrement audio, seulement des descriptions très… vagues. »

J’ai arrêté la Jeep à une intersection, en jetant un coup d’œil à ma voisine. Elle n’avait pas l’air émotive, ou de mal appréhender ce travail de consultante. Ni de souffrir de son épaisseur vestimentaire. J’ai estimé en mon for intérieur, que je n’avais aucune raison de faire de la rétention d’information ; autant être franche et la prendre au sérieux dès le début. J’ai néanmoins enclenché la climatisation de crainte qu’elle ne vire au rouge écrevisse durant le trajet, avant de reprendre le fil de la conversation, les yeux vissés sur la route.

« On a des amateurs de musique, le problème… C’est le côté amateur justement. Je ne suis pas experte du tout dans ce domaine, mais je suppose que l’oreille d’une professionnelle peut déceler plus d’informations, non ? Ou du moins, extraire quelque chose de concret des témoignages. »

Devant nous, un pick-up blanc et rouille a traversé la ruelle perpendiculaire, nous dépassant en crachotant d’une pétarade de fumée noirâtre. J’ai attendu que le boucan disparaisse, avant de redémarrer.

« Par exemple, le type d’instrument, la maîtrise, ou même le style du musicien ? Si l’on pouvait associer sa manière de jouer à une identité, ce serait l’idéal. Tu penses que ce serait possible ? »

Quant à mon oreille à moi, elle n’y connaissait rien. Je n’avais ni le temps, ni vraiment l’envie de me faire une culture musicale. Quant à la radio, ça me déplaisait. Les mêmes tubes, les mêmes voix qu’à l’intérieur des supermarchés. Moi, j’étais restée coincée deux décennies en arrière, avant mon entrée dans l’armée, et j’écoutais toujours les mêmes rocks que ces années-là. Quand je me découvrais un peu de temps libre.

« Pour ce soir, on va chez une nouvelle famille de victime, » ai-je terminé en allumant le GPS, où j’avais déjà rentré l’adresse. « Là aussi, tu as les informations sur la clé. »

Rien de réjouissant. Un véritable petit clan familial, avec ses squelettes dans les placards et sa poudre sous les tapis, que la NRD ignoraient allégrement pour se concentrer sur le crime surnaturel. Même les criminels ont des problèmes avec ça, j’imagine, ai-je ruminé, peu motivée à l’idée d’aider des trafiquants. Ce n’était pas la première fois. J’avais jonglé entre deux métiers, dans lesquels les autorités fermaient les yeux sur les petits aléas de l’injustice commune, tant que cela servait les intérêts de la hiérarchie.
Rien de nouveau. Et ma foi, si quelques dents sautaient dans l’histoire, je n’aurais pas à m’excuser.

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L
a discussion est formelle ; la voiture, arrêtée. Si c’était pour te donner un briefing statique, vous auriez pu monter dans ton appartement où l’air est assurément moins lourd. Bientôt, boire ne sera plus une envie mais une nécessité, pour toi comme pour elle. Tu hausses légèrement les épaules en réponse.

- Si c’est le gouvernement qui paye, va pour passer prendre à boire.

Durant les quelques vingt-cinq années que tu as passé à arpenter les rues étatsuniennes, on ne peut pas dire que tu te sois forgé un avis politique très pertinent. Outre les chaussettes aux motifs socialistes outrageusement provocants pour l’américain moyen et les graffitis vaguement protestataires contre le pouvoir en place, on ne peut pas dire que tes idées relèvent d’une vraie réflexion plus que d’une simple volonté d’insurrection.
A vrai dire, tu as tout de même déjà essayé de songer à quel penchant te raccorder. La conclusion de ces exercices de pensée est souvent la même. Pareillement à ton avis sur les enfants, c’est une bataille éternelle entre un idéalisme absolu que tu t’es construit à force de rêver à comment les choses auraient dû être pour que tu puisses t’épanouir, et une rancœur tenace qui te pousse à te satisfaire du malheur d’autrui. Le jour où ta colère te passera, quelle humaniste tu deviendras ; et surtout, quel cas de conscience le cas de ta Marraine te posera. Heureusement, ça n’est pas encore d’actualité.

En attendant, tu attrapes délicatement l’appareil que l’agent Weiss – Selma – te fait passer. Confidentiel, bien sûr, tu hoches la tête machinalement. Tu n’as pas vraiment beaucoup de monde à qui partager ces informations, même si tu le voulais. Anaïs n’a pas le temps à perdre avec, et Elinor les aurait obtenues d’elle-même sans ton aide. Et enfin, alors que tu plonges ton regard sur le travail visiblement méticuleux de l’agente, le moteur rugit enfin, avide de quitter votre fournaise stationnaire.
D’un geste du doigt, emprunt de la délicatesse et de la mesure propre aux artisans du son, tu fais défiler les lignes sur la tablette. Noms, âges, quelques photos. Des dates, des lieux, des modus operandi. Au fur et à mesure de ta lecture, les interventions de la conductrice corroborent tes intuitions. Musique. C’est presque tout ce qui est écrit à propos de ce dénominateur commun. Tu acquiesces à nouveau d’une petite poussée de voix, sans même ouvrir la bouche, et les sourcils légèrement froncés. Comme une sorte de berceuse. Très peu utile, tu en conviens. Tu comprends un peu mieux maintenant pourquoi ils ont dû avoir recours à quelqu’un de plus savant en la matière.

Sans y réfléchir, tu replaces une mèche de cheveux couleur blé derrière ton oreille et tu relèves finalement les yeux, d’abord sur la route, puis sur ton interlocutrice. Quel âge a-t-elle déjà ? Tu n’es pas sûre qu’elle te l’ait dit.

- Sans écouter moi-même la musique, certaines choses vont être difficiles à deviner.

Et par difficile, tu veux dire impossible. Le niveau de maîtrise du musicien, c’est une illusion de penser pouvoir le déterminer avec le chant approximatif d’une mère angoissée à l’extrême, et quiconque ose dire le contraire est soit un charlatan, soit le ravisseur lui-même.

- Mais avec un peu de persévérance ça devrait être possible de s’en tirer avec de la matière quand même. Après tout, c’est comme ça qu’on faisait avant que ce soit devenu aussi simple de trouver un real book.

Avec un peu de chance, une mélodie entière. Une structure, un mode, un instrument. Rien que ça, si l’on fait le pari que la personne à l’origine de tout cela est attaché à une culture particulière, devrait permettre de dessiner un premier profil. S’il se trouve que tout est décorrélé, cependant, vous perdez tout simplement votre temps. Tu passes encore quelques moments à parcourir les rapports en quête d’informations pertinentes pour au moins te mettre le pied à l’étrier, mais rien de ce qui est écrit n’a d’intérêt musicalement parlant.
C’est alors qu’une pensée te frappe et se met à te démanger avec insistance. A l’intérieur de l’habitacle, seulement le grognement grave du moteur. Rouler dans le silence te met presque mal à l’aise. Tes parents ne mettaient jamais l’autoradio, et toi tu es incapable de démarrer ta voiture sans avoir lancé une playlist sur ton téléphone. Alors, tu prends une ou deux secondes de plus pour penser à ta formulation, et tu reprends la parole.

- D’ailleurs, c’est possible de mettre un peu de musique ?

Une station de radio suffira, tant que ce n’est pas une connerie commerciale sans âme. La chance d’être en Louisiane fait que quelques-unes diffusent du bon jazz, ce serait un bon compromis, même si tu préféreras toujours ta propre programmation.

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Fear is the mind killer
Selma Weiss
Selma Weiss
Fear is the mind killer
SILENCE LIKE A CANCER GROWS

En un mot : She wondered what her sorrow was and could not remember.
Qui es-tu ? :
- Femme miroir, aux deux facettes opposant les stigmates d’une jeunesse douloureuse à l’assurance composée de la soldat accomplie.
- Ancienne membre des SEAL revenue marquée des montagnes d’Afghanistan, elle conserve une méfiance innée envers les sorciers, et les créatures des ombres.
- Tolérante toutefois, attentionnée toujours, une recrue d’élite du PASUA devenue un rouage solide de son équipe, qui saura venir en aide aux âmes blessées.
- Sœur de cœur de Zach, obstinée dans le soutien de son ancien lieutenant, confident et ami, à qui elle doit tout de son assurance d’aujourd’hui.
- Être encore complexée et introvertie, elle dissimule ses vieilles blessures de la même manière que sa vie privée, sous un voile de discrétion.

Facultés :
- Une femme soldat d’élite, forgée par les épreuves de la guerre ; les SEAL, elle les a toujours dans la peau, et n’a pas cessé d’affuter leurs enseignements.
- Experte en maniement des armes au PASUA, elle leur prête son savoir-faire pour tester les dernières expérimentations sorties des laboratoires.
- Hautement performante sur le terrain grâce à une excellente capacité de discernement, elle sait prendre des initiatives bien dosées, et faciliter le travail en équipe.
- Pugnace et résistante au stress, elle est une agent de terrain efficace, tout en ayant de bonnes bases en psychologie des CESS.
- Un réel talent pour cerner les personnes, leurs failles et anticiper leurs réactions, un semblant de paradoxe pour une femme ayant encore du mal à se sociabiliser.

Thème : Radiohead - Life in a Glasshouse
Once again, I'm in trouble with my own friend
She is papering the window panes
She is putting on a smile
Living in a glass house

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Lun 30 Jan - 23:09 (#)

Detective. Arriving. On the scene.

La route s’ouvrait, sombre et brûlante. J’admirais les rais de lumière ténue s’écheveler entre les immeubles et les artères vides. Le crépuscule urbain caressait les blocs de béton symétriques dans son étreinte âcre et moite, en dessinant leurs contours de couleurs moirées, mourantes, à la manière d’une œuvre cubique. La vitesse de la voiture se combinait aux volutes brûlantes s’échappant des caniveaux, conférant à la scène un aspect déliquescent, d’un ordinaire sale et apaisant. Le silence convenait à ce cadre. L’air était rempli d’une trêve estivale, où chacun oubliait ses responsabilités, le temps d’un dîner au sein des familles populaires.

Tous, à part moi, sans doute. J’écoutais alors distraitement les commentaires de ma partenaire du moment, en profitant de l’apaisement momentané de la circulation à cette heure-ci.

« Pas de problème, je m’arrêterai à la prochaine station, » ai-je fait en tournant à droite, vers le quartier un peu plus aisé du secteur.

À mesure que nous laissions derrière nous les abords populaires d’Atlantic Avenue, Pinecrest déployait ses beaux atours, troquant ses immeubles résidentielles en maisons individuelles, et ses aires de jeux publics en jardinets privés. Je n’étais pas venu souvent ici. Les affaires sordides et les craintes anti-CESS rimaient souvent avec la misère et l’insécurité des quartiers pauvres ; ici, on conservait les opinions réactionnaires sous un lustre de bienséance et de bon voisinage, comme il était de mise dans les classes moyennes. J’avais grandi dans cette atmosphère ; on mimait la belle vie sans la vivre, on mentait en rêvant d’êtres riches.

On dirait mon vieux quartier, ai-je pensé, tandis que nous croisions les premiers pavillons identiques, et que les commerces modestes se faisaient rares. Le soleil mourant s’attachait aux derniers panneaux métalliques pour y accrocher ses reflets d’un doré terni, que les murs blanchis des îlots pavillonnaires renvoyaient avec une vivacité factice. À l’intérieur de la Jeep, la chaleur s’est effacée sous l’effet de la climatisation, au même rythme que ma partenaire déroulant les informations confidentielles de notre affaire.

« Oui, je comprends. Justement, nos témoins du soir ont laissé entendre que leurs caméras de sécurité ont filmé le moment de l’enlèvement. Est-ce que la qualité est exploitable, et est-ce qu’il y a de l’audio, ça c’est une autre question... Tu m’expliqueras ce qu’est un real book ? »

Au loin, le néon fade d’une station service s’est détaché sur le ciel morne, alors que les couleurs sèches et dures de l’été du Sud lui conférait la texture du vieux papier. J’ai désigné d’un mouvement du menton la station, que le GPS marquait idéalement sur notre chemin, en baissant le pare-soleil au-dessus de moi.

« Je vais m’arrêter nous acheter à boire. » J’ai montré d’un revers de main l’autoradio. « Bien sûr, tu peux l’utiliser autant que tu veux. »

La Jeep a escaladé le petit trottoir, et je nous ai doucement arrêté devant un mur inondé de soleil terne, et un entrelacs de buissons rachitiques, intoxiqués par les relents d’essence. À côté de nous, côté droit, une vieille Chevrolet patientait dans cette torpeur brûlante de fin de journée estivale, sous l’ombre déformée de l’énorme enseigne de la station. J’ai laissé le moteur tourner, et la climatisation, et j’ai récupéré mon portefeuille et mon arme de poing dans le compartiment de la portière, avant d’ouvrir celle-ci. Les ondes de chaleur se sont précipitées sur mes jambes nues, m’irradiant à nouveau de cette touffeur désagréable de four.

« Je reviens vite, » ai-je lancé par automatisme en fermant la portière et en glissant l’arme dans le holster à ma ceinture, avant que les assauts de la fournaise ne viennent ruiner la climatisation intérieure.

L’endroit était désert. Nul véhicule ne s’attardait aux pompes, et le seul client visible au travers des vitres du magasin était certainement le propriétaire de l’antiquité à côté de nous. J’ai travers le parking d’un pas rapide, avant de pénétrer à l’intérieur de l’endroit furieusement climatisé ; des frissons ont recouvert mes bras et mes jambes, alors que l’air froid courait soudainement sur ma peau. J’ai salué le caissier au passage, avant de jeter mon dévolu sur le premier distributeur de boissons venu ; les éternels Coca, Pepsi, Red bull, et autres boissons ultra sucrées y trônaient, au même titre que de simples bouteilles d’eau.

J’ai oublié de lui demander ce qu’elle voulait, ai-je pensé en optant pour le choix neutre de deux bouteilles d’eau pétillante. La surdose de sucre des boissons industrielles ne me réussissait pas de toute manière. La vie dans l’armée vous habituait aux aliments efficaces, à l’eau pure et aux rations équilibrées. Les missions en Afghanistan, elles, vous habituaient aux cuisses de chèvres à la broche, aux lézards dans le pire des cas. J’ai payé rapidement mes bouteilles, à l’aide de mon flamboyant salaire fédéral, et je suis ressortie dans la fournaise du parking, que j’ai traversé à foules rapides pour vite retrouver la fraîcheur de la Jeep.

« Tiens, payé par le contribuable américain, » l’ai-je taquiné avec le sourire, en coinçant sa bouteille dans le porte-gobelets à côté du frein à main. « Je ne pense pas que ça donne meilleur goût par contre. »

J’ai enclenché la marche arrière, et fait reculer la Jeep sans attendre. Nous avions encore quelques dizaines de minutes devant nous, amplement le temps de rejoindre le lieu convenu avec la famille. Le GPS a ordonné de rejoindre la route principale, et nous sommes repartis, bercées par la nouvelle musique de la radio. Face à nous, l’horizon crépusculaire avait la texture de la sève fraîche, et les nuages étaient faits d’ambre.

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
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NE M'OUBLIE PAS

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Qui es-tu ? : ­­Detective. Arriving. On the scene. | feat. Selma WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
Detective. Arriving. On the scene. | feat. Selma 9mSwE8c1_o
QUAND J'AURAI SOMBRÉ

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Ven 3 Fév - 12:26 (#)



Detective. Arriving. On the scene.
Pinecrest, Eté 2021
ft. Selma



A
u fil des rues et des tournants, les immeubles rapetissent et mutent. Les façades deviennent plus soignées et les portes plus accueillantes. Enfin, c’est une façon de le dire, mais pour avoir toi-même grandi dans le genre de banlieue tranquille que vous êtes en train de traverser, tu sais pertinemment que ces porches à la peinture impeccable et aux fenêtres immaculées peuvent cacher une misère qui ne se lit pas sur les vêtements. Peut-être la seule différence entre ici et là-bas est la saison à laquelle l’herbe meurt.
Pourtant, tu es certaine que la majorité des gosses qui poussent entre les haies bien taillées de ces lotissements sont parfaitement heureux ; insouciants, plutôt. Tous les parents ne sont pas des monstres, tout comme leurs engeances ne le sont pas toutes non plus. Ca a été difficile à admettre pour toi, douloureux même, de pleinement réaliser que le hasard n’a ni sens ni morale, mais c’est une étape nécessaire pour la construction de ce nouveau toi libre de tes vieux carcans.

Peu à peu avec les réponses de la fed’, tu te rends compte que la tâche qui t’incombe risque d’être plus difficile qu’anticipée. Non seulement va-t-il falloir analyser les quelques bribes de musique incriminantes, mais il va aussi falloir les soutirer avant. Une caméra de surveillance n’embarque pas souvent de micro, et quand elle en est munie, ils sont rarement plus fiables que ceux d’un vieux téléphone portable d’il y a quinze ans. Autrement dit, il va falloir s’en remettre à un témoignage oral de la part de totaux béotiens.

- Un real book c’est un gros livre – surprenant, je sais – qui compile un bon paquet des standards de jazz les plus populaires.

Tu plisses les yeux un instant pour essayer de déterminer sur tu vas aussi devoir lui expliquer ce qu’est un standard. Incapable de trouver cette information sur le visage de l’agent Weiss, tu poursuis.

- En gros, c’est un pense-bête géant pour musicien de jazz. A l’époque, les gens écrivaient chacun le leur et le gardaient pour eux, on appelait ça des fake books. Y’a deux types dans les années 70 qui ont juste décidé de publier le leur et de l’appeler real book, parce qu’ils pensaient visiblement avoir de l’humour. Enfin, tout ça pour dire que la transmission de la musique était surtout orale, et que ça ressemble un peu à ce qu’on va faire là.

Finalement, la densité des habitations décline encore drastiquement en atteignant la bordure de la couronne de la ville. Les riches n’aiment pas se mélanger ; ils pensent que leurs quartiers barricadés les protègent de ce qu’ils attribuent à la jalousie et la malveillance innée d’un lumpen omniprésent. Oh, il n’y aura qu’à sonder une seconde le regard de ceux à qui vous allez porter secours : tu y devines déjà sans les avoir vu la lueur irrépressible au fond de leurs yeux, honteuse étincelle de honte de devoir avoir recours à des prolétaires pour résoudre leur problème. Comme si les murs qu’ils hantaient avaient été érigés de leurs seules mains boudinées. Un soupir discret t’échappe rien que d’y penser alors que la voiture secoue en escaladant la marche de béton en face de la station-service.

Tu hoches la tête brièvement en réponse à Selma, et tu la regardes s’extirper de la jeep en te laissant seule à l’intérieur pour une poignée de secondes. Les clés sont encore sur le contact, et l’espace d’un instant, l’idée de simplement t’enfuir avec la voiture te traverse l’esprit. Pour aller où ? Aucune idée ; peut-être défoncer une barricade de bourgeois ? peut-être même pas par esprit de révolte, mais juste pour truander un fix d’adrénaline et te sentir exaltée. Sans que rien n’en transparaisse sur ton visage, tu repousses cette idée dans un coin sombre de ton esprit et te décides à brancher ton téléphone sur le système audio de la voiture. Parcourant d’un coup d’œil les titres de tes playlists sans fin pour enfin te décider. Nightrider t’a semblé être un choix approprié.
Alors, tu t’étires longuement contre le dossier à peine abrupte de ton siège et déroule l’arrière de ton crâne contre l’appui-tête en fermant les yeux. Tu sais ton temps seule s’épuisant à vive allure, alors tu profites de chaque instant pour laisser les sonorités douces-amères de la chanson t’envelopper d’un duvet confortable et familier pour t’aider à faire l’effort de te fondre dans la société.

Sans surprise, la conductrice rentre peu après dans l’habitacle, et sans surprise, elle ne te félicite pas de ne pas avoir pris la fuite. Si les gens savaient toutes les pulsions qui te passent par la tête, peut-être seraient-ils plus cléments en reconnaissant les efforts qu’il faut fournir pour les réprimer ? Peu de chance, ils te prendraient sans doute pour une dangereuse malade à la place. Ou qui sait, peut-être est-ce que ces pulsions sont communes au genre humain mais trop taboues pour que l’on le sache déjà ?
A la place, tu as une bouteille d’eau pétillante et un commentaire à l’humour dangereusement gentillet que tu ponctues tout de même d’un ironique « Amen ». Te laissant encore une dizaine de secondes pour faire la transition depuis ta transe cotonneuse vers la réalité, tu attrapes ensuite la bouteille et en descends quelques gorgées bienvenues avec parcimonie.

- Au moins ça la rend pas moins bonne, c’est déjà ça.

Retour sur la route, donc. Point de parole nécessaire lorsque les mélodies remplissent à merveille l’espace sonore. Ton coude appuyé contre la portière, et le menton appuyé sur le coude, tu admires le ciel rouge-orange et ses airs de fin du monde en silence. La fin de la première chanson arrive, et la lecture aléatoire décide de jouer d’ironie en jouant One of us is the killer. Bien sûr, l’ironie n’est palpable que lorsque l’on connaît la chanson, mais c’est ton cas et un sourire amusé fleurit un peu à tes dépends sur ton visage pâle.

- Si la musique te plaît pas, dis-moi. Peut-être que j’envisagerai de la changer.

Ca sonne comme un trait d’humour, mais tu es absolument sérieuse. Tu as tendance à considérer tes goûts comme absolus, et quiconque n’aimerait pas ce que tu aimes serait affable et insensible. A vrai dire, tu comptes sur la politesse apparente de Selma pour qu’elle te dise que tout va bien et te laisser le contrôle de la programmation.

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