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Mardi des Cendres | Olivia & Elinor

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Fear is the mind killer
Elinor V. Lanuit
Elinor V. Lanuit
Fear is the mind killer
Those who are heartless once cared too much
En un mot : Humaine immortelle
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne. L’élégance et le flegme de son époque vivent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules au besoin, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, jadis reine stratège, elle a abandonné son clan et sa couronne pour revoir le soleil et étancher sa soif de connaissances.
- Autrefois vampire accomplie, fille des Lanuit, et éternelle solitaire, elle a renoncé à son vampirisme contre la promesse d'une éternité aux côté d'une ange.
- Humaine immortelle, initiée à l'alchimie, elle réapprend à vivre et explore les mystères du monde avec Lucie, l'avatar d'une Sainte incarnée sur Terre.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps séculaire ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique et à la tête d'une fond d'investissement douteux, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Présence (niveau 1, palier 5). Elle a conservé un reliquat de cette discipline issue de son passé de vampire.
- Occultation (niveau 2, palier 2). De la même manière que ci-dessus, elle peut toujours se servir de cette discipline.
- Une alchimie balbutiante, que Lucie lui apprend. En retour, elle offre à l'avatar de la Sainte son amitié, et plus encore, un lien encore indéfini qu'elles partagent l'une et l'autre.

Thème : Anna Calvi : Wish
Like a mirror staring out to sea
My mind is free so please don't you stop me
No don't you stop me
I got one more wish before I die
So please don't you stop me
No don't you stop me

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Dim 4 Fév - 14:52 (#)

Mardi des Cendres

Mardi 7 Décembre, Autumn Woods

L’orme avait survécu.
Nimbant l’arrière du vaste jardin de son ombre épaisse, l’arbre, fier et droit, dominait encore les décombres de verres, de métal et de faïence qui formaient encore récemment, une véranda. Un croissant de lune, haut et entouré d’une cohorte de nuages paresseux, soulignait de sa lumière pâle les contours des branches, qui s’étendaient du muret de clôture jusqu’aux fenêtres de l’étage. Au pied du tronc tavelé de mousses, un banc en pierre avait été renversé par le souffle de l’explosion, à côté d’une kyrielle d’objets décoratifs : fauteuils, poteries et plantes déracinées jonchaient le jardin, tout autour de l’ancienne véranda. De cette dernière, ne subsistaient que des décombres métalliques tordus et à moitié fondus, dépassant çà et là du socle de béton, au milieu des débris de toutes sortes, comme une cage thoracique écartelée vers le plafond étoilé.

Sous le couvert de l’orme, Elinor détaillait la désolation. Elle avait redressé l’un des bancs en pierre de taille, et y avait pris place, invisible dans son immobilisme de statue, avec ses habits noirs qui se fondaient dans ce décor nocturne. Du haut de sa superbe, elle discernait l’intérieur désordonné du salon, qui jouxtait l’entrée de la véranda détruite, avec le ventre de tissu clair d’un fauteuil renversé et les débris de verre brillants qui avaient été jadis, une baie vitrée. Voilà bientôt une heure, qu’elle était arrivée, seule cette fois. Un désir pressant de solitude la tenaillait depuis l’attaque. Escaladant en silence le mur qui cernait sa propriété, elle avait observé s’éteindre une à une les lueurs des maisons voisines, et les bruits de la journée céder la place à la quiétude de la nuit. Là-bas, dans le carré de forêt qui séparait ce quartier de l’autre, son ouïe d’immortelle n’entendait que les cris intermittents, lancinants, d’un rapace nocturne.

En bas, au pied de la colline sur laquelle était bâtie sa demeure, dans l’avenue traversant Autumn Woods, la rumeur ténue d’un moteur trahissait parfois une existence humaine. Pourtant, les lumières des phares et des lampadaires ne parvenaient qu’à créer des ombres filiformes sur les murs de la maison abîmée, comme si les ténèbres des lieux avaient décidé de jeter un voile pudique sur l’affront. Car, c’était bien un affront. Elinor le ressentait au fond de ces tripes, cette brûlure née de l’insulte, mêlée aux sentiments de perte et de trahison chevillés au corps. Quand elle se leva enfin du banc, en évitant les bris de verre avec ses bottes, cette rancœur ne se fit que plus évidente ; les restes calcinés de ses souvenirs adhéraient à ses semelles, partout, où l’œil s’attardait. Des moments désincarnés de sa vie gisaient et étincelaient ici et là, dans la solitude des petites heures et l’indifférence d’un ciel voilé par la clameur lumineuse de la ville.

Elinor ne fit aucun bruit. Elle s’arrêta au niveau du cratère brûlé, qui encerclait l’impact de la roquette, là où avait été autrefois disposé un charmant salon d’extérieur, et examina les lieux. Un rictus de contrariété fut la seule marque de colère que l’immortelle s’autorisa. Des bandeaux de police marquaient les endroits où des dangereux épieux de métal brisés affleuraient, et des nombreuses empreintes de pas signalaient le passage des officiers. Ils avaient quitté les lieux, maintenant. Elle avait attendu une bonne heure pour s’en assurer, le temps que le quartier s’endorme, et qu’il ne reste ici qu’elle-même, les chouettes, les souvenirs, et les regrets. Ceux d’avoir accordé sa confiance à une Marquée indigne qui l’avait finalement trahi, en l’abandonnant au milieu des ruines fumantes ; des débris de briques et de mortier, mais aussi de complicité et de loyauté reposaient là.

Son heure viendrait à celle-là. Elle en chassa le souvenir, bien que ce désir de vendetta ne la quittait qu’aux heures diurnes, quand son sommeil ressemblait à la mort. Cette nuit, un besoin impératif de récupérer ses plus précieuses affaires l’avait poussé à revenir sur les lieux du drame, en dépit des écorchures que la vision de sa maison éventrée faisait saigner. Ses antiques robes attendaient au cœur de son bunker, des œuvres inestimables et des bibelots antiques sur les rayonnages de sa bibliothèque, tous exposés aux mains indélicates des enquêteurs. Cette idée la rendait malade. Elle avait l’impression que des doigts gras se posaient partout sur ses effets personnels, que des yeux voyeurs scrutaient ses souvenirs et sa vie intime.

Insupportable. Aussi, Elinor avait-elle stationné une camionnette discrète aux abords du quartier, attendant que la police veuille bien quitter enfin les lieux. De fait, la maison paraissait vide. La police avait fermé les vitres brisées avec des planches rudimentaires, aussi l’immortelle s’orienta-t-elle simplement vers la porte d’entrée, dont elle avait les clés. Elle se faufila avec douceur entre les ruines de la véranda, prudente, comme refusant de briser le calme funèbre qui enveloppait toute l’habitation. La vampire elle-même, avait l’air d’une femme en deuil. Avec son jean noir et sa veste en cuir de la même couleur, sa silhouette cachetée de sombre avait l’allure d’une ombre mouvante, sur laquelle se détachait seulement son teint pâle. Pourtant, Elinor était repue. Elle avait bu hier, furieuse et affamée, sans doute trop, mais aucun des Lanuit présents n’avait alors osé lui faire de remarque à ce propos.

Fierté froissée était susceptible. Elle vibrait encore, tandis que Elinor déverrouillait la porte principale avec lenteur, et découvrait, dans un mutisme consterné, l’étendue de la destruction du salon. La baie vitrée avait explosé, distribuant des échardes transparentes partout, tant sur son sofa criblé d’impacts, que sur les murs tapissés de couleurs chaudes. L’obscurité avait envahi l’intérieur. La vampire se coula dans les ombres, en revêtant son Occultation par acquis de conscience ; les autorités avaient normalement vidé les lieux, mais la vampire n’appréciait plus les surprises. Une certaine paranoïa dictait ses actes. Une envie de meurtre, aussi. Sa botte tâtonna sur le plancher rendu livide par l’éclat de la lune, qui se déversait des espaces entre les planches bloquant les fenêtres, et elle avança prudemment dans les couloirs de sa demeure condamnée. Partout où Elinor posait les yeux, le constat était amer : tout cela était compromis. Les murs vernissés de bois à l’ancienne, les tapis moelleux, les draperies et les tapisseries exquises, qu’elle avait mis plusieurs années à assembler avec goût ; tout cela était désormais bon à jeter.

La fureur revint irradier sa chair. Comme une brûlure dans son ventre, qui lui donnait l’impression d’illuminer d’une couleur de braise les ténèbres des pièces vides que la vampire dépassait. Par mélancolie, ses paumes caressaient tendrement le vernis des parois, dans cet intérieur aux allures de manoir gothique, en dépit d’une façade ultra moderne et nantie de sécurité électronique. Un contraste dont Elinor était fière. Ou l’était, tout du moins. Désormais, elle avançait dans un cimetière à ciel ouvert, que des officiers bedonnants avaient foulé, que des salauds avaient saccagé ; ceux-là, elle les retrouverait. Bientôt, l’immortelle dépassa le seuil de la cuisine moderne, inutilisée, le séjour et l’un des salons, où tout avait été épargné ; seule une fine poussière de plâtre témoignait de l’attaque. De fait, la maison tenait toujours debout, quoique l’intérieur ait été bousculé par les intrus successifs et fouineurs.

Sous le majestueux escalier qui connectait le rez-de-chaussé aux chambres, elle nota l’entrée béante de son sous-sol, lequel donnait accès à la porte du bunker. Naturellement, personne n’y était entré. Elle avait dépensé assez pour s’assurer de son inviolabilité et, d’ailleurs, choisit de l’inspecter plus tard. Elle voulait d’abord vérifier l’état de son bureau, de ses bibliothèques, notamment celle du cabinet de curiosités, lequel contenait des antiquités dont Elinor ne voulait pas se séparer. Elle espérait que la police n’avait rien tripoté. Arrivée à l’entrée de son bureau, elle s’arrêta un instant, et contempla l’intérieur : à son grand soulagement, tout semblait intact. La bibliothèque à côté de la cheminée était indemne, tout comme le fauteuil, le divan, et même son bureau, avec sa chaise de travail et son ordinateur ouvert, duquel elle avait arraché le SSD.

L’endroit avait l’air vide. Préférant maintenir son Occultation, Elinor s’attarda devant sa bibliothèque, relisant les dos des livres qui la composait. Ceux-là étaient simples, des romans et des œuvres classiques, quoique la vampire attachait une véritable importance à ses biens littéraires. Toutefois, les ouvrages entreposés dans le cabinet étaient rares, chers, et trop précieux pour être abandonnés à la merci de la SPD ou des pillards. Elle caressa machinalement l’arme à feu glissée sous sa ceinture, et continua l’inspection de son bureau, évitant pour le moment les doubles battants de bois entre les deux pans de la bibliothèque, qui donnaient accès au cabinet de curiosités. Rien ne semblait avoir été abîmé ici. Elle s’arrêta un instant, en scrutant la fenêtre qui fermait l’extrémité de la pièce et laissait filtrer cette clarté blafarde qui peignait les meubles d’argent.

Elle s’était attardée durant tant de nuits ici, à contempler derrière la vaste fenêtre l’obscurité s’appesantir sur le jardin sobrement décoré de feuilles d’ormes et de chèvrefeuilles poussant librement sur la clôture. Plus loin, au-delà du mur d’enceinte, s’étendait son quartier chic et cher, avec ses toits végétalisés et ses voitures de luxe. Elle baissa les yeux et vit, en contrebas de la fenêtre, le portail avec son allée de dalles bétonnées, où sa Jaguar neuve l’attendait encore, étonnamment épargnée par l’attaque qui s’était déroulée. Cette nuit, le silence de la résidence et des alentours la frappa plus qu’à l’ordinaire. Un calme de mausolée avait étreint les lieux, comme si ce décor intemporel qu’elle s’était construite, délicat à souhait et infiniment personnel, avait déjà deviné que sa propriétaire ne pourrait plus jamais y habiter.

Une terrible mélancolie revint l’éteindre. Tout ici, était revêtu de noir et de blanc, un filtre sinistre jeté avec dédain sur le cadavre d’une autre vie, et recouvert d’un peu de plâtre livide. Puis la rancœur revint, et Elinor commença à fouiller en silence les tiroirs de son propre bureau, avec le sentiment d’être une voleuse.

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That kid you called a weirdo
Olivia Havel
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Dim 11 Fév - 0:37 (#)

Mardi des Cendres

Mardi 7 Décembre, Autumn Woods

L’orme avait survécu.

Sa silhouette découpée par les rayons lunaires se projetait en de sinistres ombres sur le sol jonché de débris calcinés. Ce qui restait de ce terrain d’Autumn Woods semblait couvé par le port altier de cet arbre dont la stature témoignait de la longévité séculaire. Ses branches se soulevaient lentement sous l’effet de la fraiche bise de décembre, faisant délicatement frémir les rares feuilles qui restaient. Une oreille attentive aurait pu entendre un craquement discret, mais plaintif : celui d’un arbre attristé par le martyr de la maison sur laquelle il veillait depuis tant d’années.

Avançant à pas de loup dans ce qui avait autrefois été la véranda de ce manoir, Olivia Havel – dit « Liv » - détaillait de ses yeux céruléens l’architecture de cet imposant édifice. Les planches laissées par la police de Shreveport, les débris jonchant le sol et la véranda éventrée ne suffisaient pas à effacer le caractère particulier de ce manoir, dont l’imposante stature lui assurait une certaine dignité, même dans l’expérience de sa propre ruine. Construit avec soin, ce manoir avait été par deux fois martyrisé par les mortels, une première fois par des vandales … une seconde fois par le scotch jaune et les barricades sommaire de la police.

Un tel manque de respect …

Ses mains gantées touchèrent la brique sombre de la façade tandis qu’elle s’imaginait ce dont ce manoir avait été témoin autrefois. Combien de familles avaient pu contempler sa splendeur passée ? Combien de personnes s’étaient amusées à l’ombre de l’orme tandis que le ventre du manoir grouillait de vie ? A mesure que ses doigts parcouraient les épaufrures, les joints et s’attardaient sur le lierre délicat qui s’accrochait à la façade, Olivia ne pouvait que ressentir un profond sentiment de gâchis et d’indignation à l’égard des casseurs et à l’égard des policiers peu soucieux de protéger et de panser les plaies d’un tel patrimoine.

Elle ferma les yeux, essayant de ressentir au travers de la façade austère et de ses modénatures soignées tout le poids des années et des vies qui s’étaient amoncelées entre ses murs. Peut-être espérait-elle une épiphanie ? Une vision ? Quelque chose qui la lierait à ce lieu et ferait d’elle le récipiendaire d’une mémoire oubliée et de souvenirs fanés … Mais son vœu silencieux fut accueilli par un silence pesant.

Olivia souleva le scotch jaune qui barrait l’entrée de feu la véranda, ses ballerines en cuir brun crissant sur le verre explosé où de petits fanions de signalisation numérotés étaient restés après le passage de la police. La criminelle avait à nouveau fait la moitié du travail et n’avait pas daigné ranger après son inspection. Une sale habitude qui donnait à l’entrée éventrée un air encore plus sinistre, qui contrastait avec le charme des lieux.

Vêtue d’un pantalon beige retenu par des bretelles et d’un chemisier blanc recouvert par un blazer clair, Olivia ne s’était pas vêtue comme une voleuse. En effet, la demoiselle avait toute légitimité pour être ici ! Enfin … presque … Disons que son petit mensonge ne résisterait pas à une inspection approfondie. Tout avait débuté après que la demoiselle ait mis la main sur le dossier de cette demeure d’Autumn Woods détruite par des manifestants anti-CESS. Rien de bien extraordinaire, si ce n’était la splendeur de la demeure, malgré les destructions opérées par les assaillants. Mais un détail avait attiré l’œil averti d’Olivia dans les photos de la scène de crime prises par les inspecteurs de Shreveport : le nom des ouvrages de la bibliothèque du propriétaire.

Elle aurait pu totalement passer à côté si elle n’avait pas été élevée dans une famille plaçant le savoir ésotérique au-dessus de toutes autres considérations. Malgré le manque de détails sur les photos – la peste soit sur le matériel passéiste de la police ! – elle avait reconnu sur la tranche de l’un des ouvrages un titre qui avait attiré son attention : Les Murmures de la Tombe Vide. Ecrit au XVIe siècle de notre ère par une série d’Arcanistes inconnus, cet ouvrage avait été mis à l’Index par l’Eglise catholique lors des premiers temps de la Réforme Protestante. Il présentait, selon les dires des rares lettrés qui étaient parvenus à mettre la main sur l’un des exemplaires ayant survécu aux autodafés, les détails de la relation entre le monde des vivants et celui des morts. Fruit d’une compilation de divers travaux de sorciers spécialisés dans l’étude du Voile, Les Murmures de la Tombe Vide était un ouvrage précieux pour quiconque entendait parcourir la limite entre la vie et la mort. Malheureusement, cet ouvrage ne subsistait qu’en un très faible nombre d’exemplaires. Pire encore … la traduction anglaise de cet ouvrage avait énormément affadi le sens des mots latins employés pour sa création. Quiconque lisait la traduction anglaise ne pouvait disposer du savoir que contenait la version latine.

Voir un tel ouvrage dans le coin inférieur droit d’une photo prise à la volée par un quelconque fonctionnaire de police la laissait sans voix. Comment cet ouvrage avait-il pu tomber en Louisiane, à des milliers de kilomètres de distance de son lieu d’origine ?!

Des dizaines d’hypothèse s’étaient bousculées dans la tête de l’Outre, mais celle d’une demeure appartenant à un Arcaniste non répertorié était la plus probable. Il fallait que la demoiselle en ait le cœur net et fasse un rapport là-dessus. Le NRD était très friand de ce genre d’informations. Et surtout … si elle pouvait en profiter pour lire certains de ces ouvrages sans être dérangée … elle ne ferait pas la fine bouche et personne ne trouverait rien à y redire … d’autant que le propriétaire des lieux ne semblait pas présent régulièrement sur place.

Elle ne se doutait pas un seul instant qu’elle n’était pas seule …

Mais comment aurait-elle pu le savoir ?

Pénétrant dans le manoir par la véranda explosée, elle prit soin de ne pas marcher plus longtemps sur les débris. Il n’était pas nécessaire de déranger les yeux et de laisser croire que des pilleurs étaient revenus terminer le travail … bien que … concrètement … rien ne la distinguait d’une voleuse à cet instant. Sa lampe torche bien allumée, elle s’engouffra dans ce qui avait été autrefois un salon.

Avec un peu de chance la bibliothèque n’était pas loin.

.

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Fear is the mind killer
Elinor V. Lanuit
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- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne. L’élégance et le flegme de son époque vivent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules au besoin, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, jadis reine stratège, elle a abandonné son clan et sa couronne pour revoir le soleil et étancher sa soif de connaissances.
- Autrefois vampire accomplie, fille des Lanuit, et éternelle solitaire, elle a renoncé à son vampirisme contre la promesse d'une éternité aux côté d'une ange.
- Humaine immortelle, initiée à l'alchimie, elle réapprend à vivre et explore les mystères du monde avec Lucie, l'avatar d'une Sainte incarnée sur Terre.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps séculaire ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique et à la tête d'une fond d'investissement douteux, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Présence (niveau 1, palier 5). Elle a conservé un reliquat de cette discipline issue de son passé de vampire.
- Occultation (niveau 2, palier 2). De la même manière que ci-dessus, elle peut toujours se servir de cette discipline.
- Une alchimie balbutiante, que Lucie lui apprend. En retour, elle offre à l'avatar de la Sainte son amitié, et plus encore, un lien encore indéfini qu'elles partagent l'une et l'autre.

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Dim 17 Mar - 23:27 (#)

Mardi des Cendres

Le contenu des tiroirs était intact.
Une aubaine au milieu de ce désolant fatras qui recouvrait désormais son intérieur, jadis si joliment apprêté et décoré, avec un chic et une finesse qui conférait à la perfection. Seule une fine poudreuse de plâtre blanc avait flétri l’éclat scintillant de son splendide bureau, une œuvre commandée sur mesure, devant lequel elle s’était si souvent assise confortablement. Elinor le chérissait ce petit cocon de travail. Avec la si jolie et vaste baie vitrée voûtée au dos du fauteuil, les nuits lui avaient offert des vues splendides sur les environs et l’orme immense qui veillait sur son jardin, au-dessus de la maison. Encore ce soir, la lumière lunaire s’invitait derrière elle, couvrant le bois du meuble et l’écran poussiéreux de l’ordinateur d’une patine marbrée et stellaire.

Elinor ponctuait sa fouille de soupirs. Non que la vampire eut besoin de respirer, mais ce tic physique l’aidait à juguler la fureur que l’exploration de ce saccage lui inspirait. Elle avait envie de briser un cou. Celui d’Heidi en particulier. Une chance pour cette scélérate d’avoir eu la présence d’esprit, pour une fois dans sa vie, de quitter Shreveport en toute hâte, sans quoi l’immortelle lui aurait ôté sa Marque de ses propres mains, de la même manière que l’on essore un torchon. En le tordant. Fort. L’esprit fulminant de revanche, elle ouvrit un à un les tiroirs, faisant en même temps l’inventaire des affaires à récupérer immédiatement : parmi celles-ci ses clés de voitures, quelques clés USB d’importance moyenne, un téléphone secondaire et autres babioles.

Un craquement lointain l’alerta. Elinor leva subitement la tête, tous les sens en alerte. Ces derniers étaient constamment à l’affût, comme si les sentiments de perte, d’affront et de trahison mêlés la maintenait dans un état de perpétuel prédation. Je suis sur les nerfs, pensa-t-elle, comme ses mains se remettaient à fouiller les compartiments de son bureau, tandis que son Occultation s’étiolait lentement à cause de ses mouvements. Une série de bruissements la fit toutefois stopper net à nouveau. Comme des semelles évitant tant bien que mal les débris qui jonchaient le plancher vernis un peu partout, et qui tâchaient de maintenir une discrétion rendue difficile dans ce lieu où tout s’émoussait et craquait. Elinor se figea. Elle resta un moment ainsi, prise entre le désir d’être laissée en paix, et l’envie de surprendre un cambrioleur qu’elle pourrait étriper.

Quoi de mieux, somme toute, qu’un premier meurtre nocturne, isolée dans l’intimité blessée de son propre manoir, pour étancher son besoin pressant de carnage ? Elinor hésita encore un moment, les lèvres pincées, sa langue caressant machinalement sa lèvre inférieure, en fermant délicatement le tiroir encore ouvert ; et si, en fin de compte, ce bruit provenait d’un animal errant ? Avec les ouvertures béantes côté véranda, et le parc à deux pas d’ici, n’importe quel mammifère était capable de pénétrer dans son manoir. Elle se détacha  finalement de son bureau choyé, en revêtant une fois de plus son Occultation qui la dissimulait si bien dans les ombres filiformes, que la clarté du croissant de lune créait en traversant les zébrures des vitres fêlées.

Les bottes de la vampire n’émirent aucun bruit, quand celle-ci se faufila dans ce couloir qu’elle connaissait par cœur. Celui-ci desservait les diverses pièces peuplant l’aile Est du manoir, dont la cuisine inutilisée, ainsi que de nombreuses pièces à recevoir, tels que des petits salons de lecture, une paire de toilettes et d’autres endroits peu usitée, mais néanmoins entretenus. Autrement dit, les cachettes ne manquaient pas. Elinor se tapit dans les unes à la suite des autres, vérifiant chaque lieu avec prudence, le poids rassurant de son arme à feu coincée à sa ceinture. Coulée ainsi dans les ombres, elle humait par intermittence à la recherche d’une odeur trahissant une présence, humaine ou non, en dépit de la déferlante de relents qui poissaient l’air.

Car il y en avait tant. Notamment cette âcre émanation de plâtre, de mortier et de briques effritées, couplée à celle du métal chauffé à blanc et des matériaux explosifs qui avaient flambé avec le tir de roquette. Parmi ces odeurs déjà prenantes, flottaient aussi celles des officiers de la SPD – transpiration et donuts, quel cliché – ainsi que les produits chimiques que les inspecteurs de la criminelle avaient utilisés. L’immortelle se coula dans l’échancrure d’une porte, en faisant le tri parmi tous les indices que lui conféraient ses sens ; pourtant, ce fut le cône d’une lampe torche qui confirma instantanément ses soupçons. Quelqu’un était bien rentré à l’intérieur de sa demeure. Comme s’il n’y avait pas eu assez de violations jusque là, maugréa-t-elle.

La lumière électrique oscillait dans sa direction. L’intrus devait suivre le chemin le plus évident, à savoir celui du couloir principal en direction de son bureau et de sa bibliothèque personnelle, si bien que Elinor se coula plus encore dans les ténèbres d’un petit salon adjacent. Derrière le seuil, dans l’obscurité d’une pièce isolée, et avec son Occultation qui la couvrait, peu de choses au monde étaient capables de la trahir. Et c’était tant mieux. La vampire comptait bien identifier l’indésirable, déterminer ce qu’il fabriquait ici, avant de l’égorger proprement et de balancer sa dépouille dans la Red River, direction bayou Carouge par voie fluviale.

L’effluve délicate d’un parfum de femme vint caresser ses narines. Ainsi, c’est une voleuse, pensa-t-elle en se recroquevillant plus encore dans l’ombre, derrière le battant en bois. Fort bien : Elinor était partisane d’une égalité homme-femme totale, et les corps féminins nourrissaient les reptiles aussi bien que les masculins. À défaut de défouler ses nerfs sur une polonaise, une voleuse inconnue ferait aussi bien son affaire cette nuit-là. Transie par un accès de colère, Elinor sentit ses crocs se déployer lentement dans sa bouche avant qu’elle ne se force à les repousser : mieux valait évaluer la menace avant de prendre des mesures drastiques. Tout d’abord, la vampire comptait bien lui flanquer la trouille de sa vie, avant de trucider l’importune.

Il lui suffisait d’attendre dans l’ombre. Elinor patienta, en observant les oscillations du halo électrique sur les tapis qui recouvraient le sol du couloir. L’intruse allait bien finir par arriver à sa portée.

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Sam 23 Mar - 22:46 (#)

Mardi des Cendres

Mardi 7 Décembre, Autumn Woods

La lumière de la lampe torche crépita quelques instants. Fichtre … la pile commençait à être usée. La demoiselle avançait dans le couloir principal, où les rayons lunaires découpaient au travers des vitres de drôles d’arabesques sur les toiles de peintre et la marqueterie sauvagement attaquée par les produits chimiques de la division scientifique du SPD. L’odeur agressive ne lui avait pas échappé. A force de passer après la criminelle, elle avait fini par reconnaître l’odeur des produits utilisés par les autorités locales. Et cette odeur avait beaucoup de mal à partir. Il était fort déplaisant, même pour l’intruse, de sentir que pareil lieu avait pu être ainsi profané par des mains aussi peu délicates. Les vieux bâtiments méritaient le respect … Même après avoir subis les outrages d’un missile tiré dans la véranda.

Le bout de son pied buta contre un morceau de marqueterie calcinée. Même ici, les débris jonchaient le sol. Certes, il y en avait moins que dans le salon, mais il n’en restait pas moins que le manoir avait vu de meilleurs jours. Si ses observations étaient exactes – et au vu des panneaux indicateurs laissés par la police – les intrus avaient profité du chaos pour pénétrer prestement dans le manoir et avaient tout retourné de fond en comble avant de s’enfuir. A ses pieds, un buste en marbre avait été fracassé sur le sol, emportant avec lui des dizaines d’heures de travail.

A bien des égards, tout cela était un véritable gâchis …

La lumière s’arrêta brièvement sur les contours d’une commode de style, fracassée elle-aussi. Chaque meuble martyrisé était un véritable crève-cœur pour Olivia. Il faudrait probablement des années au propriétaire pour tout réparer. Elle se sentait presque coupable d’être entrée par effraction pour satisfaire sa curiosité. Il lui sembla cependant qu’elle touchait au but, car les petits cônes de signalisation laissés par la criminelle semblaient indiquer la présence d’anciennes traces de pas. A en juger par la taille, il s’agissait des bottes de marche des assaillants du manoir.

Ses yeux céruléens repérèrent l’entrée de ce qui semblait être le bureau du maître de maison. La porte ouverte laissait entrevoir un magnifique bureau de bois et des étagères encore intactes. Il ne fallut qu’un dernier regard pour que la jeune femme fût convaincue qu’il s’agissait-là de l’endroit qu’elle avait pu voir sur la photo. Ni une, ni deux, elle pénétra dans la pièce et se mit à regarder les livres encore présents de manière compulsive. Le reste ne l’intéressait guère : elle avait simplement besoin de savoir s’il s’agissait bien de la bibliothèque d’un Arcaniste … et si l’ouvrage se trouvait encore là.

Ses doigts parcoururent les reliures encore intactes. Où était cet ouvrage ? Ces livres étaient très anciens … c’était à coup sûr la collection d’une personne de goût … mais rien qui pouvait concerner les Murmures de la Tombe Vide. L’ouvrage avait-il été déplacé ? Par qui ? Le SPD ? Ou quelqu’un l’avait peut-être devancée ?

« Ah ! Te voilà ! »

Fébrile, elle attrapa l’ouvrage qui avait jusqu’alors échappé à son regard. Les Murmures de la Tombe Vide … un ouvrage unique ! La version latine en plus … Olivia, émerveillée, installa le livre sur le bureau et commença à le feuilleter. Traduire le latin lui prendrait à un peu de temps, mais elle y parviendrait et dénicherait tous les secrets de ce livre avec méthode. Elle pouvait déjà sentir l’excitation parcourir son corps : tant de savoir à découvrir …

Elle releva alors la tête et plongea son regard au travers de la grande fenêtre qui donnait sur l’orme qu’elle avait vu tantôt. Ses branches continuaient de se balancer faiblement au-dehors … Elle ne put s’empêcher d’avoir une pensée quelque peu attristée envers ce jardin et cette maison en souffrance.

« Te voir dans cet état me peine … Si j’en avais la possibilité, je te rénoverai moi-même … »

.


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Fear is the mind killer
Elinor V. Lanuit
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Those who are heartless once cared too much
En un mot : Humaine immortelle
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne. L’élégance et le flegme de son époque vivent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules au besoin, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, jadis reine stratège, elle a abandonné son clan et sa couronne pour revoir le soleil et étancher sa soif de connaissances.
- Autrefois vampire accomplie, fille des Lanuit, et éternelle solitaire, elle a renoncé à son vampirisme contre la promesse d'une éternité aux côté d'une ange.
- Humaine immortelle, initiée à l'alchimie, elle réapprend à vivre et explore les mystères du monde avec Lucie, l'avatar d'une Sainte incarnée sur Terre.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps séculaire ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique et à la tête d'une fond d'investissement douteux, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Présence (niveau 1, palier 5). Elle a conservé un reliquat de cette discipline issue de son passé de vampire.
- Occultation (niveau 2, palier 2). De la même manière que ci-dessus, elle peut toujours se servir de cette discipline.
- Une alchimie balbutiante, que Lucie lui apprend. En retour, elle offre à l'avatar de la Sainte son amitié, et plus encore, un lien encore indéfini qu'elles partagent l'une et l'autre.

Thème : Anna Calvi : Wish
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I got one more wish before I die
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Sam 6 Avr - 18:30 (#)

Mardi des Cendres

L’attente affûtait ses instincts.
Ses sens en alerte lui apportaient une foule de détails concernant l’imprudente qui s’aventurait en ces lieux, inconsciente et frêle créature hésitante dans les couloirs enténébrés. Le froissement soyeux de sa chevelure sur la fabrique de ses habits, le cliquetis intermittent des piles usées de sa lampe, les craquements du plâtre sous ses semelles, le parfum de sa peau mêlé aux produits de soin ; une somme de subtilités qui contribuait à peindre un portrait étonnamment vivace de l’intruse, bien avant que les yeux d’Elinor ne la discernent. Le cône électrique d’une lampe torche balaya l’obscurité du couloir et l’entrée du petit salon où elle se cachait, tandis que l’inconnue dépassait le seuil derrière lequel la vampire l’observait, immobile, dissimulée dans un recoin de ténèbres derrière la porte. Elle la vit de dos. Lampe à la main, cheveux déliés sur un blazer clair et un pantalon du même ton, Elinor nota avec suspicion que son accoutrement n’était pas celui d’une voleuse.

Du moins, dans la mesure où tout cambrioleur notoire s’habillait de couleurs sombres et de vêtements pour masquer son identité. Peut-être, se dit-elle, est-ce une amatrice ? Une cambrioleuse du dimanche, comme il y avait des Marqués au rabais et des incapables incompétents en quantité industrielle. Elinor en connaissait, hélas, beaucoup trop. Elle épia la silhouette remonter le couloir principal du manoir en direction du bureau, exactement comme elle l’avait prévu, calculant la distance parcourue à mesure que la lumière s’amenuisait. Puis, discrète comme un félin en chasse dans les hautes herbes, Elinor entrouvrit en silence la porte du petit salon, et se coula furtivement dans les ombres qui avaient repris leurs droits sur le corridor. Son Occultation la nimbant toujours d’obscurité, elle se hasarda à la suite de l’intruse, flairant facilement ses odeurs comme les miettes d’une Hansel condamnée, qui avait eu la terrible idée de s’aventurer dans la mauvaise tanière.

L’immortelle s’arrêta sur le seuil du bureau. Derrière le battant entrebâillé, lui parvenaient les bruissements des mains fouineuses effleurant les couvertures de ses livres, et des chaussures s’arrêtant ici et là devant sa bibliothèque. Sa fureur flamba de nouveau durant une fraction de seconde, avant qu’elle ne l’étouffe : ainsi, non content de vandaliser son domicile, voilà que d’autres humains se permettaient de voler ses livres. Avec délicatesse, elle poussa le joli battant sculpté de son bureau, et se faufila à l’intérieur, prenant grand soin de rester dans les ombres épaisses qui se condensaient loin du halo électrique de la lampe torche. L’intruse lui tournait le dos. De l’endroit où Elinor se tenait, dans le recoin jouxtant la cheminée, elle observait la femme examiner les anciennes et inestimables reliures une à une, et s’arrêter soudainement sur un livre précis.

Elinor fronça les sourcils. Elle eut l’impression de reconnaître l’œuvre à sa reliure, un volumineux tome écrit au XVIe siècle intitulé Les Murmures de la Tombe Vide. Une rareté. Elle l’avait acquis à la fin du XXIe siècle, lors du rachat d’une antique demeure croulante, que la famille endettée n’avait jamais pu restaurer, et dont un lointain aïeul entretenait une passion compulsive pour les livres ésotériques ou simplement bizarres. Son contenu était entièrement en latin, certainement réservé aux arcanistes de l’avis d’Elinor, au vu des termes obscurs et des notions opaques qui en constellaient l’intérieur, bien qu’elle se soit amusée à en traduire une partie depuis tout ce temps. L’un dans l’autre, et si la valeur monétaire ne la préoccupait pas, elle n’était pas prête à le céder, encore moins à une petite voleuse du dimanche qui s’invitait dans sa demeure.

Laquelle s’était emparée de l’œuvre et l’emportait, absorbée par son contenu, jusqu’au bureau personnel de l’immortelle pour y prendre place, ajoutant à présent l’impudence à l’intrusion. Ne voulait-elle pas rallumer la cheminée tant qu’à faire, et s’installer dans une ambiance cosy ? Elinor fulmina un moment. Avec lenteur, elle profita de l’inattention de la voleuse, alors penchée sur son larcin, pour prélever un de ses livres favoris, puis longea les murs décorés de tableaux anciens, contournant le divan qui meublait le salon de lecture face à la cheminée. Elle la scruta un moment. Immobile à deux mètres de l’intruse, enveloppée par l’Occultation, la vampire aurait pu lui briser la nuque avec une facilité déconcertante ; Elinor était si près, qu’elle percevait le bruit régulier de son souffle et les effluves capillaires de sa chevelure brune. La tuer aurait été si simple.

Pourtant, elle ne fit rien. En dépit de la colère sourde et tenace qui lui vrillait les tripes, elle se questionnait : qui était cette voleuse et pourquoi avait-elle choisi ce livre ? Car c’était une évidence, l’intruse s’était rendue directement à sa bibliothèque la plus précieuse, avant de jeter son dévolu sur une œuvre inestimable. Elinor caressa pensivement de l’index la couverture du livre qu’elle tenait entre ses mains, divisée entre le désir de fracasser un crâne avec, et le refus d’abîmer un bel ouvrage avec de la cervelle humaine. Puis, l’inconnue se détourna finalement de son bien volé, observant à travers les fenêtres les ramures du majestueux orme, qui oscillaient avec mélancolie sous la clarté lunaire enveloppant le jardin dévasté et les allées poussiéreuses.

Leste comme un félin, Elinor en profita pour s’avancer face au bureau, sans un bruit, son volumineux recueil levé haut entre ses mains. C’était un énorme essai du XVIIIe siècle rédigé par un mystique, probablement un immortel de l’avis d’Elinor, qui rassemblait pléthore de théories, plus ou moins crédibles, sur les origines du vampirisme. Avec une épaisse couverture à l’ancienne mode et environ 2500 pages de contenu, l’imposante œuvre ressemblait plus à une encyclopédie qu’à autre chose, et était littéralement un assommoir. Et lorsque la vampire le fit tomber de tout son poids, sa couverture à plat, sur le bureau juste au-dessus des tiroirs afin d’accentuer l’effet de résonance, la puissance du choc résonna dans la demeure silencieuse avec la brutalité d’un coup de canon. Que la voleuse soit sujette aux arrêts cardiaques lui importait peu, en réalité.

« Vous avez trouvé ce que vous cherchiez ? » persifla-t-elle, faisant éclater son Occultation juste au moment où l’intruse lui tournait le dos. «  Vous avez besoin d’autre chose ? Un thé, un café ? Un bain moussant ? Un petit feu de cheminée ? À cette heure de la nuit, le corps se refroidit si vite, n’est-ce pas. »

Les mains appuyées contre le rebord du bureau, Elinor était penchée vers l’importune, un rictus ironique et venimeux trahissant ses intentions, les pans de sa veste en cuir oscillant au-dessus du livre, qu’elle venait de laisser choir. Les derniers volutes d’Occultation s’étiolaient autour de la vampire, la révélant sous la lumière livide qui traversait la vitre au-dessus d’elles, conférant à ses traits une intense pâleur, que sa chevelure d’un noir de jais ne faisait qu’accentuer. Une évidente tension habitait son corps, prête à contourner le meuble à la vitesse de l’éclair, ou s’emparer de son pistolet fixé à sa ceinture, afin de mettre un terme à l’existence de cette fouineuse. Devant elle, la clarté blafarde de l’astre nocturne retombait en cascade sur la couverture du livre, dévoilant sinistrement les caractères gothiques du titre, écrit eux aussi en latin : Exsanguis.

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Olivia Havel
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Mardi des Cendres

Mardi 7 Décembre, Autumn Woods

La Petite Souris émit un cri apeuré lorsque le lourd volume quitta l’Occultation et s’écrasa sur le bureau, réapparaissant dans un nuage de fumée noire. Son cœur manqua un battement et tandis que se révélait devant elle la silhouette d’une jeune femme au regard acéré, Olivia ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle vivait ses derniers instants ! Les sens en alerte, la demoiselle recula d’un bond, lâchant au passage sa torche électrique, qui émit un bruit mat quand elle tomba sur le sol. Son derrière se cogna contre le bureau.

La main droite sur le cœur, ses yeux détaillant la jeune femme qui se tenait devant elle – beaucoup trop proche d’elle -, Olivia avait beaucoup de peine à rétablir un semblant de contenance. L’aura autour de cette apparition ne laissait présager que le pire pour la jeune Outre : face à elle se tenait une vampire. La couleur carmin de son aura et son intensité ne laissaient que peu de doutes quant à son âge et sa puissance. Pire encore – mais ça, cela aurait crevé les yeux d’un aveugle -, cette vampire était énervée … très énervée. Il ne fallut pas longtemps à Olivia pour additionner deux et deux. Elle avait en face d’elle la propriétaire véritable des lieux … et non le prête-nom qui avait disparu de l’Etat.

La jeune Outre déglutit. Elle était dans la marmelade jusqu’au cou. Instinctivement, ses yeux céruléens portèrent leur attention sur la sortie la plus proche, mais c’était peine perdue. Elle en connaissait suffisamment sur les créatures surnaturelles pour savoir qu’elle ne pourrait distancer une vampire, encore plus une vampire capable de se rendre invisible. En un mot comme en cent : elle était foutue.

Mais … Tout n’était peut-être pas joué.

Si seulement elle pouvait enlever ses gants …

Son regard croisa à nouveau celui de la vampire, qui continuait à la toiser, furibonde. Cette dernière aurait pu décapsuler sa tête façon soda, mais n’en avait rien fait. Préférait-elle jouer avec ses proies avant de les tuer ? Ou peut-être n’avait-elle pas l’intention de la tuer ? Y’avait-il un mince espoir de sortir de cette situation ?

« … Je … Un thé ne serait pas de refus … je … vais avoir de la lecture … »



De l’humour dans cette situation … Olivia avait réagi à l’instinct et regretta amèrement de ne pas pouvoir se frapper la tête contre le mur pour expurger la stupidité de son corps. Là, c’était sûr … elle était morte !

Tentant de soutenir le regard de son adversaire, la demoiselle tenta de discrètement retirer ses gants. Avec un peu de chance, son action passerait inaperçue. Avec un peu de chance … elle pourrait peut être la mettre hors d’état de nuire et s’enfuir et … Mais pour aller où ? Qui pouvait décemment croire que dans une ville comme Shreveport, une âme comme celle d’Olivia pouvait échapper aux créature de la nuit ? Les vampires étaient des créatures avec des relations dans toutes les strates des instances locales et étatiques. Retrouver une agente du NRD était pour eux aussi simple que de voler la sucette d’un enfant.

Son gant gauche tomba sur le sol. Olivia, angoissée, se tint prête à répliquer. Il lui suffirait juste de la toucher suffisamment longtemps et …


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- Un rare talent pour la stratégie économique et à la tête d'une fond d'investissement douteux, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Présence (niveau 1, palier 5). Elle a conservé un reliquat de cette discipline issue de son passé de vampire.
- Occultation (niveau 2, palier 2). De la même manière que ci-dessus, elle peut toujours se servir de cette discipline.
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Dim 21 Avr - 18:24 (#)

Mardi des Cendres

La tonalité du cri était satisfaisante. Pathétique à souhait, comme le couinement moribond d’une souris à la queue coincée sous le talon d’une botte. Dans le silence apeuré qui s’ensuivit, Elinor percevait les mailles de la terreur se resserrer sur le cou de la voleuse, aussi distinctement que les battements affolés de son cœur. Délicieuse mélodie, s’il en est, qui eut le mérite de satisfaire au moins durant quelques instants la colère de la vampire, en quête d’exutoire depuis des jours. Elle fixa l’intruse, les yeux dans les yeux, un rictus mauvais tordant sa contenance d’ordinaire si mesurée, mais que les tragiques évènements récents avaient altéré. Sa main toujours plaquée contre l’exemplaire d’Exsanguis, ses doigts se mirent à tambouriner sur la couverture élimée, alors que ses sens et leur proximité à toutes deux lui offraient une foule de détails sur sa victime.

La cambrioleuse était apprêtée. Une tenue simple et pratique quoique non dénuée d’élégance, qui tranchait avec l’image scabreuse dont Elinor se faisait des voleurs et autres rats de caniveau. D’elle, émanait aussi une odeur proprette et agréable, en dépit de la sueur et de la terreur qui suintait de tous les pores de sa peau. À défaut d’être la bienvenue dans son manoir, l’intruse avait été indubitablement bien éduquée, et sans doute même d’une classe supérieure, ou tout du moins à l’abri du besoin, à en juger par son aspect vestimentaire. Un constat d’autant plus surprenant, aux yeux d’Elinor, qui oscillait entre le besoin de laisser libre cours à sa fureur sur les cervicales de l’intruse, et le désir de satisfaire sa curiosité avant de briser lesdites cervicales.

Le trait d’humour, cela, elle ne s’y attendait pas. Trois secondes durant, Elinor resta interdite devant cet acte d’une telle imprudence, d’une telle effronterie, qu’elle ne sut pas immédiatement comment réagir. Entre lui décerner la médaille de la plus stupide bravoure, et l’envie de l’étouffer avec des sachets de thé, elle hésita, avant d’éclater d’un rire cristallin, quoique notablement irrité et forcé, comme un fil de rasoir sur la gorge.

« Une comique, » fit-elle en extirpant prestement son pistolet, coincé dans sa ceinture, qu’elle pointa sur le front d’Olivia. « Curieux. Pourtant, je peux entendre ton cœur qui bat à se rompre, et sentir ta sueur dévaler ta colonne vertébrale. Quelque chose te met mal à l’aise ? Il te faut une histoire drôle, peut-être ? »

Elinor s’humecta les lèvres. Peut-être, en définitive, découvrirait-elle un certain réconfort à arracher les ailes et les pattes de cette mouche curieuse venue voleter effrontément sur le charnier de son cher manoir, avant de l’écraser définitivement. Un petit plaisir coupable, sadique à vrai dire, à défaut d’être gustatif. Le son mat d’un gant chutant aux pieds de l’intruse détourna son attention une fraction de seconde ; elle y jeta un coup d’œil, suspicieuse, sans pour autant faire dévier son arme. À moins de deux mètres de l’humaine, la vampire ne pouvait guère louper sa cible, qu’importe si celle-ci cherchait à la distraire en retirant ses vêtements.

« Une jeune femme entre par effraction dans une maison vandalisée par des anti-CESS. Manque de chance, elle tombe nez-à-nez avec les vandales revenus sur les lieux de leur crime. Tir létal dans la tête. L’arme a été retrouvée sur les lieux, à côté du corps de la défunte. Un titre du Shreveport Times. Édifiant, non ? »

Si, au départ, la vampire avait eu l’intention de la balancer dans la Red River une fois défoulée, Elinor savait aussi apprécier les fins alternatives, les spin-off d’une histoire dont l’intruse était la victime. Un seul coup de téléphone lui suffirait pour convoquer toute une équipe de ses experts, amplement capables de maquiller la scène de crime. Un rictus cruel plissa le coin de ses lèvres, tandis qu’elle conservait son pistolet fermement pointée sur ce crâne si frêle, si facile à briser, de cette humaine qui avait osé violer la sacralité de son foyer.

« Tu as dix secondes pour me convaincre que cette histoire n’est pas drôle, » termina-t-elle en amorçant son arme, sans une once d’hésitation, ni aucun indice prouvant que la vampire bluffait.

Après tout, Elinor s’était déjà bien nourrie ce soir. Gaspiller un repas, cela elle pouvait se l’autoriser. Quant à salir le charmant tapis accueillant son bureau avec des bouts d’os et de cervelle, peu lui importait à ce stade de désolation. La mort de l’intruse ne serait qu’une tâche de plus ici, dans son manoir vandalisé, où la clarté lunaire dessinait le cercle mortel du canon du pistolet aussi nettement que la pâleur du profil de la vampire, comme une statue de marbre penchée au-dessus d’une tombe. L’un comme l’autre formaient des menaces explicites, qui laissaient en vérité peu de place aux plaisanteries des mortelles, aussi braves soient-elles.

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Ven 3 Mai - 17:41 (#)

Mardi des Cendres

Mardi 7 Décembre, Autumn Woods

Olivia sentit une sueur glacée couler dans son dos tandis qu’elle observait, muette, le canon de l’arme braquée sur elle. Les vampires avaient-ils … le sang chaud ? Il était impossible de cacher à une telle créature la crainte qu’elle lui inspirait. Les vampires étaient des prédateurs innés, capables de sentir les moindres tressaillements de leurs proies. Tenter de désamorcer la situation en surmontant sa peur ne servait à rien. Ces créatures « savaient » … elles sentaient la peur … Olivia déglutit difficilement. Visiblement, son petit trait d’humour n’était pas passé correctement, mais, au moins, il avait suffisamment amusé la vampire pour qu’elle ne tire pas à bout portant sans sommation. Une petite victoire ? Sans doute … mais la guerre était loin d’être gagnée.

Mais si la Petite Souris écoutait bien, elle n’aurait pas à attendre très longtemps la dernière bataille, car la propriétaire des lieux venait de lui accorder dix secondes de sursis. Dix petites secondes pour s’expliquer. Dix petites secondes pour désamorcer la bombe. Et le temps qu’elle comprenne sa situation, il n’en restait plus que huit. Son sang ne fit qu’un tour et elle abattit immédiatement ses cartes. Elle n’avait à perdre que sa vie en cet instant.

”Stooooop ! dit-elle en levant bien haut les mains. Calmons-nous et discutons un peu avant de faire n’importe quoi. Olivia ! Je m’appelle Olivia ! Je sais ce que vous êtes. Mes yeux sont capables de vous distinguer des mortels.”

Olivia ne mentait pas, mais ne disait pas toute la vérité. Elle ne pouvait quand même pas lui avouer qu’elle travaillait pour le NRD. L’organisation préférait que ses petits secrets restent cachés. La plupart des agents du NRD étaient des mortels, bien incapables de combattre pied à pied les créatures surnaturelles qu’ils s’étaient donné pour mission d’analyser et de répertorier. Leur force résidait surtout dans le nombre des agents, une créature surnaturelle seule ne pouvant rivaliser contre une dizaine d’agents armés. Malheureusement pour Olivia, elle formait une équipe de un et la seule arme efficace dont elle disposait nécessitait de toucher son adversaire, ce qui, dans le cas présent, relevait de la plus profonde stupidité.

Devait-elle lui révéler ? Est-ce que ça allait aider sa situation ? Probablement pas …

”Je … Ne tirez pas s’il vous plait … Je … je vais m’en aller et … Et on pourra oublier tout ça !”

Le ton de la jeune femme se fit pratiquement implorant. Elle n’allait tout de même pas mourir ici, juste après avoir satisfait une curiosité parfaitement innocente, non ? Olivia sentait sa dernière heure arriver et ses arguments étaient bien trop faibles pour pouvoir être d’une quelconque efficacité. Si proche de la catastrophe, elle se révélait être bien peu courageuse et implorait la pitié de la personne qui la mettait en joue. Que pouvait-elle faire de mieux ? Pleurer ? Se mettre à genoux et la supplier ? Olivia, bien que dans une mauvaise posture, ne semblait pouvoir s’y résoudre … comme si une part d’elle-même conservait un peu de fierté.


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Elinor V. Lanuit
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- Autrefois vampire accomplie, fille des Lanuit, et éternelle solitaire, elle a renoncé à son vampirisme contre la promesse d'une éternité aux côté d'une ange.
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- Occultation (niveau 2, palier 2). De la même manière que ci-dessus, elle peut toujours se servir de cette discipline.
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Mer 8 Mai - 18:16 (#)

Mardi des Cendres

Dix secondes. Observer ce filet de sable s’écouler hors du sablier, face à la mine déconfite de son adversaire, contribuait à alimenter le plaisir sadique que Elinor éprouvait dans cette situation. Être dans la peau du chat torturant à loisir sa victime, voilà un rôle qui lui seyait, tandis que les relents de peur émanaient de tous les pores de sa peau et flattaient ses narines. La frayeur, oui, elle la voyait contaminer avec satisfaction sa proie et décolorer son teint, déjà maladif, faire trembler ses muscles et sa bouche. Mais elle brûlait aussi de savoir ce que la voleuse allait faire. Allait-elle la supplier ? Ou éclater en sanglots ? L’immortelle pria que non, tant la vision de nouvelles pleurnicheries la rebutait ad nauseam, après la prestation pathétique de sa Marquée.

Cette simple pensée lui inspira un haut-le-cœur que l’exclamation soudaine d’Olivia interrompit. Elinor prêta attention, son bras tenant toujours son arme à feu bien droite, l’index jamais loin de la détente, comme une once de curiosité modifiait son expression. Un rictus cruel et narquois naquit à la commissure de ses lèvres.

« Vraiment ? Hm, » fit-elle, faussement pensive, jouant toujours ce rôle de la patte féline appuyant et tâtant le ventre tendre et exposé d’une souris les quatre fers en l’air. « Tu viens de me donner une bonne raison de t’empêcher de t’en aller d’ici maintenant. Tu en es consciente ? »

Pourtant, Elinor ne tira pas. Elle l’observa des pieds à la tête, un brin méprisante dans cette attitude glaciale et analytique, une lippe moqueuse tirant sa lèvre supérieure. Assurée, l’immortelle fit un pas de côté, tandis que la clarté lunaire éclairait le dos d’Olivia, comme pour mesurer la valeur monétaire de son acquisition.

« D’une, tu sais ce que je suis. De deux, les petites créatures comme toi sont rares et savoureuses. » Devait-elle finalement lui laisser la vie sauve ? La kidnapper et la transformer en réserve mobile d’hémoglobine ?

Elle a un certain cachet, je suppose qu’elle serait acceptable au sous-sol du manoir Lanuit, estima la vampire, qui détaillait le teint, la coiffure et l’apparence vestimentaire de la jeune voleuse de manière calculatrice. De fait, Elinor était quasiment certaine que les membres de son clan seraient certainement enchantés et même s’arracheraient une telle acquisition. Jeune et éveillée, éduquée et plaisante à l’œil, elle serait certainement un met de choix lors des festins clandestins des Lanuit, qui savaient apprécier un bon et rare millésime.

« Je suis sûre que certains de mes amis seraient avides de te connaître, » susurra-t-elle, en faisant le tour de la petite souris, son arme toujours menaçante. Elle s’arrêta dans le dos d’Olivia et recula de quelques pas.

Elinor laissa le silence s’installer et accentuer la menace de ses propos. Elle contempla avec intérêt la poche de sang potentielle, quoique à une distance prudente désormais ; l’immortelle n’était pas sans connaître les redoutables capacités des arcanistes. Et qu’était cette petite voleuse ? Une arcaniste, elle aussi ? Elinor n’en connaissait aucune personnellement, bien qu’elle ait consacré du temps et des ressources à se renseigner.

« Donc, tu es arcaniste ? » demanda-t-elle en brisant finalement le silence. L’attention de la vampire se posa sur le livre que Olivia était venue voler. Les murmures de la tombe vide. Elle fronça les sourcils. « Tu as choisi ce livre je suppose, tu comptais l’étudier ? Ne prends pas pour une idiote, je connais son contenu. »

L’acquisition n’était pas une cambrioleuse du dimanche. Non, si ce choix de livre s’avérait délibéré, une foule de déductions sinistres méritaient d’être posées : Comment avait-elle su où le trouver ? Qui l’avait envoyé ici et faisait-elle partie d’un clan d’arcanistes ? Autant de pistes potentielles qui éveillèrent la suspicion d’Elinor, laquelle resta à distance d’Olivia dans son dos, dans l’ombre que projetait le mur du manoir, loin de la clarté lunaire de la fenêtre. Elle comptait bien lui tirer les vers du nez d’une façon ou d’une autre.

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Jeu 16 Mai - 0:16 (#)

Mardi des Cendres

Mardi 7 Décembre, Autumn Woods

La terreur d’Olivia laissa place à la saveur sirupeuse de l’angoisse. Elle venait d’obtenir un sursis, mais à quel prix ? Révéler le fait qu’elle possédait des pouvoirs l’exposait, bien plus que nécessaire. Mais elle était en vie, du moins, pour l’instant, aussi ne pouvait-elle pas faire la fine bouche. Chaque seconde gagnée pouvait être transformée en opportunité pour trouver une échappatoire à ce guêpier. Eclairée par la pâle clarté de la lune, la jeune Olivia ne lâchait plus la vampire des yeux, tentant d’ignorer l’arme braquée dans sa direction.

La prédatrice la détaillait de pied en cap, comme un gourmet observe son repas avant de l’engloutir. Elle prenait visiblement beaucoup de plaisir à jouer à ce petit jeu, ce qui n’était pas du tout du goût de l’Outre, mais elle n’était pas en position de protester … Et la vampire maintenait une distance de sécurité suffisante pour que toute tentative de l’agripper se solde par une balle dans la tête. Olivia pensait pouvoir agir lorsqu’elle se rapprocha, mais la simple présence du prédateur dans la pièce distillait chez elle une peur si profonde que ses muscles refusèrent de bouger pour s’emparer de sa peau.

Une opportunité ratée …

Quand celle-ci passa dans son dos, Olivia se retourna et lui tint tête. Entre ses menaces à peine voilées et ses promesses d’une vie de Calice sans issue, elle jouait avec elle et si elle n’avait pas été en mesure de lui arracher la tête en une fraction de seconde et de boire son sang, elle lui aurait bien jeté à la figure le fond de sa pensée. De quoi faire bouillir son sang d’aristocrate ! La Petite Souris lui lança un regard effarouché. Elle avait beau être dans une position délicate, la perspective de finir comme une poche à sang pour vampires ne lui seyait guère. Il lui fallait une échappatoire, vite …

« Une Arcaniste ? … Ah ! La belle affaire ! Je serai bien incapable de vous lancer le moindre sort. Non, ne vous en déplaise, je ne suis pas Arcaniste ! » dit-elle d’un ton irrité.

Elle ne s’aperçut qu’une seconde trop tard qu’elle en avait trop dit et s’en voulut. Bien qu’elle ne se soit jamais véritablement étendue là-dessus, Olivia n’avait jamais véritablement fait table-rase de son passé. Preuve vivante de la déchéance de sa famille, la jeune femme avait été considérée comme un échec, son incapacité à manipuler la magie lui valant l’opprobre de ses pairs. Cette période de sa vie avait laissé des marques profondes dans son esprit, tant et si bien que le traumatisme ressurgissait parfois au détour d’une conversation, mettant ses nerfs à fleur de peau. On ne guérissait jamais totalement d’un traumatisme … et ceux qui affirmaient le contraire étaient probablement des menteurs. Les afflictions de la vie étaient telles des marées contre lesquelles on luttait par période … La Lune étant haute ce soir, il ne fallait pas s’étonner que les souvenirs lui reviennent telle la marée montante et trempent ses bas. Sensation profondément irritante que d’être prise pour ce que l’on n’est pas … !

« Je suis une Outre ! Tenez-le-vous pour dit. Quant à ce grimoire, je comptais simplement en prendre des photos après l’avoir feuilleté. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut tomber sur un ouvrage d’une telle rareté. Ceci étant dit, je suis peut-être une intruse, mais une voleuse, certainement pas ! »

Et j’ai encore quelques atours dans mes manches

La jeune femme, toujours envahie par l’angoisse et désormais l’irritation, se força à sourire poliment.

« Bien … puisque vous savez pourquoi je suis ici, que vous connaissez mon nom et ma nature … pouvons-nous négocier ? Voyez-vous, ce livre m’intéresse, et je suis curieuse de savoir ce que vous avez d’autre en réserve. J’aimerai, si possible, pouvoir rentrer chez moi en un seul morceau. Que demandez-vous en échange ? »

C'était osé. Elle n'était clairement pas en position de négocier quoi que ce soit, mais elle préféra tenter le tout pour le tout.


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Fear is the mind killer
Elinor V. Lanuit
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Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne. L’élégance et le flegme de son époque vivent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules au besoin, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, jadis reine stratège, elle a abandonné son clan et sa couronne pour revoir le soleil et étancher sa soif de connaissances.
- Autrefois vampire accomplie, fille des Lanuit, et éternelle solitaire, elle a renoncé à son vampirisme contre la promesse d'une éternité aux côté d'une ange.
- Humaine immortelle, initiée à l'alchimie, elle réapprend à vivre et explore les mystères du monde avec Lucie, l'avatar d'une Sainte incarnée sur Terre.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps séculaire ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique et à la tête d'une fond d'investissement douteux, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Présence (niveau 1, palier 5). Elle a conservé un reliquat de cette discipline issue de son passé de vampire.
- Occultation (niveau 2, palier 2). De la même manière que ci-dessus, elle peut toujours se servir de cette discipline.
- Une alchimie balbutiante, que Lucie lui apprend. En retour, elle offre à l'avatar de la Sainte son amitié, et plus encore, un lien encore indéfini qu'elles partagent l'une et l'autre.

Thème : Anna Calvi : Wish
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I got one more wish before I die
So please don't you stop me
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Lun 20 Mai - 18:02 (#)

Mardi des Cendres

Elinor se mura dans le silence. Elle écouta l’insupportable insolente, et ce moment de mutisme masquait en réalité une irritation croissante. Devant l’immortelle, ce frêle sac à viande de cinquante kilos tout au plus, lui tenait tête, bombait le torse et affichait un air affecté et hautain, s’autorisant même à s’offusquer. Comme la cambrioleuse déballait un lot d’excuses aussi invraisemblables les unes que les autres, le contact de l’arme à feu dans sa main éveilla des frissons nerveux. Son index la picotait. Une furieuse envie de presser la détente la tenaillait désormais, créant des élancements électriques dans ses nerfs que Elinor dissimula avec adresse.

Bien au contraire, l’immortelle demeura indéchiffrable. Elle se tenait dans l’obscurité du mur derrière Olivia, arborant cet air inflexible où affleurait néanmoins une pointe de mépris, bien caché dans le mince rictus à la commissure de ses lèvres. Où se croit-elle cette petite peste ? S’indigna-t-elle en la détaillant encore une fois de la tête aux pieds, tandis que Olivia s’improvisait diplomate raisonnable. Négocier, ah ! Elinor aurait pu lui éclater de rire au nez, si la moutarde n’avait pas déjà empâté son sens de l’humour. Elle caressa l’idée de lui arracher promptement la langue – les outres à sang n’en ont pas besoin – avant de la réévaluer à nouveau.

Était-elle trop bête pour comprendre sa situation ? Ou bien mijotait-elle quelque chose ? Elinor pencha vers la seconde option. Après tout, si cette voleuse était bien ce qu’elle prétendait, elle avait reçu une certaine éducation et n’était donc pas entièrement dépourvue d’astuce ; voilà un raisonnement qui agita la méfiance innée de la vampire. Aussi stoïque qu’une statue de marbre, elle écouta sans mot dire Olivia, son arme à feu toujours prête à mettre un terme brutal à cette conversation irritante. Pourtant, Elinor se détacha du mur et revint lentement face à Olivia, tirant alors à elle le second fauteuil qui trônait devant son bureau.

« Très bien, » fit-elle sèchement, en installant le fauteuil à environ deux à trois mètres de son interlocutrice. De fait, Elinor n’était toujours pas convaincue que Olivia soit inoffensive, arcaniste ou non.

Elle veut négocier ? Allons-y.
Sans jamais abaisser son pistolet, la vampire s’assit souplement dans le moelleux du fauteuil, accoudée avec nonchalance et les jambes croisées. La lune créait des reflets d’une brillance luisante dans ses cheveux d’un noir d’encre, comme des fils d’ivoires suspendus dans un ciel nocturne. Quant à ses yeux aussi sombres que sa chevelure, ils étaient deux billes d’onyx fixant sa victime avec une intensité croissante, malsaine et belle à la fois. Elinor eut un rictus pensif, une lippe méprisante tirant le coin de sa bouche pâle.

« Ce n’est pas une librairie en libre service ici, j’espère que tu en es consciente. Il va falloir plus que ta simple parole pour me convaincre de te laisser fouiner dans mes affaires. »

Lascive et en apparence détendue, elle coinça une de ses mèches d’ébène derrière son oreille avant de river son regard dans celui d’Olivia. Elinor avait encore des tours dans son sac. Beaucoup de tours. Et sa Présence fut celui pour lequel elle opta à cet instant-là, enracinant son attraction et son influence surnaturelle dans la conversation et le mental de sa victime. Ainsi lorsque la vampire prit la parole, c’était sa Présence qui entrait en jeu, conférant à ses désirs et sa volonté un caractère irrésistible derrière une manipulation subtile.

« Je veux bien te laisser examiner mes livres et prendre toutes les photos que tu souhaites. En contrepartie, je veux que tu sois honnête avec moi en répondant à mes questions. C’est un marché équitable, je suis sûre que tu en conviendras, » énonça-t-elle avec conviction, sans jamais détacher ses yeux de ceux d’Olivia.

Sa Révérence lui courait sous la peau. Elle sentait sa discipline s’écouler dans ses veines, et se précipiter sur sa victime pour mieux la convaincre de se plier à sa volonté. Elinor poursuivit d’un ton mielleux.

« Alors dis-moi. Je veux savoir comment tu as appris l’existence de ce livre ? Est-ce quelqu’un t’a envoyé ici ? Pour qui travailles-tu ? Et puisque tu es une Outre, explique-moi ton pouvoir ? Je pense que c’est la moindre des choses de montrer patte blanche quand on rentre par effraction chez quelqu’un, non ? »

À la voix onctueuse d’Elinor, s’alliaient une beauté venimeuse et une ténébreuse séduction, dont les siècles n’avaient jamais pu amoindrir la prestance. Et elle jouait toujours aussi bien, avec l’élégance féline d’un chat qui s’amuse et se délecte déjà de la défaite inéluctable de la petite souris coincée entre ses griffes.

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Sam 25 Mai - 21:38 (#)

Mardi des Cendres

Mardi 7 Décembre, Autumn Woods

A bien y regarder …

A bien y regarder, quelque chose avait changé dans l’atmosphère de la pièce. Etait-ce la lumière de la lune, qui s’était soudainement vivifiée ? Etait-ce la position décontractée de la vampire ? Etait-ce l’éclat lunaire sur sa peau d’ivoire ? Ou peut-être était-ce sa voix, soudainement plus suave et entêtante, presque enjôleuse ? L’ambiance était définitivement différente, comme si la tension s’était immédiatement désamorcée, remplacée au pied levé par une étrange sensation d’accueil et d’intimité.

Subjuguée par le regard de la vampire, Olivia ressentit dans ses membres une sensation peu familière. C’était une chose peu commune pour elle que de ressentir de l’attirance pour quelqu’un. Mais ces yeux, cette peau de porcelaine et ces longs cheveux noirs de jais … Il y avait dans cette silhouette une majesté indéniable et un charisme qui ne la laissait pas indifférente. Une image presque royale, qui faisait vibrer sa fibre conservatrice. Olivia avait toujours été attirée par la grâce émanant de la vieille aristocratie européenne et américaine. Leurs gestes, leur maintien, leur phrasé : tout était savamment étudié pour projeter une image parfaitement ciselée. Sa famille avait érigé en modèles de tels comportements et il n’était donc pas étonnant que la demoiselle y soit sensible. Tout dans son éducation lui murmurait que la vampire qui se tenait en face d’elle était l’image de perfection qu’elle avait toujours cherché à imiter, à défaut d’atteindre.

Elle n’avait même pas décliné son prénom, ni son nom. Les êtres d’une telle stature laissaient les symboles de leur pouvoir parler d’eux-mêmes et Olivia sentit la honte l’envahir. Cette femme était d’une haute éducation, probablement d’une haute naissance, et la Petite Souris se couvrait de honte à ne pas la reconnaître. Incapable de détourner les yeux de son regard inquisiteur et magnétique, la Petite Souris se liquéfiait complètement. Assaillie par l’image régalienne de la vampire, magnifique et pleine d’autorité, la demoiselle se sentait totalement incapable de lui opposer la moindre résistance, chaque pensée la renvoyant à la transgression qu’elle avait commis en pénétrant dans son sanctuaire.

Cette apparition était l’image-même de tout ce qu’on lui avait appris à imiter et à admirer … et elle l’avait salie. Encore une fois, Olivia Havel était une déception de plus dans le regard des autres.

Ses prunelles d’azur toujours rivées dans les iris d’onyx de la vampire au port royal, la demoiselle sentit le sentiment de culpabilité qui l’envahissait faire émerger des larmes au coin de ses yeux. N’était-elle pas d’une clémence sans commune mesure ? Elle aurait pu la tuer, lui mettre une balle dans le crâne … Et cela n’aurait été que justice … Mais elle avait retenu son bras vengeur et fait preuve d’une miséricorde dont Olivia n’était pas digne. Tout ce qu’elle demandait en échange, c’était simplement des réponses. De simples réponses à des questions légitimes, parfaitement innocentes.

Des questions auxquelles elle ne put s’empêcher de répondre, laissant tomber le voile sur ses activités. Ses yeux se perdirent dans le vague, subjuguée qu’elle était par la Présence de la vampire. Sa respiration se fit plus calme, plus apaisée.

“J’ai appris l’existence de ce livre au travers des photos prises par la police de Shreveport … Je suis venue ici de ma propre initiative après avoir remarqué l’ouvrage dans votre bibliothèque.”

Les mots s’égrènaient à un rythme lent. Incapable de retenir le lent débit d’informations, Olivia restait fascinée jusque dans son être par la majesté de la vampire dont chaque mouvement méritait d’être saisi sur une toile de maître. Peu de choses pouvaient arrêter le magnétisme d’un vampire doté de Présence … Et Olivia ne disposait d’aucune protection contre les Disciplines, à part sa volonté - qui en cet instant, restait trop friable.

”Je travaille pour le NRD et je …”

Elle s’arrêta. Olivia se rendit compte qu’elle venait de cracher le morceau et de griller sa propre couverture. Elle voulut réagir, tenter quelque chose, n’importe quoi, mais son regard était complètement happé et sa volonté sapée. Ses jambes devinrent lourdes et soudain, refusèrent de lui répondre. Elle tomba lourdement à genoux, une part de son esprit cherchant désespérément à lutter contre ce sentiment de déférence qui s’était emparé d’elle.

Mais l’esprit d’Olivia n’était pas capable de lutter pied à pied contre une vampire séculaire. A genoux, les yeux rivés dans ceux de la créature surnaturelle, Olivia sentit fugacement sa volonté faire barrage à la Présence de la vampire avant de voler en éclat comme une plaque de verre s’écrasant sur le sol. Quelques larmes lui montèrent aux yeux, tant la présence charismatique de la dame l’enveloppait de toute sa superbe, affermissant son contrôle sur ses émotions.

Il manquait une dernière réponse … la plus honteuse aux yeux d’Olivia. Elle se devait de lui répondre, mais elle ne pouvait révéler la nature de son pouvoir sans à nouveau se couvrir de honte face à l’apparition. La Petite Souris était coincée … la simple idée de devoir évoquer son pouvoir à une telle personne la faisant mourir de honte.

”Madame … Mon pouvoir est une malédiction … Je vous en conjure. Ne me demandez pas de vous le révéler.”

Désemparée et à genoux sur le sol de la bibliothèque, obnubilée par la puissance d’Elinor Lanuit, la Petite Souris venait de soustraire, quoique temporairement, la dernière parcelle de son intimité à cette inquisition temporaire. Une maigre victoire dans une lutte perdue d’avance.


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- Perfectionniste à l’extrême, jadis reine stratège, elle a abandonné son clan et sa couronne pour revoir le soleil et étancher sa soif de connaissances.
- Autrefois vampire accomplie, fille des Lanuit, et éternelle solitaire, elle a renoncé à son vampirisme contre la promesse d'une éternité aux côté d'une ange.
- Humaine immortelle, initiée à l'alchimie, elle réapprend à vivre et explore les mystères du monde avec Lucie, l'avatar d'une Sainte incarnée sur Terre.

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- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps séculaire ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique et à la tête d'une fond d'investissement douteux, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Présence (niveau 1, palier 5). Elle a conservé un reliquat de cette discipline issue de son passé de vampire.
- Occultation (niveau 2, palier 2). De la même manière que ci-dessus, elle peut toujours se servir de cette discipline.
- Une alchimie balbutiante, que Lucie lui apprend. En retour, elle offre à l'avatar de la Sainte son amitié, et plus encore, un lien encore indéfini qu'elles partagent l'une et l'autre.

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Mer 12 Juin - 18:57 (#)

Mardi des Cendres

Ah, la servilité. Plaisir rare à contempler ces temps-ci, quand le cheptel humain réclamait à qui mieux mieux le respect de leurs droits, de leurs vies, de l’accès à leurs nuques. Même les serviteurs, les Marqués compris, étaient aujourd’hui indisciplinés, incompétents et pleurnicheurs. Elinor en avait fait les frais. L’Amérique des libertés lui donnait souvent des aigreurs d’estomac. Heureusement, cette nuit-ci, sa Présence lui permettait de remettre au goût du jour l’obéissance humaine, cette dévotion justifiée à laquelle son dix-huitième siècle britannique l’avait accoutumé. Là, devant elle, s’écroulait la suffisance déplacée d’Olivia – l’intruse, la garce, la voleuse – qui retrouvait ainsi sa place dans la chaîne alimentaire. À genoux, prosternée à ses pieds.

Voilà qui est nettement mieux.
Qu’allait-elle donc faire de sa nouvelle adoratrice ? L’idée d’une outre à sang, enchaînée au fond d’un cellier discret n’était pas pour lui déplaire, en particulier avec ce sang rare, promesse d’un excellent bouquet. Une moue satisfaite apparut à la commissure de ses lèvres, alimentée par les confessions d’Olivia qui, la larme à l’œil, s’épanchait d’une voix chevrotante et pitoyable à souhait. Un délice acoustique. L’immortelle éprouva un moment de pure suffisance qui, hélas, s’interrompit abruptement à la mention de la NRD, lui retirant son petit sourire satisfait comme l’on arrache brutalement un sparadrap. Trois lettres synonymes d’emmerdes et d’autorités fédérales qui n’éprouvaient que peu d’empathie envers les vampires, d’après son expérience.

Voilà qui complique les choses, maugréa-t-elle, en conservant son masque indéchiffrable au moment où la voleuse, aussi agent de la NRD, se prosternait face à elle. Inflexible et droite dans son fauteuil de cuir, Elinor masqua avec adresse à la fois sa consternation contre l’implication de la NRD dans une enquête concernant son propre domicile, et l’écœurement méfiant que lui inspirait le soi-disant don de cette intruse. Elle recula inconsciemment au fond de son fauteuil, comme si l’infamie d’Olivia risquait de l’éclabousser à son tour, en la détaillant des pieds à la tête. Décidément, entre la NRD et la malédiction, l’Outre s’avérait finalement être un délice culinaire avarié qui risquait de lui causer plus de torts que de satisfactions gustatives.

Elinor étouffa de justesse un rictus de dépit. « Dans ce cas, je préfère ne rien savoir. Je t’interdis de l’utiliser sur moi, » insista-t-elle en utilisant sans vergogne sa Présence par précaution.

Un court instant, les souvenirs d’Octobre 2019 lui revinrent en mémoire. L’odeur de sa chair pourrissante, et cette vision d’horreur dans le miroir ; non vraiment, elle avait bien assez donné en termes de malédiction. Quant à l’association d’Olivia avec la NRD, c’était une malédiction en soi ! Dieu merci, Elinor ne lui avait pas tordu les cervicales et jeté dans la Red River sur un accès de fureur, sans quoi les conséquences auraient pu être désastreuses. Un don en forme de malédiction était une chose, mais une enquête de la NRD aurait fait planer une épée de Damoclès au-dessus de la vampire, qui avait déjà assez à faire avec les anti-CESS.

Tuer Olivia était maintenant hors de question, Elinor en était convaincue. Pourtant, alors qu’elle chassait ses mauvais souvenirs et ses inquiétudes inutiles, la vampire se ressaisit, scrutant l’Outre avec l’envie soudaine et urgente de s’en débarrasser au plus vite. De préférence, sans dévoiler le secret de son existence.

« Ainsi, tu profites d’une enquête officielle pour te servir dans le dos de ton employeur, » répéta Elinor, bien que cette déclaration servait avant tout à alimenter sa propre réflexion. « C’est mal. Très irrespectueux. »

Elle l’aurait bien traumatisé encore. Elle aurait bien voulu jouer encore avec sa terreur, et sans doute goûter à son sang, mais la double menace d’une malédiction et de la NRD lui coupait l’appétit. Tout ce qui comptait à présent, c’était de se débarrasser de cette tâche compromettante sur le joli plancher de son domicile – en dépit de son état déplorable – et ce, sans s’éclabousser elle-même. Elinor rabattit pensivement une mèche de cheveux derrière son oreille, tandis qu’elle cherchait un moyen de jeter Olivia hors d’ici sans l’abîmer.

Selon les dires de l’emmerdeuse, elle était venue seule. Cela diminuait les risques que d’autres membres de la NRD sachent où Olivia se trouvait, sans toutefois les éteindre complètement. Elinor était trop à cheval sur sa sécurité pour miser sur des aveux arrachés de force et, qui plus est, la tuer ici attirerait l’attention sur son domicile, aussi compromis soit-il. Il lui fallait un biais. Aussi déplaisante cette idée soit-elle, il lui fallait signer un accord, de manière à ce que cette femme parte de son plein gré et ne la retrouve jamais.

Plus facile à dire qu’à faire. Néanmoins, humains et vampires avaient cette qualité en commun : la cupidité. Elinor était bien placée pour la connaître au sein de son clan. Elle se redressa sur son séant, altière et noble, et adopta un ton assuré qui seyait parfaitement à son éducation, aussi bien qu’à l’utilisation de sa Présence.

« Très bien. Résolvons le conflit de manière civilisée et raisonnable. Je vais fermer les yeux sur ton effraction chez moi, que je vais mettre sur le compte de ta jeunesse. En retour, tu vas oublier que nous nous sommes croisées. Pas un mot à ton employeur, c’est compris ? Cela vaudra mieux pour toutes les deux. »

Elinor désigna son bureau d’un revers de main. Elle s’afficha un instant grande dame, magnanime, royale, et prête à faire un effort envers l’effrontée emportée par sa jeunesse et sa curiosité.

« Et puisque je suis indulgente, je consens à te laisser emporter ce que tu désirais. Tu voulais des photos de mon livre, n’est-ce pas ? Prends-les. Mais pas le livre. C’est tout ce que tu voulais ? »

L’immortelle jouait admirablement bien le jeu. Le menton haut, le port noble, l’échine droite et sa chevelure noire encadrant parfaitement sa beauté gothique à la mine de craie, Elinor affichait une humeur souveraine et délibérément lasse, de celle qui a hâte d’en terminer avec ces futilités.
En réalité, elle était frustrée. Elle aurait bien arraché les pattes de cette petite souris fouineuse.

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Ven 5 Juil - 19:42 (#)

Mardi des Cendres

Mardi 7 Décembre, Autumn Woods

Toujours subjuguée …

Olivia Havel restait sous l’emprise de la majesté de la vampire, incapable de lui opposer la moindre résistance. Toujours à genoux, ses yeux rivés sur cette silhouette enténébrée, la Petite Souris aurait probablement été une proie facile si son pouvoir n’avait pas été aussi délétère. L’influence de la vampire sur elle se renforça immédiatement après lui avoir interdit d’utiliser son pouvoir sur elle. Subjuguée, la jeune femme acquiesça silencieusement, incapable de se défendre contre la puissance du sang vampirique tandis que son interlocutrice la réprimandait pour avoir pénétré dans son territoire et trahi la confiance du NRD – qui devait pas mal se ficher de ce qu’elle faisait de toute façon.

Les larmes lui montèrent aux yeux tandis qu’elle ressentait le ton désapprobateur de la vampire s’enfoncer dans sa chair comme autant de clous rouillés. Non seulement elle était une employée déloyale, mais en plus, elle était une personne indigne de se tenir devant une telle apparition. Cette situation, sublimée par la Présence, fit s’emballer son cœur et la fit replonger tête la première dans ses pires traumatismes. L’abandon … le mépris … le rejet … Cette immonde et poisseuse mélasse qu’elle trainait comme un boulet depuis des années et qui s’accrochait à elle comme une gangue gluante, l’étouffant petit à petit jusqu’à ce qu’elle rende son dernier souffle dans un hoquet d’angoisse. Elle sentit cette sensation collante et poisseuse se répandre sur son corps tandis que les mots réprobateurs d’Elinor se glissaient dans son cerveau, réactivant les pires souvenirs de sa vie.

Elle revit en un instant le regard de sa mère, le mépris de sa grand-mère, les chuchotements et les gloussements des membres de sa famille. Elle était une ratée, une incapable, une erreur de la nature. Incapable de lancer le moindre sort, incapable de faire perdurer l’héritage familial, … Sa simple présence était incommodante, irritante, indésirable. Elle ne le savait que trop bien, tant on le lui avait martelé durant son enfance. Cette angoisse existentielle, cette sensation que sa simple respiration était un crime, … elle ne la connaissait que trop bien. Et elle lui collait à la peau, dévorant chaque centimètre carré de son corps et de son âme dès lors qu’elle s’avisait d’abaisser l’armure qui la protégeait du monde extérieur. Mise à nue par la Présence, elle se révélait plus maladive qu’elle ne le paraissait d’ordinaire, chaque trait de son visage témoignant de la crise qui la rongeait depuis des années et qu’elle s’affairait à cacher chaque jour que Dieu faisait.

La vampire la congédia … purement et simplement …

Terrifiée par l’abandon, subjuguée par la Présence, Olivia prononça la seule chose que son esprit embrumé et traumatisé était capable de dire.

« Non … s’il vous plait. Ne m’abandonnez pas ! »

Les larmes obstruaient sa vue et son cœur loupait quelques battements. La peur de l’abandon … sa pire faiblesse … amplifiée par l’admiration sans commune mesure qu’elle éprouvait de manière factice à cause de la Présence de la vampire. A peine venait-elle de rencontrer une personne aussi admirable que celle-ci la renvoyait comme une malpropre … Et ça, son esprit ne pouvait le supporter. Qu’importe le livre ! La cupidité d’Olivia était peu de chose face à son envie maladive de recevoir l’approbation d’une personne qui ne la rejetterait pas.

« Je ferai tout ce que vous voudrez, mais je vous en prie, ne m’abandonnez pas … »

La Présence pouvait parfois s’avérer à double-tranchant.


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Fear is the mind killer
Elinor V. Lanuit
Elinor V. Lanuit
Fear is the mind killer
Those who are heartless once cared too much
En un mot : Humaine immortelle
Qui es-tu ? :
- Immortelle britannique du XIXème siècle, issue de la bourgeoise florissante du début de l’ère victorienne. L’élégance et le flegme de son époque vivent encore dans ses manières.
- Femme fatale au charme venimeux, calculatrice sans scrupules au besoin, elle manipule les cœurs aussi bien que les lettres et les chiffres.
- Perfectionniste à l’extrême, jadis reine stratège, elle a abandonné son clan et sa couronne pour revoir le soleil et étancher sa soif de connaissances.
- Autrefois vampire accomplie, fille des Lanuit, et éternelle solitaire, elle a renoncé à son vampirisme contre la promesse d'une éternité aux côté d'une ange.
- Humaine immortelle, initiée à l'alchimie, elle réapprend à vivre et explore les mystères du monde avec Lucie, l'avatar d'une Sainte incarnée sur Terre.

Facultés :
- Chacun de ses menus gestes contient une grâce et une sensualité étonnante, comme si son corps séculaire ne connaissait aucune autre manière de se mouvoir.
- Un rare talent pour la stratégie économique et à la tête d'une fond d'investissement douteux, elle détient une précieuse capacité à s’ancrer sans difficulté dans cette époque.
- Présence (niveau 1, palier 5). Elle a conservé un reliquat de cette discipline issue de son passé de vampire.
- Occultation (niveau 2, palier 2). De la même manière que ci-dessus, elle peut toujours se servir de cette discipline.
- Une alchimie balbutiante, que Lucie lui apprend. En retour, elle offre à l'avatar de la Sainte son amitié, et plus encore, un lien encore indéfini qu'elles partagent l'une et l'autre.

Thème : Anna Calvi : Wish
Like a mirror staring out to sea
My mind is free so please don't you stop me
No don't you stop me
I got one more wish before I die
So please don't you stop me
No don't you stop me

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Jeu 11 Juil - 18:01 (#)

Mardi des Cendres

L’humeur d’Elinor s’assombrissait à vue d’œil. Raide, patiente et immobile dans ce fauteuil aux allures de trône, elle frappait en cadence les accoudoirs du bout de ses ongles vernis. L’exaspération faisait briller un éclat meurtrier dans la noirceur de ses yeux, que la vampire réfréna de son mieux ; prêter l’oreille aux pulsions de sa Bête était indigne de sa personne. Elle était Elinor Lanuit, non une sauvage de chez Dalzell ! Pourtant, ô combien elle fut tentée de couper brutalement court aux jérémiades d’Olivia avec une claque dévissant les cervicales, ou bien en plantant ses crocs dans la nuque tendre. Elle n’en fit rien, cependant. Inflexible, elle se força à supporter le spectacle pathétique que l’intruse lui offrait là, affalée à ses pieds, à larmoyer et à geindre pour une raison qu’elle ignorait.

Ne voulait-elle pas fuir les lieux, cette peste-là, voilà quelques minutes de cela ? Or, la voilà maintenant prostrée, suppliante et vulnérable, comme si la Présence d’Elinor avait eu un effet décuplé sur elle. Elle est bien trop réceptive, estima-t-elle avec une certaine répulsion. Qu’allait-elle faire de ce sac de viande et de névroses ? Le tambour de ses ongles redoubla d’intensité sur les accoudoirs. Cela ne faisait qu’une semaine – une seule maudite semaine ! – que la vampire avait flanqué dehors sa Marquée névrosée, et voilà qu’une autre humaine tentait, involontairement certes, de lui coller aux basques. Durant un instant, elle fut persuadée d’être maudite. Elle, Elinor Lanuit, attirait les femmes mal dans leurs peaux ; c’était là une véritable malédiction, il n’existait pas d’autres explications !

Détournant son énervement, Elinor récupéra les deux livres laissés sur le bureau, et les posa sur ses cuisses, en cherchant furieusement une porte de sortie. « Très bien, très bien. Arrête de pleurnicher, un peu de dignité tout de même, » lui intima-t-elle, en reprenant le tempo nerveux sur la couverture des livres cette fois.

Qu’allait-elle faire de ça ? Elle l’aurait bien expédié dans un paquet cadeau multicolore aux Lanuit, avec un joli nœud clouant la bouche d’Olivia, mais la menace de la NRD obscurcissait toujours la festivité de cette idée. Quant à la vider de son sang, ici et maintenant, cela comportait aussi de nombreux risques que Elinor n’était pas prête à prendre, aussi appétissante cette perspective lui semblait-elle. Son sang était-il consommable, ou son mystérieux don l’empoisonnait-il ? Si l’agent venait à disparaître, la NRD allait-elle rechercher son employée ?

Toutes ces conjectures, Elinor les tournait, et les retournait en tous sens, sans jamais parvenir à une solution satisfaisante. Elle se leva finalement de son fauteuil, surplombant l’Olivia larmoyante de toute sa prestance, et chercha à entretenir la conversation – si l’on pouvait appeler cette torture ainsi – pour gagner du temps.

« Et pourquoi voudrais-je t’avoir à mes côtés, au juste ? Je ne te connais même pas, et je n’ai aucune idée de ce dont tu es capable. Es-tu seulement utile à quelque chose ? »

D’une démarche lente, qui cachait en réalité ses propres délibérations, la vampire s’approcha de l’humaine en l’auscultant de la tête aux pieds d’un air critique. Elle s’arrêta à moins d’un mètre d’Olivia, droite, cachant sa contrariété derrière son flegme britannique, et attentive à river ses yeux aux siens. Elle marqua un temps d’arrêt, appuyant sa Présence encore plus forte, comme l’on presse impitoyablement un citron.

« Parle-moi de toi, » lui ordonna-t-elle, comme si Olivia passait un entretien. « Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Et que veux-tu faire pour moi ? Sache que je suis très exigeante vis-à-vis de mon entourage. »

Au fil de son interrogatoire cependant, une idée lui vint. Non pas une solution miracle, mais une manière de temporiser les choses avec cette épine humaine coincée dans son pied. Elinor s’avança face à Olivia, et lui tendit sa main libre.

« Donne-toi ton téléphone, » lui ordonna-t-elle. « En guise de bonne volonté, je vais te donner mon numéro personnel. »

Un mince sourire, qui paraissait amical, illumina brièvement l’expression d’Elinor, en même temps qu’un éclat de malice traversait ses yeux noirs. Oh que oui, elle avait soudainement une idée derrière la tête.

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