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Sultans of swing | Anaïs, Elinor, Heidi & June

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Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
Heidi Janowski
Heidi Janowski
Propriété d'Eli-chan & Caprisun (enfin consommé) de Shreveport
NE M'OUBLIE PAS

En un mot : TROUBLE
Qui es-tu ? : ­­Sultans of swing | Anaïs, Elinor, Heidi & June WHGHcJS3_o
≡ Humaine ­­de 25 automnes, beaucoup moins dans sa tête
≡ (ex(ex))Trompettiste professionnelle autoproclamée
≡ Marquée de la Reine d'AA, miss Elinor Lanuit elle-même
≡ Cousine de la démoniaque experte en chantage, Anna "la s****e" Janowski
≡ Mordue au littéral comme au figuré

Facultés : ≡ Surnaturellement agaçante
≡ Maîtresse du sarcasme et de l'ironie
≡ Balbutiements du tout premier niveau de Présence vampirique tout fraichement héritée

Thème : 'Round Midnight - Miles Davis
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QUAND J'AURAI SOMBRÉ

Pseudo : Pourpre
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Mar 20 Sep - 15:39 (#)
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Sultans of swing
Restaurant Le 401, Downtown
ft. Anaïs, Elinor & June


L
a pression ? Quelle pression ? Un concert est un concert, peu importe s’il est le premier à te voir tenir la baguette ou même si c’est le premier pour lequel ta Marraine se déplace en personne, pas vrai ? Après tout, les enjeux sont minimes : il ne s’agit que de la relance de ta carrière de musicienne pour laquelle tu as versé sang, sueur et larmes.

Du haut de la modeste estrade sur laquelle tu te tiendras avec ton orchestre d’ici une heure ou deux, tu jauges la salle. Une armée de serveurs aux vêtements parfaitement repassés se presse frénétiquement à droite et à gauche pour parfaire la décoration des tables et ajuster au millimètre a position de l’argenterie sur les nappes immaculées. Le décor est bien digne d’un des restaurants les plus chics de la ville. L’événement a fait son bruit, apparemment, et sans être devenu une soirée incontournable pour laquelle on se bat, une partie du gratin de la ville s’est empressé de réserver sa table à l’annonce du concert, si bien que le restaurant affiche complet depuis maintenant un mois.
THE AFTER DARK ORCHESTRA pour son premier concert privé en exclusivité au 401.
Tu te souviens de la tête de tes musiciens lorsque tu leur as annoncé le lieu de votre première date avec un fin sourire au coin des lèvres. Tu n’envisageais rien de moins avec l’ambitions dévorante que tu nourris pour cette formation, et ce n’est là qu’une première étape. Comment tu as réussi à convaincre le patron de vous embaucher sur la base de ta réputation salie par la malveillance de ta propre famille ? Disons que tu as vu dans cet entretien l’occasion parfaite de faire fonctionner tes récents talents de persuasion.

Par un miracle inquiétant pour la balance de ton karma, tous tes musiciens ont répondu présent pour votre grande soirée. Les astres sont en train de s’aligner au-delà des moulures du plafond, et tu as le sentiment que votre swing diabolique et hypnotique ouvra l’espace de deux heures une porte vers un autre monde.
Méthodiquement, tu as disposé les trois rangées de pupitres de la section des soufflants. Tu as installé les chaises de chacun, le piano électronique relié aux enceintes de la scène, accordé chaque tome de la batterie. Absolument rien n’est laissé au hasard ; le moindre écart à ton protocole serait la porte ouverte à une suite désastreuse d’événements que tu ne tolèreras pas. La loi de Murphy a déjà bien trop frappé, et cette nuit est l’occasion de prendre ta revanche.

Le rendez-vous est fixé à vingt heures pour les artistes, une heure plus tard pour tes deux invitées. L’une a une table réservée à son nom par tes soins, proche de la scène, là où l’acoustique est la meilleure. Une chaise attend l’autre sur le côté de la scène derrière le rideau, à l’abri des regards. Tu as voulu organiser cette rencontre depuis des mois, et maintenant qu’elle est à quelques heures de s’opérer, l’angoisse vient se superposer à toutes les autres sources et tu n’avais pas vraiment besoin de ça. Cependant, si le concert est une réussite – et il le sera – cela rendra la soirée encore bien plus belle.

Finalement, après avoir dompté silencieusement l’atmosphère de la salle encore vide pendant quelques minutes, tu prends la direction de l’arrière-cour qui tient lieu d’entrée des artistes. Sam s’y trouve déjà, nonchalamment appuyé contre un mur en train de faire rougir le bout d’une cigarette roulée. Il prétend ne pas avoir la moindre once d’angoisse, et que ce concert est comme tous les autres pour lui, mais tu as bien vu qu’il s’est rasé de près pour l’occasion et tu sens d’ici l’odeur de la laque dont il a dû enduire ses cheveux. En face de lui dans la ruelle, tu t’adosses à ton tour pour laisser la fraicheur de la soirée d’embaumer quelques secondes dans une tentative hasardeuse de relâcher un peu de pression.
Au loin, des pas agités se font entendre sur le bitume. Tu relèves la tête, et tu croises le regard entendu du contrebassiste ; vous savez très bien qui est en train de courir comme un dératé dans votre direction, et un très subtil sourire commun vous échappe alors que la silhouette du jeune garçon se détache enfin du couchant. Pirate, toujours fidèle à lui-même, se raidit comme un piquet en vous voyant l’épier depuis la porte, et il ralentit sa démarche pour feindre la décontraction dans son costume visiblement emprunté à son père et bien trop grand pour lui. C’est raté. Le jeune homme vous salue d’un signe de main enthousiaste, et ton collègue l’interpelle entre deux taffes.

- Tout roule, Tuck’ ?

Te devrais te ficher sincèrement de la réponse. Il y a quelques mois, ç’aurait été le cas, mais à force de côtoyer ces gens, de les forcer à quitter la salle de répétition des heures en retard pour satisfaire ton appétit de perfection musicale, tu as appris à… les apprécier ? Non, c’est trop fort. Les tolérer, peut-être. Les connaître. Nouer un véritable lien.

- Ouais, ouais, ma mère vient de me déposer là, j’avais peur d’être en retard. Pas que je sois stressé hein, c’est pas le cas..! Mais je m’en fous pas non plus..! Ce que je veux dire, c’est que-

- Tucker ?

Tu l’interromps. Le gamin commençait à parler de plus en plus vite et à déjà suer à grosses gouttes. Tu avais des doutes quant à sa place dans l’orchestre lors de ses premières répétitions, mais tu as deviné tout le travail qu’il a fourni et sa volonté de faire les choses bien. Tu as aussi eu l’occasion, bien malgré toi, de discuter avec sa mère – de l’écouter parler en fait, surtout – un soir après une répétition pour en avoir la confirmation. « Oh, je suis contente que mon Tucker ait trouvé des amis pour jouer vous savez ! Il ne parle plus que de ça, et dès qu’il rentre à la maison il joue au moins deux heures tous les soirs ! Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, mais je ne l’avais jamais vu comme ça ! » Sur le coup, tu t’es forcée à sourire, sans doute sans grand succès, mais ça t’a fait quelque chose, quelque part au fond de toi. Ça t’a rendue... heureuse ?
Il lève les yeux vers toi, bouche bée, tandis que tu fixes ton regard perçant dans le sien. D’une voix calme, tu poursuis.

- Pendant le concert, tu ne regardes que moi. Tu oublies tout le reste.

Il roule un peu des yeux avant de te répondre avec un ton las.

- Oui, cheffe…

- Je déconne pas Tucker, si je te vois regarder autre chose que moi ou ta partition je te ferai regretter d’être venu au monde.

Et en effet, tu n’as clairement pas l’air de rigoler. Cependant, et assez paradoxalement, tes mots semblent avoir de l’effet sur le jeune saxophoniste. Un franc sourire se dessine sur son visage, et il hoche la tête avant de rentrer à l’intérieur. Sam, lui, hausse un sourcil mais décide de garder le silence en captant ton regard.
Le reste de la troupe ne devrait pas tarder, et tes invitées non plus. Tu guettes ton téléphone, à l’affût de la moindre nouvelle. Si tu n’avais pas autant l’habitude de réprimer tes émotions en public, tu serais sans doute en train de sauter partout, et de hurler. Fort. Très fort.

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Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Elinor V. Lanuit
Elinor V. Lanuit
Tea For Two - Ils t'entraînent au bout de Lanuit, les démons du mépris
Let's spend an evil night together
En un mot : Don't be afraid ; It's only death. It's just as natural as your first breath.
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne, l’élégance et le flegme de son époque affleurent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, séduite par le pouvoir et reine stratège, son plaisir de tout contrôler égale sa soif de connaissances en arts obscures.
- Vampire accomplie et fille des Lanuit, éternelle solitaire dont l’amour empoisonne les malheureux attirés par une élégance inaccessible aux simples mortels.
- Monstre évoluant dans l’anonymat des ombres, elle traverse les siècles sans fléchir ni se lasser, se proclamant véritable immortelle avide de vie et de savoir.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps figé par les siècles ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique dont son clan profite à souhait, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Une Présence cultivée avec patience se lit dans son regard enjôleur, rendue redoutable par un siècle de manipulations opportunistes (niveau 2, palier 5).
- L’Occultation masque son être pour mieux agiter les fils de ses marionnettes, tandis que son esprit demeure son sanctuaire interdit, où elle ne tolère personne (niveau 2, palier 2).
- Un Animalisme incongru la colle, sans qu’elle ne daigne y accorder le moindre intérêt, quand ce talent bestial semble si éloigné de son tempérament et de ses valeurs (niveau 0, palier 0).

Thème : Jill Tracy : Evil Night Together
We'll drink a toast in the torture chamber
And you'll go down on a bed of nails
We'll rendevous in cold blood
I'll tie you up to the third rail
No need for cake or flowers
Let's spend an evil night together


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Sultans of swing | Anaïs, Elinor, Heidi & June Ibwm
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Pseudo : Carm'
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Crédits : The Great Malarkey, The Handsome Family, Fleetwood Mac, Taboo, Hell on Wheels, There will be blood, Fargo (inspiration).
Sam 24 Sep - 23:04 (#)



La nuit était encore jeune lors de son arrivée. Elle était venue en ville avec une heure d’avance, sans un but précis, en laissant sa Jaguar neuve à l’abri dans un stationnement souterrain tout proche

Depuis, Elinor flânait. L’obscurité avait étreint le centre de la ville, mais les vieux murs des maisons de  briques au style français avaient retenu la chaleur du soleil de Louisiane, et exhalaient ce soir-là un millier de chaudes senteurs. Les trottoirs tièdes et plats fourmillaient des parfums des chênes et des chèvrefeuilles, dont les lianes fleuries oscillaient depuis les balcons espagnols de ces vieilles demeures. Quelques rares frimas nocturnes se hissaient depuis les soupiraux et les caves endormies, mêlant leurs vapeurs froides et leurs odeurs de terre antique avec les enivrants arômes des camélias poussant dans les arrière-cours.
Au sein des rues étroites où déambulait Elinor, les lueurs des restaurants éclairaient le pavement d’une brillance irisée, où les faisceaux des réverbères venaient se fondre en douceur. Au loin, les senteurs lourdes et un peu écœurantes de la viande en train de cuire assaillaient son nez délicat, et elle percevait les sourdes pulsations d’une musique jazzy qui résonnait dans les jardins silencieux. Une timide brise se faufilait entre les taillis de rosiers alourdis de corolles blanches et roses, poussant entre les entrelacs des vieux portails d’allure européenne, dont le métal noir sculpté était patiné par l’ardeur du soleil du Sud.

Elinor s’arrêta un instant. Elle était seule dans cette ruelle. L’ombre d’un immense chêne se penchait par-dessus la route étroite, où les pavés inégaux recueillaient les rares feuilles d’un jaune couleur du blé. À cet endroit, le clair de lune parvenait à se faufiler au travers de l’éclairage urbain, et ses lueurs diaphanes miroitaient dans la chevelure sombre de la vampire. Un mince sourire décorait ses lèvres d’un carmin saisissant sur l’ovale si pâle de son visage. Elle porta son regard vers une maison voisine. Celle-ci était clairement abandonnée, mais son style bien français ressurgissait malgré les ravages du temps et l’amas de végétation luxuriante qui l’escaladait follement.

Elle demeura un moment ainsi, immobile. Nul n’aurait su déchiffrer la raison de visite, pas plus que les pensées qui la traversaient à cet instant. Il est sans doute l’heure, pensa-t-elle en récupérant son téléphone de l’intérieur de son sac à main, avant d’envoyer un message à l’intention d’Heidi.

J’arrive dans dix minutes.

Une nouvelle brise balaya ses cheveux. Une feuille d’un jaune terni se détacha du chêne, et échoua dans sa chevelure d’un noir de jais ; Elinor la chassa d’un revers de main alangui, en accrochant ses mèches rebelles dans le creux de son oreille. Sa chaînette couleur de l’argent cliqueta à son cou. Elle resserra sa petite veste de fourrure sombre jetée sur ses épaules, et laissa le vent l’envelopper dans toutes les vieilles senteurs qu’exhalait la maison abandonnée. Du lierre s’enroulait étroitement sur sa grille de fer orné recouverte d’une couche de rouille craquelé, tout comme ses galeries au rez-de-chaussée, et les poignées sculptées des portes cachées derrière l’entrelacs végétal du jardin.
Elinor attendit encore une minute. Elle laissa une idée croître dans un recoin de son esprit, puis se détourna de ces visions nocturnes, nostalgiques, et de ses envies passagères. Elle les étudierait plus tard. Elle tourna les talons, et commença à remonter la ruelle déserte vers son rendez-vous de la nuit. L’écho de ses hautes chaussures, des cuissardes d’un noir parfait, créait un battement régulier entre les murs, comme celui d’un métronome. Par habitude, elle rabattit sa veste sur son pull fin et échancré qui cachait en partie son haut noir, lui-même ouvert sur un décolleté surmonté d’une dentelle noire, au creux duquel sa chaînette argentée oscillaient au rythme de ses foulées souples.

La rumeur de la ville s’accrut. Elle dépassa un couple riant aux éclats, enlacés l’un avec l’autre, et leur adressa un simple salut de la tête en consultant son téléphone. Le 401 était à deux pas désormais. Elle lissa sa robe courte, dont la fausse ouverture contre sa hanche gauche était fermée par des lacets entrecroisés, que des collants élégants venaient compléter en enveloppant le haut de ses cuisses. Quelques regards masculins la suivirent tout au long de sa progression, à l’ombre des murs de briques et de lierres, mais Elinor n’y prêta aucune attention. Elle appréciait la balade, simplement. Le tempo de la Louisiane nocturne et festive était ainsi une nette, mais tout à fait bienvenue alternative aux immeubles austères de Western Hill.
Au détour d’un vaste hôtel, elle traversa l’avenue où se croisaient les visiteurs estivaux, et les habitués des lieux ; autant de musiciens amateurs et de jazzmen rêveurs dont le tempo ensorcelait ce soir le centre de historique de Shreveport. Silhouette solitaire, élégante et gracile, elle dépassa les hommes et les femmes déambulant aux bras des uns et des autres, aux multiples parfums qui se mêlaient aux arômes piquants de la cuisine cajun. Tout cela, elle le percevait mieux que quiconque. Elle semblait détachée,  pourtant, elle qui louvoyait entre les rares voitures et les passants avec une aisance serpentine, que seule la traîne de sa chevelure parfumée et somptueuse laissait entrevoir. Un fantôme diaphane, élégante, et d’une excellente humeur.

Bientôt, Elinor dépassa l’entrée du 401. Elle bifurqua à l’ombre des immenses fenêtres illuminées par les spots éclairant la scène à l’intérieur, et se hâta, avec une certaine impatience désormais, vers l’entrée dérobée. Celle des artistes ; une énième ruelle, étroite et dissimulée dans l’étreinte de deux anciens bâtiments. Une modeste porte dérobée en fermait l’entrée, qu’elle poussa alors sans hésiter. Aussitôt, une bouffée de chaleur lui souffla au visage, remplie des habituelles odeurs des restaurants chics : des mets délicats aux parfums des fleurs agencées sur les tables,  au métal chaud mais propre des ustensiles de cuisine. La pénombre y était entretenue, tamisée, et les couloirs bruissaient de cette frénésie précédant les concrets.
Elinor vérifia l’heure. Elle était dans les temps. Un méli-mélo de voix pressées lui parvenaient d’un peu partout à la fois, du centre du restaurant jusqu’aux loges des artistes. Elle s’empressa d’avancer en silence, sa main délaissant les pans de sa veste pour la laisser élégamment s’ouvrir sur son haut, et s’avança avec curiosité dans cet univers dissimulé aux yeux du gratin. Comme elle remontait vers le centre du bruit et les lumières de la scène au loin, une silhouette masculine s’avança vers elle depuis les coulisses, son smoking un peu désuet tendu à l’extrême sur son torse. Elle s’arrêta à son tour, en profitant de l’interruption pour envoyer un nouveau texto à Heidi.

Je suis arrivée, je serai dans les coulisses.

L’humain s’éclaircit la voix, s’estimant sans doute ignoré. « Bonsoir. Excusez-moi madame, mais je suis obligé de vous demander la raison de votre présence ici. C’est l’entrée réservée aux représentations, ce n’est pas ouvert au public. »

Elle leva à peine la tête . « Je suis invitée. » fit-elle simplement d’un ton désintéressé.

« Dans ce cas madame, je voudrais voir votre invitation et vous demander de passer par l’entrée du public... »

Elinor rangea lentement son téléphone dans son sac. Elle jaugea son interlocuteur, immobile et trop assuré à son goût, et estima qu’elle n’avait nul besoin de lui montrer l’invitation rédigée par Heidi.

« Je suis invitée, » répéta-t-elle sans s’émouvoir, un mince sourire aux lèvres.

L’homme entrouvrit la bouche, puis se ravisa. Une lueur de compréhension traversa son regard bleu, et il passa une main embarrassée dans ses cheveux déjà blancs, rasés courts, malgré une apparente quarantaine d’année. Il s’écarta aussitôt, un brillant sourire naissant soudainement sur ses traits.

« Vous avez raison, excusez-moi. Je vous souhaite une bonne soirée, madame. »

« La scène est bien par ici ? » fit-elle en dépassant le maître de salle.

« Oui, tournez à droite et puis ensuite tout droit. Vous ne pouvez pas la manquer, avec toutes ces lumières. Et l’orchestre est justement en train de s’installer. »

Elle hocha la tête. Un sourire malicieux décora ses traits et, lorsqu’elle dépassa l’homme, Elinor lui tapota l’épaule. « Brave garçon. » lui dit-elle d’un ton délibérément narquois.

Autour d’elle, les coulisses frémissaient délicieusement d’excitation. Elinor croisa le chemin d’artistes nerveux, trop occupés pour s’appesantir sur sa présence ; du reste, elle s’était maquillée avec un soin tout particulier pour mieux masquer sa nature. Au bout de deux minutes, la vampire arriva à l’entrée de la scène, où elle s’arrêta dans l’ombre, loin de la lumière trop vive. La tension y était palpable. Elle patienta, en attendant d’apercevoir la vision familière de celle qui l’avait convié cette nuit-là.

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