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Come back when you can • Lilas

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Pseudo : Nero
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Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Dim 24 Avr - 4:03 (#)


You left your home.
9 juin 2021.

C’était le genre de lettre qu’on ne recevait pas tous les jours.
Le genre de lettre qu’on n’attendait pas.
Le genre de lettre qu’il n’espérait plus.

C’était le lendemain de ses retrouvailles avec Victoria Osborne, que le sorcier s’était rappelé du courrier à prendre. Il était descendu du haut de ses quatre étages, écoutant les vies de ses voisins qui, depuis l’autre côté de la porte, se résumaient pour lui au passage d’un aspirateur, au bip d’un micro-ondes, à une dispute téléphonique, voire à l’émission de télé-réalité du moment, volume à fond. Dehors, il faisait bon. La journée s’annonçait belle, le quotidien régnait, sans son côté morne. On aurait eu peine à distinguer les étincelles annonciatrices de quoi que ce soit. Dalzell Street vivait, sa vitesse de croisière agrémentée par les petits deals habituels, par les bagnoles garées un peu n’importe comment, et par son insécurité habituelle, devenue presque rassurante pour qui avait presque toujours vécu là. Dans ces moments-là, il n’aurait pas eu besoin de forcer de beaucoup son imagination. Il aurait pu se propulser sans peine une dizaine d’années plus tôt, juste avant que n’éclate la Révélation. Résidant dans le même immeuble, gravitant dans le même quartier, allant et venant dans la même cage d’escalier et fréquentant les mêmes voisins de palier. C’était bien avant que tout ne se complique, bien avant que les enjeux épuisants d’aujourd’hui n’obligent les uns et les autres à adopter une ligne de conduite bien définie. C’en était fini de se laisser flotter au gré du courant. C’en était fini de se laisser happer par les jours et les nuits passant, objectant un métier harassant, les factures à payer, le caddie à remplir et les crédits à rembourser. Il fallait composer avec autre chose, désormais. De la prostituée de bas étage au magnat de la finance, plus personne ne pouvait détourner le regard. Ceux qui s’y essayaient encore tomberaient bientôt de haut, s’il leur restait un brin de conscience et d’éthique en réserve. En attendant, Eoghan Underwood se laissait aller à un brin de nostalgie qui ne lui était plus si coutumier, et qui ne dura que le temps d’aller récupérer son fichu courrier. Soulagé d’avoir évité de croiser le terrible Gary Strobe, heureux de ne pas avoir eu à sourire à Eva Harker, il avait récupéré la pile modeste d’enveloppes sans faire attention au tampon-signature des services postaux, indiquant la provenance européenne de l’une d’entre elles en particulier.

Lorsqu’enfin, revenu chez lui, les nom et prénom de Vinzent Henkermann étaient apparus, de cette écriture si élégante qu’il aurait reconnue entre mille sous ses orbes écarquillés, il avait pu sentir ses jambes trembler. Son cœur s’était emballé de façon inquiétante, et un coup de chaud n’ayant rien à voir avec l’été à venir n’avait pas manqué de le faire suffoquer. Il avait contemplé l’étui de papier légèrement bombé, et il s’était demandé l’espace d’un instant pourquoi celui qu’il considérait comme son frère avait choisi ce mode de communication suranné. Il n’y avait bien que Vinzent, pour lui envoyer une lettre. Toutefois, il comprenait déjà ce que sous-entendait ce choix guère laissé au hasard. Il y décelait une envie d’intime, de sécurité, de protection et de cryptage comme les arcanistes s’y employaient depuis des années pour graver leur savoir en toute sécurité. Il s’était assis, le souffle coupé. Puis, au terme de plusieurs longues minutes seulement, il avait trouvé le courage de la lire.

•••

Il s’était garé devant le manoir sous une pluie battante, comme il avait l’habitude de le faire autrefois, et comme il l’avait fait à l'occasion depuis quelques mois ; depuis que Gunnar lui en avait rouvert les portes. Cette fois, cependant, ce n’était pas pour engager la conversation, prendre des nouvelles du domestique, voire l’aider à quelques travaux au jardin. Gunnar l’avait compris. D’un sourire prudent, discret et pudique mais toujours bienveillant, il se déroba au jeune homme pénétrant à l’intérieur, le rendant à une solitude nécessaire. Vitale. Le sorcier, quant à lui, ne sut jamais à quel moment le gardien des lieux s’était évaporé. Il aurait pu tout aussi bien se trouver seul, désespérément seul dans cette maison bien trop grande pour un seul homme. Pourquoi avait-il ressenti le besoin de prendre sa voiture ce jour précis pour retourner fouler ce plancher qu’il connaissait par cœur ? De quelle confirmation avait-il besoin ? Aucune. Ce n’était que la manifestation physique de son traditionnel masochisme, doublé d’une confusion qui n’avait pas cessé, depuis que les lignes avaient commencé à danser sous ses yeux.

Il ne reviendra pas.
Vinzent Henkermann ne reviendra pas en Louisiane.

Il se rendit dans le salon aux tentures écarlates, contempla la vacuité des canapés et fauteuils où nombre de soirées s’étaient déroulées là, paresseusement vautrés entre les coussins, le gosier rempli de bon whisky ou de la fumée d’un nombre indécent de cigarettes. Pour deviser magie, pour déblatérer de la vie, pour causer des femmes. De Marlow, de Lilas, d’Erika, de Sylia. Ce même salon où on l’avait déposé exsangue, et il sut qu’il voudrait revoir sa chambre, celle dans laquelle il n’avait pas remis les pieds depuis une éternité, maintenant. Il se faufila sans bruit dans les escaliers, gagna l’étage, et se dirigea vers la porte familière. La chambre des maîtres se trouvait juste en face. Il contint sa curiosité indélicate, et se contenta de tourner la poignée pour entrer là où il avait passé certaines de ses plus belles nuits. Rien n’avait changé. Depuis plus de trois ans maintenant, c’était toujours la même disposition, le même mobilier, et la salle de bain attenante non plus, n’avait pas bougé. Les souvenirs le prirent à la gorge, bouffant ce calme qui n’était que factice, pour mieux libérer les premières trombes d’une tempête intérieure.

Il avait beau savoir quel gâchis ses actions avaient provoqué, comment le schisme de leur amitié s’était installé, il lui sembla que jamais encore il ne l’avait ressenti avec une telle acuité, avant cette seconde précise. Il comprit qu’il était venu dans le but de poursuivre quelques chimères, le fantôme de ce qu’avaient pu être leurs échanges. Il entendait leurs rires, dont les échos se tenaient bien tapis dans les gravures du bois. Il respirait les parfums du tabac comme de la bonne cuisine, entre deux courants d’air tièdes sentant l'herbe coupée. Il revoyait les mines de son meilleur ami, ses poses nonchalantes, sa silhouette qui lui paraissait grandie, et qu’importe qu’on puisse railler l’arcaniste sur sa taille plus modeste que d’autres. Dans la tête d’Eoghan Underwood, Henkermann n’était pas si différent de la carrure d’un Diatlov. La montagne composée par ses connaissances, la puissance de son intuition, la sagesse de ses raisonnements, l’audace de ses expériences… Vinzent Henkermann était le meilleur d’entre eux tous, point final. Et il ne reviendrait pas.

Pourtant, il l’aurait attendu des mois et des mois encore.
Il l’aurait attendu plus d’une décennie, s’il l’avait fallu.
Il s’était tordu l’esprit, avait ressassé mille scénarios, mille tentatives pour envisager de reprendre contact, pour s’excuser, pour négocier. Mais négocier quoi ? On ne négociait pas avec la réalité, la vérité nue. On ne négociait pas, quand on avait pris la décision de marcher sur la vertu et le Bien, quand on avait choisi l’opprobre et la vengeance, en désespoir de cause. Entre eux deux, le sujet était clos. Il resterait irrésolu, car jamais ils ne pourraient s’entendre, là-dessus. Eoghan avait beau éprouver certains regrets, il ne remettrait pas en cause ce qui les y avait décidé. Il avait choisi d’assumer. De fait, ils s’étaient séparés fâchés. Et même si aucune accusation blessante, même si aucun mot immonde n’avait émaillé le récit de son jumeau éveillé, il lui semblait que chacune de ces phrases consignées n’avait été autre qu’un énième coup de semonce, déterminé à souligner une dernière fois la résignation sereine de son double.

Vinzent ne reviendra pas.

Lui non plus, ne pourrait plus revenir ici.
Il ne se voyait pas errer encore dans les parages, maintenant convaincu que plus rien ne serait comme avant.
Il avait parachevé son œuvre : celle de détruire l’une des relations les plus puissantes de toute son existence. Ce cadeau des dieux, ce don du destin, cette rencontre que rien n’aurait pu prévoir, étaient à présent réduits en cendres, et de ces cendres on ne trouverait bientôt même plus une trace.

Les mêmes étoiles ont pleuré pour nous mettre au monde.

Il suffoqua, incapable de réprimer la ligne humide bordant ses yeux, mais qu’il ne transformerait pas en larmes, il se le promettait. Il n’avait pas le droit de pleurer la mort de leur fraternité. Il n’avait pas le droit de veiller cette ultime victime, massacrée de ses propres mains. Il n’avait plus le droit.

Le Louisianais accorda un dernier regard à la pièce. Puis, sentant sa résolution faillir, il s’empressa de reculer pour refermer la porte sur son passage, faisant claquer le battant. Il pivota, prêt à faire un dernier tour de la bâtisse avant de faire ses adieux à Gunnar pour mieux s’en aller définitivement.

C’est alors qu’il la vit.
Elle.
Au beau milieu du couloir.

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Louisiana Burning

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Come back when you can • Lilas DPfsesr
Lilas Hirsch
Lilas Hirsch
"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
☽ YOU LEFT ME IN THE DARK ☾

"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


Come back when you can • Lilas WyLHcm2 Come back when you can • Lilas XUhs7fD Come back when you can • Lilas 0xQu1ZP

En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

Come back when you can • Lilas AdPjFI9 Come back when you can • Lilas USZhV3d Come back when you can • Lilas H0dVnoF

"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
Thème : Cosmic Love - Florence + The Machine
Come back when you can • Lilas 1564094826-lilas-vinzent
I'm always in this twilight


Come back when you can • Lilas P7xF5iI Come back when you can • Lilas HYHmQYL Come back when you can • Lilas 8RKyX42

"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

Pseudo : Akhmaleone
Célébrité : Xian Mikol
Double compte : La Plante Verte, Le Hibou, La Catin et La Sorcière
Messages : 1187
Date d'inscription : 16/12/2018
Crédits : Jenesaispas (Ava) Pando (Icon)
Dim 24 Avr - 21:06 (#)






COME BACK WHEN YOU CAN




 La demeure est désespérément vide. C’est la première pensée qui la traverse en passant les larges portes d’entrée. Vidée de sa substance, de ce qui faisait vibrer les murs d’une énergie fascinante. Privé de Vinzent, le manoir ne redevient que ça. Un manoir. La bâtisse semble perdre de sa splendeur une fois son arcaniste éloigné, comme si la seule force de l’esprit gigantesque du sorcier avait été ce qui lui avait donné cette aura délicieuse. Du bout des doigts, l’Outre effleure les boiseries, caresse le bois vieilli et toujours gorgé de l’Écarlate. Terne. La vibrance des couleurs de l’essence de Vinzent a eu le temps de s’évanouir après presque un an et demi sans son Maître. Elle avance en silence, Lilas, observant la maison vidée de sa substance. Gunnar reste en retrait, silencieux lui aussi, comme si le vieil homme percevait aussi brutalement qu’elle l’absence de celui qui l’avait amené ici. Elle décide de ne pas troubler l’obscurité et demande, dans un chuchotis à ce que la lumière reste éteinte. Elle n’en a pas réellement besoin, elle a passé tant d’heures, tant de journées et tant de nuits dans ses murs qu’elle ne ressent pas le besoin de troubler la vieille bâtisse par une lumière crue en pleine nuit. Le voyage l’a épuisée, et les larmes ont fini d’achever le travail. Elle ne s’y était pas attendue. Ayant fait la paix avec la décision de Vinzent depuis quelque temps déjà, elle ne s’était pas attendue à la réaction qu’avait appelé le visage de Gunnar l’attendant dans le hall de l’aéroport. Si la petite pancarte : « Miss Lilas » lui avait tiré un sourire, celui du vieil homme avait déclenché les grandes eaux, et elle était resté de longues minutes à pleurer en serrant sa main, avant qu’il ne lui offre un mouchoir et quelques mots d’encouragement.

Le voyage jusqu’au Manoir avait été silencieux et paisible, leurs deux esprits dirigés dans la même direction, celle du détenteur du bâtiment.²² Il devait manquer cruellement à ses deux employés, qui avait durant des années plus fait office de famille qu’autre chose, et pourtant, Gunnar n’avait eu aucun problème à l’accueillir, à venir la récupérer à l’aéroport, pour la ramener dans ce qui était désormais officiellement sa maison. Vinzent lui avait laissé le Manoir, lui avait dit d’en prendre soin. Il faudrait faire quelques voyages pour ramener ses dernières possessions de son appartement jusqu’au Manoir, mais après tout, le déménagement avait eu lieu progressivement au fil des mois, ses affaires atterrissant de plus en plus régulièrement dans la chambre qui avait été désigné comme étant la sienne. Une fois arrivée au pied de l’escalier, elle l’avait monté en silence, effleurant la rampe du bout des doigts, savourant la texture du bois polis et les picotements que l’Écarlate n’avait pas manqué de faire remonter le long de sa paume.

Elle s’était engouffrée dans la chambre, un sourire triste aux lèvres en découvrant la pièce conservée comme un musée. La toile en cours, une représentation de l’essence d’Anaïs, abandonnée avant son départ, trônant toujours sur le chevalet qui faisait face à la fenêtre. La peinture avait séché depuis longtemps et elle l’effleura du bout des doigts, se promettant de contacter la petite dès le lendemain pour aller prendre un café. Elle lui avait manqué et s’avérait être l’une des principales raisons de son retour. Du bout des doigts, elle effleure les draps, propres, qui couvrent la literie avant de laisser tomber son sac sur le tapis dans un bruit sourd. Épuisée, elle se laisse tomber sur le lit, effleurant du bout des doigts la feuille qui traîne sur le dessus de sa table de chevet. Un post-it, couvert de l’écriture d’Eoghan, qu’elle avait laissé derrière elle en partant. Sous ce dernier, un mot de Vinzent, lui rappelant de terminer un essai qu’il lui avait demandé de finir. Un rire sans joie lui échappe en lissant le papier sur sa cuisse. Elle le repose sur la table en se promettant qu’elle finira le papier demandé par celui qui avait été son mentor, son amant et bien plus encore. Elle lui enverra par mail. Ses yeux retombent sur le post-it, tout froissé d’avoir été plié et déplié un nombre incalculable de fois. Il n’a rien de particulier ce post-it, pas de grande déclaration de son attachement à elle, rien, hormis une liste de quelques ingrédients sur lesquels faire des recherches. Rien de particulier, mais l’un des rares objets qu’il lui reste de lui. Elle effleure le papier abîmé du bout des doigts en soupirant.



Elle savait, en revenant, qu’elle devrait faire face à son absence autant qu’à celle de Vinzent. La maison familiale de ses grands-parents avait été un baume, une forme d’oubli facile. Parce qu’il n’y avait jamais mis les pieds, parce qu’elle n’avait pas de souvenir de lui dans les rues de son village et parce que l’Europe n’était qu’un endroit lointain pour lui. Mais ici, dans cette maison où leur chemin s’était croisé pour la première et la dernière fois, elle ne pouvait pas y échapper. Eoghan lui manquait, cruellement, chaque jour, la douleur refusait de disparaître. Elle verrait chaque jour l’absence du sorcier où qu’elle aille, mais elle avait eu besoin de revenir. Elle laisse silencieusement les larmes s’écouler le long de ses joues, et accepte avec soulagement le sommeil qui vient la prendre, la main toujours fermement serrée autour du morceau de papier.


______________


Elle se redresse légèrement, arquant la tête en direction de la porte, un air étonné sur le visage. Rapidement, elle se laisse glisser tomber sur la bâche qui couvre le sol, le pinceau qu’elle tenait. Incapable de quitter sa chambre elle a fini par retirer le tableau inachevé d’Anaïs, le remplaçant par une toile vierge sur laquelle elle pose ses souvenirs. Aplats de rouge, l’arche d’un sourcil, l’angle d’une mâchoire. Dans l’amas de couleur vives et ternes, se dessinent les traits de celui dont elle a rêvé cette nuit. Elle se fiche des taches qui s’accumule sur ses doigts, ses joues, son nez. Elle s’en fiche parce qu’elle a besoin d’évacuer. Le décalage horaire et la fatigue mentale lui pesait trop pour qu’elle se sente capable d’explorer la bâtisse vide de vie. Elle avait, presque inconsciemment, éteint son don, refusant d’observer l’Écarlate vidée de sa substance qui s’attardait encore sur les murs. Vinzent n’était pas mort, il avait simplement choisi de ne pas rentrer, mais le Manoir ressemblait à une veillée funéraire ainsi paré de son essence diminuée. Ses pieds nus glissent sur le parquet dans un quasi-silence quand elle s’approche de la porte, l’entrouvrant pour observer l’origine du bruit qu’elle a cru entendre. Ne voyant rien, elle se décide à avancer, se glissant dans le couloir. Elle se retourne brusquement en entendant une porte claquer et son don flambe en se remettant en marche. La noyant quelques secondes sous l’avalanche de stimuli. Elle oscille et cligne des yeux à plusieurs reprises, prenant conscience de la fournaise autour d’elle, de l’odeur familière de sauge et de l’essence qui vrombit face à elle. Elle inspire profondément, une dernière fois avant la tempête.

Cimentée au sol, elle cherche à respirer, haletant en fixant la personne qui lui fait face dans le couloir. Ses yeux grimpent, grimpent, grimpent, découvrant les rangers, familières et une fois de plus maculées de boue, le jean sombre, le t-shirt tout aussi noir et la veste en cuir qui couvre des épaules larges, glissant le long de bras qui se terminent par des mains bardées de cicatrices, elle remonte encore, dévore des yeux la gorge et la mâchoire, puis les lèvres, le nez, les sourcils, froncés, les cheveux légèrement humide, et enfin. Enfin. Elle plante ses prunelles de jades dans l’océan qui lui fait face. Son souffle rate un tour, puis deux, avant qu’elle n’arrive enfin à inspirer profondément en un halètement sonore qui résonne dans le couloir. Elle s’arrache à la vision pour observer ses mains, qui ne touchent rien, consciente qu’il ne s’agit pas d’un jeu de sa psychométrie dont elle aurait perdu le contrôle. Incapable de bouger, de parler, elle ouvre la bouche et la referme comme un poisson. Des mois. Des mois à le pleurer, à le rêver. Des mois à reconstruire son monde en morceaux, à rafistoler les morceaux d’elle, lui abandonnant ceux qu’il avait arraché en disparaissant. Des mois à tenter de retrouver un sens dans cet univers qui venait de perdre son astre le plus brillant. Pour découvrir qu’il n'avait tout simplement pas bouger. Le gémissement qui s’échappe de ses lèvres ressemble au cri d’une bête blessée, à l’agonie, et elle tremble quand les larmes s’échappent enfin, roulant sur ses joues, venant s’échoir au bout de son menton pour mieux tomber sur le parquet. Elle cherche de l’air, quelque chose, quelqu’un pour l’aider à respirer, pour lui permettre de retrouver un sens à ce qui se déroule sous ses yeux. Eoghan est mort. La phrase roule dans son crâne une fois de plus, désormais teinté de la saveur dégueulasse du mensonge. De la tromperie.

Une main se tend, un pas, puis deux, et elle s’arrête, scannant son visage, son essence des yeux, incapable de prendre conscience de la réalité d’un moment qu’elle avait été incapable de rêver. Est-elle morte à son tour ? Est-il réellement là ? Ces mois de cauchemars, auraient-ils été en vain ? Elle est incapable de réagir, ne sait pas quoi dire, quoi faire, de peur de le voir soudainement disparaître. Elle craint plus que tout qu’on le lui arrache une fois de plus et elle revoit les moments idylliques qu’on avait essayé de lui faire avaler lors d’Halloween. Mais son don ne ment pas, non ? Elle tremble si fort, qu’elle craint de s’effondrer et cligne des paupières dans l’espoir dans chasser les larmes qui viennent brouiller sa vision. Qui l’empêche de pleinement se gorger du visage qui lui fait face. Les souvenirs s’entrechoquent dans sa mémoire, il est partout, il a pris une si grande place. Le Soleil. Elle redresse légèrement la main, l’approchant de l’apparition qui lui fait face, les doigts se déposent doucement sur le coton usé. Comme toujours la chaleur remonte le long de son bras et s’enroule au creux de son ventre, palpitant au rythme de son cœur qui s’agite contre sa cage. Elle referme les doigts, les emmêlant dans le tissu, son souffle s’échappant bruyamment d’entre ses lèvres, rauque. Elle s’agrippe à ce bout de tissu avec toute la force de ses doigts, incapable de le lâcher maintenant qu’elle le tient. Ses yeux quittent la vision de sa main pour cheminer jusqu’à son visage. La tête penchée en arrière, elle le fixe, perdue, avant qu’enfin ne s’échappe la seule phrase qu’elle peut formuler en cet instant. « Tu étais mort… » Un souffle, rien de plus, qui vient effleurer le menton du sorcier. Les larmes reprennent de plus belle, la simple phrase ravivant la plaie, qu’elle pensait pourtant avoir refermée, de son deuil. « Eoghan… »


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Eoghan Underwood
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"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
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⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Mar 3 Mai - 0:32 (#)


You left your home.
Incapable de réfléchir.
Il resta figé, tétanisé sous le choc qu’il n’était pas le seul à ressentir. L’air parut disparaître de ses poumons sans crier gare, à lui en faire mal. L’expiration douloureuse de Lilas, résonnant dans le couloir, lui sembla être l’écho parfait à ce qui lui rongeait les bronches. À l’intérieur, c’était la déchirure. Il ressentit une angoisse, une joie sauvage, un soulagement, un regret amer, tous aussi vifs, sans distinction. Lilas ne savait pas. Lilas n’aurait jamais dû savoir que Vinzent avait menti. Il s’agissait alors non seulement d’épargner la parole censée être sacrée de son meilleur ami, mais également de sauver ce qu’il demeurait du cœur brisé de celle qui avait été son amante. Et maintenant, elle savait. Elle savait qu’il n’était pas mort. Elle savait que le sorcier qui se tenait à quelques pas, face à elle, n’avait rien de l’inconsistance vaporeuse d’un esprit. C’était bien lui. Tout de chair, de colère et d’erreurs fabriqué, revêtu. Il n’avait pas prévu ces retrouvailles-là. Ce n’était pas censé se passer comme ça. Dans son esprit, un trait net, épais, précis, avait barré la Française de son existence, conforté par la lettre reçue. Ce qu’il avait demandé à Anaïs était sincère. Il ne voulait pas leur infliger cela. Mais c’était trop tard. Le choc qu’il lut sans peine dans les yeux ébahis de Lilas le conforta dans la certitude que la jeune outre ne l’avait pas trahi. Elle avait tenu sa langue.
La plainte qu'elle poussa le laissa dévasté, agissant en un véritable électrochoc qui ne lui permit pas pour autant de retrouver sa mobilité. Seuls ses orbes s’agrandirent, trahissant son affolement, le désir profond de la serrer dans ses bras, sans s’y autoriser. Ses narines palpitèrent, comme chaque fois qu’un début de panique ou de fureur se répandait dans ses entrailles. Il allait étouffer, à défaut de la noyer elle d’excuses sans fondement, rendues obsolètes avant même d’avoir été articulées. Elle s’approcha, et il aurait tout aussi bien pu s’enfuir en courant ; la crainte de la mésange était en effet loin d’être injustifiée. Pourtant, il resta là. Il l’observa s'avancer, annihiler la distance, porter ses mains dans sa direction, tandis qu’un spasme ou deux se mirent à contracter son torse tout entier. Il était au bord du malaise. Ses méninges, elles, demeurèrent incapables de fonctionner, de se livrer aux moindres prémisses d’un raisonnement.

Que pouvait-il lui dire ? Qu’y avait-il à faire ? Rien. (Il n’y a rien à dire.)

Jamais elle ne lui avait paru aussi vulnérable. Chaque détail lui sautait à la gorge. Des tâches de peinture maculant çà et là ses mains ou sa joue, de ses pieds nus foulant le sol sombre, jusqu’à cette sensualité qui lui avait toujours collé au corps, qui l’avait toujours attiré, souvent pour le pire. Il avait fait tant de mal à Lilas, sans qu’elle ne le sache. En pensée, sa violence, ses pulsions, ce besoin de l’écarteler, de la soumettre, de la réduire à cet objet de possession, de convoitise, ce trophée que Vinzent lui avait brandi, peut-être lui aussi sans s’en apercevoir. Toute cette violence, celle qui constituait une partie de son identité, il l’avait enterrée le plus profondément possible avec elle. Même alors qu’elle l’y appelait, masochiste, même lorsqu’il consentait parfois à relâcher les rênes de quelques centimètres, il avait toujours pris garde. Il n’avait jamais voulu la crucifier. La cruauté occasionnelle de l’homme à qui elle s’était déjà unie était suffisante pour alourdir encore de sa propre hargne une croix durement portée. En quelques mois, combien de débats houleux, au sujet de cette foutue violence ? Elle n’avait jamais perdu foi en lui. Elle avait toujours tenté, si fort, de l’inciter à baisser les armes avec elle. Et lui… Lui, plutôt que de se raccrocher à l’amarre qu’elle lui avait offert, en avait fait céder les liens d’un seul coup de sabre, bien placé. Chacun des tremblements de Lilas lui étaient insupportables. Chaque impression de froid qui lui semblait frapper sa peau, n'était rien d'autre qu'une insulte. Lilas avait-elle failli céder à l’hiver ? L'idée même lui en était intolérable.

Au moment où elle accrocha le tissu de ses vêtements, ce fut comme un coup de poing reçu en pleine pommette. Son odeur le frappa de plein fouet. Il s’agissait d’un parfum maintes fois humé ; au détour d’un couloir de ce manoir, troublé par la peinture, l’herbe fraîche ou le cuir, voire juste avant ou après l’amour. Elle s’agrippa à lui, et malgré le mouvement de recul qu’il faillit amorcer, l’arcaniste resta cranté au plancher, au fur et à mesure que ses yeux s’embuaient à son tour. Il ne parvint pas à soutenir son regard, baissant la tête pour fuir le déshonneur, la culpabilité, la peine qui lui non plus ne l’avaient pas quitté depuis ce foutu mois d’octobre. Il ne s’était pas rendu compte, alors. Quand l’avait-il revue pour la dernière fois ? Quand avait-il capturé son dernier sourire ? Son estomac se serra. Sa nuque ploya davantage vers l’avant, cherchant à lui planquer son visage tout à fait, à lui dérober l’image dont il avait honte, devant elle.

« Je… »

Prends garde.
Prends garde à ce que tu vas lui dire.
Car ta parole à toi, restera à jamais entachée de fiel et de parjure.


« Je te demande pardon, Lilas… »

Il ne voyait plus ni les lattes, ni leurs ombres. Il n’entendait plus la pluie au-dehors, de même qu’il n’aurait pu deviner la présence de Gunnar entre les murs, percevoir les dernières traces de Vinzent en ces lieux, ou reconnaître la rumeur de leurs rires enterrés.

« Je te demande pardon pour tout. »

Ses poings serrés laissaient ses ongles diffuser la brûlure presque apaisante de ses ongles crantés à ses paumes. Il n’existait alors plus rien de la souplesse de sa démarche, de la nonchalance de son allure. Seule son échine basse venait trahir la droiture de sa silhouette. Il contenait alors comme il le pouvait les secousses de ses épaules, tout en s’interdisant formellement de tourner les talons, de s’épargner un face à face qu’il n’avait pas même le courage de mener dignement.

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Louisiana Burning

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Lilas Hirsch
Lilas Hirsch
"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
☽ YOU LEFT ME IN THE DARK ☾

"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


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En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

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"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
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I'm always in this twilight


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"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

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Mar 3 Mai - 1:45 (#)






COME BACK WHEN YOU CAN




Il lui semble que l’océan qui hier encore la séparait physiquement de lui, que l’univers qui était censé le lui avoir arraché, se dresse de nouveau entre eux. Ses doigts se referment sur le tissu, palpant la preuve tangible de la réalité d’une situation qui devrait avoir tout du rêve. Le staccato de son cœur qu’elle perçoit du dos de ses phalanges, son torse qui vient effleurer ses doigts à chaque inspiration douloureuse, tant de preuves physique de la présence de l’Arcaniste et la seule chose qui la pousse à croire ce que ses yeux lui montrent, c’est cette odeur. La fragrance du sorcier qu’elle aspire à grande bouffée malgré son souffle court. La sauge, le cuir, la fumée, la pluie aussi. Ce quelque chose de presque épicé qui n'appartient qu’à lui et qui a durant si longtemps été synonyme d’après-midi paresseuse entre des draps plissés par leurs ébats. Qui mêlé à celle de l’humus et de la vase avait accompagné leurs rires, une main sur les yeux pour se protéger du soleil qui traversait les branches du Bayou. Ajouté à la fragrance des herbes diverses, celle métallique du sang et au chuchotis de l’eau bouillonnante, les avait entourés durant les heures où elle l’avait observé s’oublier au-dessus des chaudrons, son front s’humidifiant progressivement d’un voile d’un sueur qui forçait les mèches d’ébènes à s’y accrocher. Elle reste comme une noyée, la bouche entrouverte, tout l’air du monde ne suffisant pas à remplir ses poumons d’un oxygène qui lui manque cruellement. Si Los Angeles, serait toujours associé à Vinzent et sa fragrance aristocratique, c’est celle d’Eoghan, plus légère et acidulés, qui se lierait pour l’éternité à la Louisiane.


Le Soleil. Le soleil est revenu sur cet hiver interminable qui semblait l’avoir engourdie. Étouffant les sons, les odeurs et les couleurs, couvrant son horizon d’un voile gris, teintant les plus belles fleurs d’un filtre noir et blanc que rien ne semblait pouvoir éclaircir. Il fuit son regard, détournant d’abord les yeux avant que sa tête ne suive le mouvement, lui refusant la lumière dans l’obscurité. Elle pourrait hurler de dépit quand il la fuit, quand elle le voit s’éloigner sans même avoir à bouger. Un couinement s’échappe de sa gorge, sa propre caboche se tordant sur son cou, pour essayer de retrouver le céruléen qui lui a toujours fait penser à celui d’un ciel sous acide. Tellement plus beau, plus bleu, plus vibrant, plein d’une vie qui lui a cruellement manqué. Combien d’heures perdues dans ses prunelles, à communiquer silencieusement, pour le monde des mortels, quand leurs esprits s’effleuraient, quand ils ouvraient des portes d’ordinaires fermées à tous. Combien d’heures à effleurer sa joue, ses cheveux, son cou. Combien d’heures à lui sourire, à l’apprendre par cœur. Combien d’heures à s’offrir, corps, esprit et âme, à cet homme qui aujourd’hui se tient la tête basse, comme un enfant pris en faute, comme un criminel devant son juge. Elle pourrait hurler, l’Outre, de le voir comme ça, silencieux la tête basse, les yeux humides. Elle aimerait écharper la raison de cette souffrance contre laquelle elle se sent impuissante. La phrase, encore et toujours, qui raisonne, tambourine, s’écrase contre les parois de son esprit. Qui emporte avec elle la vague d’émotion, la retourne, la plie et la brise, contre les murs de sa psyché.


Mort. Mort. Mort.


Il parle. Il parle et la vague de couleur qui l’agresse la pousserait presque à le lâcher si elle n’avait pas aussi peur de le voir disparaître. Elle cligne des paupières à plusieurs reprises pour chasser les éclats qui s’attardent dans son champ de vision et viennent l’empêcher de l’observer avec toute l’acuité qu’elle veut. Les larmes roulent, se chassant les unes les autres, glissant le long de ses joues, de son cou, humidifiant tout sur leurs passages, teintant l’instant d’une odeur iodée. Elle n’écoute qu’à moitié ses paroles, ses yeux dévorant l’image de la Rougeoyante qui s’enroule autour de lui, qui semble aussi contrite que son porteur. Elle aimerait pouvoir la caresser de ses mains, apaiser de son toucher la peine qui l’étouffe. Mais en elle, la vague tourne, le vent change et la mer se fait grosse. « Pardon ? » Son regard se fait incisif quand il retombe sur le sorcier, l’air qui lui manquait tant lui semble soudain brûlant, âcre, acide dans ses poumons. Elle la sent ronfler en elle, sa colère, et elle n’a aucun mal à imaginer sa propre essence se hérissant autour d’elle. « Pardon pour quoi ? » Elle secoue la tête, sa prise se faisant plus ferme sur le tissu de son t-shirt, l’attirant juste un peu plus près. Elle aimerait, de sa seconde main lui faire relever la tête, le forcer à croiser son regard, mais elle ne se fait pas confiance. Vinzent a menti. L’idée est tellement énorme, tellement inadmissible qu’elle frémit en essayant de forcer son esprit à l’accepter. C’est d’entre ses dents serrées que s’échappe le filet de voix plein de fiel qu’elle lui envoie. « IL m’a mentit. IL m’a caché la vérité. » Une profonde inspiration la pousse à lâcher le tissu qu’elle tenait fermement jusqu’ici, ses doigts douloureux d’avoir serré si fort. Sa peine se mêle à sa rage, la nourrissant aussi sûrement que du bois sec encouragerait un feu de camp à dévorer la forêt. « Mais… » Elle inspire une fois de plus, les poings serrés, tendue comme un arc, le souffle court pour une tout autre raison.


Sa main se dresse, sans qu’elle y pense et elle s’empare du col de son t-shirt, le forçant à la regarder dans les yeux, trainant son visage jusqu’au sien. Elle doit avoir l’air à moitié folle, les cheveux épars, les joues et les yeux toujours baignés de larmes, mais elle sait que son regard doit brûler d’une flamme qu’il n’a que très rarement vu. Elle le secoue, du moins essaie. « Pourquoi tu m’as rien dit ? Pourquoi tu m’as pas contacté ? » Elle crache, sans crier, la voix venimeuse de colère. « Pourquoi tu m’as laissé croire que t’étais mort ? » Les insultes restent enfermées entre ses dents, malgré sa rage. Elle tremble, sa main frémissant d’être aussi proche de lui. Sous son crâne, la tempête fait rage, elle perçoit la chaleur incendiaire de sa peau à quelques millimètres de ses doigts. Comme il serait facile de l’abandonner cette colère, cette amertume d’avoir été abandonné par celui qui avait représenté un radeau de sauvetage et un îlot de sûreté dans cette Louisiane encore étrangère. Comme il serait simple de la pousser dans un coin pour simplement s’émerveiller de la chance qu’elle a de pouvoir à nouveau regarder dans ses yeux, d’à nouveau respirer le même air que lui. Mais elle n’a pas la force de le faire en cet instant. Elle détourne le regard une seconde, peut-être deux, notant pour la première fois les différences dans cette essence qu’elle connaît pourtant par cœur, ses lèvres se pinçant avant qu’elle ne raccroche à nouveau ses yeux. « Et putain, t’as fait quoi ? C’est quoi ça ? » Elle crache ses mots, sa main s’agitant pour indiquer l’état de la Rougeoyante, toute barbouillée de quelque chose qu’elle ne comprend pas et qui ressemble pourtant étrangement à ce qu’elle avait cru percevoir dans l’essence d’Anaïs.

Anaïs. La môme avait eu raison depuis le début. L’évocation de la gamine fait retomber sa rage comme un soufflé et sa main lâche le col du sorcier, pour mieux venir se poser contre son torse, la pulpe de ses doigts effleurant la soie de son épiderme. Un courant électrique remonte le long de son bras, la secouant d’un frisson, son souffle trouvant un semblant d’apaisement. Temporaire. « Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? » Elle ferme les yeux l’espace de quelques battements de cœur, pour mieux apprécier celui du sorcier qu’elle sent courir à perdre haleine près de sa paume. Elle sent ses forces l’abandonner d’un coup, l’épuisement la menaçant et elle pousse un profond soupir, se terminant en un sanglot silencieux. À nouveau, elle vient cueillir le regard du sorcier, sa seconde main venant s’enrouler autour de sa mâchoire, ses doigts s'enfonçant, peut-être un peu trop fort, dans sa chair. La communication est silencieuse, mais son regard exprime tout ce qu’elle n’arrive pas à dire. J’ai pas la force d’être en colère contre toi. Pas tout de suite. Peut-être plus tard. Peut-être demain. Tu m’as manqué. Parle-moi. Ne me fuis pas, par pitié.



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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
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Sam 4 Juin - 18:31 (#)


You left your home.
Entendre la souffrance de la jeune femme aussi clairement relevait de la torture. Et c’était lui qui, encore, la lui infligeait. Il n’y aurait pu avoir meilleure punition que celle-là, finalement. L’éloignement, l’absence, avaient cela de facile qu’il n’avait pas à la voir, à l’écouter geindre comme on aurait enfin fait éclater un bubon purulent : l’infection, enfin, pourrait commencer à guérir. Pour lui, c’était le chemin inverse qu’il resterait à accomplir. Pendant des mois et des mois, il avait cohabité avec ses souvenirs, avec les pensées parasites de Vinzent et Lilas, que son quotidien aurait de toute façon eu tôt fait d’abolir, d’effacer. Il y avait tant à faire. Peut-être était-ce également pour cette raison qu’il avait fui Shreveport. Il n’avait foulé ni Bâton-Rouge, ni New Orleans avec eux deux. Là-bas, il n’était pas obligé de visualiser leurs traits à chaque coin de rue. Aucun bâtiment, aucune maison, aucune chambre n’auraient à se montrer cruels en lui pointant du doigt ces pièces vides, désertées, comme si jamais rien ne s’y était passé ; ni étreinte, ni partage, ni communion. Il avait fui, il s’était jeté dans une cavale qu’il espérait éternelle, et voilà qu’à présent, il était rattrapé. Il lui restait à purger sa peine, à affronter la déception et le ressentiment de celle qui s’accrochait à lui comme une demi-noyée à son roc dans la tempête. Tu parles d’un roc, songeait-il. Il n’avait absolument rien de solide. Il n’était pas plus fiable que de la glaise. En apparence, on aurait rêvé de s’y accrocher, mais un brin d’humidité et voilà que la surface devenait meuble, gluante, que les doigts s’y enfonçaient puis glissaient, et lâchaient prise. Bref : il n’y avait rien à en attendre. Il n’était pas fait de granit. Il était à l’image du reste, en somme. Vicieux. Imprévisible. Un putain de crotale, et la mésange venait de recevoir une décharge de venin qui risquait fort de paralyser des ailes déjà mal en point. Et le pire… Le pire, dans tout cela, c’est qu’elle chercherait encore à lui sauver la mise. Peut-être pas tout de suite, pas maintenant, mais tôt ou tard… Lilas resterait Lilas. Elle lui trouverait des excuses, elle lui dirait que tout irait bien, elle tâcherait de l’enfermer dans ce cocon de tendresse et d’affection qu’il avait si souvent moqué, dénigré consciemment ou non. Lilas. Que n’avait-elle fui, elle aussi. Il ne restait plus rien de bon en Louisiane, pour elle.

Le ton de voix qu’elle emprunta, il ne le lui avait jamais entendu. Il n’en redouta la suite que davantage. Il avait raison. Il tressaillit quand elle accrocha son col, et s’il redressa la tête, ce ne fut que pour fermer les yeux, poings et mâchoires toujours aussi serrés. Il encaissa le souffle d’une colère qu’il ne lui vint pas à l’esprit de sous-estimer. Il n’esquivait pas son regard par lâcheté, mais il n’avait pas la force d’affronter les relents de haine qu’il craignait de voir contaminer l’eau calme et translucide de ses iris. Il ne voulait pas voir ça. Il ne voulait pas assister à ce gâchis dont il était responsable. Depuis presque deux ans qu’il s’efforçait d’assumer les conséquences des actes de l’Irae en plus de ses choix personnels, voilà qu’il affrontait désormais le pire. La plus douloureuse des épreuves. Il ne redoutait que le jugement de Lilas. Pour les autres, il y avait toujours eu une solution, une parade, une séparation acceptable. Mais pas pour Lilas. Pas pour elle.
Il ne rouvrit ses paupières que lorsqu’elle pointa du doigt les stigmates invisibles… et en écho, encore : pas pour elle… Lilas était une voyante. On ne pouvait lui mentir éternellement, et encore moins sur son aura entachée. Il ne chercha plus à fixer ailleurs que dans ses mires, cette fois. La réponse ne vint pas immédiatement. Comme épuisé, apathique, il ne put que s’attrister de son joli visage halluciné qu’il n’avait jamais vu dans un tel état, lui non plus. La médium était hypnotisante, de par ce toucher incroyable qu’elle ne se serait pas autorisé avec autant de fermeté, autrefois. Il ne lui en voulait pas, ne chercha pas à l’écarter, sensible à sa détresse, mais il ne put supporter de la sentir ainsi accrocher l’angle d’une mandibule. Le contact lui rappelait par trop Sylia Mulligan, et le sorcier cueillit le poignet gracile pour l’écarter, et nouer ses phalanges entre les siennes à la place.

« Il est arrivé ce qui devait arriver. » Il n’avait pas la moindre envie de se projeter de nouveau en octobre 2019. Pourtant, systématiquement fidèles, les images du Mall dégringolèrent dans sa caboche en berne, et il se revit allongé, sans se rappeler avoir perdu conscience. Il revoyait la paume de Vinzent soudée à celle de son jumeau, parlant avec il ne savait qui, il ne savait quoi. Les bribes de mots (« Mais si je n'avais pas été là, si j'avais répondu non, tu serais descendu quand même … ») giclaient aussi douloureusement que de l’acide sur la chair. « J’ai suivi une voie… Vinzent en a choisi une autre. Sûrement la meilleure. Il a toujours été plus lucide et plus intelligent que moi, c'est pas un secret. » La sénestre de Lilas dans la sienne, il aurait volontiers embrassé cette menotte tâchée de peinture, l’odeur d’acrylique se mêlant à celle de son ancienne amante lui ayant manqué au même titre que le reste. « Il ne t’a pas menti. Il avait raison. Symboliquement, peut-être. Mais il avait raison. C’est exactement ce que j’ai dit à Anaïs, il y a presque un an. Et tu ne devrais pas lui en vouloir. Tu aurais… c’était la meilleure chose à faire, pour toi. Rester avec lui, loin d’ici, et recommencer à zéro. Pourquoi est-ce que t’es revenue… ? » C’était presque une accusation, un étonnement, une connerie évidente qu’il soulignait sans faire preuve d’agressivité, néanmoins. « Y’a plus rien à sauver, ici. Vinzent s’est barré, et tu devrais être avec lui en ce moment même. Alors pourquoi t’accrocher là ? Y’a plus qu’des souvenirs, ici. Laisse-les où ils sont, embarque ceux que tu veux garder malgré tout, et reviens plus ici. » Bien sûr qu’il aurait voulu la supplier du contraire. Cependant, il était déterminé à prendre ses responsabilités. Lilas ne lui obéirait pas, elle ne lui obéirait plus. Mais elle devait l’entendre, de la part de celui qui se méfiait de l’eau qui dormait, du calme apparent revenu à Shreveport.

« Je ne savais pas qu’il t’avait dit ça… C’est Anaïs qui me l’a raconté. J’crois que c’était en août dernier. Avant ça… Je pensais que tu avais suivi Vinzent et pris son parti. Je n’ai pas osé vous recontacter, ni lui, ni toi. Moi aussi, je pensais que ça valait mieux comme ça. Puis quand j’ai su… » Un ricanement terrible, jaunâtre et blessé. « Il ne t’aurait jamais dit une chose pareille, s’il avait voulu que tu me retrouves. Alors j’ai décidé de respecter cette décision. Ne lui en veux pas. » La gorge encore serrée, il ne résista pas au désir de frôler la joue ronde de l’Éveillée, remerciant en silence ses dieux endormis de la revoir peut-être pour la dernière fois. À la contempler ainsi, les yeux rougis, les pommettes humides et les lèvres tremblantes, il n’aurait pourtant jamais transigé sur la fraîcheur, la beauté et l’énergie folle d’espérance qui bourlinguait dans son sillage, et qui était une chance pour tous ceux qui l’avaient croisé, la côtoyaient, et la rencontreraient plus tard. « Je voulais juste repasser une dernière fois ici pour… je ne sais pas très bien, finalement. Mais j’en avais besoin. Et j’regrette pas. J’pensais pas que t’étais là… »

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Louisiana Burning

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Lilas Hirsch
Lilas Hirsch
"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
☽ YOU LEFT ME IN THE DARK ☾

"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


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En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

Come back when you can • Lilas AdPjFI9 Come back when you can • Lilas USZhV3d Come back when you can • Lilas H0dVnoF

"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
Thème : Cosmic Love - Florence + The Machine
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I'm always in this twilight


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"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

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Dim 5 Juin - 2:59 (#)






COME BACK WHEN YOU CAN




Elle le connaît si bien. Il a accompagné tant d’heures de ces journées. Elle lui doit tant de ses sourires, de ses rires. La Louisiane toute entière aura toujours la saveur des lèvres d’Eoghan Underwood, sera toujours baignée de sa fragrance et illuminé de ses sourires. Rien, jamais, n’aura le même impact que ce morceau d’Amérique niché au creux d’un homme. Elle fixe son essence souillée d’un quelque chose indiciblement sombre, d’une noirceur terrifiante et envoûtante à la fois. Quelque chose qui n’a rien à faire là. Son don le lui hurle avec toute la force dont il dispose, poussant le duvet sur sa nuque à se hérisser, nouant sa gorge d’une sensation nauséeuse qui la force à abaisser la puissance de son don. Elle reporte son attention sur son visage, sur les yeux toujours clos, les muscles de sa mâchoire saillants sous l'effort qu'il leur impose. Elle pourrait presque entendre ses dents grincer tant il les serre les unes contre les autres, images parfaite de la souffrance. Son beau visage se déformant sous les émotions qu’il tente de contenir, parce qu’il refuse de les lui montrer avec une véhémence qu’elle n’a que rarement connu chez lui. Celui qui lui ouvrait les portes de sa psyché, qui la laissait vagabonder entre les méandres de ses pensées. Ses prunelles inaccessibles sont presque aussi douloureuses que le silence qui s’est étendu entre eux pendant des mois. Elle ne referait pas l’erreur qui lui avait coûté Vinzent. Si elle avait laissé partir l’Allemand, si elle avait choisi la solution de facilité en Californie, elle le ne ferait pas ici. Elle affronterait ce qui se terre derrière les paupières closes d’Eoghan, s’acharnerait jusqu’à l’obtention d’une vérité qu’elle à le droit de connaître.

Finalement, le rideau se soulève et ses yeux croisent les prunelles d’Eoghan. Son cœur se serre, son souffle s’évapore, laissant ses poumons cruellement vide. Désarmée, comme toujours face à ce regard qui ne sait pas cacher la vérité. Du moins, quand il croise le sien. Elle inspire lentement. Il semble épuisé, à bout. Il semble avoir abandonné le peu d’espoir qui lui restait et sa paume se relaxe inconsciemment sur sa joue quand les doigts du sorcier se referment sur son poignet. Elle le laisse faire, soufflée par ce premier contact qu’il lui offre. La sensation est électrisante, dévorante. Les langues de feu remontent le long de ses doigts, s’enroulent autour de son poignet, fusent le long de son bras et viennent se ficher près de son cœur avec la même violence qu’autrefois. En un spasme incontrôlable, elle resserre ses doigts autour des siens, plaquant sa paume contre la sienne, ses yeux ne s’abaissant qu’une fraction de seconde pour assurer son esprit de la réalité du contact. Ils remontent aussi sec pour se perdre de nouveau dans le céruléen quand sa voix résonne.

Il semble si fatigué. Elle l’écoute, les sourcils froncés, la gorgé nouée, emmagasine les informations, n’arrivant à trouver aucune excuse pour Vinzent. Il savait. Il savait qu’Eoghan vivait, se débattait encore violemment contre ce qu’ils avaient tous subit durant la nuit d’Halloween et il l’avait laissé seul. Elle était partie avec lui, oui, mais ils s’étaient séparés en France. Elle avait compris, son besoin de s’isoler, de faire le point en solitaire, et elle l’avait laissé partir en Hongrie, restant elle, en Alsace, se ressourçant auprès de la présence réconfortante d’Andrée. Andrée qui avait séché ses larmes, apaisé ses cris dans la nuit et écouter ses souvenirs d’Eoghan. Andrée qui l’avait bercé au creux de ses bras à la peau de soie plissée, qui avait de ses mains tâchées par l’âge, essuyé ses pleurs et caressé ses cheveux, laissant sa petite-fille faire le deuil d’un homme qu’elle avait profondément aimé. Quand Lilas s’était sentie suffisamment forte pour rejoindre Vinzent en Hongrie, elle l’avait laissé partir, rongée d’inquiétude, mais n’avait rien dit. Lui offrant ce que les deux arcanistes de sa vie lui refusaient trop souvent : le droit de faire des erreurs, de prendre ses propres décisions et d’en payer les conséquences quelle qu’elles soient. Elle avait retrouvé Vinzent, et avait pris le temps de dire au revoir à ces années idylliques, embrassant d’un dernier regard ces souvenirs tendres qui n’étaient plus que cela : des souvenirs.

« Vous avez toujours suivi des voies différentes, Vinzent n’a jamais accepté ton implication au sein de l’Irae, mais ça ne l’a pas empêché de rester à tes côtés. Je me fiche de la gravité de ce que tu as fait, tu finiras bien par me le dire, mais ne le défends pas. Il m’a menti. Sciemment. Et je ne devrais être nulle part. J’ai choisi d’être ici, j’ai choisi de revenir. Vinzent le sait, c’est lui qui m’a donné le manoir après tout.» Sa voix se fait acide sur ces derniers mots. « Quand j’lui ai dit que je voulais revenir, il m’a simplement dit de contacter Gunnar et qu’ils seraient heureux, lui et Brünhild, de m’accueillir à nouveau. Que c’était ma maison. »

« Alors qu’est-ce que je fous ici ? » Un rire sans joie lui échappe, ses traits se marquant d’une amertume qu’il a rarement eue l’occasion de voir chez elle. « Contrairement à ce que tu crois, il me reste encore des choses ici. Des choses qui ont de la valeur pour moi, à commencer par ma relation avec Anaïs. Tu croyais sérieusement que j’allais rester en Europe toute ma vie ? » Elle recule légèrement, sans pour autant lâcher sa paume, sa colère vrombissant autour d’elle. « Vinzent, m’a encouragé à revenir au Manoir. » Elle se redresse de toute sa hauteur, la colère évoluant, enflant en une forme de rage qu’elle ne connaît que rarement. « Respecter sa décision ? La SIENNE ? T’as pensé à la mienne peut-être ? » Elle lâche finalement sa paume. « Bien sûr que tu savais pas que j’étais là, tu pensais que j’étais sagement en Europe, blotti au pied de mon maître, hein ? » Elle crache ses mots plus qu’elle ne les dit, son accent enflammant ses consonnes. « Après tout, à quoi bon s’intéresser à ce que fout ou veut Lilas, c’est à Vinzent de prendre les décisions pour elle. » Ses mains se lèvent vers les cieux. « Putain, vous me prenez tous les deux pour une espèce de gamine incapable de réfléchir par elle-même dès que ça vous arrange, hein ? » Elle ferme les yeux, pince l’arrête de son nez du pouce et de l’index. « J’en ai rien à foutre que Vinzent ai voulu ou pas que je te retrouve. RIEN À FOUTRE. C’est pas à lui de prendre ce genre de décision. C’est à moi. Moi seule. Il aurait parfaitement pu me dire la vérité quand j’lui ai dit y a deux semaines que je comptais revenir, mais noooon, c’aurait été trop simple ! »

Elle enrage, glissant ses paumes contre son crâne, enfonçant ses ongles dans la peau fragile de son cuir chevelu. « Il m’a vu faire mon deuil de toi pendant des mois entiers, pleurer ta mort, pleurer la perte de… Tout ce que j’avais avec toi. Mais son putain d’orgueil l’a empêché de me dire la vérité. » Elle se tourne vers lui, braquant l’éclat de jade de ses yeux dans les siens. « Si tu veux plus me voir, tu prends tes couilles et tu me le dis toi-même, mais tu ne laisses pas Vinzent Fucking Henkermann décider pour toi, pour nous. Surtout quand c’est pour des raisons aussi débiles que celle que tu m’avances. » Elle souffle par le nez, reprend son souffle avant de reprendre. « Oui, mon essence est liée à la sienne, oui, il a été mon mentor, mais bordel, j’suis toujours un être humain à part entière, je ne suis pas la jolie poupée qu’il traîne à son bras, j’pensais que tu me connaissais mieux que ça. T’aurais pu simplement envoyer un message, savoir ce que j’en pensais plutôt que me laisser CREVER de croire que j’t’avais perdu ! » Sa paume s’abat contre le torse du sorcier, toute sa colère s’évaporant d’un coup, après sa tirade. Elle est fatiguée, Lilas. Fatiguée de s’être battue pendant presque deux ans pour reconstruire quelque chose qui n’avait pas lieu d’être détruit. Elle déglutit, luttant à nouveau contre les larmes, la lame lancinante d’une migraine commençant à s’enfoncer rythmiquement derrière sa paupière gauche, y forçant un tic qui agite les muscles de petits spasmes. Des semaines en Alsace, puis en Hongrie et en Norvège. Des mois, passés à tenter de reconstruire ce qui n’avait pas lieu de l’être. Des mois pour faire le deuil de celui qui se tient devant elle, mais aussi pour tirer un trait définitif sur sa relation avec celui qui les avait amenés à se rencontrer. Des mois pour enfin accepter que ce qui avait été brisé n’était pas réparable. Pour accepter enfin de dire au revoir à ces années bénies passées au côté de Vinzent en Californie. Ils avaient discuté, une fois les choses retombées, ils avaient discuté d’eux, de ce qu’il adviendrait de leur avenir, décidant pour la première fois, d’un commun accord de dire stop. Leurs essences seraient liées jusqu’à ce qu’il trouve une solution pour y mettre fin, jusqu’à ce qu’ils décident, tous les deux, de trancher le cordon qui les relirait sans cela jusqu’à la fin des temps. Elle s’était sentie libérée d’un poids après cela, comme si, enfin, après toutes ses années, elle récupérait sa liberté. Ils parlaient toujours, bien sûr, s’envoyaient des textos, s’appelaient parfois, communiquaient par mail, majoritairement. Elle garderait toujours une place particulière pour Vinzent et Santa Monica au creux de son âme, il aurait toujours sa place au sein de sa vie et il serait toujours l’une des première personne vers qui elle se tournerait en période de doute, mais rien de plus. Son monde ne tournerait plus autour de Vinzent Henkermann.

Abattue, elle laisse sa tête retombée en avant, son front reposant contre la clavicule du sorcier. Elle inspire profondément, frottant doucement le bout de son nez contre le tissu de son t-shirt. « Arrête de me prendre pour une gosse, de me traiter comme si j’étais en verre, arrête de décider pour moi.» Ses doigts remontent le long de son torse jusqu’à ce que la pulpe de son index et de son majeur entre en contact avec la peau au-dessus de son col, effleurant tendrement la soie de son épiderme. « Arrête de toujours vouloir prendre les décisions que tu penses être les bonnes, c’est pas bon pour moi d’être loin de toi, ça me détruit à p’tit feu. » Elle ne relève pas la tête, trouvant dans la chaleur du sorcier et dans l’obscurité que procure son torse, un soulagement à sa migraine autant qu'un apaisement de son coeur. « Laisse-moi faire mes erreurs. Tant pis si j’me retrouve un peu amochée en chemin, au moins j’aurai compris. »




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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

Come back when you can • Lilas 1E5CfUE Come back when you can • Lilas AoZyjkn Come back when you can • Lilas BvRyGpi

"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

Come back when you can • Lilas KOVXegv Come back when you can • Lilas WZKlL7H Come back when you can • Lilas J8B1rxa

"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
Come back when you can • Lilas KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

Come back when you can • Lilas GIeraGW
Pseudo : Nero
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Lun 13 Juin - 1:02 (#)


You left your home.
Le vent se lève.
La brise qui d’ordinaire accompagne chaque pas de Lilas Hirsch se transforme en rafales, de plus en plus cinglantes.
Elle gonfle, gonfle et gifle l’environnement proche, s’allie avec la pluie du dehors pour donner à cette simple averse d’été des allures de tempête à venir.
Et lui, eau mouvante et capricieuse à l’image de la rivière qu’il aime sillonner, commence également à sortir de son lit.
Ils sont au point de non-retour. Ou leur lien survivra à ce jour, ou bien il ne s’agira que d’un énième coup de ciseau de plus à donner, venu tailler dans le vif et trancher ce qu’il reste à décoller de la plaie à vif. Ils y sont presque.


Elle lâcha sa main. La coupure le frappa plus qu’elle ne l’aurait dû, et il resserra légèrement les doigts au creux de sa paume, lui permettant de retomber lentement, à l’image de sa jumelle. Il affronta sa colère sans mot dire, le visage froid. Aussi froid que la résolution qui, à son tour, enflait lentement sous sa peau. Lilas ne se détacherait pas de lui. Pas s’il ne l’y obligeait pas. Pas s’il ne l’y incitait pas. La première solution était inenvisageable – car comment s’y prendre ? Mais la deuxième, en revanche…
Jamais il ne l’avait vue exploser ainsi. Le spectacle détonnait, dans ce long couloir qui n’avait jamais assisté à une scène pareille auparavant, comme lui. Au-delà du déchirement qui l’envahissait, il y avait quelque chose de fascinant à voir Lilas se révéler ainsi. Enfin capable d’élever la voix. Enfin capable de percer l’un des nombreux abcès qui avait jugulé sa relation avec les deux sorciers. Sans se douter, probablement, qu’elle venait par la même d’ouvrir une boîte de Pandore. Qu’elle tombait à côté.

Les mots durs.
Le jugement ferme.
Le coup.

Il se raidit brusquement, crotale prêt à mordre.
Le pire, ce fut sans doute de la sentir se blottir de nouveau. À l’image de la main qui avait empoigné sa mâchoire, ce contraste entre un geste de violence encore modeste et les prémisses d’une étreinte qu’il ne lui rendit pas le ramenèrent de nombreuses années auparavant. Les femmes. Toujours les femmes avaient agi ainsi, avec lui. Toujours, elles avaient frappé pour mieux embrasser en retour. Toujours, elles cherchaient à castrer ses pulsions, pour mieux les réclamer, si elles demeuraient silencieuses. Toujours, on avait fustigé ses actes, ses pensées et ses choix, pour mieux lui reprocher de ne pas prendre suffisamment d’initiative, de rester sur la touche, de garder ses distances par la suite.
Cette malveillance, cette maltraitance systématique, il les avait acceptées, de la part de beaucoup de femmes.
Il avait accepté d’être celui qu’on prenait pour un lâche, pour un imbécile, pour un mauvais, pour un vicieux. Il s’en était targué. Il l’avait ignoré. Il s’était entiché de certaines, en avait aimé d’autres, était resté fidèle à celles qu’il restait.

Mais Lilas ne pouvait pas faire partie de cette longue liste de femmes grandes, petites, à la peau sombre ou claire, au regard doux, aux yeux torves, tendres ou cruelles, malines ou stupides. L’indécision qui le tenaillait jusqu’alors disparut. Emportée par le vent, l’eau et la pluie. La crue.

« Qu’est-ce que tu fous ici ? » Il saisit ses poignets et, à son tour, rompit le contact, la détachant de lui de quelques centimètres afin de pouvoir la regarder dans les yeux à nouveau. « J’en sais rien. Tu cherches sans doute à trouver la meilleure façon de continuer de gâcher ta vie ? J’sais pas c’que tu fous ici, moi. T’es encore là à courir après des trucs que tu trouveras pas ? À rester accrochée à des types qui t’servent à rien hormis te faire chialer et baiser un coup de temps en temps ? » Je suis désolé. « Ça avait pas l’air de te déranger tant que ça, que Vinzent prenne les décisions pour toi. Alors pourquoi d’un coup ça t’saoule ? Pourquoi tout d’un coup est-ce que ça changerait ? »

Il voulait cogner dans quelque chose. Quelque chose qui, de préférence, ne serait pas le visage de Lilas. Il pouvait sentir les ratés du myocarde peinant à suivre le rythme dans sa poitrine, sa gorge s’étrécir, ne laissant plus passer qu’un mince filet d’air. Il implosait. « Mais regarde-toi, putain. T’es p’t’être pas une gosse, t’es p’t’être pas du verre, mais y’a forcément une raison pour que tu continues de pas voir que t’es en train de te planter à rester à côté de types comme nous. Alors explique-moi. Explique-moi. Puis qu’est-ce que j’ai décidé pour toi, moi ? HEIN ? » Il la secoua, serrant les articulations fragiles sous ses doigts marquant la chair. D’un hochement de tête, il la provoqua, continuant de la pousser dans ses retranchements. « Quelles décisions j’ai prises ? Celle de te soutenir quand ça allait pas avec Vinzent ? Celle de pas utiliser mes dons sur toi alors que t’étais prête à m’le demander à genoux ? C’est ces décisions là, qui t’plaisent pas ? Et à côté de ça, tu persistes et tu signes à penser qu’être loin de moi c’est pas bon pour toi ? Elle est où la logique ? QUI décide vraiment dans tout ce bordel, Lilas ? QUI t’a forcé à cohabiter ici ? À te faire laminer par Vinzent sans même qu’il ait besoin d’ouvrir la bouche ? À essayer de dev’nir une sorcière alors que t’es pas faite pour en être une ? On t’a forcé nous, peut-être ? On t’a mis une laisse ? Un collier ? »

Il la repoussa, n’effectuant que quelques pas dans la largeur de l’allée, haletant presque sous la rage qui continuait de le ravager de l’intérieur. « Les décisions que j’prends pour moi, elles ME regardent. Même si j’dois l’payer après, okay ? J’oblige personne à embarquer avec moi. Et certainement pas toi. »

Je suis désolé.

« OUI j’te pensais sagement en Europe. OUI j’te pensais blottie au pied de ton maître, exactement comme quand t’as ramené ton boule ici pour l’retrouver. Parce que tu vis qu’pour ça, au fond, hein ? C’est ça qui te plaît. T’as beau t’la jouer combattante du dimanche et tout le bordel, tu adores les hommes comme nous. Pas vrai, Lilas ? C’est bien la seule chose pour laquelle j’me permets d’me comparer à Lui, tiens. Mais est-ce que tu nous as bien regardé ? Est-ce que t’as vu à qui tu avais à faire ? Tu crois qu’on est quoi ? » Je suis désolé. Il se redressa, s’immobilisant de nouveau pour lever les mains vers le plafond, singeant l’évidence. « Mais hé, moi j’vais pas te juger hein. On est tous camés à un truc. Faut l’assumer, c’est tout. Moi, mon truc, c’est les plans daubés et les trahisons en tout genre. Et j’l’assume ! Tu vois ? C’est pas compliqué la vie, hein ? »

Je suis désolé.

« Pourquoi est-ce que je t’aurais écrit ? Pourquoi est-ce que je t’aurais envoyé un message ? » Il n’y avait plus d’ironie. Plus beaucoup, du moins. Cette fois, il la foudroyait de deux iris arctiques aussi glacés que le ton qui débitait l’horreur, l’infâme. Couper le lien. Couper. Net. Ferme. « C’est moi que tu vas blâmer pour c’que t’a dit Vinzent, alors ? Ça aussi, on va m’le foutre sur le dos ? Non… Non, si tu veux me mettre un truc sur le dos, t’inquiète pas, j’vais te donner de quoi faire. » Il se rapprocha, se saisit d’elle par l’avant-bras, et la tira à lui de nouveau. Aussi violemment qu’il s’était séparé d’elle, il lui imposait désormais un corps à corps outrancier, la saisissant à la nuque de ses phalanges libres. Possessif. « Tu vois, ça ? Tu l’as senti tout de suite… J’suis sûr que ça te dégoûte. J’suis sûr que tu trouves ça hideux. J’suis incapable de percevoir ma propre aura, mais on m’a déjà dit que c’était pas beau à voir… Alors j’vais t’dire pourquoi Vinzent s’est tiré. J’vais t’dire pourquoi j’me suis pas donné la peine de t’envoyer un putain de texto à l’autre bout du monde. » Sa bouche frôlait la sienne, sans intention de l’embrasser. Quoique. S’il écoutait la Rougeoyante excitée, fouettant son être d’une impatience redevenue terrible, implacable, il aurait pu s’abaisser à bien pire que de simplement démolir les fondations bâties entre la médium et lui. « Halloween, c’est moi. C’est nous. C’est Vinzent qui m’aide à récupérer ce putain d’artefact. C’est l’Irae qui s’venge, qui déconne et qui s’rate parce que les malédictions, ça marche jamais comme on l’voudrait. Et même que des fois, ça s’retourne contre nous. » Il ne la lâcha pas. Il voulait qu’elle s’imprègne du vice qui avait toujours été le sien. Vices et râles sur l’oreiller, entre ses draps, quand il fomentait en secret les mille fantasmes par lesquels il tordrait sa silhouette faite pour l’amour et une forme de violence – peut-être la seule – à laquelle elle avait adhéré complètement. « Alors ? Qu’est-ce que ça t’fait d’savoir qu’on est responsables de tout ça ? Que j’ai obligé mon meilleur pote à participer malgré lui à ça ? Qu’est-ce que ça t’fait d’savoir que j’ai buté j’sais pas combien de gens, cette nuit-là ? Juste pour une putain de vengeance ? » Ses épaules se secouèrent d’un rire horrible qui lui fit mal. Il aurait pu en hurler encore, en pleurer d’un chagrin dont il ne ferait jamais le deuil. « T’as vu c’qu’on a fait ? On voulait foutre la zone, et on a réussi. Et pire encore, on a visiblement pas ramené qu’des emmerdes avec nous. Y’a p’t’être un truc ou deux qui en ont profité pour s’faufiler dans c’monde et y rajouter un peu de pourriture supplémentaire. C’que tu sens, c’est qu’un stigmate parmi tant d’autres. Le genre de trucs dont tu t’débarrasses plus. J’sais pas c’qui va m’arriver. J’me débarrasserai sans doute jamais de sa marque en moi. Et quelque chose me dit que la chaise électrique aurait été plus clémente, au final. Y’a qu’l’avenir qui nous l’dira. »

Seulement alors, il la libéra. Lui, en revanche, demeura prisonnier. Le myocarde n’en cavala que plus férocement, poursuivant ses hoquets approximatifs, accélérations ou décélérations. « Ta copine était là. Anaïs. Elle était là, quand cette chose est arrivée. On a tous contribué à son invocation dans notre plan. Elle non plus, elle a pas les mains propres. T’as décidément l’art de savoir comment t’entourer, Lilas. Oh, et pour ce qui est d’essayer la culpabilisation à outrance… » Il se pencha, à peine. « T’avais qu’un coup d’fil à passer. Vinzent n’est pas ton maître, hein ? Pourtant, toi, tu bois ses paroles comme une putain de grenouille de bénitier bouffe son hostie. Eoghan est mort, hein ? Eoghan est mort, alors si Vinzent le dit c’est qu’c’est vrai ? UN COUP DE FIL. Un putain de coup de fil, et t’aurais pas eu besoin de t’faire cette comédie. J’étais là. Physiquement en tout cas, j’ai toujours été là. Parce que c’est chez moi ici, et qu’j’ai bien l’intention de rester là le plus longtemps possible, même avec mes conneries. Alors essaye pas d’me coller ta putain de naïveté. J’y suis pour rien, si Henkermann a parole d’évangile. Mais moi aussi j’persiste et je signe : il avait raison. Et tu serais encore plus conne de pas l’écouter. ‘Laisse-moi faire mes erreurs’… Tu me fais marrer, tiens. » Ce qu’il fit, une fois de plus. Un ricanement infâme, à l’image de la gifle supplémentaire : « T’as pas encore été assez amochée en chemin, tu penses ? Ça t’a pas suffi non plus d’te faire bastonner par ton gars de Los Angeles, là ? Ou bien tu vas nous sortir le couplet du pervers narcissique, de l’emprise et tout le bordel ? C’était pas ta faute, c’est ça ? C’est pas ta faute de courir te jeter dans les bras de ‘mecs toxiques’… » crochetant ses doigts pour mimer des guillemets « …comme nous ? T’as b’soin de lunettes ou quoi ? T’as pas encore assez pris de beignes dans ta vie ? ÉVIDEMMENT que t’es qu’une espèce de gamine incapable de réfléchir, et ça nous arrange PAS, non ! Alors j’en ai rien à foutre de ta putain de décision éclatée au sol ! »

Il n’était pas seulement furieux contre Lilas. Il en voulait à Vinzent, de l’avoir renvoyé là. Sauf que Vinzent n’était pas ici. Vinzent ne pouvait pas encaisser le souffle à la place de l’outre. Vinzent avait sans doute ses raisons. Il avait toujours ses raisons. Il ne pouvait toutefois parler en son nom. De ce côté-là, ce serait à elle de régler ses comptes avec son ancien compagnon, mentor et amant. Pour lui, il était temps de poser le dernier clou du cercueil. Il enterrait avec sa diatribe ce qu’il lui était resté d’affection, de la part de la Française.

« J’ai fait mon travail de deuil de mon côté. J’ai LARGEMENT eu le temps d’réfléchir tout seul à tout ça. J’ai avancé en conséquence, j’vous ai pas attendu. » Menteur. « Et j’avais certainement pas envie de rouvrir ce chapitre maintenant avec toi. Alors pour une fois, si tu tiens tant qu’ça à prendre une vraie décision par toi-même, tu vas te foutre dans le crâne que toi et moi c’est terminé, comme ç’aurait déjà dû l’être y’a plus d’un an et demi, et comme ça aurait jamais dû s’passer de toute façon. Tu vas arrêter de fréquenter des gars qui t’respectent pas, et tu vas arrêter de te frotter sur eux quand ils te disent de pas le faire, arrêter de jouer avec le feu et d’réclamer c’qui te fait mal tout en souriant parce qu’on te frappe. Et que ce soit des coups de poings sur ta tronche ou d’la magie qui t’bousille les hormones comme t’y tenais tant, guess what : c’est la même putain de chose ! »

Pendant quelques secondes, il se sentit terrorisé. Il l’avait fait.
Le clou était enfoncé, et aucune pince ne pourrait l’en extraire.
Plongé dans une transe mauvaise, la tension vrillait son crâne quand il professa enfin : « Je vais te faire du mal, si tu restes. Et toi, tu m’en redemanderas. Encore. T’en auras jamais assez, et tu vas continuer d’te persuader que c’est toi qui a raison, en plus. Tu es faible. Tu es trop sensible. Tu te feras avoir, chaque fois. T’as rien appris de c’qu’il t’est arrivé avec ton gars d'la Côte Ouest. Alors, t’en veux encore, Lilas ? Ou j’m’arrête là ? »

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Louisiana Burning

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Lilas Hirsch
Lilas Hirsch
"THE BOOTY" : la plus belle paire de France et de Navarre.
☽ YOU LEFT ME IN THE DARK ☾

"She was poetry in a world that was still learning the alphabet."


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En un mot : Wild thoughts
Qui es-tu ? : ☽ Outre. Pouvoir qu'elle ne peut nier, l'amenant sans cesse à visualiser le monde sous un prisme différent de celui du commun des mortels. Agression visuelle, physique, sonore, olfactive, constante, d'une magie qu'elle voit en tant qu'entité propre.
☽ Artiste. Pour exprimer ses visions, elle s'acharne à peindre, sculpter, dessiner, ce monde qui l'entoure et qu'elle ne peut expliquer oralement.
☽ Née en France, en Alsace précisément, enfant non-désirée, d'une relation adultère. Ce sont ses grands-parents qui l'élève et son grand-père qui la forme.
☽ Elle déménage aux USA dans le but de retrouver cette mère qui l'a abandonnée, pour apprendre qu'elle est décédée, préférant ne pas se battre contre un cancer qui finira par avoir raison d'elle.
☽ Elle atterrit à Los Angeles presque par hasard, en suivant son compagnon de l'époque. Elle y rencontrera Vinzent, qui changera sa vie.
☽ Un début d'apprentissage arcanique inachevé au côté de celui qui deviendra son ami, son amant, son amour. Un rituel magique lie leurs âmes peu de temps après le décès de Léonard, le mentor de Lilas.
☽ Elle se laissera malmener pendant des années par un homme néfaste avant de finalement tout quitter pour rejoindre la Louisiane dans l'espoir d'y retrouver sa demi-soeur et peut-être Vinzent.
☽ Elle passe 2 ans dans un camp regroupant des femmes CESS avant de rejoindre finalement Shreveport, où elle retrouvera sa demi-soeur, Hannah Miller, et l'autre moitié de son âme, Vinzent Henkermann.

☽ NO DAWN, NO DAY ☾

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"your name i spoke many times
alone in the darkness in the night"

Facultés : ☽ Clairvoyance : Lilas a un niveau de sensibilité aux flux magiques qui lui permet de lire sous la surface des choses qui composent le réel. Cela se traduit par toutes sortes de stimuli cognitifs ou physiques. Son don est passif, elle vit avec un second filtre de vision constant.

☽ Psychométrie : En touchant un objet, qu’il soit magique ou non, Lilas peut en voir l’histoire, a qui il a appartenu, ce à quoi il a servi, tout ce qu’il s’est passé à son contact. La capacité n’est pas maîtrisée.
Thème : Cosmic Love - Florence + The Machine
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I'm always in this twilight


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"and prayed a thousand prayers
and my many dreams were of you"

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Mer 15 Juin - 3:14 (#)






COME BACK WHEN YOU CAN




 Elle la sent. Brûlante, ravageuse, destructrice. La colère qui enfle lentement, mais sûrement, sous l’épiderme d’Eoghan. Elle la lit sur ses traits qui se sont refermés, comme toujours quand la discussion se fait désagréable et houleuse. Et elle le hait en cet instant. Elle le hait de se refermer, de l’empêcher d’entrer, d’une fois de plus se planquer derrière ses remparts comme un lâche. Les mots s’écoulent d’entre ses lèvres jusqu’au silence. Et elle l’entend ses dons, relancés à pleine puissance, le perçoivent aussi sûrement que le tambourinement de la pluie sur les carreaux au bout du couloir. Le vrombissement de sa colère qui s’avance telle une armée. Elle reste immobile, cimentée au sol, contre la raideur du corps du sorcier. Elle attend la chute.

Qui ne tarde pas à arriver. Les mains brûlantes, incendiaires, d’Eoghan s’emparent de ses poignets et elle plisse le nez devant cette chaleur insupportable, plus encore que la pression qu’il inflige à ses articulations. Elle refuse de baisser les yeux, affrontant le bleu glacial des siens sans broncher. Pourtant, elle sait que le coin de ses paupière se crispe d’un tic rageur quand il résume leur relation à ce qu’elle n’est pas. Elle pince les lèvres, se refusant la parole, le laissant s’exprimer comme il l’a laissé faire plus tôt. Pourtant, en elle, tout se hérisse et se couvre de piquants. Comment ose-t-il réduire ce qu’ils partageaient à de simple rapport sexuel ? Comment peut-il souiller ainsi de ces mots ce qu’ils ont construit ? N’a-t-il pas conscience qu’il est à l’origine du changement qu’il critique si vertement ? Elle sait que ses yeux de jade se sont faits ombrageux, que l’ère glaciaire qui couvre ceux de son compagnon ne rencontre que la tempête qui couve en elle. Pourtant, elle se tait. Elle ne dit rien même quand son regard se couvre d’une rage familière, qu’elle n’a pourtant jamais connue chez lui. Même quand ses paumes se referment plus violemment encore sur ses poignets et que sa nuque hurle au scandale d’être ainsi ballottée quand il la secoue. Elle raidit ses bras, forçant sur les muscles pour amortir le choc de ses secousses, refusant de se laisser meurtrir physiquement par ce qui n’est, au final, qu’une manifestation de sa frustration. Ses yeux ne quittent les siens que pour jeter un œil à la Rougeoyante, que pour s’assurer que rien n’est encore perdu et que rien ne risque de déraper dans des proportions inquiétantes. « Parce que j’ai changé. » Elle n’a pas le temps d’en ajouter plus que déjà, il reprend, comme si sa voix n’avait pas été assez forte pour traverser les coups de tonnerre d’une colère qui ne fait qu’enfler encore davantage.

Il y a du vrai dans ce qu’il dit, elle est capable de le percevoir malgré leurs colères qui s’affrontent avec véhémence. Bien sûr qu’elle a été faible, qu’elle s’est laissé piétiner par Will, puis par Vinzent. Bien sûr qu’elle a accepté de laisser son libre-arbitre entre les mains de l’arcaniste, qu’elle s’est contentée de se laisser porter par le flux qu’il imposait. Incapable de bouger par elle-même, en ruine, en miette, après avoir été démantelé pièce par pièce, par Will. Il avait été si simple de faire confiance à Vinzent, qui semblait si sain et si pur, en opposition complète avec le natif de Seattle. Il avait été une oasis, une porte ouverte vers de nouveaux horizons qui l’avait enchantées, jusqu’à ce que le rêve ne tourne au cauchemar, quand il avait fui d’abord, puis quand Will avait décidé qu’il était plus simple de frapper que de demander deux fois. Elle avait cherché à retrouver Vinzent, ce qu’ils avaient, parce qu’elle était incapable d’imaginer qu’autre chose était possible. Incapable de penser qu’elle pourrait, un jour, se sentir suffisamment solide sur ses appuis pour se défendre seule, pour avancer sur sa propre voie. Elle grimace quand il évoque ces décisions qu’il a prises et qu’elle ne lui reproche pas. Il est à côté comme souvent dans ce genre de cas. Un rictus de colère étire ses lèvres quand il parle de laisse et de collier. Bien sûr qu’on lui en a mis un. Métaphysique. Un collier de diamant et une laisse en or massif qui la relie encore aujourd’hui à Vinzent. Qui tâche encore aujourd’hui son essence. Ses yeux s’agitent rapidement, percevant l’éclat écarlate qui ne la lâche pas. Elle voudrait lui hurler que c’est le cas, qu’elle l’a longtemps pris pour ça, pour une foutu corde, arrimée à sa cheville pour mieux la ramener vers lui, pour mieux la pousser dans son orbite, l’empêchant de penser qu’elle était capable de vivre hors de l’ombre de l’arcaniste. Il lui a fallu si longtemps pour enfin comprendre qu’elle n’était pas dépendante de Vinzent, qu’elle pouvait encore voler librement sans la cordelette qui l’arrimait au sol. Et Eoghan a été l’élément déclencheur et le combustible de cette réalisation. Ses mots, ses gestes, son soutien, sa présence, ont été autant de branches sèches qui venaient alimenter les flammes de la forge lui permettant de ressouder les morceaux de celle qu’elle avait perdu en cours de route. Elle trouve hallucinant qu’il n’en ait toujours pas conscience après tout ce temps passé à ses côtes, toutes ses heures passées à discuter, rire, faire l’amour, refaire le monde et apprendre à ses côtés. Comment peut-il être si aveugle ? Elle trébuche presque quand il la repousse, ses pieds nus collant légèrement sur le parquet glacé de la vieille bâtisse.

Elle inspire profondément, respirant un air plus frais une fois sortie de la fournaise de la Rougeoyante. Pourtant, sa propre colère, ronfle sous sa peau, la couvrant d’un voile de sueur froide qui la pousse à frissonner. Là où sa colère enfle et brûle tout sur son passage, celle de Lilas se fait glaciale, raidissant ses muscles, ses os, couvrant de givre ses organes et ses prunelles. Elle souffle par le nez, un ricanement lui échappant quand il s’exprime sur ses préférences en termes de partenaire. Ses yeux roulent dans leurs orbites avant de se planter de nouveau dans les siens. Elle frotte rageusement ses paumes contre ses cuisses nues, cherchant à chasser les fourmis qui semblent ramper sous sa peau, courant électrique désagréable qui s’évertue à remonter le long de ses membres, l’engonçant dans une camisole désagréable. Elle souffle violemment, cherchant à se débarrasser de la sensation sans y parvenir. Ses mâchoires claquent quand elle serre les dents, quand ses molaires grincent les unes contre les autres dans son effort de le laisser terminer son discours. Un nouveau roulement des yeux lui indique à quel point elle le trouve ridicule. Non, non, elle ne lui mettra pas sur le dos les décisions de Vinzent, et l’Allemand n’est probablement pas prêt pour le coup de fil qu’il va recevoir dès qu’elle en aura l’occasion. La colère qu’elle ressent envers lui est encore plus lourde que celle qui la cloue au sol pour le moment. Elle meurt d’envie de mettre la main sur Vinzent, de lui cracher à la gueule à quel point ces beaux discours sur l’honnêteté et la confiance perdue, sont creux et vides quand il s’est contenté de la regarder se détruire à petit feu alors qu’une simple phrase aurait pu résoudre tous leurs soucis. Elle serre les dents à s’en faire mal, le goût ferreux de l’hémoglobine envahissant sa bouche quand les quenottes percent la muqueuse fragile de sa joue. Sa langue vient effleurer la petite plaie, la pointe de douleur lui permettant de s’ancrer dans l’instant, focalisant son attention sur le sorcier qui lui fait face plutôt que sur le traître qui trône quelque part en Hongrie.

La vague de chaleur la prend par surprise, presque autant que les doigts qui se referment sur sa nuque, la traînant vers l’avant, plaquant son corps contre celui du sorcier. La sensation d’engourdissement s’évapore instantanément pour être remplacée par celle des flammes d’Eoghan léchant sa peau. Son corps, ce traître, réagit instinctivement à la proximité de l’arcaniste, ses membres se liquéfiant, ses paumes se refermant sur son torse, enfonçant ses ongles dans les muscles sur lesquels ses mains reposent. Elle retient à grand-peine le geignement qui manque de lui échapper avant que ses mots n’atteignent enfin sa conscience. Ce toucher, pourtant si familier, est différent, comme couvert d’une gangue moite et visqueuse, qu’elle ne peut ignorer, qui attire son regard. Elle se détache enfin du céruléen pour observer plus attentivement la tornade rouge qui les entoure. Elle perçoit d’abord l’excitation de la Rougeoyante, la vibration familière poussant le coin de ses lèvres à s’arquer en un sourire sans joie. Elle se perd ensuite dans ce qui s’étale derrière et qui s’enfonce avidement au creux du rouge. Bleu pétrole, visqueux et gluant, le résidu est similaire à celui qu’elle avait perçu cette nuit-là dans celle d’Anaïs, vaguement similaire aussi à ce qu’elle perçoit chez Zach quand elle s’efforce d’observer l’essence du garou. Il dégage une énergie sombre, si sombre qu’elle pourrait si noyer, si profondément noire qu’elle l’attire comme la flamme appelle le papillon. Elle cligne des yeux et incline la tête malgré la poigne du sorcier contre sa nuque, pour obtenir un nouvel angle de vision. Au creux de l’obscurité, elle découvre des galaxies et des univers entier de pouvoir qu’elle ne comprend pas, des runes et des mots dans des langues plus anciennes que le monde qu’ils foulent, la raison de ce qui agite leurs essences à tous les deux. Ses pupilles se dilatent et se contractent face à la vision, ses lèvres restant entrouverte face à la fascination qui s’empare d’elle. Cette noirceur, qui devrait la terrifier, la dégoûter probablement, renferme tant de secrets et de possibilités qu’elle s’en trouve hypnotisée. Elle voudrait l’attraper des deux mains, la serrer fermement pour observer ses moindres détails, pour envoyer sa psychométrie chercher la source d’une telle puissance jusqu’au fond de l’abysse. Elle déglutit difficilement, le poids de sa tête reposant presque intégralement entre les paumes qui soutiennent violemment sa nuque. Ses genoux vacillent une seconde, ses paumes se refermant avec violence sur les épaules sur sorcier pour ne pas tomber. Une part d’elle comprend qu’il s’agit de quelque chose qui ne devrait pas avoir sa place ici, quelque chose de néfaste, mais une autre tout aussi grande ne veut qu’en apprendre plus, dévorer les informations qui s’échappent de la nappe sombre comme on s’abreuverait à une fontaine.
If you stare into the abyss long enough, the abyss starts to stare back at you.

Son attention est rappelée vers le réel par le contact soyeux des lèvres d’Eoghan qui effleurent les siennes à la suite d’une plosive particulièrement violemment énoncée. Elle frémit de le sentir si près et si loin en même temps. D’avoir son corps sous la main, ses lèvres à portée, mais de se retrouver enfermée de l’autre côté du mur, incapable d’escalader la rambarde qu’il érige entre eux. Elle ferme les yeux pour se reprendre, pour échapper à l’influence de la Noirceur. Halloween, c’est moi. C’est nous. C’est Vinzent qui m’aide à récupérer ce putain d’artefact. C’est l’Irae qui s’venge, qui déconne et qui s’rate parce que les malédictions, ça marche jamais comme on l’voudrait. Et même que des fois, ça s’retourne contre nous.

Comme un choc électrique, son corps qui s’était assoupli, alangui, contre celui du sorcier, se raidit d’un coup sec et elle braque le faisceau de ses yeux céladon dans les siens. Ses pupilles, dilatées par l’intérêt et le désir, se rétractent avec vivacité sous le choc et elle entrouvre les lèvres, percevant contre sa langue la saveur de son souffle, celle de son essence, quand il s’exprime. Incapable de lutter contre l’orbite créée par ses paroles, par cette révélation qui n’en est pas réellement une. Parce qu’elle savait, dans le fond, elle a toujours su.

Hein Lilas, tu savais, non ?
Inconsciemment, tu l’as toujours su.
Tu l’as su que leur haine, la sienne comme celle de son clan, finirait par créer une catastrophe. Tu savais que ce deuil, qui les a marqués à vie, ne trouverait de repos que dans le sang et la vengeance. Tu t’en doutais bien qu’un jour, tout partirait en vrille et qu’il finirait par y participer.
Tu l’as toujours su qu’il était vicieux, cet arcaniste à qui tu offrais ton corps et ton âme au creux de draps que vous froissiez de vos ébats. Ne te mens pas, tu vaux mieux que ça. Tu l’as vue venir cette tempête qui détruirait tout sur son passage, tu l’as vue venir et tu n’as rien fait pour l’arrêter.
Oui, oui, tu peux essayer de te rassurer en te disant que tu as essayé à plusieurs reprises de le réconforter et de le pousser vers un chemin où la vengeance n’aurait pas sa place. Mais tu n’as jamais réellement cru qu’il le ferait, non ? Allons, tu n’es pas si bête.
Puis, soyons honnête, sa colère, sa rage, sa haine, elle te plaisait. Toi qui avais été incapable de te venger, de te défendre, il y a toujours eu quelque chose de profondément attrayant dans cette capacité qu’il avait de conserver sa rancœur profondément, patientant en attendant son heure pour mieux frapper. Tu ne peux pas nier que même si tu essaies toujours de te donner de grands airs de princesse et de faire comme si ça ne t’intéressait pas, comme si ça te révulsait, tu as toujours eu un attrait malsain pour cette magie sombre qu’il était capable de manier, tu as toujours voulu en savoir plus sur les penchants les plus noirs de cet art qui t’est inaccessible.
Finalement, dans le fond, t’aimes ça, hein ? Le visqueux, le glauque, le dangereux, le noir, ça titille quelque chose en toi. Ça t’appelle et ça t’intrigue, ça te questionne.
Tu t’es jamais demandé pourquoi, Lilas ?
Mais enfin, parce qu’il y en a en toi. Parce qu’un part de toi a toujours été fascinée par cette obscurité qui te semble à la fois complètement inaccessible et si fascinante, si délicieusement interdite par tout ce qu'on t’a inculqué dans l'enfance.
Il n'y a ni bien, ni mal, seulement des idiots pour essayer d'endiguer les puissants.
Like calls to like.


Elle se secoue, électrisée par le chemin qu’ont pris ses pensées, ses yeux s’abaissant avec une forme de culpabilité qu’elle n’avait pas ressentie depuis bien longtemps. Elle n’a même pas cillé quand il a parlé des gens qui étaient mort pour que l’Irae puisse asseoir sa vengeance. Une part d’elle s’évertuait à hurler que c’était mal, qu’ils étaient innocents et qu’on ne résoudrait jamais rien en jouant la carte de la violence. Mais l’autre, l’autre se réjouissait, presque, qu’ils aient réussi à prendre leur revanche sur ceux qui les avaient presque amenés à disparaître, sur ceux qui avaient failli la priver de lui. Qui avait failli la priver de celui qui l’avait amené à se retrouver. Elle déglutit avec difficulté, reculant d’un pas tanguant quand il la repousse légèrement. Instantanément, le brasier lui manque et elle se sent gelée, ainsi privée de cette étreinte, aussi malsaine qu’elle ait été. Elle ballotte, catapultée entre sa colère et la réalisation.
Elle n’arrive pas à considérer que ce qu’il a fait soit impardonnable. Grave, oui. Dommageable, également. Qu’il y aurait eu peut-être d’autres solutions ? Surement. Mais impardonnable, condamnable ? Pas vraiment. Elle comprend profondément. Si elle avait la possibilité de s’assurer que Will repose six pieds sous terre, qu’il pourrisse en enfer, mais qu’en échange la vie d’un innocent devrait être sacrifié, elle ne sait pas si elle refuserait. Bien sûr qu’elle regretterait et qu’elle porterait le poids de ce choix jusqu’à la fin de ses jours, mais la tranquillité d’esprit qui résulterait de ce choix, la liberté totale qu’elle y trouverait vaudrait probablement le coup.

Elle n’a pas le temps de réagir qu’il enchaîne, continuant de déverser son venin sur la statue qu’elle est devenue, plantée au beau milieu du couloir. Seulement quelques dizaine de centimètres les séparent, mais elle se sent comme à des milliers de kilomètres, sa voix lui parvenant comme étouffée par le vrombissement de ses pensées. Le fait qu’Anaïs ait été forcée à participer au rituel ayant permis la vengeance de l’Irae, lui fiche un pieu en plein cœur, et elle sait qu’elle s’empressera de contacter la jeune femme dès que possible, d’essayer d’en discuter avec elle. Afin de s’assurer que rien n’a été définitivement brisé chez la petite. Elle comprend mieux les similitudes entre ce qu’elle devine dans l’essence du sorcier et ce qui reposait dans celle de la gamine lors de cette nuit, la même noirceur, attrayante et effrayante, la même profondeur. Ses yeux, pourtant, se redressent violemment quand il exprime le cœur du problème. La vraie source de cette discussion, de ce deuil, de ces mois d’enfer. Il a raison.

Elle avait, sagement, bêtement, écouté Vinzent. Lui avait fait confiance, aveuglément, quand il n’avait fait qu’exprimer une semi-vérité, considérant que Lilas, peu importe ce qu’elle représentait pour lui à l’époque, prendrait son parti. Bien sûr qu’aux yeux de l’arcaniste la petite chose fragile qu’elle était l’écouterait et considérerait qu’il avait raison, et puisqu’il avait été persuadé de son approbation, il n’avait pas cherché à épiloguer. Puisque pour lui Eoghan était mort, alors il le serait aussi pour elle. La discussion n’avait même pas lieu d’être, c’était un fait avéré, gravé dans la pierre et voilà. Sa rage à l’encontre de Vinzent ne fait qu’enfler avec cette réalisation, sa culpabilité s’y mêlant pour mieux faire ronfler des flammes qui poussent la glace autour d’elle à fondre, ravivant le craquement des bûches dévorées par le feu. Elle ne l’écoute plus qu’à moitié quand il s’exprime à nouveau sur l’opinion qu’il a de ses relations aux hommes. Elle l’ignore sciemment se concentrant sur cette colère qui enfle et enfle sans cesser. Ses poings se serrent et se desserrent contre ses cuisses, l’intégralité de son être vibrant légèrement. Vinzent et son esprit affûté, qui n’avait pas un instant pu croire que Lilas Hirsch, la fragile et si sensible Lilas Hirsch, pourrait un jour aller à l’encontre de ce qu’il pensait, prendre une décision qui différait de la sienne pour une seconde fois. Pour lui, elle avait fait l’erreur une fois, elle ne la reproduirait pas. Puisqu’elle avait été si violemment punie à l’époque, pourquoi oserait-elle envisager de faire la même bêtise à nouveau ? Et pourtant, la voilà aujourd’hui, le cœur au bord des lèvres de s’être montrée aussi naïve, d’avoir cru avec sincérité qu’il n’y aurait pas de mensonge entre eux et qu’il n’avait fait qu’apporter une vérité. Elle grimace et se force à desserrer le poing, ses ongles ayant dessiné des croissants sanguinolents dans le creux de sa paume, la kératine traversant la peau pour aller sectionner le réseau sanguin. C’est la douleur qui la rappelle à la discussion actuelle et qui l’éloigne de ses pensées mortifères envers le sorcier Allemand. C’est le ricanement du sorcier, conjugué au picotement dans sa paume, qui la pousse à nouveau à croiser son regard, un de ses sourcils se haussant.

Elle l’écoute balancer aux orties les mois passés côte à côte, les confessions, les sourires, la tendresse, l’affection. Elle l’écoute piétiner de ses pompes les souvenirs, le soleil, la chaleur et les rires. Réduire en charpie de ses longs doigts, les mots chuchotés sous les draps et les gémissements dans l’obscurité, les fous rires et les longues promenades, la découverte. De ses dents, il lacère les soupirs et les baisers, les doigts entrelacés et les épaules qui s’effleurent, la complicité et la croyance profondément ancrés que dans un autre univers, une autre vie, un autre monde, ils s’étaient déjà croisés et se croiserait encore, que rien au monde ne saurait les priver de ce lien intangible qui les attirait l’un vers l’autre. Et c’est avec ces certitudes, celles qu’il lui avait lui-même donnée, qu’elle laisse les mots rebondir sur elle, les regardant s’échouer sur le sol comme autant de petites pierres rouges, incapable de briser ce qu’elle garde nicher contre elle. La certitude qu’Eoghan, pour toutes les vérités qu’il vient pourtant d’exprimer, ment. Que rien, jamais, ne pourra dessiner un trait définitif sur ce qu’ils ont vécus, vivent et vivront. Un calme impérial s’abat sur elle, la surprenant aussi violemment que la colère quand elle a explosée. Toute enroulée de cette certitude qu’elle serre précieusement entre ses doigts, elle le regarde haleter, ses yeux plissés par la colère, ses joues rouges et ses cheveux ébouriffés.

« C’est bon, t’as fini ? » Son ton est légèrement acide quand elle s’adresse à lui. Son visage s’incline légèrement sur le côté pour l’observer, pour prendre en compte la Rougeoyante qui vibre d’une énergie non relâchée. Elle lève sa paume et prend le temps d’observer les rigoles de sang qui se sont écoulées jusqu’à ses phalanges. D’un coup de langue, elle les lape, nettoyant sa paume et grimaçant sous le goût ferreux du sang et la piqure de sa salive dans les petites plaies. Elle inspire profondément et recule d’un pas pour s’appuyer dos au mur, laissant une partie de son poids reposer dessus. « J’suis fatigué, Eoghan. » Elle soupire et passe une main sur son visage. « Tellement fatiguée, putain. » Un nouveau soupir. « De toujours devoir me battre avec toi, avec lui, avec le monde entier, pour qu’on m’écoute. » Elle lève les yeux au ciel, mordillant sa lèvre inférieure avec un haussement d’épaule. « J’suppose que tu voudrais que je te dise que je suis dégoûtée, que ton essence me donne la gerbe, que t’es impardonnable, que tu mérites de crever pour ce que t’as fait et que j’veux plus jamais te voir ? Que t’as gagné et que c’est bon, j’rentre en France, finir ma vie en me faisant chier dans la baraque de ma grand-mère à essayer de recréer une vie dans un bled où j’connais plus personne et où ceux qui se souviennent encore de moi me voit toujours comme la tordue de service ? » Elle hausse un sourcil dans sa direction, la voix plate, vide de toutes émotions, avant de reprendre. « Bah non, non, j’vais pas te dire ça, parce que ce serait un mensonge. » Elle soupire une nouvelle fois, ses paumes frappant doucement contre le bois ouvragé du couloir. « Pour être honnête, ton essence est flippante ouais, complètement terrifiante, mais je pense que t’étais assez près pour aussi comprendre que ça m’a pas nécessairement donné envie de fuir. » Un sourire sardonique étire ses lèvres. « J’ai pas peur de toi, j’ai jamais eu peur de toi, et peu importe ce qui se niche dans ton essence, c’est terrifiant mais fascinant. Puissant. » Elle détourne le regard, pour la suite, qu’elle laisse s’échapper dans un souffle, la fatigue pesant comme une chape sur ses épaules. « J’suis même pas surprise par tes aveux. » Un rire sans joie lui échappe. « Je sais pas si ça veut dire que j’suis complètement tarée ou si j’te connais juste tellement bien que j’l’avais vu venir, mais j'pense qu’inconsciemment j’ai toujours su que l’Irae avait été responsable d’Halloween, c’était vous tout craché, une vengeance en fanfare en se fichant des répercussions. » Nouveau ricanement quand elle secoue la tête. « J'suis inquiète pour Anaïs. Pour toi aussi, mais tu voudras pas l’entendre alors bon. » Nouveau haussement d’épaule, et son pied droit se lève pour rejoindre le mur contre lequel elle se laisse peser. « En ce qui concerne mes choix en termes de partenaire, j’vais être honnête aussi, j’m’en branle de ce qu’t’en penses. Si c’est ta vision des choses fort bien. » Elle souffle un coup en un soupir excédé avant de reprendre. « J’me cherche pas d’excuse, les raisons qui m’ont poussé dans les bras de Will et dans ceux de Vinzent sont les miennes et j’pense qu’au fond elle te concerne pas. Parce qu’elles sont différentes de celles qui m’ont poussé dans les tiens. Par contre, ouais, j’te dois des excuses, parce que oui, oui, j’ai été suffisamment lâche et stupide, suffisamment confiante en lui, pour prendre tout ce que disait Vinzent pour argent comptant. Il a été suffisamment orgueilleux pour croire qu’au vu des événements, je rejoindrais son camp, je partagerai son avis, et que rien ne me ferait faire la même erreur deux fois, celle de choisir de ne pas l’écouter. » Son regard se déporte sur le sorcier qui lui fait face, ses yeux brûlant du feu de sa colère à l’encontre de l’Allemand et contre elle-même. « Mais faut croire qu’Henkermann est capable de se planter. J’comprends pourquoi vous avez fait ça, j’suis pas nécessairement d’accord avec ce que vous avez fait, mais je comprends. Heureusement pour moi, il semblerait que j’aie récupéré mes capacités à prendre des décisions toute seule. »

Elle ferme les yeux quelques secondes pour se recentrer, pour évacuer cette colère qu’elle devra déverser plus tard, bien plus tard, sur l’Allemand et son cœur se serre quand elle réussit à s’extirper de sa gangue, qu’elle croise le regard qui lui fait face à l’autre bout du couloir. « Je suis désolée. » Elle se pince l’arête du nez pour s’empêcher de pleurer. « Tellement désolée de ne pas avoir eu la jugeote d’au moins essayer ton téléphone. De ne pas t’avoir cherché, de ne pas avoir su, intrinsèquement qu’il mentait. De ne pas avoir été là pour toi après Halloween, de ne pas t’avoir eu auprès de moi. » Elle déglutit et enfonce ses dents avec fermeté dans sa lèvre inférieure luttant contre le raz-de-marée d’émotion qui l’engloutit de nouveau. « Oui, j’suis sensible, oui, je suis fragile, mais je suis pas toute blanche, j’suis loin d’être un ange contrairement à ce que tu penses. T’as beau me cracher ce que tu penses de moi à la gueule tout ce que j’entends, c’est que tu continues encore de me foutre sur une espèce de piédestal sur lequel j’ai rien à faire. » Elle lève les mains et frotte ses joues en soupirant. « J’suis pas parfaite, c’est clair, mais j’suis pas… J’sais pas, j’suis pas l’espèce de parangon de pureté que tu crois. J’donnerai volontiers la vie de n’importe quel innocent pour prendre celle de Will, pour réduire en cendres celle des connards qui ont attaqués Anaïs avant qu’elle débarque ici, pour détruire ceux qui ont blessés ceux qui me sont chers. J’suis égoïste, Eoghan. » Elle lâche un rire. « Égoïste et vindicative. Je donne de moi à ceux que je considère en valoir la peine et je me fous du reste du monde si ça signifie que ces quelques personnes vont BIEN. Je me tape de savoir que t’as causé la mort d’innocent quand tout ce que je vois, c’est que t’as survécu, mais que t’es blessé dans la bataille. Et je fais pas ça parce que je me considère comme une martyre ou j’sais pas qu’elle idée tu t’fais de moi. J’le fais parce que, égoïstement, j’aime passer du temps avec toi. Pas pour baiser, non. J’aime passer du temps avec toi parce que ta conversation est toujours foutrement intéressante, que ta maîtrise des potions me fascine, que j’aime que tu me fasses découvrir le Bayou et que ta façon de parler de chez toi est splendide. J’aime passer du temps avec toi, parce qu’avec chacune de nos interactions, tu m’as aidé à retrouver la meuf que j’étais avant Will, avant Vinzent, parce que tu m’as recollé en un seul morceau aussi sûrement que Vinzent m’a dézingué en Novembre 2019 et Will avant lui. Oui, t’es pas parfait, oui, t’as des comportements d’énorme connard quand ça te chante, mais qu’est-ce que j’en ai à foutre ? Qu’est-ce que ça peut me faire quand tout ce qui m’importe c’est que t’as toujours été là quand j’ai eu besoin de toi. » Elle se fiche des larmes qui ont commencé à rouler sur ses joues, incapable de s’arrêter. « Si tu veux que je dégage de ta vie et qu’on arrête de se voir, très bien. C’est ton choix. Au moins, on en aura discuté et j’aurai pu t’entendre toi, me dire que c’est ce que tu voulais. La décision nous appartiendra, à nous, et pas à Vinzent. J’la respecterai, mais ce sera pas de gaieté de cœur. Et si tu veux que je me tire, que je quitte Shreveport, j’vais devoir te décevoir, parce que t’es pas mal seule raison d’être ici. Donc, faudra te faire à l’idée que même si je fais plus partie de ta vie, j’serai toujours dans les parages. » Elle hausse une épaule, effectuant un pas, puis un second dans sa direction, s’arrêtant devant lui, le nez levé vers son visage avec un sourire triste. « J’suis désolée de pas avoir été là quand t’en avais besoin et de t’avoir abandonné parce que j’ai fait aveuglément confiance à la mauvaise personne, mais j’suis pas désolée de t’avoir laissé une place dans ma vie. Et j’regrette pas qu’t’y ai été. » Ses doigts s’élèvent, un tremblement léger les agitant quand ils effleurent sa joue avec la douceur d’une brise d’été avant de venir reposer contre le cœur qui tambourine violemment sous le tissu. Elle inspire profondément son parfum, laissant l’odeur familière dénouer ses muscles et apaiser les battements erratique de son cœur. « Maintenant, si tu veux encore me gueuler dessus que j’suis qu’une sombre crétine et que j’ai plus ma place dans ta vie, tu peux y aller. J’suis prête à encaisser. T’as le droit d’être en colère après moi, parce qu’après tout j’ai été stupide. » Il y avait tant de choses à discuter, tant de questions encore non évoquées, tant de sujet à approfondir, mais Lilas était fatiguée. De se battre et de crier, et de se tenir à distance alors qu’elle ne souhaitait que s’appuyer contre lui, juste quelques secondes, juste le temps de laisser les morceaux épars de son cœur se recoller enfin en une seule pièce complète.





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Eoghan Underwood
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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson, compagnon des crimes et des nuits de Yago Mustafaï. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
37 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; tâche de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Mar 19 Juil - 5:31 (#)


You left your home.
Il l’avait senti.
Il avait senti la torsion douce agiter le corps de Lilas, cette façon parfaitement intuitive avec laquelle elle avait cherché à se mouler à lui. Comme si elle ne pouvait rien y faire, comme si ce corps qu’il avait touché et enlacé tant de fois se souvenait, cherchait à retrouver la familiarité d’un contact que leur séparation avait fini par anéantir.
Il l’avait senti, et bien au-delà du plaisir malsain et jouissif qu’il aurait pu éprouver à conserver cette forme d’influence et de suprématie sur elle, le sorcier en resta surtout terrifié. Plus que n’importe quelle réponse qu’elle pourrait lui fournir, elle venait de se trahir par cet argument totalement mutique, mais parfaitement indubitable : Lilas était condamnée. La semonce qu’il venait de lui asséner, il aurait pu la lui réciter cent fois que rien n’aurait plus pu changer, à présent. Condamnée. Elle avait cherché son contact, sans se préoccuper uniquement de la violence qu’il lui opposait. Il aurait pu la crucifier vive, continuer de lui arracher le moindre centimètre de peau pour la mettre à nu et la livrer à une torture sans fin qu’elle aurait continué de le chercher, de se fondre contre lui, de ne cesser d’appeler leurs épidermes à un contact éternel. Faite pour l’amour, il l’avait toujours pensé. Mais le constater de cette façon lui parut abominable. Comme si la médium ne s’appartenait plus réellement, comme si tous deux découvraient, mis au pied du mur, toute l’intensité de leur monstruosité respective. Elle ne valait pas mieux que lui, était-il en train de réaliser. Elle ne valait pas mieux que lui, et il venait tout juste de s’en rendre compte. Son esprit refusait de plonger en lui-même pour analyser les conséquences comme les contours de cette assertion, préférant rester largement à la surface, tout en demeurant de moins en moins optimiste quant à l’issue de leur échange. Il aurait encore préféré qu’elle l’envoie paître, qu’elle le mette à la porte, qu’elle exige qu’il s’en aille. Il aurait voulu des cris, des coups, une hystérie qu’il avait déjà eu à gérer par le passé. Une autre amante. Un autre temps. Il savait réagir, face au conflit. Il savait réagir, confronté aux colères brûlantes, celles qui ne demandaient rien d’autre que de gonfler les muscles et de cogner plus fort, jusqu’à mettre son adversaire K.O. Lilas, cependant, ne lui faciliterait pas la tâche. Il la connaissait suffisamment bien pour deviner qu’elle n’abandonnerait pas aussi facilement. Elle était décidée à s’accrocher, convaincue qu’elle pourrait sauver toutes les âmes en perdition qu’elle croiserait sur son chemin et qu’elle avait entrepris de ramener à bon port. Il se la figurait sans mal déambuler d’un pas décidé mais malhabile, risquant la chute en permanence, les bras chargés des avatars de leurs essences abîmées. Elle ne valait pas mieux qu’eux, mais elle demeurait une sainte. Une sainte semblable à ceux de la religion qu’elle avait honorée dans son enfance. Une sainte soumise à une tentation dangereuse, et qui ne cessait de risquer d’y céder. Cette réflexion prompte, soudaine et accablante l’assomma, tandis qu’il reprenait son souffle d’avoir tant parlé, d’avoir tant cherché à la brûler d’un acide corrosif contre lequel elle ne pourrait pas lutter.

La réponse de la jeune femme ne le rassura en rien. Au contraire, il assista impuissant à une contre-attaque inquiétante qui, si la situation n’était pas celle qu’ils connaissaient, l’aurait aussitôt poussé à en parler à Vinzent. Ce n’était pas normal. Ce n’était pas normal. Plus elle parlait, et plus il la dévisageait comme si elle nageait dans une mare d’absurde dont il ne pourrait pas la tirer. Et puis de toute façon, ça ne te regarde plus.
Ses larmes, il les regardait comme autant de preuves du gâchis que constituait ce triangle doré, fragile et éphémère. Alors, c’était tout ? Tout ce qu’il resterait des liens qui les avait unis ? Une amitié détruite, un couple au point mort et des amants conflictuels ? Le spectacle était foutrement plus douloureux à contempler que ne l’avait été celui des travaux et reconstructions entreprises en ville à la suite de l’invocation. Il renifla doucement, se sentant épuisé, vidé et incapable d’entreprendre ou de dire quoi que ce soit, désormais. Il avait la sensation d’avoir quasiment joué toutes ses dernières cartes. Il n’allait tout de même pas cogner Lilas Hirsch juste pour la convaincre qu’il avait raison et qu’elle avait tort de le vouloir à ses côtés, n’est-ce pas ? Pourtant, cette attitude irascible, cette incapacité pour elle de hurler, de lever franchement le ton, de faire autre chose que confronter cette forme de douceur immortelle à sa haine perpétuelle, ne faisait que jeter un peu plus d’huile sur les braises qui ravageaient ce qu’il lui restait de maîtrise de lui. Il avait peur. Peur de commettre la dernière erreur, la faute suprême. Nerveux, il passa une main dans ses mèches sombres, les repoussant vers l’arrière tout en aspirant une bouffée d’air humide et moite, renforcé par la pluie du dehors.

Elle s’approcha, et il n’aurait pas réagi différemment s’il avait été en réalité un crotale hostile, se raidissant et la toisant d’un air mauvais, prudent et méfiant à la fois. Ce qu’il redoutait finit pourtant par se produire, tandis que ses pupilles réagirent à la main levée, aux doigts inquisiteurs. Il tressaillit sous les caresses qu’il ne désirait pas, serrant les poings à son tour. « Lilas, arrête. » Il se recula pour conserver la distance qu’elle avait réduit à néant. « C’est trop facile de tout foutre sur la tronche de Vinzent. J’te demande même pas de t’excuser toi, au fond. J’demande rien à personne. Y’a pas d’camp, dans cette histoire. Vinz’ a fait la seule chose qui était sensée : prendre ses affaires et se tirer. Et il a eu raison de t’emmener avec lui. S’il avait vraiment voulu te convaincre que j’étais une cause perdue, il t’aurait tout expliqué lui-même, j’imagine. Quelque part, ce qu’il a fait… me déclarer mort était à la fois la pire chose à faire et la meilleure. Tu lui en veux, alors qu’il t’a permis de garder une image de moi qui valait bien plus que la réalité, en vérité. » Le choc n’en était pas moins terrible, mais il devait bien se résoudre à accepter la rançon de l’écueil. Vinzent ne l’avait pas sali. Il aurait eu toutes les raisons de le faire, et cependant il s’était tenu coi, trouvant dans une formule sibylline et ambiguë le parfait compromis entre le mensonge et la réalité. Par cette signature on ne peut plus personnelle, Henkermann avait illustré une fois de plus son intelligence, ainsi qu’une forme de délicatesse brute qui n’appartenait qu’à lui. Une élégance qu’il lui enviait, et qui lui manquerait pour longtemps.

« T’en trouveras d’autres, des comme moi. J’suis loin d’être unique, dans l’coin. J’suis sûr qu’en quelques semaines tu vas te r’trouver un Bayou-boy local à ton goût. J’suis pas inquiet. Tu fantasmes notre relation. J’ai jamais été là quand t’en avais vraiment b’soin. Y’a jamais eu d’quoi récolter des lauriers. J’t’ai occupé quelques soirées pour quand tu te faisais chier, et après ? Ça vaut une médaille, tu penses ? » Il se sentait de plus en plus mal. Ses jambes étaient  douloureuses, et il peinait à supporter son propre poids. Des envies d’autodestruction pulsaient aussi sûrement que son myocarde un peu plus affolé qu’à l’ordinaire. « Si tu restes sur cette pente, tu vas mal finir. J’ai pas envie de voir ça. J’ai pas envie d’en être le responsable non plus, même indirectement. Et si tu n’as pas peur, c’est qu’c’est encore pire que c’que j'croyais. » Sa main droite se détendit, et il frotta le bout de ses doigts, faisait sursauter la poussière d’amadou invisible que constituaient les cendres rougeoyantes. Il n’en fallut pas plus pour les faire crépiter, pour raviver jusqu’à la saignée de son poignet la chaleur agréable de sa magie à l’œuvre. Il avait baissé les yeux, toujours surpris de ne pas voir s’échapper des flammèches, lorsque la pulpe de ses phalanges chatoyait ainsi, éprouvant ses nerfs plus durement.

« Tu ne sais rien de mon essence. Tu as beau la voir, la sentir, penser la comprendre… Tu n’as pas vu le quart de ce dont elle est capable. C’est bien pour ça qu’tu m’le demandais d’ailleurs, non ? » Ses prunelles revinrent la chercher, luisant d’une gravité inquiétante. Il la couvrit de la tête au pied d’une attention pesante, la déshabillant du regard. Quelques mois lui avaient suffi pour se faire une cartographie optimale de sa silhouette dont la voluptuosité de certains pans contrastaient avec la finesse d’autres. « Tu crois que ton grand-père aimerait voir ce que tu es devenue ? Une fille qui est prête à s’avilir juste pour trembler un peu plus fort ? Juste pour récolter sa dose… ? C’est ça, Lilas ? » Il secoua la tête. « Tu n’as aucune idée de ce que tu fais, avec moi. Tu n’as jamais eu aucune idée de l’impact mauvais que notre relation pourrait avoir sur toi. C’que tu fais avec les autres me regarde pas, t’as raison. Mais nous deux… Nous deux, ça m’concerne. Et j’refuse d’endosser cette responsabilité en plus. J’suis pas v’nu pour ça. Je suis venu pour dire au revoir à cette maison et aux souvenirs que j’y ai laissé d’dans. » Le calme qui s’était emparé de lui n’était pas sincère. Il savait que sous ses abords presque apaisés, une autre forme de rage se ramassait sur elle-même, reconstituait des forces qui, une fois libérées, ne seraient pas plus agréables à recevoir que la vague précédente. « J’ai égorgé une gamine. Au Mall. Une Wiccane. » Atone, la voix qui laissa pourtant filer quelques grains de provocation. « Tu veux voir ? Tu veux voir, c’que ça fait… ? »

Le basculement le surprit lui-même. Comme ils ne cessaient de s'y employer, danseurs évoluant l’un contre l’autre, l’un aux dépends de l’autre, il la retrouva, l’enlaça comme il l’aurait fait pour l’emporter et tourbillonner en rythme. À la place, il l’invita à rencontrer le mur qu’elle venait de quitter, et de sa main libre empoigna la gorge sous la mâchoire. Il ne chercha pas à refermer sa paume sur son cou au point de l’empêcher de respirer. Il savait seulement que par la position précise de la dextre, il ne serait pas plus difficile de violer le sanctuaire de Lilas que de pousser une porte de carton.

Alors, il entra.

Il entra, et son front posé contre le sien déversa à l’intérieur de son crâne les souvenirs de cette nuit-là. Imprécis, imparfaits, formes parfois trahies par l’imaginaire humain incapable de retranscrire sans failles les clichés de réminiscences devenues lointaines. Il se concentra sur elle. Sur la petite Wiccane. Sa compagne enfuie quand elle, bravement, avait tenté de projeter sa boline malheureusement parée par la vindicte du fidèle de l’Irae. Il lui montra la gifle magistrale qui avait projeté à terre une apprentie qui n’avait pas vingt ans. Comment il s’était installé sur ses reins pour mieux la clouer au sol, saisir les cheveux et lui faire arquer la tête. La façon dont la lame s’était plantée avec une aisance surprenante pour ouvrir et trancher les chairs, comme l’on met à vif les ouïes d’un poisson fraîchement pêché. Les odeurs. Celles du sang, celles des commerces désertés, celles de la peur. Toutes les odeurs du monde. Les lumières en berne, la sensation du corps désespéré puis mourant sous lui. L’once du plaisir qui n’en était qu’à ses prémisses, avant-garde de la jouissance qui tenaillerait son ventre, une fois les hommes armés mis hors d’état de nuire à leur tour. Il prit son temps. Il investissait toute l’espace mental de Lilas avec un soin tout particulier, détestable, ralentissant le cours du temps d’un flashback qui n’existait qu’entre eux. Il l’investissait exactement comme il l’aurait fait sexuellement, et il lui faudrait peu de choses pour que son sexe ne gonflât de nouveau, contre l’entrejambe de la Française. « Et ça, est-ce que tu l’avais vu venir ? » Ce n’était que le début. Il voulait qu’elle comprenne. Il voulait que le message passe. Plusieurs fois il l’obligea à revivre la mort de la sorcière wiccane. À cinq reprises, il lui fit revivre l’assassinat commis de sang-froid, comme un supplice abject qui, il l’espérait, produirait l’effet escompté sur celle qui avait été son amante. Il verrouilla soigneusement toute autre échappatoire possible, mutilant les sorties, l’empêchant de voir avant comme après le déroulement des événements. C’était simplement le tranchant d’un athamé qui, inlassablement, exposait à nu cordes vocales, œsophage et larynx, voyant naître systématiquement les lamentations confondues en un borborygme écarlate.

« Tu ne regrettes toujours pas ? Vas-y, dis-moi… Je t’écoute. Crois bien que j’t’écoute, espèce de cinglée… »

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