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I see trouble on the way • Odelia

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When witches don't fight, we burn
Odelia di Stasio
Odelia di Stasio
When witches don't fight, we burn
AB UNO DICE OMNES

En un mot : some ghost
Qui es-tu ? : Φ sorcière rouge de 29 ans, constamment en recherche de sensations fortes.
Φ offre son énergie à l'Arch, association ayant pour but d'accompagner les CESS dans leur intégration dans la ville. La fondatrice et chamane Yelena Tehrt, est son mentor.
Φ bien qu'elle l'ignore, fût élevée par des purificateurs. Ceux-ci ont tout fait pour dissimuler la vraie nature de sa magie. Bien que tentant désormais de combler les années perdues, sa maîtrise des arcanes reste instable.
Φ professeure de danse classique, anciennement en tournée avec une compagnie de ballet.
Φ installée à shreveport depuis 2013. habite actuellement mooringsport, à la frontière du triangle de foi.
Facultés : MANIPULATION DES ENERGIES VITALES
Φ Manipulation des émotions. Injection, détection, effacement, remplacement des émotions. maîtrisé
Φ Utilisation des émotions dans sa magie. plutôt bien maîtrisé
Φ Manipulation des auras. Modification, dissimulation de parties d'auras. très peu maîtrisé
______________

Φ Lecture d'auras. Emotion, race, inclinaison, forme d'un thérianthrope.
Φ Capable de sentir les esprits mais mal à l'aise avec tout ce qui y a trait.
Thème : We Are Gods - Audiomachine
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 Pose-dramatic
ASHES YOU WILL BE

Pseudo : Hekat
Célébrité : Kaya Scodelario
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Crédits : Hekat
Mar 9 Mai - 23:58 (#)


I SEE TROUBLE ON THE WAY

Government Plaza
18 juin 2021



Odelia suit son mouvement : les doigts fins encerclent sa propre bière, plus par désir de le conserver en sécurité que celui de l’écouler, et elle ouvre la marche. Elle sait déjà qu’elle est sur une pente glissante, qu’il faudra surveiller chaque gorgée, et qu’elle était rarement de celles qui brillaient par leur modération. La preuve en était ces regards qui glissaient aux extrémités de sa robe, entre la résille des collants, la pointe du décolleté, alors qu’ils se frayaient un chemin vers un extérieur que la nuit n’enveloppait pas encore tout à fait : l’italienne détonnait presque autant entre ces cowboys de la Louisiane qu’elle avait pu le faire au sein de la fervente communauté romaine. Certains invoquaient Dieu, d’autres accusaient le Diable. Peu originale, quoique prématurée, ses premières manifestations avaient accompagné la puberté : il avait fallu se battre pour le moindre fard sombre, le moindre centimètre écourté, le moindre juron, la moindre opinion atypique, qui soulevait les murmures en société. Petit à petit, son adolescence n’avait plus été qu’une succession de combats : contre sa famille, contre sa magie, contre l’Église, pour sa liberté. Une certaine amertume envahissait toujours son palais quand elle repensait à ces voix qui rationalisaient, faute de meilleurs arguments : « ça te passera, tu verras », comme si la nature de l’être humain, finalement, était de courber l’échine, rentrer dans le moule, se satisfaire d’une vie toute aussi médiocre que celle de son voisin. Ne surtout pas faire de vagues. Sois douce, modeste, là, range-toi, veux-tu. Oui, elle se rappelait la gerbe que ça lui filait, autrefois, et la promesse qu’elle s’était faite, de ne jamais se laisser happer par leur certitude. Les années avaient passé, elle avait vieilli, elle était partie, mais l’enfant n’avait jamais cessé de hurler, et elle avait continué, pourtant, à sentir la même désapprobation dans le regard des gens, chaque fois qu’elle n’était pas dans l’une de ces grandes villes qui vouaient un culte à l’art, à l’ouverture d’esprit et à la diversité. Bien sûr, il y avait plus marginal, plus choquant qu’elle : on se contentait à son égard généralement de simples œillades désapprobatrices ou trop prononcées, ignorant qu’elle s’en délectait, l’euphorie que ça lui inspirait.

La rue retrouvée, Eoghan jette son dévolu sur l’une des tables hautes de la terrasse. Elle l’y rejoint, se demande quel enfant il a été. Elle fait défiler les décennies sous les mèches brunes, les sourcils durs, ce sourire qui lui n’a probablement pas beaucoup changé – si ce n’est par sa rareté, elle ose espérer. Quand lui avait-on appris à se méfier si fort ? Quels manquements avaient insufflé sa férocité ? Une fois la boisson abandonnée, elle se plante face à lui et allume sa cigarette à l’aide du briquet qu’il lui tend galamment. Les iris se réimbriquèrent alors que les premières fumées se croisaient, qu’elle continuait d’imaginer l’innocent d’autrefois, qu’il revenait sur sa réputation évoquée. Elle sourit, sans rien ajouter. Ce mois-ci, elle fêtait ses huit ans à Shreveport. Plus d’un quart de sa vie, le plus gros de sa vie d’adulte, probablement rien pour le Louisianais pur sang qui lui faisait face. Trois ans qu’elle avait endossé la nationalité. Elle était encore une étrangère, pour lui, pour elle aussi. Elle n’était pas prête à voir ce statut changer, mais elle aimait aussi ne pas l’être tout à fait. Il bascula à nouveau sur la danse, et alors qu’il évoquait les standards vestimentaires des lieux accueillant traditionnellement les ballets, les yeux de l’italienne se détachèrent finalement pour glisser sur la longue silhouette de l’arcaniste. Ce serait probablement le travestir, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il serait sûrement tout aussi délicieux en complet : elle aurait parié qu’il faisait partie de cette catégorie de personnes dont l’habit ne savait couvrir une aura trop imposante. Elle ricana et retrouva son visage lors de la plaisanterie qui s’ensuivit. Elle s’apprêtait à rétorquer, mais déjà, il enchérissait, poursuivait la taquinerie, l’entraînait sur des sentiers plus isolés, sur lesquels il n’aurait sûrement pas osé s’aventurer peu de temps auparavant. Elle le fusilla du regard, gentiment, joueuse, avant qu'un nouveau rire moqueur, qu'elle se destinait cette fois, ne s'échappe d'entre ses lèvres.

Il y eut un nouveau basculement. Beaucoup plus violent que les précédents. Inattendu. Elle sursauta. Sa voix, là, dans sa tête. Sa réaction initiale, instinctive, c’était de paniquer. Entendait-il ses pensées ? Jusqu’où s’était-il ancré ?  Elle s’était figée, traitant l’information qui venait de déferler dans son esprit sans crier gare. Deux, trois secondes s’étaient écoulées avant qu’elle ne se ressaisisse – une éternité. Le décompte terminé, elle s’était secouée avec la même intensité : c’était l’inconnu, la part de méfiance qu’il fallait effacer. Elle savait combien ces réactions pouvaient être insultantes : combien de fois en avait-elle elle-même été la cible ? Elle disait vouloir le connaître – il faudrait le laisser entrer. « J’avais juste envie d’une cigarette. » Il fallait se hisser hors du trou désormais. Se rattraper comme elle pouvait. « Je t’en prie, je serai beaucoup plus subtile que ça. » Il aurait été si simple de s’emparer de la source de son intérêt pour elle et de la réduire à néant. Bien entendu, elle ne pouvait en effacer la racine, cela n’aurait été que temporaire - suffisamment long pourtant pour qu’ils conviennent de poursuivre la soirée séparément. C’était loin d’être son souhait. Elle savourait sa présence à ses côtés, dans tout ce qu’elle avait d’ensorcelante et de dérangeante, de coupable également, si elle devait se l’avouer. Lia se rapprocha de lui dans une excuse muette : elle se hissa sur un tabouret, son avant-bras glissa contre le sien sur la table alors que son regard la dépassait, se noyant entre les passants, les pavés du trottoir d’en face, les feuillages des buissons qui verdissaient l’allée, les véhicules qui obstruaient sa vision à intervalles réguliers, se raccrochant à tout ce qu’ils pouvaient. De rationnel, de tangible, de familier. « Tu réalises que… si on se côtoyait, régulièrement j’entends, on aurait sûrement aucun secret l’un pour l’autre ? Pensées, émotions, hormones, auras... » Voilà une crainte qu'elle avait posé là, l'air de ne pas y toucher. Elle aimait être en contrôle. Elle avait l’habitude d’être seule de ce côté de la barrière, l’omniscience versus l’ignorance. Ici, elle perdait pied. Dans ce fantasme, elle ne savait plus comment jouer. « Et non j’veux pas qu’tu sois… Limité. » Elle reprit les mots qu’il avait utilisé plu tôt. « J’sais que j’devrai pas, mais perso ça me rend toujours dingue qu’on m’demande ça. »
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 GIeraGW
Pseudo : Nero
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Jeu 11 Mai - 7:40 (#)


I see bad times today
Il flirtait avec un fantasme qui, s’ils l’avaient vraiment voulu tous les deux, était loin de se montrer inatteignable.

Partir.
(Sauve-toi.)
L’embarquer, elle. Deux ou trois jours, peut-être. Fermer boutique le temps d’une escapade au sud de la Louisiane ; se rapprocher du Golfe. Lui faire découvrir par ses yeux ces terres maudites et condamnées à la noyade, à une mort lente et progressive, inéluctable. Comme aux premiers âges du monde, le feu perdrait contre la vague, même manié, cette fois-ci, par les hommes qui s’étaient accrochés tant bien que mal à ces rives marécageuses et imprégnées de magie, de misère et de crime.
La chaleur, faisait ça. La chaleur alimentait son esprit d’une langueur douce, expliquant sans mal la paresse, la mollesse, même, qui parfois prédominaient dans la démarche des Louisianais. Comme l’écriture d’un certain Faulkner et de tous les auteurs de cette partie des États-Unis avait toujours dégouliné – écrasée, semblable au harassement des écrivains accablés par les canicules moites –, le pays tout entier subissait un climat propice à certaines humeurs moins rigides que dans les États du Nord. Il voulait qu’elle le sente, elle aussi. Comme lui. Il voulait qu’elle s’abandonne à cette humeur qui précédait les grandes passions comme les plus brèves d'entre elles.

Embarqué dans ses rêveries, sans jamais perdre de vue la proximité immédiate de la jeune femme qu’il convoitait avec des appétits grandissants, il ne laissait échapper aucun de ses mouvements, des plus évidents aux plus infimes. Il avait surveillé avec une acuité intriguée la réaction de la sorcière, lorsque ses pensées avaient effleuré les siennes. C’était un coup risqué. Certains de ses semblables lui auraient jeté au visage ce qu’ils considéraient comme un viol : quand bien même il n’avait fracturé aucune des défenses d’Odelia. Le test, il en convenait, possédait cette irrévérence, cette insolence propre à son caractère qui ne se soumettait pas à la crainte de la voir s’enfuir. Il jouait avec les limites de sa comparse sans vouloir, jamais, se montrer proprement irrespectueux à son encontre. Elle lui inspirait des sentiments troubles, une envie plus ou moins affirmée de jouer avec elle, mais certainement pas de la mettre à terre. Tempérant son élan de domination, il ne cherchait pas à prendre le dessus sur elle. Du moins, pas tout de suite. Il attendrait les signes. Il voulait savoir quel genre de femme elle était. Quel genre d’amante. Quelques indices ne lui donnaient, pour l’heure, qu’un tableau encore incomplet. Il ne se pressa pas pour en achever la résolution. L’attente… l’attente était l’une des plus belles parties du jeu. Il ignorait combien de temps il serait capable de se montrer patient. Cependant, avant d’en arriver là où il le désirait, il mesurait et appréciait chaque seconde de leur échange, qu’il trouvait de plus en plus séduisant.

« J’avais juste envie d’une cigarette. »

Menteuse, lui souriait-il, au gré d’une autre gorgée de bière. Toutefois, il ne l’asticota pas davantage, lui laissant le bénéfice du doute ; sans pour autant se montrer dupe, en son for intérieur. Elle se rapprocha de lui, et le frôlement de son bras contre le sien fouetta le sang du sorcier. Il dut réprimer le frisson qu’elle n’aurait pas manqué de ressentir, pareil à une onde de choc. La Rougeoyante elle aussi, tordit ses anneaux avec une fièvre largement perceptible pour son hôte. Feignant toujours le calme et un contrôle dont il disposait encore, il baissa les yeux vers la peau laiteuse de la jeune femme, plus claire que la sienne, qui avait commencé à brunir légèrement sous l’égide de l’été naissant.

« Tu réalises que… si on se côtoyait, régulièrement j’entends, on aurait sûrement aucun secret l’un pour l’autre ? Pensées, émotions, hormones, auras...  Et non j’veux pas qu’tu sois… Limité. J’sais que j’devrai pas, mais perso ça me rend toujours dingue qu’on m’demande ça. »

Il eut du mal à réprimer un rire, qui ne s’exprima que par un souffle expulsé plus fort de ses narines. « Et pourquoi est-ce que ça te rend dingue, dis-moi ? » Sa voix, descendue d’un octave, avait adopté le ton caractéristique d’une forme d’intimité esquissée avec une certaine délicatesse. De ces quelques mots, il les isolait tous deux. Les autres clients parlaient et s’esclaffaient autour d’eux, avec plus ou moins de discrétion. Les moteurs grondaient, les innombrables facteurs de pollution sonore liés à la ville ne cessaient de parasiter leur conversation. Et pourtant, il savait que tous deux, par leur promiscuité particulière, venaient de s’enfermer dans une bulle dont rien ni personne ne pourraient les extraire. Tout en tirant sur sa cigarette, il inclina son visage vers elle, sans plonger son regard dans le sien, soufflant à son oreille une réponse vipérine : « Je ne violerai tes pensées que si tu me le demandes. Je ne bousculerai tes hormones que si tu le veux vraiment. La communication et la manipulation, je les contrôle. Me côtoyer régulièrement ne voudrait pas dire qu’on finirait par se noyer l’un dans l’autre, si c’est c’que tu insinues. Sauf, encore une fois, si c’était c’que tu voulais. » Un rictus écorcha sa commissure. « Mais ce serait dangereux. Pour toi, comme pour moi. Ce genre d’intimité, c’est… profond. Très profond. Certains ne parviennent plus à s’en passer. Une fois qu’ils ont réussi à pénétrer jusqu’aux dernières limites du sanctuaire de leur partenaire… ils ont envie d’y revenir. Toujours. Ils ne supportent plus de ne pas savoir ce qui se trame dans la tête de l’autre… Il paraît que des psychés se sont perdues l'une dans l’autre, lorsque certains arcanistes maîtres dans l’art de la télépathie ont manqué de prudence et de mesure… » Il avait laissé l’homme refluer, mourir un peu, au profit de l’aplomb du sorcier. Même son accent s’était tamisé, remplacé par une articulation moins vague, moins sauvage. L’acuité de ses paroles allait de pair avec le propos qui ne se voulait pas sournois pour autant. « Cependant… ce genre de dons, maniés avec juste ce qu’il faut d’audace sans perdre de vue les frontières de l’un comme de l’autre… ça a son avantage. Un peu comme ce moment, juste avant l’orgasme, où tu ne sais plus vraiment où ton corps s’arrête et où celui de l’autre commence. Tu vois c’que je veux dire ? »

Oh oui. Elle voyait. Il n’en douta pas une seconde. Il tira une dernière fois sur le filtre, avant d’écraser avec une lenteur calculée le mégot dans un cendrier voisin. Alors, ses doigts empreints d’une odeur de tabac accrochèrent une boucle de cheveux châtain, qu’ils abandonnèrent en un mouvement fugace ; le contact n’avait pas duré plus de deux secondes. Leur course s’acheva lorsqu’il frôla le bras nu de l’Éveillée. Il chercha de nouveau l’éclat céruléen de ses iris. « Qu’est-ce qu’elle ferait, ta magie ? Jusqu’où elle pourrait me lire et jouer avec moi, selon toi ? »

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Louisiana Burning

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Φ bien qu'elle l'ignore, fût élevée par des purificateurs. Ceux-ci ont tout fait pour dissimuler la vraie nature de sa magie. Bien que tentant désormais de combler les années perdues, sa maîtrise des arcanes reste instable.
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Φ installée à shreveport depuis 2013. habite actuellement mooringsport, à la frontière du triangle de foi.
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Jeu 15 Juin - 18:19 (#)


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18 juin 2021



« Et pourquoi est-ce que ça te rend dingue, dis-moi ? » Elle haussa les épaules, les sourcils légèrement froncés, chassant la question qu’elle se réservait plus tard. C’était vrai ça, pourquoi ? Pourquoi y être si sensible, après tout ? L’ignorer en cet instant ne la dérangeait pas, elle trouverait la réponse plus tard, elle le savait. La discussion prenait un nouveau tournant aussi amusant qu’intéressant, soudain, et elle sentit sa colonne se figer, s’ancrer au tabouret dont les pieds semblaient s’étendre jusqu’aux confins de la Terre. Sa respiration se fit plus calme, bientôt plus saccadée aussi, quoique cela fût à peine perceptible tant les mouvements de la poitrine s’étaient ralentis. Ses yeux se dégagèrent, ses lèvres se rapprochèrent de son visage, et alors la tête de la jeune femme se tourna, s’échappa à son tour ; son regard traversa la route, se raccrochant aux lumières qui s’éveillaient malgré la présence constante du soleil en cette heure qui s’avançait. Il mettait des mots sur ce qui la fascinait et la terrifiait tout à la fois. Elle savait désormais que son adversaire était de taille. Elle savait désormais qu’elle jouerait essentiellement contre elle-même. Il rendrait les choses plus difficiles, certainement. Ses mots s’insinuaient en elle, s’immisçant bien plus loin, bien plus profondément que ce qu’elle avait suggéré.

« Un peu comme ce moment, juste avant l’orgasme, où tu ne sais plus vraiment où ton corps s’arrête et où celui de l’autre commence. Tu vois c’que je veux dire ? » Il savait ce qu’était qu’être un, bien plus que le commun des mortels sûrement. Télépathie, hormones. Il savait relier à lui, manipuler, remplacer, toucher ce qui était tu, souffler ce qui n’aurait dû être su. C’était sans même compter sur la réalisation : savoir que cette connexion les rendrait tous fous de par la proximité qui s’installait. Inévitablement. Des eaux violentes qui déferlaient et ensevelissaient tout ; se sentir connecté à quelque chose qu’on ne pouvait expliquer : ni tout à fait nôtre, ni tout à fait l’Autre. Elle sentit le centre de son être qui s’échauffait doucement à cette pensée. Son coude se déplia, son bras roula sur la bordure de la table, retenu par les ongles qui faisaient grincer le bois. Le jeu se poursuivait : elle sentit ses doigts se glisser entre les mèches de cheveux, et alors que sa chair frémissait à ce contact d’une légèreté chatouillante, sa clavicule roula malgré elle, dégageant son cou. Elle retourna la tête à temps pour capter les azurs qui cherchaient leurs jumeaux à nouveau.

« Pour moi tes émotions fortes sont comme un sourire accroché à ta figure, la plupart du temps. Ça m’demande plus d’énergie de le cacher que d’le voir. J’ai juste besoin de te connaître et de creuser un peu plus pour en connaître les subtilités. Mais je n’ai pas ton contrôle. J’doute l’avoir un jour, très franchement. J’m’avancerai pas sur c’que j’f’rai, c’que j’f’rai pas... » Elle avait fini par en conclure qu’elle n’était qu’une éponge émotionnelle, doublée d’hypersensibilité, et que cette part d’elle-même lui était inhérente, réellement. Il fallait que son intérieur soit d’un calme olympien pour cesser de voir, et cela ne lui arrivait que trop peu souvent. Chercher le calme était épuisant. En définitive, le schéma était toujours le même : contrôler les émotions, qu’elles soient siennes ou autres, lui coûtaient. Les véritables modifications pouvaient demander une certaine consommation d’énergie : créer une émotion de toutes pièces, en transférer, en absorber – c’était le pire : quand une énergie étrangère  se liait à la sienne, et qu’il fallait l’empêcher de retrouver son réel propriétaire. L’énergie n’était jamais perdue totalement. Où qu’elle aille, elle laissait des traces sur son sillage. « Y a des moments pas évidents. » Peut-être qu’elle ne le voulait pas assez fort. Peut-être qu’elle n’était pas une assez bonne personne. « Quand t’es au bord. Comme ce soir-là. » Elle revient une fois de plus sur le devant de la scène, leur rencontre, marée qui s’écrase sans cesse sur leur histoire, l’origine de tout, la raison probablement qui les a liés, les a poussé à se tolérer, à s’accrocher l’un à l’autre, quand tout devait les opposer. « Bien sûr, elle pourrait te faire ressentir ce que je ressens, effacer une partie de ce que tu ressens, le remplacer. Elle pourrait s’attarder sur chacune des sources de tes ressentis, les démêler. Si tu lui étais familier, elle pourrait probablement te tromper, te persuader d’une émotion qui ne vient pas de toi, simplement parce qu’elle sait comment la mimer, où appuyer. » Brutalement honnête. Elle prit un temps pour noter qu’il faudrait qu’elle s’interroge sur les raisons qui la poussaient à l’évoquer, quand ils en étaient à ce stade où on avait plutôt tendance à tout enrober, à tout romancer. « Je me demande plutôt comment elles fonctionneraient ensemble, la mienne, la tienne. Les émotions, les hormones, les pensées. Les unes déclenchent les autres, sans cesse. A quel point elles s’impacteraient l’une l’autre... » Était-ce la raison pour laquelle elle ressentait un tel pouvoir émaner de lui ? Il était dans son aura, dans sa confiance en lui, mais il était aussi dans ses tripes à elle, et ça, elle ne se l’expliquait pas. Tant de questions, si peu de réponses, en définitive. Plus la discussion avançait, et plus elles s’accumulaient.

Lia redescendit de son tabouret, soudainement inconfortable en hauteur. Sa main se saisit de la bière dont elle écoula une gorgée, puis partit à la recherche du paquet depuis trop peu de temps écarté. « Alors tu me laisserais la main sur tout… Pourquoi ? » Elle ralluma une cigarette, appréciant le claquement de la pierre, la flamme qui réchauffait la chair. Son regard retrouva le sien et ses yeux se plissèrent, guettant ses réactions et désormais, le moindre changement dans l’aura qui l’entourait, sombre, profonde, le genre qui aurait dû la faire fuir depuis longtemps. « Est-ce que c’sont des relents d’une galanterie chevaleresque bien que suicidaire, une provocation, ou… tu t’en fous juste d’te foutre en l’air ? »
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Eoghan Underwood
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⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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⛤ VENGEANCE ⛤

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"Before I die alone."

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Pseudo : Nero
Célébrité : Ian Somerhalder.
Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Mer 21 Juin - 18:10 (#)


I see bad times today
Il lui fallait déployer tout son sens commun pour empêcher la Rougeoyante d’aller fouiller à l’intérieur d’Odelia. Il voulait sentir l’impact de ses paroles sur elle. Il voulait comprendre la façon dont ses sens s’éveillaient. La proximité grandissante tissée entre eux deux ne lui suffisait plus. Il en voulait davantage. Maintenant. Une frustration continue le maintenait tendu, méfiant pour tout ce qui, autour d’eux, aurait pu venir perturber leur connexion naissante. Un simple serveur venu s’enquérir de nouvelles consommations de leur part se serait vu gratifier d’un regard monstrueux, à l’image de la fange qu’il couvait dans son antre et qui, telle une hydre immonde, n’aurait pas manqué de le faire refluer aussi sec. Cette possessivité à l’égard d’une proie qui valait bien plus que cela, il ne la combattait pas. Elle faisait partie du jeu. Elle rendait les muscles de son dos presque douloureux, dans l’attente d’une délivrance. Elle faisait naître une pluie de pensées disparates et toutes plus mutines les unes que les autres. Le spectre était large : entre la bienveillance induite par une danse future, et d’autres idées plus malsaines. Et lui, se berçait des contes qu’elle lui narrait ; potentialités qu’ils auraient tout le loisir d’explorer peut-être. Il se demanda ce que cela lui ferait, d’être dépossédé de ses propres émotions, remplacées par les siennes, par des créations fabriquées par les doigts féminins invisibles, mais capables de lui fourrer dans la tête et le cœur toute une somme d’étrangetés qui le rendaient curieux. En un réflexe familier, sa langue continuait de passer et repasser sous l’émail de ses dents, remplaçant un mouvement nerveux de sa jambe, ou le claquement de ses ongles courts contre la table, près des siens. Il ne la lâchait quasiment pas du regard. Il s’attardait sur la courbe d’une joue duveteuse. Sur le pavillon d’une oreille dessinée. Sur le tracé original d’un nez unique.

Et puis, elle reprit un peu de distance. En un élan jumeau, l’arcaniste se redressa légèrement, reprit sa bière à son tour, et but lui aussi pour étancher sa soif, ou du moins, l’une de celles qui pouvaient être facilement repues.

« Alors tu me laisserais la main sur tout… Pourquoi ? Est-ce que c’sont des relents d’une galanterie chevaleresque bien que suicidaire, une provocation, ou… tu t’en fous juste d’te foutre en l’air ? »

Il laissa un rire faire bruire l’air autour d’eux et, de nouveau à son image, décida de rallumer l’extrémité d’une Pall Mall. Il procéda avec des gestes plus précis, plus posés. Pourtant, il pouvait sentir l’extrémité de ses doigts frémir discrètement. L’excitation. « Y’a quoi d’chevaleresque, là-dedans ? » Il expira une longue bouffée grise au-dessus de leur tête, cependant que les yeux céruléens s’ancraient toujours aux siens. « Regarde-moi. J’fais rien pour la gloire. J’fais juste c’que j’ai envie de faire, quand j’peux le faire. J’suis pas un homme libre, loin d’là. Tu l’as d’jà compris, parce que t’es loin d’être conne. En revanche, c’qui se passe dans mon corps, dans ma tête, et avec ceux d’une partenaire que j’choisis… voilà où j’la trouve, ma liberté. » Il humecta ses lèvres, la considérant un instant avec une affection profonde. Elle se dévalorisait, semblait penser qu’elle ne parviendrait jamais à maîtriser totalement son pouvoir. Il désapprouvait cette conviction. Il poursuivit à voix basse, après avoir vérifié que personne ne tendait l’oreille dans leur direction. « Ta magie est longtemps restée en sommeil. Pour autant, tu as désormais tout pour la faire fructifier. Pour te l’approprier, et la laisser te posséder en retour. C’est le prix à payer. C’est le prix que nous devons tous payer. » Le sien était lourd. Parfois, il s’apparentait à une malédiction qui, en de rares occasions, devenait un don des dieux qu’il priait presque chaque jour. Ce tribut, il le portait avec une fierté qui irradiait, en cet instant. Elle rendait ses épaules plus carrées, son sourire plus serein, son regard plus profond. Il vibrait d’une force et d’une sérénité dont il aurait voulu lui faire partager les bienfaits. Sans tricher. Sans la toucher ni communiquer par le biais de la murène rouge, nageant toujours avec impatience dans ses veines. « La façon dont tu me parles d’elle me donne envie. De toi, bien sûr, mais d’elle aussi. De vous deux. Je suis curieux. Et tu me rends curieux. » Ses orbes s’évasèrent le temps d’une confidence, d’une nouvelle tirée sur sa cigarette. « Je ne prends jamais d’arcanistes pour partenaires. C’est trop délicat. Trop intime, parfois, dans le mauvais sens du terme. Ça vient surtout du fait que j’en connais pas tant que ça, autour de moi, qui ne font pas partie de ma famille ou de l’Irae. Quand on parle pas carrément d’autres factions auprès desquelles j’ai pas intérêt à tisser ce genre de liens trop étroits. »

D’une pichenette, il fit sauter un bout de cendres. « Toi, dans ce sens, t’es pure. Tu ne viens pas d’ici. Tu n’es pas encore une accomplie. Alors des arguments, je pourrais t’en donner des tonnes. J’pourrais te dire que tu as une personnalité qui me plaît. Que j’ai aimé la façon dont tu m’as tenu tête, ce soir-là. Parce que tu ne t’es pas enfuie, que tu as affronté la situation, et que grâce à ta collaboration, ton groupe comme le mien en sont sortis grandis. Je pourrais te dire que j’aime comment tu te fringues, et que tu es une jolie fille. Mais ce ne serait pas tout à fait la réalité. Ce ne serait pas assez, pour te faire comprendre. » Son esprit se mit à rôder autour du sien. Moins pour créer une atmosphère menaçante que pour lui abandonner une caresse délicate. Il ne rentrerait pas. Pas sans son accord. « Je te laisserais la main sur tout, ou du moins sur tout ce que je suis capable de te laisser, parce que j’aime expérimenter. Je le fais en permanence, sur moi-même. » Il tendit l’un de ses avant-bras, d’une pâleur presque égale à celle d’Odelia. Des cicatrices au tracé presque iridescent jouxtaient les traits rosés de marques plus fraîches. Plus récentes. « Je ne crois pas que tu me veuilles du mal. Et je suis sûr de parvenir à te stopper, à te contrer si je le devais. Si j’te sentais menaçante. Ce genre de choses, j’ai appris à le reconnaître. » Un prénom dansait dans sa mémoire. Un affrontement terrible, dont il pouvait encore sentir les stigmates, là où Elle avait enfoncé ses griffes. « J’suis pas suicidaire. Du moins, pas vraiment. Sinon, j’serais plus là. J’en ai eu des occasion d’me foutre en l’air. C’est pas encore mon heure. Si je devais me sentir agressé, si je sentais que tu allais trop loin… je serais capable de te dire stop. De te repousser, de gré ou de force. Ça ne veut pas dire que ça se finirait mal, ou douloureusement. Tout ça après tout, c’est qu’une histoire de consentement… » Il s’amusait des images qu’il propulsait dans leur échange, des comparaisons ou évocations loin de pouvoir fidèlement représenter ce qu’ils esquissaient, par leurs propositions timides. Il tira plus longuement sur le mégot dont la nicotine détendait ses nerfs et participait à émousser les émotions les plus acides ou rugueuses, en lui. Il n’aurait jamais pu prévoir le bien-être que lui procurerait ce qui ne s’était apparenté, au départ, qu’à un simple échange dans le cadre de leurs relations claniques. « Est-ce qu’à toi, ça te fait peur ? De prendre le contrôle ou, au contraire, de me le laisser ? »

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Louisiana Burning

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When witches don't fight, we burn
Odelia di Stasio
Odelia di Stasio
When witches don't fight, we burn
AB UNO DICE OMNES

En un mot : some ghost
Qui es-tu ? : Φ sorcière rouge de 29 ans, constamment en recherche de sensations fortes.
Φ offre son énergie à l'Arch, association ayant pour but d'accompagner les CESS dans leur intégration dans la ville. La fondatrice et chamane Yelena Tehrt, est son mentor.
Φ bien qu'elle l'ignore, fût élevée par des purificateurs. Ceux-ci ont tout fait pour dissimuler la vraie nature de sa magie. Bien que tentant désormais de combler les années perdues, sa maîtrise des arcanes reste instable.
Φ professeure de danse classique, anciennement en tournée avec une compagnie de ballet.
Φ installée à shreveport depuis 2013. habite actuellement mooringsport, à la frontière du triangle de foi.
Facultés : MANIPULATION DES ENERGIES VITALES
Φ Manipulation des émotions. Injection, détection, effacement, remplacement des émotions. maîtrisé
Φ Utilisation des émotions dans sa magie. plutôt bien maîtrisé
Φ Manipulation des auras. Modification, dissimulation de parties d'auras. très peu maîtrisé
______________

Φ Lecture d'auras. Emotion, race, inclinaison, forme d'un thérianthrope.
Φ Capable de sentir les esprits mais mal à l'aise avec tout ce qui y a trait.
Thème : We Are Gods - Audiomachine
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 Pose-dramatic
ASHES YOU WILL BE

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Crédits : Hekat
Ven 23 Juin - 14:25 (#)


I SEE TROUBLE ON THE WAY

Government Plaza
18 juin 2021



« J’suis pas un homme libre, loin d’là. » En effet, elle en avait conscience - un autre point couvert de mystère. Comment un homme comme lui se soumettait-il à tant de jougs ? Ou plutôt, pourquoi ? Qu’est-ce qui pouvait valoir le sacrifice de sa liberté ? Si vous le lui demandiez, à elle, sûrement rien. Pourtant, sa propre liberté n’était-elle pas qu’un artifice ? N’étaient-ils pas tous enchaînés, au fond, à quelqu’un, à quelque chose ? Doucement, le ciel se réchauffait, se parant de couleurs plus chaudes alors que le soleil entamait sa chute vers l’horizon. Elle ne pouvait s’empêcher de redouter l’apparition électrique de la lune qui ne manquait jamais de la soumettre à ses effets. Elle s’interrogea sur sa position ce soir-là et sa réponse la rasséréna quelque peu, autant qu’elle s’amusa de sa justesse dans ce qui se produisait déjà : elle venait de passer son premier quartier en Balance. Une fois de plus, l’astre avait frappé, l’avait subordonnée à ses lois cycliques inaltérables. Elle reposa ses iris sur l’homme qui répondait à sa bravade, et s’enquit à nouveau de ces traits qu’elle savait désormais former un tableau dont l’appréciation lui serait accrue en ce jour. C’était irrévocable : il était aussi beau qu’il était plein de charme, et c’était une combinaison rare. Si ce genre d’opinions étaient toujours modéré par une bonne part de subjectivité, elle n’avait aucun mal à voir les raisons qui avaient causé les prémisses de sa réputation. Elle ne serait pas mauvaise, et attribuerait son évolution à ses seuls talents, qu’elle pouvait deviner sans peine, source de la torture dont elle était l’objet alors.

« Pour te l’approprier, et la laisser te posséder en retour. C’est le prix à payer. » Elle frissonna. Ce n’était pas le désir sinueux qui ne cessait de grandir entre eux, cette fois. C’était sa magie qui grondait, réclamant son dû, cherchant à imposer sa loi. Cède. Trois ongles vinrent s’ancrer dans le creux de sa paume, creusant des demi-lunes dans la chair. C’était ce sifflement persistant, dans sa tête, dans tout son être. La certitude que tout serait plus simple, si elle la laissait faire. Et pourtant, cette crainte, indicible, incommensurable, à l’idée de lui laisser les armes. L’horreur à l’idée de voir les frontières du bien et du mal s’effacer, ses valeurs bafouées, sous le joug de l’appétit gargantuesque de son don qui pouvait à lui seul tout salir, tout altérer, grignotant jusqu’aux fondations de sa sanité. Il y avait toujours cette peur irrationnelle de l’enfant élevée dans les cercles religieux extrêmes, craignant de devenir outil du Malin, peu importe les années, les kilomètres, les évolutions amoncelées entre cette enfant et l’adulte qui se dressait - le sentiment demeurait, nourri par les souvenirs des manipulations les plus violentes des manifestations de cette capacité oppressée. Fais attention à ce que tu souhaites, aurait-elle pu lui hurler, si elle n’avait craint de se prendre trop au sérieux, de n’être finalement qu’intimidée par une force insignifiante pour un pratiquant d’une telle stature.

Une nouvelle bouffée. Du côté gauche, zygomatiques et sourcils se lièrent en une légère grimace de dégoût. Cette cigarette ne l’intéressait plus. Elle l’éloigna et l’écrasa dans le cendrier qu’ils avaient préalablement noirci. Elle avait cru en avoir envie, et s’était lamentablement trompée. Lia se demanda si c’était une sorte de mauvais présage, si elle devait y voir un rappel, ou quelque chose de cet ordre-là, mais décida que ça ne valait pas la peine de s’y brûler le crâne. Ses mots qui poursuivaient leur danse séductrice l’aidèrent à chasser bien rapidement cette pensée : elle s’amusa de la façon dont il avait réussi à faire sonner « force » et « consentement » ensemble, pratiquement, à quelques mots près. Irrévérencieuse, son regard affronta à nouveau le sien, provocateur en dépit d’elle-même, puis roula sur les épaules, les bras dans leur continuité, s’adonnant à des suppositions mentales sur la force que pourraient déployer ces muscles, paris enregistrés pour elle-même, jusqu’à retrouver une vision plus globale, apaiser la flamme féroce qui avait un instant animé ses prunelles. Ces dernières glissèrent finalement sur les poignets retournés, les mains qui les achevaient

Elle se perdit malgré elle entre ses cicatrices, dans les abysses d’un autre temps, subjuguée par les  lézardes dans lesquelles il la laissait se glisser. Qu’expérimentait-il ici ? Sa résistance à la douleur ? La fuite ? Son pouce glissa sur les parties de la chair qu’on lui offrait, celles qui se ridaient au moindre frôlement, déjà trop éprouvées. Sous ses doigts les scarifications du sorcier lui rappelèrent les siennes, se remémorant ces temps où elle cherchait comme elle pouvait à extraire ces émotions qu’elle ne comprenait pas, ne contrôlait pas, pour la simple raison qu’elles n’étaient pas siennes, étrangères dont elle ignorait la nature, s’insinuant en un corps qui les rejetait, enserrant un cœur qui les gerbait. La douleur physique apaisait celle de l’esprit. Un mal pour un bien. La honte, la perdition, la souffrance, le désespoir, tous s’entremêlaient et savouraient ce soulagement soudain, cet apaisement de l’esprit torturé. S’enfoncer plus loin encore dans la folie, s’embourber dans le masochisme. Peut-être ses raisons étaient-elles différentes. Elle ne doutait pas du fait, pourtant, que le ressenti serait similaire : leur nombre parlait de lui-même. Son propre poignet se retourna sur les marques qu’il portait en étendard, et elle constata avec un sourire apaisé que les siennes, entre le temps passé et les bracelets qui s’amoncelaient, n’étaient plus visibles pour l’œil ignorant. Elle se joua une seconde supplémentaire de l’effleurement de leurs doigts avant de les ramener plus près de son corps. Il était temps de retourner à la réalité.

Sa main droite se porta au pendentif métallique et froid – ou tout du moins la partie extérieure de celui-ci, celle qui n’était pas en contact constant avec la chair de son torse -, tandis que la gauche batifolait tour à tour avec la bordure soyeuse de la robe et la résille qu’elle recouvrait. Quelle était la question, déjà ? « Est-ce qu’à toi, ça te fait peur ? De prendre le contrôle ou, au contraire, de me le laisser ? »

Elle avait tant de peurs. Il ne les effleurait même pas. Ça la rassurait, malgré elle. Elle était tranquillisée par le fait qu’il ne la comprenne pas. Serait-ce les derniers instants où elle ressentirait cela ? Avait-elle raison de s’en satisfaire alors ? « J’essaye de contrôler assez d’choses comme ça dans ma vie sans devoir l’étendre à ma sexualité. » Juste une autre échappatoire, une autre porte de sortie, un autre itinéraire fuyant. Une mer dans laquelle on se plongeait et qu’on laissait nous engloutir. Le feu qui grandissait, crépitait, avalait tout sur son passage. Les sensations physiques apaisaient un mental en surchauffe. Elle l’embrassait, l’accueillait. Elle n’avait plus peur. Pour une raison qu’elle n’avait jamais vraiment compris, au plus il y avait de proximité avec son partenaire, au plus le contact physique avait de poids contre ses pensées. Ce n’était certainement pas quelque chose qu’elle avait vécu souvent, pourtant. Sa curiosité face aux hommes était rarement éveillée, machine bien – trop - rodée. Lorsqu’elle l’était, elle se lassait si rapidement. Les émotions finissaient par faire sens, devenir familières, s’affadir, et elle par perdre son intérêt. « Qu’est-ce que tu voulais dire, trop intime, dans l’mauvais sens du terme ? » s’enquit-elle, curieuse. La question resta malgré tout bloquée là, conclusion peu satisfaisante aux belles paroles qui avaient cherché à l’envelopper, toutes plus flatteuses et tentantes les unes que les autres. « Il n’y a peut-être peu d’enjeux pour toi… mais ça en a pour moi. » Elle ne venait pas d’ici. Elle n’était pas encore accomplie. Ce qui signifiait qu’elle avait encore tout à prouver. Mettre en danger leur collaboration avec l’Irae au profit de ses désirs lubriques ne serait certainement pas un mouvement des plus intelligents. Son regard se noya dans la bière que la chaleur rendait insipide bien trop vite. Probablement était-elle déjà prête pour quelque chose de plus fort, après tout.
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
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⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
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Lun 26 Juin - 3:30 (#)


I see bad times today
La moue dégoûtée qui passa fugitivement sur le visage d’Odelia ne lui échappa guère. Il remarqua qu’elle était loin d’avoir consumé l’entièreté de la tige qu’elle écrasait désormais presque hâtivement. Il se demanda si c’était l’overdose de tabac qui l’avait ainsi fait réagir, ou bien sa façon à lui de présenter une réalité on ne peut plus simple. Tellement accessible. Il n’attendait que de voir les doigts métaphysiques de la jeune femme se nouer enfin aux siens, acceptant de se laisser entraîner sur la voie qu’il lui offrait, presque sans vice. Il chercherait à assouvir sa curiosité, à éteindre l’éternel incendie de ses pulsions, certes, mais il ne lui voulait aucun mal. Il ne souhaitait pas la torturer avec un luxe de raffinement, n’attendait de lire aucune grimace trahissant ses douleurs. Il avait besoin d’un bref interlude de paix. Un seul. Il voulait célébrer son plein retour à Shreveport, par le biais d’une étreinte, d’une escapade hors de la réalité qui avait jonché ses derniers mois. Il avait besoin d’oublier ses retrouvailles désastreuses avec Lilas, des adieux qui lui avaient laissé un goût de sel et de merde sur la langue. Odelia était le pont qu’il rêvait de franchir pour passer enfin de l’autre côté. Ses ennuis seraient toujours là, lorsqu’il serait temps de rentrer chez lui. En attendant, il n’avait pas à égrener les heures, et cette parenthèse banale passée là, à boire et à fumer auprès d’elle, lui semblait représenter la quintessence d’une forme de bonheur ô combien convoitée par lui. Ainsi, il baissa brièvement les paupières. Peut-être en avait-il trop dit. Peut-être avait-il été trop loin. Ses antennes, maquillées par un contrôle soigneusement établi, auraient-elles pu le tromper ? Bien sûr que non. Il avait su reconnaître les picotements de désir qui les faisaient crépiter d’une chaleur commune, d’un intérêt siamois. Néanmoins, rien ne lui avait jamais promis qu’elle céderait à son chant. À ses promesses. Toutes les filles d’Eve ne se valaient pas. Et lui, chtonien par excellence, pouvait parfaitement redécouvrir la perpétuelle saveur de l’échec. Il inspira doucement un peu de l’air moite, humide et compact qui planait sur le boulevard, dissimulant une première goutte de déception qu’il pouvait sentir couler tout du long de sa colonne vertébrale. Tout n’était pas perdu, après tout. Il y avait ce regard de chat qu'elle lui lançait, perçant et déterminé, luisant d’une force qui avait de quoi détonner et contraster sérieusement avec l’aspect générale de la sorcière. Il aimait percevoir cette énergie bouillonnante, et n’attendait pas autre chose que d’en devenir l’un des potentiels réceptacles. Comme il se serait tenu parfaitement droit face à la vague de sa magie, de ses émotions, droit pour encaisser le rouleau dans un impact d’une brutalité libératrice. Se laisser noyer, entraîner par les courants, lutter juste assez pour ne pas mourir, mais accepter de se jeter dans ce puits d’inconnu à pieds joints, de lâcher prise ; rien pour s’assurer, ni cordage, ni balise. Était-elle encore trop jeune ? Comment était-il, presque dix ans plus tôt ? Assurément moins confiant en ses dons, en sa maîtrise… en l’autre. L’expérience des dernières années, la fréquentation d’autres CESS, sa proximité avec les immortels, avaient consacré son bagou, rendu sa progression plus fluide, plus chaloupée. Ainsi se proposait-il comme le guide de sa consoeur ; rien ne l’obligeait, toutefois, à l’accepter.

Il frissonna lorsque la pulpe d’un doigt fin et doux se promena sur les stigmates de ses expériences. Il guetta des questions qui ne vinrent pas, et se garda bien, à nouveau, de toute incursion mentale capable de le condamner par avance. Il pinça légèrement les lèvres, soumis à un soupçon d’attente supplémentaire qui, il l’espérait, lui vaudrait un jour de se réjouir d’avoir été suffisamment sage, à terme. Elle ne répondit qu’évasivement, la brièveté de ses réponses contrastant fort avec la longévité des siennes, qui avaient précédé. Ses prunelles avaient retrouvé une politesse, une tranquillité de façade, et la contemplaient fixement, mais sans se montrer trop lourdes. Tous les prétextes étaient bons pour s’évader, pour toucher là une voiture clinquante, ici un homme particulièrement bien habillé, ou encore là-bas, un panneau publicitaire dont les couleurs chatoyantes attiraient l’attention de tous les badauds dans son giron.

« Qu’est-ce que tu voulais dire, trop intime, dans l’mauvais sens du terme ? »

Il s’étonna que ce point-là soit mis en exergue. Ramenant un bras contre son torse, l’autre retrouvant de son coude l’appui de la table, son poing lâchement fermé vint faussement soutenir un menton au pli pensif. « Je me méfie de la plupart des arcanistes. Surtout les femmes. » Un temps, avant qu’un ricanement ne lui échappe. « Nah. C’est même pas vrai. J’me méfie autant des hommes que des femmes, en la matière. Ils se valent largement, dans l’domaine. J’parle de c’qui est d’te planter un couteau dans le dos, bien sûr. » Il s’enfila quelques gorgées de bière, cessant d’observer le visage de porcelaine au profit des coulées blanchâtres rampant mollement le long du verre. Il paraissait réfléchir, comme s’il se demandait si confier cette vérité était une réelle bonne idée. Reposant la pinte, il reprit sa pose, tira sur sa clope, puis haussa les épaules. « Disons que je fréquentais assez de sorcières dans ma vie privée pour avoir envie de créer d’autres liens de ce genre-là. Je supporte ma mère, ma cousine, mes tantes, parce que je n’ai pas le choix. Je leur suis lié par le sang. Alors dans ma vie de tous les jours, j’avais envie d’autre chose. De simplicité. » Un clin d’œil pétillant. « Les sorcières sont pas simples. » Il écrasa à son tour la Pall Mall entamée, pour mieux masser sa nuque rendue moite de sueur. « Et toi ? Tu veux m’parler des enjeux qui rentrent en compte, ce soir ? » Il était prêt à tout entendre, sincèrement intrigué par ce qui alimentait ses réserves. Pour la taquiner autant que pour préserver un brin de légèreté qui lui semblait primordial, un message télépathique s’échoua avec une délicatesse d’orfèvre, sur les rives du sanctuaire d’Odelia. « J’te plais pas.. ? »

D’un sourire carnassier, il évacua rapidement la plaisanterie pour maintenir un ton sérieux, jouant sur les deux tableaux en usant d’un doigté équivalent. « J’te l’ai dit, tout à l’heure. J’comprends. Que tu te méfies. J’inspire pas spécialement confiance. » Lilas. « De nous deux, je suppose que c’est toi qui a raison. » Le moment n’était pas encore passé. Pas encore. Mais la prudence de sa comparse le ramenait à une lucidité éclatante : d’un instant à l’autre, elle pouvait décider de mettre fin à leur échange, à ce qu’elle considérait peut-être comme une mascarade nocive pour elle et les siens. Il implora Baal et Ishtar de faire souffler un vent de convoitise que les deux Éveillés partageraient ensemble. De l’autre côté du boulevard, de la musique amplifiée fit brusquement exploser l’ambiance actuelle, et une clameur provenant des deux pans du Downtown amusa le Louisianais. Ils avaient choisi le bon soir, et une électricité douce et réjouissante planait désormais dans l’air.

Il se remit debout près d’elle, la surplombant sans s’amuser à briser, de nouveau, la faible distance entre eux par un contact direct. Il la laisserait venir, pour ne pas l’effaroucher. Pour ne pas risquer de la perdre trop vite.
« Est-ce que tu veux bouger ? » Cette nuit, Shreveport pouvait leur manger dans la main. Le terrain de jeu, immense, ne connaissait pas de limites. En ce début d’été, les heures à venir pouvaient arborer n’importe quelle teinte, à lui en donner le tournis. Pour autant, il n’aurait pas hésité à entraîner Odelia loin du tumulte, si elle en avait manifesté l’envie.

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When witches don't fight, we burn
Odelia di Stasio
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When witches don't fight, we burn
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En un mot : some ghost
Qui es-tu ? : Φ sorcière rouge de 29 ans, constamment en recherche de sensations fortes.
Φ offre son énergie à l'Arch, association ayant pour but d'accompagner les CESS dans leur intégration dans la ville. La fondatrice et chamane Yelena Tehrt, est son mentor.
Φ bien qu'elle l'ignore, fût élevée par des purificateurs. Ceux-ci ont tout fait pour dissimuler la vraie nature de sa magie. Bien que tentant désormais de combler les années perdues, sa maîtrise des arcanes reste instable.
Φ professeure de danse classique, anciennement en tournée avec une compagnie de ballet.
Φ installée à shreveport depuis 2013. habite actuellement mooringsport, à la frontière du triangle de foi.
Facultés : MANIPULATION DES ENERGIES VITALES
Φ Manipulation des émotions. Injection, détection, effacement, remplacement des émotions. maîtrisé
Φ Utilisation des émotions dans sa magie. plutôt bien maîtrisé
Φ Manipulation des auras. Modification, dissimulation de parties d'auras. très peu maîtrisé
______________

Φ Lecture d'auras. Emotion, race, inclinaison, forme d'un thérianthrope.
Φ Capable de sentir les esprits mais mal à l'aise avec tout ce qui y a trait.
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Pseudo : Hekat
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Ven 14 Juil - 19:27 (#)


I SEE TROUBLE ON THE WAY

Government Plaza
18 juin 2021



Elle évalua sa frustration comme on évalue la poussière sur un meuble. Elle écouta son explication sans broncher. A nouveau, elle vit miroiter dans ses prunelles l’enfance écrasée, amochée, au dos des éclats de vérité à la fugacité aveuglante qui tournoyaient. Lia regretta un instant le manque d’une intimité qui lui aurait permis de glisser ses doigts dans ses cheveux, presser la main quittée il y a peu, s’enquérir des détails de ces histoires qu’on ne faisait qu’effleurer. On investissait l’espace, dressait les pourtours de ce qui devait être. Les fondations, les murs, les fenêtres, les portes… leurs verrous.
Chaque contact avait un coût. La balance était trop fragile encore.
Sa voix résonna dans sa tête à nouveau et la boutade provoqua le roulement de ses yeux. C’était si étrange. Elle chercha à en mémoriser l’écho, afin de s’y familiariser.
Ses lèvres formèrent un « Bouh » qui ne fût pas prononcé, nourrissant un jeu pour lequel elle se prenait d’affection, alors qu’il en rajoutait. Son ego hurlait, défié par le sourire qu’il arborait. Ce n’était pas particulièrement le problème, et elle le soupçonnait de le savoir pertinemment. Il n’en demeurait pas moins qu’elle se délectait des virages qu’ils prenaient, des courants qui les emportaient d’une rive à l’autre. Eoghan n’avait pas l’air émotionnellement ennuyeux, et de la part d’une empathe, c’était le plus beau des compliments.
Il se lève à son tour. Si proche, elle lève la tête et prend conscience d’à quel point sa silhouette la domine. « Je te suis. » lui répond-elle, signalant par la même occasion qu’elle le laissait maître du choix de leur prochaine étape. Il avait fait claire sa volonté, et elle ne doutait pas de son habileté. Il n’avait pas cherché à cacher qu’il obtenait généralement ce qu’il voulait, qu’importe les moyens utilisés. Sûrement son sort avait-il été scellé quelques minutes plus tôt. Sûrement leur sort avait-il été scellé cette nuit-là. Par esprit de contradiction, elle se débattrait tout de même. C’était le moment de vérité, généralement : beaucoup rebroussaient chemin face aux obstacles qu’ils ne pouvaient contourner. Elle se préparait à l’éventualité de voir Eoghan reculer. Fort heureusement, elle se connaissait : elle n’était pas du genre à pleurer ce qui n’avait jamais existé.

Elle récupéra le minuscule sac à mains pendant au bout d'une chaîne qu'elle avait fait s'échoir sur le tabouret, finit ce qu'elle put de la bière qu'elle abandonnait. « Femmes, hommes, arcanistes, humains, garous… Du pareil au même, pour moi. » Sa mère. Son père. Sa sœur. Les fantômes des disparus s’étaient proclamés gardiens d’un cœur endurci. Bien entendu, tout était question de perspective : sûrement était-ce ainsi qu’ils la voyaient eux aussi, désormais – celle qui leur avait planté un couteau dans le dos. Il y avait eu tous ces autres, qui s’amoncelaient sur l’autel des suppliciés, tantôt délaissés par ennui, tantôt reconnus coupable de la même tricherie qui sans cesse s’en revenait sonner à ses oreilles. Peu importait l’énergie qu’elle déployait à l’éviter. Toujours, elle la retrouvait, la rattrapait, brisait, ravageait, terminait. Elle avait tenté de comprendre le sens de cette condamnation éternelle qu’elle venait de lui dévoiler, en vain. Ses desseins lui demeuraient inaccessibles encore, troubles pour cette âme inexpérimentée.

Elle lui avait emboîté le pas. L'atmosphère avait trouvé un calme nouveau qui se mêlait à l'euphorie des prémisses d'une soirée - il y avait toujours des éclats de voix et de musique surgissant de toutes parts, un bar croisé, un balcon, une fenêtre ouverte, un parc habité. Elle-même se laissait gagner par cette même euphorie, relativisait le poids des secrets que le jour dissimulait honteusement. « Parfois, juste après, ou au réveil, je les regarde et je me rends compte qu’il n’y a plus rien. Ce n’était pas vraiment moi qui avait envie d’eux. Ils n’étaient que des réceptacles, ils étaient ma fuite. Je sais que je ne les reverrai plus, ou pas avant d’en avoir à nouveau besoin. Là aussi, tu dois savoir de quoi je parle. » Elle confesse mais ne le regarde pas, se contente de fixer un point devant elle. La rouge savoure la caresse d’un air peinant à se rafraîchir, à défaut d’une autre. Les lumières se sont mises à transformer la ville. Elle lui a toujours trouvé deux faces si divergentes, l’une de l’autre. Le jour et la nuit. Shreveport faisait partie de ces villes qui donnaient sens à telle expression. Elle s’arrêta de justesse alors qu’une voiture passait en trombe au passage piéton. « Je ne peux pas me permettre cela avec toi. Qu’importe duquel de nous deux ça viendrait. Pour la même raison que tu ne touches pas à tes camarades de... tu sais. J'imagine. » Son regard alterne à nouveau entre ses traits et les pavés. Elle n’y croyait pas vraiment. Que cela arriverait. Des peurs qui s’agitaient, elle n’était pas celle qui la foudroyait réellement, simplement celle qui avait le plus de poids, l’imprudence qui pouvait susciter des regrets dont elle ne souhaitait s’embarrasser. Pourtant si celle-ci fondait, si elle pouvait l’écarter, elle savait qu’elle n’aurait probablement  plus trop de mal à faire taire ses sœurs, tout au moins durant le temps nécessaire. Elle pourrait ignorer les conséquences, plonger dans un pourpre qu’elle n’avait jamais totalement embrassé. Sa curiosité avait toujours été son plus vilain défaut, après tout. Déjà, il réussissait là où maints échouaient inlassablement. Ce soir, pourtant ? Elle n’aurait su statuer. Elle aimait prolonger leur badinage. Elle se souvenait de la pression crépitante du trop-plein, l’appréhension délicieuse qu’elle suscitait. Il avait aimé qu’elle lui tienne tête, ce soir-là ? Il était alors un autre homme, loin de ce faciès composé, maîtrisé. La chasse ne faisait que commencer. L’italienne était de celles qui aimaient les sentir frémir, perdre contenance face à l’attente subie, aux provocations multiples. Elle aimait voir les façades se craqueler, les masques tomber. Au bon moment - il tenait parfaitement le tempo, jusque-là.

Probablement avait-elle besoin de se prouver cela, puisque lorsque le second acte s’entamerait, elle ne doutait pas de finir sous sa coupe. Il savait, déjà. L’étendue de son expérience n’avait d’égale que son ignorance, à elle. Qu’il lui accorde la main mise n’était que l’illusion d’un pouvoir qu’elle ne posséderait absolument pas, et elle en avait pleinement conscience. Elle s’interrogea : était-ce la flamme fugace d’une allumette qui jamais n’atteindrait son objectif ou le souffle carnassier des enfers ?

La rue est pratiquement vide, aucun passant sur son chemin, et plus de route à l’horizon. Alors elle pivote, lui fait face, sa marche s’inversant. « Ca devait être rafraîchissant, la simplicité. » Qu’est-ce que tu fous là, Eoghan ? Il était encore temps de faire machine arrière. Tout pouvait s’envoler, et elle savait que chacun d’eux aurait l’élégance de faire comme si cela n’avait jamais existé.
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 KOVXegv I see trouble on the way • Odelia - Page 2 WZKlL7H I see trouble on the way • Odelia - Page 2 J8B1rxa

"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 ZfHtADc I see trouble on the way • Odelia - Page 2 Jq60QrG I see trouble on the way • Odelia - Page 2 MaP8TbX

"Before I die alone."

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 GIeraGW
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Lun 24 Juil - 4:58 (#)


I see bad times today
Elle, dans son sillage, ou si proche. Soulagé de pouvoir délier ses jambes, remontant le boulevard, l’ongle de son majeur aguichait sans cesse le bord de son pouce, menaçant sans cesse de soulever et triturer la peau fragile. C’était le seul signe. Le seul signe de nervosité qui s’accumulait doucement dans le poitrail du sorcier. Tout en se laissant porter par leur inertie, par leur allure calme contrastant avec celle d’autres passants, il prenait conscience de la frustration naissante menaçant de le faire bouillir à l’intérieur. Il aurait pu en sourire, un sourire amer mais résigné. S’il était loin de ressentir ce qu’il avait éprouvé en octobre 2019, il reconnut sans mal la pression dangereuse qui compactait peu à peu ses organes internes, mais aussi l’intérieur de son crâne. Plus retorse que le sang acculé par une veine, une artère enfoncées, la Rougeoyante s’en donnait à cœur joie pour nager et contaminer de ses mouvements sinueux chaque partie de lui. Il pouvait la sentir, depuis la pointe de ses orteils jusqu’à la racine de ses cheveux presque noirs, cette énergie vibrante, délicieuse, n’attendant que d’imploser dans un corps ou dans l’autre. Le Rouge était là, oui. Dévoré par l’envie de contaminer la silhouette de la sorcière dont la seule présence lui devenait de plus en plus indispensable, pour cette nuit. Lucide, l’arcaniste savait que l’écheveau de ses pensées n’était pas naturel. Son envie était réelle, émanant de sa volonté propre, mais quelque chose d’autre en gonflait les voiles, jusqu’à un stade qui pourrait, tôt ou tard, lui faire gagner celui d’une sorte de frénésie toute personnelle. Son désir contrecarré par la douce résistance d’Odelia n’en était ainsi que plus enflammé. Il la voulait, elle. Il ne serait pas capable de l’abandonner là pour repartir en une chasse vaine, se contentant d’une proie certes consentante, mais qui ne serait pas la sorcière-sœur aux mains cruor, qui se tenait sagement près de lui. Il admirait sa tenue. Cette allure, cette posture qui ne faiblissait pas. Elle s’était trahie par quelques menus détails, mais rien n’était venu entacher cette capacité à lui apposer un bouclier de verre ; lisse, parfait, capable de lui faire voir l’expression sereine et presque inébranlable qu’elle cultivait en son for(t) intérieur. Et lui ? Lui, restait fidèle à lui-même, clébard dépendant du démon qui était né en son sein, tant d’années auparavant. Chien fatigué d’errer, prêt à prendre maîtresse le temps d’une nuit, prêt à laper le creux de sa paume, d’une docilité de façade, et pourtant si sincère. Poser les armes. Être aimé par une autre éveillée. Se planquer derrière cette facette de lui acceptable : celle du nonchalant assumant toujours sans aucune difficulté qui il était, de bout en bout. La réalité était moins reluisante. Il ne voulait pas qu’elle la voie. Il ne voulait pas assister à l’éternelle déception qu’il paraissait toujours susciter chez ces autres qui lui accordaient attention, stupre ou patience. Rattrapé par cette malédiction qui lui rongeait les sangs, lui ne songea pas à un seul instant à reculer. Il la voulait. Il voulait lui céder autant que l’inverse. Il voulait remettre les rênes de son contrôle entre les paumes de sa cadette, pour mieux les lui reprendre, la tordant et la moulant à sa concupiscence, lui faire toucher du doigt toute la beauté de la murène avide de s’infiltrer en elle. Ils étaient toujours deux, quand l’acmé était là. Toujours deux à piller les ventres et les gorges de leur flèche impériale, apollonide.

Il aurait voulu se secouer de tout ce qui crépitait et bourdonnait autour de sa tête. Il y parvint, battant plus fort des paupières un instant, et quelques paillettes noires obscurcirent sa vision tandis qu’il reprenait pied pour de bon sur le béton du trottoir. Il redevenait accessible à la mélodie nocturne, aux rayons qui s’attardaient, aux murs qui se coloraient enfin d’autre chose que de la tristesse des parois grises ; juste de quoi se gorger de lumière avant les ombres qui s’étendaient désormais rapidement. La vie lui parut douce ce soir, et les tiraillements qu’il éprouvait n’enlevaient rien à cette sensation délicieuse. Il fantasmait, rêvait de se saisir d’elle, de sentir son flanc pressé contre le sien. De nouveau, il se sentit tiré par ses chants des sirènes, qui menaçaient de l’arracher au bruit des moteurs roulant non loin d’eux, aux voix palabrant des discours incompréhensibles pour les ouïes du sorcier. Une seule prédominait, claire comme de l’eau, capable de se frayer un chemin parmi la mélasse de ses délires. Il entendit tout.

« Parfois, juste après, ou au réveil, je les regarde et je me rends compte qu’il n’y a plus rien. Ce n’était pas vraiment moi qui avait envie d’eux. Ils n’étaient que des réceptacles, ils étaient ma fuite. Je sais que je ne les reverrai plus, ou pas avant d’en avoir à nouveau besoin. Là aussi, tu dois savoir de quoi je parle. »

Fusillé.
Il laissa longtemps ses mots planer dans l’air ambiant, se les répéta maintes et maintes fois, jusqu’à se les approprier tout à fait. C’était si facile. C’était incroyable. Odelia, fabuleuse Odelia qui ne faisait que confirmer le pourquoi de cette appétence si particulière, cette cible dont il avait décidé d’orner les tempes féminines telle une couronne d’épines dont il ne craignait pas les écorchures.

Lorsqu’il ancra ses prunelles de nouveau dans les siennes, il se demanda comment ils étaient arrivés là sans qu’il ne s’en fut aperçu.  
Il n’avait rien vu de leur cheminement réel. Il lui semblait redécouvrir la rue qu’ils avaient emprunté pour s’éloigner du cœur du Downtown, préférant les blocs plus distants de la grande voie. Seuls. Et elle, cette volte-face lui permettant de la regarder droit dans les yeux, lui parurent agir comme au ralenti. Il eut la sensation de voir une couche d’air déplacée par ce mouvement respirant la grâce, l’atteindre et le traverser, tandis qu’il continuait de marcher vers elle, ne changeant rien à sa démarche.

« Ca devait être rafraîchissant, la simplicité. »

Son sourire. Son sourire devint indescriptible, et lui-même n’aurait jamais su comment arborer une expression pareille. Compréhension, adoration, prédation et complicité formidablement emmêlées. Il répondit, comme s’il s’agissait d’une chorégraphie maintes fois répétée, d’un texte ciselé des nuits entières par la plume d’un auteur :

« Je suppose que tout a une fin. »

La simplicité. Quand sa vie avait-elle été simple ? La réponse était là encore évidente : jamais. De par sa nature même, il courait après une existence paisible qui ne voulait pas de lui. Construit pour s’imbriquer dans les vies des autres sans jamais pouvoir y demeurer, élevé pour atteindre des idéaux d’une noirceur incommensurable, mais aussi façonné par les bontés des dernières bonnes âmes de la Louisiane, il était incapable de se contenter d’une seule voie. Il le savait. Il l’avait toujours su. Il répéta alors presque mot pour mot, pesant chaque syllabe comme s’il psalmodiait :

« Parfois, juste après, ou au réveil, je les regarde et je me rends compte qu’il n’y a plus rien. Ce n’était pas vraiment moi qui avais envie d’elles. Elles n’étaient que des réceptacles, elles étaient ma fuite. Je sais que je ne les reverrai plus, ou pas avant d’en avoir à nouveau besoin. »

L’entendra-t-elle ? Quelque part, perdue au creux des phrases, ce hurlement silencieux, cette craquelure dangereuse, fissure annonçant un effondrement, tôt ou tard ? Elle n’était pas destinée à la combler, à la réparer. Il n’était même pas sûr de vouloir qu’elle la repère, qu’elle la distingue. Toujours préserver l’image. Il voulait lui plaire. Il voulait qu’elle le voie comme un roc inébranlable, qu’aucune avalanche, aucune chute de pierre ne viendrait diminuer. Il ne voulait pas lire la pitié, le mépris, le dégoût ni l’incertitude. Tant pour son orgueil que pour ce besoin de se convaincre qu’il maintenait son cap, Eoghan oscillait entre le bon et le mauvais, entre ce besoin de s’approprier son affection, de la voir le réclamer, de ne pas faire partie de ces autres, qui n’étaient plus rien.

Il finit par s’arrêter. Il réfléchissait. Brutalement honnête, il affirma : « Ta clairvoyance est aussi précieuse que dangereuse. J’suppose que j’t’apprends rien. » Odelia avait appris à lire les gens, il le devinait. Son travail auprès de l’Arch n’était pas anodin, dans cette habilité à décrypter, à toucher du doigt certains détails parmi les plus importants des hommes et des femmes qu’elle côtoyait. Une nouvelle fois, le télépathe tissa un fil entre eux deux, déposant quelques mots n’attendant nulle réponse, mais un aveu innocent. « J’ai envie de te garder pour moi. J’veux pas de gens autour. » Il était heureux de ce recoin de solitude, au beau milieu de la grande ville. Pour autant, il l’aurait traînée dans n’importe quel bouge bondé de monde, si elle avait voulu les perdre dans une masse d’inconnus. Pour ne plus avoir à l’entendre uniquement lui. Et d’ailleurs…

Il inclina la tête légèrement, ses mires toujours dans les siennes.

« Sauf si tu n’aimes pas le faire en public, ou dehors… Regarde-moi. Regarde-moi avec Eux. Dis-moi ce que tu vois. » Ta magie. Ton don.  

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Φ offre son énergie à l'Arch, association ayant pour but d'accompagner les CESS dans leur intégration dans la ville. La fondatrice et chamane Yelena Tehrt, est son mentor.
Φ bien qu'elle l'ignore, fût élevée par des purificateurs. Ceux-ci ont tout fait pour dissimuler la vraie nature de sa magie. Bien que tentant désormais de combler les années perdues, sa maîtrise des arcanes reste instable.
Φ professeure de danse classique, anciennement en tournée avec une compagnie de ballet.
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Φ Utilisation des émotions dans sa magie. plutôt bien maîtrisé
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______________

Φ Lecture d'auras. Emotion, race, inclinaison, forme d'un thérianthrope.
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Mar 25 Juil - 9:22 (#)


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Eoghan s’était perdu, quelque part dans sa psyché. Elle faisait de son mieux pour préserver l’intimité de ses pensées, alors que le Rouge le réclamait de plus en plus fort. Pour être parfaitement honnête, sa simple curiosité, dans tout ce qu’elle avait de plus ordinaire et humaine, elle-même, le réclamait. Elle faisait encore l’effort de bien se tenir. Contrôle, clamait-il.

Elle l’écouta se faire miroir de sa personne. Cela lui avait pris quelques temps et de nombreuses divagations. Elle resta sur ses gardes, alors : reprendre les mots de son interlocuteur était en réalité une technique connue pour faire son effet. La démangeaison se fit plus oppressante.

Sans crier gare, il interrompit sa marche. Quand il prit la parole, elle comprit qu’il en attendait autant d’elle, et s’exécuta. Il confirma bientôt mentalement sa supposition. Elle se surprit à commencer à apprécier les pressions mentales que son jumeau de couleur apposait sur son esprit, autant pour leur contenu que par la proximité qu’ils instauraient.

L’un de ses sourcils s’étira vers le haut lorsqu’il prononça les premiers mots de la phrase suivante. La suite lui fit dégager la tête sur le côté, rompant le contact visuel avec la cible redoutée, tandis qu’un léger soupir s’échappait d’entre ses lèvres. « Eoghan... » Son regard glissa sur la rue pour le moment déserte, cherchant un renfoncement qui la soustrairait à la vision d’un éventuel intrus. Elle abandonna. Elle baissa les armes, simplement. Pour le moment. Elle sentait la fatigue la gagner à l’idée de le combattre, non seulement parce qu’il ignorait – probablement on ne peut plus consciemment – ses arguments, mais parce qu’au fond d’elle, elle ne pouvait se défaire de ce sentiment que leur rencontre avait quelque chose de providentiel, de figé, ou l’écho d’un temps passé, ou un éclat de futur égaré dans l’espace-temps. Le genre de choses qu’elle ne pouvait pas vraiment expliquer, parce que magie ou pas, ce  n’était pas pour autant explicable. Il lui faudrait retrouver des forces, pour nourrir sa résistance, si toutefois elle venait à lui manquer. Elle s’accota alors au mur le plus proche – il ne fallait pas aller chercher bien loin. Sa tête roula sur la pierre, ses lèvres s’entrouvrirent, et ses iris ajustèrent leur angle, recherchant à nouveau naturellement les siens. « Me dire que mon don est dangereux, m’attirer dans une ruelle déserte et me demander ce que je vois de toi… Heureusement que j’sais m’défendre, parce que je suis pas sûre que ça t’plaise. » Ses défenses étaient sûrement bien plus pauvres que les siennes, de la même manière qu’il devait être meilleur chasseur qu’elle, mais il fallait bien garder la face. Peu importait qu’elle arrive à le faire flancher un peu, l’amener sur le chemin où elle souhaitait le trouver, susciter exactement la réaction appropriée afin de le posséder un peu plus encore, le lier plus fort : elle n’aurait probablement pas le dernier mot, elle le savait. Pourtant comme ce soir-là, cela valait la peine d’être essayé. Doucement, elle se laissait prendre par la même défiance, pas de celles qui craignaient, mais de celles qui provoquaient. Dirigées vers lui, elles avaient une saveur toute particulière. Jusqu’où me voudras-tu ? Lequel de nous deux abandonnera le premier ? Qui finira le plus en danger ? Elle prit une profonde inspiration avant d’activer les lentilles qu’elle évitait toujours d’apposer, près de lui. Elle savait que la scène n’était pas des plus colorées, ni des plus joyeuses. S’il y avait bien plus sombre, bien plus terrifiant, bien plus glaçant, elle n’en demeurait pas moins équivoque, pour qui avait habitude de flirter avec les subtilités des auras. « Ton aura est différente, elle. C’est saturé de pouvoir et de magie, de mort et de sang. Coagulé, comme une croûte sur ce tableau mouvant, frétillant lentement. Une brume sinistre que je ne saurai identifier, qui n’était pas là le soir où je t’ai rencontré. Il y a… Tellement de choses sombres et cadenassées, trop complexes à discerner pour moi. La fatigue. L’arrogance. L’ambition. Ta foi, aussi, je ne sais pas en quoi, mais c’est là, bien présent, consommée par la brume. Recouvrant le tout, le filtre du Rouge, juste… magnifique. Connecté à tout, partout, nourrissant et se nourrissant de tout. » Sûrement était-ce la manifestation de ce qu’il avait avancé plus tôt :  Elle le possédait tout entier. « … Et au centre, une lueur qui fait de la résistance, clignotante, étouffée. » L’enfant oublié, l’humain qu’elle avait senti si vivement sous les ventouses. Celle à laquelle elle se raccrochait.

Sa jambe se replia, la Doc heurtant le mur, et ses bras se croisèrent, cintrant la robe sous la poitrine. Elle ne voulait pas savoir. Elle lui en voulait un peu, de l’obliger à y faire face. Il y avait bien une fascination morbide, en elle, pour tout ce qu’il représentait, était, dégageait. Ces ténèbres qui vivaient en lui, ensevelissaient tout ce qu’il leur laissait toucher, en son nom à Elle. La sorcière se demandait si cet attrait venait de ce qu’ils faisaient écho aux siens : ses ténèbres à elle, muselés, réprimés, auxquels Odelia ne laissait pas une chance de grandir, quitte à se diminuer, elle aussi. Etait-ce donc si grave, alors ? Avait-elle raison de se battre si fort ? Elle le regardait lui, et elle doutait.

Des éclats de voix, au bout de la rue, alpaguèrent son attention un instant. Elle se détourna pour vérifier si l’on venait de leur côté, mais les jeunes gens croisèrent la perpendiculaire sans les voir, ne faisant que polluer l’air de leurs jurons et d’une odeur d’herbe qu’elle savait apprécier. La dépénalisation récente se célébrait encore dans le quartier.

Ils disparurent, les braillements s’éloignèrent, et elle reporta toute son attention sur cet homme dont elle venait de gratter la surface énergétique. « Tes émotions sont… autre chose. » Les tentacules s’étaient mises à s’agiter, conscientes que leur maîtresse les relâchait, qu’il était l’heure de se défouler. De loin, elles faisaient connaissance avec leur nouvelle cible, friandise délicieuse dont elles souhaitaient se repaître depuis un moment, léchant le sucre cristallisé de sa carapace. L’empathe se détacha lentement du mur pour le rejoindre, les bras reprirent position le long de son corps un instant, et elle ne releva les yeux vers lui qu’alors que sa main avait atteint la hauteur de son torse, la laissant ici en suspens une seconde, le prévenant silencieusement du contact à venir destiné à limiter son effort. Immédiatement, les bras invisibles glissèrent, s’emparèrent, creusèrent. « Il y a la même violence, la même dualité, mais c’est beaucoup plus vif, beaucoup plus clinquant. Beaucoup plus vivant. » L’afflux de cette vitalité étrangère fit vrombir son crâne. Les forets, eux inarrêtables, remontèrent le long de la concupiscence, s’enfoncèrent sous la vanité à la recherche de ses initiateurs. Les ongles grattèrent légèrement le tissu alors que sa paume le pressait un peu plus intensément. « L’arrière-goût du Rouge, partout. Peu de demi-teintes. Tout et son contraire. Je sens ton ego qui crie, ton désir, ton contrôle pratiquement implacable… Autant que ton désir d’abandon, ton besoin d’affection… T’as rien de simple non plus, Eoghan. Je sens mais je ne comprends pas. Et si je ne comprends pas, je ne peux pas prévoir. Ca, c’est ce que je trouve rafraîchissant. » Alors tout devient beaucoup plus intéressant. Tout ce temps, ses pupilles cherchent des réponses dans les siennes, tâtent du bout des appendices les émotions que l’énonciation pourrait faire naître.

« Mais je ne crois pas que ma magie ait été faite pour voir ou être dite. » Elle n’aimait pas particulièrement ça, par ailleurs. Elle trouvait que les mots pouvaient être trop aisément manipulés, ne couvraient jamais réellement ce qui devait être dit. Mais là encore, ce n’était pas son langage, à elle : ni ce en quoi elle avait confiance, ni ce en quoi elle brillait. Elle hésita un instant. Elle voulait lui montrer. Ne lui avait-il pas donné le feu vert, après tout ? Pourtant, elle sentait qu’elle avait déjà été si loin. Les tentacules s’étaient résorbées, et elle gardait encore son goût en elle, parfumant son être entier. Elle chassa sèchement ses craintes : il était trop tard pour s’épuiser à réfléchir aussi intensément. La nuit était là, jetant sur ses maudits enfants une lumière blanche, virginale, innocente, les rappelant à leur nature profonde, enfouie sous le glas des faux-semblants. Alors elle le connecta à son tour, créant un pont entre leurs êtres tandis qu’elle se concentrait sur ce qu’elle voyait de lui, elle, non sa magie. Elle distilla en lui chacune de ses sources, lentement, afin qu’il puisse en discerner les différentes nuances : la tendresse qu’elle avait pour lui, d’abord, suivie de sa fascination incontestée, qui allait déjà vers tant de pans d’une personnalité pourtant si peu explorée, seulement entravée par un réalisme se nourrissant d’arrogance et de noirceur. Puis sa crainte, respectueuse, soumise, qui n’avait probablement pour limite que l’essence même de son être, intouchable, imperméable encore, farouche à l’approche. Cette envie de le protéger et de se réfugier près de lui tout à la fois. Le mysticisme, le pouvoir, la curiosité attisée. Enfin, quand elle fût certaine de n’avoir rien laissé de côté, elle le laissa goûter à son désir - sa main chuta jusqu’à la ceinture de son jean, s’étira sur l’iliaque de la hanche et déclencha une décharge électrique dont l’intensité recouvrit tout le reste, vous prenant jusqu’à la gorge, entravant le passage d’un air nécessaire. Un sourire doux étira ses lèvres. Sous l’effort et l’émotion, sa respiration était presque coupée. « J’peux pas te laisser te prendre trop au sérieux, tu sais. » Une à une, elle relâcha les barrières qui isolaient ce qu’elle ressentait pour lui du reste de ses sensations. En quelques heures, à son contact, à celui de tous ceux qu’ils avaient croisés, le grondement s’était fait plus intense, la charge plus lourde. Elle gardait de chacun une trace, se cumulant dans ses poumons, dans sa gorge, dans son crâne et son bas-ventre, sur ses épaules, entre ses tripes, enserrant son cœur jusqu’à créer sa bête à elle, si difficile à contenir qu’elle faisait peu de cas de sa maîtrise. Etoufferas-tu, toi aussi? Non, elle n’était pas en contrôle, mais suffisamment pourtant pour tenter de lui faire goûter l’intérêt qu’elle éprouvait, priant pour qu’il ne s’enorgueillisse pas pour autant d’une intensité qu’elle retrouvait en tout ce qui la constituait. Elle brisa à la fois le lien et le contact physique, se reculant lentement jusqu’à atteindre une paroi froide, bonheur choquant pour sa peau bouillante qui se hérissa au contact de la pierre lisse. Retour à la réalité. Ses yeux restèrent rivés un instant sur le sol bétonné, reprenant leurs marques hors de l’univers tout en émotions qu’elle leur avait dessiné. Le décor tremblait quelque peu : l’effort n’était pas anodin, mais elle pouvait se le permettre, certainement. Elle observait avec calme sa respiration qui reprenait peu à peu son rythme habituel, tandis que ses pupilles légèrement hagardes partaient s’enquérir du moment de vérité, ayant du mal à réaliser encore qu’elle venait de se partager comme rarement elle avait pu le faire.

On prenait des habitudes pour une raison.
Avec le temps, la raison se perdait.
A nouveau, on risquait.
Souvent, on trébuchait.
Alors, on se rappelait.

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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
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⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 ZfHtADc I see trouble on the way • Odelia - Page 2 Jq60QrG I see trouble on the way • Odelia - Page 2 MaP8TbX

"Before I die alone."

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Pseudo : Nero
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Sam 29 Juil - 1:40 (#)


I see bad times today
Les gens n’avaient jamais su prononcer correctement les syllabes de son prénom.
Il y avait eu l’articulation rigoriste de sa grand-mère, Julianna gaëlique jusqu’au bout des ongles, et qui jamais n’aurait renié le caractère abrupt du sème, à la fois ironique, cruel et pourtant si réel : « Bien-né. »
Il y avait eu l’attendrissement à peine perceptible de sa mère, Sylia comprenant que les vieux usages ne survivraient pas aux accents dévoyés et à la facilité assumée de son époque.
Et puis il y avait eu tous les autres. Incapables de le nommer autrement qu'en suivant le chemin tracé par chacune des lettres, les unes après les autres. La raideur de son patronyme s’était changée en une sinuosité chantante, que les hommes aboyaient sans méfiance, que certaines femmes aimaient gémir pendant l’amour, ou que d’autres crachaient au même titre qu’un glaviot, à leurs pieds.

Néanmoins, il devait reconnaître une chose à la foule de gens connus et moins connus qui le hélaient ou l’interpellaient sans se poser de questions sur la dite prononciation : tous apportaient leur touche, leur hésitation, leur certitude. En s’appropriant son prénom, ils s’appropriaient presque une part de lui, donnant une touche de couleur, une nuance particulière pour chaque individu. C’était la première fois qu’il découvrait celle d’Odelia. Lorsque la jeune femme soupira, il ne put s’empêcher de trembler légèrement, frémissement vite absorbé par sa respiration lourde, intense mais encore régulière. Il aurait voulu qu’elle le soupire encore, il aurait voulu l’entendre le chanter au creux de son oreille, s’enorgueillir de ses plaintes et clameurs au fur et à mesure que ses paumes se feraient plus possessives contre ses hanches et ses reins. Au fur et à mesure qu’il la laisserait l’absorber, le prendre dans son ventre et l’enfermer dans la prison étroite et bouillante dans laquelle il n’aspirait qu’à plonger, sans aucun égard pour une ambiguïté stupide. D’un seul murmure, elle parvenait à créer ces tableaux éphémères et illusoires, fumerolles pareilles à des mirages dont il se moquait de leur caractère évanescent et trompeur. Odelia lui offrait une porte de sortie à sa réalité, une échappatoire dont il n’aurait rien voulu d’autre qu’emprunter la voie dorée, la suivre, sa main dans la sienne, et embrasser une parenthèse pareille à celle qu’il avait éprouvé pendant ces derniers mois, à la Nouvelle-Orléans.

L’abandon de la sorcière le plongea dans un trouble plus grand. Lui la fixait toujours. Il observait tout. La façon dont ses vêtements soulignaient sa silhouette, l’arrière de son crâne trahissant la lassitude que ses simagrées pouvaient instiller en elle, le besoin de lâcher prise aussi, peut-être. Au moins un peu. Il se contenta d’esquisser un sourire, un de plus, devant des inquiétudes qui, à ses yeux, n’avaient pas lieu d’être. Peut-être était-elle soucieuse qu’un dérapage se produise ; pas lui. Il vouait une confiance aussi étrange qu’aveugle en l’arcaniste : il était certain, lui, de pouvoir parer à toute éventualité si l’usage de ses pouvoirs dépassait la limite qu’il leur autoriserait. Dans la mesure où une telle limite existait. Joueur, avide de pouvoir croiser le fer de son essence avec celle de sa consoeur, il rêvait de se sentir secoué, ébranlé dans ses convictions, découvrant toute une nouvelle panoplie de sensations qu’aucune avant elle ne lui avait jamais fait connaître. Elle le croyait prédateur, et sans doute avait-elle raison, en partie. Cependant, aucune velléité agressive n’agitait la murène écarlate, pour l'heure. Il ne rêvait pas de la crucifier comme il aurait pu le vouloir à l’égard d’autres femmes. Instable sur ce plan, il ignorait combien de temps cette bienveillance profonde durerait. Le plus longtemps possible, il l’espérait. Car une part de lui ne souhaitait pas abîmer Odelia. Il la voulait sienne, la voulait tordue à sa poigne, mais dans un état malléable qu’elle aurait réclamé à corps et à cris, pas victime d’une suprématie à laquelle elle se serait pliée par crainte de potentielles représailles. Il avait à peine conscience du grand-huit créé par leurs dispositions l’un envers l’autre, à la fois d’une régularité impressionnante, mais aussi d’une perpétuelle boucle aussi protéiforme que remarquable. Si elle était démangée de son côté, il ne valait pas mieux du sien : l’envie d’aller fouiller dans son crâne, de lui extirper ses pensées les plus intimes le concernant, mettait à rude épreuve l’éducation et le code d’honneur qui lui avaient été inculqués par sa mère.

Il attendait.
Et il ne fut pas déçu.

Il se surprit à appréhender. Pourquoi ? Toujours cette peur du jugement, de se voir défini comme un être malfaisant, sans passé valable ni avenir décent. Un sorcier qu’on aurait voulu fuir, dont on aurait voulu s’éloigner à tout prix des vents putrides d’une destinée incertaine, des spectres hurlant s’échappant de chacune de ses plaies, nombreuses et purulentes. Comment une femme comme elle, ouverte, lumineuse et bien plantée dans le sol de ses convictions, pouvait décemment rechercher une compagnie comme de la sienne ? Il s’esclaffa en silence, dans la solitude de ses pensées.

Toujours les mêmes questions.
Toujours les mêmes réponses.


C’était toujours la même chose.

Marlow.
Lilas.
Nephtys.
Victoria.
Evangeline.

Toutes, toutes, toutes, esquissées en des traits forcément graciles, forcément vertueux.
La vérité était ailleurs, et il la connaissait sans détour. Il savait, que derrière les joues pleines et rondes, derrière la peau fraîche et tendre, derrière leur vigueur, leur sourire, leurs récriminations, leurs larmes, leurs caprices, tout un empire de contradictions, de paradoxes, de péchés, de fautes commises, d’égoïsme, résidait en elles au même titre qu’en lui.

Il savait.

Il n’était pas pire qu’un autre.
Il était simplement capable, lui, d’aller jusqu’au bout de ses folies. De brandir la lame et de l’enfoncer dans le ventre de ses ennemis, quand tant de grandes gueules ou de langues affûtées se contentaient de persiffler et de déverser leur venin finalement inoffensif dans le calice creusé par l’acide de leurs conversations inavouées, inavouables.

Alors il se donna à elle, sans concession.
Comme il aurait pu le faire sous ses draps.
Elle déclama, pythique, décortiquant, effeuillant conque après conque ce qui constituait l’écorce de l’homme qui se tenait face à elle, parfaitement immobile. Même son souffle s’était encore ralenti, au point de faire paraître son torse comme figé. Il retenait sa respiration, se laissait étouffer sans protester. Il l’écoutait. Il voulait se gorger de chaque mot, chaque terme, attentif à la façon dont elle les énonçait, au choix qu’il espérait précis, affûté, autant que l’étaient ses propres antennes surnaturelles. Ses humeurs clignotaient sans cesse, passant de la curiosité à la stupeur, de l’amusement à l’émotion. Il se sentit gêné, ne croyant pas mériter certains qualificatifs dont il ne revendiquait néanmoins guère la paternité. Dans ces moments-là, ces rares moments où l’on couronnait d’admiration ou de déférence sa propre magie, il traitait cette dernière comme un personnage à part entière : une entité totalement détachée de lui. Il se sentait incapable de rester lucide, de se souvenir qu’ils n’étaient qu’un comme ils ne formaient qu’un duo-tout, éternellement liés l’un à l’autre. Et comme si le monde lui-même avait voulu respecter cet instant prophétique, aucun passant, aucune distraction sonore, rien ne vint interrompre le fil de ce discours. Il frissonnait, songeant en effet parfois à l’enfant qu’il avait abandonné derrière lui, tout en essayant vaille que vaille de le faire vivoter dans une partie cachée, inaccessible à tous, même aux rares élus qui détenaient sa pleine confiance. Qu’Odelia puisse le percevoir avec une telle finesse en disait long sur la délicatesse de son don comme sur celle de son hôte.

Elle s’approcha, et il ne bougea pas davantage.
Elle apposa sa main sur lui, sans qu’il ne paraisse dérangé par le contact. Il comprenait. Pour lui aussi, la connexion avait toujours été rendue plus aisée par la proximité immédiate et physique. Il ferma les yeux, malgré son désir de la regarder d’aussi près. Il continuait de se laisser baigner par ses paroles fécondes, se découvrant extraordinairement sensible au grain apaisant de sa voix. Il aurait voulu qu’elle ne cesse jamais de lui parler. Il aurait voulu pouvoir recueillir le timbre de sa voix, le glissant dans un recoin de sa mémoire afin de pouvoir l’écouter à loisir, chaque fois que le besoin s’en serait fait sentir. Il aurait voulu l’entendre dans les moments les plus noirs comme plus légers. Il y avait quelque chose de rassurant, de maternel, d’enfantin et de malicieux, dans la voix de l’Italienne. Le genre de voix qu’on n’oublie pas, jamais. Que même l’oubli et la Mort ne parviennent pas à arracher d’une réminiscence. Trop ancrée. Comme s’il avait senti le besoin de sa comparse de trouver son regard, le sorcier le lui rendit, et avec lui, la validation silencieuse. Rien n’était faux. Absolument rien. Déshabillé totalement, l’expérience le laisserait vulnérable, et cependant il n’avait pas l’impression de lui offrir son flanc nu. Il était encore debout. Et il n’était pas une victime. Détenant toujours les clefs de son destin en main, il s’accrochait à cette fierté que lui avait léguée son père, et qui, même dans les moments de déchéance, n’avait jamais complètement disparu.

« Mais je ne crois pas que ma magie ait été faite pour voir ou être dite. »

Il aimait cette sentence, née d’un esprit délié, au niveau de conscience élevé ; probablement bien plus que le sien.
Lorsqu’elle établit le dernier lien le plus structurant entre eux deux, il fut pris au dépourvu, mais ne chercha pas à résister à l’étreinte qu’elle lui donnait. Pour une fois, ce fut à son tour de ne pas se débattre, d’accepter de nouer de lui-même, au moins en partie, l’écheveau dont elle avait tissé la plus grande mesure. Il contempla, ébahi, les émotions d’Odelia à son égard. Les unes après les autres, décryptant tout, comme il aurait lu avec avidité et concupiscence les écrits d’un carnet intime, donnés à consulter en pleine confiance. À son tour, elle se dévoilait, avec une honnêteté si éclatante qu’il se sentit prêt à rire, rire d’une sorte de bonheur stupide ; débordement et ravissement de s’apercevoir à ce point comme certaines de ses craintes s’avéraient bel et bien infondées. Il manqua ensuite de laisser échapper une plainte quand la paume fluette s’échoua près de la ceinture d’Apollon, et qu’un éclair pareil à ceux que la Rougeoyante devait dispenser surgit pour le frapper de plein fouet. Ses lèvres s’entrouvrirent et ses paupières se fermèrent de nouveau.

« J’peux pas te laisser te prendre trop au sérieux, tu sais. »

La séparation.
Presque absurde.
Elle s’était déjà reculée, reprenant elle aussi un contact plus assuré avec le monde qui les entourait, et qu’il était parvenu à oublier, sans même s’en rendre compte. Il resta là, vacillant, et pourtant encore solide sur ses jambes. Sa vision se fit longtemps cotonneuse, mais il parvint peu à peu à la dessiner plus clairement contre cette paroi – pendant un instant, il se demanda si la scène s’était réellement produite, si elle avait réellement abandonné ce mur pour se rapprocher de lui comme elle l’avait fait. Il laissa les secondes s’égrener, et sa cage thoracique put enfin reprendre une longue inspiration. Les voix des milliers d’inconnus aux abords de la ruelle lui parurent dérisoires. Absconses. C’était celle de l’éveillée qu’il voulait encore entendre. Elle n’en avait pas assez dit. Elle n’en avait pas assez fait. Quant à sa voix à lui, elle lui parut terriblement rauque, comme s’il était resté des jours entiers sans parler.

« Tu es encore trop clémente avec moi. »

S’était-elle retenue ?
Avait-elle révisé sa décision de tout dire ? Absolument tout ce qu’elle avait pu effleurer du bout de ses doigts ? Il voulait croire que non. Lentement, il bougea, passant d’abord d’un pied sur l’autre, avant de s’approcher d’elle, d’une démarche presque languide, et non menaçante. « Ça me va, si tu comprends. Ça me va aussi, si tu comprends pas. Même si… Au vu de ta lecture, j’vois pas ce qui reste encore de si mystérieux. » Il reprit la même posture, la même distance que celle qui les avait à peine séparés, au moment où les phalanges de la jeune femme s’étaient éprises de son torse. « Personne ne m’avait jamais lu comme tu l’as fait. Pas comme ça, tu sais. » Lilas et Hélix avaient chacune eu leur avis bien tranché sur la question. Le point de vue de Lilas était d’ailleurs celui qui se rapprochait le plus du descriptif encore non-exhaustif d’Odelia. Mais sa nature de sorcière changeait tout, tranchait et donnait du sens à la distinction séparant les outres des arcanistes. Du dos de son index, il abandonna le trait d’une caresse sur toute la longueur du bras à la peau claire. Elle était brûlante. Aussi brûlante que lui. Ses épaules se secouèrent d’un rire bref et silencieux. « Putains de sorciers rouges, hein… »

Il se pencha. Parla sans mot dire.
« Est-ce que tu veux la clef ? »
La pointe de son nez glissa le long d’une mèche de cheveux bruns.
« Moi j’pense pas qu’tu veuilles tout voir. Pourtant, tu es déjà allée si loin… »
Presque sans le savoir. Il s’en voulait presque, désormais, de l’avoir obligé à contempler les lagunes grisâtres que personne avant elle n’avait pu observer avec tant de clairvoyance.
« Mais j't'en laisserai la possibilité. Parce que toi, j’te prends au sérieux, en tout cas. »

Plus rien ne serait jamais simple.
Ni la vie à Shreveport, ni son rôle dans son clan, ni ses amours légères.
Il prenait le risque qu’elle le repousse. C’était trop tôt. C’était trop frais. Pourtant, l’analyse récente dont elle l’avait dépouillé l’enfiévrait au moins autant qu’elle. Bientôt, l’arête de son nez découvrit l’arrondi d’une pommette, et son souffle vint tutoyer le pavillon de son oreille, faisant frémir un serpentin bouclé, perturbé par cette brise sereine. Son corps se fit barrage entre elle et le reste de la cité. Lentement, il l’enrobait de cette soie dont les arachnides sont friands, cherchant à amadouer le papillon dont il espérait l’existence plus robuste que ses pairs. Il continua de lui chuchoter en pensée, créant des impulsions télépathiques douces comme autant de pressions administrées avec sagacité pour soulager un muscle douloureux : « Une seule est allée aussi loin. Une seule… Contre mon gré. Ses mains étaient rouges, comme toi. Elle aussi était née sorcière. Mais elle s’était perdue. Elle s’était perdue bien avant cette nuit-là. » Il se retint de lui transmettre cette vision-là. Trop terrible. Trop imprégnée de la fumée toxique, des cendres des morts comme des vivants qui paraissaient brûler sur place, consumés au fil des heures, par ce feu surnaturel. « Je pourrais te lire, moi aussi. D’une autre manière. Ce serait quelque chose. » En aurait-elle le cran ? Lui l’aurait peut-être pour deux. Sa main enroba le creux de sa taille. Il se pencha un peu plus, jusqu’à ce que ses lèvres tutoient les siennes, que le céruléen de ses iris se noie dans les siens. Toujours sans ouvrir la bouche, il créait ce cocon d’une intimité phénoménale en s’adressant à elle d’aussi près tout en jouant avec un contact physique de plus en plus prégnant.

« J’ai envie de te connaître. J’ai envie que tu me fasses crever de cette fusion que seuls des gens comme toi et moi sont capables de créer. Ta magie dans la mienne. Et la mienne en toi. Te pénétrer de toutes les manières possibles. T’entendre gémir et dire mon nom encore… Tu vois c’que tu me fais dire ? C’que tu me fais vouloir ? » Son bassin se déposa contre le sien avec une autorité naturelle, éloquente. Il voulait qu’elle sente son désir se concrétiser, voulait l’écouter vivre, son cœur cognant contre le sien, même si pas au diapason. « J’ai envie de voir ce que ça pourrait donner, de te laisser creuser encore à l’intérieur. Tout comme j’ai envie de boire tout ce qui sort de toi. Tes pensées, même les pires. Celles que tu mourrais d’envie d’enterrer avec toi dans la tombe. Tes pensées, tes envies, tes pulsions, tes fantasmes. Boire tout. Entre tes jambes comme dans ta tête. » Un soupir se fit rauque, et sa bouche s’empara de la sienne. Une fraction de seconde. Coup de dent d’un squale sans vraiment faire mal, comme pour goûter au préalable à la chair dans laquelle il s’apprêtait à mordre. Bientôt, son bras l’attira toute entière, encerclant celle dont il se voulait devenir l’amant, et cette nuit tout particulièrement. « Tu sais qu’tu crains rien avec moi… ? Et à la fois j’ai pas envie d’te faire cette promesse. Ça va toujours trop loin… pour le pire comme le meilleur. Pourtant, j’suis prêt à t’promettre que j’te blesserai jamais comme tu voudrais pas qu’j’le fasse. J’te f’rai du mal que si tu me le demandes… Et j’t’obligerai jamais à regarder trop longtemps au fond du puits. »

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Louisiana Burning

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When witches don't fight, we burn
Odelia di Stasio
Odelia di Stasio
When witches don't fight, we burn
AB UNO DICE OMNES

En un mot : some ghost
Qui es-tu ? : Φ sorcière rouge de 29 ans, constamment en recherche de sensations fortes.
Φ offre son énergie à l'Arch, association ayant pour but d'accompagner les CESS dans leur intégration dans la ville. La fondatrice et chamane Yelena Tehrt, est son mentor.
Φ bien qu'elle l'ignore, fût élevée par des purificateurs. Ceux-ci ont tout fait pour dissimuler la vraie nature de sa magie. Bien que tentant désormais de combler les années perdues, sa maîtrise des arcanes reste instable.
Φ professeure de danse classique, anciennement en tournée avec une compagnie de ballet.
Φ installée à shreveport depuis 2013. habite actuellement mooringsport, à la frontière du triangle de foi.
Facultés : MANIPULATION DES ENERGIES VITALES
Φ Manipulation des émotions. Injection, détection, effacement, remplacement des émotions. maîtrisé
Φ Utilisation des émotions dans sa magie. plutôt bien maîtrisé
Φ Manipulation des auras. Modification, dissimulation de parties d'auras. très peu maîtrisé
______________

Φ Lecture d'auras. Emotion, race, inclinaison, forme d'un thérianthrope.
Φ Capable de sentir les esprits mais mal à l'aise avec tout ce qui y a trait.
Thème : We Are Gods - Audiomachine
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 Pose-dramatic
ASHES YOU WILL BE

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Crédits : Hekat
Lun 31 Juil - 0:10 (#)


I SEE TROUBLE ON THE WAY

Government Plaza
18 juin 2021



Elle avait perdu au moment où elle avait répondu à son appel, à sa provocation.
Truth or dare.
Elle avait choisi les deux, l’indécise. Elle y avait plongé toute entière, incapable de s’arrêter à temps.

Sa magie l’avait goûté, tant et si bien qu’elle ne le laisserait plus s’échapper, désormais.
Le rouge prendrait le pas sur son esprit. Non, il n’y avait plus rien désormais, qu’elle pourrait faire pour retourner en arrière, retrouver ses restrictions, sa raison, sa modération. Son indépendance clamée, il représentait encore un monde auquel elle s’était refusée. Elle avait voulu prouver qu’une fois les liens coupés, elle pourrait rester la même, conserver sa pureté, demeurer bonne. Que la foi n’avait aucune part à jouer là-dedans.

Il était tout ce qu’on lui avait appris à craindre, ce qu’elle avait été destinée à combattre, un jour, qu’importe à quel point elle pouvait avoir conscience de ce fait. Les chaînes étaient défaites, à présent. Ce qu’elle aurait dû tuer, elle souhaitait maintenant posséder. N’était-ce alors qu’un énième pied de nez à son éducation puritaine ? La douceur enivrante qui demeurait au bout des appendices magiques lui assurait que non. L’électricité, le vrombissement de sa magie, cette puissance crainte si fort, qui grondait désormais en ne la laissant que fascinée cette fois, finissait de la convaincre. C’était probablement chimique, son cerveau ne pouvait-il s’empêcher de relativiser, alors que son regard demeurait fixé à ces lèvres dangereusement proches des siennes. Leurs similitudes, leur champ d’action, trop proches. Leurs choix, leurs voies, si différentes. Si semblables et si éloignés. La potion ultime, le dosage parfait.
Quel serait son effet, alors ?

Les tentacules, repus pour le moment de cette énergie nouvelle et grisante, demeuraient en retrait, la laissant seule avec un bouillonnement intérieur déjà difficile à endiguer. Odelia en conservait la signature, partout en elle, incapable de prévenir l’obsession qui s’installait.
Il revint à la charge.
Ce fût tout d’abord le soulagement qui prévalût, quand elle réalisa que les protestations auxquelles elle s’attendait ne viendraient pas. Qu’il en était satisfait, voire même encore sur sa faim. Il revenait vers elle, en demandait plus, ses paupières se fermèrent, un nouveau sourire se dessina, son bassin avide gronda alors que le doigt d’Eoghan chutait sur son bras, en hérissant la peau, enfin sa bouche s’entrouvrit alors qu’elle se perdait dans ses contes - «  cette nuit-là.  » -, qu’il la berçait de sous-entendus lourds d’un dramatisme magnétique.

Doucement, il s’emparait de son esprit. Elle le sentait s’y glisser, serpenter, se faufiler. Ce même mouvement qu’elle avait perçu dans son aura, dont elle comprenait finalement la teneur. Sous sa menace, et la promesse qui l’accompagnait, son bas-ventre se mit à fondre, humidifia bientôt le creux de ses cuisses. Il reprit contact et elle se sut pétrifiée. Sa poitrine se soulevait par saccades, s’engorgeant toujours de l’air qui régulièrement venait à lui manquer. Elle maintint le regard aussi bien qu’elle put, se perdant dans ce bleu d’une vigueur transperçante. Elle sut alors que le désir qu’elle ressentait ne s’effacerait probablement pas. Que le cauchemar prendrait sûrement forme, qu’elle risquait de plier genou pour mieux lui appartenir.
Y voyait-il quelque chose déjà ? Comment percevait-il cette curiosité si fière qu’elle ne souhaitait être spoilée, ni même guidée ? Devinait-il qu’en cet instant, elle se figurait qu’elle pourrait s’introduire en lui encore et encore, sans se lasser, autant de fois que nécessaire, afin de découvrir ce qui se cachait derrière chacune des portes qu’il avait dressé, le reconstituer lentement, savamment, la craquelure de chacune de ses failles, se délecter une à une de ces complexités qu’il négligeait, avant de descendre les marches qui mèneraient à ses cachots ? Il n’était pas temps pour la clé. Elle ne faisait qu’étudier le mécanisme de la serrure encore, qu’il faudrait probablement préalablement huiler, quand sonnerait l’heure, tant est-il que tel tintement dusse résonner.

Il y a deux semaines encore, elle devait s’excuser pour sa nature. Elle avait pris l’habitude d’être aimée « malgré cela », dans un pardon interminable, une repentance sans fin. Marcher sur des œufs, toucher du bout des doigts, se contenir, toujours. Être sage, raisonnable, tout sauf son essence. Muselée, enfermée, contenue, diminuée. Ces mêmes mots qui se répétaient sans cesse, en fond, martelés sans discontinuer, à l’abri de sa clairvoyance. Sa colère qui se mettait à gronder, suppurante.
Il lui proposait autre chose.
Au bon moment.
Ce n’était probablement qu’un écran de fumée, elle en avait conscience. Pourtant, si elle n’y goûtait pas, si elle ne levait pas le voile sur ce qui était à venir, ne passerait-elle pas son temps à s’interroger sur ces possibilités auxquelles elle s’était refusée ? Ce qui aurait pu être, ce qui aurait pu être goûté, tenté ? Quelles étaient vraiment ses limites, quand on lui laissait tout juste l’opportunité d’en entamer l’exorde ?
Elle ne devait rien à personne. La sorcière était libre. Libre de ses mouvements, de ses décisions, de ses amours et de ses étreintes.

Ses lèvres se pincèrent juste à temps, tandis qu’il accélérait le rythme du myocarde de sa consœur en lui murmurant silencieusement ses volontés. Juste à temps pour freiner le gémissement qui se serait échappé sinon, alors que sa colonne s’enroulait à son tour pour heurter le mur sous la pression d’un bassin tyrannique. Ainsi, l’objet de sa convoitise fit naître la première supplication dans son regard. Comment en étaient-ils arrivés là ? Quelques minutes auparavant, elle avait tout sous contrôle. Bien sûr, entre temps, sa magie était arrivée, réduisant en fumée chacun de ses efforts, imposant son chaos, ses insatiables désirs, et sa volonté illimitée – quoique souvent stupide.
Contre le tissu fin, piètre barrière, elle sentit le phallus qui se gorgeait de sang, assauts qui s’intensifiaient au fil des images qu’il leur imposait. Les phalanges se chargèrent de dégager cet ultime obstacle dans un soupir, et de son autre main elle se mit à presser ses ongles contre la peau d’un biceps, pas trop profondément encore, alors qu’elle pouvait deviner pleinement la raideur presque acérée de l’intrus imposé – ardemment accueilli dès lors. Si on le lui demandait, elle répondrait, pratique, qu’elle ne tenait pas à tâcher son vêtement à un endroit si voyant. Régulièrement, elle se surprenait à penser – pensée accompagnée d’un sourire moqueur envers elle-même – qu’elle oubliait à qui elle avait affaire. Que ses excuses, si bien maîtrisées, toujours parfaitement placées, ne seraient plus ici son bouclier.
Il croqua dans la pomme timidement, la ramena à lui. Elle partit se noyer à nouveau dans l’océan tempétueux.

C’était tout, c’était plié, il avait gagné. Jusqu’à la reprise de parole suivante, au hurlement intérieur qu’il lui déroba. Sur la table, il venait étaler à nouveau la question de la confiance. Délicate, épineuse, déchirante. La laissant replonger dans les abysses de son dilemme intérieur.

La ballerine la repoussa un moment. Ses doigts agrippèrent le tissu du t-shirt, au creux des pectoraux, et elle termina d’effacer le peu d’écart demeurant entre eux. Elle eût à peine besoin de le ramener à elle pour que leurs lèvres se rencontrent, entamant une danse qu’elle n’aurait voulu rompre. Poussée par la surprenante douceur qu’il dégageait, elle laissa sa main remonter de son bras jusqu’aux mèches noires, méduse dont les tentacules s’étiraient et se regroupaient sans cesse, s’évadant parfois sur sa nuque. Sur son torse, l’autre main s’ouvrit également, se saisissant du pectoral dont elle souhaitait tant découvrir le poli. De temps à autre, elle se dégageait une demie-seconde, un peu moins, un peu plus, le défiant de revenir la chercher d’un sourire joueur. La menotte passa de la poitrine au bras, en dessina les courbes à tâtons. Au coude elle vira vers l’intérieur, se frayant un chemin sous la matière du vêtement, pressant alternativement le rebord d’un jean trop épais et la chair qui le surplombait, flirtant avec la poche gonflée sans encore s’y aventurer. Ses hanches se décalèrent, ses orteils l’élevèrent quelque peu, ses épaules roulèrent pour accrocher la pierre un peu plus haut, découvrant pour lui un angle plus pénétrant. La nouvelle rafale de désir lui rappela qu’elle chancelait.

Réfléchir. C’était là qu’elle s’en était arrêtée.
Ses lèvres se détachèrent et elle remonta la main baladeuse pour faire pression et s’écarter de ce corps qui l’enfiévrait. Sa sœur s’éleva, demandant au sorcier un instant, la première demeurant fixée au tronc qu’elle venait d’éloigner d’elle dans cette désespérée tentative de ressaisissement.
Il y avait tant de secrets à protéger.
Globalement, ceux des thériantropes auxquels il avait semblé ce jour s’intéresser de près. Plus particulièrement, ceux de chaque personne qu’elle avait croisé à l’Arch. Les pouvoirs, les puissances, les passés, les confessions qui s’étaient succédées, tremblantes, hésitantes. Qu’elle le veuille ou non, elle avait des responsabilités. Elle leur devait quelque chose, après tout. Elle aussi, face à lui, était liée. Ce qui le rendait si désirable à ses yeux devenait une menace grondante, aux conséquences écrasantes.
Lui-même avait tant à perdre, elle s’en doutait. La noirceur de son aura était peu équivoque. Les circonstances de leur rencontre soulevaient des questions qui, si elle les avait étouffées autant que faire se peut, capricieuse dans sa fascination, n’étaient certainement pas des événements isolés. Combien de temps lui faudrait-il flirter avec ces ombres avant de ne plus être capable de se voiler la face ?

Lui faisait-elle confiance ? Non. Certainement pas. Elle avait définitivement tu la couleur de la trahison qui craquelait, rigoles souillées, la toile de cette aura si sombre, ponctué d’avidité et d’égoïsme. C’était sans même compter que peu de personnes parvenaient à lui inspirer telle espérance. Souvent, cela prenait des années. Souvent, cela n’était jamais achevé. La plupart du temps, l’on donnait raison à sa méfiance. La plupart du temps, même cette dernière ne parvenait pas à la protéger.
La rouge l’y avait laissé goûter, avant qu’elle ne tonne plus fort encore. S’il avait su la lire, il savait qu’elle était tiraillée. Et il se montrait particulièrement convaincant. « Tu sais qu’tu crains rien avec moi… ? Et à la fois j’ai pas envie d’te faire cette promesse. » Malin. Si malin. Le serait-elle, à son tour ? Ou flancherait-elle, hypnotisée ?
Le voulait-elle ? Lui faire confiance ? Lui céder totalement sans crainte des conséquences ? Plus que toute autre chose en cet instant, alors que chacun de ses sens se trouvait soumis à la même tentation dévorante. Elle avait du mal à croire en la crasse qui s’accumulait. Elle était complètement obsédée par cette lumière, faiblarde mais éblouissante pourtant.

Ses pensées s’agitaient en tous sens, ses iris mouvant dans l’espoir de les rattraper.
La réponse, délivrance, finit par s’imposer, trouble d’abord, évidente finalement.
Rouge, veloutée.
A l’époque, elle n’en avait pas compris l’utilité. Rarement ses amants parvenaient-ils à la percer. Archie, tout juste, dans sa faiblesse et ses vulnérabilités, ses douleurs et ses espoirs. Toujours ce qu’elle souhaitait lui montrer, ou ce qu’il ne faisait que deviner. Elle n’aurait jamais à faire face à un tel dilemme avec lui : tout d’abord à cause de leur nature, fossé creusé et si difficile à combler, ensuite parce qu’ils partageaient le même objectif – protéger, servir. Elle s’en voulut de le faire remonter à la surface une fois de plus, et le chassa aussi sec – elle n’avait pas à les comparer. Il n’y avait rien à comparer.

Là encore, elle avançait sur un fil, peu convaincue de sa réaction. Il en était ainsi, quand vous aviez si peu de connaissances de l’autre : tout n’était que bouteille jetée à la mer, appât lancé au hasard dans les eaux inconnues. Sur l’autel des compromis, vous découvriez alors l’alpha et l’omega du potentiel de votre relation. Parfois, l’alphabet se limitait à ces deux lettres-là, sans plus de transition. « Tu finirais bien par l’découvrir alors… T’as raison, Eoghan. » - elle plaçait celui-là rien que pour lui - « J’ai pas confiance en toi. J’pourrai changer ça, en quelques tours de passe-passe mentaux, parce que j’ai vraiment envie d’toi, de… tout c’que tu décris si bien, sauf que... j’peux pas me permettre le luxe de m’tromper. » Quelle autre alternative avait-elle, de toute manière ? La culpabilité qu’elle venait de laper ne saurait être traînée avec elle une vie durant. « Mais si ça t’intéresse, j’ai peut-être une idée qui pourrait nous permettre de palier à ce problème. » Elle savait où le trouver, mais ne se remémorait pas réellement les termes et conditions de cette fameuse solution, à vrai dire. Il pourrait gratter ce qu’il voudrait, il n’y avait pas grand-chose à dépoussiérer, à moins qu’il ne puisse recoller mieux qu’elle-même les bribes de ses souvenirs dilatés. « Faut juste qu’on passe à l’Arch. Qu’j’te montre un truc... Tu pourrais me dire c’que t’en penses ? » Sa bouche se tord en une grimace croquette destinée à l’attendrir. Elle se détache du mur et se rapproche un peu, lève vers lui des yeux traversés par l'espoir. Oui, Lia sait qu’elle abuse, qu’elle le fait patienter trop fort. Néanmoins, elle a rarement expérimenté frustration si délectable. Pour peu qu’elle ait son happy end. Rien n’était moins sûr, entre ces hésitations éternelles et ces jeux infinis.
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 ZfHtADc I see trouble on the way • Odelia - Page 2 Jq60QrG I see trouble on the way • Odelia - Page 2 MaP8TbX

"Before I die alone."

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 GIeraGW
Pseudo : Nero
Célébrité : Ian Somerhalder.
Double compte : Sanford R. De Castro, Aliénor Bellovaque, Ian C. Calloway & Gautièr Montignac.
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Crédits : Lune noire (ava') ; Amiante (signa')
Mar 1 Aoû - 23:27 (#)


I see bad times today
Le contact de sa paume valait mille déclarations. Mille drapeaux blancs levés.
Il comprit qu’Odelia venait de lui céder, et ce jusqu’à nouvel ordre.
La Rougeoyante en lui ronronna de cette satisfaction propre à elle-même : orgueilleuse, détestant qu’on lui résiste, haïssant toute contradiction opposée à ses prédictions et à ses annonces, elle n’aurait pas toléré une autre voie que celle qui se dessinait à présent pour les deux arcanistes. Unis. Enlacés telles deux vipères, resserrant peu à peu leur étreinte au fur et à mesure que les prédateurs qu’ils demeuraient comprenaient que l’autre ne mordrait pas. Ne l’empoisonnerait pas. C’était le début d’une longue et lente transe, bénie par ces jours d’été, par les températures infernales de Louisiane, qui pourtant ne valaient en rien celle qui culminait au fond d’eux. Putains de sorciers rouges.

Ce fut elle qui acheva ce qu’il avait entamé. Il l’embrassa, et pendant un moment, il oublia tout. L’Irae, Shreveport, le Downtown, Circé, Astaad, Lilas, ses racines, son avenir, la Samain, l’Arch, Leroy, Nephtys, sa mère, le bayou, le Pasua. Tout ce qui ne cessait de bourdonner en permanence, des écrans de télévision aux bribes radiophoniques coupées toujours avec un temps de retard, des notifications de smartphone aux annonces d’énièmes fins du monde. Dans une pulsion égoïste, il se sentait fatigué de chercher à prévoir en permanence ce qui viendrait demain. De chercher à protéger les membres de son clan, de se demander ce qu’il adviendrait de Sylia, de sa propre vie, des résidus de passé noircis et charbonneux, toujours prêts à remonter à la surface, surtout quand on n’en avait pas besoin. Il voulait oublier. Il fut surpris par la douceur de sa bouche, et beaucoup moins par le parfum qu’elle dégageait, et qui n’avait rien d’entêtant ni de capiteux. La fraîcheur de la jeune femme, il la retrouvait jusque dans son odeur, jusque dans ce toucher à la fois déterminé et pourtant toujours gracieux, qui trahissait sa nature de danseuse classique. Il se donna sans faillir à tous les grignotements des petites phalanges le cherchant là où elle ne l’avait encore jamais touché. Il frémissait sous les caresses arachnéennes contre sa nuque, rendu de plus en plus détendu par la bonne volonté de l’arcaniste, qu’il ne cessait d’enlacer avec une passion grandissante au fil des secondes.

Éternel recommencement : chaque femme était différente. Chaque étreinte passait par une redécouverte presque totale. Il était curieux, tellement avide de la connaître sous ce visage caché. Comment faisait-elle l’amour ? Comment aimait-elle toucher ? Embrasser ? Il sourit, manqua presque de rire contre ses lèvres, sous les palpations qu’elle esquissait parfois, agissant aussi efficacement qu’une pompe alimentant son sang rendu plus acide par l’envie d’elle. Il se montra à l’écoute du corps en face du sien, cherchant à se presser contre elle sans réprimer ses mouvements pour autant. Ainsi, lorsque la sorcière marqua son besoin de se séparer de ses lèvres, il ne fit pas obstruction, et s’écarta pour reprendre son souffle, en une vaste bouffée – presque délirante.
Ce qu’elle professa lui tira d’abord une hésitation ; la crainte qu’elle ne se dérobe finalement. Qu’elle ne lui oppose un refus auquel il ne se serait pas attendu. Puis, peu à peu, il se rassura, partagé entre étonnement, curiosité, frustration et soulagement. Ce n’était pas vraiment un refus. Juste une parenthèse de plus. Une façon de faire monter la tension entre eux toujours plus haut. Il comprenait, ça. Cette attente, qui rendait l’achèvement plus ardent encore. Un sourire amusé étira ses lèvres, sur lesquelles traînait encore la saveur de la bouche jumelle.

« Tant de mystère… » Il n’aurait jamais su résister à cette moue-là. Il aimait la voir ainsi : fière, libre, mutine. Elle ignorait sûrement à quel point la partition sur laquelle ses pointes de ballerine évoluaient était juste. Parfaite. Le tempo, tantôt traînant, tantôt brutal, les variations systématiquement prêtes à le surprendre. Impossible de s’endormir. Il se demanda si Odelia avait déjà fréquenté des hommes dans son genre. Si, de cette expérience, elle avait tiré cette sagesse et cette maîtrise, de savoir exactement comment s’adresser à lui. Comment le faire languir sans confiner à une forme de lassitude colérique. Il aurait été prêt à la suivre jusqu’à Bâton-Rouge, cette nuit, si elle le lui avait demandé. Qu’elle le conforte dans cette franchise redoutable lui plaisait également. Il ne la voulait pas offerte au point de moduler son état d’esprit au sien. Il la voulait indépendante de corps et d’esprit, et si sa conquête devait passer par l’Arch, c’était un bien maigre prix à payer.

« Okay… J’t’emmène, alors. » Il la déshabilla du regard une dernière fois, avec une certaine gourmandise. Puis, comme si rien ne s’était produit, mais sans marquer de distance capable de la déstabiliser, il l’invita d’un signe de tête à le suivre. Son allure, pareille à celle qui les avait menés jusqu’ici, ne trahissait en rien son impatience. Seule la ponctuation de son désir lui tirait un sourire renforcé dans l’ombre, rendant sa démarche légèrement plus ondulante. Il veillait à ne pas prendre le large par rapport à la jeune femme, et se contenta alors de retrouver le chemin jusqu’à son pick-up garé non-loin de son commerce.

Leur proximité une fois installés dans l’habitacle l’apaisait et maintint son humeur au beau fixe, sur tout le trajet les conduisant dans le secteur de The Haven. Plutôt que de s’enfermer dans un silence lourd de non-dits, il se fit agréable, sans être bavard. Il émailla leur chemin de quelques anecdotes pouvant intéresser la sorcière sur tel ou tel aspect de Shreveport, et sur la manière dont la ville avait grandi, s’était étendue au fil des années. Il lui parla de l’impact sur la vie économique du Downtown ; les avantages comme les inconvénients que les locaux avaient tiré de cette invasion inéluctable et soudaine. Loin du ton qu’il avait autrefois emprunté avec Serguey Diatlov sur la situation problématique du territoire, il se faisait plus amène, et même ses commentaires parfois amers se voulaient, en soi, quelque peu optimiste sur la forme. Il se laissa guider par les conseils de l’éveillée pour s’orienter correctement en direction de la structure dont le bâtiment leur apparut enfin peu à peu, dans l’obscurité. Il avait eu beau savoir où se trouvaient les locaux de la fondation, c’était la première fois pour lui qu’il y mettait les pieds, et il ne masquait pas son intérêt. Tout en garant le pick-up sur le parking plutôt désert, il songea à cette zone, qu’il tâchait d’éviter la plupart du temps. Trop de mauvais souvenirs.

« Vous avez l’air pas trop mal installés, en fin de compte. » Bien que trop proches. Trop proches des chantiers abandonnés. Trop proches de cette satanée usine qui avait vu une très étrange expédition réussir en dépit des difficultés et des dangers attendus. Trop proches du Mall. À mesure que le temps s’écoulait, que ses souvenirs continuaient de s’enticher de tel ou tel quartier pour de bonnes ou de mauvaises raisons, il n’en devenait que plus urgent pour le sorcier de déguerpir, d’ici à quelques années, de cette ville qu’il avait pourtant faite sienne. Il descendit de la Ford, enfouissant ses paumes dans ses poches arrières, et contempla les alentours, pour l’heure calmes et quelque peu effrayants ; zone industrielle oblige. Il n’était pas encore assez proche d’Odelia pour vouloir se confier sur ses mésaventures dans les parages. Un jour, peut-être. Il regretta de tenir sa langue verrouillée : s’épancher et mettre des mots sur ce qu’il avait vécu lui auraient fait du bien. En outre, c’était la première fois depuis plusieurs longs mois qu’il remettait les pieds ici.

« J’espère que le déplacement vaut le coup… » Il la nargua d’un coup d’œil malicieux. Il avait dû largement prendre sur lui pour réprimer son impatience concernant le pourquoi de leur venue ici. À présent, il bouillonnait d’une certaine nervosité, alimentée par l’effet qu’elle produisait toujours sur ses sens et la Rougeoyante excités. « Maintenant qu’on y est, j’ai droit à un indice, ou tu vas préserver le suspense jusqu’au bout ? »  

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Louisiana Burning

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When witches don't fight, we burn
Odelia di Stasio
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When witches don't fight, we burn
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En un mot : some ghost
Qui es-tu ? : Φ sorcière rouge de 29 ans, constamment en recherche de sensations fortes.
Φ offre son énergie à l'Arch, association ayant pour but d'accompagner les CESS dans leur intégration dans la ville. La fondatrice et chamane Yelena Tehrt, est son mentor.
Φ bien qu'elle l'ignore, fût élevée par des purificateurs. Ceux-ci ont tout fait pour dissimuler la vraie nature de sa magie. Bien que tentant désormais de combler les années perdues, sa maîtrise des arcanes reste instable.
Φ professeure de danse classique, anciennement en tournée avec une compagnie de ballet.
Φ installée à shreveport depuis 2013. habite actuellement mooringsport, à la frontière du triangle de foi.
Facultés : MANIPULATION DES ENERGIES VITALES
Φ Manipulation des émotions. Injection, détection, effacement, remplacement des émotions. maîtrisé
Φ Utilisation des émotions dans sa magie. plutôt bien maîtrisé
Φ Manipulation des auras. Modification, dissimulation de parties d'auras. très peu maîtrisé
______________

Φ Lecture d'auras. Emotion, race, inclinaison, forme d'un thérianthrope.
Φ Capable de sentir les esprits mais mal à l'aise avec tout ce qui y a trait.
Thème : We Are Gods - Audiomachine
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 Pose-dramatic
ASHES YOU WILL BE

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I SEE TROUBLE ON THE WAY

Locaux de l'Arch, The Haven
18 juin 2021



L’appel était lancé, et il l’attrapa au vol. Elle gratifia le ciel, l’Univers, tous les acteurs en charge de sa fortune ce soir-là, de sa reconnaissance éternelle, tandis qu’il s’éloignait de la plus parfaite des manières. Elle lui emboîta le pas avec un sourire apaisé, presque sceptique face au peu de résistance qu’elle rencontrait. Tout était d’une fluidité désarmante.

Comme beaucoup de monde dans le coin, elle y compris, Eoghan conduisait un pick-up. Elle ouvrit la portière bleue et laissa ses yeux traîner sur ce qu’elle estimait être une première entrée dans son intimité : un véhicule pouvait vous en dire long sur une personne, des choses que les émotions ou les auras ne sauraient vous montrer – au mieux, elles vous auraient permis sur de tels sujets quelques hasardeuses suppositions, rien de mieux. La conduite de quelqu’un également, disait-on, mais elle portait bien trop d’intérêt à cette pratique pour en connaître les tenants et aboutissants. Sur la route, au fil des quartiers qu’ils traversaient, au coin des routes auquel ils tournaient, il dévoila encore, de lui-même cette fois, une nouvelle facette de sa personnalité, ou plutôt de son intelligence, alors qu’il lui contait la ville, son regard brillant sur la situation, ses origines puisant dans des temps où elle n’avait encore foulé ces terres qu’il chérissait assurément. Elle devait user de stratagèmes pour ne pas laisser sa voix l’emporter, son attention se distraire trop longtemps, et manquer ainsi un tournant. Il fallait savoir qu’elle était une terrible copilote. Par bonheur, elle parvint à sauver les meubles pour cette fois, et le duo arriva sur le parking de l’Arch sans qu’aucune mésaventure ne mette à mal l’humeur légère qui régnait. Sauvée.

En ouvrant la portière, l’étendue de ciment sombre, les projections des réverbères, la ramenèrent à l’incident qui avait failli tant lui coûter, quelques semaines plutôt. Une fois de plus, le parallèle était fait. Deux scènes, totalement opposées, qui ne cessaient de se superposer. L’une cicatrisant l’autre, elle espérait. De son côté à lui également, lorsqu’elle revint à elle-même, Lia sentit une variation dans son état émotionnel : son en-cas étant trop frais encore, la moindre perturbation dans ses nuances se faisant alors irrémédiablement ressentir. Quand l’amertume de la pudeur s’y glissa, elle se força néanmoins à installer une barrière. Elle ne devait pas demeurer trop longtemps : il fuyait à coups d’humour et de provocations, auxquelles elle ne savait que trop peu résister. Un hoquet faussement outré s’échappa de sa gorge, avant que son faciès ne se maquille de la même malice. « Tu sais que j’pourrai t’filer l’envie d’rentrer chez toi, n’est-ce pas ? » Elle arrive à sa hauteur et, taquine, laisse ses doigts courir de bas en haut sur le tronc du farceur. « Quoique, j’aurai de sérieux arguments à réprimer, dans un premier temps. » Autrement dit : pas à moi. Elle tournoya instantanément en direction de l’entrée, sa main fouillant déjà l’étroit espace de son sac, à la recherche du trousseau métallique tôt repéré. En réalité, les doutes du louisianais s’avéraient on ne peut plus fondés, plus sûrement que ce qu’il présageait. « A vrai dire, j’espère aussi. Le souvenir que j’en ai n’est pas des plus frais. » risqua-t-elle, consciente que sa réponse était loin d’être satisfaisante. La clé glissa dans la serrure, le battant droit crissa, céda, et elle s’enquit rapidement de l’interrupteur qui actionnerait la plus tamisée des lumières du hall au fond. Après avoir fait tourner le loquet derrière lui et caressé du regard un instant la silhouette que chaque partie de son être réclamait désormais, elle se dirigea vers les escaliers. Une seconde elle se félicitait pour son self-control, et celle d’après elle se raillait : ces quelques heures de résistance étaient tout sauf glorieuses. « J’ai causé de nombreuses catastrophes par ici. Là-haut, surtout. » partagea-t-elle. Au bas des marches, elle actionna un second interrupteur : celui de la lumière chaude de la mezzanine, englobant également la volée de marches qui y menait. Elle tourna la tête pour évaluer la distance qui la séparait d’Eoghan derrière elle, puis en entama l’ascension. Au sommet, sa main glissa sur la rambarde délimitant simultanément les escaliers et la mezzanine. Le hangar était plongé dans le noir, si bien qu’ils ne pouvaient rien en percevoir actuellement, mais la lumière du dessous laissait deviner le hall d’entrée qu’ils venaient de quitter et une partie du salon, en contrebas, qu’elle avait tant de fois admirés malgré sa frustration – aux sources bien différentes de celle l’habitant aujourd’hui. «Yelena pratique une magie rouge également, même si différente de la mienne. C’est compliqué, parfois, mais j’ai pas trop à m’plaindre : j’ai eu la chance d’avoir accès à une partie de ses trouvailles. Je la soupçonne même d’en avoir amené certaines rien que pour moi. » Du gâchis. Ici, le salon disposait bien de quelques bouquins, d’un peu de matériel, même si le plus gros se trouvait en bas, là où tous évoluaient librement. La plupart  de ce qui se trouvait là était couvert, caché dans les tiroirs, dissimulé derrière les portes des placards, prévenant les incidents s’y produisant régulièrement. Sa tête désigna d’un mouvement évasif le bureau que l’on devinait à l’angle, fermé, oublié dans la pénombre. Éventuellement, la sorcière se détacha du vide et entreprit d’extraire d’un buffet deux verres à whisky et une bouteille d’un spiritueux à la robe mielleuse. Elle s’enquit de ses préférences – bourbon, scotch, glaçons ? - en remplissant son propre verre de l’alcool de maïs, sa réponse lui valant une langoureuse œillade d’approbation. Il continuait de cocher les cases des basiques pour maintenir la fascination d’Odelia di Stasio, à la longueur et à la complexité propres aux sempiternels célibataires. Elle se rapprocha alors de lui pour lui tendre le breuvage, et laissa les verres tinter l’un contre l’autre, ses yeux cherchant brièvement les siens, les lèvres savourant l’ambre du spiritueux. Les instances de son désir et de sa magie, définitivement entremêlés, se faisaient toujours plus insistantes, oppressantes, la suppliant d’oublier son dessein.

Intraitable, elle se hâta vers la porte qu’elle déverrouilla également après avoir ressorti le trousseau. Même si la chamane n’y venait plus qu’assez peu, tout juste pour leurs sessions de mentorat quand elle ne trouvait pas une occasion de s’y soustraire, que l’endroit était par conséquent pratiquement devenu sien, Lia avait tout laissé en l’état, ne pouvait se décider à déplacer quoique ce soit. Elle aimait cette pièce, l’impression qu’elle avait eu sur elle les toutes premières fois, alors qu’elle découvrait les reliures et les reliques se partageant l’espace sur les étagères. Une part d’elle craignait d’en perturber la balance énergétique, dans son infinie ignorance. Elle posa le verre à peine entamé sur le bureau qui siégeait en son centre et s’approcha d’une rangée de bouquins. « Je suis tombée sur… ça, un jour. » Son doigt marque et fait pivoter une couverture d’un rouge velouté à vous brûler la rétine sur la planche de bois qui le supporte. En l’extrayant de l’habitacle, les lettres toutes en rondeurs scandaient : Rituels de magie sexuelle« C’est hideux, j’te l’accorde. En tout cas, assez étrange pour attirer l’attention. Je l’ai feuilleté par curiosité, mais j’ai déjà assez à faire avec les émotions alors… J’imagine que tu dois y être plus familier ? » Ce n’était pas vraiment sa tasse de thé, les rituels. Malgré sa persévérance, tant de pans de la magie quotidiennement usitée par ses pairs lui demeurait totalement opaque. Alors que cette idée la frappait, l’envie de hurler lui brûlait la gorge, celle de fuir lui rongeait les tripes. Elle s’était déjà bien trop avancée pourtant. Se chargeant d’une audace la surprenant elle-même, elle s’incita alors à rétablir le contact avec celui qui la poussait dans ses retranchements sur tant de sujets ce soir à la recherche d’une forme d’apaisement : l’un de ses bras l’agrippa et l’enroula autour d’elle tandis que l’autre posait le volume sur le secrétaire. Elle dégagea sa nuque de la chevelure immiscée entre leurs peaux et fit impérialement glisser sa main sur ses hanches, sur le haut de sa cuisse. Là. Dans le vrombissement d’une libido déchaînée, elle pouvait finalement percevoir le courage qu’il instillait en elle, cette envie de braver une magie qui la terrorisait. The fuck you are, pensa-t-elle avant de se ressaisir, se demandant à nouveau quelle part de ses pensées il pouvait entendre, comment fonctionnaient ces choses-là. Peut-être le saurait-elle bien assez tôt. Ou peut-être que tout s’interromprait subitement. La question qui se répétait inlassablement, depuis que ce jeu entre eux avait débuté, devait bientôt découvrir la réponse à apporter. Elle ouvrit le livre d’un geste sec.

Son doigt glissa sur la table des matières jusqu’au premier intitulé qui lui parla : Confidences sur l’oreiller. Elle fit défiler les feuilles jusqu’à celle indiquée. « C’est ça. » Elle l’avait reconnue instantanément. Ses yeux survolèrent la double page et les instructions qu’elle contenait : grosso modo, il s’agissait d’un rituel vous assurant le silence de l’autre sur tout ce qui avait été appris lors de l’intimité, à réitérer durant les phases de gibbeuse croissante, sans quoi… vous perdriez le souvenir l’un de l’autre. Bien sûr, qu’il y avait un prix à payer. Qu’il faudrait ici soupeser : la mémoire, ou la peur des représailles ? Très clairement, elle ne s’était absolument pas souvenue de ce passage. Elle pivota légèrement, ses épaules se redressèrent et ses iris coururent sur le marbre de ce visage si finement ciselé. « Des regrets ?... » plaisanta-t-elle dans un souffle. Dans sa gorge serrée, un rire nerveux menaçait.
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ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
Eoghan Underwood
Eoghan Underwood
ADMIN ۰ Se faire péter la vitrine : bien plus qu'un métier, une passion. Featuring : Dramaking
⛤ SMALLTOWN BOY ⛤

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"This is not the right way."

En un mot : Sorcier venimeux ondulé de la toiture. Gosse du bayou.
Qui es-tu ? :
"Let it spread like a disease."

⛤ Maître des arcanes, sorcier à l'essence écarlate. 37 ans de vice (et râles) et de chair corrompue. Manipulateur d'hormones, télépathe patenté.
⛤ Second, bras droit de Circé van derr Ven dans la secte de l'Irae. S'y démarque pour sa loyauté ciselée par les griffes de Morgan Leroy (missing). Mais les failles perlent.
⛤ Incube de Louisiane ; fils de ces terres marécageuses, du bayou poisseux et des routes cahoteuses. Né à Bâton-Rouge, n'a connu que Shreveport et les frontières de son État.
⛤ Né seul homme dans la famille des sorcières irlandaises Mulligan. Privé de père (tué) par la harpie noire : élevé par Sylia Mulligan, descendant du Rouge de sa grand-mère Julianna.
⛤ Cauchemar des femmes ; nourrit sa magie (Rougeoyante) des hormones sexuelles de ses partenaires, ainsi que des émotions primaires.
⛤ Traître à ses passions, criminel et meurtrier de Johanna Andros (missing). Pourfendeur d'amitiés, éternel débiteur, clébard soumis à ses attaches.
⛤ Ne vit que pour les Mardi-Gras de New Orleans ; caresse le rêve de s'y installer un jour dans son propre "shotgun", malgré le fantôme de Katrina.
⛤ Mystique, déchiré entre deux hommes : partagé entre le sorcier et l'humain, entre la sagesse et une ire destructrice. Le latin s'efface sans mal sous l'accent du Sud, coriace sous sa langue.
⛤ Commerçant du Downtown (Crawling life), antre de ses serpents vénérés, lézards et autres reptiles, dont il cède les corps, les soins et les cages de verre.
⛤ Pratique à l'arrière de sa boutique, dans un laboratoire farouchement défendu et protégé par les runes. Recèle secrets et savoirs, expérimentations douteuses et dangereuses.
⛤ Mauvais mentor. L'une de ses apprenties en a subi les conséquences. Guide de Morgane Wuntherson et d'Halina Meyer. Meilleur ami indigne de Vinzent Henkermann et cousin de Shannon Mulligan.
⛤ Pacte tissé avec Scox : Prince démon s'étant dissimulé derrière les brumes de Baal. Immortalité odieusement acquise, âme vouée à obéir et marcher aux côtés des Antiques.
38 ans d'âge réel ; 36 ans d'apparence.

⛤ ENAE VOLARE MEZZO ⛤

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"I put a spell on you."

Facultés : ⛤ La Rougeoyante s'infiltre dans les corps et y bouleverse les hormones ; flèche apollonide : distille poison, fléau, mort, mais aussi fièvre rouge saphique. Chaos total.
⛤ Télépathe raisonnable : ne s'infiltre de préférence que dans les esprits des humains misérables. Capable de communiquer en pensée avec quiconque lui ouvre les grilles de son esprit. Savant fou ; capable désormais de connecter sa psyché aux êtres muets, cobras et crotales comme cobayes, corbeaux et autres créatures rampantes.
⛤ Herboriste né, sa maîtrise des potions n'a d'égale que celle de son mentor maternel. Capable d'élaborer des philtres complexes ; créateur infatigable de breuvages en tous genres.
⛤ La Rougeoyante se défend et protège son hôte plus férocement qu'elle n'attaque : limitée par la nécessité d'un contact physique. Sorcier doué au corps-à-corps, secondé par son aisance au maniement d'athamés et autres lames rituelles.
⛤ Chercheur d'artefacts, quémandé des Longue-Vies : détisseur de leurs malédictions et autres mauvais sorts.
Thème : The Way ⛤ Zack Hemsey.
I see trouble on the way • Odelia - Page 2 KL9jJO9
⛤ VENGEANCE ⛤

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 ZfHtADc I see trouble on the way • Odelia - Page 2 Jq60QrG I see trouble on the way • Odelia - Page 2 MaP8TbX

"Before I die alone."

I see trouble on the way • Odelia - Page 2 GIeraGW
Pseudo : Nero
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Ven 8 Mar - 6:30 (#)


I see bad times today
Il aima se trouver là. Le contraste était saisissant, entre le Downtown duquel ils provenaient – même transpercé par cette parenthèse dans des ruelles un peu plus confidentielles – et l’espèce de terrain vague gigantesque parsemé de monstres de bétons qui émaillaient The Haven. De la même manière qu’il n’aimait rien de moins que d’abandonner le centre-ville pollué de Shreveport ou Bossier City pour le calme relatif des bayous, il adorait passer d’un état à l’autre, continuant de faire vivre cette extraordinaire dualité dont étaient composés l’homme comme l’arcaniste. Une sorte de confidentialité propice à l’aventure (une aventure saine, cette fois, et promise à une passion contagieuse) le tenait depuis qu’ils avaient posé pied à terre. Brusquement, c’était comme s’ils étaient devenus seuls au monde. Et cela n’avait rien d’angoissant. Cette idée n’était que la continuité des pensées qu’il avait formulées un peu plus tôt. Se détacher. Ne plus penser à rien d’autre qu’à ce moment avec elle, qu’à elle tout court, qu’à leurs tentacules et filaments se tâtonnant mutuellement comme deux créatures inquiétantes peuplant les bas-fonds infinis de cette magie dont ils étaient à la fois les rejetons et les artisans. Il la trouva belle, ainsi éclairée par les candélabres que, dans d’autres circonstances, il n’aurait pas hésité à qualifier de sinistres. Il aimait les ombres inoffensives et passagères qui donnaient du relief à son visage aux traits si caractéristiques qu’il n’aurait pu la confondre avec nulle autre. Il aimait une fois de plus la manière dont elle s’était habillée. Il ne s’éprenait pas si aisément de ce genre de détails, d’ordinaire. De par la malédiction qui couronnait l’usage de ses dons, il avait connu beaucoup trop de femmes dans son existence. L’écrasante majorité d’entre elles se confondaient désormais dans sa mémoire, aidé par le fait qu’il n’avait jamais rien fait pour tenter d’imprimer ce qui les rendait uniques, pour ce qui concernait en tout cas celles à qui il n’avait jamais offert que de brèves étreintes destinées à soulager la faim éternelle du Rouge. Il sourit lorsqu’elle le menaça faussement, d’un sourire qui n’était clairement pas calculé comme nombre de ceux qu’il offrait au commun des mortels. La soirée était trop authentique, trop délicieuse à son goût, pour qu’il ait l’envie de gâcher leurs émois encore prudents. La caresse évanescente de ses doigts agissait en parfait carburant pour continuer d’alimenter la tension de son corps vers le sien, et il fit mine de capituler en levant deux mains tout aussi faussement blanches.

Avec curiosité, il l’observa entrer, et pénétra à sa suite, intrigué par la fonction de ces lieux dont il pouvait parfaitement entendre l’utilité, tout en ne pouvant s’empêcher de grimacer intérieurement, sur les risques à s’exposer aussi publiquement. Sa propension presque maladive au secret le rendait instinctivement méfiant, mais il admirait Odelia de s’investir dans une telle organisation. Des entreprises comme celle-ci était une porte d’entrée on ne peut plus salvatrice pour les garous et autres maudits qui n’avaient pas la chance d’être guidés sur leur voie douloureuse. Son manque d’empathie naturelle à leur égard ne l’empêchait pas de voir clair à leur sujet. Il s’avança de quelques pas, et se retourna dans un sursaut contenu lorsqu’il l’entendit verrouiller derrière eux. Il souligna la précaution d’un hochement de tête, puis, plus sarcastique, haussa deux fois les sourcils en réponse au regard concupiscent qu’elle lui adressa. Rester enfermé à l’intérieur avec elle avait ce quelque chose d’excitant, mais surtout renforçait le sentiment d’intimité qu’ils n’avaient cessé de tisser depuis leurs retrouvailles en toute fin d'après-midi. Et si la foule se massant sur les trottoirs en quête de divertissement ne les en avait pas empêché, alors cette solitude partagée promettait mille merveilles dont il se délectait déjà.

Son enthousiasme pareil à celui du gamin qu’il avait été autrefois, il resta sur les talons de la sorcière, s’amusant de l’anecdote qu’elle contait à son tour. Il admira la hauteur sous plafond et tout l’espace qui pouvait abriter bon nombre de visiteurs, mais ses prunelles ne cessaient jamais tout à fait de revenir cueillir la silhouette d’Odelia. Il ne se serait même pas caché de contempler ainsi ses hanches, la courbe de ses fesses, la forme de ses jambes, et jusqu’à la main aux longs doigts fins qui rampaient en un mouvement lui semblant hypnotique le long des rampes. Il l’écoutait néanmoins, ne perdant pas le fil.

Il articula à mi-voix sa préférence pour le bourbon, saluant son initiative. Un peu d’alcool par-dessus tout ne pouvait pas leur faire de mal. Ils trinquèrent, et l’arcaniste ne cessait pas de la chercher au plus profond, de comprendre enfin quelles étaient les véritables intentions de cette amante future qui prolongeait encore un peu l’attente avant l’échéance. Lorsqu’enfin elle se décida, après avoir une fois de plus mis un verrou entre le reste du monde et eux, il but une autre gorgée d’ambre liquide avant de s’approcher des ouvrages dont elle lui parlait. Il tiqua sur celui qu’elle désigna, croyant au départ à une plaisanterie douteuse. Il entrouvrit les lèvres pour l’interroger mais il n’eut pas le temps d’émettre un son qu’elle le happait déjà, et il n’eut que le réflexe de poser précipitamment le verre sur la première surface à portée de main pour ne pas en renverser la moitié sur le sol. Il l’enlaça, la calfeutrant contre lui, pour un instant seulement, qui ne fit qu'aggraver ce besoin de la toucher qui devenait plus pressant. Malheureusement, en véritable feu follet, elle brisa en surface l’intimité de leurs membres pour en revenir à ce livre, dont les intitulés ressemblaient plus à une mauvaise farce ou à une édition limitée proposée par K-Mart en période d’Halloween qu’à un grimoire en bonne et due forme. Il battit des paupières lorsque la vérité fit jour dans son esprit. La clarté de ses iris ne manquait pas d’exprimer leur étonnement, face à la jeune femme visiblement nerveuse.

Il se racla discrètement la gorge et battit des paupières plusieurs fois, entrouvrant de nouveau la bouche quelques secondes pour enfin répondre :

« C’est une blague… ? »

Il émit un rire, non pas destiné à se moquer d’elle, mais témoignant de sa parfaite incompréhension. « Odelia… Sérieusement… » Il secoua la tête et ne laissa ses bras retomber, abandonnant la sorcière, que pour pivoter et mieux observer ce bouquin qu’il gratifia d’un sourcil dubitatif. « Seigneur… Qui a écrit ce truc, encore… ? » Il conserva la page pour ne pas la perdre en utilisant sa main comme marque, quand sa dextre entreprit de tourner les volets, feuilletant cette Bible d’un genre dont il n’était pas vraiment familier.

« Tu m’étonnes que t’aies causé des catastrophes, si t’as foutu le nez dans des bouquins comme ça. » Il accorda néanmoins avec un soupçon de bonne foi suffisamment d’attention à quelques lignes pour entrevoir que, s’il n’avait pas l’occasion de vérifier les dires de l’ensemble des chapitres, les éléments qu’il parvenait à capturer au passage de sa consultation ne semblaient pas forcément issus d’une rédaction de cowan illettré. « Les livres de c'genre, tu sais, j’ai jamais trop étudié… J’te l’ai dit, j’viens d’une famille de sorcières noires, et mon seul héritage en matière de rouge, c’était avec ma grand-mère. Et ça, là… c’était pas trop son style. » Il tourna la tête vers Odelia, lui souriant avec aménité. « Elle était plutôt du genre old-school. De son temps, elle aurait trouvé ce genre de condensé ou trop moderne, ou un peu cucul. Elle était… Elle aimait confectionner ses propres rituels, et n’aimait pas utiliser ceux des autres. Elle avait une vraie identité par rapport à son essence, et je l’ai toujours admirée pour ça. Elle ne ressemblait à personne. Et j’crois bien que personne ne lui ressemblera jamais plus non plus. Heureusement pour tout l’monde, d’ailleurs. » Il en revint à la page désignée par son amie. « Moi, j’ai suivi le même chemin. Déjà, les rituels de magie sexuelle… j’en ai pas vraiment l’usage. Ma Rougeoyante est une sorte de gourou empli de rituels à elle seule. J’dis pas qu’ça peut pas être intéressant, mais… Ouais, j’aurais tendance à mettre ce truc entre les mains d’un blanchard, par exemple, tu vois ? »

Il ne méprisait pas tant que ça les adeptes de la magie blanche. En réalité, il ne les méprisait même pas du tout. Son affection pour Evangeline en était une preuve éclatante, mais c’était par-dessus tout son éducation qui l’avait préservé de faire un mauvais usage de sa nature même. Même aux yeux d’Eoghan Underwood, n’importe quel Éveillé qui se serait amusé à dédaigner ou cracher sur la magie blanche se serait vu gratifier d’une réputation de couillon, pour le Louisianais. Les vrais savaient que le pouvoir conséquent de la magie blanche était une arme que beaucoup avaient sous-estimé, et sous-estimaient toujours aujourd’hui. Les clichés qui frappaient de leur sceau les trois couleurs n’épargnaient personne, véhiculées par le regard encombré des humains. Ce n’était pas si mal, si on réfléchissait en tant qu’anti-Révélation. C’était une autre paire de gants, quand les arcanistes eux-mêmes tombaient dans ce piège et méjugeaient leurs semblables. Il poussa un soupir.

« Donc… Tu as envie de moi. J’ai envie de toi. Nos Rouges crépitent du feu de dieu. Et toi, tu m’emmènes ici… – très chouettes, au demeurant, vos locaux – parce que tu veux qu’on célèbre un rituel qui… » Il poursuivait sa lecture en parallèle, et fut frappé par l’intitulé comme par l’explication des conséquences. Il resta ainsi, puis il se redressa, reculant d’un pas. Il reprit son verre, but deux lampées d’alcool coup sur coup, en vidant de ce fait le contenu, et le reposa aussi sec sur la surface. « Est-ce que tu as peur de moi ? » La question était sérieuse. Il ne souriait plus, mais ne lui opposait pas pour autant une expression hostile. « Est-ce que tu te sens obligée de te livrer à ce genre de rituels pour te donner à moi ? Tu veux… me bâillonner d’avance, parce que tu as peur que je te soutire des secrets ? » Il avait bien plus à perdre qu’elle, du peu qu’il pouvait comparer leur situation. Ainsi, il avait du mal à saisir ce qui effrayait tant Odelia. Il s’écarta, lui tournant le dos pour évoluer lentement dans la pièce, appréciant le décorum tout en réfléchissant soigneusement à ce qu’il allait formuler.

« Je ne regrette pas d’être venu. Ni sur la Plaza tout à l’heure, ni dans ce bureau avec toi. » Avec une pointe de tristesse, il sentait s’éloigner peu à peu l’éventualité de s’unir à elle. Peut-être qu’ils ne danseraient pas ensemble cette nuit. Peut-être que si. En tout cas, il paraissait nécessaire d’écarter les doutes et les angoisses de l’Italienne. Lorsqu’il se retourna pour lui faire face, il croisa les bras avec une certaine nonchalance, se campant sur ses jambes. « Tu penses vraiment avoir besoin de ça ? Ou tu veux ça parce que tu es terrorisée à l’idée de te tromper avec moi ? » Il haussa les épaules. « Je ne suis pas un saint, mais ça je ne te l’ai jamais caché. Je ne veux pas non plus t’extirper tes secrets. Mais ce que tu me demandes… Je ne peux pas. C’est contre ma philosophie. Je ne veux pas de laisse. Et encore moins avec une fille comme toi. » Il louait sa prudence, tout en l’estimant inutile pour cette occasion précise. Il se sentait peut-être un peu affecté, de voir à quel point elle ressentait le besoin d’apposer cette dernière armure, autour d’elle. Il dissimula néanmoins cette émotion malheureuse par une voix ronronnant entre l’affection et l’humour. « On peut toujours en discuter. Y’a des choses que tu redoutes… ? T’as des kinks un peu honteux ? T’as peur que j’aille écrire sur Reddit pour le raconter ? Tu as quelque chose à cacher, ou qui te complexe au point que tu redoutes que j’aille baver à ton sujet à qui voudrait l’entendre ? »  

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Louisiana Burning

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