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Havre de paix - Wilson

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Fear is the mind killer
Ethan Roman
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Fear is the mind killer
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Dim 4 Sep - 19:23 (#)

- La marche arrière, m’dame, la marche ARRIERE !

Ca m’apprendra à vouloir me faire du fric en plus en me proposant d’être de piquet pour les dépannages le samedi soir. Bon ok, ça rapporte un max de thune, mais c’est le seul avantage. C’est comme ça que je me retrouve, dans le bayou, une fois de plus, de nuit, à essayer de sortir une vieille Lincoln du chemin terreux qu’elle a pris. Un raccourcis, mon cul ouais ! Au moins avec tout le raffut qu’on fait, toutes les bestioles qui pourraient éventuellement nous vouloir du mal, ont fui à des kilomètres. Faut voir les bons côtés des choses.

Arc-bouté contre le capot, les mains de chaque côté de la calandre, je pousse mais je sens la voiture avancer. Cette vieille bique va me tuer ! Je me retire de justesse, glisse dans la boue, tandis que j’entends les pneus patiner dans la flotte. Elle me fait quoi là ? Je me relève et lui fais de grands signes de tout lâcher. Elle se débat avec le levier de vitesse et parvient à retirer son pied de l’accélérateur. J’inspire un grand coup, va falloir se montrer patient… extrêmement patient avec Mamie. Mais il serait quand même bon, qu’elle renonce gentiment à son permis.

- M’dame Harrison, faut mettre la marche arrière, sur R et y aller en douceur. D’accord ?
- Mais c’est ce que j’ai fait fiston !
- Oui, enfin non, peut-être. Allez-y, je regarde et on va vous sortir de là. Faut juste la bouger d’un mètre et après je pourrai la remorquer.
- Dépêchez-vous, j’ai mon Ernie qui attend son dîner.
- Je fais au mieux, m’dame, je vous jure que je fais tout ce que je peux.

Et si tu y mettais un peu du tien, ça serait encore mieux. Le cul trempé, les mains pleines de terre, je me repositionne à l’avant du véhicule et pousse en m’accordant au rugissement du moteur. Les roues arrières agrippent les planches et enfin, la Lincoln se libère. Y’aura même pas besoin du treuil.

- Parfait M’dame Harrison, on a réussi ! Bougez pas, je déplace le camion et je vous aide à sortir de ce chemin.

Rapidement, je monte dans la cabine avant qu’elle n’emboutisse la dépanneuse. Avec toute la diplomatie et la patience qui m’animent, je lui fais signe et la guide jusqu’à la route goudronnée. Je sens une grosse goutte tomber sur mon épaule, suivie d’une véritable douche. Les bras toujours levés, je deviens plus pressant. Manquait plus qu’une bonne averse. Parvenue à ma hauteur, elle ouvre sa fenêtre de deux centimètre et me gratifie d’un sourire partiellement édenté, je crois que je préfère quand elle rouspète finalement.

- Merci fiston, tu m’envoies la facture à la maison, comme d’habitude. J’suis contente quand c’est toi qui viens, l’autre Monsieur, il n’est pas aussi gentil que toi. Tiens voilà un ptit billet pour prendre un café.
- Non non, gardez votre argent, M’dame Harrison.

Elle insiste, je ne refuse pas. Ça fait la quatrième fois ce mois que je la sors du bourbier. Elle me doit bien ça. Un jour, je vais retrouver sa voiture contre un arbre et ça sera malheureusement la fin de l’histoire.

Ces feux arrière rouges disparaissent dans la nuit, me permettant de monter dans ma cabine. Je retire ma casquette dégoulinante et frissonne en sentant l’eau dévaler le long de ma colonne vertébrale. Un rapide coup d’œil sur l’horloge du tableau de bord m’indique que mon service prend fin dans deux minutes. A la bonne heure, je vais aller me réchauffer, tant l’âme que le corps, chez Wilson.

Le trajet est rapide, les axes principaux ne sont pas encore encombrés des fêtards du samedi soir. La chance me sourit aux abords du Voodoo Café, le parking est peu rempli, me permettant de garer la dépanneuse sans trop emmerder les autres clients.

A la vue des enseignes lumineuse, mon cœur se réchauffe et un sourire se dessine sur mes lèvres. J’ai une allure pitoyable, terre des pieds à la taille, mouillé jusqu’à l’os pour le haut. Même mon chignon commence à se casser la figure.

Des rythmes de blues m’accueillent, tout comme l’odeur rance de la transpiration et des ferments de la bière. Certains pourraient dire que ça pue, moi j'aime ces parfums, ils sont rassurants, tout l'est ici. Je me sens tellement bien, presque en sécurité. Avec discrétion, je me faufile entre les convives et vais m’asseoir tout au bout du bar, dans un coin oublié par les lumières. Je passe inaperçu hormis pour l’œil vigilent de Wilson. Sous son regard bienveillant, je commande une bière en secouant la tête. La chope devant moi, je raconte mes « malheurs » sans en être invité.

- Rah Wil’ ça fait du bien d’être là. Merci ! Je lève mon verre dans sa direction. Il pleut des cordes et j’ai de la boue jusqu’au fond du caleçon. J’te jure ! Cette vieille bique de Harrison va me rendre dingue. Elle doit avoir plus de 80 balais et ça conduit encore alors que c’est une catastrophe ambulante. Un de ces quatre, elle va faucher toute une famille sans même s’en rendre compte. Oh et tu sais pas quoi, plus tôt dans la soirée, une nénette m’appelle parce qu’elle avait crevé, j’arrive sur place, normal quoi, je change son pneu, tranquille et là, elle me saute dessus en m’embrassant ! Et trois secondes plus tard, elle me demande si elle peut s'abreuver de mon sang. J'ai cru que je versais. Tu y crois toi ? Bon et toi ? Comment ça va ? Oh tiens, y’a ta plus grande fan qui t’appelle. Miss Cougar est de sortie et vu son décolleté, elle est en chasse.
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Wilson Cooper
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Mar 6 Sep - 12:01 (#)




A
ujourd’hui, un concert de blues donne l’ambiance au Voodoo. Moins dansant que ça peut l’être d’habitude, ça donne à l’endroit une teinte plus calme, plus posée. Propice à la contemplation. Bien sûr certains s’adonnent à quelques déhanchés, pas glissés et autres claquements de doigts, mais moins qu’usuellement.

Je ne peux m’empêcher de penser à Anna la trompettiste, dont l’art commence à manquer cruellement à l’endroit. Si elle apparait parfois timidement lors de soirées musicales improvisées, elle ne commande plus jamais de concert, que ce soit en solo ou au sein d’un groupe. Un triste constat : j’apprécie beaucoup sa maîtrise des instruments, la force de son jeu, sa détermination passionnée et son abandon en une transe presque mystique. Il faudra que je lui en parle, s’il m’est offert le loisir de la croiser de nouveau.

Alors que le groupe finit un morceau, accueillant de gracieux applaudissements, une rumeur attire mon regard du côté de la porte d’entrée. S’infiltrant entre des clients, j’aperçois un visage connu : Ethan. Ethan le mécano, mon sauveur d’un jour. S’il semble vouloir s’infiltrer sans qu’on le remarque, c’est qu’il ne voit pas les mines consternées de ceux qu’il frôle de sa venue nocturne. Et à raison : il dégouline de la pluie qui s’abat sur Shreveport ce soir, et la boue qu’il arbore jusqu’à la taille macule sols, jupes et pantalons. S’insinuant ainsi, il va s’asseoir à une tablée reculée, seul. Dans l’ombre. Il aperçoit mon regard sur lui, et me fait signe de lui apporter une bière. Un sursaut rieur fait vibrer ma gorge. Il n’en rate pas une. Je manie la pompe à pression et m’en vais lui apporter sa boisson. Sans créer de vague, ni lui adresser spécifiquement la parole. S’il s’isole ainsi, peut-être n’a-t-il pas envie de causer.



Et en fait si. Sitôt la chopine posée sous ses yeux, il part avec enthousiasme dans un monologue narrant sa soirée animée avec une certaine Madame Harrison. Et avec une vampire entreprenante qui lui aurait sauté au cou (et à la gorge) en lui demandant la permission de se nourrir de son sang. À sa place, je n’aurais pas hésité : je serais resté avec l’immortelle plutôt que d’aller baigner dans la boue avec une vieille folle. Mais bon, ça je ne dois pas le dire trop fort, ça nuirait à mon image de marque. Je n’ai pas le temps de lui répondre que le karma me frappe : il m’indique qu’une dame me demande apparemment avec une suggestive insistance. Je me retourne, curieux. Et quelle n’est pas ma surprise de voir apparaitre devant moi Madame Louvier. En terme de cougar, c’en est une bien mûre pour le coup. Elle n’a rien à envier à l’âge de Madame Harrison. Et son décolleté plongeant, qui semblait émoustiller Ethan, s’ouvre sur des appendices pectoraux troublés d’une gravité exacerbée.

« Oh Bondye… » ne puis-je m’empêcher de commenter avec un accent prononcé. L’instant d’après, je me retrouve embarqué presque contre ma volonté sur la piste de danse. S’il m’arrive de me trémousser régulièrement le popotin, mes proportions inhabituelles me poussent généralement à éviter la danse de couple. Et là, j’offre un spectacle pour le moins original : la vieille me fait tourner en bourrique, plus agile que son apparence âgée ne le laisse paraître. Je lui accorde quelques pas, jusqu’à la fin du morceau, d’un malaise qui n’a heureusement pas raison de mon sourire. Bon, il faut l’avouer, c’est plutôt amusant.

Lorsque les dernières notes disparaissent sous les claquements de mains, je m’empare de celle de ma partenaire pour y poser les lèvres avec délicatesse, et prends congé d’elle. Je reviens vers Ethan, la tempe humide. Et je ne résiste pas au désir de m’asseoir face à lui. Tant pis : ils se débrouilleront bien sans moi au bar un instant. Avec un décalage presque dérisoire, je lui réponds…

« Hé bien, je vais… bien comme tu peux le voir. Toujours autant de succès. J’aurais bien échangé nos places, ce soir, en vérité. Au moins la tienne avait des dents. »

J’éponge mon front d’un revers de manche, jetant un coup d’œil aux alentours avant de reporter mon attention sur le jeunot aux cheveux longs.

« T’aurais pas besoin d’une serviette ? D’une douche ? On en a une, tu sais. »




CODAGE PAR JFB ET POURPRE / Contry.
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Fear is the mind killer
Ethan Roman
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Mer 28 Sep - 14:56 (#)

Enlevé de force, le barman est contraint de s’aventurer sur la piste de danse. J’avoue qu’il se débrouille sacrément bien, le bougre, nettement mieux que la vieille bique qui tente de mettre le grapin sur lui. Remarque, s’il l’entraîne dans deux danses supplémentaires, y’a de forte chance qu’elle nous fasse un infarctus dans ses bras. C’est pas ce que je lui souhaite et somme toute, ça serait une jolie fin pour cette femme qui doit rêver de caresser les pectoraux de son chevalier servant. Tout en les regardant évoluer sur le plancher, je souris, si elle peut grapiller quelques instants de bonheur, c’est tout ça de gagné. Le baise main accordé restera certainement gravé dans sa mémoire jusqu’à la fin de ses jours. Elle le regarde s’éloigner, ses yeux, empli d'étoiles, fixés sur ses fesses et s’en retourne au bar, courir d’autres lapins.

Sans la moindre hésitation, Wil vient me rejoindre, sa mine rayonnante, dénotant sa constante bonne humeur, effaçant les derniers relents de mon humeur maussade. Ce type est une crème, un exemple de jovialité pour tout ceux qui franchissent les portes de l’établissement. J’aime venir ici, où tous mes soucis, qui n’en sont, au final, pas vraiment, s’envolent.

Toutefois la remarque de Wilson me fait perdre de ma gaité et est remplacée par un froncement de sourcil. Serait-il un adepte des morsures ? J'en ai entendu parlé, sans vraiment comprendre de quoi il s'agissait. Ayant testé une seule et unique fois, je ne peux l’en blâmer, même je ne suis pas prêt à le revendiquer et encore moins à l’assumer.

- Comment ça, la mienne avait des dents ? Je lui adresse un regard faussement suspicieux et ajoute une question sur le ton de la plaisanterie. T’es en train de me dire que c’est ton kiff de te faire bouloter par les dents longues ?

En fait, j’ai honte de ce que j’ai ressenti durant ma courte expérience avec Nicola. Cette exaltation intense qui m’a empli durant la morsure est indescriptible. Mais je ne n’oublie pas non plus, que la mort de ma mère est due, également, à cette addiction, que mon père est à présent à la botte d’un vampire, reniant toutes les convictions pour lesquelles il s’est toujours battu et qu’il m’a inculquées, ceci juste pour servir cet être qui lui survivra pendant des siècles.

- Tiens, toi qui doit être un peu plus au courant et qui est, comme moi, humain, tu vas peut-être pouvoir éclairer ma lanterne. J’arrive pas à comprendre, même si ça commence à faire un bail maintenant depuis la Révélation, mais tu vois, ça veut juste pas entrer dans mon crâne. Comment un être humain mort, peut continuer à vivre. J’veux dire, quand c’est fini… ben c’est fini. On se relève pas et youhou, on reprend les choses où on les avait laissées. Ça me dépasse totalement.

Tout en parlant, je prends une dernière gorgée et constate avec surprise que ma choppe est déjà vide.

- C’est fou ça quand même, tu sers plus que des demis verres ? J’ai rien vu passer, la bière a disparu tout à coup ! Tu sais quoi, faudrait envisager des choppes plus grandes.

La sollicitude du tenancier me touche et j’abaisse mon regard sur ma tenue. C’est vrai que je fais peine à voir, mais c’est quand même pas de ma faute si la météo fait des siennes. C’est juste un peu d’eau, ça va bien finir par sécher. Je passe ma main sur mes cheveux qui sont retenus en un chignon, essayant vaguement de remettre en place l’élastique qui s’est emmêler dans quelques mèches. Abandonnant cette tâche trop problématique pour l’heure, je hoche de la tête en haussant les épaules.

- Je fais si pitié que ça ? J’éclate de rire en levant les yeux au ciel. T’inquiète, c’est bon, c’est pas un peu de boue et d’eau qui vont avoir ma peau, enfin j’espère qu’elle va pas se transformer en un être magmatique, issu d’un conte pour enfant, comme les vampires et les lycans. D’ailleurs, ça existe les Lycans ? Tu sais, comme dans ce film-là… heu.. Underworld !

La douche me paraît une excellente option, mais pas ici, je ne voudrai pas dégueulasser les commodités du personnel. Piteusement, je regarde le fond de mon verre mais renonce, au prix d’un effort quasi surhumain, à en reprendre une.

- C’est gentil, mais je dois repasser au garage pour y déposer le camion-remorque et prendre ma moto. Tu veux m’accompagner ? Je pourrais te montrer la Shelby Cobra que je bichonne depuis des lustres… Ils vont bien se débrouiller sans toi, ici, non ?
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Willy L'Ourson - Je suis fatigué Tigrou
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Jeu 6 Oct - 14:06 (#)



E
than ne semble guère comprendre mon trait d’humour sur la dentition de nos rencontres mutuelles. Aussitôt, il conclut que j’aime faire des dons de sang aux plus démunis. Enfin. À ceux qui en ont besoin pour vivre, quoi. Les vampires. J’ai un petit rire nerveux, tâchant de rattraper la chose : ce n’est pas le genre d’information qu’il faut révéler en public, même s’il n’a pas vraiment tort.

« Ahah ! Non, je parlais surtout du manque de dents de la mienne. Tu sais, dentier, tout ça. C’était une sorte de blague. Même si y’en a qui aiment ça. »

J’ai l’impression de m’enfoncer, de me confondre en explications inutiles et maladroites. Pas super en lien avec ce que je dégage comme aura d’habitude : le fier stentor solide et jovial, bien campé sur ses bases et dans la réalité. À moitié bafouiller comme ça, ça ne le fait pas. Mais au moins j’ai l’impression d’avoir dévié le sujet du calissage vampirique. Même si Ethan semble vouloir s’y attarder, pour le coup. Il en appelle à ma science, à ma pseudo-connaissance de l’occulte pour m’interroger sur la crédibilité des morts qui marchent. De cette étonnante possibilité de les voir vivre après la mort. Je me tâte le menton, m’en référant aux enseignements de ma grand-mère.

« Je pense que le truc, c’est la puissance des esprits. Ils sont partout, ils nous entourent. Peu importe si un corps est abandonné de toute vie, si un esprit se l’accapare, il peut le manier. Un peu comme… toi et tes voitures. »

La comparaison est un peu ridicule, je le conçois, mais sur le coup je me suis laissé aller à une image qui pourrait lui parler, si maladroit que ce soit. Je remets cependant les choses à leur place.

« Enfin. Je ne m’y connais pas tellement. Tout ce que je sais, c’est ce que Mama Dana, mon aïeule, a bien voulu m’en dire. C’était une mambo, une spécialiste du vaudou. Mais bon, tout ça c’était avant la Révélation : ça sonnait comme des légendes à mes oreilles d’enfant. »

Volubile et passant sans peine du coq à l’âne, sa gorge semblait vite se dessécher. Il termine sa bière d’une traite et ne tarde pas à accuser avec humour la taille de mes chopines. Je vais pour lui en servir une autre, offerte par la maison, mais il embraye de nouveau en réponse à mon interrogation sur son besoin de prendre une douche. S’il fait pitié ? Non, mais il attire les regards, tout dégoulinant comme ça. Ça peut ne pas plaire à tout le monde. Lui ne semble pas en faire grand cas. Il précise espérer que la gadoue ne se change pas en un être surnaturel, m’arrachant un éclat de rire coupable. Je ne sais pas s’il est sérieux ou s’il blague, en vérité. Mais très vite, il enchaîne sur la question de l’existence des lycanthropes. Sa verve prolixe m’amuse, et je lui rétorque sur un ton chaleureux, presque paternel :

« Des loup-garou, tu veux dire ? Y’a bien eu cette vidéo sur le net qui a fait un peu parler d’elle mais… Non j’y crois pas. C’était surtout une manière de surfer sur la vague de la Révélation. Un fake, quoi. Des esprits des morts, ok, mais des mecs qui se changent en loup à la pleine lune ? Comme tu dis, c’est bon que pour les films. »

Et presque aussitôt, il annonce devoir partir et m’invite à le suivre à son garage, où il doit ranger son remorqueur pour prendre sa moto. Je ne sais même plus sur quoi il roule, le bougre. Mais il évoque une Shelby Cobra sur laquelle il travaille. Une ancienne, et élégante en plus. Même si je doute y être tout à fait à mon aise vu ma taille. L’occasion de voir une telle beauté me met en joie malgré ça, et c’est avec un plaisir non dissimulé que j’accepte de le suivre.

« Allez, let’s go. Ils ont l’habitude de bosser en autonomie, j’suis le patron après tout. »

Mais j’aime rester et donner un coup de main. Me mêler à l’activité du Café. À l’ambiance. C’est mon monde. Sans demander mon reste, je fais un signe à un serveur, qu’il comprend sans peine en y répondant par un clin d’œil, et j’embarque ma veste accrochée au portemanteau pour suivre notre ami Ethan dans ses péripéties nocturnes et humides. Qui sait ce qui peut encore lui tomber sur la tête ?!
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Mer 16 Nov - 20:47 (#)

Abandonnant quelques billets verts sur la table pour la bière, je me lève en lissant comme je peux mes pauvres vêtements tout chiffonnés quand je comprends enfin la blague, faite tout à l’heure sur la dentition de nos rencontres mutuelles. J’éclate de rire à la vision de ma petite mamie, le dentier planté dans le volant.

- Oui oui ! Je viens de comprendre ! Désolé, j’suis un peu lent ce soir… Faut dire que je suis crevé avec tous ces dépannages.

Tout en quittant l’établissement, j’accroche le bras de Wil’ afin d’attirer son attention et mime un dentier éjecté.

- Tu vois la scène ? Et la bagnole qui butte contre un tronc d’arbre, mais genre au ralenti, effleurant à peine l'écorce. C’est tellement irréaliste, mais j’avoue que ça me fait marrer. Viens, j’ai garé la dépanneuse à l’arrière, elle prenait trop de place ici. Tout en avançant, je désigne la ruelle. C’est pas trop craignos par ici ? T’as pas de soucis avec le voisinage ou des gens qui chahutent en sortant de chez toi ?

Je ne crains rien en compagnie du colosse. Les malfrats n’osent pas s’attaquer à une montagne de muscles qui les briserait d’une simple pichenette. Le camion est là, reposant dans la pénombre. Avec un peu d’imagination, il pourrait ressembler à un cygne fait d’acier. Je garde mon imaginaire pour moi, ne souhaitant pas passer pour plus illuminer que je ne le suis déjà. Télécommande en main, j’actionne le déverrouillage des portières et invite le tenancier du bar à grimper dans la cabine.

- Donc, en gros t’es en train de me dire que l’esprit est plus fort que le corps et parvient à faire fonctionner le tout ? Chez certains qui ont cramé toutes leurs cellules dans le crack, j’ose pas imaginer ce que ça peut donner. Tiens, d’ailleurs, ça me fait penser à ce truc que j’ai croisé, y’a quelques mois. J’étais avec un pote, le seul véritable ami que j’aie dans cette contrée et qui est un vampire de 800 ans, détails que je tais, le long de la rivière, on papotait tranquillement quand un truc, hyper bizarre est sorti des bois. Nico a qualifié le truc de coquille vide, de marionnette. C’était trop chelou, je te jure, surtout quand le machin a commencé à nous attaquer.

Je secoue la tête en repensant à cette nuit-là. C’est aussi, cette nuit où j’ai offert, de mon plein gré, une petite quantité de sang au vampire, sans connaître les effets de la morsure. Chose qui est désormais faite. Machinalement, je jette un coup d’œil à mon poignet, là où les crocs ont percé la peau. Gêné par cette pensée, je racle ma gorge et poursuis sur ma lancée.

- Et toi ? T’as déjà rencontré des trucs bizarres ? Ta Mama Dana ne t’a jamais fait voir des choses qui ne devraient pas être là et qui pourtant, sont bien réels ? Mais avance bordel ! C’est vert quoi ! Rah mais je te jure. La conduite, ici aux Etats-Unis, c’est tellement soporifique comparé à l’Europe. T’as voyagé ?

Le trafic se fait plus fluide à l’entrée de l’autoroute de contournement et je peux enfin doubler l’énorme camion qui caracole devant moi. La radio diffuse, en sourdine, des chansons populaires. Accoudé au rebord de la fenêtre, main droite sur le haut du volant, des images font échos aux paroles de Wil’. Il ne croit pas aux hommes-bêtes, pourtant ma Garance s’est bien fait déchiqueter par une bête, par quelque chose qui s’en approche en tout cas. Je fronce les sourcils et pince les lèvres. Dieu qu’elle me manque. Mais qui suis-je pour affirmer le contraire ?

Perdu dans mes pensées, pesant le pour et le contre, le fait de lui dévoiler mes croyances concernant le règne animal, je ne vois qu’au dernier moment le ralentissement qui colore la bretelle d’autoroute en rouge. Surpris par la réalité, j’en fonce la pédale des freins, plaçant automatiquement ma main sur mon passager, cherchant inutilement à le protéger d’un hypothétique glissement en avant. Pas de choc, je réussis à m’arrêter avant que le pare-buffle démonte l’arrière du pick-up devant nous.

- Et merde… pfffffff… désolé, je… Ouais ok ok, tu peux le dire, j’étais pas concentré. Vas-y tu peux m’insulter… mais tu sais, je suis un très bon conducteur. La preuve, j’ai rien toucher.

Tournant la tête vers mon passager, je lui offre un sourire, qui doit être, à la limite, presque flippant.

- Bon écoute, on va prendre les chemins de traverses, sinon on va y passer la nuit.

Avisant la bande d’arrêt d’urgence, je rallie rapidement la prochaine sortie. Les lumières urbaines deviennent rares jusqu’à disparaître totalement, laissant place à une flore dense où seul le ruban de bitume se détache au clair de lune incomplet. La pluie a laissé une chaussée mouillée mais l’absence de voiture rend la balade tellement agréable. La radio est éteinte et j’ouvre ma fenêtre laissant les odeurs terreuses envahir l’habitacle.

- Qu’est-ce que j’aime rouler comme ça, sans personne. Désolé, le détour va nous prendre quinze minutes mais comme l’autoroute ne sera pas dégagée avant deux ou trois heures, on est gagnant.

Une ombre traverse mes phares, me faisant lever le pied.

- T’as vu ?

C’était furtif, rapide, pas certain qu’il ait vu quelque chose. Je hausse les épaules, lorsqu’une silhouette sombre campe en plein milieu de la route.

- C’est quoi ça encore ?

Le véhicule est arrêté, sans en couper le moteur.

- Pourquoi, y’a toujours un truc bizarre qui pop dans ma vie alors que je voulais juste te montre ma Shelby ? Qu’est-ce qu’on fait ? Je fonce et on s’arrête pas avant le garage ? Merde quoi, on est vraiment pas loin.
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Dim 27 Nov - 15:11 (#)



E
t me voilà embarqué dans un plan avec Ethan. Ethan, et sa langue bien pendue, qui pourrait presque être un individu à part entière tant elle prend de la place. Je ne peux m’empêcher de sourire largement lorsque je l’entends décrire l’accident de sa vieille des marais, le suivant docilement jusqu’à sa camionnette professionnelle. Il s’intéresse à l’ambiance du quartier, aux divers troubles aux alentours d’un établissement comme le Voodoo. Je le rassure aussitôt :

« Non, t’inquiète. C’est Downtown, ici. Y’a surtout des riches et des touristes. Pas le genre à foutre le bordel. Puis les flics y sont plutôt présents. Quant à mes clients, je les garde à l’œil. »

Je lui fais un clin d’œil : inutile de préciser qu’avec ma carrure, y’en a pas beaucoup qui osent la ramener, alcoolisés ou pas. Alors que nous grimpons dans la camionnette, il s’étend sur sa probable rencontre avec un mort qui marche des marais. Un zombie. Zonbi, pour mes ancêtres, dont ma grand-mère Dana. Ça colle en tout cas à la description que son ami, Nico, lui a fait. Le moteur vrombit, nous sommes partis. Et j’en profite pour répondre.

« Nico ? Le patron du Mad Dog ? Il doit s’y connaître, pour le coup. Ça devait être un Zombie. Un mort qui marche des marais. Ma mémé me racontait souvent des histoires les concernant. J’y croyais pas trop. Enfin… jusqu’à la Révélation. Si les vampires existent, alors ces sales bêtes décérébrées aussi. Paraitrait que ce sont des morts réveillés par la magie vaudou. Enfin. Ça pouvait aussi juste être un mec bourré. »

Oui, nous avons cette connaissance en commun, Nicola Alighieri, big boss de la salle de boxe. Mon premier suceur en règle, prime vampire de ma connaissance. Et il fait peu cas du secret de sa nature : Ethan doit la connaitre aussi, même si je ne vais pas l’évoquer sans l’accord du principal intéressé. Je sursaute, m’arrachant à mes pensées, alors que mon conducteur zigzague sur la route pour tenter de dépasser un vieux un peu lent à son goût. Je déglutis, vérifiant que ma ceinture est bien fixée. Je n’étais jamais monté en véhicule avec Ethan, mais ça a l’air d’être un sacré chauffard. Il râle sur un gars un peu lent sur la pédale à un feu rouge, il roule un peu vite à mon goût, révélant sa nostalgie de la conduite en Europe. Ils sont tous fous du volant, là-bas ?

« Voyagé ? Non, pas vraiment. Ma vie a toujours été dans un triangle entre la Nouvelle-Orléans, Shreveport et Bâton-Rouge. J’ai jamais quitté la Louisiane, mes parents roulaient pas sur l’or. Et puis maintenant j’suis pas mal occupé, avec le Voodoo. Wheuuah ! »

Un coup de frein brusque manque de me faire étrangler par la ceinture, alors qu’un bras protecteur s’interpose entre moi et l’intérieur du camtar. Un peu vain, comme protection : si je devais être projeté, nul doute que j’embarquerais avec moi le bras en question. Devant nous, un ralentissement. Un bouchon à l’entrée de l’autoroute. Il se confond en excuse, annonçant que je peux le gronder pour son inattention. Loin de moi l’idée de le faire : je ne voudrais pas qu’il se sente forcé de me prouver son art de la conduite encore plus dangereusement. Je me contente de le rassurer :

« Non, non, tout va bien. Essaie juste d’être prudent, bondyé. J’ai pas l’intention de finir à l’hosto ce soir. »

Pourquoi je l’ai suivi dans cette aventure, déjà ? Par amour pour la vieille mécanique ? Sans doute pas : j’apprécie les belles voitures, mais sans m’en faire une passion. Je parierais plus sur l’occasion de faire une virée entre potes. Voilà, c’est ça : les relations humaines, je kiffe ça. Et je saute sur n’importe quelle opportunité me permettant d’en avoir. J’aime l’aventure en bonne compagnie, certes, mais si j’en sors en vie, c’est encore mieux. Loin d’écouter mon sage conseil, il décide de doubler toute la file par la bande d’arrêt d’urgence. En plus d’être dangereux, je condamne d’habitude cette pratique égoïste. Je me sens un peu honteux, du coup, d’être complice de ça. Et je tâche de me faire tout petit sur la place passager, au cas où on me reconnaitrait. Défi délicat, pour quelqu’un de ma taille.

Après être sortis de l’autoroute, nous nous retrouvons sur des routes plus calmes, ôtant pas mal de possibilités d’avoir un accrochage. Ethan s’excuse du détour, je le rassure aussitôt :

« Pas de problème, j’suis pas pressé. Puis ça fait découvrir des endroits pas connus, même si là il fait tout noir. »

C’est vrai qu’on ne voit pas grand-chose. Je regarde par la fenêtre latérale : il a arrêté de pleuvoir, et on a l’air de s’éloigner de l’effervescence de la ville. La végétation obscure de la nuit forme le décor principal des alentours. Peut-être n’est-on pas loin du bayou. Je ne sais plus trop où se situe son garage. Il me questionne subitement sur un truc qu’il aurait vu, ramenant mon attention sur le bitume. Je lui fais signe ‘non’ de la tête, même s’il ne me voit pas. Mais au même moment, une silhouette se détache sur la route, éclairée par les phares du camion de remorquage, et en sortant presque aussitôt, sans pour autant se retirer de notre voie. Ethan a l’air de s’en inquiéter, et propose de filer droit jusqu’à son garage sans s’arrêter plus longtemps. Je m’interpose face à l’idée.

« Non, c’est peut-être quelqu’un qui a besoin d’aide. Allons voir. »

Décrochant ma ceinture, j’ouvre la portière et m’extirpe du véhicule. La chose aperçue est toujours en plein milieu de la route, même si les phares pointent à côté, rendant difficile toute identification. Ça a l’air humain, en tout cas, et se déplace lentement, et pas très adroitement. Qu’est-ce qu’un mec bourré vient faire ici à cette heure ? A moins qu’il soit blessé ? Je m’approche un peu, questionnant :

« Ça va, monsieur ? Besoin d’aide ? »

Un gargouillement inepte sort de l’être pour toute réponse. C’est clair qu’il n’a pas l’air bien. Je me tourne vers Ethan pour lui dire de se ramener, mais un autre grommellement me fait retourner la tête vers le truc. Car c’est plus un truc qu’un humain, ça c’est clairement une évidence maintenant. La tronche difforme se précise dans l’obscurité, et deux yeux pâles me fixent désormais. Deux yeux… trop pâles pour que ce type soit encore en vie. Et une subite odeur de charogne vient supplanter celle de la végétation humide dans mon nez. Je reste coi, campé sur mes jambes. Purée, est-ce que c’est vraiment une saloperie de mort-vivant ? Il y a peu de doute, désormais. Comment on doit réagir face à un truc pareil ? Ethan m’a dit en avoir déjà rencontré, il a plus de science que moi concernant tout ça. Sans me tourner vers lui, je le questionne :

« Dis. Comment t’as dit que vous vous en étiez sortis, avec Nico, la fois passée ? »
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Jeu 19 Jan - 19:33 (#)

C’est du pur bonheur que de juste rouler en rase campagne, en compagnie de ce bon vieux Wilson. Tout aussi humain que moi, avec des soucis et des problèmes, bassement humains. Eventuellement, Tyler pourrait se joindre à nous qui est tout aussi sympa. D’ailleurs, ça fait un bail que je ne l’ai pas vu, il serait temps que je lui lance un coup de fil.

- Mais t’es pas du bled, toi ? Tu dois connaître chaque centimètre carré de Shreveport et de la brousse qui l’entoure, non ?

Je râle un coup, sur le hasard qui s’acharne à me mettre des bâtons dans les roues. Je veux juste montrer ma vieille caisse à mon pote, rien de plus. Pourquoi faut-il absolument qu’on croise un vieil ivrogne, paumé au milieu de nulle part. Le pire, c’est la bonté de Wil qui, dès que le véhicule est immobilisé, se sent l’âme charitable. J’veux pas aller voir, j’ai pas envie de savoir ce que ce vieux schnock fait là et pourquoi il est là.

Dans un profond soupire, je coupe le moteur, retire la clef du contact, l’empoche et ouvre ma portière. Etant du métier, j’ai trop entendu d’histoire sur le car jacking, c’est devenu un réflexe. En descendant de la camionnette, j’ai un mauvais pressentiment. Un frisson parcourt ma nuque et coule le long de ma colonne vertébrale, c'est pas bon. Y’a pas de bar dans le coin, pas de pince-cul, pas de motel, en tout cas pas à ma connaissance et j’emprunte cette route régulièrement.

La silhouette de mon ami se découpe très nettement dans les phares puissants. Quelque part, sa stature imposante me rassure. Il est à mi-chemin entre ma position et celle du bonhomme qui semble tituber en avançant dans notre direction. Wilson a peut-être raison, le gars a certainement besoin d’un coup main. Pourtant, cette pensée ne parvient pas à me convaincre. Une bonne vingtaine de mètre me sépare à présent de la cabine rassurante de la dépanneuse ; l’air est gorgée d’humidité pour le plus grand plaisir des grenouilles et autres batraciens qui s’en donnent à cœur joie, emplissant la nuit de leur coassement qui soudain s’arrête pour laisser place à un son beaucoup plus guttural et profond.

Une boule se forme au creux de mon estomac alors que mon sang se fige dans mes veines. J’ai déjà entendu ce genre de bruit et j’ai vraiment pas envie que ça se renouvelle. J’avale difficilement ma salive qui s’est faite plus épaisse et entends la question posée par mon bon samaritain. Les mots restent coincés dans ma gorge alors que la chose s’approche en grognant. Faut que je me secoue, on ne doit pas rester là. Je rallie les quelques mètres qui me séparent de Wilson et attrape son bras pour qu’il sorte de sa tétanie.

- Bouge mec ! Dans la voiture !

Tirant sur sa manche, je recule, gardant la chose en vue. Elle est lente, sa marche est chaotique et incertaine. Malgré la panique qui envahit mon esprit, j’essaye de me souvenir ce que Nico m’avait dit concernant ces créatures. Estimant être suffisamment loin, je me retourne, prêt à piquer un sprint en direction du remorqueur. Une exclamation qui ressemble plus à un couinement qui pourrait s’apparenter à un miaulement de chat à qui on marcherait sur la queue, s’échappe de mes lèvres.

- Wil, on a un problème…

Quatre êtres, semblables à celui qui nous fait face, entoure la cabine, attirés par la lumière du plafonnier. Etres débiles, sans conscience, sans désir et surtout sans peur. Nico avait parlé de coquille vide, pas de zombie, d’une chose dirigée par un sorcier ou un truc dans le genre. Délaissant l’idée de retourner à la voiture, je pousse mon ami vers le bas-côté, priant intérieurement pour qu’il n’y ait pas un étang au-delà du halo des phares. La pente est abrupte, un rigodon coule dans le fossé, mouillant mes chevilles. Devant moi, une côte d’un bon mètre se dresse. Agile, ce n’est pas un problème même si je glisse sur l’herbe humide et finis l’ascension à quatre pattes. Je me relève et me retourne précipitamment pour voir comment Wilson s’en sort. Les zombies ne pourront jamais escalader la tranchée. Reprenant mon souffle, je peux enfin répondre à la question précédemment posée.

- Nico a décapité le machin, tu t’en sens capable ? Mais bon, y'en avait qu'un...

L’heure n’est pas à la rigolade, mais je ne peux m’empêcher de rire bêtement, imaginant le colosse dévisser quelques têtes.

- Grimpe ! Qu’est-ce que t’attends ? Ils vont bientôt arriver ! D’ailleurs, il m’a dit autre chose au sujet des « coquilles ». Y’a toujours un gars qui les a créé et qui les dirige. Quand je pense qu’on pourrait être tranquillement coincé sur l’autoroute… Au lieu de ça, on patauge dans le bayou, poursuivit par une horde de marcheurs… T’as vu la série The Walking Dead ?
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Mer 1 Fév - 17:29 (#)

IV

Ethan qui me demande si je ne suis pas du bled, affirmant que je connais la brousse alentours comme pour se rassurer de pas être paumé. Je rêve ou c’est un poil raciste, ça ? Je l’ai alors regardé d’un air sérieux, trop sérieux, scrutateur, juge, lui rétorquant :

« La brousse ? Tu dis ça parce que je suis noir ? »

Un mépris latent a parcouru mon regard pendant quelques secondes, avant que j’explose de rire, frappant sur l’épaule du conducteur. Enfin. Juste avant de lui balancer de quoi l’inquiéter un peu. Et véridiquement, cette fois.

« Tu verrais ta tête. Enfin. J’connais pas mal les alentours oui, mais là, aucune idée d’où on peut bien être. »

Enfin. Tout ça c’était quand nous n’étions encore que deux passagers innocents et sécurisés dans sa camionnette du garage. Là, c’est carrément plus la mouise. Sacrément. Définitivement. Et c’est encore pire que j’ai pu le penser initialement. Éberlué, coi, je reste immobile un peu trop longtemps pour ma bonne santé devant ce cadavre ambulant qui approche à pas maladroits, boiteux et incertains. Par chance, Ethan a l’esprit plus clair, et tire ma chemise pour m’emmener vers sa voiture. C’est la seule solution, oui. Fuir. En écrasant le bousin, au passage, idéalement. Parce qu’autant les vampires, ils sont civilisés, y’a moyen de discuter avec eux, de partager des points de vue, de les supplier d’une merci précieuse en échange d’une docilité exemplaire, mais là… Les zombies ne sont pas connus pour être particulièrement causants, ni raisonnables. Enfin, du peu que je sais d’eux, rapports de ma grand-mère. Je n’en ai jamais croisé jusqu’ici, et j’espérais que ça reste comme ça encore longtemps. Raté, du coup. Mon ami garagiste a bien raison, nous avons fait notre temps ici, il est temps de déguerpir. De…

On a un problème, affirme-t-il. Oui, un mort-vivant qui essaie de nous manger. Ça je savais. Mais… ce n’est pas de ça qu’il parle. Enfin si, mais pas que : Autour de sa remorqueuse, frappant sur les vitres de sa cabine éclairée, quatre nouveaux cadavres ambulants grognent et grommellent. Bondye. Effectivement c’est un sacré problème. L’habit tiraillé par le mécano, je suis ses mouvements avec un abrutissement total. Je manque de me casser la figure lorsqu’il m’emporte dans la pente, trébuchant dans le ru du fond de fossé avec un gros « PLOUF » éclaboussant tout aux alentours, et noyant mes pompes. Des belles chaussures, en plus. De celles qui présentent bien pour le service. Zut. Enfin, c’est pas le plus important, là tout de suite. Ethan part devant, grimpant à quatre pattes un talus herbeux. Du haut de là, il me clame que Nico avait décapsulé celui qu’ils avaient alors rencontré, me demandant si j’en suis moi-même capable. Je sais qu’il rigole – même si le moment est mal choisi – mais je rétorque quand même au premier degré, sans réfléchir.

« Capable ? Tu rigoles ? J’suis pas un… un… j’suis pas comme Nico, moi ! »

Diantre, j’ai failli vendre la mèche. Non pas qu’il fasse grand cas de sa nature, surtout à ses proches. Mais bon, de là à balancer ça aussi librement, il faut que je fasse gaffe moi. Ethan pourrait vouloir lui rapporter mes errements. Et puis, décapiter ces trucs… je préfère ne pas essayer, si c’est possible. En dernier recours, éventuellement. Ils n’ont pas l’air bien solide, en soi : un bon uppercut devrait les mettre à terre assez durablement. Ethanichou me tire de mes pensées destructrices en me pressant de grimper le rejoindre à mon tour. Ouais, ça serait pas mal. Je suis moins souple que lui, mais pas moins sportif. D’une grande enjambée forcée qui tire mon pied prisonnier de la gadoue avec un « floc » gluant, je parcoure la moitié du talus, et le reste n’est plus qu’une broutille. J’arrive à sa hauteur alors qu’il donne des informations précieuses sur ces trucs immondes : apparemment, il y a toujours un type qui dirige ces morts-vivants. Bien, plus qu’à le trouver du coup, et lui dire de gentiment arrêter de nous faire peur comme ça. On lui a rien fait, au bougre.

Mais du coup, de fait, on patauge dans le bayou, et une autre angoisse remonte le long de mon échine. Bordel, et si on tombait sur un alligator ? Il ne ferait qu’une bouchée de mon compère du soir, et aurait encore faim pour me grailler un ou deux jambons. Et puis impossible de discerner quoique ce soit : il fait aussi noir que dans le cul d’un vampire. Non pas que je sois habitué à les visiter, hein, mais… bon. Voilà quoi. Je n’ai pas vraiment envie de répondre à sa question sur Walking Dead. C’est clairement le genre de série à la con où le black meurt en premier, et j’ai aucune envie de confirmer les clichés. En lieu et place, je sors mon téléphone et en allume la lampe-torche. Si on pouvait éviter de croiser la faune locale ou de se prendre les pieds dans la mangrove jusqu’à finir à plat ventre dans la gadoue, ça m’arrangerait. Déjà qu’on a de l’eau jusqu’aux genoux…

Mauvaise nouvelle, en plus : le bruit de succion de mes pas dans le ruisseau ont attiré l’attention des marcheurs pourris. Deux d’entre eux se sont cassé la gueule dans le fossé et tentent déjà de se relever pour grimper le talus. Leur vitesse ne leur permettra pas de nous rattraper si on bouge, mais du coup il nous faut bouger. Par où ? J’en sais foutre rien. Je donne mon avis sur la question :

« On devrait longer la route et rejoindre celle-ci une fois loin de ces saloperies. Une idée du chemin le plus court vers la civilisation ? »

Deux solutions : suivre la route vers l’avant ou vers l’arrière. Hors de question que je me fasse emmener dans un de ses « raccourcis » foireux à traverser le bayou à l’aveugle.

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